Mordu par protection
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Mordu par protection , livre ebook

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Description

Quand la dernière chose que vous voulez est tout ce dont vous avez besoin...


Seb Calloway n’est pas intéressé par les métamorphes. Après que son meilleur ami s'est lié avec l’un d’entre eux, il s’abstient de s’impliquer avec eux – même s’ils sont très sexy – afin d’éviter que la même chose lui arrive. Pourquoi prendre ce risque pour quelques heures de plaisir ?


Tim Walters est le médecin de la meute. Considéré comme discret et non menaçant selon les normes de la meute, il se félicite d’être capable de rester calme et en contrôle à tout moment. Désespérant de se lier à quelqu’un, il sait que son intérêt pour Seb est futile, mais il ne semble pas pouvoir s’en empêcher.


Alors que la sécurité de Seb est menacée, Tim et lui doivent feindre une relation afin d’assurer la sécurité de Seb. Malgré le refus de ce dernier d’être autre chose qu’un ami avec des bénéfices, ce qui commence par une fausse relation devient rapidement plus – pour Tim en tout cas. Si Tim ne veut pas finir le coeur brisé, il doit prouver à Seb qu’aimer un métamorphe ne signifie pas se perdre lui-même.

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Informations

Publié par
Nombre de lectures 0
EAN13 9782382281833
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Publié par
JUNO PUBLISHING
2, rue Blanche alouette, 95550 Bessancourt
Tel : 01 39 60 70 94
Siret : 819 154 378 00015
Catégorie juridique 9220 Association déclarée
http://juno-publishing.com/
 
 
 
Mordu par protection
Copyright de l’édition française © 2021 Juno Publishing
Copyright de l’édition anglaise © 2017 Annabelle Jacobs
Titre original : Bitten by Design
© 2017 Annabelle Jacobs
Traduit de l’anglais par B.A. Pinto
Relecture et correction par Valérie Cavaillès, Lou Ledrut
 
Conception graphique : © Francessca Webster pour Francessca’s PR & Design
Tout droit réservé. Aucune partie de ce livre, que ce soit sur l’ebook ou le papier, ne peut être reproduite ou transférée d’aucune façon que ce soit ni par aucun moyen, électronique ou physique sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans les endroits où la loi le permet. Cela inclut les photocopies, les enregistrements et tout système de stockage et de retrait d’information. Pour demander une autorisation, et pour toute autre demande d’information, merci de contacter Juno Publishing :
http://juno-publishing.com/
ISBN : 978-2-38228-183-3
Première édition française : octobre 2021
Première édition : mars 2017
 
Édité en France métropolitaine
 
 
Table des matières
Avertissements
Remerciements
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Chapitre 18
Chapitre 19
Épilogue
À propos de l’Auteur
Résumé

 
 
 
 
Avertissements
 
 
 
 
 
Ceci est une œuvre de fiction. Les noms, les personnages, les lieux et les faits décrits ne sont que le produit de l’imagination de l’auteur, ou utilisés de façon fictive. Toute ressemblance avec des personnes ayant réellement existées, vivantes ou décédées, des établissements commerciaux ou des événements ou des lieux ne serait que le fruit d’une coïncidence.
 
Ce livre contient des scènes sexuellement explicites et homoérotiques, une relation MM et un langage adulte, ce qui peut être considéré comme offensant pour certains lecteurs. Il est destiné à la vente et au divertissement pour des adultes seulement, tels que définis par la loi du pays dans lequel vous avez effectué votre achat. Merci de stocker vos fichiers dans un endroit où ils ne seront pas accessibles à des mineurs.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Remerciements
 
 
Un grand merci à ces personnes formidables : lecteur alpha Jay Northcote, lecteur bêta N.R. Walker, la correctrice Sue Adams et les relectrices Kirsty Bicknell et Lily G. Blunt.
 
 
Mordu par protection
La meute de Regent’s Park #2
 

 
Annabelle Jabobs
 

 
Chapitre 1
 
 
 
