Entre la Louve et l Olympe
374 pages
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Entre la Louve et l'Olympe , livre ebook

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Description

Alors que Rome étend son empire, la République est menacée par de violentes guerres civiles. Les imperatores rivaux Sylla et Marius se livrent une bataille acharnée pour prendre le pouvoir au sein de la mythique cité.
C’est au cours de cette montée de violence que la femme et le fils du légat Quintus Lucretius Ofella sont brulés vifs dans leur demeure. Ivre de colère, Ofella choisit de rejoindre Sylla pour se venger de Marius et libérer Rome de ses manigances. Cependant, la situation s’avère plus complexe et les enjeux dépassent le légat qui découvrira que Rome, la ville qu’il chérit autant que sa famille, est au coeur d’un conflit qui oppose les dieux du panthéon.
Son voyage, qui le mènera de Rome à Athènes, en passant par Thèbes et Préneste, mettra à rude épreuve ses convictions, sa fidélité à Rome, à Sylla et ses amis légionnaires. Qui choisir entre Vénus et Artémis ? Qui peut sauver Rome, quand les divinités font des deux imperatores rivaux leurs généraux sur Terre ? En qui avoir confiance ?
Entre guerres et combats, amitié, loyauté et désillusions, Ofella n’aura de cesse de vouloir la tête de Marius, tout en cherchant à préserver et protéger Rome de ses ennemis les plus puissants.


Ce roman comporte également 3 illustrations intérieures réalisées par Didier Normand.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 10
EAN13 9782372270519
Langue Français
Poids de l'ouvrage 5 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0022€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

ENTRELALOUVEETL’OLYMPE
Roman de Kevin Kiffer Couverture et illustrations intérieures de Didier Normand
Ce roman est l’aboutissement de plusieurs années de travail. Alors je voulais leur dire : Merci, Florent, pour les relectures, les débats d’i dées, les coups de main et le soutien constant sans lequel je ne serai jamais arrivé au bout. Merci, Ludovic, pour ton enthousiasme, ton engageme nt sur ce projet, ta traque des fautes et coquilles en tout genre, tes conseils pré cieux qui font de ce manuscrit un roman désormais. Merci, Sophie, de me permettre de vivre ma passion et me donner l’inspiration, encore et toujours. Sans eux,Entre la Louve et l’Olympene serait rien.
PROLOGUE
Au commencement, Énée s’échappa de Troie avec quelq ues survivants afin de rejoindre les côtes d’Italie. Puis fut érigée Rome, petit rassemblement de paysans dirigés par Romulus et Rémus. Romulus marqua alors les limites de la cité, le pomerium, l’enceinte sacrée où il était interdit de porter une arme et de tuer. La République s’imposa pendant les six siècles où c et interdit fut respecté. À l’opposé des barbares qu’ils affrontaient, les Roma ins se comportaient en citoyens : ils réglaient leurs conflits internes par la discussion , dans l’enceinte du Sénat. Assassiner un magistrat entraînait la mort. Puis vint l’année 133 avant Jésus-Christ où Rome, v illage devenu capitale d’un empire, se posait la question de la gestion de ses immenses domaines. Parce que les patriciens de la cité craignaient pour leurs privil èges et leurs richesses, ils firent assassiner le tribun réformateur Tiberius Semproniu s Gracchus. Pour la première fois de son histoire, la Républiqu e venait de régler un problème politique interne par la violence. Nul ne fut puni pour cet assassinat. De nombreux meurtres similaires émaillèrent les cinquante année s suivantes. Sans le savoir, les Romains condamnaient leur État à la disparition par l’ouverture d’une brèche dans la sacro-sainteté de leurs instit utions. Débuta alors la période qui conduisit à la dislocation du pouvoir sénatorial : l’ère desimperatores, ces chefs de guerre charismatiques qui arrachèrent le pouvoir pa r la force et la trahison.
