Mandragore
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Mandragore , livre ebook

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Description

La Perle Rose, un bijou d’une rare beauté et d’une valeur historique incommensurable, vient d’être achetée par les Beaux-arts.


Deux jours avant la remise officielle de la perle au conservateur, celle-ci disparaît. À sa place, une feuille blanche sur laquelle est écrit, en rouge, le mot « MANDRAGORE ».


Encore un coup de ce mystérieux cambrioleur qui sévit avec audace depuis quelques mois et après qui court en vain la police.


Pourtant, dès le lendemain, les journaux publient une lettre signée MANDRAGORE, protestant contre l’accusation portée contre lui. MANDRAGORE ne s’attaque qu’aux riches, pas aux trésors artistiques, aussi, s’engage-t-il à retrouver la Perler Rose dans les plus brefs délais et à la faire parvenir au Gouvernement...

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 0
EAN13 9791070033661
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0000€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

AVANT-PROPOS



La littérature populaire est, à l'image des océans, un univers qui demeure, de nos jours, en grande partie obscur.
Les lecteurs en connaissent les surfaces représentées par les auteurs qui, forts d'un succès pérenne, n'ont jamais plongé dans les profondeurs abyssales de cette paralittérature.
Par exemple, est-il encore nécessaire de présenter Maurice Leblanc, père d' Arsène Lupin, le gentleman cambrioleur, ou bien Gaston Leroux et son journaliste Rouletabille ?
D'autres survivent dans la mémoire collective plus par l'intermédiaire de leur héros de papier que par leurs patronymes.
Ainsi, derrière Fantômas, se cachent Marcel Allain et Pierre Souvestre. Zigomar fait de l'ombre à Léon Sazie ; Belphégor voile Arthur Bernède…
Mais, pour ces quelques exemples dont les auteurs ou leurs personnages demeurent encore à la lumière, combien ne sont jamais sortis de l'obscurité, et ce, malgré des qualités incontestables ou une immense production ?
Certes, beaucoup étaient plus à louer pour leur productivité que pour leur talent, leur travail consistant à écrire et écrire encore pour occuper des petits moments de lecture plus que pour passionner les foules.
Mais délivrer autant de récits, d'histoires, de personnages, nécessite des prédispositions, une aptitude, une ingéniosité qu'il faut bien leur reconnaître.
Ces qualités, on les retrouve indéniablement chez un auteur, Henry MUSNIK , dont la bibliographie est telle qu'elle prend des airs d'océan dans l'océan.
Né en 1895 à Punta Arenas au Chili, il meurt en 1957 à Paris.
En 25 ans, entre le début des années 1930 et le milieu des années 1950, Henry MUSNIK multiplia les textes et les récits, aussi bien pour des magazines – « L'Auto », « L'Équipe », « Police Magazine » – auxquels il collabora en tant que journaliste, que des collections fasciculaires de genres divers – policier, aventure, science-fiction – avec une prédilection pour le premier.
Usant de nombreux pseudonymes – Pierre Olasso, Alain Martial, Pierre Dennys, Gérard Dixe, Claude Ascain, Jean Daye, Florent Manuel, et bien d'autres encore –, il gonflera sa production en reprenant des textes d'un éditeur à un autre en changeant le nom de ses personnages et en signant d'un autre pseudonyme.
Si l'on ajoute à cette pratique celle tout aussi factice de certains éditeurs de l'époque – notamment les éditions Ferenczi – qui rééditaient dans une nouvelle collection des titres piochés dans une précédente, on peut expliquer le nombre incalculable de textes nés de la plume de l'auteur.
Mais cette « mystification » ne doit pas masquer une prolixité rarement égalée d'autant que Henry MUSNIK œuvrait également en tant que traducteur.
La majeure partie de sa production était destinée à des collections de fascicules de 32 pages, voire, 64 pages.
Ces récits très courts n'étaient pas propices à installer des intrigues dignes de ce nom ni à proposer des personnages fouillés.
Aussi les aficionados de Henry MUSNIK avaient-ils l'habitude de lire des histoires dont l'ambition n'était autre que de divertir le public un bref instant.
