L'Anneau de Platine , livre ebook

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Monsieur Loisel, un riche industriel vieillissant, est enfin parvenu à convaincre Mademoiselle Trémoise, une championne de tennis, d’accepter de l’épouser.


Afin d’orner d’un tableau de choix le studio de l’hôtel particulier qu’il fait aménager pour l’occasion, il a demandé à Cérans, un artiste peintre renommé, l’honneur et la faveur d’exécuter le portrait de sa promise.


À quelques jours du mariage, s’étonnant que la toile ne soit pas encore terminée, il se rend à l’atelier pour aller chercher son amour et discuter avec l’artiste peintre.


Mais, à son arrivée, le domestique lui annonce qu’il vient juste de rentrer et qu’il n’a trouvé personne, ni son maître ni le modèle de celui-ci...


M. Loisel décide alors d’attendre dans la bibliothèque le retour de Cérans. Là, il remarque un coffre du couvercle duquel dépasse l’écharpe que portait Mademoiselle Trémoise.


En ouvrant le bahut, il ne peut réprimer un cri d’effroi, à l’intérieur gît le corps sans vie de la jeune femme.

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Date de parution

27 avril 2023

Nombre de lectures

0

EAN13

9782385011505

Langue

Français

L'ANNEAU DE PLATINE
Roman policier romancé

par Jules ESQUIROL
PREMIÈRE PARTIE

CHAPITRE PREMIER

M. Loisel, sous le vestibule, se dirigea à gauche vers l'ascenseur.
Il appuya sur la poignée de la porte et éprouva de la résistance.
Alors, levant les yeux, il aperçut, accrochée sur la grille, la pancarte classique qui apparaît chaque fois que l'on voudrait précisément utiliser l'appareil soit que l'on éprouve à ce moment de la fatigue, ou que l'on est pressé.
« Arrêt momentané » disait l'écriteau.
M. Loisel s'épongea le front. On était fin mai : il faisait chaud, l'orage menaçait et M. Loisel avait un peu d'emphysème.
Il bougonna et tourna à droite vers l'escalier.
L'atelier de Cérans était au troisième étage.
M. Loisel se mit en devoir de gravir lentement les marches, en prenant la rampe comme point d'appui.
Il était, au surplus, assez nerveux.
Depuis un mois, M lle Trémoise, qui fut, on le sait, championne du monde de tennis, et qui présentement était sa fiancée, allait poser tous les après-midi chez le peintre à la mode.
C'est M. Loisel qui, pour orner d'un tableau de choix le studio de l'hôtel particulier qu'il faisait aménager boulevard Beauséjour, en vue de son mariage prochain, avait demandé à Cérans l'honneur et la faveur de faire le portrait de M lle Trémoise.
Quand il avait eu cette pensée, il n'était pas du tout certain que l'artiste accepterait, et il avait eu peur d'essuyer un refus.
Car Cérans était un original...
Il ne peignait que la femme, mais se réservait de choisir son modèle.
Et il y avait une sorte d'éliminatoire à passer...
Quand l'examen avait été concluant et que l'artiste avait dit « Oui ! », l'attente du jour, où, pour la première fois, on allait comparaître dans son atelier, était une sorte de noviciat mondain au cours duquel il était d'usage de recevoir les félicitations des amis.
M. Loisel connaissait un peu Cérans et Cérans connaissait M lle Trémoise pour l'avoir vue parfois, soit au Stade Roland Garros, soit à Cannes, disputer quelque match amical avec un souverain nordique passionnément épris de tennis et qui n'hésitait pas à abandonner son palais – et son peuple ! – plusieurs mois par an, pour troquer contre une chemise de cellular, un pantalon de flanelle blanche et une raquette, son manteau de cour et son sceptre : donnant ainsi à ses sujets une grande leçon d'humilité.
