Slowdown - 2 - Un monde immo bile
283 pages
Français

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Slowdown - 2 - Un monde immo'bile , livre ebook

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Description

Dystopie - 630 pages


Ah, vous êtes de retour ! On s’est déjà croisés brièvement


Je m’appelle Ruby, j’ai 417 ans et encore toutes mes dents ! Je suis l’arrière-petite-fille d’Amorès, et voilà quatre siècles que j’essaie de survivre sur cette planète.


Quoi, personne ne vous a dit ? La Terre s’est arrêtée de tourner. Elle a ralenti et pouf... plus rien. Je vous laisse imaginer la galère ! Les rares Immo encore debout sont désormais répartis en quatre clans rivaux, selon leurs territoires, entre ombre et lumière. Qu’on soit Lunaire, Aubois, Crépusculaire ou Soleillen, la vie n’est pas facile, croyez-moi. Ressources insuffisantes, tensions permanentes, une révolte semble inévitable. Malgré tout, on garde espoir depuis l’arrivée de Naéva. Elle est sans doute la clé de notre avenir.


Enfin, je dis ça, mais tout va dépendre de ce crétin que j’ai rencontré il y a quelques jours. S’il m’aide, on a peut-être une chance de sauver notre espèce de l’extinction. S’il m’aide, on pourrait même secourir ce monde à l’agonie.


S’il m’aide...

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 0
EAN13 9782379613180
Langue Français
Poids de l'ouvrage 4 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Slowdown – 2 – Un monde immo’bile

2 – Un monde immo’bile

Violette SUBROS
2 – Un monde immo’bile

Violette SUBROS





Mentions légales
Éditions Élixyria
http://www.editionselixyria.com
https://www.facebook.com/Editions.Elixyria/
ISBN : 978-2-37961-318-0
Couverture : Didier de Vaujany
Base illustration Grandfailure
et photographie Luis Louro
À une personne aussi nulle que moi pour faire une carte… Ce tome est pour toi ma super coupine.
Préambule


