citrouilles du diable, Les
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Description

Guide pédagogique disponible
Pourquoi les citrouilles cultivées par les Forestier sont-elles si grosses et si rouges qu’elles gagnent tous les concours? Pourquoi les enfants de ce couple bizarre sont-ils si pà cles, si secrets, si craintifs? Halloween n’explique pas tout… Un blizzard infernal mettra le jeune Mathieu sur la piste de bien curieuses pratiques… Aidé de son meilleur copain, Mathieu est prêt à risquer sa vie pour sauver Sarah, son amie de coeur, et résoudre l’énigme des citrouilles du diable…

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 24 janvier 2012
Nombre de lectures 6
EAN13 9782896112418
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Table des matières Chapitre un Chapitre deux Chapitre trois chapitre quatre Chapitre cinq Chapitre six Epilogue

Illustrations : Janet La France
 
Conception de la maquette couverture : Relish Design
 
Mise en page : Plaines
 
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada
 
Archives Canada
 
 
Les citrouilles du diable / Louisa Picoux
 
illustrations de Janet La France.
 
ISBN 2-89611-030-5
 
I. La France, Janet II. Titre.
 
PS8581.I259C48 2006
 
jC843’.54
 
C2006-904814-2
 
 
© Louisa Picoux, Éditions des Plaines, 2003, 2006
 
C.P. 123, Saint-Boniface (Manitoba) R2H 3B4
 
www.plaines.mb.ca
 
Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Canada,
 
Bibliothèque provinciale du Manitoba et Bibliothèque
 
nationale du Québec.
 
3
e
trimestre 2006
 
Les Éditions des Plaines remercient le Conseil des Arts du Canada et le Conseil des Arts du Manitoba du soutien accordé dans le cadre des subventions globales aux éditeurs et reconnaissent l’aide financière du ministère du Patrimoine canadien (PADIÉ et PICLO) et du ministère de la Culture, Patrimoine et Tourisme du Manitoba, pour ses activités d’édition.
LES CITROUILLES DU DIABLE
 
