Lust for revenge
177 pages
Français

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Lust for revenge , livre ebook

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Description

La vengeance est un plat qui se mange froid... et elle compte bien la déguster glacée !


Juliette Richard, jeune femme brisée par le suicide de son frère, est déterminée à faire payer le responsable de cet acte désespéré.


Le seul coupable : Jake Lowell. La haine profonde qu’elle voue à cet homme est sans limites. Elle veut lui détruire le cœur par tous les moyens possibles.


Ce riche chef d’entreprise arrogant ne sait pas à qui il a affaire... il va en faire les frais à ses dépens.


Mais entre les secrets, les révélations et l’attirance physique, Juliette réussira-t-elle à assouvir sa soif de revanche ?

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 19
EAN13 9782902427789
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Lust
for revenge
 
 
 
       EVY BARNES
Lust
for revenge
 
 
 
«Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. L’auteur ou l’éditeur est seul propriétaire des droits et responsable du contenu de ce livre. Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon, aux termes des articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.»
 
 
©2020, Evy Barnes
Édition : Plumes de Mimi éditions, 122 rue de l’Argonne, 62117 Brebières.
Siret : 84469800100014
Dépôt légal : 03/2021
ISBN numérique : 978-2-902427-78-9
ISBN papier : 978-2-902427-79-6
EVY BARNES
 
 
Résident en Belgique avec son mari et son fils de 10 ans, Evy travaille dans le domaine administratif depuis de nombreuses années.
L’écriture et la lecture ont toujours fait partie de son univers. Ses parents étant libraires, elle a grandi entourée de livres.
Elle aime particulièrement la romance contemporaine, la romance fantastique ainsi que la dark romance. Néanmoins très éclectique, ses lectures peuvent très bien passer d’un thriller à une romance psychologique.
“ Lust for revenge ” est son premier roman. Il a évolué dans son esprit pendant plusieurs années avant qu’elle ait le courage de se lancer et de poser ses mots sur papier.       

 
 
 
 
 
« Un rêve sans étoiles est un rêve oublié »
Paul Eluard
 
À toutes mes étoiles du quotidien...
TABLE DES MATIÈRES
Chapitre 1 : JULIETTE
Chapitre 2 : JAKE
Chapitre 3 : JULIETTE
Chapitre 4 : JULIETTE
Chapitre 5 : JAKE
Chapitre 6 : JAKE
Chapitre 7 : JULIETTE
Chapitre 8 : JULIETTE
Chapitre 9 : JULIETTE
Chapitre 10 : JULIETTE
Chapitre 11 : JAKE
Chapitre 12 : JULIETTE
Chapitre 13 : JAKE
Chapitre 14 : JULIETTE
Chapitre 15 : JAKE
Chapitre 16 : JULIETTE
Chapitre 17 : JAKE
Chapitre 18 : JAKE
Chapitre 19 : JULIETTE
Chapitre 20 : JULIETTE
Chapitre 21 : JULIETTE
Chapitre 22 : JULIETTE
Chapitre 23 : JAKE
Chapitre 24 : JAKE
Chapitre 25 : JULIETTE
Chapitre 26 : JULIETTE
Chapitre 27 : JAKE
Chapitre 28 : JULIETTE
Chapitre 29 : JAKE
Chapitre 30 : JULIETTE
Chapitre 31 : JAKE
Chapitre 32 : JAKE
Chapitre 33 : JULIETTE
Chapitre 34 : JAKE
Chapitre 35 : JAKE
Chapitre 36 : JULIETTE

 
 
PRÉFACE
 
Je suis assise sur le vieux canapé usé de mon frère, les yeux embués. Sa présence est partout dans cet endroit. Son odeur me poursuit. J’étouffe, il faut que je sorte d’ici.
Je me lève d’un bond et me précipite vers l’extérieur. De l’air ! J’ai besoin d’air...
Les bras puissants de Jesse m’encerclent la taille. Il ne me laisse pas le choix. Il m’oblige à faire volteface et me serre fortement contre sa poitrine. Mes pleurs redoublent contre son torse chaud. Il a autant de mal que moi d’être là. Je le sens fébrile, mais il reste debout pour moi. Il est mon roc.
Lorsqu’enfin mes sanglots se tarissent, il m’écarte légèrement de lui et ses yeux bruns plongent dans les miens.
 
