Le fabuleux héritage de Sir Grandville
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Description

Bill DISLEY, le reporter-détective, est appelé au chevet du richissime Sir Grandville qui le charge de protéger sa fille illégitime à qui il lègue toute sa fortune après avoir surpris sa jeune et belle femme, la nuit, versant du poison dans sa potion.


Mourir ne dérange pas le vieil homme, ni même que cela soit de la main de son épouse qu’il adore.


Bill DISLEY accepte la mission largement rémunérée, mais, quand Madame Grandville, en personne, vient lui proposer de l’aider à défendre son futur héritage convoité par l’avoué de son mari, le journaliste ne sait plus exactement à quel saint se vouer d’autant que l’affaire va se révéler bien plus complexe que prévu... à moins qu’elle ne soit finalement plus simple...


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Informations

Publié par
Nombre de lectures 3
EAN13 9782373475425
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0000€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

AVANT-PROPOS
Pour ceux de nos lecteurs qui ne se seraient pas familiarisés avecBILL DISLEY et son existence trépidante de journaliste détective, nous rappelons que notre sympathique héros est le plus brillant reporter au« Star Express », grand quotidien londonien dontBOB, dit « le Gros Bob », est rédacteur en chef. L'habituel comparse de Bill estJEFF, ancien pickpocket notoire, géant à la compréhension lente, mais à la « droite » impeccable, dévoué corps et âme au journaliste qui le tira autrefois d'un mauvais pas. L'inspecteurMARTINdans la plupart des est, enquêtes, mêlé aux agissements de Bill. C'est un petit homme ponctuel, bourgeois et sévère, qui professe une grande amitié et une sorte d'admiration pour Bill, bien qu'il soit souvent heurté par la désinvolture avec laquelle notre reporter traite Scotland Yard, ses œuvres et ses pompes.
J.-A. FLANIGHAM.
I
LA CONFESSION DE SIR GRANDVILLE
Bill prit connaissance de la lettre entre deux gorg ées d'eau minérale. Elle disait ceci :
« Bill Disley — J'eus le plaisir d'entretenir autre fois des relations fort amicales avec votre père. C'est au nom de cette anc ienne amitié que je vous prie de me rendre visite. Ma voiture vous cond uira chez moi. J'ai certaines confidences à vous faire et voudrais vous charger d'une mission assez délicate. Vous êtes le seul homme en lequel j e puisse avoir une parfaite confiance.
Bill replia la lettre.
— Bizarre, dit-il.
« Merci. »
— Ah ! fit Jeff en sortant un mégot de la poche de sa robe de chambre.
Bill se leva, se dirigea d'un pas traînant, vers la salle de bains et murmura, rêveur :
— Je me demande ce qu'il peut bien avoir à me dire.
***
La chambre était longue et richement – presque trop – décorée.
Une profusion d'objets d'arts, de tapis anciens, de tentures lourdes.
Sir Grandville se souleva péniblement, se redressa sur sa couche, fit signe à l'infirmière qui se tenait à ses côtés d'avancer le s oreillers et lui demanda de quitter la pièce.
Bill avança un fauteuil, s'assit à la droite du mal ade. Dans une face émaciée, un regard ardent et sombre brûlait d'une f ièvre sourde. Les mains, décharnées, posées à plat sur le drap, étaient hall ucinantes, veinées de bleu et quasi transparentes. Bill laissa son regard s'accro cher sur ces mains-là : elles sentaient la mort proche.
— Vous contemplez ce qui reste d'un des grands de c e monde, Bill Disley ?
Gêné, Bill eut un geste évasif et lâcha une vague f ormule mondaine et réconfortante, Sir Grandville l'arrêta d'un geste :
— Je sais EXACTEMENT où j'en suis, Bill Disley, et je sais aussi que je n'en ai plus pour longtemps.
Il souffla, bouche entr'ouverte, et reprit :
— Rapprochez-vous, voulez-vous ?
Bill avança son fauteuil, se pencha vers le malade.
— Je me meurs, dit Sir Grandville, parce que, systé matiquement, on m'empoisonne. Vous comprenez ?
Bill eut un sursaut incrédule, ouvrit la bouche.
— Non ! dit Sir Grandville, laissez-moi parler. J'a i surpris cette nuit quelqu'un, à mes côtés, et ce quelqu'un versait dan s mon verre un liquide incolore.