LOUISA PICOUX
 
Plaines
 
Chapitre un
Quand je pense que dans certains livres on fait peur aux enfants qui ne sont pas sages... On les menace d’une nuit dans le placard, d’un fantôme qui viendra au pied de leur lit agiter ses guenilles et ses grelots... Il s’agit souvent d’un loup aux yeux incandescents : il attend la gueule grande ouverte, découvrant ses crocs acérés, patrouillant sans relâche sous les fenêtres jusqu’au petit matin blafard... Brrr! De quoi les traumatiser, « nous » traumatiser à vie... Vraiment!
Ce matin, c’est à la demande de toute la classe qu’une romancière est venue nous lire des histoires d’horreur. Le silence est total parmi les élèves fascinés. La dame brandit à deux mains un gros livre à couverture noire creusée de lettres dorées. « Un grimoire », nous précise-t-elle, un ouvrage sur la sorcellerie. Elle s’exprime — est-ce volontaire? — d’une voix désagréablement aiguë qui nous fait frissonner de plaisir!
— En période d’Halloween, il faut éviter toutes les croisées de chemins : c’est exactement en de tels endroits que le diable donne rendez-vous à ses suppôts, les sorciers. N’imaginez pas ces derniers comme on vous les décrit dans les contes! Vous savez bien, avec un nez crochu orné d’une grosse verrue qui, dotés de tous les pouvoirs magiques par leur maître diabolique, se rendent visibles ou invisibles selon leur humeur ou leur mission... Sans oublier, bien sûr, les sorcières, curieuses dames à califourchon sur leur balai. Pour voler plus vite, plus haut, lors de leurs voyages nocturnes, elles mâchonnent la racine fourchue de la maléfique mandragore en prononçant une formule magique : « Abracadabra! » par exemple, ou bien encore : « Balai, Ô mon précieux balai, mène-moi là où le diable est! »
— Non, non! dans la réalité cela est différent. On ne remarque pas ces êtres redoutables, car ils vivent de façon… disons... normale dans la société, c’est-àdire au milieu de vous. Pourtant, dit-on, certaines nuits, ces esclaves du diable se rendent encore dans les cimetières pour s’adonner à d’étranges pratiques. Ils y célèbrent le Sabbat, une assemblée nocturne que préside Satan lui-même et repartent dans le monde, détenteurs de redoutables secrets. Ces nuits-là, le diable se transforme en un animal monstrueux : un bouc énorme aux pieds fourchus, des têtes sifflantes de serpents sortant de ses oreilles pointues. Au clair de lune, excités par la vue de leur puissant maître, les sorciers et les sorcières le suivent en dansant la gigue sur les tombes. Après avoir rendu hommage à Satan et pris part au festin succulent et lugubre préparé à leur intention, ces hôtes indésirables finissent par s’évaporer dans l’épaisseur de la forêt.
— Vous savez tous, pour l’avoir lu ou entendu dire par vos anciens, que la nuit est propice aux maléfices, qu’à minuit pile les forces du Mal se manifestent. C’est une heure où il est imprudent de sortir, l’heure à laquelle les morts se lèvent et rôdent à travers la campagne. Si vous avez la malchance de vous égarer parmi eux, méfiez-vous! Si d’aventure, ils ouvrent les yeux, pour vous punir de votre audace, ils peuvent vous jeter un sort... Risqueriezvous d’être changés en animal et ne plus jamais retrouver votre forme humaine? C’est pour cela qu’on ne doit pas commettre d’imprudence : rester hors de portée de ces êtres malfaisants est la moindre des précautions, à moins, bien sûr, que vous choisissiez de...
La conteuse se tait. Ses yeux sombres, soigneusement bordés de noir, brillent en fixant sur nous, les uns après les autres, un regard que je juge malveillant. Elle hoche la tête plusieurs fois, lentement...
— Eh bien? interroge-t-elle avec un sourire froid.
Eh bien? Elle a réussi son effet! Le lourd silence qui accueille son interrogation pèse des tonnes : frousse, trouille, peur bleue, se lisent tour à tour sur nos visages figés; certains semblent même s’être peignés avec un râteau, tant leurs cheveux se dressent sur leur tête! Rivés à nos chaises, nous n’osons pas nous retourner : qui dit qu’une main décharnée et glacée n’est pas prête à se poser sur notre épaule?
Sans que nous nous soyons consultés, de chaise en chaise s’élèvent des « Ohooo! » et des « Ahahaa! ». Même les plus peureux d’entre nous ne souhaitent pas que la séance s’arrête là. Il y a certainement bien d’autres horribles détails à entendre!
Un peu à l’écart, monsieur Morisson, notre prof, est resté silencieux debout près de son bureau. Il ouvre les bras en signe d’impuissance, hésite un moment avant de nous dire, à la fois sévère et amusé :
— Je sais que vous rivalisez d’imagination pour les sujets macabres, toujours en quête de frissons, entre monde réel et monde virtuel!
Il ne peut s’empêcher de sourire :
— Ainsi Halloween vous excite avec ses êtres diaboliques à souhait se reconnaissant entre eux par des signes kabbalistiques, amulettes et autres bizarreries! Ce que vous venez d’entendre ne vous suffit pas! Vous aimeriez sans doute découvrir la meilleure façon de « les » repérer? Apprendre quelles potions magiques sont propres à chasser leurs maléfices? Savoir faire la distinction entre sorcellerie, magie, superstition, apparitions? Je reconnais que la liste est longue, et ne sera d’ailleurs jamais épuisée! Mais avant cela, j’aimerais tester vos connaissances personnelles sur ce sujet qui vous passionne... Qui commence?
La fin de son discours se perd dans un brouhaha indescriptible. Les questions se bousculent, chacun voulant prendre la parole. Les voix s’élèvent autant que les doigts dressés : « M’sieur! M’sieur!... »