— Juliette, il faut qu’on le fasse. Tu sais que nous n’avons pas le choix. Je suis là, ça va aller. À nous deux, on surmontera tout ça.
 
Je hoche imperceptiblement la tête tout en soutenant son regard. Jesse est mon pilier. Sans lui, je serais au fond du trou. Il a raison, nous devons vider l’appartement. Il n’y a que nous deux qui puissions le faire.
Il y a à peine deux semaines, nous étions installés dans ce salon en train de nous empiffrer de pizzas tout en riant tous les trois. Qu’est-ce qui a bien pu lui passer par la tête ? Je n’arrive pas à comprendre, ni même à accepter son suicide.
Sam avait tout pour être heureux, un boulot parfait, une vie trépidante et toutes les femmes à ses pieds. Comment a-t-il pu m’abandonner ? Oui, je lui en veux. Au-delà de la douleur de son départ, je lui en veux de m’avoir laissé tomber. De ne pas m’avoir prévenue de ses problèmes. Et je culpabilise également. Terriblement. J’aurais dû voir qu’il n’allait pas bien. C’était mon rôle de petite sœur d’être là pour lui.
 
Je souffle un coup et essaie de puiser au fond de moi le courage d’avancer. Jesse dépose un baiser sur mon front puis repart trier le bureau de mon frère. De mon côté, je m’attelle à mettre les vêtements dans des cartons pour les donner aux associations. J’attrape son écharpe noire en laine et la colle sur mon visage. Son odeur emplit mes narines. J’ai presque l’impression qu’il va passer la porte et que je vais enfin me réveiller de cet affreux cauchemar. Je ne peux pas me résoudre à me séparer de ce bout de tissu.
Je le revois, en plein hiver, lorsque nous allions ensemble à la patinoire du Rockefeller Center. Il essayait toujours de me faire tomber alors que je tenais à peine sur mes patins. Son rire résonne dans ma tête. Et, malgré moi, je souris à ce souvenir.
Jesse me sort de mes pensées en arrivant tel un boulet de canon dans la pièce. Je tourne la tête vers lui, incrédule.
 
— Qu’est-ce qui t’arrive ? lui demandé-je.
— Regarde ce que je viens de trouver dans un des tiroirs, lance-t-il en me collant une feuille pliée en quatre dans les mains.
 
Je tremble en regardant le bout de papier entre mes doigts. La gorge serrée, je m’assieds sur le lit de Sam et ouvre la lettre. Aucun doute à avoir. Il s’agit bien de son écriture.
Je lève mes iris vers le meilleur ami de mon frangin.
 
— Tu l’as lue ?
— Désolée, Ju. Je pensais que c’était un document de plus à trier. Puis j’ai compris que c’était plus que ça.
 
Jesse est mal à l’aise, il n’ose pas affronter mon regard. Comme s’il avait fait une bêtise. Je passe ma paume sur son biceps pour le rassurer. Qu’a-t-il donc découvert qui le met dans cet état ? Je baisse les yeux sur la feuille à présent ouverte sur mes genoux.
“ Ma petite sœur adorée...”
Sam m’a écrit une lettre. Ma gorge se noue, les larmes coulent sans que je puisse les retenir. Je continue ma lecture, mon acolyte serpentant la pièce de long en large sous le choc. Il passe sa main dans ses cheveux d’ébène en respirant avec nervosité.
Ma tristesse se tarit pour laisser place à une colère incommensurable au fur et à mesure que je découvre le texte. Soudain, je me relève et attrape mon sac avant de sortir en claquant la porte.
Oh non, ça ne va pas se passer comme ça ! Je ne vais pas le laisser s’en tirer aussi facilement…       
CHAPITRE 1 : JULIETTE
 