 
Le taxi s’arrêta devant l’appartement de Seb alors que son téléphone se mit à sonner. C’était sans doute Jared qui s’assurait qu’il soit bien arrivé chez lui. Un rapide coup d’œil à l’écran le confirma. Il avait également raté un message de sa sœur qu’il consulta pendant que le chauffeur laissait tourner le compteur.
J’ai oublié de te dire que nous sommes bien arrivés. Désolé. Hôtel top, vie nocturne top, à bientôt xx.
Seb sourit à l’écran, profondément jaloux, mais aussi heureux qu’elle s’amuse.
— Ça vous fera vingt-deux dollars cinquante.
Le chauffeur pointa le compteur puis se retourna vers lui avec impatience.
Seb fourra son téléphone dans sa poche et récupéra son portefeuille à la place. Il lui fallut deux tentatives pour sortir le bon montant ; sa tête tournait alors qu’il essayait de se concentrer sur les billets. Fichu Jared et sa tendance à insister pour prendre juste un dernier verre .
— Voilà.
Il lui tendit un billet de vingt et un de cinq.
— Gardez la monnaie, reprit-il.
Son téléphone sonna à nouveau alors qu’il descendait de voiture et glissait presque sur le trottoir détrempé. La pluie venait juste de s’arrêter, rendant le béton lisse un peu dangereux – fichus étés britanniques. Avec le recul, les chaussures qu’il portait n’étaient pas la meilleure idée qu’il ait eue. Les semelles n’avaient pratiquement aucune adhérence – et ça n’avait rien à voir avec le fait qu’il soit ivre.
— Vous vous en sortez ?
Le chauffeur avait à moitié baissé la vitre en souriant alors que Seb s’éloignait précautionneusement.
Seb lui fit signe de partir en riant.
— Oui, merci.
Tant qu’il parviendrait à monter le trottoir devant sa porte d’entrée sans se briser le cou, tout irait bien. Il attendit que le chauffeur s’en aille avant de s’attaquer aux marches – inutile de se ridiculiser davantage. Quitte à se casser la figure, autant le faire sans témoins.
Avec un soupir de soulagement, il déverrouilla sa porte, content de ne pas avoir de hall d’entrée commun compte tenu de son état. Il tituba en tombant presque à l’intérieur et referma la porte derrière lui alors que son téléphone sonnait de nouveau.
— Merde.
Jared était probablement en train de devenir dingue. Seb répondit à la troisième sonnerie.
— Pardon ! lança-t-il avant que Jared n’ait l’occasion de parler. Je suis rentré. Pas la peine de te mettre dans tous tes états.
Jared souffla dans son oreille.
— Ferme-la. Tu sais pourquoi j’appelle.
Jared soupira de nouveau.
Seb s’effondra sur une marche de l’escalier et ferma les yeux.
Reprendre l’appartement de Jared avait beau avoir l’air d’être une bonne idée au début, deux mois après, être aussi proche du territoire de la meute de Primrose Hill avait rendu Jared – et Nathan dans une certaine mesure – paranoïaque. Leur alpha, Steven Newell, n’était pas vraiment ce qu’on qualifierait d’amical.
Un autre soupir du côté de Jared.
— Pourquoi est-ce que tu n’as pas décroché, alors ? J’étais à deux secondes de venir te chercher.
Seb leva les yeux au ciel. Il ne manquerait plus que ça : Jared, Nathan et probablement Luke débarquant pour faire une scène.
— J’étais en train de sortir du taxi quand tu as appelé et j’ai glissé. Je suis ivre, Jared, pas en danger de mort. Pas besoin d’appeler la cavalerie.
Il se redressa et s’agrippa rapidement à la rambarde quand le couloir se mit à tourner autour de lui.
— Merde. J’ai vraiment besoin de m’allonger.
Ou peut-être d’aller aux toilettes… Cette dernière pinte lui pesait sur le ventre, lui donnant clairement l’impression d’avoir envie de remonter.
— Je te rappelle tout à l’heure, d’accord ?
Très prudemment, Seb se retourna et commença à gravir les escaliers, tenant toujours son téléphone contre son oreille.
— D’accord. Juste…
Lentement, un pas à la fois, Seb poursuivit son ascension en attendant que Jared finisse son argument et raccroche enfin.
Quelque chose gratta à la porte d’entrée et Seb se figea à mi-chemin, tout à coup beaucoup plus sobre.
Le bruit recommença. Plus fort cette fois.
— C’était quoi ça ? demanda la voix de Nathan.
Seb fronça les sourcils en regardant l’écran de son téléphone, momentanément distrait par ce qui se trouvait à l’extérieur.
— Où est parti Jared ?
— Je suis toujours là. Tu es sur haut-parleur.
Ugh .
— Tu sais que je déteste quand tu fais ça sans me prévenir.
— Oui, désolé. Mais plus sérieusement, qu’est-ce que c’était que ça ?
La voix de Jared sonnait bien trop soucieuse au goût de Seb. Et s’il savait que ce n’était pas la première fois que j’entendais ce son ?
— Rien. Juste le vent, probablement.
— Vraiment ? Parce que Nathan trouvait que ça ressemblait beaucoup à…
Un grondement sourd résonna autour de lui, si clair que l’espace d’une seconde Seb crut qu’il provenait du téléphone. Quand un autre suivit juste après, accompagné d’un coup de ce qu’il supposait être des griffes contre sa porte d’entrée, Seb se retourna lentement.
— Seb ? siffla Jared, d’une petite voix urgente.
— Oui, lui répondit-il dans un murmure, conscient que la chose dehors écoutait probablement.
— Nous sommes en route.
Dieu merci . En temps normal, Seb lui aurait dit de ne pas venir, qu’il allait bien. Il se doutait qui était celui attendant dehors. Enfin… pas qui exactement, mais c’était toujours les mêmes. Normalement, il les ignorait ; ça n’allait jamais plus loin, mais bizarrement, cette fois, c’était différent. Que ce soit dû à l’alcool qui courait dans ses veines ou au fait qu’il soit deux heures du matin et que le reste de la rue soit silencieuse, Seb ne le savait pas. Mais il était prêt à admettre qu’il était terrorisé.
Il garda les yeux fixés sur la porte d’entrée, incapable de détourner son regard. Le petit demi-cercle de verre en haut ne lui avait jamais semblé aussi terrifiant. Quand une ombre passa devant, Seb poussa un petit cri, trébucha en arrière et perdit l’équilibre dans l’escalier. Sa coordination déjà amoindrie par la bière, il tendit la main vers la rambarde, mais la manqua de beaucoup. Au moins, l’alcool anesthésia la douleur quand il bascula en avant et retomba en tas en bas des marches, le téléphone toujours serré au creux de la main.