Nick et Rob Anderson, deux frères grands et costauds, aux cheveux rasés, se lancent dans une rocambolesque histoire où le diable apparaît auréolé de flammes, laissant échapper, comme d’un volcan en éruption, des parfums de soufre!
— Si Satan porte un chapeau et refuse de le retirer, dit Nick avec un sourire féroce, c’est qu’il s’est déguisé en homme et ne veut pas que l’on découvre ses cornes. Ce sont des signes qui ne trompent pas... Pourtant on ne peut pas dire que, d’habitude, la discrétion étouffe le diable!
Son frère Rob pousse un éclat de rire, imité par toute la classe.
— Très drôle! À qui la suite? soupire monsieur Morrison.
Adèle, aux taches de rousseur plein les joues, se lève. J’aime sa voix calme et posée :
— On prétend qu’il y a des personnes aux pouvoirs surnaturels, mais bienfaisants. Elles guérissent des gens par la seule imposition de leurs mains sur la partie douloureuse.
Je suis d’accord avec elle : je me souviens d’une émission où un guérisseur arrivait à dépister et à soigner des maladies avec ses mains et par les plantes.
Mon meilleur copain, Daniel, un grand maigre au rire communicatif, se lève pour nous décrire, gestes à l’appui, le terrifiant loup-garou; un homme qui se transforme en loup les nuits de pleine lune et regagne ses pénates avant le lever du jour sans trop se faire remarquer.
— Ils sont méchants, les loupsgarous?
Aie! je présage une catastrophe à court terme. Daniel se fait un plaisir d’inventer les plus horribles détails. Bobby, qui avait posé la question d’une voix mal assurée, vire carrément au vert!
Tout content de son effet, Daniel se rassoit et demande à haute voix :
— Alors, j’ai été super, non?
Des exclamations enthousiastes fusent de tous les coins. Je me tais : comme à son habitude, mon copain en a trop fait. Je trouve qu’un tel sujet devrait être traité avec plus de sérieux...
Insatiable, la classe continue à poser des questions. Tout y passe : de la plante de millepertuis — dite aussi « chasse diable », dont il faut garder une branche à la maison pour repousser les maléfices — au cercle magique dans lequel on entre en cas de danger.
— Et combien de temps faut-il rester dans ce rond? lance Marc d’une voix rigolarde.
Il s’étouffe presque, tellement il se trouve drôle! C’est son problème majeur : il est pratiquement le seul à apprécier ses plaisanteries idiotes! Personne ne se donne la peine de lui répondre. Notre professeur lui fait signe de se taire et donne la parole à Alison… une fille plutôt jolie qui se croit encore mieux que ça. On connaît son numéro de charme par cœur et on n’y coupe pas. Comme à chaque fois, elle se lève, prend une pose de starlette, fait danser ses boucles blondes autour de son visage, papillote des cils et ouvre la bouche... Elle attend que les chuchotements agacés des filles s’éteignent… mais je saisis quand même des mots de « petite peste » et « d’insupportable prétentieuse! » Si Alison a entendu, elle ne réagit pas à ses paroles assez cruelles il faut le dire.
Mon amie Tina, un peu envieuse de sa beauté, m’a confié un jour que son vœu le plus cher était de voir apparaître de gros boutons sur ce visage de poupée barbie! Côté garçons, par contre, elle a un public de « fans » qui lui témoignent une grande admiration. Les murmures deviennent soupirs extasiés : Alison sait bien les manœuvrer en laissant croire à chacun qu’il est son favori! Cela marche avec presque tous... sauf moi : mon cœur appartient à Sarah depuis le début de l’année scolaire. Une fille aux yeux plus bleus que le ciel... Belle, mais belle!... Je me mets à sourire béatement.
Lors de l’anniversaire de Rob Anderson — ce grand gaillard sportif — on nous avait enfermés, Sarah et moi, dans un placard pour le « jeu du baiser ». Nous étions restés l’un en face de l’autre dans la pénombre. Après une seconde d’hésitation, je passai mes bras de façon hardie autour de ses épaules et lui appliquai un baiser sur la joue. Sarah tourna la tête légèrement, nos lèvres se touchèrent... C’était tout chaud, si doux que de petites étoiles pétillaient devant mes paupières fermées! Une fois sortis du placard, nous étions restés à nous regarder, les joues en feu, sans nous soucier des rires moqueurs de nos camarades. Depuis, je l’avais croisée dans les couloirs de l’école. Le plus souvent, Sarah garde un sérieux qui m’impressionne. J’aime son sourire franc qui parfois illumine son visage. Je meurs d’envie d’en apprendre davantage sur elle, mais ne sais comment m’y prendre, car mon amie n’est pas bavarde.
Un matin, j’ai entendu : « Mathieu! », je me suis retourné, c’était Sarah! Elle laissa ses amies et s’approcha de moi. « C’est l’occasion rêvée! » me suis-je dis. En quelques secondes, je retournais dans ma tête ce que je pourrais lui dire de gentil qui retienne son attention. Je réalise maintenant combien cela était difficile... Au lieu de mots doux, je pris sa main dans la mienne quelques instants en balbutiant son nom : « Sarah! Sarah! Sarah!... » Comme démonstration convaincante d’amour, on pouvait faire mieux! Cependant, elle paraissait heureuse. Nous avons échangé quelques mots : « Si tu veux, on peut se voir après la classe? » Elle me sourit sans répondre, puis elle rejoignit son groupe et je ne la revis plus.
Depuis, je tente de la contacter, mais ne connais pas son numéro de téléphone... À vrai dire, je ne sais même pas son nom de famille! Je n’arrive pas à me l’ôter de la tête ni du cœur. Je redoute que cette absence ne m’éloigne à jamais de mon amie! La perspective de la revoir m’emplit le cœur d’une joie profonde et, en même temps, l’angoisse me saisit tout entier. Ce matin, avant le cours, j’ai entendu des filles prononcer son nom et j’ai réussi à saisir quelques mots.

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