L affolante silhouette
103 pages
Français

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L'affolante silhouette

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Description

Le détective FLORAC et son adjoint LA GLU sont appelés à Plogastel où des jeunes filles disparaissent mystérieusement et sont retrouvées quelques jours plus tard, dans la nature, dans un état de dépérissement incompréhensible.


Des pêcheurs affirment avoir vu, la nuit, un fantôme se promener sur la côte environnante.


Les deux enquêteurs se rendent sur site, pour résoudre cette étrange affaire qui met en émoi tout le pays...


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Publié par
Nombre de lectures 8
EAN13 9782373475128
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0000€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

FLORAC ET LA GLU
L’AFFOLANTE SILHOUETTE
Roman policier
Marcel VIGIER
*1*
Installé devant son bureau, Florac, le célèbre déte ctive, compulsait un volumineux dossier.
Pommier, autrement dit « La Glu », son fidèle compa gnon, se promenait à travers la pièce. Bientôt, il ne put y tenir et, s'arrêtant soudain, demanda :
— Alors, patron, ça roule.
Florac releva la tête, repoussa les feuillets épars sur la table et répondit en souriant :
— Oui, mon vieux, ça roule ; ou plutôt, c'est nous qui allons rouler.
— Vous n'avez pas trouvé le secret de cette nouvelle énigme.
— Euh !... Ces rapports de police sont assez obscurs, il faut nous rendre sur place pour examiner les choses avec plus de précisi on.
— Pourtant, ils n'ont pas ménagé la paperasse.
— En effet, mais c'est bourré de détails ineptes. E n un mot, le problème se présente ainsi :
« À quelques kilomètres de Plogastel, vers la mer, se trouve le château de Kéréol, habité par le vieux baron du même nom. Ce b aron est un célibataire d'une soixantaine d'années qui se livre à la numism atique avec une ardeur sans cesse renouvelée et qui ne semble pas avoir d'autre s passions.
« Or, depuis un mois et demi environ, trois jeunes filles du pays, d'une quinzaine d'années, ont disparu à trois époques dif férentes dans des circonstances mystérieuses. On les retrouva chacune exactement, six jours après sa disparition, aux alentours du château. Auc une d'elles n'était blessée, mais toutes se trouvaient dans un état de dépérisse ment incompréhensible. Actuellement, elles sont soignées à Quimper, où ell es suivent un régime de suralimentation énergique.
« Interrogées, elles ont affirmé ne se souvenir de rien, ne ressentir aucune douleur et n'éprouver qu'une invincible faiblesse. Examinées à l'hôpital, on n'a relevé sur elles aucune trace de brutalité, seuleme nt une légère cicatrice au bras gauche comme si elles avaient été vaccinées de puis peu.
— Eh bien ! en voilà un truc ! Patron, je vais cher cher la pierre à couteaux pour vous aiguiser les méninges, il vous les faut r udement affûtées pour tirer au clair ce mystère.
— Attends, ce n'est pas tout. Les pêcheurs du voisi nage, interrogés, ont prétendu apercevoir chaque nuit sur la grève, une o mbre fantastique sortant de
terre comme par magie pour y disparaître de même.
— Vous allez voir, patron, que vous serez obligé de boucler un fantôme ; ce sera sur de vieux os tout secs que vous glisserez l es menottes.
— Ne ris pas, dans une affaire semblable, il ne fau t négliger aucun détail, même le plus extraordinaire.
— Naturellement, aucun de ces pêcheurs n'a eu la cu riosité de s'approcher de ce fantôme.
— Un seul, mais il est resté la matinée entière éva noui à la suite d'un choc sur la tête dont il ignore absolument la cause, n'a yant vu personne autour de lui.
— C'est de la magie pure, il nous faut emporter dan s notre valise quelques formules cabalistiques pour chasser les esprits.