Pour cela, l'auteur n'hésitait pas, comme ses compères, à faire naître des clones de personnages littéraires déjà inscrits dans l'imaginaire des lecteurs afin de n'avoir qu'à les esquisser rapidement pour leur donner vie.
C'est ainsi que l'on retrouve souvent, chez Henry MUSNIK et ses confrères, des héros proches d' Arsène Lupin, le gentleman cambrioleur.
Ce fut le cas à travers les aventures de « Robert Lacelles » que l'on a pu redécouvrir chez OXYMORON Éditions.
C'est encore le cas avec « MANDRAGORE » que nous vous invitons à découvrir aujourd'hui.
Mais que cette filiation ne jette pas l'opprobre sur la série et le personnage.
Effectivement, de tout temps, les artistes populaires ont souvent regretté leur statut et de n'être réduits qu'à celui-ci, ambitionnant, à juste titre, d'être reconnus avant tout pour leur talent.
La prose san-antonienne de Frédéric Dard est ainsi constellée de regrets à peine atténués par le masque de l'ironie ou de l'humour.
Mais, bien avant lui, l'immense Albert Boissière nourrissait une amertume similaire, exprimée, elle, par le biais d'une fausse modestie.
Chacun cherche son « Tchao Pantin », a-t-on coutume de dire, depuis le succès de l'humoriste Coluche au cinéma en 1983.
Mais cette légitimité a toujours été le moteur de l'artiste.
Certains l'ont obtenue, de leur vivant ou à titre posthume, d'autres la cherchent encore.
Récemment, OXYMORON Éditions a ressorti des limbes d'un magazine, le roman « Jean Durand, détective malgré lui » afin de démontrer aux lecteurs que Pierre Yrondy, l'auteur, n'écrivait pas que de sympathiques petits récits – « Marius Pégomas, détective Marseillais » ou « Thérèse Arnaud, espionne française » –, mais savait aussi développer de vrais bons romans policiers.
Maintenant, c'est au tour de Henry MUSNIK d'acquérir ce prestige bien tardif à travers la réédition de la série « MANDRAGORE ».
À la lecture des aventures de Gérard Nattier et de Joseph Bloque, tout un chacun pourra constater que, lorsque l'occasion lui était donnée, Henry MUSNIK était capable d'offrir à ses lecteurs des récits ambitieux, tant sur la longueur des textes que par leur contenu et ce, même en conservant l'image d'un héros conventionnel.
Car, effectivement, Gérard Nattier n'est pas très différent de Robert Lacelles ni d'autres héros de l'époque. Mais c'est sur les personnages secondaires que l'auteur se démarque et c'est à travers eux qu'il démontre qu'il savait dépeindre des hommes et des femmes attachants – des animaux, aussi – et bien plus originaux que ce qu'il avait coutume de proposer.
En conférant une vie particulière à ces personnalités subalternes, il imprègne ses récits d'un intérêt et d'un attachement que l'on ne pouvait éprouver à la lecture de ses fascicules.
Ainsi, à la découverte de cette série publiée, à l'origine, sous forme de quatre gros romans de 80 000 mots, en 1950, au sein de la collection « Bibliothèque Mystéria » des éditions Ferenczi, le lecteur prend conscience que Henry MUSNIK n'était pas qu'un auteur prolifique, mais également, et, peut-être, surtout, un bon écrivain capable de mettre en place d'excellents romans policiers d'aventures et de développer des personnages attachants avec une mention spéciale pour Joseph Bloque le factotum de Mandragore.
La série d'origine fut publiée sous la forme de quatre romans. Mais, pour la réédition numérique, OXYMORON Éditions s'est permis de scinder en deux le premier épisode nommé « MANDRAGORE », car celui-ci est composé d'une petite aventure présentant les personnages, suivi d'une seconde bien plus longue et rocambolesque.
Ainsi, comme pour toutes les séries que OXYMORON Éditions réédite, le premier épisode peut être proposé gratuitement aux lecteurs afin de leur permettre de découvrir sans risque et sans frais, un auteur et des personnages.
À vous, maintenant, de prendre conscience du talent de Henry MUSNIK qui, sous les traits de Claude ASCAIN – afin de conserver le pseudonyme sous lequel ont été réédités les précédents textes de l'auteur –, va vous faire vivre les trépidantes aventures de Joseph Bloque et Gérard Nattier alias « MANDRAGORE »…
K.
MANDRAGORE