Lorsque M. Loisel fit part de son désir à Cérans au cours d'un dîner où il avait prié le peintre, celui-ci, qui reconnaissait à M lle Trémoise, devant laquelle il était placé, un charme particulier, et qui notait une harmonie parfaite dans les moindres mouvements de la jeune femme – harmonie distribuée par la pratique des sports – se déclara prêt à commencer le portrait dès que celui qu'il avait en chantier serait terminé, soit dans cinq jours.
Il avait d'autres engagements, mais il saurait les reculer pour être agréable à M. Loisel.
Il fit compliment à M lle Trémoise de sa grâce, et lui adressa ses vœux à l'occasion de son mariage.
On prit alors rendez-vous pour la prochaine séance.
Le mariage avait été fixé au 30 juin.
On était fin mai : par conséquent, le portrait pourrait être terminé avant la cérémonie et M. Loisel, le lendemain de l'acceptation de Cérans, faisait déjà disposer par les électriciens des réflecteurs au-dessus de l'emplacement que devait occuper le tableau dans le studio, de telle sorte, qu'à la nuit, la toile, par le jeu des lumières habilement disposées, pût être mise en valeur.
Le vendredi qui suivit, M lle Trémoise, en compagnie de M. Loisel, pénétra dans l'atelier de Cérans, après midi.
Elle était assez émue...
Par la suite, on le verra plus loin, elle le fut moins. Mais les jours passaient, et le portrait n'avançait pas.
M. Loisel s'inquiéta de ce retard et en marqua quelque étonnement à sa fiancée qui lui exposa que les peintres ne sont pas des photographes et doivent compter avec l'inspiration.
Pour un artiste de la valeur et de la réputation de Cérans, l'argument ne tenait pas.
Et comme M. Loisel n'était pas un sot, il résolut de se rendre auprès du peintre pour avoir une explication : M lle Trémoise devait d'ailleurs se trouver chez lui, comme les jours précédents.
Il montait l'escalier et soufflait un peu.
Sur le palier du deuxième étage, il rencontra une jeune femme qui descendait – visiblement agitée – de l'atelier du peintre ; elle laissait pendre, sur les marches, son renard blanc qu'elle tenait à la main, et dont la tête balayait le tapis.
Il s'écarta et salua.
La femme ne fit pas attention à lui et passa.
M. Loisel s'était retourné.
— On dirait M lle Marewska, fit-il...
Puis il continua l'ascension et arriva devant la porte de Cérans.
Il appuya sur le bouton de la sonnerie et attendit. Le valet de chambre vint ouvrir et sourit à M. Loisel qu'il reconnaissait.
Celui-ci se dirigea vers le porte-manteau et déposa son chapeau sur l'étagère.
— M. Cérans est là ? demanda-t-il.
— Je le pense, Monsieur, je rentre à l'instant, répondit le domestique.
À ce moment, la sonnerie du téléphone retentit et le valet de chambre se dirigea vers l'appareil dans la galerie, en faisant signe à M. Loisel de pénétrer dans l'atelier.
Le visiteur entra.
L'atelier était vide, les fenêtres fermées, et la porte de la bibliothèque entrouverte.
Surpris, M. Loisel se dirigea de ce côté : il n'y avait personne dans la pièce.
Alors, il revint dans le vestibule, et au valet de chambre qui raccrochait le récepteur :
— Mais ni M. Cérans ni M lle Trémoise ne sont là, dit-il stupéfait.
L'autre, ahuri, entra dans l'atelier, regarda de tous côtés, alla dans la bibliothèque, comme l'avait fait M. Loisel, et ressortit en regardant, stupide, celui-ci.
— Ça, par exemple, c'est fort... Après l'arrivée de M lle Trémoise, vers deux heures, je suis allé au garage pour changer une roue de la voiture ; j'avais eu un accident ce matin... J'ai laissé Mademoiselle et Monsieur ici, et je venais juste d'arriver lorsque j'ai entendu votre coup de sonnette... Ah ! ça, c'est inimaginable !...
Le domestique allait et venait dans l'atelier, ouvrait les fenêtres, déplaçait des sièges comme s'il supposait que son maître et M lle Trémoise jouaient à cache-cache.
Puis il monta rapidement à l'étage au-dessus, où se trouvaient les chambres, et qui, par un escalier intérieur, au fond du vestibule, communiquait avec l'atelier.
