Fringale de vie contre usine à mort
103 pages
Français

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Fringale de vie contre usine à mort , livre ebook

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Description

Ryvka Skorka, alias Régine Hiebel dans la Résistance, a vingt-quatre ans en 1944 lorsqu'elle est arrêtée à Lyon, par la Gestapo, avec son frère Jérôme. Interrogés comme résistants par Barbie, reconnus Juifs, ils seront transférés à Drancy, puis déportés à Auschwitz-Birkenau. L'indomptable volonté de vivre de Régine lui permettra d'en réchapper... Aînée de quatre enfants, Régine naquit en Pologne occidentale tout près de la frontière allemande. Elle y apprend le polonais, l'allemand et la langue familiale, le yiddish. Toute jeune enfant elle doit s'occuper de ses trois frères car sa mère, modiste, vend ses créations sur un marché éloigné. Les conditions des Juifs polonais se dégradent rapidement dans les années vingt et la famille émigre en

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 janvier 2020
Nombre de lectures 2
EAN13 9782304025590
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0012€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Régine Skorka-Jacubert
Fringale de vie contre usine à mort
Entretiens réalisés et mis en forme par Jean Henrion
Collection T É moignages de la Shoah

Le Manuscrit


© Éditions Le Manuscrit, 2019
ISBN: 9782304025590
Régine Skorka-Jacubert




Présentation de la collection « Témoignages de la Shoah » de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah
En lançant sa collection « Témoignages de la Shoah » avec les éditions Le Manuscrit, et grâce aux nouvelles technologies de communication, la Fondation souhaite conserver et transmettre vers un large public la mémoire des victimes et des témoins des années noires des persécutions antisémites, de 1933 à 1945.
Aux nombreux ouvrages déjà parus, la Fondation espère ainsi ajouter les récits de celles et ceux dont les voix sont restées jusqu’ici sans écho : souvenirs souvent enfouis au plus profond des mémoires individuelles ou familiales, récits parfois écrits mais jamais diffusés, témoignages publiés au sortir de l’enfer des camps, mais disparus depuis trop longtemps des rayons des bibliothèques.
Si quelqu’un seul ne peut décrire l’indicible, la multiplicité des récits peut s’en approcher.
En tout cas, c’est l’objectif que s’assigne cette collection à laquelle la Fondation, grâce à son Comité de lecture composé d’historiens et de témoins, apporte sa caution morale et historique.
Face à une actualité où l’instrumentalisation des conflits divers tend à obscurcir, confondre et banaliser ce que fut la Shoah, cette collection permettra aux lecteurs, chercheurs et étudiants de mesurer la spécificité d’une persécution extrême dont les uns furent acteurs, les autres complices, et face à laquelle certains restèrent indifférents et les autres héroïques.
Puissent ces ouvrages inspirer à leurs lecteurs le rejet de l’antisémitisme et de toute autre forme d’exclusion, et l’esprit de fraternité.
Consultez le site Internet de la FMS : www.fondationshoah.org


Comité de lecture de la collection (2011)
Serge Klarsfeld, président
Henri Borlant, survivant de la déportation
Isabelle Choko, survivante de la déportation
Olivier Coquard, historien
Katy Hazan(OSE), historienne
Dominique Missika, historienne
Denis Peschanski, historien
Paul Schaffer, survivant de la déportation
Annette Zaidman, enfant cachée
Philippe Weyl, responsable de la collection
Correction : Laurence Beilvert
Voir les autres titres de la collection en fin de volume .