À présent, beaucoup plus près de la porte, il ignora tous les points douloureux de son corps et, le cœur cognant contre ses côtes, il leva les yeux vers la vitre et tendit l’oreille. Une, deux, trois secondes s’écoulèrent et rien. Merde .
Il attendit encore quelques secondes avant de se redresser en grimaçant. Waouh.
Seb tenait son téléphone face contre terre sur le tapis et quand il le ramena à son oreille, les cris de Jared retentirent.
— Seb ! Sebastian  ! Il ne répond pas. Nous…
— Ne m’appelle pas comme ça si tu veux que je te réponde.
Calant sa tête contre le mur, Seb se concentra sur le soupir de soulagement de Jared et pas sur la douleur qui se propageait dans diverses parties de son corps. Ça pouvait attendre.
— Ouf.
Jared soupira de nouveau et Seb ferma les yeux en imaginant son meilleur ami se passer une main sur le visage et faire les cent pas. À moins qu’il soit déjà en voiture.
— Ça va ? Ils sont partis ?
Ignorant la première question, Seb jeta un autre coup d’œil à la porte. Toujours rien et la personne dehors semblait avoir quitté les lieux.
— Oui, je crois.
— Et ça va ? répéta Jared.
— Je suis tombé dans les escaliers.
— Merde.
Nathan gronda dans le fond, une réaction étrangement réconfortante puisqu’elle était pour Seb. Il sourit à cette pensée, puis frissonna brusquement quand le froid du mur filtra sous sa chemise. Ils n’étaient qu’en septembre. Maintenant que l’adrénaline commençait à retomber, tout le reste le rattrapa soudain : le sol dur, le couloir froid et le poids des bières trop nombreuses. Il se sentait très mal et n’avait aucune envie de bouger, mais ne pouvait pas passer toute la nuit en bas des escaliers.
Malgré tout, il fut bien trop facile de garder les yeux fermés en se laissant sombrer.
Je me relèverai dans une minute.
— Seb ?
La voix agaçante de Jared le tira de sa somnolence.
— Hmm ?
Clignant des yeux pour se réveiller, Seb rapprocha le téléphone de son oreille.
— Désolé.
— Écoute, nous serons bientôt là. J’ai mon trousseau de clés, tu n’auras pas à descendre.
Seb éclata de rire, mais ne s’embêta pas à expliquer qu’il n’avait pas réussi à remonter les marches.
— OK, d’accord.
Ce fut sans doute plus long, mais Seb eut l’impression qu’à peine une minute s’était écoulée quand Jared ouvrit la porte et s’agenouilla à côté de lui.
— Bon sang, Seb.
Jared écarta les cheveux de son front et Seb se pressa contre sa main.
— Aïe, marmonna-t-il quand Jared toucha une zone douloureuse.
— Tu as une méchante bosse.
Jared effleura à nouveau l’endroit, beaucoup plus doucement cette fois, mais Seb plissa tout de même le front et essaya de repousser sa main. Mais la douleur de son poignet se fit ressentir, et il arrêta rapidement son geste.
Avec un autre juron discret, Jared se releva.
— J’appelle Tim.
Oh, le docteur sexy. Dommage que ce soit un changeforme. Il agita la main qui ne lui faisait pas mal en direction de Jared.
— Pas la peine. J’vais bien.
Jared renifla.
— Mais oui, bien sûr.
— J’suis juste saoul.
— Mm-hmm.
Jared se tourna vers la porte d’entrée encore ouverte.
— Nathan, entre et aide-moi à le porter à l’étage.
Seb frissonna une fois de plus quand une rafale froissa sa chemise ; il fronça les sourcils. Pas étonnant qu’il ait froid, la porte d’entrée était grande ouverte.
Nathan apparut à ses côtés quelques instants plus tard, et Seb se retrouva tout à coup soulevé du sol en douceur.
— Je peux marcher, marmonna-t-il.
Jared et Nathan l’ignorèrent tous les deux.
— Tout va bien dehors ? demanda Jared.
Nathan poussa un grognement affirmatif. Il ajusta sa prise sur Seb quand ils entrèrent dans la chambre de ce dernier.
— Leur odeur est partout. Je doute franchement que ce soit leur première visite.
Seb grogna, suffisamment réveillé pour deviner ce qui allait suivre alors qu’ils le déposaient sur son lit.
— Oui, tu fais bien de grogner, gronda Jared en délaçant prudemment les chaussures de Seb.
Son ton contrastait nettement avec la douceur de ses actions.
Alors que Jared retirait la chaussure gauche de Seb, un pic de douleur traversa sa cheville et il siffla.
— Désolé. Nous en parlerons quand tu seras sobre.
En parlant de ça…
Seb ouvrit un œil et grimaça sous la lumière vive du plafond de sa chambre jusqu’à ce que Jared soupire et l’éteigne, optant plutôt pour l’éclat doux de la lampe de chevet.
— Pourquoi est-ce que tu n’es pas saoul ? demanda-t-il à Jared. Tu as bu autant que moi.
Jared haussa les épaules.
— Je suppose que le peu d’ADN de changeforme en moi dilue rapidement les effets.
Il défit sans ménagement la boucle de ceinture de Seb, puis le bouton de son jean.
— Ou peut-être que le fait d’entendre un changeforme gratter à la porte de mon meilleur ami avant qu’il ne laisse tomber son téléphone en criant de douleur fait dessouler.
Il tira sur la fermeture éclair de Seb un peu plus fort et Seb passa sa main sur celle de Jared.
— Je n’ai pas laissé tomber le téléphone.
Cet argument lui paraissait justifié, mais à en juger par le regard que lui lança Jared, ce n’était peut-être pas la bonne réponse.
— Et arrête de me déshabiller alors que ton copain est dans la pièce.
Comme prévu, Nathan le fusilla du regard. Il détestait que Seb l’appelle comme ça, ce dernier faisait donc naturellement tout son possible pour glisser ce terme dans leurs conversations.
— Tiens-toi tranquille, le réprimanda Jared, mais il fit signe à Nathan de les laisser seuls.
Quand il retira le jean de Seb, il s’exécuta aussi prudemment que possible, mais ce fut quand même douloureux.
— Tu as mal ailleurs ? Ou juste à la tête et la cheville ?
Seb pointa sa main droite.
— J’ai un peu mal au poignet.
Il se cala contre les oreillers et ferma les yeux. Avec de la chance, Jared n’essaierait pas de lui enlever sa chemise : il était bien trop à l’aise pour bouger.
 
