La véritable histoire du football congolais
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Description

L'histoire du football congolais commence par l'école, à Brazzaville, capitale de l'Afrique équatoriale française, où l'église favorise l'éclosion du football. La création des équipes donne naissance à une fédération qui organise la compétition locale. Pour connaître cette évolution, l'auteur a particulièrement suivi la sélection de Brazzaville, génératrice de l'équipe nationale du Congo. Aussi propose-t-il cette histoire à travers ses équipes nationales, seniors, juniors et cadettes, surnommées Diables-rouges en 1972.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 octobre 2012
Nombre de lectures 220
EAN13 9782296984387
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Couverture
4e de couverture
Titre
Ghislain Joseph Gabio






La véritable histoire
du football congolais
Copyright

© L’Harmattan, 2013
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-98438-7
EAN : 9782296984387
INTRODUCTION
En 1985, paraissait mon premier livre sur le football congolais « La fabuleuse Histoire des Diables Rouges ». Il s’agissait pour moi d’immortaliser la grande épopée des Congolais à la 8 ème CAN de Yaoundé 72. Longtemps, je caressais l’espoir d’écrire sur le football, sur son histoire. Des notes prises çà et là, mais surtout auprès de Clément MASSENGO « Fu Manchu », le footballeur reporter, de Sylvain BEMBA, « le 24 ème homme », de Fulbert KIMINA MAKUMBU, de certains footballeurs des années 50 à 64, m’ont permis de réunir suffisamment d’informations. La chance me sera offerte par la C.a.f., la Confédération africaine de football qui doit à l’occasion des cinquante ans de son existence, publier un livre sur le football continental. La Commission des médias dont je suis membre doit piloter le projet. Je donne mon accord pour faire l’historique du football au Congo Brazzaville. Rentré à Brazzaville, j’associe mon aîné Fulbert KIMINA MAKUMBU à cette tâche. Tous deux nous nous mettons à l’œuvre. J’apporte le travail à la C.a.f. qui se contente de le résumer ; l’histoire du football de la cinquantaine des fédérations de la Confédération aurait exigé plusieurs tomes ! La publication de l’histoire complète du football congolais rentrait dans les archives.
Aujourd’hui, je suis heureux de présenter enfin, la véritable histoire du football congolais de Brazzaville, ce football qui nous a permis de figurer parmi les grands journalistes de notre continent. J’espère ainsi lui rendre une petite part de ce qu’il m’a apporté.
Chapitre 1 L’HISTORIQUE DU FOOTBALL CONGOLAIS
DE L’ECOLE A L’EGLISE
La densification de l’administration coloniale française devenant effective, le virus du football grossit également. Et l’on voit apparaître en 1910, les premières équipes de football, des équipes de football, composées exclusivement de Blancs. A Brazzaville, les premières s’appellent : « Eléphants » ; des civils blancs, et des militaires de l’armée française, plus connus sous le nom de "Gobi". Plus tard, les « Eléphants » se transmuent en C.a.b. (Club athlétique brazzavillois) et les « Gobi », en « Equipe sportive militaire ».
Ces deux équipes des Blancs jouent entre elles, devant des spectateurs noirs.

Ce « football blanc » devient adulte, avec l’apparition d’autres clubs. Lassés de s’affronter entre eux à Brazzaville, ces clubs s’ouvrent à l’extérieur. D’où l’organisation du "championnat du Pool", avec des clubs des Blancs de Léopoldville (Congo-Belge). La raison de ce choix, éviter les contacts avec le football des Noirs, ces sauvages brutaux manquant de maturité. Evidemment, cette philosophie a son théoricien, à cette époque : Louis TOUCAS, photographe blanc, représentant du "Courrier d’Afrique", un quotidien paraissant à Léopoldville. Les plus connus étaient entre autres, le Cercle de Léo et l’Amicale club des ressortissants portugais.

« Au Tennis-club, tous les joueurs sont des Blancs et les ramasseurs de balles, des Nègres ; il n’y a pas de danger. Alors qu’au football, on rencontre des joueurs nègres, pas matures, mais capables de casser les jambes aux Blancs, civilisés », voilà comment Louis TOUCAS justifie sa théorie !

