Téranga , livre ebook

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Il est loin le temps de ma jeunesse et pourtant si proche. Je ressens la même passion, la même ferveur quand j’évoque le Sénégal. Trente ans après mon retour, j’avoue parfois y être encore. Si mon cœur est Français, mon âme est Sénégalaise, ce qui fait de moi une citoyenne du monde. Ne soyez jamais quelque part, chez vous. Vous serez chez vous dès lors, qu’où que vous soyez, vous en respecterez la nature, les êtres et leurs cultures.


Plus que changer ma vie, la Téranga m’a façonné et m’a embelli l’âme. Son ciment m’a construite et ma truelle est mon stylo, celui qui me sert ici à jeter l’encre de mes souvenirs. Puissent-ils ne pas tomber dans l’oubli et que mon témoignage puisse être modestement utile aux jeunes générations. Puissent-ils servir un jour d’infimes exemples pour l’avenir d’un monde plus égal et plus fraternel. ‌

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Publié par

Date de parution

14 avril 2023

Nombre de lectures

1

EAN13

9782383514640

Langue

Français

Poids de l'ouvrage

1 Mo

Couverture
La SAS 2C4L — NOMBRE7, ainsi que tous les prestataires de production participant à la réalisation de cet ouvrage ne sauraient être tenus pour responsables de quelque manière que ce soit, du contenu en général, de la portée du contenu du texte, ni de la teneur de certains propos en particulier, contenus dans cet ouvrage ni dans quelque ouvrage qu’ils produisent à la demande et pour le compte d’un auteur ou d’un éditeur tiers, qui en endosse la pleine et entière responsabilité.
Biographies
Yvette Trenchant est née le 22 octobre 1935. Elle vit aujourd’hui à Lille mais a vécu 30 ans à Dakar, au Sénégal, au pays de la Téranga. Dès sa majorité, à l’époque 21 ans, elle prit son billet et effectua la grande traversée vers l’Afrique afin d’y retrouver son mari. Elle connut la période de la colonisation puis l’autonomie du pays, y rencontra des chefs d’État mais surtout, elle rencontra le peuple sénégalais. Elle vit à nouveau à Lille aujourd’hui entourée de ses nièces et de ses neveux. Le récit que vous allez découvrir est avant tout le destin d’une femme libre.

Didier Devos est né à Lille en 1961. Diplômé d’anormale Sup' comme il aime à le rire. Il est auteur (notamment pour Isabelle Aubret) compositeur-interprète sous le pseudonyme de Bill Veuzet, auteur de chansons, de poèmes, de nouvelles, de biographies et du livre, la Quarantaine d’Amour, écrit avec Lydie Behr, poétesse.
Après « Recueil de pensées sauvages », il a publié « Cœurs Parallaxes » dans lequel, il propose soins et remèdes au moyen d’humour, de révolte et de fraternité dans un monde, comme il le dit, en délit qu’est sens.
Préface
Heureux qui comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme celui-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d’usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !
Joachim du Bellay.
Je ne dois rien à personne, je dois tout à la vie, j’y inclus les gens que j’aime profondément.
Yvette Trenchant.
« J’ai pris beaucoup de plaisir à écrire la biographie d’une femme hors norme. J’ai appris beaucoup en l’écoutant puis en relatant l’histoire de sa vie. J’ai eu surtout beaucoup de chance de croiser un jour sa route et de devenir son ami… »
Didier Devos
Ma vie en or
Dakar, vendredi 23 mars 1990, il est 09 h 00. Je me suis levée dès potron-minet. Je n’ai jamais aimé les grasses matinées. Il n’y avait donc, à priori, aucune raison que je fasse autrement en ce mardi. Ce n’était pourtant pas une matinée comme les 10 955 autres, passées ici où j’avais vu se lever l’aube, ébahie et animée d’une ferveur et d’une vaillance de chaque instant. J’avais peu dormi pourtant, revoyant défiler le film de ma vie depuis toutes ces années passées ici, au Sénégal.
Il m’en fallait de l’énergie aujourd’hui, de l’énergie sans mélancolie pour mener à bien notre retour vers la France. Notre décision avait été prise depuis quelque temps renforcée par les prédictions d’un marabout. De temps à autre, je consultais ce personnage étrange, rempli de douceur. Il m’avait récemment dit qu’il ne me voyait pas quitter ma maison de sitôt. Cependant, à notre dernière entrevue, datant de 6 mois environ, à la fin de l’hivernage, le lanceur de cauris m’avait cette fois affirmé : « Maintenant, tes valises sont là, Madame Trenchant ».
J’étais ainsi confortée dans l’idée que c’était le moment de quitter ce beau pays et j’avais su convaincre Jean-Claude qu’il en été mieux ainsi. Plus triste que moi à l’idée de quitter notre maison, je me souviens avoir tout fait pour le rendre joyeux et positif les jours précédents. Aujourd’hui, il était serein. Jean-Claude était mon mari, c’était l’homme que j’avais décidé d’emmener ou de suivre, des deux verbes employés, je n’ai jamais bien su lequel était le plus significatif, sans doute les deux l’étaient-ils tour à tour.
Il est 10 h 15, je vous quitte pour quelque temps, le taxi nous attend. Je me retourne une dernière fois vers la maison qui m’avait servi de toit pendant 20 ans, après 10 ans passés dans d’autres endroits au Sénégal, j’en garde l’image inscrite à jamais sous mes rétines.