 
— Seb ?
On secoua doucement son épaule.
— Hé, Sebastian ?
Des doigts délicats relevèrent son menton.
— Est-ce que tu peux ouvrir les yeux pour moi ?
Avec un effort colossal, Seb ouvrit un œil et lutta pour se concentrer sur l’homme devant lui. Sa vue encore un peu floue ne distingua que des cheveux noirs bouclés et des yeux bleus. Il cligna rapidement des paupières pour focaliser son regard et sourit en réalisant qu’il connaissait cet homme.
Le docteur Tim Walters. Le médecin de la meute de Regent’s Park.
— Et voilà.
Tim lui rendit son sourire et lâcha le menton de Seb pour inspecter la bosse sur sa tête.
— Aïe.
— Tu as une sacrée bosse, mais je ne pense pas que ce soit grave. Au pire, tu as une très légère commotion cérébrale.
Les palpitations dans ses tempes racontaient une autre histoire. Il dut déglutir plusieurs fois pour ramener de l’humidité dans sa bouche. Ça n’avait vraiment rien de drôle. Le goût désagréable du sang combiné à sa langue pâteuse le fit grimacer.
Heureusement, Tim lui tendit un verre d’eau.
— Tiens.
Elle était fraîche et revigorante, il vida donc le verre en quatre gorgées. Je me sens tellement mieux .
— Merci.
Seb lui rendit le verre et s’effondra contre les oreillers dans un nouveau gémissement.
— Tu es sûr que ce n’est rien de grave ? Ma tête me fait un mal de chien.
La voix de Jared monta de la pièce voisine.
— Ça, c’est sûrement dû à tout l’alcool que tu as bu.
— Ugh. Ils sont encore là, eux ?
Tim lui sourit et le regard de Seb s’attarda sur ses lèvres pleines.
— Oui, ils se sont inquiétés en te voyant t’évanouir.
Seb baissa les yeux sur la main de Tim, posée sur les couvertures du lit.
— Je peux ?
Tim tira le coin de la couverture pour en accompagnant sa question.
— J’ai bandé ton poignet pendant que tu dormais, mais je ne voulais pas regarder ta cheville avant que tu sois réveillé.
Seb fit signe à Tim de continuer et il écarta lentement le drap. Puis fronça les sourcils.
— Ça a l’air assez sérieux.
Dès que Tim le mentionna, la douleur de sa cheville se réveilla, comme si elle avait attendu la confirmation d’un médecin pour se faire sentir. Une grimace sur le visage, il se redressa sur son bras indemne pour y jeter un regard.
— Ah.
Même sous cet angle étrange, Seb remarqua sans problème le gonflement autour de son pied et de sa cheville et la légère décoloration. Il l’inspecta soigneusement alors que Tim effleurait prudemment la zone.
— Est-ce que c’est cass… aïe ! Bon sang .
Tim arrêta immédiatement ses palpations délicates et se rassit avec un petit sourire.
— Je crois que oui. Tu devrais aller à l’hôpital pour te faire examiner.
Il sortit son téléphone de la poche de sa veste.
Nathan et Jared apparurent dans l’encadrement de la porte, l’air plus inquiets que la situation le justifiait. Enfin… Seb l’espérait.
— Hé.
Il leur adressa un signe de la main et réussit à esquisser un faible sourire.
Une vague de nausée monta en lui et il ferma rapidement les yeux, serrant les dents et respirant calmement pour réprimer un haut-le-cœur. Vomir dans son lit, devant des gens, n’était pas sur sa liste de choses à faire ce soir. Ou ce matin, peu importe.
Sa peau était moite et il aurait donné n’importe quoi pour un drap frais, mais la menace semblait être passée. Pour l’instant, du moins.
Quand il rouvrit les yeux, Nathan lui souriait depuis la porte, mais Jared s’était suffisamment rapproché pour s’accroupir à côté du lit.
— J’ai vidé la poubelle au cas où tu aurais besoin de vomir. Tu es devenu tout pâle et as commencé à transpirer, alors…
Il se retourna vers Tim, qui tapait quelque chose sur son téléphone.
— Tu es sûr que la commotion cérébrale n’est pas sérieuse ?
Tim reposa son téléphone sur le lit et son regard se reporta sur Seb.
— Presque certain, mais ils le vérifieront à nouveau aux urgences. Combien de verres est-ce qu’il a bus ?
Tim s’était adressé à Jared et Seb souffla d’agacement.
— Je suis juste là, tu sais.
— Désolé.
Deux taches de couleur apparurent sur les joues de Tim et il se dépêcha de se relever en triturant sa sacoche.
— Combien de verres est-ce que tu as bus, ce soir, Seb ?
— Euh…