Biographie de Régine Skorka-Jacubert née Skorka
1920 Naissance de Ryvka Skorka à Zagórów en Pologne (70 kilomètres à l’est de Poznan). Sa mère, Slatka, née Szejman, est modiste et vend ses chapeaux au marché de Slupca, ville distante d’environ 20 kilomètres. Son père, Jacob, est un érudit religieux qui enseigne dans une école primaire juive religieuse, le chajder ou seder . Ils habitent une grande maison dans laquelle vivent les parents de Slatka, Lajb et Basia Szejman, ainsi que tous leurs enfants, frères et sœur de Slatka : Zalme, Rubin, Abraham, Pejsach, et la puînée, Ryvka Szejman.
1921-1922 Trois oncles de Ryvka – Zalme, Rubin et Abraham Szejman – quittent Zagórów et émigrent en Allemagne pour y trouver du travail.
1923 Zalme, Rubin et Abraham rejoignent la France, et se fixent à Nancy (Meurthe-et-Moselle, Lorraine), où habite depuis très longtemps l’un de leur oncle, vétéran de la Première Guerre mondiale sous l’uniforme français.
1924 Naissance à Zagórów de Jérémie Skorka, aujourd’hui Jérôme Scorin, premier frère de Ryvka. La sœur de Slatka, Ryvka Szejman, rejoint ses trois frères à Nancy.
1925 Le patriarche de la famille, Lajb Szejman, est terrassé par une crise cardiaque. Ryvka est confrontée pour la première fois à la mort. Après ce décès, Basia rejoindra ses enfants à Nancy et s’installera chez sa fille Ryvka Szejman.
1927 Naissance à Zagórów de Lajb Skorka, futur Léon Skorka, deuxième frère de Ryvka.
1928 Ryvka Szejman épouse à Nancy Chil Herzsberg et devient Régine Herszberg (Chil est né à Lódz en 1901, alors en Russie tsariste).
Les conditions de vie sont devenues très dures pour les Juifs de Zagórów. Il n’y a plus de charbon pour chauffer la maison. Les Herszberg invitent les Skorka à les rejoindre à Nancy. Jacob se fait passer pour un cultivateur afin de pouvoir être autorisé à émigrer en France, mais ses mains soignées et son allure d’intellectuel le trahissent : il est refoulé à la frontière franco-allemande.
Au retour du « laboureur », Slatka met au monde son quatrième et dernier enfant, Zalme.
1929 À neuf ans, Ryvka devient responsable de ses trois frères lorsque sa mère s’absente.
Les conditions de vie des Juifs en Pologne sont de plus en plus précaires. Basia obtient pour Jacob des papiers d’immigration pour travailler comme ouvrier à la chaudronnerie de Gustave Nordon, à Nancy. Jacob émigre seul en France.
1930 Slatka et ses quatre enfants émigrent vers Nancy. Mais dans le train, Zalme est malade et, à Berlin, il faut s’arrêter une journée pour le conduire à l’hôpital. Après trois jours et trois nuits de voyage ils arrivent tous les cinq à destination.
En France, Ryvka devient Régina, Jérémie, Jérôme, et Lajb, Léon. Régina fréquente l’école Raugraff où elle apprend le français.
Après un accident du travail, Jacob quitte la chaudronnerie pour travailler dans une chocolaterie et Slatka prend un étal au marché de Nancy.
1932 Zalme (devenu Zali), de santé toujours fragile, succombe à une broncho-pneumonie. Cette mort brutale provoque un problème cardiaque chez Slatka.
1933 Régina doit quitter l’école à treize ans pour remplacer sa mère au marché de Nancy. Son institutrice, Mme Chrétien, continue cependant à l’instruire. Elle parle maintenant le polonais, l’allemand, le yiddish et le français.
1934 La famille Skorka dépose une première demande de naturalisation qui est ajournée.
1937-1938
Quatre jeunes Juifs de Nancy, Henry Krischer, Joseph Pick, Henry Golencer et Régina Skorka, créent l’Association sportive de Nancy-Metz-Strasbourg qui fédérera une partie de la jeunesse juive du Nord-Est de la France.
Jacob est informé par le gouvernement polonais qu’il devient apatride ainsi que sa famille.
Une seconde demande de naturalisation de la famille est de nouveau ajournée.
1939 Été : Régina participe à une colonie de vacances de son association dans les Hautes-Vosges, à Ban-sur-Meurthe-Clefcy. Ce seront les plus belles vacances de sa vie !
3 septembre : la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l’Allemagne nazie à la suite de son invasion de la Pologne deux jours plus tôt ; c’est le début de la Seconde Guerre mondiale en Europe.
1940 10 mai : les troupes allemandes contournent la ligne Maginot ; c’est la fin de la « drôle de guerre » et le début de l’Exode. Les Skorka profitent d’une camionnette bâchée pour partir vers Libourne (Gironde, au nord-est de Bordeaux) : ils y séjourneront quelques jours.
17 mai : ils arrivent en train à Bordeaux. Sur le quai de la gare, Jacob et Jérôme sont embauchés comme ouvriers agricoles, et les deux femmes, Slatka et Régina, pour s’occuper des repas des ouvriers.
22 juin : après la défaite française, l’armistice est signé à Rethondes. Trois cinquièmes de la France sont occupés.
29 juin : les Allemands sont à Bordeaux.
Le paysan n’apprécie guère ses ouvriers juifs, peu doués pour les travaux des champs. Bientôt Jérôme est embauché comme tourneur sur métaux à Pessac (banlieue sud-ouest de Bordeaux) ; Jacob aussi trouve un petit boulot. La famille déménage à Bordeaux et Régina travaille à nouveau sur les marchés.
10 juillet : à Vichy, l’Assemblée nationale vote les pleins pouvoirs au maréchal Pétain : fin de la IV e République remplacée par l’État français. Pétain met en œuvre la « Révolution nationale », puis engagera la France dans la politique de collaboration avec l’Allemagne nazie.
Septembre : Régina décide de revenir seule à Nancy pour reprendre son étal au marché.
3 et 4 octobre : le gouvernement de Vichy publie ses lois discriminatoires antijuives : premier statut des Juifs.
27 novembre : annexion

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