 
Un an plus tard
 
Cet endroit pue le luxe à plein nez... Le bar où je me trouve se situe sur le rooftop de l’hôtel du Four Seasons. La pièce est entièrement vitrée, ce qui donne une vue imprenable sur New York. Je sais qu’il sera là ce soir. Cet endroit est son QG. Il vient toujours y déguster son whisky on the rocks avant de rentrer. Ça fait un moment que je le surveille.
Lorsque mon client m’a proposé de venir y boire un cocktail, j’ai sauté sur l’occasion. Toute mon allure est calculée. J’ai enfilé ma robe moulante émeraude afin de l’accorder à la couleur de mes yeux. Je sais que j’attirerai son regard avec cette tenue.
C’est un homme à femmes, sa réputation n’est plus à faire. Il y a une photo de lui avec une créature différente chaque semaine dans la presse à scandale. C’est vrai qu’il est sublime avec ses yeux couleur lagon absolument captivants et sa fossette sur la joue droite. Lorsqu’il sourit, on ne voit plus que ça. Comment y résister ? Néanmoins, mon but n’est pas de tomber sous son charme, il faut que je me reprenne !
Allez, Juliette, active le mode sexy qui est en toi !
Je le regarde du coin de l'œil tout en sirotant mon cosmopolitan, laissant glisser la paille avec lenteur entre mes lèvres teintées volontairement en rouge, tout en décroisant et recroisant mes jambes nues sensuellement.
Il me dévore de loin. Son regard plonge dans le mien. Mon Dieu, qu’il est beau ! Mon traître de corps réagit à cette joute visuelle. Des picotements se font ressentir dans mon bas-ventre. Je ne dois pas donner le droit à mes réactions physiques de me dominer. Je le déteste trop pour laisser cette attirance me dominer.
Ses cheveux blonds coiffés en arrière et sa barbe de trois jours me donnent envie de le bouffer. Je ne devrais pas penser à ça. Le problème, c’est qu’il est vraiment attrayant. Je me mords la lèvre inférieure en le détaillant.
Le coin de sa bouche se soulève doucement. Sa fossette droite se creuse dans sa joue. J’ai réussi à attirer son attention.
Premier objectif atteint, Juliette !
Mon client me parle, mais je ne l'écoute que d'une oreille. Après tout, dans mon métier, on me demande juste d'être belle et de me taire. Je n'ai même pas retenu son nom, ça m’est bien égal.
Je m'excuse et me lève pour aller me rafraîchir. D’une démarche féline, je m’approche du séduisant homme d'affaires qui me fait de l'œil depuis tout à l'heure. Je lui glisse ma carte de visite dans la main :
« Juliette Richard - Escort privée. La satisfaction d'une soirée réussie en toute discrétion »
Ensuite, je me penche et lui susurre :
 
— Si vous avez besoin de compagnie, appelez-moi.
 
Sans attendre de réponse de sa part, je m’éloigne.
Je lance un coup d’œil par-dessus mon épaule en me dirigeant vers les toilettes. Ses pupilles sont posées sur mes fesses qui se balancent au rythme de mes pas.
Après un rapide coup d’œil dans le miroir, je retourne sur la terrasse et constate que mon beau mâle m’a faussé compagnie.
Hum, ferrer le poisson me semble plus compliqué que je le pensais !
Je rejoins mon partenaire de la soirée, une espèce de vieux vicelard suant dans son costume mal coupé. En m’asseyant à ses côtés, je dégaine mon plus beau sourire de potiche. Pour cinq cents dollars les trois heures, je peux bien faire ça !
Bon, pour tout vous dire, je ne fais pas ça pour l’argent. J’en ai hérité une belle somme à la mort de mes parents et mon véritable métier me rapporte assez. Mon objectif est tout autre, et je viens de lui filer mon numéro de téléphone.
Dès que Jake Lowell m’appelle pour un premier rendez-vous, je laisse tomber tous ces clients pourris. J’en ai ma claque de ce job, mais c’est le seul moyen d’entrer dans le cercle très privé des hommes d’affaires friqués et d’attirer son attention.
Vous croyez vraiment qu’en tant que simple petite vétérinaire, je peux pousser la porte de ce genre d’endroit pour l’aguicher ? Ça fait des mois que je cherche une solution et c’est la seule que j’ai trouvée. Espérons qu’elle porte ses fruits.
Le vieux cochon que j’accompagne ce soir pose sa main moite sur ma cuisse nue et se penche vers moi. Son haleine fétide d’ail et de rhum m’agresse les narines. Je retiens avec difficulté le frisson de dégoût qui me parcourt.
 