Seb essaya de se souvenir du nombre exact, mais l’idée même d’alcool lui retourna le cœur.
— Je te laisse répondre, Jared.
Seb ignora le rire de Nathan et tenta de se concentrer plutôt sur Tim. C’était peut-être un changeforme, ce qui le mettait automatiquement sur la touche pour Seb, mais il était agréable à regarder et Seb ne disait jamais non à un joli garçon.
— Je me souviens d’environ quatre pintes et quatre shots, donc pas des tonnes, mais…
Il frappa l’épaule de Seb.
— Est-ce que tu as mangé aujourd’hui ?
— Oui, bien sûr.
Il avait pris des céréales au petit-déjeuner, un sandwich au déjeuner, et des toasts avant de sortir.
Nathan le regardait comme s’il savait que Seb ne disait pas tout, mais ne commenta pas.
— Tu en as déjà bu autant sans être malade après.
Jared ébouriffa ses cheveux.
— Peut-être que tu te fais vieux.
— La ferme, j’ai vingt-six ans. Comme toi.
Tim se leva et s’éclaircit la gorge.
— J’aimerais vraiment t’emmener à l’hôpital pour faire examiner cette cheville.
Seb essuya son front moite et fronça les sourcils. Il n’avait pas besoin d’un trajet en voiture pour le moment.
— Est-ce que ça ne peut pas attendre demain matin, quand je ne risquerai plus de vomir partout ?
— Je préférerais y aller maintenant.
Tim consulta sa montre.
— Mon frère travaille jusqu’à sept heures, donc nous n’aurons pas à attendre.
Seb haussa un sourcil.
— Est-ce que ce ne serait pas du favoritisme ?
— Si.
Tim sourit, distrayant momentanément Seb avec la blancheur de ses dents.
Seb tenta de voir si elles étaient aussi pointues que celles de Jared parfois, mais elles lui parurent normales. C’était logique. Jared semblait à peine maîtriser ce qui restait de ses traits de changeforme. Nathan se contrôlait bien mieux et si Tim lui ressemblait, il avait probablement besoin d’être en colère ou…
— Tu te sens bien ?
Tim claqua des doigts et Seb sursauta, mortifié en réalisant qu’il fixait la bouche de Tim.
Il ravala son embarras et s’essuya de nouveau le visage.
— Désolé, j’étais perdu dans mes pensées. Je me sens encore un peu vaseux, pour être honnête.
— Nous allons prendre un seau avec nous dans la voiture.
Tim rit en voyant Seb grogner, puis il se tourna vers Jared.
— Vous pouvez sans doute rentrer chez vous. Ma voiture est dehors et nous pourrions passer un moment à l’hôpital.
Jared commença à protester, Seb décida donc de couper court à ses objections.
— C’est bon, Jared. Je serai entre de bonnes mains avec le Dr Walters.
Pour une raison étrange, cette phrase semblait plus salace dite à voix haute. À en juger par le sourire en coin de Jared, il était d’accord.
Tim sourit.
— Appelle-moi Tim, s’il te plaît. Dr Walters me donne l’impression d’avoir quatre-vingts ans.
— Sérieusement, je m’en sortirai avec Tim , ajouta Seb. Pas la peine d’attendre.
— Mais nous devons encore discuter de ce qui s’est passé ce soir. Bon sang, Seb, il y avait des changeformes…
Seb soupira. Il n’avait pas voulu l’admettre, mais sa tête était douloureuse, ses membres étaient sensibles et il n’avait qu’une envie : en finir avec cette histoire d’hôpital. Et si Jared et Nathan les accompagnaient, ils en profiteraient probablement pour lui poser toutes les questions du monde et il n’avait pas la force pour ça. Pas ce soir.
— Écoute.
Sa voix sonna étonnamment ferme compte tenu de l’état délicat dans lequel il se trouvait.
— Ce n’est pas la première fois que quelque chose comme ça se produit.
Certes, ils ne s’étaient jamais attardés à sa porte avant, mais peu importe.
— Ça ne va jamais plus loin. Ils aiment juste me rappeler qu’ils sont dans le coin, je crois.
L’expression de Jared passa de l’inquiétude à l’indignation en un clin d’œil. Après réflexion, Seb aurait peut-être mieux fait de se taire. Sa logique laissait à désirer en ce moment.
— Ça règle la question.
Le regard passa de Seb à Nathan avant de revenir vers son ami.
— Il est hors de question que tu ailles à l’hôpital tout seul.
— Jared… intervint Nathan.
Le ton de Nathan contenait un avertissement, mais Seb lutta pour comprendre son but.
Passant à côté de sa mise en garde, ou choisissant simplement de l’ignorer, Jared continua.
