À trop viser la lune , livre ebook

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« La petite fille ne peut contenir sa joie, gratifiant la baie d’un bonheur innocent. Elle se sent immortelle, en elle brûle un feu ardent. Durant ce court instant d’évasion, la douleur n’est plus qu’un lointain souvenir, ne reste que le bonheur, intense, protecteur. Ne reste que l’allégresse volubile et cette sensation synesthésique de n’être plus qu’une plume emportée par le vent. »



Parfois, les destins se croisent et s’entrechoquent jusqu’à en devenir indissociables. Quelle est cette force invisible qui nous unit les uns aux autres ? Alex, brillant avocat en devenir, Zoé, une adolescente atteinte d’une maladie incurable, et Manu, un sans-domicile fixe, prisonnier sur la rive de ses regrets, devront puiser aux tréfonds de leur humanité pour comprendre le véritable sens du don de soi.

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Publié par

Date de parution

01 juin 2023

Nombre de lectures

1

EAN13

9782492243714

Langue

Français

À trop viser la lune
 
 
JONATHAN CADOUX
 
 
 
 
 
 
À trop viser la lune
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Crédits
 
Tous droits réservés
 
Corrigé par Ma plume correctrice. Sophie Eloy.
Couverture réalisée par @Belfanti-Gentil Elodie  
Édité par : Les Éditions Legacy
 
 
 
 
 
ISBN : 978-2-492243-71-4
Dépôt légal : juin 2023
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
© Les Éditions Legacy
Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon, aux termes des articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
À ma donneuse, à Julia,
 
Anges dont la mémoire se souvient qu’elle provient des étoiles…
 
À Fabiano,

Poète de l’infini. Réparer les corps arasés sera le socle de sa vie…

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 
UN VIEIL HOMME SUR LA PLAGE
 
 
 
