Observations critiques sur l
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Observations critiques sur l'archéologie dite préhistorique - Spécialement en ce qui concerne la race celtique

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Description

La science de l’antiquité a certainement accompli, XIXe siècle, des progrès que personne, en Europe, n’eût osé seulement rêver, il y a cent ans. Elle a reconstitué, dans une assez large mesure et sur des documents parfaitement authentiques, l’histoire politique des Pharaons et celle des vieux rois de Ninive et de Babylone. Elle a fait plus et mieux encore, en abordant, sur pièces originales, l’histoire des croyances, des coutumes et des arts de ces vieilles populations, et même, en ce qui concerne l’Egypte, l’histoire des lettres dans ces temps reculés.Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

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Nombre de lectures 2
EAN13 9782346082339
Langue Français

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À propos deCollection XIX
Collection XIX est liothèque nationaleéditée par BnF-Partenariats, filiale de la Bib de France. Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigi eux fonds de la BnF, Collection XIXsiques et moins a pour ambition de faire découvrir des textes clas classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse…
Édités dans la meilleure qualité possible, eu égard au caractère patrimonial de ces e fonds publiés au XIX , les ebooks deCollection XIX sont proposés dans le format ePub3 pour rendre ces ouvrages accessibles au plus grand nombre, sur tous les supports de lecture.
Félix Robiou
Observations critiques sur l'archéologie dite préhistorique
Spécialement en ce qui concerne la race celtique
OBSERVATIONS CRITIQUES SUR L’ARCHÉOLOGIE DITE PRÉHISTORIQUE,
SPÉCIALEMENT EN CE QUI CONCERNE LA RACE DES CELTES
Congrès international d’Anthropologie et d’Archéologie préhistorique : sessions de Paris, de Norwich, de Bologne et de Bruxelles. — Alex. Bertrand,Archéologie celtique et gauloise.De Sacken, — Das Grabfeld von Hallstatt.Desor, — Les Palafiltes du lac de Neufchâtel.Fergusson, — Les Monuments mégalithiques.Matériauxpourl’Histoire primitive de l’Homme,1875, 1876.
CHAPITRE PREMIER
OBSERVATIONS PRÉLIMINAIRES
e La science de l’antiquité a certainement accompli, XIX siècle, des progrès que personne, en Europe, n’eût osé seulement rêver, il y a cent ans. Elle a reconstitué, dans une assez large mesure et sur des documents pa rfaitement authentiques, l’histoire politique des Pharaons et celle des vieu x rois de Ninive et de Babylone. Elle a fait plus et mieux encore, en abordant, sur pièce s originales, l’histoire des croyances, des coutumes et des arts de ces vieilles populations, et même, en ce qui concerne l’Egypte, l’histoire des lettres dans ces temps reculés. Elle a pu aussi aborder, dans les conditions d’une critique sérieus e, à l’aide surtout de documents archéologiques, l’histoire des premiers rapports ét ablis par voie. maritime entre l’Asie occidentale et l’Europe méridionale. Mais, en même temps, on a voulu faire autre chose. On a voulu rechercher l’histoire de l’état social des diverses contrées européennes, dans des temps pour lesquels il n’existe ni document écrit, ni tradition, concernan t les peuples qui les habitaient. On l’a tenté, en se fondant uniquement sur les vestiges de leur industrie. L’entreprise était hardie, audacieuse même ; pourtant, il serait témér aire de soutenir qu’elle était impraticable. Maisplus ellesortait des données communesla critique historique, de plusdevait elle s’attacher scrupuleusement aux lois de la logique, dans l’établissement des principes critiques qui allaien t être les siens ; or, malheureusement, elle s’est dispensée de le faire. Elle a débuté, comme avaient débuté presque toutes les sciences d’observation, l a physique, la chimie, la géologie, la linguistique elle-même, par des assertions hypot hétiques posées en principes indiscutables ; elle s’est lancée à l’aventure, au risque de dérailler grandement et pour longtemps. Les doctrines de la nouvelle science, ditearchéologie préhistorique, se référaient implicitement à une hypothèse première, bien étrang ère aux données de l’archéologie et de l’histoire, et sur laquelle il convient de s’ expliquer avant tout. La pensée de beaucoup d’adeptes de ces nouvelles études était ce lle-ci : Le genre humain est parti de cette condition, décrite par Lucrèce et résumée par quelques vers d’Horace, dans laquelle il n’aurait connu ni société, ni famille, ni pensées même, hors celles qui résultent directement de la plus grossière impressi on des sens, et par conséquent ni