Absolut Barbarian Trip
26 pages
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Absolut Barbarian Trip , livre ebook

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Description

Imaginez une bande de jeunes célibataires à qui l’on propose d’aller passer un mois de vacances tous frais payés sur une île paradisiaque au large des côtes méditerranéennes, avec pour seul mot d’ordre : sexe, alcool et farniente…
Ça vous laisse rêveur ? C’est l’Absolut Barbarian Trip !
Mais l’île va bientôt révéler d’étranges phénomènes qui ne laisseront pas nos fêtards indemnes.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 23 mai 2011
Nombre de lectures 0
EAN13 9782363150189
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Absolut Barbarian Trip
Élias Jabre
ISBN 978-2-36315-141-4

Mai 2011
Storylab Editions
30 rue Lamarck, 75018 Paris
www.storylab.fr
Les ditions StoryLab proposent des fictions et des documents d'actualit lire en moins d'une heure sur smartphones, tablettes et liseuses. Des formats courts et in dits pour un nouveau plaisir de lire.

Table des mati res

Absolut Barbarian Trip
Biographie
Dans la m me collection
Absolut Barbarian Trip
En fait, la situation s’est brouillée assez vite. Avec mes souvenirs. Comme un verre de pastis à la transparence ambrée auquel on ajoute un peu d’eau. Et on obtient ce trouble jaunâtre caractéristique. Oui, c’est tout à fait ça. L’arrivée, ça allait encore, je m’en souviens. J’étais sobre à ce moment-là, j’évoluais en pleine clarté. Malgré la chaleur et ce début de fièvre. C’est après que j’ai perdu la notion des jours et des évènements... C’est après que le monde s’est manifestement troublé...

Le bus avait roulé plus d’une heure, le long de la côte varoise. Dans la fournaise et sans air conditionné. L’allure berçante, ajoutée à la conversation de Philippe, et j’avais somnolé tout le trajet. On s’arrêta enfin à ce petit port, à mi-chemin entre Bandol et Toulon, donné comme point de rendez-vous. Malgré la température qui nous liquéfiait, Philippe tenait bon. Il remuait la langue et les bras, survolté. Son énergie me vieillissait. Il bondit à terre, prêt à en découdre, alors que je le suivais péniblement avec ma sacoche. Dedans, une trousse de toilette, deux maillots. Les consignes étaient claires. Le soleil tapait toujours aussi fort, et fallait que je reprenne un médoc.
– On va se retourner la tête, man ! Ça va être une tuerie ! Un vrai truc de malade ! Un mois, tu te rends compte ! Un mois entier sur l’île de la Figue, à picoler et baiser, picoler et baiser... J’ai dit qu’on allait baiser aussi ?
– Tu l’as dit, Philippe. Tiens ! Y en a d’autres qui attendent là-bas, près du Zodiac. Ils doivent sûrement venir avec nous.
– T'as vu le string de la blonde qui dépasse ? Regarde-moi ce cul, man, regarde-moi ce cul ! Putain d’tuerie !
– Essuie déjà ta bave et essaye de pas avoir l’air trop mort de faim...

J’avais rencontré Philippe dans le TGV Paris-Marseille. Un beau brun aux yeux verts qui restait séduisant tant qu’il fermait sa bouche. Les organisateurs nous avaient pris des places côte à côte. Une fois le train en route, j’avais sorti mon prospectus, histoire de récapituler le programme. À son tour, il retira un papier de sa poche, et l’agita devant mes yeux. Eh oui, il avait gagné lui aussi. Lui aussi allait participer à l’ Absolut Barbarian trip. Un mois en pension complète sur l’île de la Figue. À faire la fête... Il m’accorda deux secondes, le temps que je réalise, puis il me tapa dans la main. J’étais bon pour les présentations.