— Alors, chérie, on continue la soirée ailleurs tous les deux ?
 
Je déglutis, essayant de cacher ma répulsion.
 
— Ah, je suis désolée, mais vous avez payé pour trois heures et je ne suis pas disponible après notre rendez-vous. Une prochaine fois peut-être ?
 
Ouh la menteuse...
 
— Oh, oui ! Je n'y ai pas pensé, j'aurais dû réserver la nuit entière. Vous êtes tellement magnifique ! Mais ne le dites pas à ma femme, ricane-t-il à mon oreille.
 
Pitié ! Il n’y aura pas d’autre rendez-vous, vieux porc.
Je lui réponds par un petit rictus en coin et prends discrètement mon téléphone dans ma pochette. Il est plus que temps que cette mascarade prenne fin. Ici, il est 1 heure du matin donc il doit être 7 heures à Paris. Mon client sirote son verre et ne fait plus attention à moi pendant quelques secondes. J'en profite pour envoyer un message à Caro, qui doit être en train de préparer les filles pour l’école.
 
[Hey, ma poulette, en proie à un gros nase, SOS]
 
Mon téléphone se met à sonner dans les cinq secondes suivant l'envoi de mon texto. Je décoche un sourire contrit à mon compagnon de la soirée, m’excuse et décroche.
 
— Ma biche, qu’est-ce que t’as encore fait ?
 
J'entends qu'elle retient son fou rire en me parlant. Il faut dire que le code entre nous est assez clair : SOS = sors-moi de la misère dans laquelle je me suis encore fourrée !
 
— Bah, trop de cocktails, pas assez de tissu... j'ai mal géré comme d’habitude ! lui murmuré-je pour ne pas attirer l’attention de l’homme à mes côtés.
— Hum... que ferais-tu sans moi ? T'es prête pour le show ?
 
Je l'entends dire à ses enfants d'aller regarder la télévision pendant qu'elle finit de parler à Tata Juju.
 
— Non, mais ce n'est pas possible, il n'a pas pu te faire ça ? hurlé-je dans le combiné.
— Je te jure, ce mec est un con ! Je vais aller direct jusqu'à son hôtel et je vais le castrer ! beugle Caro.
— Non, attends chérie, ce n'est pas une bonne idée ! N'oublie pas que son père est le chef de la police, tu vas finir en taule ! J'arrive tout de suite, mais ne fais pas n’importe quoi, lui réponds-je.
 
Je raccroche, les lèvres pincées pour ne pas éclater de rire.
 
— Un problème, ma belle ?
— Ma meilleure amie a une peine de cœur, mais elle est aussi maniaco-dépressive. Si je n'y vais pas tout de suite, elle risque de faire de grosses bêtises...
 
Je le regarde avec mes yeux larmoyants.
Je suis la plus grande actrice de tous les temps.
 
— OK, ne t'inquiète pas, je comprends, je vais appeler mon chauffeur pour qu'il te raccompagne. De toute façon, les trois heures sont presque finies.
— Oh ! T'es trop chou, toi ! La prochaine fois, je t'offre une heure gratuite !
 
Même pas en rêve ! T'auras plus que tes yeux pour pleurer dès que j'aurai passé cette porte.
Je lui colle un baiser sur la joue afin de le remercier et me lève d'un pas pressé pour me diriger vers la sortie.
Je me glisse à l’arrière de la Bentley de mon client en tirant sur ma robe. Le chauffeur me lorgne d’un air intéressé dans le rétroviseur.
Je ne suis pas un morceau de viande, p’tit con.
Comme je le fusille du regard, il reporte son attention sur la route. Je lui donne mon adresse et contemple le ciel étoilé en attendant que nous parvenions devant chez moi.
Arrivée dans mon antre, je me débarrasse de mes escarpins. Ces talons de douze centimètres auront ma peau ! Je frotte la plante de mes pieds avec ma main, quand soudain, mon téléphone vibre sur le canapé., Caro vient aux nouvelles. Mais quelle petite curieuse, celle-là...
 