— Voici donc toutes les données du problème. La gen darmerie s'est livrée à de nombreuses enquêtes, le Parquet s'est déplacé, m ais le mystère est resté entier. On aurait peut-être abandonné cette affaire , si une nouvelle jeune fille ne venait d'être enlevée dans les mêmes circonstances. À bout de ressources, ces messieurs de Quimper ont cru devoir réclamer les lu mières de ton serviteur et m'ont fait parvenir ces documents afin de me donner une idée de leur embarras.
— Et vous avez deviné quelque chose ?
— Évidemment, mais je ne veux m'appesantir sur aucu ne opinion à l'avance de crainte de faire fausse route.
« Il est neuf heures ; tu vas aller chercher l'auto , pendant ce temps je préparerai différents camouflages et nous partirons aussitôt.
— Va bien, patron, je cours, je vole...
— Bon.
Une fois seul, Florac prit quelques notes sur son c arnet, rangea ensuite le dossier et passa dans la pièce voisine. D'une grand e armoire, il sortit plusieurs vêtements complets, des fausses barbes, quatre perr uques et empila le tout dans une valise qu'il transporta dans son bureau.
Ces préparatifs terminés, il téléphona à la Préfecture pour prévenir ses chefs de son départ et attendit La Glu. Celui-ci ne tarda pas à revenir et tous deux descendirent pour monter incontinent dans leur auto .
Pendant la première partie du voyage, Florac se ren ferma dans ses pensées, cherchant par des déductions savantes la s olution de ce nouveau problème qui se présentait à sa sagacité. En même t emps, il établissait un plan de campagne destiné à surprendre l'ennemi.
À midi, ils s'arrêtèrent dans une auberge pour déje uner et le détective mit son compagnon au courant de ses projets.
— Inutile, lui dit-il, d'avertir l'adversaire de no tre arrivée. Nous gagnerons donc Quimper, où nous laisserons l'auto pour nous a cheminer ensuite à pied jusqu'à Plogastel et de là aux alentours du château de Kéréol.
— À pattes, tout ce trajet ?
— Oui.
— Flûte, vous me paierez au moins une paire d'échas ses ?
— Tout le long du chemin, nous récolterons sans dou te de nombreux détails et en outre, comme nous serons travestis en chemine aux, nous aurons l'avantage de ne pas attirer l'attention. À Quimper, nous descendrons à l'hôtel de la Postesous les noms des frères Berthelon, voyageant pour leur plaisir.
— Entendu patron, je ne commettrai l'ombre d'une ga ffe.
Le déjeuner terminé, les deux amis remontèrent en a uto et filèrent à toute vitesse sur la route poudreuse.
À la nuit tombante, après une randonnée fantastique , les policiers atteignirent Quimper. Florac, ayant acheté une feui lle locale, se rendit compte que le « mystère de Kéréol » passionnait l'opinion publique. Cette constatation le décida à retarder son départ jusqu'au lendemain matin.
À l'hôtel, après une toilette sommaire, il entraîna La Glu dans la salle du restaurant et commanda le dîner.
Par une manœuvre habile, il sut amener le garçon su r le sujet l'intéressant. Ce dernier ne se fit point prier, heureux d'étonner ces étrangers par l'abondance de ses connaissances.
— C'est fantasmagorique, assura-t-il. Chaque nuit o n aperçoit sur la grève cette ombre extraordinaire ; elle se promène, entre dans la mer, revient, puis disparaît. Les gendarmes, il est vrai, nient son ex istence, ayant veillé dans le but de la surprendre, sans rien voir. Pourtant, j'ai ca usé avec de nombreux pêcheurs habitant la contrée et tous m'ont affirmé l'avoir n ettement distinguée à des heures différentes.
Florac hocha la tête.
— Mais y a-t-il corrélation entre ces apparitions e t les enlèvements de jeunes filles ?
— Évidemment, simultanément.
puisque
ces
— Et la dernière fillette disparue ?...
deux
— On ne l'a pas vue depuis cinq jours.
événements
ont
comme ncé