Le temps, concept central des civilisations humaines.
Il avait un impact à tous les niveaux de la vie : travail, santé, loisirs, reproduction, agriculture, science, sommeil, cuisine, sport… Il était le point de repère des hommes, ce qui les éloignait de leur inévitable fin, le rythme de leur existence, à la fois leur meilleur allié et leur pire ennemi. Ils en manquaient constamment, en demandaient toujours davantage. Et dans toute leur arrogance, ils n’ont pas cherché à se l’approprier, mais ont voulu s’en affranchir. Ils lui ont déclaré la guerre sans réfléchir aux conséquences.
Tout a changé lorsqu’ils ont percé les secrets de la dégénérescence cellulaire en fabriquant un élixir de jeunesse éternelle, sous forme de traitement à injection unique. Le plus fascinant dans cette incroyable évolution, c’était l’hérédité ; un effet secondaire aussi catastrophique que miraculeux. Ils ont créé de jeunes gens dont la seule tare était leur incapacité à vieillir ou à tomber malade, des êtres plus forts, plus résistants, plus résilients, et surtout beaucoup plus pérennes. Ils ont chassé la mort dans un infime recoin du monde, contrainte à ne faucher que les êtres gravement blessés.
C’était le début d’une toute nouvelle ère pour l’humanité : celle des Immo.
Les décès de cause naturelle sont rapidement devenus un lointain souvenir. Les immeubles ont poussé un peu partout, remplaçant les maisons, investissant les champs et les forêts, pour pallier le manque de place face à une population perpétuellement croissante. Les catastrophes climatiques se sont multipliées. La pollution a atteint des pics inimaginables. Malgré des efforts honorables, les dirigeants, sous l’égide de la Coalition HALSORRE {1} , n’ont pas pu enrayer la dégradation de la planète. Les Immo étaient trop nombreux, trop envahissants pour une Terre faite de si fragiles équilibres, tel un cancer foudroyant qui étend ses métastases au cœur d’un organisme à l’agonie.
C’est alors qu’une poignée de sinistres crétins a pris une décision radicale qui allait accélérer leur propre extinction. Dans le plus grand secret, les élites d’HALSORRE ont concocté un virus capable de bloquer la fécondité. Fini les jumeaux et les triplés, fini les enfants tout court. Ils croyaient contrôler l’épidémie, mais ils se trompaient. En quelques mois, leur invention microscopique a muté et s’est propagée à la totalité de la population. Impossible de passer à travers : les Immo étaient devenus une espèce stérile, inapte à donner la vie. Une impasse génétique.
Vous pensez que les malheurs se sont arrêtés là ? J’admire votre naïveté. L’humanité avait piétiné les règles des mortels et elle allait le payer. Sans aucune explication logique, si ce n’est la vengeance d’une mère trahie par ses enfants, la Terre s’est mise à ralentir, de plus en plus à chaque rotation. Il n’était plus question de quelques millièmes de secondes perdues à cause de l’attraction lunaire, mais bien de minutes, d’heures, de jours…
Pouvez-vous imaginer les conséquences d’un tel phénomène ? Des vents d’une violence inouïe qui balaient tout sur leur passage. Des séismes dévastateurs issus d’une tectonique des plaques totalement modifiée. Des volcans en éveil sur toute la surface du globe. Des canyons qui engloutissent des villes de plusieurs millions d’habitants. Des océans en mouvement submergeant des pays entiers. Des températures extrêmes. Des radiations solaires en constante augmentation. Une atmosphère irrespirable. Des eaux impropres à la consommation. Le saccage des récoltes. La destruction de la plupart des installations humaines. Adieu électricité, eau potable, chauffage et réseaux de communications : tout le modernisme à la poubelle.
L’apocalypse dans une variante sans anges et sans démons !
Vous voulez connaître le plus navrant dans tout ça ? Le jour où la Terre a commencé sa première véritable colère, d’énormes vaisseaux ont quitté l’atmosphère pour ne plus jamais y revenir. HALSORRE avait construit des arches de Noé (version SF), avec des occupants triés sur le volet. Ils ont laissé derrière eux leurs familles, leurs voisins, leurs amis, dans l’espoir de trouver refuge dans les étoiles.
Ils nous ont abandonnés, prisonniers d’un tombeau vivant sans promesses de lendemain.
Prologue
RUBY


