L invisible Grand Maître
77 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

L'invisible Grand Maître

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
77 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Le Grand Maître, mystérieux chef d’une bande ayant des ramifications et une puissance jusque-là insoupçonnées, cherche à se procurer les plans d’un lance-torpilles.


Pour ce faire, l’un de ses hommes parvient à embrigader un employé du ministère de la Marine.


Or, très vite, ses agissements alertent le service de contre-espionnage et Daniel MARSANT est chargé de mener son enquête.


Une lutte à distance va alors s’engager entre le Grand Maître et Daniel MARSANT, mais ce dernier est loin d’imaginer tous les moyens que son ennemi est prêt à mettre en œuvre pour arriver à ses fins...

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 1
EAN13 9791070034446
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0000€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

- 1 -

L'INVISIBLE GRAND MAÎTRE
Récit policier

Claude ASCAIN
CHAPITRE PREMIER
LE MYSTÉRIEUX GRAND MAÎTRE
 
C'était une pièce étrange que celle où se trouvait cet homme tout aussi étrange. Elle formait un carré de cinq mètres de côté. Pas de portes ni de fenêtres apparentes.
Le sol était dallé en noir et blanc et recouvert d'un tapis en son milieu, un beau tapis épais, authentiquement oriental en ses dessins et sa contexture. Les murs, totalement nus, portaient des décorations à même, en noir et or. Le plafond s'arrondissait en un dôme, également noir et or, et comportait quatre vasques d'albâtre suspendues par des chaînes dorées. Ces vasques formaient diffuseurs et permettaient à la forte lumière des ampoules électriques de se répandre avec une modération artistement calculée.
On ne voyait pas de meubles à l'exception d'une longue table et d'un fauteuil qui ressemblait à un trône.
Sur ce trône, l'homme était assis.
Il était revêtu d'une longue robe noire qui dissimulait entièrement son corps dans ses plis amples, depuis le cou jusqu'à l'extrémité des pieds. Ses mains paraissaient jaunes, mais un observateur attentif aurait constaté qu'elles étaient, en réalité, recouvertes de gants de caoutchouc, minces, presque transparents et qui collaient à la peau avec une exactitude impressionnante.
L'homme avait les avant-bras sur la longue table, les mains à plat pour l'instant. Les lumières du plafond étaient disposées de telle manière que le visage se trouvait dans une pénombre continuelle.
Il y avait beaucoup d'objets — fort curieux — sur la table, mais quiconque serait entré dans cette pièce n'aurait eu de regards que pour l'homme immobile, aux traits fantasmagoriques.
Imaginez une face morte, sans expression, la face d'un mannequin. Les yeux s'allongeaient démesurément sur les côtés, comme ceux d'une divinité égyptienne. Le nez était peu apparent. On eût dit que l'homme n'en possédait pas. La bouche se devinait à une fente indistincte.
Et pas un cheveu n'interrompait le front terrible et immense qui faisait le tour de la tête jusqu'à la nuque.
C'était à proprement parler, bouleversant comme un cauchemar. Puis, on finissait par s'apercevoir que cette tête horrible représentait un masque de caoutchouc aussi fin, aussi perfectionné que celui des gants.
L'homme leva lentement la main droite et atteignit un petit tableau électrique placé immédiatement au-dessus de la longue table. Il abaissa une manette. Aussitôt, sur le mur, apparut une lumière verte qui brillait comme la prunelle phosphorescente de quelque fauve.
Une voix nette se fit entendre :
— Le N° 23 vient d'arriver...
On eût pu croire que celui qui venait de parler se trouvait dans la pièce, mais on ne voyait personne d'autre que l'Homme au Masque. Celui-ci, posément, demanda avec une intonation étrangement sépulcrale :
— Il est dans l'antichambre ?
— Oui, Grand Maître...
— Bien. Merci. Qu'il attende un instant.
Le Grand Maître abaissa un autre petit levier et la lueur verte s'éteignit. Il appuya sur un interrupteur. La pièce fut plongée dans une obscurité complète, totale. Et alors, peu à peu, une ombre apparut sur la muraille dans une sorte de cadre phosphorescent.
C'était celle d'un homme assis dans un fauteuil et triturant nerveusement un chapeau de feutre gris entre ses doigts. Il respirait fortement, cela se voyait à la précipitation avec laquelle sa poitrine s'élevait et s'abaissait. De temps à autre, il tirait un mouchoir de soie de la poche extérieure de son veston pour s'éponger le visage.
Le Grand Maître étudia ses faits et gestes durant près de cinq longues minutes, puis il redonna de la lumière dans la pièce et l'apparition se dissipa. Une nouvelle manipulation d'un levier fit revenir la lumière verte sur le mur. L'Homme au Masque articula :
— Envoyez-moi le N° 23...