À l’abordage de ma vie
Bordeaux, le 2 août 1957, 7 heures du matin, ça y est, j’y suis enfin. « Puis-je laisser mes valises sur place ? » Dis-je à la personne responsable de l’accueil de la société de transport maritime. Un peu bourru, l’employé de la compagnie des chargeurs réunis me répondit avec son accent du sud-ouest : « Il n’y a pas de consignes ici, mademoiselle. » Mon bateau pour Dakar partant à 15 h 00, je décidais de laisser mes bagages sur place, estimant que de toute façon, aucune affaire de valeur ne s’y trouvait. J’aurais pu 10 fois me les faire voler mais l’insouciance de ma jeunesse avait eu raison des doutes insufflés par le salarié et je comptais bien que cette insouciance devienne définitivement, ma bonne étoile.
Je revenais sur les quais, après avoir visité la jolie ville de Bordeaux. J’y récupérais mon petit chargement et me présentais, ticket en main, au terminal d’embarquement. On me montra ma cabine, assez vétuste et double surtout, ce qui ne m’emballait pas outre mesure, sans savoir qui s’installerait à mes côtés pour les 8 jours de traversée. À peine ai-je eu le temps de la déception que le commandant de bord, solide gaillard au visage buriné, me convoquait dans sa cabine. Puis, dans l’heure qui suivit, à sa demande, je retrouvais toutes les filles voyageant seules.
L’habitacle du fringant commandant étant trop exigu, c’est sur le pont qu’il nous proféra ses mots d’accueil. Nous étions toutes suspendues à ces mots qui furent doux, apaisants et rassurants.
« J’ai pu, mesdemoiselles vous trouver à chacune d’entre vous, des cabines individuelles. J’ai demandé à mon quartier-maître d’organiser votre transfert dans vos nouveaux logements ».
Deux heures plus tard, une fois faite, ma nouvelle installation et quelques allées et venues de repérage sur le bateau, un vacarme assourdissant me fit me dresser sur le lit sur lequel je m’étais presque assoupie. C’était celui de la sirène du bateau prêt au départ.
L’effervescence grandissait sur le bateau et même si personne de mes connaissances n’était là pour m’agiter un mouchoir ou un foulard blanc, je ne voulais, sous aucun prétexte, rater ce départ. C’était mon premier grand départ, fut-il en bateau, c’était avant tout, celui de ma vie de femme. Du haut de l’embarcation, encore arrimée par son bastingage aux bittes d’amarrage, j’avais une vue aérienne sur le port et la ville. J’entends encore les cris, les pleurs des mamans en direction de leurs fils partant au Tchad pour des guerres fratricides en Afrique. J’entendrais toujours aussi celui des amants déchirés entre l’irrémédiable distance géographique encore maintenue par des câbles et la proximité de leurs cœurs qui battaient à l’unisson. Le temps pour moi s’arrêtait étonnamment au moment où les moteurs commençaient à vrombir. Je n’oublierais jamais ce son, cette atmosphère à la fois légère et pesante, cette dualité entre l’immobilité et le mouvement qui laissa en moi une trace indélébile de vagues à l’âme et de liberté. Dans cette atmosphère régnait déjà l’univers de tous les possibles. À chacun de mes voyages, je rechercherais celui-là, c’est ainsi. Cette fois, c’est sûr, nous allions partir. Les cris s’accentuaient. Les matelots dénouaient les cordages, oui, cette fois nous partions.
Cela faisait deux jours que j’étais en mer et le temps avait repris irrémédiablement sa course mais plus lentement qu’avant, je dirais plutôt, plus régulièrement. Plus d’à-coups, non, entre le temps parfois si lent sur terre quand il ne se passe pas grand-chose et celui qui file si vite dans les grands moments d’exaltation.
...

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