Les coups de la vie - Tome 4
134 pages
Français

Les coups de la vie - Tome 4 , livre ebook

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Description

La vie ne fait pas de cadeau et l'être huain est tout sauf un ange. La méchanceté (parfois gratuite), la haine, les coups bas et autres sont devenus monnaie courante. Mais heureusement qu'il n'y a que ça.Parce que l'homme est aussi un être capable d'altruisme, d'amour sincère et de don de soi... Et c'est l'être humain justement, avec ses bons et mauvais côtés qui constitue la matière première des confidences des lectrices et lecteurs du Magazine numéro 1 en Côte d'Ivoire. Confidences faites à Anzata Ouattara qui les traite et les publie dans les colonnes du journal. Des histoires captivantes mais aussi, surprenantes, et même parfois insolites, puisque traitant de réalités pouvant déranger des esprits dits cartésiens.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 janvier 2020
Nombre de lectures 2 727
Langue Français
Poids de l'ouvrage 7 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,05€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

A Dieu Tout-Puissant. Merci pour le souffle de vie que Tu m’as donné, et pour cette inspiration.
– A ma mère,  Grande dame, belle et généreuse. Que ton âme repose en paix !  Tu n’auras pas vécu pour rien.
Dépôt légal : 9632 du 22 août 2011 Les Coups de la vie Tome 4 er Editions, 1 trimestre 2020, 134 pages
ANZATA OUATTARA
TOME 4
PRÉFACE
mmencer par un aveu : l’embarras dans lequel je me suis trouvé quand l’on me sollicita gentiment pour la préface de ce livre, surtout que la per-s’enCdoute bien, l’identité de l’auteur du livre qui était la cause de cet embarras, sonne qui avait entrepris cette démarche compte au nombre de mes plus belles et respectables amitiés : Yamousso Hampaté Bâ. Ce n’est pas, l’on mais le type de littérature auquel me conviait immanquablement la célèbre signataire de ce qui était en voie d’être une série littéraire à succès : “Les coups de la vie”; des recueil de textes légers à effaroucher les fondamentalistes des let-tre. Les professeurs surtout, et j’en suis un. Ces textes, il est utile de le préciser, avaient déjà fait l’objet de publication dans un journal ‘‘people’’ de la place qui, vraisemblablement, en tire bonne fortune.
J’ai fait fortuitement connaissance avec la jeune célébrité, une belle dame, l’an-née dernière, à l’occasion d’une de mes classiques visites à la librairie de France, au Plateau. Elle y faisait une dédicace. J’avais acheté, je crois, un ou deux exem-plaires de sa dernière publication d’alors, afin de les offrir, ma foi, à quelques bonnes dames ou secrétaires de mes amies. Elle me signa, ce jour-là, une dédicace d’une calligraphie remarquable, appliquée et digne de celle d’un instituteur de la vieille garde ; cela me procura quelque confort et me mit dans de bonnes disposi-tions pour lire son livre — je m’étais même promis, je crois, de le faire. Mais je ne l’ai pas fait. Il n’est pas difficile d’en deviner la raison : ce type d’écriture n’entre pas dans l’éventail de mes choix en matière de littérature. Je n’ai donc jamais eu à lire Anzata, labest sellerde notre pays.
Et puis, il y a eu, contre toute attente, cette demande polie, cette sollicitation élégante à rédiger la préface de ce livre de cette jeune plume qui, décidément, commençait à envahir indûment l’espace littéraire ambiant ! Une seule possibi-lité de me débiner poliment : lire le texte, en relever les milles et une (probables) incorrections et autres incommodités, et les mettre en présence de la personne
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mandatée auprès de moi pour cette préface que je ne saurais vraiment signer, au risque de trahir mes options esthétiques, mon statut d’écrivain ; enfin, mon honorable métier d’enseignant des lettres ! J’ai donc ouvert le tapuscrit d’Anzata à ce seul et unique effet : me donner des raisons objectives de refuser d’en signer la préface, car le faire revenait à cautionner la mauvaise littérature !
Les lignes et les pages ont ainsi défilé au fil des secondes, des minutes, puis des heures — les histoires se succédant allègrement et, à mon grand étonnement, aussi intéressantes les unes que les autres. Anzata conte les choses de la vie ; ces choses qui défilent sous nos yeux, qui se passent et passent souvent près de nous sans qu’on leur prête la moindre attention ; ces choses qui nous concernent pour-tant, ou qui auraient pu nous concerner, tant elles comblent et rythment le décor de la vie quotidienne : ici, un orphelin que maltraite sournoisement l’épouse d’un oncle (Pauvre orphelin !p. 109) ; là, un père irresponsable, prisonnier de l’amour satanique d’une autre femme, en arrive à négliger et même à oublier sa propre mère et sa propre progéniture ; il meurt et il est enterré dans l’anonymat d’une méchante tombe(Une épouse cruelle. p. 45). Ailleurs, c’est une autre femme, véritable fleuron de la nature, l’air innocent, mais qui s’avère d’une frivolité éton-nante ! (Ma femme ne savait pas dire “non”. p. 11).
Anzata est à l’écoute de sa société. Son regard et ses oreilles sont alertes à détec-ter les milles et une intrigues qui font la vie cachée de ces gens que nous côtoyons chaque jour, sans que nous soupçonnions la complexité des situations (bonheur ou malheur) qu’ils vivent. Nous avons l’impression d’avoir affaire à une personne qui écoute aux portes, épie par les judas des serrures, fouille la messagerie des téléphones mobiles de son entourage, ouvre les agendas pour surprendre les secrets enfouis dans la mémoire de ces objets. Ce ne sont pas des textes litté-raires, mais des confidences à la fois curieuses et intéressantes.