[Hé alors ? On ne dit pas merci à sa copine ?]
 
Je me pince l’arête du nez pour ne pas éclater de rire.
 
[Merciii, ma bichette ! C'était digne d'un oscar ce show !
On remet ça quand tu veux.]
 
Mon téléphone sonne et la bouille de ma meilleure amie s’affiche sur l’écran. Je décroche, surexcitée de discuter avec elle de notre exploit. Elle ne me laisse même pas le temps d’en placer une.
 
— Ju, pas trop souvent quand même. Un jour, tu vas vraiment avoir des ennuis et je ne pourrais rien faire à des milliers de kilomètres de toi.
 
Je l’imagine tout à fait lever les yeux au ciel, et je fais de même en entendant ce qu’elle a à me dire. C'est tout elle, toujours à fond avec moi dans la connerie, et deux minutes plus tard, il faut qu’elle me fasse la morale.
 
— Oui je sais, mais j'aime jouer avec le feu !
— Tu aimes surtout chauffer les mecs, ouais !
 
Elle est morte de rire de l’autre côté du téléphone.
 
— Ha-ha, pas faux ! Bon, allez, je vais cuver mes cocktails parce que je dois me lever dans cinq heures...
— Bonne nuit, ma biche !
— Bonne journée, poulette !
 
Je raccroche et saute dans la douche. L’eau brûlante détend mes muscles un par un.
Je repense à cette soirée. J’avais déjà aperçu ce type de loin,  mais jamais de près. Il est canon. Il dégage un magnétisme incroyable. Je comprends mieux pourquoi les filles tombent comme des mouches autour de lui. Sous sa chemise qui moule ses muscles, on peut deviner un corps parfait et ferme. Finalement, je crois que je ne devrai pas trop me forcer. Je souris toute seule en y pensant. Autant prendre du bon temps, après tout.
Je me sèche en vitesse, enfile une nuisette légère et m'allonge enfin sur mon lit.
Mon esprit divague vers ma meilleure amie. Ah, ma Caro, si elle n'existait pas, il faudrait l'inventer ! Elle et moi, on se connaît depuis tellement d'années... On a fait nos études ensemble à Paris, elle suivait le cursus de médecine pendant que j'étais étudiante en soins vétérinaires. On nous appelait Tic et Tac tellement nous sommes inséparables.
Elle est aussi blonde que je suis brune. Elle est aussi délurée que je suis calme. Nous sommes complémentaires autant physiquement que mentalement.
Des milliers de kilomètres nous séparent aujourd’hui, mais notre amitié n’a jamais été aussi forte.
Je suis venue vivre à New York il y a quelques années pour me rapprocher de mon frère et travailler avec son meilleur ami, Jesse. Il est également vétérinaire et avait besoin d’une associée. Sam a donc profité de l’occasion pour me faire traverser l’Atlantique afin de les rejoindre.
Je ne regrette rien. Je me plais beaucoup dans cette ville qui ne dort jamais.
Ma copine me manque, toutefois elle vient souvent passer un week-end chez moi. Son mari est chirurgien esthétique et gagne très bien sa vie. Elle peut se permettre de claquer du fric sans compter.  C’est pourquoi, lorsqu’elle émet le souhait de venir me voir, il ne lui faut pas plus de quelques heures pour débarquer à l’aéroport JFK, sourire aux lèvres et Louboutin aux pieds.
 