arts ni industrie d’aucune espèce ; seulement, la n écessité de pourvoir aux besoins matériels de chaque jour aurait fait sentir confusé ment d’abord, plus distinctement ensuite, la nécessité de perfectionner les instrume nts, cailloux ou branches d’arbres, tombés d’abord sous la main de ces hommes, dont le mot ÉTAT SAUVAGE n’exprimerait que très-imparfaitement la situation. De même aussi, le besoin instinctif de se grouper pour trouver quelque sécurité contre les hommes et les animaux, dont on craignait les dents et les ongles, aurait élevé graduellement le genre humain à la condition des castors, puis à celle des tribus aust raliennes d’aujourd’hui ; la puissance suprême et fatale du progrès l’ayant amené enfin de siècle en siècle, ou de myriades de siècles en myriades de siècles, de l’état des an imaux inférieurs à celui des contemporains de Périclès. Parmi ceux qui adoptent, en histoire, des conséquen ces de cette hypothèse, tous, sans doute, ne la formulent pas expressément ; tous n’ont pas conçu nettement cet enchaînement d’idées. Et quant à ceux mêmes qui ont admis le plus résolûment cette
théorie, il serait souvent difficile de discerner l es causes qui l’ont produite dans l’esprit de chacun. Chez les uns, ce pouvait être l’influenc e des souvenirs classiques, malgré l’ignorance profonde et bien démontrée des Grecs et des Latins sur les questions d’origine, ignorance poussée à tel point, qu’il a f allu tenir pour non avenu, quand on a connu les faits, tout l’ensemble de l’histoire phar aonique, dans Hérodote lui-même, si exact observateur de ce qu’il a pu connaître ; dans Diodore, venu après plus de deux siècles d’études alexandrines. Horace, que je rappe lais tout-à-l’heure, a montré la même ignorance des origines dans l’histoire littéra ire elle-même, dans celle du théâtre athénien, tel qu’il était un siècle avant Sophocle. Les déductions implacables d’un matérialisme formel, ou l’instinct de la haine cont re la doctrine qui assigne au genre humain une très-haute origine et par suite une très -haute responsabilité, doivent aussi avoir été de puissantes causes d’égarement, même da ns l’ordre scientifique. Enfin, plusieurs ont pu être dominés par le fétichisme du progrès, considéré comme une puissance aveugle et absolue, telle que lefatumantique, et dont la souveraineté sera d’autant plus glorifiée que l’on concevra la race h umaine comme partie de plus bas, comme primitivement incapable de se proposer à elle -même un but élevé. Certes, il y a dans cette pensée quelque chose de bien humiliant pour qui la prend au sérieux ; et pourtant, c’est un fait incontestable que beaucoup de gens la caressent avec orgueil, se complaisant surtout à se croire isolés de toute action divine qui impose la loi du devoir à l’intelligence et à la volonté. Aussi, lorsque des investigations se sont dirigées vers les temps que l’on nomme préhistoriques, on a été dominé par la pensée d’y trouver des traces de la condition originaire que l ’on avait supposée. Hâtons-nous d’ajouter qu’un certain degré de bonne foi dans cette croyance a été longtemps entretenu par un certain nombre de faits, en partie bien constatés, et par leur classement chronologique au moins apparent. Le s antiquités préhistoriques des différentes contréeseuropéennes se composent d’instruments-de pierre simplement taillée, de pierre polie, de bronze, et enfin de fe r, indiquant, en général, le passage de nos ancêtres à travers divers degrés de, culture, e n partant d’un état réellement misérable. Il est d’ailleurs certain que la faune d e l’Europe a notablement changé dans les régions de latitude moyenne, depuis le temps où furent créés les premiers instruments de l’industrie dans ces contrées, ainsi qu’il résulte de la nature des ossements mêlés à ces débris dans les stations nomb reuses où ils se rencontrent ; en sorte que la différence des espèces animales est un moyen de classement pour la chronologie de ces objets, aussi bien que la situat ion des terrains où ils se rencontrent, et les indices d’un changement dans le climat. Voici sur quelle série d’hypothèses on s’est appuyé pour déduire des faits observés les affirmations théoriques dont j’ai parlé. Metton s d’abord de côté (au moins pour le moment) les faits très-disputés relatifs à l’homme de la période géologique antérieure à la nôtre, homme n’ayant laissé nulle trace de son existence, si ce n’est des cailloux, qu’il est extrêmement difficile, quand on en examin e la reproduction fidèle, de regarder comme ayant subi à un degré quelconque là marque d’ un travail humain. Écartons ce qui tient aux discussions géologiques, sur lesquell es, à l’exemple d’un savant 1 archéologue dont je voudrais ici faire connaître et apprécier le récent ouvrage, je dois me récuser pour cause de trop faible compétence, ay ant soin toutefois de faire 2 observer, avec le P. de Valroger : 1° que certains débris de squelettes peuvent êtr e anatomiquement confondus avec ceux d’espèces très-d ifférentes ; 2° que, s’il s’agit d’une période géologique absolument différente de l a nôtre, aucune raison de l’ordre moral ou métaphysique ne nous interdit de penser qu ’une race plus ou moins intelligente a pu précéder le genre humain actuel. Tous ces faits sont étrangers à la
