Victorine
145 pages
Français

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Description

Romance historique – 285 pages


XIXe siècle,


Victorine, jeune femme en avance sur son temps, préfère un mariage d’amour à un mariage de convenance. Pourtant, le duc de Beaumanoir a d’autres projets pour sa fille. Bien qu’elle aspire à faire la fierté de son père, elle est prête à tout pour déjouer ses plans, refusant d’épouser le comte d’Ambroise, plus âgé qu’elle.


Mais la cruauté de la vie va la rattraper et changer son regard sur l’avenir...



Découvrez le tout dernier roman de Lola T., empli de ce qu’elle savait offrir de mieux à ses lectrices : émotions, drame, aventure et passion.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 3
EAN13 9782379613920
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Victorine

Lola T.
Lola T.


Mentions légales
Éditions Élixyria
http://www.editionselixyria.com
https://www.facebook.com/Editions.Elixyria/
ISBN : 978-2-37961-392-0
Photo de couverture : Elena Preo
Mot de l’éditrice


Comme bon nombre d’entre vous le savent, la disparition de Lola T. m’a terriblement affectée, de par l’amitié qui nous liait. Publier ses derniers écrits, c’était rendre hommage à son talent, mais surtout exaucer son souhait le plus cher et voir ses personnages prendre vie.
Peut-être sentirez-vous son âme à travers eux.
À ma fille Flavye, qui aime voyager dans mes romances historiques.