Nous voici sous le consulat de Lucius Cornelius Syl la et Quintus Pompeius Rufus…
PREMIÈREPARTIE:
LAMARCHEDEROME
«Il faut savoir que l’univers est une lutte, la justice un conflit, et que tout le devenir est déterminé par la discorde.» Héraclite d’Éphèse
CHAPITRE1
Rome – Italie – 88 av. J.-C. Lovée dans la plaine du Tibre, la cité de Rome s’ap prêtait à s’endormir. Au milieu des étoiles, la lune prenait ses quartiers afin de s’assurer de la tranquillité du sommeil des sept collines. La nuit tombée, il ne restait qu e quelques foyers de vie dans ces rues en ébullition tout au long de la journée. Sur le Palatin, où se regroupaient les maisons de l ’aristocratie, quelques villas s’égayaient habituellement de fêtes et de réception s. Ce soir, ses pentes étaient bien calmes. Il fallait se tourner vers laSuburra, nom donné aux quartiers les plus modestes de la plèbe, pour y découvrir les lieux de vie nocturne. Un établissement particulier tyrannisait le voisina ge jusqu’à une heure avancée par les hurlements, les cris, les rires qui en émanaien t. Un homme en sortait justement et sa démarche laissait entrevoir combien sa soirée av ait été arrosée. Errant dans la rue, Caius Voltinius se repérait mal gré son état. Enfant du quartier, il connaissait chaque allée, chaque habitant. Ancien l égionnaire aux muscles encore saillants, il ne risquait rien, pensait-il. Pourtan t quelqu’un le scrutait depuis un recoin sombre et son attention émoussée ne lui permettait pas d’entrevoir le danger qui pesait sur sa nuque. Encore quelques mètres et il arriverait à la chambr e miteuse louée au-dessus d’une boutique d’épices. Les ombres dansaient sous le foy er de la lune. Dérangé par un besoin naturel, Caius s’arrêta pour uriner le long d’un mur. Occupé à soulager sa vessie, Caius chantonnait douc ement, quand soudain la lame d’un couteau se glissa sous son menton avec une pré cision d’orfèvre. Il sentit le froid sur sa glotte, mais aucune entaille ne marqua son c ou. Un professionnel, c’était sûr. Dans un silence religieux, les deux silhouettes att endirent que Caius termine son affaire avant de parler. — Écoute, l’ami, tu as parié sur le mauvais cheval, lança Caius qui essayait de s’éclaircir l’esprit. Mes poches et ma bourse sont vides de deniers. Nous pouvons peut-être trouver un accord. Une réponse mit du temps à venir, comme si l’agress eur réfléchissait à ce qu’il pouvait espérer d’un tel homme. Puis la sentence vi nt : 1 Do, das. Interloqué, Caius pesa la proposition. L’ancien lég ionnaire essayait d’imaginer ce que pouvait vouloir ce fantôme qui serrait de plus en plus sa lame contre sa gorge. Mais son esprit était incapable de visualiser autre chose que des pièces. — Que veux-tu ? finit-il par demander, renonçant à d eviner. — Une maison a brûlé sur le Palatin, voilà deux sema ines. Es-tu à l’origine de l’incendie ? La discussion prenait une tournure qui ne plaisait pas du tout à Caius. Il avait été bien payé pour son ouvrage et si ce méchant le sava it, il n’allait pas hésiter à le rançonner : une lame bien placée pouvait briser les plus grandes réticences. À la recherche d’une échappatoire, il sentit l’homm e se rapprocher. De telle façon, il ne pouvait pas manœuvrer, tenter de lutter. Son adv ersaire devait être un guerrier redoutable. Aussi décida-t-il que tout l’argent réc olté valait moins que sa vie. — Oui, c’est moi. — Qui est ton commanditaire ? Et ne me mens pas.
