Obrazets II , livre ebook

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La folie des hommes et leur soif de pouvoir vont-elles ouvrir le dernier chapitre de l’humanité ? Vingt ans seulement avaient suffi pour faire basculer l’histoire de l’homme autonome et libre, telle qu’on pouvait encore la percevoir jusqu’en 2020, avant qu’une autorité mondiale impose son dictat sur la quasi-totalité du globe : le fameux Nouvel Ordre Mondial, qu’une oligarchie avait patiemment conçu et établi. Seules la Russie et la Chine résistaient encore aux assauts hégémoniques de cette dictature autoproclamée.
Les pollutions de l’eau et de l’air, l’exploitation massive et la destruction des ressources et des écosystèmes avaient malheureusement très largement appauvri les terres arables de la planête. Cette dévastation de la biodiversité était devenue l’une des plus graves atteintes à la survie sur terre, le réchauffement climatique n’ayant de plus cessé de croître. Par ses agissements, Homo Sapiens risquait rapidement d’être en voie d’extinction. Les experts les moins pessimistes estimaient cette probabilité aux alentours de 2080. Facteur encore plus inquiétant, une pandémie de cancers sévissait sur toute la planête dont le plus invasif concernait la fertilité. Depuis le début des années 2035, l’espèce humaine déclinait déjà de façon exponentielle.
Paradoxalement, l’espèce humaine n’étant plus en mesure de dégrader davantage son environnement, la nature reprenait doucement ses droits et de nouveaux espaces vierges apparaissaient. Très opportuniste, Homo-Futura s’y était rapidement installé. Était-ce l’avènement sur terre d’une nouvelle race d’êtres hyper-intelligents mettant à l’épreuve leur insoupçonnable résistance avant le grand départ, car ils avaient avant tout été conçus pour conquérir l’univers.
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Date de parution

07 mai 2018

Nombre de lectures

1

EAN13

9782312058580

Langue

Français

Obrazets II
Patrick Daspremont
Obrazets II
« Les Maîtres du Monde »
LES ÉDITIONS DU NET
126, rue du Landy 93400 St Ouen
Du même auteur :
Le singulier destin de Cyril Dumont
© Les Éditions du Net. 2015
Sketo / TAPA Σ
© Les Éditions du Net. 2015
Je m’appelle Simon
© Les Éditions du Net. 2017
Obrazets 53-8
© Les Éditions du Net. 2017

