Étrangers - Intégrale , livre ebook

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Dystopie - Romance - Adultes



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Cet ouvrage regroupe les deux tomes de la romance dystopique Étrangers de Cara Solak, le tout à tarif préférentiel !



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La « grande catastrophe » a rendu stérile une bonne partie de la population il y a près de 25 ans. Depuis, des cités ont été créées pour regrouper les féconds, les protéger et assurer l’avenir de l’humanité.

Lilas vit à Valéria, la cité qui rassemble les procréateurs de l’ancienne Europe. Si elle a un appartement, un travail à l’hôpital et au ministère de la procréation, sa vie ne ressemble en rien à celle du reste du monde.

Répression – accouplement millimétré dans le but d’enfanter – surveillance. Voici la vie à Valéria.

Et si la sécurité trouvée ne valait pas l’absence de liberté ?

Et si cet étranger venu de l’extérieur faisait basculer toutes ses convictions ?

Sexe, amour, trahison... Et si tout n’était qu’illusion ?

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Nombre de lectures

26

EAN13

9782381510927

Langue

Français

Poids de l'ouvrage

1 Mo

© Cara Solak, 2022
© Éditions Plumes du Web, 2022
82700 Montech
www.plumesduweb.com
ISBN : 978-2-38151-092-7

Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l'Auteur ou de ses ayants cause est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
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Tome 1
1.
Le lit grince, avec un rythme aussi parfait que soporifique, comme un métronome. Dans un mélange de draps froissés et de halètements contenus, l’odeur âcre de la transpiration s’insinue jusqu’à mes narines. Je réprime une grimace, fixe un point virtuel au plafond immaculé, alors qu’il s’écroule lourdement sur mon corps à moitié nu, le visage fendu d’un sourire satisfait. Je ne le laisse pas s’éterniser. Je m’extirpe sans aucune douceur, pressée d’en finir avec ce rituel désagréable, et rabaisse ma jupe après avoir essuyé le liquide entre mes jambes. Luke se redresse à son tour, revêt le masque de froideur qui lui sied si bien et reboutonne sa chemise.
Il faut que je retourne au ministère, indique-t-il sans un regard.
Ce n’est pas la première fois que lui et moi avons une relation sexuelle. Il est plus ou moins mon régulier : notre taux de compatibilité crève les plafonds. Et il paraît que je n’ai pas vraiment à me plaindre car Luke est plutôt bien bâti : beau brun élancé, muscles saillants, pommettes bien dessinées et regard de braise. Pour couronner le portrait idyllique, c’est le fils du président Conrad et il a un poste haut placé au ministère des représailles : il gère l’armée des gardiens et les interrogatoires. Pourtant, même si je le trouve attirant, je n’arrive pas à le désirer. Lui comme un autre d’ailleurs…
J’acquiesce et quitte la chambre, aucun de nous n’a de temps à perdre. L’air frais se faufile sous mes vêtements et m’insuffle un regain d’énergie. Après quelques secondes d’apathie, je me remets en marche, plaque sur mes traits un sourire forcé à destination du gardien, et sors de l’enceinte. L’écran digital ornant la grille qui me sépare de ma pseudo-liberté clignote lorsque je l’enclenche. Le scanner m’analyse de la racine des cheveux à la pointe de mes orteils.
Lilas Stevens, 29 ans, lance la voix atone. Vous avez ovulé ce jour à 6 h 35. Votre taux potentiel de fécondation est de 73 %. Bonne journée.
Je serre les dents. Bla Bla Bla. La grille s’ouvre enfin, refermant du même coup la réalité de cette sombre journée, sans doute celle que je déteste le plus au monde. Je redresse les épaules et adopte une allure fière et un pas cadencé qui me mène jusqu’à l’hôpital.
Le récepteur digital sur lequel j’étale mes empreintes émet un bip, avant de me laisser pénétrer dans l’enceinte. En parallèle, j’insère la montre faisant office d’ordinateur portable au poignet.
Bienvenue Docteur Stevens. Votre rythme cardiaque est un peu élevé aujourd’hui. Vous devriez vous reposer avant d’entamer vos consultations.
Je jette un œil désabusé à l’engin. Je viens de baiser avec un mec sans vraiment en avoir envie, pour un rituel basique et animal, en vue de me féconder. Alors oui, mon rythme cardiaque doit légèrement s’emballer.
Vos pulsations continuent de grimper, arrêtez-vous quelques instants, m’ordonne la voix, implacable.
Le gardien du service chirurgie, dans lequel je travaille, darde un œil sévère sur ma personne. Je baisse instinctivement les yeux.
Ne pas faire de vagues…
Je m’assois sur une des chaises prévues pour les patients et force exagérément ma respiration. Je dois absolument maîtriser mon mouvement d’humeur et parvenir jusqu’aux toilettes. Je le fais constamment : paraître, sourire, dompter mon caractère et mes humeurs pour réguler mes fonctions vitales.
Le gardien croise les bras et continue de me fixer, attendant implicitement les prochaines paroles de l’ordinateur. Je relève les yeux malgré moi, croise son regard sans âge, aussi froid qu’un iceberg. Sous la casquette réglementaire jaillit une mèche de cheveux grisonnants ; pourtant, ses traits juvéniles contrastent avec l’allure patibulaire et massive de sa musculature. Il tapote la poche contenant son arme, engoncé dans un uniforme entièrement noir. Seul le mot gardien, brodé sur le devant, d’un rouge sang parfaitement de circonstance, égaye son austérité.
Votre rythme cardiaque est à nouveau stabilisé.
J’attrape mon sac, cache ma précipitation derrière ma fausse nonchalance et traverse le hall avec détachement. Je sens la tension émaner de Juliette lorsque je la contourne, annonçant que je passe aux toilettes. Je referme soigneusement la porte et intime à mon cœur de ne pas s’emballer de nouveau. Je soulève alors le réservoir en prenant garde de ne faire aucun bruit, pour en saisir le petit sachet scotché dans la partie supérieure et doublement emballé dans du plastique étanche. Inspiration – expiration. Je lutte pour que le micro-ordinateur ne se déclenche pas, décachète doucement le sachet d’une main tremblante et saisis la capsule pas plus grosse qu’un petit pois.
Hors de question que je tombe enceinte… une nouvelle fois. Juliette, une gynécologue de l’hôpital et la seule personne que je pourrais qualifier d’amie, crée ces pilules – confectionnées à prix d’or grâce au marché noir – et m’en laisse dans les toilettes pour ma propre consommation, mais également pour que je puisse les distribuer. Cette pilule miraculeuse appelée VITA – quelle ironie ! – est indétectable dans le corps humain. Elle agit comme un composant de notre organisme, immunologiquement et biologiquement parlant, et forme une fine pellicule qui se dépose sur les ovules émis, bloquant ainsi toute chance de passage des spermatozoïdes au travers de la membrane.
J’en absorbe une avec rapidité et fourre les autres dans la poche de ma veste. Je risque gros, j’en ai conscience. S’il prend l’envie subite à l’un des gardiens de me fouiller et qu’il trouve le sachet de capsules, je suis bonne pour passer devant le tribunal de haute trahison. Et dans ce cas, je ne donne pas cher de ma peau ! À Valéria, la procréation est sacrée. Plus qu’un devoir, c’est une nécessité, notre salut. Sinon, l’humanité finira par s’éteindre. C’est inscrit dans tout bon bouquin d’histoire…
Une fois sortie, je passe de l’eau fraîche sur mes traits décomposés. Je tiens juste à prendre un moment pour me ressaisir, pour affronter la journée sans affect, sans sentiments, comme la plupart des fantômes que je croiserai sur ma route. Les quelques mèches corbeau humides que je distingue dans le reflet du miroir se plaquent contre ma joue de façon éparse et me brouillent la vue au passage. Je souffle exagérément, m’éponge le visage et réajuste mon chignon lâche. Une nouvelle journée s’annonce à l’horizon. Il est temps de l’affronter.
Madame Adams est en salle d’opération. Le docteur Perry t’attend, m’indique Eva, l’infirmière en chef.
J’avance comme un automate, traverse le couloir à une allure soutenue, les traits fermés mais l’esprit en ébullition. Un mois de gagné. C’est à la fois rien, et tout…
Avant d’entrer dans la pièce, je croise subrepticement le regard de Juliette. C’est fugace, à peine décelable, mais l’éclat qui luit dans ses iris mordorés reflète ma propre rébellion silencieuse. Elle secoue sa chevelure blonde coupée en carré court, qui retombe sur sa mâchoire prognathe ; une ébauche de sourire apparaît au coin de ses lèvres tandis qu’elle aide une femme enceinte en proie à de douloureuses contractions à se mouvoir dans le couloir.
J’ai rencontré Juliette lors de mes études de médecine. Même si l’attachement – autant amical que physique – est interdit à Valéria, un semblant d’amitié s’est instauré entre nous et nous rapproche. À moins que ce ne soit nos idéaux communs : ce sentiment d’injustice, étouffé dans l’œuf à chaque bouffée d’oxygène. Parce que nous avons connu l’avant. Parce que l’embryon des souvenirs nous enchaîne à cette liberté qui n’est plus qu’illusion.
J’avais à peine quatre ans lorsque Valéria a été créée. Trop jeune pour appréhender le monde extérieur et ses nuances, mais assez consciente pour me rappeler de mes parents, de ce sentiment d’amour qui fleurit pour s’épanouir au grand jour. Aujourd’hui, l’amour n’est plus qu’un mythe lointain ; les sentiments, une broutille. Parce qu’il faut reconstruire ce monde en friche. Parce qu’avant de vivre, il faut survivre.