— Qui ? demanda Bill.
Sir Grandville eut un mystérieux sourire :
— Mon épouse adorée.
— Il faut...
— Rien du tout, coupa Sir Grandville, il ne faut ri en faire du tout. Il est trop tard maintenant. Je sais bien que je m'épuise un pe u plus chaque heure, et que l'issue est proche. Je ne tiens d'ailleurs pas à gu érir ni à reprendre le fardeau. Cette vie est insensée, Bill Disley et mon existenc e, bien qu'enviée, ne fut qu'une suite de malheurs impossibles.
Sir Grandville dut voir la perplexité qui était en Bill, car il reprit, d'une voix changée :
— Que ma femme ait décidé de m'achever un peu plus rapidement est peut-être la seule preuve de vraie bonté qu'elle m'ait j amais manifestée depuis ces cinq années de vie commune. Je ne vous ai pas fait venir pour vous dire cela d'ailleurs, mon ami. La question est tout autre.
Sir Grandville se remonta légèrement, haleta un peu , sa main se crispa sur le drap :
— Dans ma lettre de ce matin, je vous disais que j' avais fort bien connu votre père, Bill. C'était un grand journaliste et u n homme parfaitement intègre et loyal. C'est à votre loyauté que je fais appel ici. Je sais d'ailleurs qu'au nom de cette ancienne amitié qui me liait à votre père, vo us saurez mener à bien la tâche que je veux vous confier.
Il sourit faiblement :
— N'est-ce pas ?
Bill, ému, inclina la tête sans répondre.
— Je suis un malheureux, reprit Sir Grandville d'un e voix étrangement sourde. Je suis un malheureux, mais peut-être est-c e parce que j'ai un jour, sciemment, créé du malheur. Il est possible qu'il f aille payer, et que ce soit maintenant mon tour de payer...
Son regard erra quelques instants sur la pièce :
— Isolé dans ma tour d'ivoire, retranché derrière l e mur imposant et grandiose d'une impossible fortune...
Il haussa les épaules :
— J'ai longtemps cherché le bonheur sans le trouver jamais. Je suis depuis cinq ans le mari d'une ravissante créature qui s'es t unie à mes millions, qui me trompe éperdument et me tue un peu plus vite chaque nuit.
Son regard brilla d'une flamme intense, il pencha l égèrement sa tête vers le journaliste et, d'une voix plus sourde :
— Mais ma fortune, toute ma fortune n'ira pas à ma femme, Bill Disley. Elle doit aller à une jeune fille qui réside à Londres, et si je vous ai fait appeler, c'est parce que, depuis avant-hier seulement, je connais son adresse.
Épuisé, le moribond poussa un long soupir, ferma le s yeux.
Une grimace douloureuse marqua ses traits ; il remu a faiblement ses lèvres et Bill, crispé, sentit l'effort que s'imposait ce grand malade pour continuer la conversation.
— Un jour, reprit Sir Grandville, il y a longtemps, vingt-cinq ans exactement, je me crus amoureux d'une très jeune fille. Elle ét ait blonde, elle était fraîche, souriante et claire. Je sais bien que je fus parfai tement odieux avec elle. Je me savais tellement aimé que je m'octroyais tous les d roits. Je fus si particulièrement odieux que, lorsqu'elle se sut enc einte, elle m'annonça qu'elle préférait garder son enfant et l'élever seule, plut ôt que de continuer à mes côtés une vie impossible. Je n'étais pas alors le puissan t milliardaire et respecté Sir Grandville.
Le malade sourit doucement, ferma à demi les paupiè res :
— Je la laissai partir. Puis je la sus malheureuse, dans la misère. Je lui fis parvenir de l'argent, qu'elle me retourna. C'est de ma présence qu'elle avait besoin. Cette aumône, je la lui refusai.
Un sourire amer tordit la bouche de Sir Grandville :
— Bien autre chose à faire en vérité : l'argent, la gloire, les affaires...
Sa main se crispa sur le drap :
— J'appris un jour qu'elle était morte. L'enfant ét ait quelque part. La mère m'avait fait parvenir, avant de mourir, une lettre atroce, dans laquelle elle me parlait de cette enfant qui était en nourrice dans le Yorkshire. Je n'allai jamais la voir. J'envoyai, à différentes reprises, de l'argen t, afin qu'elle ne manquât de rien...
Sir Grandville se souleva sur les coudes, regarda B ill avec une certaine anxiété :
— Depuis un mois, je n'ai cessé de penser à elle. Il y...
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