 
CHAPITRE 2 : JAKE
 
 
Encore une journée de dingue. Ce nouvel assistant va finir par passer par la fenêtre de mon bureau.
Au trente-septième étage, au moins je ne le louperai pas...
Je regrette amèrement le dernier. Il était le meilleur. Il savait toujours anticiper mes besoins. Depuis son départ, les ressources humaines ne me trouvent que des incompétents.
Au début, j’ai bien cru qu’il ne ferait pas le poids. J’ai même essayé de le faire craquer en lui demandant des choses complètement démentes, mais il n’a pas échoué une seule fois. C’était un excellent second, mais je ne le lui ai jamais dit. Pour moi, quand on est bon dans son travail, cela se voit dans les résultats. On n'a pas besoin d’être chouchouté par ses supérieurs. Ils ne veulent pas que je leur distribue des bons points comme à l’école quand même ? Et un merci ? Ça me ferait juste perdre du temps ! Et le temps c’est de l’argent ! 
Je sais que je ne suis pas le plus gentil des patrons, mais ça m’est bien égal. Si j’étais juste gentil, je ne serais pas à la tête d’une entreprise de plusieurs milliards de dollars. Ma chaîne de restaurants gastronomiques est réputée dans tous les états des USA. Les plus fortunés se bousculent pour venir manger chez Lowell’s plaza. Il y a une liste d’attente de près de trois mois pour y obtenir une table. Et dire que mon père n’était qu’un petit apprenti cuisinier ! Son patron lui a tout appris et lui a légué le resto à sa mort. J’en ai fait une chaîne connue mondialement en quelques années. Ce que je sais, c’est que je ne serais pas là si j’avais pris le temps d’écouter et de comprendre chaque employé.
Mon père était un brave homme qui ne lésinait pas sur les heures de travail pour faire vivre sa famille. Il ne possédait que son petit bistrot familial dans le village, mais il n’avait pas l’envie de voir plus grand. Lorsqu’il s’est éteint des suites de son cancer, nous en avons hérité. J’ai convaincu ma mère et ma sœur de me laisser le gérer et, en échange, je me suis engagé à leur reverser une partie des bénéfices. J’avais un petit pactole de côté grâce à mes combats de boxe de l’époque. J’ai tout investi pour faire évoluer la société. Avec beaucoup d’acharnement et de nuits blanches, j’ai hissé la société JL Plaza au sommet. Nous sommes à présent cotés en bourse et je suis l’homme d’affaires le plus respecté de New-York. Ma mère et ma sœur n’ont jamais eu besoin de travailler, les dividendes leur suffisant pour vivre correctement. J’avais besoin de quitter cet endroit et ce qu’il représentait. Ce restaurant a été ma porte de sortie vers le grand monde.
Je desserre ma cravate et appelle Malik en posant les pieds sur le coin de mon bureau.
 
— Hé, mon pote ! On se boit un verre avant de rentrer ?
— Je suis toujours partant ! J’arrive dans dix minutes, le temps de montrer à la nouvelle stagiaire comment fonctionne l’imprimante, me rétorque-t-il avec un petit rire.
 
Je souris malgré moi, imaginant la scène qui se déroule quelques étages plus bas.
 
— T’es un rapide, toi ! Si ça ne lui a pas suffi, dis-lui de venir me voir plus tard !
 
Il me raccroche au nez, c’est qu’il doit être fortement occupé. En effet, dix minutes plus tard, Malik passe la tête par l’embrasure de la porte de mon bureau. Il me regarde, un sourire débile collé sur la face.
 
— Alors, cette stagiaire ?
— Hum... vingt-deux ans... un cul à se damner et de l’énergie à revendre ! raille-t-il.
— Tu l’enverras me voir demain, je suis curieux de lui montrer toute la force que possède le patron.
 
