Chroniques de la Trêve I. Un démon vagabond
208 pages
Français

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Chroniques de la Trêve I. Un démon vagabond , livre ebook

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Description

Sous la pression des mondes d’Éther et de Faërie, les anges et les démons ont été contraints de déclarer la Trêve et d'envoyer sur Terre des émissaires pour instaurer une paix durable.


Dans ce contexte tendu, Thane, un démon excentrique et aux relations amoureuses compliquées, exerce son rôle d'émissaire dans le Sud-Ouest de la France.


Ses investigations surnaturelles le dirigent sur la trace d'un gang de diablotins, puis d'un mystérieux culte qui veut sacrifier une étudiante en histoire.


Sans le savoir, en rencontrant Sophia, Thane vient de mettre le nez et les cornes dans une histoire qui le dépasse. Ses proches et la Trêve, elle-même, pourraient être en danger...

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 5
EAN13 9782372270847
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0030€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

CHRONIQUES DE LA TRÊVE
I. Un démon vagabond
Roman de
Macha Tanguy
À Julien et notre Raphaël.
Table des matières
Couverture
Dédicace
Prologue
Première partie
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Remerciements
Macha Tanguy
Du même auteur
Déjà parus chez Mots & Légendes
Chez notre partenaire Les Ombres d'Elyranthe
Mentions légales
Résumé
Prologue
14 janvier 2000, France, Moissac, 19 h.
Le célèbre cloître de l’abbaye de Saint-Pierre de Moissac était désert en ce début de soirée. Les visiteurs, avides d’admirer les premiers chapiteaux historiés et depuis martelés de l’art roman, avaient vidé les lieux, suivis une heure plus tard par le personnel du monument. La nuit hivernale noyait les gracieuses colonnes dans la pénombre, dissimulant la pelouse qui s’étendait à l’emplacement de l’ancien jardin médiéval. Au centre, les plus hautes branches d’un grand cèdre frémissaient sous l’effet d’une légère brise glaciale.
En somme, une nuit des plus quelconques. Cela faisait quatorze jours que la plupart des gens avaient compris qu’il n’y aurait pas de bug de l’an 2000 et les délires apocalyptiques s’étaient apaisés jusqu’à la fois suivante.
Les créatures fabuleuses et autres hybrides médiévaux sculptés dans les chapiteaux des colonnes n’auraient pas re­nié le premier des quatre visiteurs qui allaient se rencontrer ce soir-là. Ce furent d’abord ses sabots qui résonnèrent sur le dallage de la galerie Est. De lourds sabots qu’aucun maré­chal-ferrant n’aurait osé approcher. Son corps de cheval à la robe alezane dorée paraissait bien trop grand dans cet endroit conçu pour la déambulation des moines. Il avançait avec calme, même si les longs crins de sa queue s’agitaient, trahissant une certaine nervosité.
Le centaure tendit la main et effleura le mur. Une tunique de lin beige à la forme simple couvrait son torse humain sur lequel tombaient sa barbe et sa longue chevelure blonde aux boucles emmêlées. Son visage sans âge aux yeux d’un brun profond scrutait l’obscurité au centre du cloître. Un bruit léger résonna alors et, presque aussitôt, il sentit sa croupe s’alourdir. Agacé, il tourna la tête et croisa le regard innocent d’un renard roulé en boule sur son dos.
— Lowem, tu présumes trop.
L’animal s’étira avec nonchalance, découvrant son ventre blanc. Le centaure piaffa et, d’une ruade, fit voler le malappris quelques mètres plus loin. Le renard glapit :
— Tu n’as aucun sens de l’humour, Centaurus !
— Et toi, tu es irrespectueux au possible, en plus d’être imprudent. Tu imagines les conséquences si un humain non-initié entendait un renard parler ?
Lowem émit un petit ricanement étrange, s’asseyant à une distance précautionneuse.
— Parce qu’un centaure, c’est plus discret ? Peu importe, de toute manière, personne ne nous verra. Pour une rencontre au sommet, tu n’as pas fait dans le sensationnel. Le restaurant de la tour Eiffel par exemple, même si c’est ultra convenu, ou bien une montagne. On aurait pu boire un coup avec des alpinistes sur l’Everest. Sinon, je connais un bar bien sympa sur les Marches de Gaïa.
— Intéressant, se contenta de répondre Centaurus. Et leurs armées ne l’ont pas réduit en cendres ?
Le renard poussa un soupir dépité.
— J’imagine que oui. Mais ça fait si longtemps qu’on ne s’est pas vus tous les quatre. On aurait pu fêter ça autrement que dans un monument vieillot que personne ne connaît.