Vingt secondes plus tard, une porte à glissière fonctionna silencieusement sur un des côtés de la pièce et le N° 23 fit un pas en avant. Le mur se referma derrière lui.
Le visiteur semblait être venu là déjà quelquefois, mais il marqua tout de même une petite angoisse. C'était toujours la même chose quand il se trouvait en face du Grand Maître.
Vêtu avec une extrême correction voire avec élégance, il offrait l'aspect d'un honnête citoyen dont les affaires sont solides et l'activité de bon aloi. Mais il y avait dans ses yeux une expression qui donnait à penser que le personnage pouvait se transformer en oiseau de proie. Il s'arrêta devant la table et attendit.
L'Homme au Masque parla et le visiteur, une fois de plus, se demanda si le timbre de voix, si l'accent lui-même était feint et quelle pouvait être la personnalité réelle du Grand Maître.
— Dites-moi, N° 23, fit le chef, vous êtes en retard de dix-sept minutes, si je ne m'abuse...
Le N° 23 se racla la gorge avant de répondre. Puis il se décida :
— Je n'ai pas de bonnes nouvelles... balbutia-t-il.
Rien ne révéla chez le chef la moindre émotion ni impatience.
— Je vous écoute, dit-il simplement.
Le N° 23 passa son index entre son cou et le faux col comme s'il était étranglé par cette pièce de sa vêture.
— J'ai failli tomber aux mains de la police... révéla-t-il.
— Quelle imprudence aviez-vous donc commise ?
L'homme ébaucha un mouvement comme s'il allait se cabrer, mais ne le termina pas. Avec un profond soupir, il reprit :
— Aucune imprudence, Grand Maître... C'est la fatalité... Je...
La voix du chef interrompit, sèche comme un couperet.
— Je n'accepte pas ce genre d'excuses stupides. Donnez-moi une explication valable !...
Le N° 23 humecta ses lèvres sèches. Malgré ses épaules solides, son air décidé, son regard perçant, il avait l'air d'un écolier réprimandé par son professeur.
— Vous êtes chargé, reprit la voix impitoyable, de me fournir le plan du nouveau lance-torpilles déposé au ministère de la Marine. Vous le savez, n'est-ce pas ? Où en êtes-vous ?
— J'avais réussi à gagner la confiance d'un employé, murmura l'homme au chapeau de feutre. C'est-à-dire que ce n'est pas moi, mais un de mes sous-ordres...
— Oui, je sais... Le dénommé Charles Partot dont vous avez fait la connaissance dans une boîte de nuit, il y a trois mois...
Le N° 23 lança un regard épouvanté au Grand Maître. Comment celui-ci pouvait-il savoir ? Il bégaya :
— C'est exact. Ce Partot m'est tout dévoué...
— Je le sais... J'ai pris mes renseignements...
Le N° 23 respira plus librement et poursuivit :
— J'avais rendez-vous avec lui. Il devait venir me trouver dans ma chambre d'hôtel pour me remettre le document, au début de l'après-midi. Or, je reçus un coup de téléphone en fin de matinée modifiant tout. Partot me demandait de passer chez lui tout de suite après le déjeuner. Il ne donnait aucun détail, mais je trouvai cela naturel, car le téléphone est souvent traître.
Le N° 23 s'épongea le front et reprit sous le regard glacial de l'Homme au Masque :
— J'avais environ une heure et demie devant moi. Partot habite Montmartre et mon hôtel, ainsi que vous le savez, est aux environs de la Madeleine. Je m'apprêtai à sortir pour me rendre au restaurant et monter ensuite chez mon ami, lorsqu'on frappa à ma porte.
« Je vis apparaître un inconnu qui me demanda si j'étais bien Jacques Nuttal. Sur ma réponse affirmative, il mit un doigt sur ses lèvres et chuchota rapidement : « Méfiance ! » .
Le Grand Maître écoutait sans faire le moindre mouvement. Le N° 23 continua son récit :
— Après avoir vérifié si nul ne nous écoutait, il s'approcha de moi et me révéla que... Partot avait été arrêté le matin même à neuf heures par la police secrète !
Cette fois, l'Homme au Masque fit entendre un sourd grondement.
— L'imbécile !... articula-t-il. Et c'est avec des collaborateurs pareils que vous travaillez ? Compliments !
— Mais, chef, c'était une complète surprise !... Qui pouvait se douter ! Mon visiteur m'expliqua qu'il n'avait trouvé lui-même mon adresse que par le plus grand des hasards... C'est un ami de Partot, actuellement dans une passe difficile, et l'autre lui avait donné asile chez lui, pour la nuit. Bien entendu, il ne sait rien de ce que Partot peut avoir à faire avec moi, mais — il eut un sourire cynique — il est de la même classe sociale, c'est-à-dire...
— Épargnez-moi ces commentaires... Ne vous écartez pas de votre récit.
— Oui, Grand Maître, fit humblement le N° 23. Partot lui avait promis de le présenter à moi dans la soirée, aujourd'hui même, après avoir, bien entendu, obtenu mon acquiescement au cours de l'entrevue que nous devions avoir. Ce qui explique comment l'homme connaissait mon nom...
— Partot ne lui avait pas donné votre adresse ?
— Non, Grand Maître. Voici ce qui s'est passé. L'homme — André Rivière — était descendu vers huit heures et demie...

  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents