Alerte à la banque
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Description

Daniel MARSANT, membre du Deuxième Bureau, est toujours à la poursuite de l’insaisissable Grand Maître, le cruel chef d’une association occulte internationale.


Après avoir démantelé le réseau parisien de la bande, l’agent français est persuadé que son ennemi s’est réfugié en Angleterre.


Aussi, part-il à Londres pour réclamer l’aide de son ami John Armstrong, célèbre détective privé.


Alors que les deux hommes se rendent à l’hôtel dans lequel Daniel MARSANT est descendu, afin de récupérer les affaires de ce dernier, ils remarquent, dans le couloir, une flaque de sang s’écoulant de sous la porte d’une chambre.


À l’intérieur de la pièce, ils découvrent le corps d’un individu lardé de coups de couteau.


Daniel MARSANT identifie immédiatement le mort, il s’agit d’un ancien affilié du terrible Grand Maître...

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EAN13 9791070034460
Langue Français

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Exrait

- 2 -

ALERTE À LA BANQUE
Récit policier

Claude ASCAIN
CHAPITRE PREMIER
ALERTE À LA BANQUE

Le bureau était magnifique, celui d'un grand brasseur d'affaires. Sir Edward Lemery, directeur d'une des plus grosses banques de Grande-Bretagne — sept cents succursales dans le Royaume-Uni et à travers les colonies — se dressa brusquement et passa la main dans son épaisse chevelure grise.
Son sang-froid légendaire, son imperturbabilité que l'on citait toujours en exemple semblaient quelque peu dérangés. Cela se devinait à l'intonation de sa voix qui, au lieu d'être profonde, se haussait jusqu'au timbre aigu. Il quitta son fauteuil de cuir pour marcher nerveusement sur le tapis d'Orient, au milieu de la pièce.
— Il n'y a que John Armstrong qui puisse nous aider, Fullstrap ! s'exclama-t-il. Armstrong est le meilleur détective du pays. Il n'y a pas à hésiter...
L'homme à qui il s'adressait approuva d'un signe déférent.
— Vous avez entièrement raison, sir Lemery...
Le grand directeur, qui allait et venait machinalement, pivota sur ses talons une fois de plus et lança d'un air irrité :
— Eh bien, alors, qu'est-ce qu'il attend ? Vous l'avez prévenu, je suppose ! Il devrait être là !
— J'ai téléphoné, déclara M. Fullstrap, le secrétaire, mais il n'était pas chez lui. On m'a fait savoir, toutefois, qu'il ne tarderait pas et que...
— Demandez-le à nouveau ! Insistez sur l'urgence !
— Mais, sir John, puisqu'on m'a affirmé...
— Demandez-le, vous dis-je !... gronda le directeur.
M. Fullstrap dissimula un haussement d'épaules résigné et s'approcha de l'appareil. Au fond, il comprenait l'anxiété de son patron. Il allongea la main. À cet instant précis, la sonnerie se déclencha.
— Ah ! s'exclama sir Lemery, c'est lui ?
M. Fullstrap avait porté le récepteur à son oreille.
— Allô ?... Oui... Qui ?...
Un instant s'écoula. Il reprit avec vivacité :
— C'est M. Timothy qui demande sir Lemery ? Oui, miss, donnez-le tout de suite à l'appareil...
Il mit la main sur le récepteur et articula à mi-voix :
— C'est encore Timothy... Je... Allô, c'est vous ? Quoi ? Ne parlez pas si fort, vous m'assourdissez... Vous dites ? Pas si vite ! Quoi ? Hein ? La Petroleum Company a déjà payé son personnel ? Bon Dieu ! Un instant... Attendez !
Sir Lemery s'était approché et tenaillait le bras de Fullstrap.
— Quoi ? rugit-il. Rien n'est découvert encore, j'espère !
Son adjoint, la gorge sèche, parvint à lui répondre :
— Dix mille livres sterling de chèques émis par la Petroleum Company ont été présentées au guichet... Le pauvre Timothy est à moitié fou... Il ne sait que faire.
Sir Lemery repoussa violemment son subordonné et s'empara du récepteur. Il haletait.
— Timothy !... Allô, Timothy !... C'est moi, sir John Lemery ! Vous m'entendez ? Oui, le directeur général... Recouvrez votre sang-froid, que diable, et tâchez d'expliquer...
Sir Lemery pouvait toujours parler de sang-froid lui qui semblait avoir totalement perdu le sien. À l'autre bout du fil, le directeur de l'agence de New-Cross bafouilla lamentablement.