Un héros extrêmement séduisant.
Une série d'aventures fertiles en rebondissements imprévus.
Un style étincelant de bout en bout, sous la plume du romancier moderne HENRY MUSNIK qui possède au plus haut point le don de raconter, d'intriguer, d'émouvoir.
Ce roman policier, d'aventures et d'amour sera publié en une série de volumes tout à fait réduite qui comprendra le maximum de lecture pour le minimum de prix.
Nous sommes persuadés que les lecteurs s'intéresseront à cette œuvre nouvelle, une des meilleures parmi toutes celles que l'on doit à ce remarquable écrivain.
Chaque volume grand format, couverture illustrée en couleur
10.000 doubles lignes de lecture
(1950)
- 1 -

MANDRAGORE
Roman policier

Claude ASCAIN
CHAPITRE PREMIER
QUI EST MANDRAGORE ?
 
La nouvelle parvint aux journaux du soir, juste à temps pour la dernière édition. Ce fut un gros émoi.
La Perle Rose, la fameuse Perle Rose avait été volée.
Et par qui ?
Par Mandragore, naturellement !
Quelle histoire, encore...
Qui était Mandragore ? Depuis trois mois, ce mystérieux, cet insaisissable personnage défrayait bien des conversations. Un beau jour, on avait appris un étrange cambriolage. Quelque chose d'incompréhensible.
On ne savait comment il avait été accompli. Pas le moindre indice, pas la plus petite trace. On eût dit que le malfaiteur était passé à travers les murs. Pas d'effraction de portes ni de tiroirs.
Absolument rien, sinon la présence d'une feuille de papier blanc sur laquelle on avait écrit à l'encre, avec une allumette, en lettres typographiques, ce mot qui semblait un défi : MANDRAGORE.
Un sorcier ? Allons donc, il n'y a pas de sorciers, à notre époque. Pourtant ce nom éveillait de vieilles réminiscences, des histoires d'incantations, des idées de talisman…
Et puis il y avait eu un second cambriolage. Un troisième. Et toujours l'inscription fatidique.
La police était sur les dents. Le plus enragé des inspecteurs, Octave Silot, ne savait à quel saint se vouer. Il avait été chargé de la première enquête. Un échec, naturellement.
Il avait demandé la deuxième affaire, escomptant une revanche. Même insuccès. À la troisième, il avait été pris d'une hantise, d'une idée fixe.
— J'aurai Mandragore, ou j'y perdrai mon nom !
Personne, par charité, ne lui demandait l'époque à laquelle il changerait d'état civil, mais on commençait à penser que, s'il était homme à tenir sa promesse, il pouvait préparer sa demande au Conseil d'État.
L'inspecteur Silot semblait destiné à consacrer son existence à une besogne unique. Doué d'un entêtement de bouledogue, il n'était, certes, pas plus sot qu'un autre.
Mais, quant à réussir.
Au fond, ses chefs n'avaient pas demandé mieux que de le consacrer à cette chasse à l'introuvable. Il avait centralisé les trois premiers dossiers, il venait d'en établir un quatrième.
Et il continuait à errer en tâtonnant, comme dans la classique obscurité, du non moins classique tunnel, à minuit.
Les journaux ne possédaient guère de détails sur la disparition de la Perle Rose, aussi avait-on repris, pour justifier la colonne et demie jetée en pâture au public, les détails historiques déjà publiés sur le fameux joyau, lorsqu'on avait appris son acquisition par le Musée du Louvre.
Depuis des mois, les Beaux-Arts poursuivaient de laborieuses négociations. Elle avait été achetée. Elle était arrivée, entourée de mille précautions.
Et voici que, quarante-huit heures à peine avant la cérémonie de la remise officielle de la perle au Conservateur, il fallait ajouter un nouveau chapitre à ses tribulations.
Elle était d'un poids énorme, d'une pureté sans égale. Six cent quatre-vingt-deux grains — soit plus de trois cent soixante grammes — quelque chose d'unique au monde.
De forme ovale, elle mesurait, dans son axe le plus grand, quatre centimètres sept cent soixante-huit. Elle avait appartenu, au XVII e  siècle, au shah de Perse, Séfi-Mirza qui régna sous le nom de Shah-Soliman.
En l'an 1667 — rappelaient les érudits — elle fut envoyée, à titre de gracieux cadeau au Roy de France, Louis XIV. Disparue sous la Révolution, on devait la retrouver, en Angleterre, où la du Barry, maîtresse de Louis XV, détentrice de la Perle Rose, l'avait vendue à lord Brougham.
Le gouvernement français avait réussi à l'acquérir.
Et les grincheux qui contemplaient la photographie, dans leur journal, se disaient qu'on avait encore fichu à l'eau une bonne cinquantaine de millions pour le seul profit de Mandragore.
— Bon Dieu !... Mais qu'est-ce qu'elle fait, la police ?
Et les camelots galopaient, vendant leurs journaux à cadence accélérée.
Une belle auto à la carrosserie vert jade stoppa le long du trottoir, le chauffeur en livrée tendit un billet, négligea la monnaie, remit la feuille à son patron.
Le banquier Hoffder jeta un rapide coup d'œil. La jeune femme, assise à côté de lui, se pencha sur son épaule :
— On a une piste ?
— Tu plaisantes ? Est-ce que Mandragore laisse des pistes ?
Hoffder ajouta :
— On ne dit vraiment pas grand'chose, sinon que Verniot s'arrache les derniers cheveux qui lui restent.
Verniot était le chef de cabinet du ministre. Il était allé chercher la Perle Rose à Londres, il avait été chargé de veiller sur elle, il l'avait — du moins, il l'avait cru — mise en sécurité, chez lui.
Hoffder fit signe de démarrer et changea de conversation :
— Tu as téléphoné à Nattier ?
— Évidemment… Il ne peut pas dîner avec nous, mais il sera ce soir au « Perroquet Jaune ».
— Tu crois qu'il viendra ?
Elle rejeta orgueilleusement la tête en arrière.
— Tu poses de ces questions, toi !... Il me fait la cour.
— Pas une nouveauté, grommela-t-il. Je le sais.
Il marqua un temps, puis :
— Ce qui m'intéresse, c'est son argent.
— D'accord, mais ce n'est pas moi qui peux lui parler de ces choses-là… Patience, Paul, et…
— De la patience ? Mais cela devient urgent !... J'ai besoin de fonds pour cette nouvelle combinaison !
— Ne crie pas si fort, le chauffeur pourrait t'entendre. Nous les aurons les fonds.
Il se tourna vers elle, le regard aigu :
— Sûr, mon petit ?
Elle eut un sourire assuré :
— Laisse-moi manœuvrer et sortir le grand jeu.
Le...

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