Après l’opération de madame Adams – une appendicectomie sous cœlioscopie sans complications – je rejoins le réfectoire à peine bruyant pour le repas du midi. Cinq gardiens entourent la pièce, le regard morne et la main posée sur leur arme, comme si le personnel de l’hôpital pouvait s’unir et se rebeller en un instant.
Repas cinq étoiles aujourd’hui pour toi ! Vive l’ovulation ! chuchote Juliette avec une joie toute feinte.
Mon repas comporte, en plus du pain maison habituel et de la bouillie infâme censée nous maintenir en forme, une multitude de fruits rares comme les pommes et le raisin, agrémentés d’une chantilly qui me fait saliver en moins d’une seconde. Et c’est bien le seul avantage de ce jour d’ovulation : une fois par mois, les femmes de Valéria sont traitées comme des princesses. Et quand elles tombent enceintes, c’est le nirvana. Des gâteaux, des fruits, des friandises à profusion pendant neuf mois. De quoi noyer sa déprime.
Merci.
Je lui offre le plus piteux des sourires, mais elle comprend tout naturellement que je fais référence à sa fameuse pilule, et serre ma main sous la table.
Franck voudrait te voir.
Sa voix est à peine un murmure, mais mon regard se porte sur les gardes pourtant à l’autre bout de la pièce, comme s’ils pouvaient avoir entendu ses paroles.
Votre rythme cardiaque s’accélère, lance ma montre, tonitruante.

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