© Les Éditions du Net, 2018
ISBN : 978-2-312-05858-0
À Anne et Benoit , et puis à Nicole . Ils savent pourquoi.
2024. Déborah
Le jeudi 8 août 2024, Annushka Debrodevski arriva à Roissy-Charles-de-Gaulle par un vol direct en provenance de Moscou où elle vivait depuis maintenant seize ans avec son père. Mais Roissy n’était qu’une escale car elle avait une correspondance moins d’une heure plus tard à destination de Mulhouse. Elle dut tout de même presser le pas afin de ne pas la manquer. Heureusement, son bagage n’était constitué que d’une simple valise de cabine. Elle n’avait pas prévu de rester plus de deux jours à Büren. Ce jour-là, Annushka Debrodevski se rendait au manoir de Büren, manoir qu’elle avait habité durant toute son enfance. Büren est un petit village suisse au sud de Bâle, à quelques kilomètres de la frontière française. Au volant de sa voiture de location, elle devrait normalement être rendue à destination avant la fin de l’après-midi. Le lendemain aurait lieu la crémation de sa très chère Déborah, la cuisinière du manoir avec qui elle avait tellement joué et ri lorsqu’elle n’était qu’une enfant. Annushka était très attachée à cette femme adorable, toute en simplicité et en bon sens. A l’annonce de sa disparition, Annushka s’était sentie très affectée, c’était une partie de son enfance qui s’enfuyait avec elle. Elle avait eu beaucoup de peine mais, en même temps, elle savait que c’était une délivrance, car Déborah était depuis deux ans en très grande dépendance.
Et surtout ce soir, à Büren, il y aurait Paul et cela la remplissait de bonheur. Paul était son grand amour d’enfance. Bien qu’elle ne l’ait plus revu en dehors de quelques contacts sur Skype, elle n’avait pu l’oublier et elle espérait bien qu’il en était de même pour lui. Ils ne s’étaient effectivement pas revus depuis son départ pour Moscou seize ans plus tôt quand elle avait quitté le manoir si précipitamment. Seize ans déjà, mon Dieu, pensa Annushka, comme il a dû changer. Elle aussi avait changé, elle avait aujourd’hui vingt-trois ans, tout comme Paul, et était devenue une femme. Annushka avait conservé son petit air malicieux et ses fossettes lorsqu’elle souriait. Enfant, elle ressemblait véritablement à une poupée, jamais de mauvaise humeur et toujours très soignée dans sa tenue. Elle était restée très belle, avec sa longue chevelure brune naturellement ondulée qui tombait sur ses épaules, ses grands yeux vert d’eau dans lesquels une étincelle de surprise semblait luire en permanence, et aussi ce sourire éblouissant, découvrant deux rangées de dents magnifiques prêtes à mordre dans la vie ; elle était vraiment à croquer. Annushka ne passait jamais inaperçue, elle le savait mais n’en jouait pas.
A son arrivée au manoir, elle eut un pincement au cœur, tant de souvenirs remontaient à sa mémoire où Petit Paul était présent à chaque instant, elle était si heureuse d’être là. Après avoir embrassé Léna et Emilie restées toutes les deux à l’attendre, Annushka déposa ses affaires dans sa chambre puis, n’y résistant plus, elle saisit son IPhone, trouva le numéro de Paul et effleura l’écran de son index manucuré. Son cœur s’accéléra lorsque la sonnerie tinta enfin à son oreille.
– Paul ? C’est Annushka !
– Annushka ! Comme je suis heureux de t’entendre, tu es déjà arrivée au manoir ?
– Oui, et toi Paul, où es-tu ?
– Je suis encore à Genève, mais je m’apprêtais à partir. Je serai à Büren dans moins de trois heures, il n’y a que deux cent cinquante kilomètres ! Tu veux que nous dînions ensemble ce soir ?
– Je suis fatiguée, Paul, le voyage, tu sais ! Viens plutôt me retrouver ici, on grignotera quelque chose dans la cuisine. Ça te va, tu es d’accord ?
– C’est parfait ! Alors à tout à l’heure ! Et ils raccrochèrent simultanément.
Paul était en nage, sur les nerfs. Il y avait tant d’années qu’il ne l’avait pas vue, cela allait être un moment de grande tension. Il ne savait pas du tout où elle en était dans sa vie, sûrement pas mariée, elle le lui aurait dit, mais elle devait avoir un ami, oui vraisemblablement. En tous cas, ni l’un ni l’autre n’aurait manqué de se rendre ce jeudi à Büren pour la crémation de Déborah. Dans le passé, cette forte femme avait si souvent été complice de toutes leurs petites cachoteries. Ce jour-là, par son décès, cette chère Déborah était devenue le prétexte à leurs retrouvailles et, pour une dernière fois, elle serait leur servante dévouée. Eux qui n’avaient jamais osé faire dans l’autre sens le chemin qui les avait si longtemps séparés, voilà qu’enfin l’occasion se présentait.
Oh là là, pensait Annushka impatiente, comment cela allait-il se passer ? En sortant de la douche, elle sauta dans un short en jean délavé et enfila sans même mettre de soutien-gorge un T-shirt blanc très large qu’elle noua au niveau de son nombril. Il faisait très chaud à Büren en ce début de mois d’août, et Annushka voulait plaire sans se préparer pour autant. Paul ne manquerait sûrement pas de remarquer la pointe de ses siens courir librement sous le coton immaculé. Elle avait relevé sa magnifique chevelure brune en un chignon improvisé dont quelques mèches rebelles tombaient sur ses épaules. Elle aussi était énervée et se surprit à déjà regarder sa montre toutes les dix minutes. Avant son arrivée au manoir, elle avait téléphoné à Léna , cette gentille personne qui avait pris la responsabilité de tenir le manoir en ordre depuis le départ à Moscou d’Irina . Pour aider Léna dans ses tâches ménagères, le Docteur Debrodevski avait accepté qu’elle garde Emilie auprès d’elle, celle-ci étant chargée depuis des années du nettoyage et de l’entretien. Elles étaient donc trois à œuvrer au manoir, et elles n’étaient pas trop, car cette ancienne seigneurie du XVIème siècle était une très vaste demeure, d’autant plus que Déborah , à soixante-treize ans, avait une petite santé depuis ces dernières années.
Avant son arrivée au manoir, Annushka avait anticipé son affaire et avait demandé à Léna d’avoir la gentillesse de préparer un dîner froid pour deux personnes.
Il faisait encore lourd lorsque Paul stationna sa voiture devant la tour du manoir, tour qui servait d’entrée et dans laquelle un large escalier de pierre en colimaçon desservait les deux étages de suites et de chambres avec chacune leur salle de bain. C’était une demeure de prestige. Annushka se trouvant à ce moment-là sur la terrasse de l’autre côté du manoir, perçut le son du moteur mais s’efforça de ne pas se lever pour aller l’accueillir. Elle ne voulait pas qu’il puisse penser qu’elle languissait dans l’attente de le voir arriver, aussi s’empressa-t-elle d’ouvrir une revue achetée à Roissy qui traînait sur la table basse du salon de jardin, et entreprit d’en tourner négligemment les pages sans réel intérêt. Le parc était splendide et très bien entretenu par deux jardiniers que le Docteur avait fait embaucher pour remplacer Oleg qui était reparti pour la Russie en même temps que lui avec sa fille et Irina la gouvernante. Les deux nouvelles recrues étaient des professionnels, cela se voyait, il y avait eu un vrai travail d’entretien, mais aussi des tailles de remise en forme de certains bosquets, toutes les plates-bandes étaient soignées et ornées de plantes vivaces parfaitement entretenues, les pelouses étaient régulièrement tondues et les allées de gravier fin désherbées et ratissées avec soin. Annushka ne s’attendait pas à autre chose. Elle était heureuse de retrouver les décors de son enfance dans l’état où elle les avait quittés seize ans plus tôt.
Paul entra par la tour et traversa le long couloir qui menait à la cuisine où il pénétra sans frapper, la porte étant restée grande ouverte. Il avait le nœud au ventre et la respiration courte. Il savait que dans des circonstances comme celle-là, le plus simple était de faire vite, d’entrer directement dans le concret. Où était-elle ? Alors il l’appela :
– Annushka !
Mais bien qu’elle l’ait entendu, elle ne lui répondit pas. Elle aussi avait la gorge sèche, c’était une attitude de gamine, elle

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