Le détective apprit ainsi divers détails qui furent pour lui la confirmation des
rapports reçus à Paris. Néanmoins, rien ne vint écl airer la situation, aucune précision ne lui permit d'établir une base solide p our de là, par des déductions logiques, aboutir à une explication plausible.
Les renseignements obtenus sur le baron de Kéréol f urent excellents. Le vieux gentilhomme avait une passion unique : la num ismatique. Né dans le pays, il y était connu et aimé ; jamais aucun écart de conduite n'avait permis de douter de sa parfaite honnêteté.
Son personnel était restreint : un ménage de paysan s et leur fille ; un vieux domestique faisant fonction de valet de chambre et c'était tout.
La question, pour Florac, restait donc absolument o bscure et s'il avait une idée, ces dernières précisions le forçaient à l'aba ndonner.
Lorsqu'ils furent seuls dans leur chambre, La Glu q uestionna :
— Alors patron, vous avez trouvé le ravisseur ?
— Rien du tout ; je comprends de moins en moins...
— Bon, ça ne durera pas, allons nous coucher.
*2*
Le lendemain à l'aube, Florac réveilla La Glu et to us deux descendirent.
Au bureau de l'hôtel, ils prévinrent de leur absenc e et donnèrent un prétexte plausible à ce sujet. Puis ils se mirent en route.
Le jeune homme s'était chargé d'une petite valise c ontenant leurs armes et deux camouflages choisis par le détective.
À pas rapides, ils gagnèrent la campagne et marchèr ent longtemps afin de dépister les suiveurs. Bientôt, ils atteignirent un e cabane isolée et paraissant inhabitée. Après s'être assurés qu'aucun indiscret ne les épiait, ils y pénétrèrent et La Glu ouvrit la valise.
En quelques minutes, ils eurent troqué leurs vêteme nts contre deux costumes loqueteux et sales, leur donnant l'allure de parfaits chemineaux.
Florac se coiffa d'une perruque grisonnante sur laq uelle il enfonça un bonnet de marin, honnêtement crasseux. S'installant alors devant une glace, il se maquilla avec soin, boursouflant la peau par quelqu es frictions acides, creusant ainsi des rides factices. Des sourcils touffus et g ris furent collés par-dessus les siens et sous ces poils longs et rudes, le regard s e trouva à demi voilé.
Son compagnon n'eut pas tant de peine : une perruqu e rousse cacha sa chevelure brune et un lavage avec une décoction lég ère de brou de noix lui donna le teint hâlé d'un véritable vagabond.
Sous leur chemise, ils portaient l'un et l'autre un e double ceinture de cartouches à laquelle étaient suspendus deux browni ngs, dernier modèle.
Ainsi métamorphosés, ils pouvaient se mettre en cam pagne sans crainte d'être reconnus.
Auparavant, La Glu creusa un trou suffisant pour en fouir la valise dans cette cabane ou ils la retrouveraient au retour.
Enfin, ils reprirent leur voyage et quelques kilomè tres les séparant encore de Plogastel, ils se hâtèrent pour y arriver avant le déjeuner.
Florac traînant la jambe, La Glu suçant un infime m égot, ils firent dans le bourg une entrée dépourvue de sensation ; toutefois , les braves habitants lorgnèrent d'un œil curieux ces vagabonds inconnus : depuis les derniers événements, on était méfiant dans le pays et des ch emineaux n'étaient pas des hôtes très désirables.
Ceux-ci après avoir fait leur choix, pénétrèrent da ns le plus modeste des cabarets et commandèrent un frugal repas : du pain, du fromage et du cidre.
En face de ce piètre déjeuner, La Glu eut une grima ce.
— On se croirait invité chez des amis, grommela-t-i l.
Florac, au contraire, attaqua son fromage et mangea avec une rapidité d'affamé, sans prononcer une parole.
Autour d'eux, les consommateurs s'étaient tus et le s considéraient sans aménité.
Enfin repu, le détective fouilla dans sa poche, en tira une pincée de tabac, le disposa avec soin sur une feuille de papier, et rou la une cigarette.