science historique, et ils flottent dans un ensembl e d’incertitudes qui ne permet pas de les considérer comme formant une science. Ce que no us avons à étudier ici, c’est la condition variable de nos ancêtres aux temps préhis toriques, les lois de son développement et les questions de chronologie qui p euvent s’y rattacher. Eh bien, dans cet ordre d’idées et de faits, voici ce qu’ontsupposé jusqu’ici un grand nombre d’archéologues et d’anthropologistes. Voici ce qu’il faut accepter, sans preuves ni apparence de preuves, pour affirmer la c oncordance des faits avec la théorie générale énoncée plus haut. D’abord cette h ypothèse, que la marche de la civilisation primitive a été la même dans tous les pays ; que la succession des âges de la pierre éclatée, de la pierre taillée, de la pier re polie, du bronze et du fer, est universelle et fatale. Puis, que chaque progrès est l’effet d’un effort local, continu et spontané ; que les peuples qui l’ont accompli n’ont pas antérieurement subi une décadence et n’ont pas été relevés par le contact d ’une face plus heureuse. De plus, que ces âges se sont trouvés séparés en périodes ch ronologiques tranchées, de telle sorte que la présence d’instruments de pierre dans un gisement constate qu’à cette époque l’usage des métaux était ignoré. Enfin, que le classement des dépôts dans les diverses couches de terre en établit la chronologie , que l’âge de chacun peut être mesuré par sa profondeur, et que nulle mutation n’a été opérée par des causes naturelles ou artificielles, et que, là où les dépô ts sont intacts, l’ordre en est toujours le m ê m e .Toutesconditions sont ces nécessaires (sinon suffisantes) pour que l’on puisse conclure des faits archéologiques à la réali té d’une transition graduelle et forcée de l’état de bestialité à celui de civilisat ion parfaite, transition opérée par voie d’un progrès longtemps inconscient et réclamant un nombre indéfini de siècles. Toutes ces conditions seraient nécessaires, dis-je, et pou rtant de récents travaux sont venus démontrer quetoutessonten contraction avec les faits. Il est d’abordune loi générale de l’histoireaurait dû être observée depuis bien qui longtemps et mise en lumière par des partisans si d éclarés de la méthode d’observation, de l’induction baconienne elle-même, s’ils étaient fidèles à leurs propres doctrines quand elles conduisent à contredi re les conséquences auxquelles ils sont résolus d’arriver. C’est que l’histoire de s sièclesaccessibles à nos études ne présententpas un seul exemple d’un peuple qui soit passépar lui-mêmel’état de sauvage àl’état de civilisation. Poser comme universelle et indiscutable une loien contradiction avec tous les faits connus,la plus étrange des témérités ; et c’est pourtant, qu’on y regarde de près, et l’on verra cl airement que c’est là ce qu’aujourd’hui l’école anti-chrétienne appellela science. Il y a d’ailleurs une règle critique à laquelle on aurait dû songer pour créer la science nouvelle de l’archéologie préhistorique, c’est cell e qui prescrit de passer du connu à l’inconnu. On aurait dû établir la chronologie des traces les plus récentes de l’industrie humaine dans les siècles antiques, et remonter de p ériode en période avant de se prononcer sur l’ensemble. Or, c’est ce que donne le moyen de faire le très-intéressant volume publié en 1876 par M. Alexandre Bertrand, et dans lequel il a réuni un grand nombre d’études détachées, soumises par lui, pour l a plupart, dans le cours des quinze années précédentes, à l’Académie des Inscrip tions, à la Société des Antiquaires, à la Société d’Anthropologie, etc., ou insérées dans des publications scientifiques ; études rééditées avec des notes qui les mettent au niveau des plus 3 récentes découvertes et reliées entre elles par une excellente préface . Le compte-rendu de ce volume me servira le plus souvent de ca dre et de guide dans ma tentative pour exposer et la situation présente de ces études , et les règles de saine critique qui doivent leur être appliquées, spécialement en ce qu i concerne l’histoire de nos aïeux.
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