La baignoire de cristal
59 pages
Français

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La baignoire de cristal , livre ebook

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Description

Jim PATERSON, que les services américains d’espionnage dont il était l’une des gloires avaient surnommé durant l’occupation allemande en France « Mr. Silence », parcourt les rues sombres, la nuit, pour rentrer chez lui.


Devant une maison paisible, il entend un coup de feu assourdi, provenant de l’intérieur de la bâtisse.


Il saute le mur de clôture pour pénétrer dans la demeure afin de porter secours à ses habitants. Jim PATERSON ne se doute pas qu’il s’apprête à contrecarrer les plans d’une organisation criminelle de grande ampleur dont la vengeance va être terrible...

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Publié par
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EAN13 9791070036020
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0000€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

- 1 -

LA BAIGNOIRE DE CRISTAL
Récit policier
CHAPITRE PREMIER
 
L'avenue était déserte. Une traction avant, tous feux éteints, était stoppée devant la grille de la propriété. Une propriété comme on en voit tant à Neuilly, toute blanche de façade sous la lune, entourée d'un beau jardin aux pelouses bien tondues, sur lesquelles les grands arbres de l'avenue jetaient des taches d'ombre.
Jim Paterson secoua la cendre de son cigare et passa très vite : il venait de remarquer que deux hommes semblaient faire le guet dans la voiture dont le moteur tournait au ralenti.
Paterson avait tout de l'inoffensif promeneur et nul n'eût pu reconnaître en lui l'agent du mystère, celui que les services américains d'espionnage dont il était l'une des gloires avait surnommé durant l'occupation allemande en France « Mr. Silence ».
Paterson rentrait chez lui et ne se sentait point d'humeur à se coucher tôt. La nuit était avancée, mais il n'avait pas d'heure et dormait quand il en avait le temps ou l'envie.
Il prit donc la première rue traversière qui débouchait sur sa droite, s'arrêta et écouta. Son instinct d'aventurier légal lui disait qu'il y avait, dans cette nuit-là, dans cette maison si paisible, apparemment, un drame en suspens. Et puis cette voiture à l'arrêt...
Paterson laissa tomber son cigare et l'écrasa sous son pied, pensif.
— Ces gens-là vont sûrement s'entretuer ou tuer quelqu'un qui n'est pas de leur avis ! soupira-t-il.
Comme pour le confirmer dans cette opinion, un coup de feu assourdi, provenant vraisemblablement de l'intérieur de la demeure, claqua soudain, tel un coup de fouet, dans la paix nocturne.
— Tiens... voilà qui commence à devenir intéressant !
Jim sourit et, prenant son élan, bondit souplement vers le haut du mur de clôture dont il saisit le faîtage du bout des doigts. Souple comme un chat, il fit un rétablissement, se trouva assis sur la maçonnerie et regarda attentivement. Il était abrité par le fût énorme d'un sapin et ne risquait pas d'être vu. Il repéra une lumière voilée à la fenêtre du premier étage du pavillon, et, sans plus réfléchir tant les réflexes étaient rapides chez lui, il se laissa couler sans bruit de l'autre côté de l'enclos. Il prit contact avec un gazon bien entretenu qui amortit sa chute et, suivant la pelouse, atteignit, avec une légèreté de Sioux, les communs.
Il fit le tour de la construction cherchant une issue, et découvrit une fenêtre ouverte au rez-de-chaussée, par laquelle il s'introduisit dans les lieux. Il sortit une lampe électrique de sa poche, en fit jaillir un jet de lumière et, d'un coup d'œil, se repéra. Il était dans un petit bureau dont la porte entrebâillée donnait sur le hall. Il se faufila, et sans qu'un bruit eût pu déceler son approche, se trouva au bas de l'escalier.
Il faillit se heurter à un homme qui attendait dans l'ombre, et qu'il ne vit qu'en arrivant dessus.
L'autre fit un geste. Plus rapide que l'éclair, Mr. Silence lui passa autour du cou une prise d'étranglement qu'il serra vivement, et reçut l'autre contre lui, sans un cri.
« Il en a pour quinze bonnes minutes ! calcula Paterson. Cela sera amplement suffisant... »
Paisiblement, Jim gravit les degrés, parvint sur le palier du premier et vit un rayon de lumière filtrer sous une porte derrière laquelle il perçut le bruit d'une violente discussion.
Il se baissa, risqua un regard par le trou de la serrure et le spectacle qu'il découvrit lui fit hausser les sourcils de stupéfaction.