Lola T.
Prologue



— Mais, père, m’exclamai-je surprise par sa déclaration, je n’ai pas l’intention de prendre homme pour époux, je n’ai que dix-huit ans.
— Bien de tes amies ont déjà convolé, Victorine, il est temps pour toi d’en faire autant.
— Je ne suis pas mes amies, et je n’aspire point à devenir épouse.
— Tu feras selon mes désirs !
Mon père, le duc de Beaumanoir, veuf depuis ma naissance, était un homme très convoité par la gent féminine. Après la perte de ma mère, décédée en couche, je fus le soleil de sa vie, comme il aimait à me le répéter. Bien des dames usèrent de leurs charmes pour le séduire ; chacune d’entre elles fut éconduite, jusqu’à sa rencontre avec Lady Louise, une veuve anglaise qui, contre toute attente, retint son attention. Mon père restait, à son âge, un homme plein de charisme, apprécié et aimé, avec une détermination qui faisait plier bien des hommes d’un simple regard. Les épousailles de mon père et de Louise auraient lieu ce samedi, ce qui mettait la demeure en ébullition. Était-ce la perspective de cette nouvelle vie qui s’ouvrait à lui qui l’influençait pour m’unir à un homme bien né ? Si tel était le cas, j’en serais fortement désappointée. Comme toutes les jeunes filles nées de bonne famille, je savais pertinemment que mon père aspirait à me donner à un noble qu’il trouverait convenable, et je n’étais pas contre, le mariage ne m’effrayait pas, il était même dans mes projets à long terme. J’étais juste désireuse de profiter de ma liberté encore quelques années. Aimant mettre en avant mes convictions, parfois un peu trop franche, un trait de caractère que je tenais de mon père, j’argumentais en ce sens. Je n’étais pas non plus demoiselle à prendre des gants, lorsqu’une situation m’échappait. Ce qui m’avait valu déjà bien des déconvenues. Nos échanges devinrent bien plus houleux.
— Cette insistance à me voir me marier a-t-elle un rapport avec vos propres épousailles ? Serais-je devenue une charge pour vous ?
— Victorine, je suis offensé par tes propos. Un homme a un intérêt certain pour toi, à n’en pas douter, il ferait un excellent mari.
— Vraiment, je n’ai donc point mon mot à dire.
— Je pense à ton avenir, mon enfant.
— Je suis encore dans la fleur de l’âge, vous pourriez m’accorder quelques années.
— J’ai fait mon choix, Victorine, c’est ainsi.
— Et puis-je connaître l’identité de cette personne ?
— Le comte d’Ambroise.
Le comte d’Ambroise était un intime de la famille depuis bien des années, il fut même le meilleur ami de mon frère aîné qui perdit la vie dans un accident de cheval cinq ans auparavant. Mon père eut beaucoup du mal à se remettre de cette tragédie. De huit ans mon aîné, ma mère ayant eu bien des difficultés à donner un second enfant au duc, Henri fut pour moi un grand frère plein de tendresse, portant sur ma personne un regard protecteur. Sa perte fut particulièrement difficile à accepter, j’avais pour lui une profonde affection. Le comte Auguste d’Ambroise resta très proche de mon père après cette disparition soudaine. Il vint régulièrement lui rendre visite, après cette terrible perte, sans pour autant me porter une attention particulière. Jadis, nous avions été plus complices, il aimait me taquiner sous le regard amusé de mon grand frère. Le décès de celui-ci mit un terme à cette complicité. Il continua à s’entretenir régulièrement avec mon père, me laissant à distance. Ma stupéfaction fut grande à l’annonce de son nom.
— Père, il a presque deux fois mon âge.
— Tu exagères totalement, et l’âge n’a pas d’importance. Auguste est très apprécié dans la bonne société, il saura prendre soin de toi.
— Mais pas une fois il ne m’a porté attention. Chaque fois qu’il est venu au manoir, il m’a totalement ignoré.
— Un trait un peu réservé de sa personnalité sans doute.
— L’on dit de lui qu’il aime le jeu et les femmes. Ce n’est pas réellement la description d’un homme timide.
— Des bruits de salon, rien de plus. Ma décision est prise et je te demanderai de la respecter.
Je tapai du pied, agacée. Lorsque mon père ordonnait, il me fallait obéir sans objection. Cependant j’espérais au moins avoir le droit de regard sur le futur époux. Dans cette société où la femme était dépendante de l’homme, j’avais une chance insolente, mon père prenait fréquemment en considération mes opinions et mes souhaits. J’allais donc faire ma plaidoirie, afin d’obtenir un délai à cette décision, lorsqu’il leva la main vers moi, mettant un terme à la discussion. Lorsqu’il faisait ce geste, l’insistance devenait inutile. Il me fallait attendre un moment plus opportun. Je retournai dans ma chambre, très énervée.
Ne pouvant aller contre sa volonté par respect et par étiquette, je ne m’avouai pas vaincue pour autant. Je pris mon manteau et sortis de la demeure, bien décidée à trouver une parade à cette folie. La seule personne pouvant m’aider dans ma quête était ma cousine Jeanne. Si elle n’avait pas dans les salons une réputation pure, cela était bien différent dans les soirées mondaines. À 25 ans, Jeanne, grande blonde aux yeux marron, avait une beauté flagrante. Elle était considérée comme une vieille fille sulfureuse qui aimait batifoler et s’amuser, avec des idées parfois saugrenues qui charmaient en permanence. Héritière d’une coquette fortune à la mort de son père, le baron Beaulieu, elle vivait sa vie sans restriction, loin de sa mère qui n’adhérait pas aux choix de sa fille, qui ne souhaitait « s’encombrer » en aucun cas, selon ses propres termes, d’un homme. Une liberté qui enviait bien des demoiselles dans le duché. Ce qui me ramena à la décision de mon père : moi, comtesse d’Ambroise, cette pensée m’affolait. Je respectais Auguste, il était un réconfort précieux pour mon père, pour autant, je ne pouvais m’imaginer devenir sa promise.
— Victorine, ma chère, vous avez l’air d’une humeur bien fâcheuse, s’étonna Jeanne alors qu’elle me recevait dans son petit boudoir.
J’arpentais la pièce nerveusement, sous son regard amusé.
— Mon père désire que je me marie
— Voilà bien là une idée stupide.
— Certes, je suis parfaitement d’accord avec vous, je dois cependant lui obéir.
— Vraiment ?
— Jeanne, je ne suis pas comme vous, j’aspire à faire la fierté de mon père.
— Alors, quel est le problème ?
— Je ne m’attendais pas à une telle précipitation.
— Les bals débutent dans quelques jours, ils seront l’occasion de faire connaissance avec des hommes charmants.
— Oh ! Mais ma chère, mon père a déjà remédié à ce petit problème, il souhaite m’unir au comte d’Ambroise.
— Ce cher Auguste, il y a bien pire comme choix.
— Je n’ai aucune inclinaison pour lui, Jeanne et il est bien trop vieux.
Jeanne soupira longuement et se leva afin de stopper mes allers-retours.
— Qu’attendez-vous de moi ?
— Que nous trouvions une feinte à cette union. Je ne conçois pas d’être la comtesse d’Ambroise.
— La solution est simple, trouvez-vous un homme intéressant, qui vous plaît et saura faire de vous une femme honorable. Si celui-ci vous fait une cour empressée et demande votre main à votre père, il pourrait changer d’avis. Il faudra néanmoins que cet homme soit un parti tout à fait convenable, un vicomte, un comte.
— Je ne vois pas qui pourrait prétendre à ce poste, Jeanne. Je suis désemparée.
— Voyons voir, souffla-t-elle en mettant son doigt devant ses lèvres.
Elle réfléchit un long instant avant de reprendre la parole, un large sourire aux lèvres.
— Je vois trois possibilités qui pourraient nous convenir dans cette situation.
— Qui ?
— Le vicomte Joseph de Castillonne, le comte Charles de Fresne et le comte Hypolite de Cressac.
À mon tour je plongeais dans mes réflexions. Le vicomte de Castillonne était un jeune homme qui aimait la chasse et la danse, sa bonne humeur était très appréciée de ces dames. Le comte de Fresne, quant à lui était bien plus charismatique avec, à ce que l’on disait, une bonne humeur permanente, la danse l’ennuyait et pourtant il était présent à chaque réception, et le comte Hypolite de Cressac faisait soupirer d’allégresse bien des demoiselles lorsqu’il apparaissait à une soirée. Son physique avantageux était l’un de ses plus grands atouts, tout comme son immense fortune. Ces choix n’étaient pas dépourvus de sens, et ils étaient tous trois d’un âge raisonnable, même si le comte de Cressac avait quelques années de plus.
— Vous venez, chère cousine, de me redonner un peu d’espoir, je suis persuadée que l’un de ces trois jeunes hommes fera un mari parfait. Encore faut-il que mon cœur s’emballe.
— L’amour est un sentiment qui passera au second plan, Victorine, soyez déjà conquise par l’un des traits de caractère de nos prétendants et le reste viendra.
Je la regardai avec stupéfaction. Si ma cousine aimait laisser entrer des hommes dans sa couche, sans le moindre attachement, j’aspirais à des sentiments sincères pour celui qui ferait de moi une femme.
— Les sentiments sont pour moi primordiaux.
— Ma chère, tous les couples ne s’unissent pas par amour comme le firent vos parents, et au vu de la situation, vous n’avez pas réellement le choix.
Il était vrai que le temps jouait en ma défaveur.
— Vu votre bouille charmante, me taquina-t-elle en pinçant mon menton, vous allez faire craquer bien des messieurs.
Assez petite, fine aux yeux bleus et cheveux corbeau, la peau un peu trop laiteuse, je n’avais pas les jolies formes de Jeanne, ni

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