SOUS LA HANTISE DU SEXE
377 pages
Français

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SOUS LA HANTISE DU SEXE , livre ebook

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Description

Je m’appelle Mélaine. Mes rêveries les plus sacrées m’ont été volées par le viol de mon père et la pierre avec laquelle ma mère massa et massa mes seins. Mon clitoris faillit être taillé… Même mon époux, Raoul, m’a filé entre les doigts à cause de ce que je ne peux pas dire. Me voilà victime d’un sort préjudiciable. Et, passer d’homme en homme, tantôt me ravit, tantôt me pâlit. Mais que puis-je bien y faire ? Le pacte avec l’indécence m’ouvre les chemins de l’inconfort. J’ai l’impression que les railleries pleuvent dans mon dos quand je passe. Alors que non ! Car, je vis ma déchéance dans ma chair, mon coeur, mon âme. Le tumulte de mes folles escapades sexuelles brise le silence de mes rêves et je crève sans trêve sous le poids des exécrations de ma vie de nymphomane. Un hourra d’espoir pointe à l’horizon, lorsque ma rencontre avec le docteur Tongou, psychothérapeute, devient une aventure psychanalytique pour purger mon amertume si bien ancrée et me revitaliser.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 février 2023
Nombre de lectures 155
EAN13 9956429002044
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0000€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Jean-Paul II Djoum
Sous la hantise du sexe
Proximité, février 2023
© Éditions Proximité, Yaoundé, février 2023 République du Cameroun. Tél 237 99859594/6 72 72 19 03 Couriel : editionsproximite@yahoo.fr www.editionsproximite.cm ISBN : 9956 429 00204 4
 À Carole, Pour ta présence et ta tendresse.
AVANT-PROPOS
La femme, sortant peu à peu du sérail des traditions et du cauchemar de la phallocratie pour respirer au-dehors l’air de la liberté, se trouve confrontée à une autre réalité du monde actuel : la sexualité. Cette dernière semble être un fait banal, curieux. Alors que non ! Elle dérange. Le monde est en mutation, les mœurs aussi. Il faut s’arrimer, non pas peut-être pour se conformer, mais pour se prémunir. La question aujourd’hui pourrait bien être : comment fructier nos amours an d’arroser la terre de nos joies ? Le carcan des stéréotypies s’écroule. Rompre avec les idéalités et affronter les réalités, c’est comprendre la vitalité de ce monde. Trop de livres inventent, masquent, travestissent. Trop de livres parlent pour plaire. Ainsi, la question de la condition de la femme est amorcée et abordée du côté qui plaît aux oreilles et aux yeux. Il ne faut pas blesser ou faire mal, peut-on penser. Or, ce n’est qu’en allant, croyons-nous, au-delà du connu pour briser le glas qu’il est possible d’avertir, de prévenir, voire, de secourir. Un livre sur les souffrances et les malheurs de la femme dans ce monde de sexe et de violence aiderait à mieux appréhender sa condition face à l’invasion des strings, des love.com, mais aussi, des harcèlements sexuels, des « gigolos », des viols… Un nouveau paysage dans
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lequel il fait peur de vivre s’installe, mais à nous de l’assainir pour le béatier. Le fonctionnement sexuel de la femme n’est pas, comme on peut l’imaginer, mécanique, encore moins, automatique : il est exigeant. La femme impose déjà ses désirs et choix sexuels. Comme l’homme, elle est un être de désirs, de besoins. Oui ! Elle aime « faire », faire l’amour. Hier, elle ne pouvait pas dire cela, aujourd’hui, elle le peut. Elle devient même exigeante. Cela surprend. On la juge, la stigmatise et la condamne. Que dire lorsque la société fabrique et nourrit elle-même ses propres « démons » ? L’humain n’est-il à proprement parler qu’un animal ? Comment comprendre la montée en puissance du sexe dans nos sociétés ? Mener une vie sexuelle, est-ce un choix conscient, une contrainte sociale ou un besoin naturel ? Comment vivre sa sexualité ? Voilà des questions qui gagnent en intérêt dans notre société à l’affût des modèles cinématographiques pas toujours acceptables. Mais, où situer le vrai magistère de la morale face au nouveau visage social ? Ceux qui rient, se moquent, ne comprennent rien aux mutations « de l’heure ». Ceux qui stigmatisent, condamnent ont certainement raison (la leur ?). Seulement, l’humain est en transition et la femme pleine de motivations. Les interdits deviennent des permis. Or, les mutations en cours ne sont-elles pas dues aux manifestations des pulsions longtemps muselées, refoulées ? Mieux, n’est-ce pas le côté psychologique de l’humain qui s’éveille, s’irradie