— Je n’arrive pas à croire que tu ne m’en aies pas parlé jusqu’à aujourd’hui.
— Ce n’est rien…
— Ce n’est pas rien !
Agrippant ses cheveux d’une main, Jared ferma les yeux comme s’il essayait de contenir sa colère.
— Est-ce que tu réalises que tu pourrais être en danger ?
Nathan essaya de nouveau d’intervenir.
— Je ne pense pas qu’ils lui auraient fait quoi que ce soit, J. Les répercussions seraient…
— Je m’en fous des répercussions, Nathan ! Seb pourrait être mort à l’heure qu’il est. Et il est hors de question qu’il sorte de cet appartement sans quelqu’un pour le protéger alors que Dieu sait quoi l’attend dehors. Ce n’est pas sûr !
Même dans son état léthargique, Seb savait que Jared réagissait de manière excessive. Son meilleur ami s’inquiétait généralement pour lui, oui, mais pas comme ça. Il n’était jamais trop protecteur ou déraisonnable.
Un grondement sourd résonna dans le silence qui s’ensuivit. Seb le sentit jusque dans ses os.
— Il ne sera pas seul.
Tim s’appuya contre le mur, le corps rigide et les poings serrés. Sa lèvre supérieure se retroussa légèrement et Seb remarqua avec un certain intérêt que oui, ses dents s’allongeaient effectivement comme celles de Jared.
Chaque fois que Seb avait rencontré le médecin chez Jared, il avait paru calme et heureux. En fait, il présentait si peu des traits que Seb associait généralement aux changeformes – l’agressivité, l’arrogance, la possessivité – qu’il oubliait parfois presque que Tim en était un. Seb ne l’avait jamais vu comme aujourd’hui, tout en puissance et en confiance, et peut-être aussi un peu furieux.
Le changement soudain d’attitude de Tim était surprenant et un peu dérangeant, et c’était peut-être l’alcool qui parlait, mais Seb le trouvait aussi très sexy. Son membre remua dans son boxer et il réarrangea à la hâte la couverture au cas où quelque chose se verrait.
Le mouvement fit tressaillir son poignet et il inspira brusquement de douleur. Le côté positif, c’est que la sensation suffit à stopper son érection.
La bouche de Jared s’ouvrit, ce dernier semblant aussi choqué que Seb par la tournure des événements. À l’évidence, lui non plus n’avait jamais vu cette facette de la personnalité de Tim, mais Nathan semblait juste résigné, comme s’il savait que ça allait arriver.
Tim contracta ses doigts. La trace de sang sur ses paumes trahissait clairement que ses griffes s’étaient allongées elles aussi. Vraiment furieux, alors.
Tim jeta un regard ironique vers la silhouette imposante de Nathan.
— Je n’ai peut-être pas l’air aussi intimidant que certains.
Comparé à Nathan, Tim n’était ni aussi large ni aussi grand, mais il mesurait tout de même un bon mètre quatre-vingts et Seb aurait parié que sous sa chemise ajustée, il était tout en muscle.
— Mais je peux t’assurer que je suis aussi capable de protéger Sebastian que n’importe quel autre membre de ma meute.
Oh . Seb détestait son nom. D’habitude . Mais quelque chose dans sa façon de le prononcer le fit frémir et, cette fois, la bière n’y était pour rien. C’était peut-être la voix rauque de Tim, plus grave que d’ordinaire, couplée à ses dents maintenant trop longues ; quoi qu’il en soit, Seb appréciait et ne ressentit pas le besoin de le corriger.
Jared haussa un sourcil, mais ne dit rien.
Alors que Nathan et Jared étaient occupés à discuter en silence, Seb laissa son regard s’attarder sur les épaules de Tim, remarquant la chemise qui s’étirait par endroits sur ses muscles quand Tim se levait et tendait les mains. Oui, Seb ne doutait pas un instant que Tim Walters serait capable de le protéger. Son regard remonta vers le visage de Tim. Il vit ses yeux bleus, ses lèvres charnues et sa mâchoire solide puis se retrouva tout à coup face à un changeforme grondant – tout en dents acérées et menace – Bon sang .
Le souffle de Seb se bloqua dans sa poitrine, ses courbatures et douleurs oubliées l’espace d’un instant, mais avant qu’il ne puisse dire un mot, Tim retrouva son apparence normale.
— Est-ce que c’était vraiment nécessaire ? grogna Nathan, sa voix plus rauque que d’habitude.
Seb ne manqua pas de remarquer qu’il s’était rapproché de Jared.