 
— Le lac est magnifique ce soir, vous ne trouvez pas ? D’ordinaire, j’attends qu’il fasse nuit pour venir le contempler. Je préfère éviter les touristes, les jeunes couples et les familles nombreuses ; tout ce beau monde me ramène aux souvenirs douloureux du passé, et je dois dire que cela me met mal à l’aise. D’ailleurs, je ne suis pas sûr d’être le genre de compagnie que les promeneurs apprécient. J’imagine d’ici leur gêne à la vue d’un individu de mon espèce. Regardez-moi ! Ne suis-je pas tout ce que les gens normaux redoutent ? La personnification de l’échec social, c’est moi ! J’entends d’ici les mères dire à leur enfant : « Travaille bien à l’école, sinon tu finiras comme le monsieur-là, dans la misère, et tu dormiras sous des cartons et des couvertures, à même le sol ». J’aimerais leur dire que l’on ne choisit pas toujours dans la vie, que certaines choses nous dépassent et que, parfois, au milieu des flots de notre existence, sous un ciel en apparence dégagé, peuvent surgir tempêtes et bourrasques et on se laisse alors dériver au fil des déboires.
— C’est que…
Plongé dans ses pensées, il ne s’aperçoit pas que la personne assise à côté de lui n’est qu’une fillette.
— Soyons honnête ! Qui pourrait envier mon sort ? Pourtant, si je possédais une quelconque influence sur le temps, je n’hésiterais pas à revenir en arrière. J’irais dire au jeune garçon idiot que j’étais de ne jamais rien prendre pour acquis. Car c’est bien là la faiblesse de l’homme. Le monde peut bien s’écrouler autour de lui, tant que ses jambes le supportent, il reste en lui assez de fatuité pour se croire tout-puissant. Longtemps, mon égocentrisme m’a aveuglé. Si j’avais su, j’aurais agi autrement. Faute de cela, ma mémoire s’étiole tandis que je me laisse porter par les relents ambrés de cette maudite bouteille et du poison qu’elle contient. Enfin… À quoi cela sert-il de ruminer ? Les choses sont telles qu’elles doivent être, n’est-ce pas ? Mais au fait, vous êtes quoi au juste ? Un ange ?
— Dites-le donc à mes parents ! Je ne crois pas que l’on puisse me trouver quelque point commun avec les anges, M’sieur.
— Cela fait cinq minutes que je me confie à toi, pensant que tu n’étais rien d’autre que le fruit de mon imagination et tu ne m’as rien dit ?
— C’est que je ne voulais pas vous interrompre. J’avais peur de vous vexer.
L’espace de quelques instants, le vieil homme affiche une moue dubitative puis, maugréant, il reprend :
— Mon vieux Manu, cette fois rien ne va plus ! Moi qui pensais ne pas pouvoir tomber plus bas, me voilà obligé de confier mes misères à une gamine. Et qu’est-ce qu’une fillette de ton âge vient faire ici par une soirée aussi froide ? Rentre chez toi ! Ouste ! Tes parents doivent être morts d’inquiétude ! Que vont-ils penser s’ils te trouvent avec un énergumène comme moi ?
— Je n’en sais rien et, à vrai dire, je me moque bien de ce qu’ils peuvent penser ! À mon avis, ils n’auront même pas remarqué mon absence. Ils sont trop occupés à régler leurs problèmes.
— Les adultes… Qu’est-ce qu’ils sont rasoir ! Tu crois que je n’en ai pas moi des problèmes ? D’ailleurs, cela ne te fait pas peur de t’asseoir à côté d’un inconnu ?
À voix basse, Zoé bougonne : « Je n’ai pas peur des dialyses, pourquoi aurais-je peur d’un vieil homme qui parle tout seul ? »
— Qu’est-ce que tu as dit ?
Soulagée de constater que l’acariâtre personnage assis à ses côtés n’a rien entendu, elle s’empresse de reprendre la main :
— Et vous ? Vous n’avez pas peur de moi ?
— Toi, gamine, tu sais économiser ta salive ! J’aime bien les gens de ton espèce, au moins vous n’usez pas votre langue pour dire des choses simples. Mais quel âge tu as ? T’es pas beaucoup plus haute que le banc sur lequel tu es assise, pas plus épaisse que mon veston, pourtant, tu causes déjà avec assurance.
— J’ai onze ans, m’sieur ! Bientôt douze !
— Et c’est quoi ton prénom ?
— Vous êtes de la police ?
— J’aurais pu… Mais j’ai préféré réussir ma vie…
— De ce que je vois, cela ne vous a pas vraiment réussi ! Vous auriez dû faire flic !
— Sache que j’étais le meilleur dans ma profession, mademoiselle « j’ai un avis sur tout » ! Et puis d’abord, pour qui tu te prends pour juger un vieil homme comme moi ? Je pourrais être ton…
Avant qu’il ait le temps de finir sa phrase, la fillette l’interrompt :
— Zoé !
— Pardon ?
— Vous m’avez demandé mon prénom. Eh bien, je m’appelle Zoé.
— Mouais… C’est un joli prénom, mais ce n’est pas un peu court ?
— Parce que Manu, c’est un prénom à rallonge peut-être ?
— Impertinente par-dessus le marché ! Eh bien, les journées ne doivent pas être ennuyeuses à la maison, avec une gamine comme toi…
— S’il n’y avait que moi encore… Heureusement, je suis là pour mettre un petit peu d’ambiance ! Vous passeriez un repas en compagnie de ma famille, vous mourriez certainement d’ennui avant d’avoir fini votre assiette.
— Au moins, j’aurais l’estomac plein !       
Après plusieurs secondes de silence, la fillette, tiraillée entre le désir et la culpabilité, se décide tout de même à crever l’abcès. Confuse, elle demande :
— Donc vous dormez dans la rue ?
Surpris, le taciturne vagabond reste coi quelques secondes puis, avec ironie, rétorque :
— Ah non, non ! En réalité, les vêtements usés sont là pour faire joli, je les porte par simple coquetterie. D’ordinaire, je dors à l’hôtel Impérial, mais j’étouffais dans ma chambre. Trop grande, trop luxueuse…
— C’est vrai ce mensonge ? J’ai l’impression que vous vous moquez de moi ?
— Évidemment que je dors dans la rue ! Jamais vu une gamine aussi naïve !
Vexée, Zoé se lève d’un bond et s’apprête à tourner les talons. À quoi bon rester en compagnie de ce vieil ours mal léché ? Sa mauvaise humeur risquerait de devenir contagieuse.
Voyant que ses sarcasmes ont eu raison de la susceptibilité d’une enquiquineuse de premier ordre, Manu réalise qu’il vient de faire fuir la seule personne à qui il a parlé depuis des mois ; la seule qui a accepté de s’asseoir à côté de lui sans exprimer ni dégoût ni pitié, la seule qui ne lui propose ni mépris ni argent, mais simplement un peu de compagnie.
Conscient d’avoir commis une injustice à l’égard de cette enfant, Manu, tout en s’efforçant de gommer son air acariâtre naturel, se résigne à lui répondre et, les dents serrées, lui lance :
— Je loge à l’embarcadère.
Encore courroucée, la petite fille s’immobilise puis, brusquement, vire de bord pour plonger ses yeux saphir dans le regard fatigué de son interlocuteur. D’un ton menaçant, elle le prévient :
— Attention, si c’est encore une de vos vilaines blagues, je préfère m’en aller.
— Par tous les saints, tu es plus têtue que mon regretté grand-père et sa mule réunis ! Ce qui est un sacré exploit, car Dieu sait qu’ils étaient aussi bornés l’un que l’autre ces deux-là ! Puisque je te dis que je dors à l’embarcadère d’à côté.
— Et qu’est-ce que c’est comme bidule un embarcadère ?
Tout en s’escrimant à garder son sang-froid, le vieil homme se frappe le front avec la paume de la main d’un air découragé puis, conscient qu’il se trouve face à une enfant, tempère son agacement, s’employant à rester pédagogue. Se penchant difficilement vers le sol, il saisit une brindille à ses pieds et commence à dessiner les contours de la bâtisse dans laquelle il a élu domicile :
— Voilà, ça, c’est un embarcadère. Ce n’est ni plus ni moins qu’une petite cabane sans porte, de laquelle partent et arrivent les bateaux.
— Ce n’est pas un peu cher pour vous ? Reconnaissez que ce n’est pas commun de voir un SDF poser ses valises dans un tel endroit.
— Je n’y suis que depuis deux jours, la ville m’étouffait, j’avais besoin d’un endroit plus calme.
— Mais alors, si des bateaux passent par là, comment faites-vous pour dormir avec toutes ces allées et venues ?
— Fort heureusement, cela fait des lustres que plus personne ne l’emprunte et cette cabane désaffectée ne sert plus que de décoration à présent. La seule chose qui m’incommode, ce sont les va-et-vient incessants des promeneurs et le tapage des clients du restaurant d’à côté. Par conséquent, je prends soin de rentrer à une heure tardive ; ainsi lorsque Morphée m’emporte, l’établissement a baissé pavillon depuis longtemps.
— Une maison sans porte, je serais curieuse de voir ça !
— Oui, enfin… Disons que cela ressemble plus à un abri qu’à une véritable maison, mais au moins j’ai un toit sur la tête, une banquette où m’allonger et les pieds au sec. Crois-en l’expérience d’un vieux vagabond, quand on a dormi dans un hall de gare au milieu d’une vingtaine de pauvres bougres, entassés les uns sur les autres sous des couvertures et des cartons, on goûte rapidement au confort

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