Deux héros dans la nuit
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Description

Septembre 1914 – L’agent C. 25 est chargé, par l’état-major de l’armée française, d’infiltrer les lignes allemandes afin de rendre compte de l’importance des forces ennemies, des troupes et des munitions ainsi que de noter les éventuels déplacements de soldats.


La mission est périlleuse et son succès est capital.


Mais l’agent C. 25, outre son courage et sa détermination, possède un avantage considérable, celui de passer inaperçu et d’être souvent sous-estimé, parfois, même, par les hommes de son propre camp, car sa véritable identité est Thérèse ARNAUD, une jeune femme qui risque sa vie pour sa patrie.


Aidée de ses deux meilleurs camarades, Malabar et Languille, et appuyée par un lieutenant intrépide et audacieux, cette « brave petite » va tout faire pour atteindre ses objectifs et porter un coup dévastateur à l’adversaire...


Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 2
EAN13 9782373473308
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0000€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

AVIS AU LECTEUR
***
Nous commençons, aujourd’hui, la publication des :
EXPLOITS EXTRAORDINAIRES DE THÉRÈSE ARNAUD
Le meilleur agent du Service de contre-espionnage français. *
Les espions sont généralement des êtres vils, des ê tres décriés qui pratiquent la délation dans le but unique de servir leurs appétits de lucre et de débauche.
Il n’en est pas de même deTHÉRÈSE ARNAUD dont la conduite pourrait servir d’exemple à bien des hommes et des plus courageux.
Au début de la guerre, ayant assisté au meurtre de son père commis par les Allemands, elle avait, tout naturellement, comme el le le dit,« pris du service».
Trop vaillante pour jouer le rôle effacé d’infirmiè re, le cœur gonflé d’un trop profond amour pour la France, elle avait consacré s on intelligence, sa connaissance des langues, sa beauté, sa force, son dévouement, son courage et, il faut le dire, son génie à une besogne plus d irecte.
THÉRÈSE ARNAUD NE PEUT ÊTRE COMPARÉE À AUCUN AUTRE AGENT SECRET.
Toujours sur la brèche, toujours en plein danger, s on cœur jamais ne faiblit, même durant les interrogatoires les plus dangereux. Bien au contraire, elle ne cessa de se jeter audacieusement au plus fort du pé ril. Cent fois, elle se trouva en pleine bataille ; non pas dans des batailles d’o ù l’on ressort chargé d’honneurs et de gloire, mais dans des batailles an onymes, contre des ennemis invisibles, inconnus et, par là même, d’autant plus à craindre.
THÉRÈSE ARNAUDla plus noble figure de la Grande Guerre. est NOUS DEVONS À SA BRAVOURE, À SON HÉROÏSME, PLUSIEURS MIL LIERS DE VIES HUMAINES.
D’une modestie aussi grande que son courage, elle n ’a pas voulu que ses exploits fussent publiés de son vivant.
« Plus tard, disait-elle,plus tard... quand, dans ma Terre de France, je dormirai mon dernier sommeil, il sera bien temps... »
THÉRÈSE ARNAUDlemaintenant, dans le cimetière d’un minuscu  repose,
village de l’Est. Tous ceux pour qui elle s’est sac rifiée sans compter doivent, désormais, savoir comment et dans quelles épouvanta bles conditions, cette grande Française a magnifiquement combattu pour sa Patrie.
Puissent lesEXPLOITS DE THÉRÈSE ARNAUDun écho attendri trouver dans l’âme de ce Peuple de France à qui elle avait voué son plus fervent Amour et son incomparable Loyauté !
THERESE ARNAUD - 1 -
DEUX HÉROS DANS LA NUIT
De
Pierre YRONDY
CHAPITRE I
LA VEILLÉE DES ARMES SUR L'OURCQ
La nuit étend son réseau gris sur le champ de batai lle de l'Ourcq où l'armée de Paris, sous le haut commandement du général Gall ieni, vient de briser l'attaque allemande.