1919, voit naître les premières équipes indigènes, aux villages Bacongo, Poto-Poto, Dakar et Mariage. Des équipes de fortune, jouant pieds nus et sans maillots, dans les ruelles. La création des écoles des missions catholiques et des écoles laïques va réellement, concourir à la naissance des équipes populaires de football d’origine scolaire. Et quand le Club athlétique brazzavillois (C.a.b.) s’offre, en 1927, « un terrain moderne, avec pelouse, tribune officielle et gradin : le stade Marchand, inauguré par le Gouverneur général Raphaël ANTONETTI, le football est déjà secret de polichinelle dans les quartiers indigènes, où un an après, sont portés sur les fonts baptismaux, les véritables premières équipes indigènes, avec maillots, shorts, protège-tibias et ballons réglementaires ».

A Poto-Poto, Pierre EBILARD regroupe les anciens élèves de l’école urbaine et professionnelle et crée le "Club scolaire brazzavillois" suivi par le "Club napoléon 1 er ".
A Bacongo, Félix Fhaure TCHIBINDA « Esoba » fonde Olympic.
Ils font école. Il s’ensuit très vite une prolifération d’équipes, près d’une trentaine.

A telle enseigne que Jean MOULY, dentiste et ancien rugbyman au Maroc et à Madagascar, crée la Fédération autonome indigène des sports athlétiques en août 1929, à la demande du Gouverneur général Raphaël ANTONETTI

Très vite, la nécessité d’un championnat s’impose à la nouvelle fédération. Il est lancé, en 1931. Vingt sept équipes sont au départ de l’épreuve. Les plus importantes sont : Etoile (ex Club scolaire brazzavillois), Racing club, Lune sportive et Stade africain, pour Poto-Poto ; Olympic, Union sportive et Union Brazza, pour le village Bacongo...

Etoile (pas Etoile du Congo) enlève ce premier championnat et reçoit trophées et accessoires sportifs divers, comme récompense. Hélas ! ce championnat est entaché d’une grande superstition, terrain favorable pour les charlatans qui s’en emparent et en profitent financièrement. Car, dans l’imaginaire populaire, la victoire revient au charlatan le plus « puissant » et le « plus original ».


Des nuits entières sont passées, par exemple, au cimetière, pour l’obtention, paraît-il, du « truc » spiritiste rare, gage de victoire. Et à cet effet, plusieurs matches de ce championnat sont heurtés et salis par des pugilats pittoresques.
Les joutes entre Olympic de Bacongo et Etoile de Poto-Poto n’y échappent pas.
LA GENERATION STADE EBOUE
Au départ de Jean MOULY, sans doute vers d’autres colonies françaises, la Fédération autonome indigène des sports athlétiques meurt de sa belle mort. Seulement, avant sa disparition, l’Eglise catholique sous l’impulsion des pères Jean LEDUC « MADIKA », GAÏS « le prestidigitateur », DEFOSSE et de Paul NANCHEN fonde l’équipe Patronage Saint-Louis, pour contrebalancer l’influence de la Fédération autonome, d’obédience laïque. Le Patronage Saint-Louis se veut omnisports. La preuve : il organise tous les jeudis après-midi, pour les enfants, à l’école Jeanne d’ARC, des parties de football et de cricket. Ces enfants répètent également des mouvements d’ensemble
Chapitre 2 CREATION DE LA FEDERATION ATHLETIQUE CONGOLAISE
En grandissant, le Patronage Saint-Louis se décentralise. Il accouche de la Jenesco (Jeunesse sportive congolaise). A Poto-Poto, la Jenesco regroupe les clubs Renaissance (futurs Etoile du Congo et C.a.r.a.), Juniors (future Lorraine), Terreur (Racing club), etc.

A Bacongo, l’équipe de Patronage Saint Louis donne naissance à l’A.s.m. (Association sportive missionnaire) qui se transmuera, plus tard, en Diables noirs en 1950, entraîné par le Français Jean ISABEY

En 1933, la Jenesco de Poto-Poto et l’A.s.m. de Bacongo, contribuent à la création de la F.a.c. (Fédération athlétique congolaise) que les humoristes appellent « Fédération athlétique catholique ». Elle est présidée par Jacques NDINGA. Dans ce créneau naîtra plus tard, Patronage Saint-Vincent, devenu, aujourd’hui, Patronage Sainte-Anne, l’un des grands clubs de Brazzaville et du Congo.

Comme on le constate, l’Eglise catholique dirige le football brazzavillois. Elle se dote d’un stade moderne : le Stade Gouverneur général Félix EBOUE, inauguré le 31 janvier 1944, par le général Charles De GAULLE, en présence du gouverneur général de l’A.e.f. (Afrique équatoriale française) Félix EBOUE et des participants à la fameuse Conférence de Brazzaville.