Je retiens mon fou rire avec difficulté devant sa tête renfrognée. Nous quittons mon antre et rejoignons les ascenseurs qui se trouvent au fond du couloir. Je remarque que certains bureaux sont occupés malgré l’heure tardive, ce qui signifie que plusieurs de mes employés sont encore présents. Cela me fait toujours plaisir de constater qu’ils donnent tout pour leur boulot. Je les scrute à travers les grandes vitres, ils s’affairent devant leur ordinateur. J’aime les acharnés au travail. La sonnerie de l’ascenseur prévient qu’il est arrivé et que nous sommes prêts à descendre. Nous atteignons le parking au sous-sol et nous mettons en route.
Malik est mon meilleur ami. C’est la seule personne en qui j’ai une confiance absolue. Il a toujours été à mes côtés. Il est donc normal qu’il ait le poste de bras droit. Il s’occupe en priorité de me conduire à mes rendez-vous, de gérer les “perturbateurs” et de trier sur le volet mes fréquentations, évitant ainsi que ma vie privée soit étalée dans la presse à scandale. Bon, de ce point de vue-là, c’est un peu plus compliqué puisque mes frasques sont devenues les choux gras des paparazzis depuis un certain temps.
Et je me fous qu’on puisse dire de moi que je suis un salaud avec les femmes. Ce n’est pas ma faute si elles sont prêtes à tout pour m’avoir dans leur lit. Alors je leur donne ce qu’elles veulent...  du sexe et rien d’autre ! Celle qui me passera la corde au cou n’est pas encore née, si vous voulez mon avis.
Nous arrivons au Four Seasons. Malik donne les clés au voiturier et nous entrons dans l’hôtel. Nous empruntons un grand escalier en marbre pour arriver à la réception. Je suis un habitué des lieux, je n’ai donc plus besoin de me présenter : tout le monde sait qui est Jake Lowell. La seule fois où un employé a feint de ne pas me connaître, il a été suspendu pendant un mois. L'idée que je suis aussi puissant me fait sourire.
Lorsque nous parvenons tout en haut de la tour, je ne peux m’empêcher d’admirer le panorama qu’offre le rooftop . Comme chaque soir, ma table est réservée et la serveuse m’amène mon whisky en me glissant par la même occasion son numéro de téléphone. Ce n’est même plus marrant tellement c’est devenu prévisible.
Elle est plutôt agréable à regarder même si elle fait un peu nunuche... Je l’appellerai peut-être, si je m’ennuie.
 
— Alors, ce nouvel assistant, tu en penses quoi ? me demande Malik.
— Un vrai crétin. Ce n’est pourtant pas compliqué de me trouver un café colombien avec une dose de caramel dedans et des granulés de chocolat dessus. Le tout chaud et pas tiède ! râlé-je.
 
Malik se met à rire.
 
— Tu les rendras tous fous avec tes lubies.
 
Je le regarde d’un œil noir :
 
— Le dernier y arrivait très bien, lui !
 
Un blanc s’installe entre nous. Chacun perdu dans ses pensées au souvenir du seul employé pour lequel nous avons eu un minimum de respect.
Je détourne le regard vers l’entrée quand je vois arriver une superbe brune plantureuse perchée sur des escarpins. Ses cheveux cascadent autour de ses épaules et son regard émeraude me transperce. Bon Dieu, cette femme est sublime !
Mais qu’est-ce qu’elle fait avec un homme pareil ? Il n’a aucune allure et transpire par tous les pores. Il s’essuie le front avec un mouchoir en tissu tout en lorgnant les formes de la bimbo. Je réprime une moue de dégoût devant ce spectacle affligeant. Ce type pue la perversité.
Elle s’installe au bar et croise ses longues jambes dorées. Elle n’a pas l’air de beaucoup s’amuser.
 
— Hé, mon pote ! hurle mon meilleur ami.
— Excuse-moi, j’étais en train de réfléchir.
— Ouais, mon œil, tu spéculais sur la bombasse au bar surtout ! se gausse-t-il.
 