Quand il l'eut allumée, il jeta autour de lui un re gard étonné et feignit seulement de s'apercevoir de l'attention dont ils é taient l'objet.
— Ben quoi, demanda-t-il, railleur, c'est-i parce q u'on est du pauv' monde que vous nous reluquez comme ça ?
Le cabaretier, désireux de ne point mécontenter ces clients nouveaux intervint.
— Te fâche pas, vieux ; seulement, il s'en passe de si drôles dans le pays...
— Quoi c'est qui s'passe ? interrompit La Glu.
Un consommateur s'empressa de les mettre au courant et il n'avait pas fini de parler qu'un gamin tout essoufflé pénétrait dans le cabaret en criant :
— P'pa, la Marie est r'venue, je l'ai vue par terre il y a vingt minutes, là-bas dans la lande. Elle est comme morte.
À ces mots, tout le monde fut debout. Les questions fusèrent, auxquelles le garçonnet avait peine à répondre.
Afin d'arrêter ces bavardages inutiles, Florac s'in terposa et, saisissant le garçonnet par le bras, lui intima :
— Allons, mène-moi vers cette fille, j'ai tant bourlingué que je connais p't'être un bon remède pour la guérir.
Les autres approuvèrent et, sous la conduite de l'e nfant, la petite troupe quitta le bourg.
Au loin, on apercevait la masse sombre du château d e Kéréol, flanqué de quatre tourelles pointues. Environ une dizaine de k ilomètres séparaient Plogastel de ce manoir.
— C'est là-bas ? demanda Florac.
— Oh ! non, assura le gamin, à peine à mi-chemin.
— Comment est-elle venue là, cette Marie ?
— Ça c'est une machine du diable, bien sûr : je jou ais par là avec Yves, mon
cieu d'un buisson.ousin, quand nous l'avons vue tout d'un coup au mil
Le détective haussa les épaules et se tut ; évidemm ent, il n'obtiendrait aucun éclaircissement de ces gens, obstinés à voir le diable trop souvent mêlé à leurs affaires.
Enfin, ils distinguèrent un groupe de trois personn es : deux femmes et un vieillard.
— C'est là, dit le garçonnet, voilà mon grand-père, ma grand-mère et ma tante, comme ils habitent près d'ici, je les ai pré venus de suite.
Le policier activa le pas et bientôt aperçut, étend ue sur le sol et paraissant inanimée, une fillette d'une quinzaine d'années env iron.
— Ouf, murmura-t-il, j'ai eu peur. Heureusement, ce s braves gens n'ont rien dérangé.
Comme il allait se pencher vers la victime, le viei llard le retint.
— Touchez pas, il y a du sortilège là-dessous. Moi, j'ai pas osé m'en mêler, bien sûr.
Florac ne prêta aucune attention à ces divagations de paysan superstitieux et s'agenouilla auprès de la jeune fille.
Ayant posé la main sur le cœur, il fut certain qu'e lle vivait encore. Alors prestement, il dégrafa le corsage et mit les deux b ras à nu. S'emparant de sa loupe, il commença un examen minutieux depuis le co ude jusqu'à l'épaule.
Enfin, du côté gauche, à la hauteur de la saignée, il distingua une minuscule cicatrice. La blessure ainsi découverte paraissait avoir été faite avec un instrument aigu et tranchant.
Le policier eut un hochement de tête et sortant de sa poche un flacon de cordial, il en versa quelques gouttes sur les lèvre s de la malade qui ne tarda pas à reprendre connaissance.
Rangés en cercle, les paysans avaient considéré cet te scène avec un étonnement visible et lorsqu'ils virent la jeune fi lle revenir à elle, ils ne doutèrent plus que ce vieux vagabond fut un véritable sorcier.
La malheureuse jeta autour d'elle un regard apeuré, puis reconnaissant les personnes l'entourant, balbutia :
— Comment que me v'là là ?
Cette réflexion naïve fit se déchaîner dans l'assis tance un rire homérique, seul Florac conserva son sérieux.
— Vous doucement.
rappelez-vous
quelque
chose,
mon
enfant
?
in terrogea-t-il
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