Tim haussa les épaules, sans remords.
— Je crois que oui.
Il se tenait droit, les épaules en arrière et le menton relevé. Jared avait apparemment réussi à le mettre de mauvaise humeur, ou plus vraisemblablement de mauvais poil.
— Je suis peut-être médecin dans cette meute et ce poste m’oblige à guérir les gens plutôt que de les blesser ou de les intimider, mais je fais avant tout partie de la meute. Et en tant que tel, je protégerais n’importe lequel de ses membres jusqu’à la mort. Suggérer le contraire est profondément insultant, et c’est un euphémisme.
Pas du tout du genre à savoir quand se taire, Jared lâcha :
— Mais Seb ne fait pas partie de la meute.
Seb tressaillit. Ce commentaire lui fit un pincement au cœur, sans qu’il sache trop pourquoi, après tout, Jared avait raison – il ne faisait pas partie de la meute.
Nathan souffla et les lèvres de Tim frémirent comme s’il réprimait un sourire.
— Tu as dit à notre alpha que Sebastian était comme un frère pour toi. Ou est-ce que je me trompe ?
Jared rougit et regarda le sol. Seb sourit alors que de la chaleur remplaçait la douleur de l’instant précédent.
— Oui, répondit Jared, si doucement que Seb eut du mal à l’entendre.
— Donc, en tant que compagnon de Nathan, toute personne que tu considères comme faisant partie de ta famille est automatiquement sous la protection de la meute de Regent’s Park.
Tim parlait lentement comme s’il expliquait à un enfant.
Le sourire de Seb s’agrandit. Jared aimait penser qu’il savait tout des changeformes à présent, mais à l’évidence, il n’était pas au courant de ce détail.
— Pourquoi est-ce que tu ne me l’as pas dit ? s’étonna Jared en foudroyant Nathan du regard et en lui frappant le bras.
Nathan lui rendit son regard noir, sans même tressaillir.
— Je pensais que c’était évident.
— Eh bien, pas pour moi.
Jared soupira et se frotta les yeux. Rien qu’à le regarder, Seb se sentit soudainement épuisé et ne put réprimer le bâillement qui suivit. Finalement, les épaules de Jared s’affaissèrent et il s’assit au bord du lit, évitant soigneusement le pied blessé de Seb.
— Je suis désolé, Tim. Je ne voulais pas dire que tu n’en étais pas capable et je sais que j’ai réagi de manière excessive, mais je sais aussi très bien ce qu’un changeforme peut faire à un humain.
Il se frotta l’épaule et Seb se sentit immédiatement coupable d’avoir oublié. Évidemment que Jared ne pouvait s’empêcher de réagir comme ça.
— L’idée qu’un ou plusieurs changeformes d’une autre meute harcèlent Seb me fait peur.
La posture du médecin changea et il se détendit contre le mur avec un petit signe de tête.
— Je comprends. Mais tu peux me faire confiance, je le protégerai.
Seb resta allongé, là, comme une demoiselle en détresse. Une vague d’agacement monta dans sa poitrine.
— Et je me répète, mais je suis juste là , les gars. Je n’ai peut-être pas d’ADN de changeforme dans les veines, mais vous ne pouvez pas parler de moi comme si mon opinion ne comptait pas. Pour une fois, c’est moi que ça concerne.
L’éclat dans les yeux de Tim quand il croisa le regard de Seb n’aurait pas dû être aussi attrayant. Seb détourna rapidement les yeux, se concentrant sur le bandage qui recouvrait son poignet quand Tim reprit la parole.
— Alors, Seb… est-ce que tu es d’accord pour me laisser t’emmener à l’hôpital, ou est-ce que tu préfères que Jared et Nathan nous accompagnent aussi ?
Sans relever les yeux, Seb répondit :
— Ça ne sert à rien que tout le monde vienne.
Il tourna alors les yeux vers Jared et lui adressa le sourire le plus convaincant possible.
— Rentre chez toi. Je t’appellerai plus tard.
— Tu as intérêt, grogna Jared. Et ne va pas croire que cette discussion est finie. Je veux tout savoir !
Seb leva la main pour l’interrompre.
— Oui, oui, je comprends. Mais pas maintenant, d’accord ?
— D’accord. Content que ce soit réglé.
Tim se frotta les mains. Seb eut l’impression que le médecin aurait aimé chasser Nathan et Jared hors de l’appartement, mais se retint. Au lieu de ça, il pointa les jambes nues de Seb.
— Allons te trouver des vêtements et nous pourrons partir.
 