L’inauguration du stade Eboué est agrémentée d’un match amical de football qui oppose la sélection de Brazzaville à celle de Pointe-Noire, porte océane et deuxième ville du Moyen-Congo. Pointe-Noire a, du reste, contacté le virus du football quelques années plus tôt, en 1935, dans le même esprit d’« apartheid » au football, avec des clubs comme l’Association sportive ponténégrine (A.s.p.) et les équipes militaires, dont celle de la marine, premier champion de Pointe-Noire en 1940 et 1945. Il faut souligner que la, construction du C.f.c.o. (Chemin de fer Congo-océan) a, semble-t-il, favorisé l’intrusion du football dans le département du Kouilou, dont le chef-lieu est Pointe-Noire. Il apparaît de certains témoignages que le football est arrivé dans la troisième ville du Moyen-Congo, Dolisie, chef-lieu du département du Niari toujours sur le C.f.c.o. en 1950, grâce à des fonctionnaires nègres : Jean Jacques BITEMO « Danse », Germain OTTONIKY et MOUANGA, anciens des équipes brazzavilloises. Ils lancent Etoile A et B, en 1951, qui deviendront, respectivement, Espoir du Niari et Charlemagne, en 1953.

L’A.c. Léopard, la plus vieille équipe actuelle de Dolisie, sera créée en 1954...

A Pointe-Noire, le stade moderne inauguré le 13 mai 1951, est propriété de l’Association sportive ponténégrine. Il est rebaptisé, en 1953, stade Franco ANSELMI.

A Brazzaville, le stade EBOUE constitue un formidable élément de déclic du football africain dans la colonie, avec ses curiosités que sont les vestiaires confortables et les gradins ... Ce stade, rénové en 2005, à l’ombre de la Basilique Sainte-Anne, a une capacité de 8000 places.
Diables-noirs, Etoile du Congo et Cara
Le 23 juin 1950, l’A.s.m (Association sportive missionnaire), créée sur les cendres d’Olympic de Bacongo, se transmue en Diables-noirs, après moult tractations et tracasseries socioreligieuses, sous les coups de boutoirs de Dominique NZALAKANDA, le premier président de la nouvelle équipe du .grand village Bacongo, puis de son successeur, le jeune Gilbert Thomas MANKOUNDIA et du joueur Boniface MASSENGO « Professeur-Katanga ». Diables-noirs absorbe les perles noires du football, de l’A.s.m. et d’autres équipes. Désormais, le village Bacongo a un club, capable de rivaliser avec Renaissance de Poto-Poto, loin des humiliations subies par l’A.s.m., lors des différents championnats organisés par la F.a.c.


MASSENGO Boniface

A Poto-Poto, Renaissance qui domine de la tête et des .pieds, le championnat de Brazzaville, de 1945 à 1950, compte 39 joueurs. Cet effectif pléthorique est scindé en deux : Renaissance A et Renaissance B. Mais en 1951, Renaissance A boude la Coupe de la ville de Brazzaville, pour une question de recette.

La F.a.c. et son président Jacques NDINGA, sanctionnent Renaissance A par une suspension pure et simple !

Pour contourner cette sanction, les joueurs de Renaissance A s’en remettent à Pierre EBILARD, ancien joueur du « Club scolaire brazzavillois ». Ils lui demandent de les oindre comme "Etoilistes". Ainsi naît Etoile du Congo, en 1951. L’Etoile du Congo· coopère avec Renaissance B. Mais, en mars 1955, le divorce est consommé, après que Renaissance B a privé l’Etoile du Congo du titre de champion de la sous-ligue de Brazzaville, en la battant (2-1), lors du dernier match, au profit de l’A.s. gendarmerie « l’équipe de fer » promue championne...

Le divorce consommé, Renaissance B vole de ses propres ailes et devient, en 1960, Cara (Club athlétique renaissance-aiglon), avec le concours de Georges CONGOLELA et Daniel ONDOKA-NGOMBE « Vieux Koulet ».

La théorie de séparation des sportifs battue en brèche, débouche heureusement sur la tenue des rencontres « eurafricaines ».

A Pointe-Noire, une sélection africaine se frotte à l’A.s.p. (Association sportive ponténégrine) des Blancs. La rencontre tourne à l’avantage des autochtones (3-1) en 1952. Un an après, en août 1953, c’est au tour du C.a.b. de se frotter aux Diables noirs, entraînés par Aimé BRUN. Un résultat nul de 1 but partout sanctionne la rencontre.

