Envers et contre tous , livre ebook

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La suite des «Coups d'épée de M. de La Guerche»
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Date de parution

30 août 2011

Nombre de lectures

96

EAN13

9782820604453

Langue

Français

Envers et contre tous
Am d e Achard
1874
Collection « Les classiques YouScribe »
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ISBN 978-2-8206-0445-3
Chapitre 1 LES CONSEILS DU DÉSESPOIR

L aguerre de Trente Ans allait entrer dans cette période de furie quidevait promener tant de batailles et d’incendies au travers del’Allemagne. C’était l’heure terrible où les meilleurs capitainesde l’Europe et les plus redoutés allaient se rencontrer face à faceet faire de la mort la seule reine qui fût connue de l’Elbe auDanube, de la Poméranie au Palatinat. Deux figures dominent cetteépoque : Gustave-Adolphe, le héros de la Suède, etWallenstein, le maître et l’épée du vieil empire germanique.
Combien d’événements qui devaient sortir deleurs tombes sitôt ouvertes !
C’est au milieu de ce déchaînement de toutesles colères, dans ce tourbillon de tempêtes sanglantes, que nousretrouvons les personnages qui figurent dans la première partie dece récit, et que nous les suivrons dans leurs nouvelles aventuresparmi les intrigues et les combats, ceux-là conduits par leursrancunes et leur haine, ceux-ci par leur dévouement et leur amour.C’est donc avec M lle de Souvigny etM lle de Pardaillan, le comte de Pappenheim etle comte de Tilly, Jean de Werth et Mathéus Orlscopp,M me la baronne d’Igomer et Marguerite, Magnus etCarquefou, Armand-Louis et Renaud, que nous allons de nouveaubattre la campagne des rives de la Baltique aux champs de Lutzen,heurtant des villes et des châteaux, chemin faisant.
On se souvient sans doute queM. de la Guerche et M. de Chaufontaine, lancésà la poursuite de leurs fiancées, Adrienne de Souvigny et Diane dePardaillan, avaient poussé leurs chevaux vers le camp du roi deSuède, auprès de qui ils espéraient trouver aide et protection.
Gustave-Adolphe était alors avec quelquesmilliers d’hommes dans les environs de Potsdam, où il s’efforçait,par les remontrances les plus éloquentes, appuyées de diversespièces d’artillerie braquées contre la ville, de détourner sonbeau-père, l’électeur de Brandebourg, de l’alliance de Ferdinand.Il y avait pour lui une importance extrême à ne pas laisser, entrel’armée qu’il se proposait de conduire au cœur de l’Allemagne, etles rivages de la Suède, une province hostile dont les placesfortes, en cas de revers, pussent mettre obstacle à son retour.
Les remontrances non plus que les plaidoyersde Gustave-Adolphe en faveur des princes protestants d’Allemagne,menacés dans leur indépendance par la puissante Maison deHabsbourg, n’avaient de prise sur le cœur astucieux de GeorgesGuillaume ; mais les pièces d’artillerie produisaient unemeilleure et plus profonde impression sur son esprit. À mesure queleur nombre augmentait, l’électeur de Brandebourg se montrait deplus en plus disposé à traiter. Lorsque le roi de Suède, fatiguédes longues hésitations qui lui faisaient perdre un temps précieux,prit le parti violent de diriger les bouches de ses canons contrele palais de son beau-père, celui-ci, convaincu désormais parl’excellence des arguments qu’on lui présentait, consentitsérieusement à négocier.
Malheureusement pour la cause que le roi deSuède était venu défendre en Allemagne, Gustave-Adolphe n’était passeul au courant des pourparlers qui le retenaient tantôt sous lesmurs de Potsdam, tantôt sous les murs de Berlin. Le ducFrançois-Albert savait jour par jour ce qui se passait dans lesConseils du roi, et jour par jour il en informait le général enchef de l’armée impériale. Le comte de Tilly, à peu près sûr queGustave-Adolphe ne sortirait pas de son inaction forcée aussilongtemps qu’il n’aurait pas vaincu la résistance passive deGeorges-Guillaume, voulut frapper un grand coup et résolut des’emparer de Magdebourg, dont le prince-archevêque avait réclamél’alliance suédoise, mettant sa petite armée sous le commandementde Thierry de Falkenberg, un des lieutenants du jeune roi.
