Le neuvième passager
40 pages
Français

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Le neuvième passager , livre ebook

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Description

À l’arrivée d’un vol Marseille-Paris, au moment de descendre, Robert LACELLES, le gentleman-cambrioleur, tente d’éveiller son voisin de fauteuil, sans y parvenir... Il semble sans vie.


Mais, à peine a-t-il eu le temps de faire cette constatation que des amis du voyageur endormi montent à bord, se saisissent du corps et l’emportent dans un bâtiment dont il sortira un peu plus tard, sur ses deux pieds.


Surpris de cette mystérieuse « résurrection », Robert LACELLES décide de prendre contact avec la fille de cet homme, et apprend que celle-ci a disparu...


Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 2
EAN13 9782373477559
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0007€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Robert LACELLES,
Gentleman-Cambrioleur
LE NEUVIÈME PASSAGER
Roman policier
par Claude ASCAIN
CHAPITRE PREMIER
L'ARRIVÉE AU BOURGET
Le grand avion aux ailes d'argent décrivit un cercl e au-dessus du Bourget et commença sa descente en spirale. Le pilote, après u n rapide coup d'œil à sa montre-bracelet, sourit de contentement.
— Cinq heures trois..., murmura-t-il. Je suis « au poil »...
On arrivait de Marseille. Voyage de nuit. C'était u ne ligne nouvelle qui fonctionnait depuis un mois environ.
L'aérodrome était quasi-désert à cette heure matina le. Fin avril. Les passagers avaient pu, en cours de route, assister à un beau lever de soleil qui ensuite avait été gâché par des nuages. Le ciel éta it gris à présent. Petit vent aigrelet. Il ne tarderait pas à pleuvoir.
Ils étaient neuf voyageurs dans la carlingue. L'avi on descendait de plus en plus. On passa, couché sur une aile, au-dessus des toits, des hangars, puis ce fut l'atterrissage parfait, sur l'esplanade bétonné e.
L'un après l'autre, les gens quittèrent l'appareil, heureux de se dégourdir les jambes. Ils se dirigèrent tout de suite vers le res taurant où les attendait un bon café chaud accompagné de croissants. Les garçons co nnaissaient l'horaire de l'avion Marseille-Paris.
Il ne resta plus que deux passagers. L'un était jeu ne, élégant, sympathique à l'extrême. L'autre, son voisin, un homme assez gr os, engoncé dans un pardessus d'hiver, le visage entouré d'une épaisse écharpe de laine, était sans doute endormi.
Le jeune homme le toucha à l'épaule, il appela à mi -voix :
— Mister Grindhall !... Nous sommes arrivés...
Pas de réponse. Il le secoua, très légèrement, puis étouffa une exclamation. Le dormeur était tombé en avant.
Et son voisin n'avait pas eu le temps de le retenir pour l'empêcher de s'effondrer lourdement sur le plancher.
Rapidement, le jeune homme lui souleva le buste. Il arracha le cache-nez. Il vit un visage blême, d'une couleur de cire, aux yeu x clos. Il comprit... Il avait tenté d'éveiller un cadavre...
Il mit la main à l'emplacement du cœur. Pas de batt ements. Il se retourna, en entendant des voix.
À la porte de l'avion, il y avait trois hommes, qui s'entretenaient en anglais, avec l'accent caractéristique de New York.
L'un d'eux avait escaladé les quelques marches de l 'escalier portatif et s'encadrait dans l'ouverture, baissant la tête pour passer.
Il vit la scène et resta immobile, puis gronda :
— Qu'est-ce que vous faites !...
— Vous le voyez... Je constate qu'il est mort...
— Quoi ? M. Grindhall est mort ? Vous... vous êtes fou !...
Le jeune homme se contenta de hausser les épaules. L'autre avait battu en retraite, vers ses deux compagnons, puis il reparut.
— Mais non, ce n'est pas possible... Il n'est qu'év anoui, probablement. Je le lui avais bien dit de ne pas faire ce voyage nocturne...
— Qui êtes-vous ? demanda le jeune homme.
— Et vous ? riposta sèchement l'autre.
— Moi ?... Un passager de l'avion... J'étais à côté de ce monsieur. J'ai voulu l'éveiller, le croyant assoupi, et... et voilà.
Ils dégagèrent le corps. Le nouveau venu remercia, toujours aussi sèchement, et déclara qu'il n'avait plus besoin d'a utre concours. Un employé de la ligne arriva en courant :
— J'ai fait aménager une petite pièce dans le bâtim ent, dit-il, entre deux halètements pénibles. Il sera bien là-bas...
— Tout seul, hein !... grommela celui qui semblait jouir d'une grande autorité. Monsieur – il désigna l'un de ses amis – est docteur. C'est une grande chance. Il lui donnera tous les soins nécessaires...
On entendit un bruit de moteur. Une voiture était a rrivée sur le terrain, conduite par le troisième personnage du groupe. Cec i était interdit, en principe, mais on avait permis l'entorse au règlement, en rai son de l'heure matinale, de l'absence de monde, et aussi de la distance à parco urir jusqu'à l'endroit où on transportait le corps.
Le jeune homme qui avait voyagé avec M. Grindhall r egarda sans mot dire. Il vit charger le malheureux et s'éloigner le véhic ule. Il se mit en route lentement, plongé dans ses pensées.
De loin, il remarqua l'arrivée de l'auto devant les bâtiments, il constata qu'on descendait M. Grindhall, toujours enveloppé de son grand pardessus, et la porte se referma sur le groupe.
L'auto démarra tout de suite et quitta l'aérodrome. Le jeune homme hésita,
puis eut un geste désinvolte et pénétra dans le res taurant où il s'installa tranquillement pour son petit déjeuner.
Il continua de réfléchir.
Voyons... Cette expédition était ratée. Tant pis...
L'élégant gentleman-cambrioleur Robert Lacelles ava it pourtant bien préparé son coup. Il savait que le richissime Américain, M. James Grindhall devait débarquer d'un paquebot des Messageries Maritimes a rrivant d'Égypte et il s'était rendu à Marseille, faisant coïncider sa pré sence là-bas, à l'hôtel où descendaient habituellement les passagers du navire avec celle, escomptée, de M. Grindhall.
Mais, première déception... L'Américain avait manif esté le désir de gagner Paris sans délai et Lacelles n'avait même pas eu le temps de faire sa connaissance.
Le gentleman-cambrioleur avait pu, toutefois, s'ass urer d'une place à bord de l'avion et il jugea que la chance lui était de n ouveau favorable puisqu'elle l'avait placé à côté du milliardaire, d'après ce qu 'il avait pu découvrir sur la liste.
Il déploya toute son adresse, toute son habileté à tenter de lier connaissance, durant le voyage. Mais en dehors de q uelques réponses banales, et faites comme à regret, M. Grindhall ne semblait pas accepter les avances cordiales qui lui étaient faites.
Trop prudent et suffisamment expérimenté pour insis ter sous peine d'éveiller la défiance, Lacelles s'était contenté de ce résultat. Il se réservait l'occasion...
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