Les soldats, exténués, mais héroïques, dressent leu rs tentes, sous lesquelles ils ne tarderont pas à se reposer à tour de rôle, cependant que quelques sentinelles veilleront sur le nouveau fron t jonché de cadavres déjà froids, témoins muets de la terrible bataille, de l a magnifique victoire.
Dans une étable qui, par miracle, reste encore inta cte au milieu de ce champ de mort, l'état-major du général Maunoury, bras droit de Gallieni, veille.
On délibère sur les dispositions à prendre dès l'ap proche de l'aube, qui permettront de compléter le succès de cette mémorab le journée.
Les officiers sont fébriles. Ils se rendent compte de l'importance des décisions qu'ils doivent prendre. Du succès de leur manœuvre dépendent le sort de Paris, le sort des Armées, le sort de la France.
Aussi veulent-ils ne rien laisser au hasard.
Mais, pour arrêter leurs ultimes directives, il est indispensable qu'ils sachent exactementce qui se passe dans le camp de l'ennemi.
e Pour cela, le lieutenant Pautot, agent du 2 bureau attaché à l'état-major, téléphone à son chef, le capitaine Ladoux à Paris, afin qu'il lui envoie d'urgence deux agents sûrs qui l'aideront à recueillir les re nseignements nécessaires.
***
Moins d'une heure après, une auto stoppe devant le Quartier Général. Le lieutenant Pautot, sur le seuil de la grange, recon naît la voiture au moyen de laquelle il a, durant la paix, accompli tant de mis sions.
À sa grande surprise, au lieu des deux aides qu'il attend, c'est une femme qui vient à lui.
— C. 25, dit l'arrivante.
— Vous êtes seule ?
— Oui.
Le lieutenant Pautot réprime un geste d'impatience. La situation est grave,
e cependant trop grave pour justifier la légèreté du 2 bureau. Il demanda deux hommes, on lui envoie une femme. C. 25, C. 25... Qu i est-ce, C. 25 ? Vraiment, dans de telles conditions, il ne lui est guère poss ible de faire du bon travail.
La nouvelle venue devine, sans doute, le sens des réflexions de l'officier.
— Vous ne me connaissez pas, lieutenant. Mais, moi, je sais qui vous êtes. Je n'ignore pas que c'est à vous que notre service est redevable des documents Mauser.
— C'est donc vous ?
Pautot se souvient, en effet, de l'excellente colla boratrice qui lui permit, le sixième jour de la guerre, de savoir exactement,à une unité près, l'importance du stock des fusils entreposés aux usines Mauser, à Oberndorff.
— Bonsoir, lieutenant. Je suis heureuse de travaill er encore en votre compagnie. Je n'oublie pas que c'est sous votre aut orité que j'ai fait mes premières armes.
— Alors, coupe l'officier, le métier vous a plu au point de devenir...
— C. 25, parfaitement ! C. 25 pour vous servir.
La mauvaise humeur du lieutenant a, maintenant, com plètement disparu. Il ne maugrée plus contre son chef qui lui a envoyé un e femme au lieu de deux hommes, car cette femme vaut bien deux hommes puisq ue c'est Thérèse Arnaud.
L'auto grise est repartie dans la direction de Pari s. La sentinelle en armes s'appuie sur son fusil. La lune émerge d'un nuage e t noie dans un flot de lumière argentée la campagne meurtrie, témoin de nos héroïs mes. Son rayon décèle deux êtres décidés à tout qui, simplement, sincèrem ent, échangent une longue poignée de main pour confirmer l'accord tacite de l eurs cœurs vaillants.
Le sort de nos armes est en bonnes mains : l'état-m ajor aura ses renseignements.
Brusquement, sans mot dire, Pautot entraîne la jeun e femme dans la grange, puis sur le seuil, joint les talons, salue militairement le général sur les épaules de qui repose la vie de la France, et dit, avec un ton d'orgueil :
— Mon général, je suis en mesure d'exécuter toutes les missions qu'il vous plaira de me confier.
Les officiers, penchés sur leur carte, lèvent la tê te vers la radieuse apparition qui est, pour eux, comme la cristallisat ion de la victoire définitive que leurs esprits tendus entrevoient pour le lendemain.
— Cette dame ? s'étonne Maunoury.
— Ma collaboratrice, mon général.