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et, du coup, bouleverse les pratiques connues ? Eh oui ! La dépression existe, le stress aussi. À côté de l’addiction à la drogue et à l’alcool, il faut désormais ranger en bonne place celle liée au sexe. Freud n’est pas mort ! Il est plus que jamais d’actualité : il est urgent de le lire, de le comprendre et de l’appliquer, sinon l’avenir s’obscurcit. Notre société est malade, malade d’elle-même, à cause des frustrations qu’elle s’est soigneusement fabriquées. Comment expliquer la boulimie d’alcool, la oraison de la mentalité festive, le culte du « beau visage » sans recourir au psychique ? Encombrer notre raisonnement des irrésolutions nous frustre encore plus et nous démoralise pour nous rendre plus malades. Laissons tomber les masques ! Exprimer sa phobie, c’est expurger sa maladie, sa folie. Et seule une thérapie peut être utile au-delà des incantations de tout acabit. Comment lutter contre les violences sur le genre et les harcèlements sexuels sans une approche psychanalytique ? Face à l’expansion des violences sexuelles, il faut bien psychanalyser pour l’éradication du éau.
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Ma complaisance épouse à bien d’égards mon indécence. Je m’ouvre sans relâche à un escarpement d’imprudence. Incapable de redresser la tête, à défaut de faire la fête, je veux embobiner mes pulsions, camouer mes faiblesses, accepter ce qui m’arrive et vivre ma vie, une vie de femme. Je suis une femme au foyer et j’ai ma horde de désirs, ma myriade de plaisirs. Mon besoin de bonheur harcèle sans commodité mon vœu de satisfaction. J’expédie avec enchantement la fougue de ce picotement intérieur qui s’agrandit au jour le jour pour m’exciter jusqu’aux conns de la volupté amoureuse. Les frontières de la pudeur reculent, la candeur de mes exigences m’accule, mon corps tout entier fulmine et attend mon mari dans le lit. Cette impatience efloche mes fantasmes et je ne sais plus où ranger mon contentement. Je m’enfonce dans les bras du tourment. La chaleur de l’esseulement me griffe, m’agresse. Je réveille en moi une marée de souvenirs des ébats passés pour empaqueter les émois, mais la gravité excelle. Mes jambes nues savourent l’attente de l’instant idyllique en se morfondant dans la literie de Roméo et Juliette. Mes seins sont en alerte, mes lèvres se dessèchent, l’ardeur catapulte ma soif et propulse mes sensations. Un vent léger traverse en cascade mon corps tout nu. Mes pores s’hérissent ; je sens une grande envie
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de faire l’amour qui m’envahit. En pleine éruption, la romantique voix de ma colère retentit ; j’appelle mon amoureux d’il y a quelques semaines « Jeanaul, Jeanaul ». Ladoucerie de l’écho de mes sons vocaux brise l’incomplet silence. Je scrute le vide, toute avide, avec ma langue bien aiguisée qui se ballade un peu partout. La surprise conquiert mon âme, grave et imprime sur ma peau des suintements de colère. Je m’efforce de garder mon calme, mon regard noircit, mon accoutrement de séduction se froisse ; j’esquive la peur, je feinte la pâleur. Un autre sourire sorti de la forteresse de mon excitation éclaire la chambre. Hélas ! Mon tourtereau, parti prendre son bain, me fait toujours attendre. La colère augmente le plaisir ; la fatigue redevable à mes tâches quotidiennes me contraint à ne pas m’affoler pour que la conquête du nirvana ne dure pas une éternité. Pour ce soir, il faut juste le voir et ne pas l’atteindre. Demain est un autre jour. Puisque mes mains cafouillent déjà les arcanes de ma sensualité pour attrouper les piliers de ma dévotion, je me dévoue à bombarder la cohorte de froideur qui m’annexe par le anc central de ma carrure, en parallèle avec ma fenêtre. Je lance un cri d’alerte et même un hourra de détresse, Jeanaul n’est toujours pas là. Et comme la patience a ses limites, j’efeure la hardiesse et m’expulse comme déchaînée du lit. Les reets de la nuit accompagnent mon émotion en déliquescence. L’immensité du vide de la salle de bain détruit ma sérénité et allume un énorme
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