Il redescendit presque aussitôt.
— Personne ! dit-il. Je vais chez la concierge... peut-être pourra-t-elle me donner quelques renseignements.
M. Loisel resta seul dans l'atelier.
Les soupçons qui l'avaient assailli se précisèrent.
Il crut tout de bon que sa fiancée et Cérans étaient sortis ensemble comme, peut-être, ils avaient pris l'habitude de le faire depuis quelque temps déjà, et il ne s'étonna plus de la lenteur mise par le peintre à livrer le portrait.
Il alluma rageusement une cigarette et alla vers le chevalet qui supportait le portrait – inachevé – de M lle Trémoise.
M. Loisel se recula, pour mieux examiner, et heurta l'escabeau sur lequel Cérans avait posé sa palette et ses pinceaux qui tombèrent sur le tapis.
— Allons bon ! quel imbécile fais-je, dit-il entre ses dents. Il va me falloir maintenant réparer les dégâts...
Il se baissa et ramassa la palette. Le godet d'huile s'était vidé et quelques brosses chargées de vermillon et d'ocre avaient maculé le tapis.
Le valet de chambre entra à ce moment.
— La concierge a vu Monsieur sortir vers deux heures et demie, mais comme elle s'est absentée dans l'après-midi, elle ne sait pas s'il est rentré, dit le domestique.
Puis, comme il voyait M. Loisel penché sur le tapis, il s'approcha.
— Mais, ne vous donnez pas la peine de ramasser ça, fit-il, je vais nettoyer... M lle Trémoise sera sans doute sortie après le départ de Monsieur...
— C'est possible, c'est même certain, puisqu'elle n'est pas ici, conclut M. Loisel, visiblement préoccupé... je vais attendre, en tout cas... Je suppose que M. Cérans ne va pas tarder...
— Oh ! je ne pense pas, il a un dîner ce soir... Bon ! voilà qui est terminé, ajouta le valet de chambre quand il eut placé, à leur rang, les pinceaux dans l'œil de la palette... Je vais aller chercher un peu d'essence de térébenthine pour nettoyer le tapis...
Il laissa M. Loisel seul.
Celui-ci revint à la porte de la bibliothèque, et puis, après avoir hésité quelques secondes, pénétra dans la pièce.
Il s'assit sur un coffre italien du XIV e siècle recouvert de cuir rouge, et dont les panneaux latéraux reproduisaient assez naïvement les principales scènes de la Crucifixion.
Il alluma une autre cigarette.
De plus en plus nerveux, il tapait du bout des doigts le rebord du coffre.
Ses mains touchèrent alors un bout d'étoffe que machinalement elles froissèrent.
Il pencha la tête, et crut reconnaître l'écharpe dont, à la première séance de pose, Cérans avait enveloppé le buste de Mlle Trémoise.
Il souleva alors le couvercle du coffre pour rejeter à l'intérieur le voile, et il poussa un cri d'épouvante.
Il venait d'apercevoir, allongé dans le bahut, le corps ensanglanté de M lle Trémoise.
CHAPITRE II
 
Il y a des hommes pour qui la vie est un enchantement, et la jeunesse constante, un défi aux lois biologiques.
Le peintre Louis Cérans était de ceux-là.
À cinquante-cinq ans, il avait encore ses artères de la vingtième année. Sa glande thyroïde n'avait jamais été déficiente, et son cœur ne l'avait pas trahi.
Sur un cent mètres, dans une allée du Bois, il battait aisément des amis beaucoup plus jeunes, sans qu'à l'arrivée, son pouls indiquât un effort.
Il n'avait jamais eu besoin d'un médecin.
Cérans était un homme heureux.
Il avait la santé, il avait la fortune et il était aimé, non par ses enfants ou ses petits-enfants (il était resté célibataire), mais s'il ignorait l'Art d'être grand-père, il connaissait à fond celui d'être amant !
Il le connaissait, non parce qu'il avait voulu l'étudier spécialement, mais parce qu'on lui en avait en quelque sorte imposé le cours !
Céran

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