Il n’a pas tort, je n’arrive pas à détourner le regard de sa silhouette, tandis qu’elle sirote son cocktail avec lenteur. Je suis hypnotisé par ses lèvres qui glissent autour de la paille. Je sens une vague de chaleur me parcourir lorsqu’elle me fixe de son regard de biche.
Bon, allez, Jake, pense à autre chose ! Je voudrais bien, mais ma queue n’en a pas envie apparemment...
Je remets discrètement la bosse de mon pantalon en place, histoire de ne pas passer pour un pervers tout en écoutant d’une oreille Malik me parler de ses dernières conquêtes. Ce type est un sacré chaud lapin, il n’arrête pas ! Et même s’il m’a promis que jamais il ne conclurait dans ma berline, je sais qu’il me prend pour un con !
Je reprends ma contemplation de la brunette. Elle se lève et se dirige droit sur moi. Ses hanches se baladent de gauche à droite. Je suis sûr qu’on doit se sentir plutôt bien entre ses cuisses, à celle-là. Je relève un sourcil interrogateur alors qu’elle se penche à mes côtés et me file son numéro en passant... Je suis prêt à me lever pour la suivre aux toilettes tellement ses fesses fermes m’hypnotisent, puis quand je regarde la carte, la tension qui avait pris place à l’intérieur de moi redescend aussi vite qu’elle n’est montée. C’est une escort ! Elle fait ça uniquement pour gagner sa vie. C'est mon argent qui l’intéresse, oui !
Elle m’a pris pour qui, celle-là ? De belles femmes, je peux en avoir une différente chaque jour dans mon lit, et en plus de ça, sans payer !
C’est quand même dommage parce qu’elle est fascinante. J’aurais pris un pied d’enfer à la faire grimper aux rideaux.
 
— On y va ! craché-je.
— Heu... OK ! Un souci ? m’interroge Malik, mal à l’aise de mon changement d’humeur radical.
— Le Four Seasons n’est plus ce qu’il était, on se fait racoler par des escorts maintenant !
 
Je jette la carte sur la table en me levant. Malik part dans un fou rire absolument pas discret. Un malabar de cent-dix kilos, ancien champion de boxe, ça ne passe pas inaperçu ! Mon pote se met debout à son tour et prend la carte de visite au passage.
 
— Non, mais tu fais quoi, là ? lui exhorté-je en le fusillant du regard.
— Bah, si tu n’en veux pas, je la prends. Ça peut toujours servir ! dit-il en levant les épaules.
 
Je secoue la tête sans rien ajouter. Il est irrécupérable ce gars !
En rentrant chez moi, seul, je me demande comment une femme aussi sublime peut faire ce travail et passer ses soirées avec des hommes d’affaires vicieux et écœurants. C’est un tel gâchis pour une belle plante comme elle.
Je n’arrive pas à trouver le sommeil, ses yeux de chat me reviennent en mémoire systématiquement dès que je ferme les paupières.
N’y pense plus, Jake ! Cette créature ne t’apportera rien de bon ! Oublie ça...
 

 
CHAPITRE 3 : JULIETTE
 
 
Quand mon réveil sonne, j’ai l’impression que mon cœur se trouve dans ma tête vu comme ça cogne sous mon crâne. Faites taire cette musique assourdissante, par pitié !
Je coupe le son en jetant mon réveil dans le couloir. Le bruit vacille avant de s’éteindre dans un dernier souffle.
Oups, il n’a pas dû apprécier...
Je me lève encore vaseuse de la veille et me dirige à tâtons vers la salle de bains, lorsque mon téléphone se met à sonner.
Mais laissez-moi tranquille, ce n’est pas possible !
Je décroche sans regarder le nom de l’appelant.
 
— Ma bichette, tu es en retard et j’ai trop de patients pour m’en occuper tout seul. Je conçois que la soirée d’hier a sûrement été chargée, mais je ne vais pas m’en sortir sans toi, me lâche Jesse.
 
Il est d’un calme olympien malgré toute la cacophonie faite par les animaux derrière lui. Ce mec m’impressionnera toujours.
 
— Excuse-moi, chou, je n’ai pas vu l’heure et ce réveil de malheur ne s’est pas mis en marche. Je me dépêche, je serai là dans quinze minutes max ! 
 
Il m’a cru, vous pensez ?
 
— Ju, passe la seconde, ça fait une heure que je t’attends...
 
En cet instant, je sens que sa patience est à la limite d’exploser. Je regarde l’heure, il est dix heures ! Oh, mon Dieu, je devais commencer mes consultations à neuf heures ! J’enfile vite un jean tout en gardant le téléphone contre mon oreille. Je file à la salle de bains et enfourne ma brosse à dents.
 
— Charrive ! Echcuche-moi, cha n’arrivera pu !
...

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