Réunissant donc à la hâte les différentestroupes éparses dans les pays voisins, et pressé par la fougue ducomte de Pappenheim, qui brûlait de se mesurer avec le héros duNord, il se présenta subitement devant la ville libre, au moment oùM. de la Guerche et Renaud se rendaient auprès deM. de Pardaillan.
Lorsque les deux gentilshommes entrèrent dansle camp suédois, la nouvelle que Magdebourg était menacé venait d’yparvenir.
Vingt-quatre heures après, un courrier arriva,annonçant que la ville était investie. Un autre messagerl’accompagnait. Mais tandis que l’un, expédié par le princeChristian-Guillaume, archevêque protestant de Magdebourg, demandaitle roi, l’autre, guidé par Carquefou, demandaitM. de Pardaillan, qu’il trouvait au lit, malade etsouffrant.
Cette nouvelle inattendue, que Magdebourgétait canonné, excita la colère du roi, en même temps que lemessage apporté par Benko jetait l’épouvante dans l’âme deM. de Pardaillan. Gustave-Adolphe y voyait un échec à lacause pour laquelle il avait tiré l’épée ; le vieux huguenotne pensait qu’à sa fille et à son enfant d’adoption exposées àtoutes les horreurs d’un siège qui empruntait au nom de l’homme quil’avait entrepris un caractère plus menaçant.
Le visage bouleversé par la terreur,M. de Pardaillan appela auprès de lui M. de laGuerche et Renaud et leur présenta le messager envoyé parMagnus.
– Elles n’ont échappé au danger le plushorrible que pour tomber dans un danger non moins redoutable !dit-il.
– Dieu ne nous les a-t-Il rendues quepour nous les ravir encore ! s’écria Armand-Louis.
– Coquin de Magnus ! murmura Renaud,dire que c’est lui, et non pas moi !… N’importe ! jel’embrasserai de bon cœur, lorsque nous entrerons à Magdebourg…
– Entrer à Magdebourg ! interrompitM. de Pardaillan ; avec qui donc comptez-vous yentrer ?
– Mais, j’imagine, avec le roiGustave-Adolphe, et je prétends que les dragons de la Guerchesoient les premiers à en passer les portes.
– Que parlez-vous du roi ! meverriez-vous si triste si Sa Majesté le roi levait son camp etmarchait contre l’ennemi ?… Ah ! ne l’espérez pas !Le comte de Tilly est seul devant Magdebourg, seul il yentrera.
– Ainsi, vous croyez que Gustave-Adolphe,ce prince à qui vous avez consacré votre vie entière, ne volera pasau secours d’une ville qui s’est donnée à lui ?
– Ah ! ne l’accusez pas !Peut-il partir quand l’électeur, son beau-père, lui marchande uneplace forte, et se réserve peut-être la chance maudite de tombersur les Suédois en cas d’échec et de les écraser pour obtenir unepaix avantageuse de l’empereur Ferdinand ?
– Ainsi, vous pensez que Magdebourg nesera pas secouru ? dit M. de la Guerche, quipâlit.
– Magdebourg ne le sera par personne, sice n’est par moi.
M. de Pardaillan fit un effort poursaisir ses armes et se lever, mais une douleur atroce le fitretomber sur son siège en gémissant.
– Ah ! malheureux !dit-il : un père seul pouvait leur tendre la main, et ce pèremisérable est réduit à l’impuissance !
– Vous vous trompez, monsieur le marquis,dit Armand-Louis : M lle de Pardaillan etM lle de Souvigny, à qui ma foi est engagée, neseront pas abandonnées parce que l’âge et la maladie trahissentvotre courage : ne sommes-nous pas là,M. de Chaufontaine et moi ?
– Certes, oui, nous y sommes !s’écria Renaud, et nous vous le ferons bien voir !
M. de Pardaillan, tout ému, leursaisit les mains.
– Quoi ! vous partiriez ?dit-il.
– Ce serait nous faire injure que d’endouter, répondit M. de la Guerche. Avant une heure, nousaurons quitté le camp. Je vous demande la permission de voir leroi ; peut-être aura-t-il quelque ordre à me donner pour lecommandant de Magdebourg.
– Je ne sais pas si nous sauverons laville, dit Renaud : un secours de deux hommes, ce n’est pasbeaucoup ; mais aussi longtemps que nous serons en vie, necroyez jamais que M lle de Pardaillan etM lle de Souvigny soient perdues.
– Voilà un mot que je n’oublieraijamais ! s’écria le marquis.
Il ouvrit ses bras, les deux jeunes gens s’yjetèrent, et il les retint longtemps pressés sur son cœur.
Comme ils sortaient de la tente deM. de Pardaillan, et tandis que Renaud s’essuyait lesyeux, ils rencontrèrent Carquefou, qui astiquait le pommeau de sarapière avec la manche de sa casaque de cuir.
– Monsieur, dit l’honnête valet ens’approchant

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