La lame se glissa un peu plus dans le repli de sa p eau. Du sang suintait par la petite plaie, autant que l’exigence d’une réponse rapide. — C’est le tribun Sulpicius. Il a payé et m’a laissé recruter les hommes. Mais att… La phrase mourut dans sa gorge quand le couteau s’e nfonça jusqu’à la garde à travers son larynx. Caius porta les mains à son cou , tenta de stopper l’hémorragie provoquée par le retrait de l’arme. Mais un deuxièm e poinçon perça ses côtes, un troisième le bas du dos. L’ancien soldat tomba en a vant, heurta le mur plein d’urine et se laissa glisser jusqu’au sol, son épaule gauche s ’ouvrant contre le crépi. Les paupières grandes ouvertes, à la recherche d’ai r, Caius contempla son agresseur à la lumière des rayons lunaires. Un casq ue de cheveux bruns mi-longs protégeait un front plissé par le temps. Des sourci ls très en avant plongeaient des yeux bleus ciel dans une cavité qui n’éteignait pas leur éclat. Sa mâchoire carrée trahissait son entraînement militaire, mais quelque chose dans son port, sa gestuelle, le faisait paraitre plus noble que son allure ou son imposante carrure le laissait penser. L’assassin essuya sa lame sur les vêtements de sa v ictime et la fit disparaître sous une cape sombre qui cachait son corps. Avant de partir, il lui lança d’une voix grave : — Mon nom est Quintus Lucretius Ofella et c’est ma m aison que tu as incendiée. Tu as brûlé vifs ma famille et ceux qui la servaient. J’espère que tu agoniseras longtemps. ~*~ D’un pas rapide, Quintus Lucretius Ofella traversa le Forum, la grande place de la cité, puis remonta la colline du Palatin. Ses sanda les battaient tantôt le pavé irrégulier, tantôt la terre, sans l’amener à rencontrer personn e. Son esprit vagabondait, les idées se bousculaient, mais aucune ne lui rappelait le me urtre de sang-froid qu’il venait de commettre. Sur les quarante-trois années de sa vie, les seize dernières avaient été consacrées aux choses de la guerre. Tuer était facile, toutefo is ce crime n’épanchait pas sa tristesse d’avoir perdu ceux qu’il aimait. Se battr e dans les légions l’avait meurtri physiquement, à l’image de cette cicatrice qui parc ourait son avant-bras droit, souvenir d’un Samnite trop pressant lors de la guerre social e. La perte qu’il subissait le laissait plus marqué encore. Son devoir avait toujours primé sur tout le reste. Il servait Rome comme ses ancêtres auparavant. Quintus Lucretius appartenait à l’une de plus vieillesgens de Rome, lesLucretii, qui tirait ses racines des temps anciens. On la d isait à l’origine de la fin de la royauté à Rome, cette légende apportait p restige et gloire à cette famille patricienne habituée au tableau des honneurs. À cet instant, il ne se sentait pas à la hauteur de cet héritage. Ce poids faisait plier ses épaules noueuses, celles d’un légionnaire endur ci qui avait délaissé sa femme et son fils, mais en payait désormais le prix. Les sou venirs remontaient à la surface et menaçaient de soutirer des larmes à notre soldat. Sa maison avait pris feu alors qu’il se trouvait à l’extérieur. À son arrivée, l’incendie gagnait les demeures adjacentes et malgré l’élan de solidarité des citoyens, rien ne put être sauvé. Le désespoir naquit des nombreux corps tirés des décombres fumants. Toute sa famille avait péri. Après le drame était venu le temps de les pleurer, de les confier aux ancêtres avant de se venger. Voilà pourquoi il venait de tuer ce C aius Voltinius : son enquête l’avait mené à lui, puis le conduirait jusqu’au commanditai re de cet ignoble attentat. Sa promesse de justice faite sur les dépouilles serait tenue. Retirant sa cape, Ofella pénétra la cour d’une bell e demeure. Un jardin luxuriant créait un havre de paix en plein milieu de la cité. Il arriva à la villa, fit quelques pas
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