Un homme était étendu sur le tapis, inanimé. Sur une chaise, solidement attachée devant un feu qui avait été allumé dans la cheminée, une femme d'une quarantaine d'années, bâillonnée, paraissait évanouie. Près de la cheminée, deux hommes s'acharnaient à découper au chalumeau oxyacétylénique la porte d'un coffre-fort, en jurant comme des possédés.
Silence, tournant lentement le loquet, poussa doucement la porte et sortit tranquillement son colt qu'il arma tout bonnement en lançant d'une voix fort calme une injonction très classique :
— Haut les mains !
Les deux hommes se retournèrent d'un bloc, médusés.
Silence eut devant lui deux gaillards solidement bâtis, élégamment vêtus et gantés de beurre frais, qui le considéraient, ébahis.
— Je suis désolé, Messieurs, je vois que je vous dérange, mais j'ai cru comprendre que l'on avait besoin de moi ici ! sourit Paterson, courtois. Si vous voulez bien vous tourner face au mur ? Et les mains en l'air, toujours, je vous prie, sinon mon automatique parlerait à ma place !
Paterson se serait amusé prodigieusement s'il n'avait noté, en passant près du corps de l'homme étendu sur le tapis, qu'un mince filet de sang filtrait de la tempe gauche. Jim fit la grimace. Il avait horreur du travail bâclé en général et des cadavres en particulier.
Cette constatation le décida à employer les grands moyens. S'approchant par derrière de ses deux prisonniers, il avança la main gauche, saisit la glotte du premier entre le pouce et l'index, opéra, avec beaucoup de délicatesse, comme le lui avait enseigné, jadis, le docteur Mahoto, un expert japonais de judo à Hiroshima, et l'homme s'écroula d'une masse, évanoui, strangulé selon la meilleure méthode. Le second voulut réagir, mais il sentit contre sa nuque le bout du canon du Colt et hésita.
— Détachez-moi donc cette malheureuse femme, et vite ! commanda Jim.
L'autre obéit, subjugué. L'inconnue s'écroula sur le parquet, inanimée. Ce fut à ce moment qu'un bruit de pas se fit entendre au rez-de-chaussée. Sans doute quelque complice qui s'énervait dans la voiture ? Paterson se posa cette question et, ce faisant, relâcha sa surveillance une seconde. Ce fut suffisant. D'un bond, l'homme qu'il tenait en respect se rua sur la porte et plongea littéralement vers l'escalier. Paterson haussa les épaules et abaissa son arme qu'il avait pointée sur lui. Il avait horreur de tirer, à moins d'être en état de légitime défense. Il écouta. La porte du vestibule claqua, et, quelques secondes plus tard, Silence perçut le ronflement d'un moteur emballé dans un démarrage de panique. Les gangsters fuyaient.
Paterson ficela tranquillement son dernier captif, alluma la lanterne de l'escalier, et constata que le premier adversaire qu'il avait mis hors de combat avant de monter avait disparu.
— Qu'ils aillent au diable ! Avec celui qui me reste, la police retrouvera bien la piste !
Jim se pencha sur la femme. Elle revenait à elle. Il s'en désintéressa pour examiner le corps qui gisait à ses pieds. La blessure à la tempe était mortelle. Le cœur ne battait plus. Le maître des lieux avait cessé de vivre.
Placidement, Paterson replaça le fusible du téléphone que les visiteurs avaient pris soin d'enlever et composa le numéro de Police Secours qu'il alerta sans désemparer, tandis que la rescapée de l'aventure se redressait péniblement sur son séant, hébétée.
Paterson avisa une carafe de porto posée sur un secrétaire, près de la fenêtre, sur un plateau qui supportait également quelques gobelets. Il en remplit un et le présenta à la malheureuse qui le considéra, méfiante.
— Ne craignez rien, Madame, je suis un ami. Jim Paterson ! Je passais devant chez vous quand j'ai eu l'idée d'entrer, et j'ai pu déranger ces Messieurs. Un peu trop tard, hélas…
Il désigna du menton le cadavre et soupira profondément.
— Mon pauvre mari… Ils me l'on tué…
Elle voulut se lever, mais quand elle posa les pieds sur le sol, elle étouffa un cri de douleur. Pour lui faire donner le chiffre du coffre, les bandits lui avaient grillé la plante palmaire et elle retomba assise sur sa chaise, effondrée.
— La police sera ici d'une minute à l'autre, Madame, je l'ai prévenue... J'ai gardé pour elle un échantillon de ces gaillards qui vous ont tant malmenée. Comment tout ceci s'est-il passé ?
— Nous venions de monter ici, mon mari et moi, quand...

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