Il m’avait raconté qu’un type d’ Absolut Holidays l’avait contacté un jour pour lui annoncer la bonne nouvelle. Un concours sur Internet… Idem pour moi, ils avaient récupéré mon téléphone sur je ne sais quel site de vacances en ligne... Vous êtes l’heureux gagnant de l’Absolut Barbarian trip ! me congratula une voix hyper enthousiaste. J’avais entendu parler de Si tu dors, t’es mort ! qui avait sévi dix ans auparavant, mais là ils avaient poussé le concept encore plus loin. On partait avec le strict minimum. Un demi kilo de fringues autorisé, pas un gramme de plus. Bon, pourquoi pas… Mais tout à l’œil ? Le truc, au départ, tu crois que c’est une pure arnaque. C’est ce qu’on avait pensé avec Philippe. Un escroc qui se rattrape, je sais pas comment... Du genre, le billet gratuit, et tu payes le séjour plein pot une fois qu’ils t’ont bloqué sur place. Et là, Philippe comme moi, on les avait criblés de questions. On s’était amusés à comparer nos interrogatoires dans le train. D’abord les questions banales : Et si on veut faire une visite du coin en bateau, y a vraiment rien à débourser ? Ensuite, les questions franches : Et si on se descend une bouteille de pastaga à la journée, y a pas de supplément non plus ? Mais apparemment, ils prenaient aussi les alcooliques. On n’était pas allés jusqu’à demander s’ils offraient les acides, mais plus tard, on a bien vu que c’était le cas... Où était la faille ? Gratuit… Tout était gratuit… Ils nous offraient même la bouffe et la picole… Trop beau pour être vrai… Jusqu’à ce qu’on reçoive les billets… Et là, plus moyen de contester...
J’avais rappelé une dernière fois les gars d’ Absolut Holidays … Je ne voyais pas pourquoi dans ce monde où tu demandes une clope à un mec dans la rue, à peine s’il ne hurle pas au braquage, je ne voyais pas pourquoi on nous faisait un tel cadeau. Le type au téléphone avait fini par cracher le morceau. Ils testaient un nouveau modèle de sponsoring et de publicité... J’avais ma réponse. Ils allaient nous entretenir exclusivement avec les produits des entreprises qui avaient participé à l’opération. Dans quel but ? Promouvoir les marques... Voilà qu’on payait le client pour qu’il consomme. Absolut Holidays avait été missionné à cet effet. Mais pour avoir moi-même bossé dans la pub, je savais que les business models les plus loufoques pouvaient surgir de l’imagination des directeurs de com. Tant qu’on mettait la marque en avant pour imprégner les esprits…
Ça tombait bien pour Philippe et moi. Il venait de rater sa première année de psycho et ne savait pas quoi glander de ses trois mois d’été avant de retenter dans le droit. Et moi, ma boîte m’avait viré une semaine plus tôt et me dispensait de préavis. En plus, ma copine s’était barrée avec un bon pote que je dégageais de mon portable au moment même où le type appelait pour me féliciter. Bref, à part ce début de crève que je comptais soigner avec un remède de cheval, ça ne pouvait pas mieux tomber. Se laver la tête et repartir...
– Barbarian trip ? je demandai aux quatre autres qu’on avait rejoints sur le quai.
– Tu m’étonnes ! répondit Étienne, un petit brun au nez bosselé, autre futur petit barbare.
Alors on s’est salués. À grandes tapes dans le dos avec Étienne, et à grosses bises mouillées pour les trois filles. On avait tous entre vingt et trente ans... moi, plutôt la tranche supérieure... Et célibataires… Trois filles, trois mecs. L’équilibre était respecté pour le moment.
– Bon ! Vous êtes tous là ? Allez les bébés barbarians , on embarque ! On grimpe dans le Zodiac !
C’était le légendaire accent du Sud. Un gaillard mal rasé, avec un moule-burnes noir à moitié recouvert par une chemise à perroquets multicolores, venait de sortir du café d’en face, tout sourire.

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