La vie a quelque chose d’incroyable et de magique. Si on lui laisse un passage, aussi infime soit-il, elle saura le trouver et s’y engouffrer.
Où est-ce que je veux en venir ? Pour être honnête, je n’en sais trop rien. En ce moment, je suis sûrement allongée sur mon lit, dans une position impensable, avec de la bave qui s’écoule le long de ma joue. Comme souvent dans mes rêves, je me remémore le film des événements depuis que le monde a déraillé. C’est rarement plaisant. Vous voulez quand même faire un p’tit tour dans ma tête ? À vous de voir. Je vous aurai prévenu…
Ça commence toujours de la même manière : le sol tremble, le lustre tombe à côté de maman et papa. De grosses mains se plaquent sur mon crâne pour me protéger. Puis l’obscurité m’entoure. Quand j’ouvre enfin les yeux, je ne sais combien d’heures plus tard, je suis dans les bras d’un drôle de monsieur qui ressemble à un fantôme. Il me dit que tout ira bien, qu’il va s’occuper de moi. Je lui demande où sont mes parents. Il ne répond pas, mais une larme roule le long de sa joue. Alors je comprends, ils ne sont plus là, la mort les a emportés, je ne les reverrai plus jamais. À cet instant, la petite fille que j’étais redevient subitement la femme qui se souvient du terrible sort de l’humanité.
Après le départ des vaisseaux d’HALSORRE, des milliards d’Immo ont péri. Les plus chanceux ont passé leur temps à fuir et à tenter de survivre par tous les moyens possibles, même les plus méprisables. D’autres se sont battus jusqu’à épuisement pour sauver leurs proches, bien souvent en vain. La Terre voulait nous engloutir. Le ciel nous châtiait en permanence. Les océans nous poursuivaient comme des prédateurs en quête d’un repas. Et quand nous pensions être en sécurité, la lave venait lécher nos abris de fortune. Rien ne nous a été épargné.
Notre planète s’est arrêtée complètement (ou presque) après ce que l’on a appelé la « Décennie du chaos » (plutôt cinquante ans de chaos si vous voulez mon avis, puisque les heures n’en finissaient pas). La rotation qui nous offrait des journées ponctuées de nuits n’existait plus, adieu fraîches matinées de printemps et couchers de soleil étoilés. Le champ magnétique était déréglé, l’atmosphère altérée. C’était la fin du temps tel qu’on le connaissait. La fin de tout.
Du moins, c’est ce qu’on croyait…
Quelques dizaines d’années après l’arrêt de la rotation terrestre, les phénomènes climatiques ont perdu en puissance. Les vents ont faibli, les masses d’eaux se sont immobilisées au niveau des pôles, les failles se sont stabilisées, les volcans sont retombés dans un sommeil plus ou moins profond. Un calme relatif s’est répandu sur le globe, laissant aux survivants à bout de souffle le temps de retrouver leurs forces. Des espèces animales et végétales sont apparues, alors que d’autres s’éteignaient définitivement. Un équilibre précaire, mais fonctionnel, s’est mis en place. Chacun a dû s’accommoder des nouvelles règles du jeu.
Un grand merci à la Jouvencine qui a modifié nos gènes, faisant de nous des êtres dotés d’incroyables facultés d’adaptation. C’est elle qui a permis aux derniers habitants de la Terre d’échapper à la mort, malgré les brûlures astrales et le manque d’oxygène. Aucun humain n’aurait pu survivre à ce genre de catastrophe, mais les Immo, eux, y sont parvenus. Évidemment, notre corps n’est pas le seul à y avoir mis du sien. Nous avons dû redoubler d’ingéniosité pour ne pas être asphyxiés suite à la perte de nos forêts, pour ne pas devenir de vilains mutants irradiés par le soleil, pour ne pas cuire sous d’atroces chaleurs pendant que nos voisins congelaient sur place, ou simplement pour pouvoir manger et boire. Nous nous sommes démenés pour reconstruire un monde vivable, aussi imparfait soit-il.
Au fait, moi, c’est Ruby. J’ai quatre cent dix-sept ans, à la louche (même si j’en parais vingt) et je vis dans les territoires du crépuscule, ceux qui sont restés coincés à mi-chemin entre la fin de journée et le début de la nuit. Des endroits où les ombres font la loi…
Je n’ai pas à me plaindre, comparé aux habitants des territoires de la lune. Là-bas, ça craint ! La nuit est éternelle. La vie s’est réfugiée dans les entrailles de la Terre, obligeant les Immo à installer leur ville unique dans des galeries obscures, humides et glaciales. En surface, tout est gelé. Les plantes sont aux abonnés absents. Les animaux ont fui ou péri. Seuls quelques insectes, racines et champignons cultivés en sous-sols permettent encore aux survivants de s’alimenter, quand ils ne se mangent pas entre eux. L’existence y est rude, brutale, surtout pour les femmes. Les plus cruels des Immo s’y sont regroupés et ils y ont tous les pouvoirs.
Les territoires de l’aube sont plus ou moins dans le même état que ceux du crépuscule, bien qu’ils soient davantage isolés (c’est même un euphémisme). En effet, le clan des Aubois s’est établi sur la face est du globe, celle qui a subi le plus grand nombre de séismes et où les terrains restent très accidentés. À l’inverse, les Lunaires, les Soleillens et les Crépusculaires ont installé leurs communautés sur la face ouest. Les chefs de ces trois clans ont fait le choix de la proximité afin de pouvoir multiplier les

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