Ici, pas de célébration du mot, pas d’exercice de style. Le texte n’expose aucun talent de romancier rompu à l’art de la description et de la narration ; il ne révèle aucun artifice littéraire susceptible de conférer quelque intérêt esthétique à l’écriture ; nulle analyse des faits exposés, nulle réflexion savante non plus au hasard des pages, et dignes d’être retenues comme citations. Mais, en revanche, quelle efficacité dans l’exposé des faits ! Ici, simplicité et précision du propos sont de rigueur. Les différentes nouvelles de ce livre s’offrent à nos regards comme une succession de tableaux dramatiques avec une panoplie de personnages et de types sociaux contrastés : le riche et le pauvre, le méchant et le gentil, le naïf et le prudent, la pure et l’infidèle, le marabout, l’étudiant, l’homme d’affaires, l’en-tremetteur, la rumeur, etc. ; tous se rencontrent ici, se dépassent, se défient, affrontent les surprises (agréables ou non) de la vie et essaient, chacun à son tour, de porter une griffe originale sur la toile de l’existence. Le bien surgit là où
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l’on s’y attendait le moins (Le boss voulait une fille aux jambes arquées. p. 17) ; le mal aussi (Amoureuse du copain de ma fille. p.56). On est parfois surpris de découvrir le degré de fourberie et d’infidélité des femmes (Tout se paye ici bas. p. 51 ;Elle me trompe le jour de notre mariagep. 39). Anzata se garde cependant, et avec prudence, de tomber dans le moralisme à bon marché qui fait l’ennui des textes de littérature facile. Elle ne juge pas, ne blâme personne, ne loue non plus personne. Elle dit les faits. Son écriture est distanciée, à la limite de l’insensible, comme celle d’un reporter appliquant rigoureusement la règle de l’information pure et dépouillée de commentaires subjectifs…
Finir comme j’ai commencé. Par un autre aveu : oui, j’ai éprouvé à la fois curio-sité et plaisir à lire ces ‘‘coups de la vie’’ d’Anzata. Et je n’ai point l’impression de jouer de complaisance en encourageant (pour une fois) ce type de littérature, bien au contraire. J’ai fini, en effet, par me rendre compte de l’utilité d’auteurs comme Anzata, Biton Koulibaly, Komara et autres signataires des collections non spécifiquement littéraires, dans des sociétés comme les nôtres (celles d’Afrique) où le livre attend encore d’entrer dans nos habitudes. Il apparaît évident que, pour inculquer à nos populations sous alphabétisées le goût et l’habitude de la lecture, on ne commencera pas par les diableries stylistiques d’Aimé Césaire, la syntaxe savante de Bernard Zadi, les audacieux encodages métaphoriques d’Azo Vauguy ou les marées verbales de Jean-Marie Adiaffi, mais bien plutôt par des textes simples, agréables à lire, perméables et accessibles au citoyen moyen ; des textes faciles à comprendre, qui parlent au petit peuple ; des textes qui disent son existence quotidienne sans gloire d’empereur, ni plus ni moins de fourberies que celles des autres ; des textes vrais, comme ceux d’Anzata, de Biton Koulibaly et tous ceux de cette école et dont j’ignore la plupart des noms. En refermant les pages de la reliure initiale, je me suis permis une question bizarre : en réalité, est-il facile de dire les choses aussi simplement que cela, quand l’on écrit ?
Tiburce Koffi Ecrivain. Chercheur au Greli (Groupe de Recherches et d’Etudes sur la Littérature ivoirienne – Université de Cocody). tiburce_koffi@yahoo.fr
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MA FEMME NE SAVAIT PAS DIRE “NON”
Ma femme ne savait pas dire “non”
otre amitié, Mobio et moi, est vieille de plusieurs années. Nous habi-tions le même quartier à l’époque, et avions fait les mêmes écoles. Plus femmNes, nous ne nous quittions que lorsqu’il était avec une de ses nombreuses tard, bien que nous travaillâmes dans des services différents, nous pas-sions beaucoup de temps ensemble. Mon ami Mobio étant fou des copines. Contrairement à lui, j’avais du mal à entreprendre une relation amou-reuse solide. Je crois que je prenais trop à cœur mes relations avec les filles. Ce qui fait que ça ne marchait jamais. Je me disais d’ailleurs que les filles d’au-jourd’hui préfèrent les hommes comme Mobio qui aiment s’amuser, à ceux qui, comme moi, cherchent une relation sérieuse.
Jusqu’à l’âge de trente-cinq ans, j’étais toujours seul. Je vivais seul chez moi. L’envie de fonder un foyer m’animait car j’adore les enfants. Il fallait donc à tout prix avoir une femme qui partage ma vie. J’ai davantage ressenti ce besoin lorsque Mobio s’est enfin marié. Il avait fini par tomber amoureux de l’une des nombreuses copines qu’il avait. J’étais très heureux pour lui. Au mariage, je fus son best man. Ce jour-là, tout le monde me rappela que je devais suivre l’exemple de mon ami et frère. Et ils avaient raison, car la solitude commençait à m’inquiéter.
Il y avait peut-être des femmes désireuses de se marier, mais je les trouvais trop exigeantes quant aux critères de choix de leurs partenaires. Moi je n’étais pas un garçon canon, et je n’étais pas riche non plus. Mais qui sait ? C’était peut-être moi qui étais trop exigeant. L’un dans l’autre, j’étais toujours célibataire, et ma famille commençait à s’en plaindre. Mes sœurs et même ma mère avaient com-mencé à me présenter des filles. Mais au bout d’un ou deux rendez-vous, le cou-rant ne passait plus. Finalement, j’étais inquiet. J’étais souvent avec Mobio, mais les choses avaient changé. Je devais désormais lui laisser le temps de rester avec son épouse, car ils avaient besoin d’intimité.
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