— Mais je ne comprends pas un traître mot ! hurla sir Lemery, d'un ton exaspéré. Vous hurlez positivement, vous me cassez les oreilles. Écoutez... Sautez dans un taxi... Oui, tout de suite ! Je vous attends... Compris ?
Il raccrocha d'un geste furibond et se redressa, écarlate. Durant une bonne demi-minute, il regarda fixement son secrétaire et réussit enfin à transformer en paroles intelligibles les gargouillis que l'on entendait provenant de sa gorge.
— Vous vous rendez compte, Fullstrap ? articula-t-il. C'est inconcevable, c'est fou, c'est une catastrophe !... Vous imaginez le scandale, dans les journaux ? La banque Edward Lemery and C° Ltd distribuant de la fausse monnaie ? Certes, la perte d'argent est grande, mais ce n'est pas cela qui m'épouvante... Et notre prestige ? Un cri unanime de blâme nous poursuivra...
— Mais, tenta de placer M. Fullstrap, on ne peut nous accuser d'avoir fabriqué nous-mêmes ces billets de banque !
Sir Lemery eut un regard foudroyant. Il gronda :
— Nous aurions dû nous apercevoir, monsieur Fullstrap, que cet argent était faux, avant de le laisser sortir !
M. Fullstrap courba les épaules et prit une liasse de banknotes qui se trouvait sur le bureau. Il hasarda :
— Et... et si ces billets étaient authentiques ? Je trouve qu'ils ressemblent tellement à...
Un coup de poing furieux sur le meuble fit tout tressauter.
— Vous perdez la tête ! Vous savez aussi bien que moi que ces banknotes sont de la contrefaçon. Ne vous bercez donc pas de chimères ! Mais, par quel subterfuge démoniaque a-t-on réussi à les glisser chez nous !... C'est ce que je veux savoir...
Une nouvelle discussion passionnée allait s'engager quand elle fut coupée court par un coup léger à la porte.
— Entrez !... grommela sir Lemery.
Un employé apparut et passa une tête terrorisée.
— M. John. Armstrong demande s'il peut être, reçu !...
Un soupir de soulagement échappa au directeur qui se composa un visage plus calme. Le détective entra. Il n'était pas un inconnu pour Edward Lemery qui, tout de suite, lui tendit cordialement la main et lui présenta son secrétaire, George Fullstrap.
Puis, sans transition, le directeur conduisit Armstrong vers son bureau, ramassa une poignée de banknotes et la tendit.
— Avant toute chose, murmura-t-il, voulez-vous examiner ceci et me donner votre opinion...
Armstrong prit les billets un à un, puis tira un verre grossissant de sa poche, l'incrusta dans son orbite comme un monocle et commença à scruter le filigrane.
— Remarquable, fit-il à la longue.
Il se tourna vers sir Lemery :
— Ces billets sont faux, n'est-ce pas ?
Sur un geste affirmatif de son vis-à-vis, il continua :
— Je vous avoue que, si je n'avais pas aisément compris que c'était à ce sujet que vous m'avez demandé, il ne me serait jamais venu à l'esprit de réfuter l'authenticité des banknotes . Joli travail... Et... il y en a beaucoup ?
— Des milliers de livres sterling, monsieur Armstrong !... Ah ! c'est une effroyable affaire... Et je crois que vous êtes le seul homme, dans tout le pays, qui puissiez tirer l'énigme au clair.
Armstrong remercia d'un signe courtois de tête.
— Voici ce qui s'est passé, commença sir Lemery. Je dois d'abord vous expliquer que nous avons, ici, au centre principal de la banque, un département spécial chargé de ravitailler, si je puis dire, les succursales qui ont besoin de fonds.
« Le vendredi est le jour le plus chargé de la semaine...
— Pourquoi ? demanda le détective.
— Parce que nos succursales doivent être prêtes à payer quantité de chèques tirés par de grosses maisons de commerce qui paient leur personnel, hebdomadairement.
— J'ai compris, murmura Armstrong, qui avisa sur le bureau le bloc-notes du directeur, portant « vendredi, 22 avril ».
— Oui, reprit sir Lemery, aujourd'hui, comme chaque vendredi, il y a eu énormément de va-et-vient parmi nos succursales, celle de New-Cross avait besoin de plus d'argent que d'habitude pour des motifs commerciaux qui ne vous intéresseront pas, mais qui sont parfaitement en règle.
« Bref, il leur fallait vingt-cinq mille livres sterling.
Le directeur s'interrompit pour tendre un étui à cigares à son visiteur. Après avoir allumé les havanes, il reprit :