 
Chapitre 2
 
 
 
 
— Attends, laisse-moi t’aider.
Tim passa un bras autour de la taille de Seb et le hissa sur ses pieds, lui arrachant un rire de surprise.
— J’oublie toujours que tu es incroyablement fort.
Tim sourit et l’entraîna vers la porte de la chambre. Blotti fermement contre son flanc, il était impossible de ne pas sentir l’odeur de Seb. Elle avait beau être empreinte de l’alcool qu’il avait bu dans la soirée, de petites traces de son odeur sous-jacente filtraient et Tim inspira profondément. Il savait bien qu’il ne devrait pas, bien sûr. Jared avait clairement indiqué à plusieurs reprises que Seb n’était pas intéressé par les changeformes – pour des raisons que Tim ignorait –, mais Tim ne put s’en empêcher. Seb sentait trop bon.
Jared et Nathan étaient enfin partis depuis cinq minutes ; si ce n’avait pas été le cas, Nathan serait sans doute déjà en train de lui lancer un regard d’avertissement. Seb ne réalisait peut-être pas que Tim le marquait de son odeur, mais Nathan aurait compris. Jared aussi, probablement. Il écarta le visage du cou de Seb et de la tentation qu’il représentait, puis le guida hors de la chambre.
Ils s’arrêtèrent en haut des escaliers. Seb se pressa contre lui, son bras valide reposant un peu maladroitement autour des épaules de Tim et sa cheville loin du sol. L’escalier n’était pas assez large pour accommoder facilement deux hommes adultes côte à côte.
Tim soupira.
...

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