— Ah ? Bon !
Durant près d'une heure, à l'aide de la carte, un o fficier d'état-major indique à Thérèse Arnaud et à Pautot ce que le commandement attend d'eux.
Il s'agit de se glisser dans les lignes ennemies af in de repérer l'importance de ses forces. Tâcher, autant que possible, d'indiq uer la qualité des unités qui sont en présence de nos troupes (artillerie, génie, infanterie, cavalerie). Si quelque dépôt de munitions important est repéré et que sa destruction ne fasse pas perdre trop de temps et ne compromette pas le r etour, tenter de le faire sauter.
Se rendre compte si des mouvements de troupes ont l ieu. Leur direction. Leur importance. Enfin, dans la mesure du possible, essayer de connaître les intentions de l'ennemi.
— Madame, termine l'officier, la tâche que nous vou s demandons est bien rude. Mais, si vous réussissez, le sort de nos arme s ne dépendra plus que de nos troupes, de leur vaillance, et cela... L'offici er fait un geste qui signifie : « Nous sommes tranquilles. »
— Quelle est l'heure limite à laquelle nous devrons rendre compte ? demande Pautot.
— Dès que possible. Mais pas plus tard que six heures.
— Nous avons donc huit heures devant nous, remarque Thérèse Arnaud qui vient de consulter sa montre.
— Précisément.
Pautot et C. 25 serrent la main de l'officier d'éta t-major et se dirigent vers la porte.
— Vous partez ? interpelle Maunoury.
— Oui, mon général, répondent d'une même voix les d eux agents secrets.
Et ils sortent dans la campagne grise.
Ils marchent quelque cent mètres. L'air est merveil leux, la température admirable.
Thérèse Arnaud aspire à pleins poumons l'air de cet te magnifique nuit de septembre.
Une haie touffue est à leur droite.
— Asseyons-nous ici, mon camarade, propose Thérèse, nous pourrons prendre nos dispositions.
— Excellente idée, fait Pautot.
Chose curieuse, Thérèse Arnaud qui, moins d'un mois auparavant, débutait
au service de contre-espionnage sous les ordres du lieutenant Pautot, parle maintenant en chef. Et Pautot l'écoute docilement. C'est que l'intrépide Française a su s'imposer comme l'agent le plus rema rquable que l'on ait jamais connu.
Son allant, son intelligence, sa compréhension, sa décision, son courage, ont fait d'elle le soldat parfaitement sûr dont l'i nstinct dépasse presque toujours la compétence et l'expérience des vieux routiers de s services secrets.
— Si vous le voulez bien, mon cher camarade, dit la jeune femme après qu'ils se sont assis, nous allons mettre un peu d'o rdre dans toutes les exigences de ces messieurs de l'état-major.
— Mais... nous n'avons guère de temps...
— Nous avons plus de temps qu'il ne nous en faut, c royez-moi ! réplique C. 25 avec une telle assurance que le lieutenant en reste tout surpris. D'abord, où sont les lignes ?
— Là-bas.
— Parfait.
— Nos troupes ont attaqué le flanc droit de von Klu ck qui se dirigeait sur la basse Seine.
— Donc, tranche Thérèse, selon toutes prévisions, l 'effort de l'Armée allemande doit se porter sur notre aile gauche. Ce sera vous, si vous le voulez bien, mon camarade, qui vous chargerez de recueilli r les renseignements de ce côté. Cependant, je passerai les lignes sur notre d roite. Et à cinq heures, qu'il pleuve, qu'il vente, nous nous retrouverons ici. C'est dit ?
— C'est dit !
Le lieutenant se lève, serre affectueusement les ma ins de sa gracieuse collègue avec ce petit pincement au cœur que l'on é prouve quand on quitte quelqu'un avant de partir au danger. Puis, sans ajo uter un mot, il s'éloigne vers les avant-postes de notre aile gauche.
Dès qu'il a disparu, Thérèse Arnaud siffle doucemen t. Deux silhouettes absolument dissemblables se détachent de la haie.
— Vous avez entendu ?
— Oui, patronne, font deux voix.
— Parfait ! Toi...
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