— Dès ce matin, en conséquence, deux employés de l'agence de New-Cross, venus ici, reçurent les vingt-cinq mille livres et banknotes d'une livre et repartirent en taxi...
— Et il leur est arrivé quelque chose ?
— Non. Attendez, monsieur Armstrong. Ils reparurent à l'agence, versèrent l'argent à la caisse, on vérifia, tout était en règle.
Sir Lemery poussa un soupir bref.
— Attention, reprit-il, c'est ici que l'affaire commence. À trois heures de l'après-midi, il ne restait plus que mille livres sterling dans le coffre de New-Cross. Tout le reste avait été payé à des clients, contre des chèques.
« Juste ayant la fermeture des bureaux, on vit entrer comme un fou, un comptable de la Petroleum Company tenant à la main une liasse imposante, extraite d'une serviette de cuir. Il expliqua qu'on avait découvert, tout à fait par hasard, que c'étaient de faux billets ! Vous imaginez la stupeur de M. Timothy, le directeur de la succursale !... Après examen, on constata l'effarante vérité...
« Du coup, on se jeta sur les mille livres qui restaient...
M. Fullstrap bougea sur sa chaise et désigna le bureau :
— En voici une partie... murmura-t-il, amèrement.
— Oui, reprit le directeur. Autrement dit, il est à craindre que les vingt-cinq mille livres encaissées par notre agence de New-Cross soient de la fausse monnaie...
« Fort heureusement pour notre réputation, continua sir Lemery, la plus grosse partie de cet argent était destinée à de très grandes usines, de sorte que M. Timothy a eu le temps de prévenir téléphoniquement les directeurs de ne pas distribuer l'argent aux ouvriers. Seule, la Petroleum Company avait commencé...
Le narrateur fit une pause plus longue, durant laquelle Armstrong émit une opinion :
— Les faux billets sont donc partis d'ici...
— Non, s'exclama sir Lemery. Je dois encore vous dire quelque chose qui le prouve. Durant le voyage en taxi des deux employés à destination de New-Cross, leur voiture...
Il s'étrangla et reprit plus lentement :
— Leur voiture a eu un accident... J'ai l'impression que c'était voulu. Je ne serais pas étonné que le chauffeur de taxi ait été complice de l'attentat.
Le détective devint très attentif.
— Donnez-moi les détails, demanda-t-il d'une voix grave.
Sir Edward Lemery pressa un bouton. Un employé apparut.
— Envoyez-moi Goodwin, ordonna-t-il.
Durant l'attente, il révéla à John Armstrong :
— Goodwin est l'un des employés de New-Cross qui étaient venus chercher l'argent. Il est en bas, dans les bureaux. La première chose que j'ai demandée en apprenant l'affaire était qu'on me renvoyât l'argent qui restait, par l'un des deux porteurs...
Goodwin entra dans le bureau. Il était pâle, il réprimait un tremblement sous le regard aigu du policier.
— Calmez-vous, Goodwin, prononça sir Lemery. Vous n'êtes pas inculpé. Nous savons qu'il n'y a rien de votre faute...
Il échangea un regard rapide avec Armstrong qui approuva d'un signe de tête et poursuivit :
— Nous vous demandons de bien rassembler vos souvenirs et de nous conter sans omettre le moindre détail, ce qui s'est passé depuis l'instant où vous avez touché les vingt-cinq mille livres sterling des mains de M. Woodcrane, jusqu'à votre arrivée à New-Cross, en compagnie de Larry, votre camarade de bureau.
Le récit de Goodwin fut d'abord haché, mais l'homme recouvra progressivement ses esprits au fur et à mesure qu'il parlait.
CHAPITRE II
LA PETITE VALISE DE CUIR
 
— Il était une heure moins cinq, commença Goodwin, lorsque M. Woodcrane me remit la petite valise de cuir. Je m'empressai, aussitôt, de l'assujettir à mon poignet, comme ceci, à l'aide d'une lanière... Larry m'a vu faire, il ne m'a pas quitté un instant.
« Le taxi nous attendait à la porte. Nous sommes montés à l'intérieur et le chauffeur démarra tout de suite...
— Est-ce qu'il s'est arrêté en cours de route ? demanda le détective, d'un petit air détaché.
— Arrêté ? répéta Goodwin. Oh ! non, monsieur... Il avait les instructions de nous conduire le plus rapidement possible. Le seul moment où nous avons eu à interrompre le trajet fut lorsqu'un camion nous coupa la route à...
...

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