Centaurus s’absorba dans la contemplation de la plaque de marbre apposée sur l’un des piliers angulaires du cloître. Elle figurait saint Pierre qui arborait les clefs du paradis dans la main droite et un livre dans la gauche.
— Ce n’est pas un monument inconnu, répliqua pensivement le centaure. Les chapiteaux et les piliers que tu vois font partie des premiers exemples de sculptures de l’art roman. Et dire qu’à cause de leurs histoires, ça fait presque un siècle que je n’ai pas pu venir. Les humains ont bien arrangé l’endroit.
La queue du renard esquissa un mouvement de parfait dédain. Il fit quelques pas silencieux et sauta sur le muret qui supportait les colonnes, s’y couchant comme il l’avait fait sur la croupe de Centaurus.
— L’art d’ignorants qui ont pourchassé et éradiqué ceux qui croyaient en nous ne m’intéresse pas. Sans parler de mes sujets malchanceux qui sont tombés dans leurs griffes. Et puis, leur manière insupportable de tout déformer… Ce n’est pas toi qui as dû calmer Morgane après son dernier voyage sur la Terre. Elle n’a jamais eu un caractère facile, mais ses crises de rage ont été… titanesques.
Centaurus hocha la tête en esquissant un sourire compréhensif, dévoilant une dentition dépourvue de canines.
— Elle devrait donner une nouvelle chance à ce monde. Je crois qu’elle apprécierait les derniers livres qui ont été écrits sur elle. Quant à toi, Lowem, tu ne devrais pas être aussi intransigeant. Tes sujets qui se sont fait prendre connaissaient les risques. S’ils sont apparus à des non-initiés, ils ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes. Ça a toujours été la règle de base pour ceux qui visitaient la Terre. Ça, et ne se mêler de leurs affaires en aucune manière.
— C’est une chance, répliqua le renard d’une voix qui avait perdu toute insouciance, que les armées des deux reines aient bloqué les Marches de Gaïa et, par là même, l’accès à la Terre pendant ce dernier siècle. Sinon, je me serais bien « mêlé de leurs affaires », il y a soixante ans.
Un des sabots de Centaurus frappa brutalement le sol dans un mouvement d’énervement.
— Et tu aurais commis une terrible erreur. Je pensais que nous étions d’accord sur ce point. La Terre doit rester neutre.
L’échine de Lowem s’agita en un léger ricanement.
— Fais attention, tu vas abîmer ton monument superstar du baroque.
— Roman, superstar du roman, souffla Centaurus, excédé.
— Peu importe, et ne t’énerve pas. Les occasions sont ce qu’elles sont, c’est-à-dire… des occasions manquées. Il y a soixante ans, j’étais coincé sur les Marches des Tertres Verts à regarder les armées de ces deux imbéciles faire flamber presque tout Gaïa. C’est un miracle que la Terre n’ait pas elle-même brûlé, d’ailleurs. Et Gaïa étant la seule passerelle entre nos propres Marches, ça aurait été dommage de ne plus profiter de nos compagnies respectives. Cesser de contempler ta belle barbe sauvage m’aurait fendu le cœur.
Un rire cristallin éclata alors dans la galerie du cloître. À son autre extrémité, une femme les regardait, bras croisés. Elle aussi faisait écho à certaines sculptures des chapiteaux, mais les anciens moines, s’ils l’avaient vue en ces lieux, l’au­raient chassée à grands coups d’anathèmes et d’eau bénite tout en hurlant d’allumer un bûcher. Malgré l’obscurité, les grandes ailes noires rabattues dans son dos et les sombres cornes qui ornaient le haut de son front se discernaient parti­culièrement bien. Elle était vêtue d’une toge au tissu d’ombre qui laissait nus ses bras enserrés de deux bracelets d’argent en forme de serpent. Sa longue chevelure d’ébène tombait en lourdes boucles sur ses épaules. Nul n’avait ja­mais su deviner son âge. Pour certains, elle ressemblait à une jeune fille, pour d’autres, à une femme beaucoup plus âgée. Ses lèvres d’un rouge sanguin esquissèrent un sourire moqueur.
— Je comprends mieux votre implication dans notre différend. Un tel amour, par-delà les mondes et les conflits, est si touchant. Je m’en voudrais de le contrarier.
Lowem éclata de rire et sauta de son muret. Avant qu’il n’ait atteint le sol, il s’était métamorphosé en un délicat jeune homme aux cheveux roux et au visage saupoudré de taches de rousseur. Du renard, il avait gardé la dangereuse beauté, des oreilles sans lobe terminées en pointe et des dents très blanches qu’il découvrait en un sourire incisif. Tout de vert habillé, il avait les vêtements et l’allure d’un prince médiéval.
— Ereshkigal, la salua-t-il dans une ample et exquise révérence.
Centaurus bougonna.
— Je vois,

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