Ces contacts augurent une suite heureuse et constituent un déclic. Les barrières s’écroulent progressivement.
Chapitre 3 NAISSANCE DE L’EQUIPE NATIONALE

MAMBEKE BOUCHER

Les débuts de l’équipe nationale peuvent se situer en 1953. Cependant, le 22 juillet 1954, la première sélection F.a.c. jouait pieds nus. Elle était uniquement composée d’Africains. Elle se présentait comme suit : François LIKOUNDOU, DUBELAIS SOMBO, Raphaël PAKWA, François LOULA, Albert LONDO « London », Léon BONGOU, Michel BOKOMBA, Louis BINA, Gaston DISSI « Perce Bois ».

La ligue de football de l’A.e.f. est créée le 12 Août 1953. La sous ligue de Brazzaville voit également le jour. Elle est présidée par le Père BURETH. Quatre Vice-présidents travaillent avec le père BURETH. Ce sont MANKOUNDIA Gilbert, Jacques NDINGA, Alphonse GONDI, MAMBEKE Bernard Boucher. Ces différentes institutions du football vont finalement permettre la création des sélections tantôt eurafricaines, tantôt africaines pour faire des matches avec des étrangers. En 1953, le père Pierre PEYRE, François DJEMISSI, SOMBO Dubelais, Jacques NDINGA, Pascal NKAKOU et MANKOUNDIA Gilbert conduisent une délégation au KATANGA. On peut parler là du premier match international des Brazzavillois à l’étranger. Les Congolais sont battus 1-3 par le Katanga et 1-6 contre la Rhodésie. MASSENGO Clément, SANGOU « DE LA DANSE », NOWA, DISSI Gaston « DOUBLE », BOKOMBA, BABELA, BOUEMIS Antoine, MESSAN, BIKINDOU Marcel, « MARTEAU », LOSSEBA, Ange BABOUTILA, MALANDA « Vignal » MABUNDU J. Pierre avaient fait le déplacement. Le 20 juin 1954, dans l’équipe eurafricaine qui rencontre les amateurs de France, figuraient neuf africains : Benoît DE CARVAUIO, MAYINGUIDI Etienne « Technicien », ASSAH Edouard, SANGOU « DE LA DANSE » MASSENGO Boniface, SAMBISSA « DEBLOVER », BABOUTILA Ange et COUBA Jean.

Les français l’emportent par 9 buts à 1, SANGOU « DE LA DANSE » qui a marqué l’unique but a été sorti. Est-ce parce que son tir était un boulet de canon ?

A la suite de cette cuisante défaite, les Africains membres des ligues sportives optent pour une sélection africaine. Papa ODIN les y encourage. MAMBEKE et MESSAN (Etoile du Congo) Boniface et Clément MASSENGO, BABOUTILA Ange (Diables-noirs), ELOUMA J. Pierre (Renaissance) concourent à la mise sur pied de la sélection de Brazzaville. La réunion se tient à la Coupole, chez papa ODIN.

En match d’entraînement contre la sélection africaine, la sélection brazzavilloise l’emporte par 7 buts à 1. Ce test passé, il faut conclure des matches à l’extérieur. MESSAN et CHANGO (deux Gabonais) ont pour mission de contacter Libreville. Les pourparlers aboutissent. Un DC 4 d’Air France débarque les Brazzavillois : 10 à 7, les Congolais signent leur première victoire internationale, le 11 septembre 1955, MASSENGO Boniface et AFISSOU les avant-centres congolais et gabonais se taillent la part du lion. MASSENGO marque sept fois et AFISSOU cinq fois.

Ce contact avec l’étranger amorcé, Bangui puis Léopoldville accueilleront les Brazzavillois. Il convient de souligner que les joueurs et dirigeants supportaient les frais de déplacement. Les retraits s’opéraient sur les salaires.
Voici la composition de la section de Brazzaville : MANTARI (Diables-noirs), MESSAN (Etoile du Congo), ELOUMA (Renaissance), MBOUMA (Renaissance), MAYALA (Lorraine), SAMBISSA (Diables-noirs), MASSENGO Boniface (Diables-noirs), MASSENGO Clément (Diables-noirs), MAYOUMA (Gendarmerie), IKONGA (Etoile du Congo), ATAKI SAMBA. « KOCSIS » (Lorraine), BAKANA (Renaissance), CHANGO (Cap), BABOUTILA (Diables-noirs).

Le 10 février 1955, à Brazzaville, la sélection reçoit FAC Vienne. MANTARI, BABOUTILA, MESSAN, GOMBO, MASSENGO Boniface, MASSENGO Clément, MAYALA, SAMBA, ELOUMA, IKONGA et MBOUMA sont alignés. L’équipe autrichienne est battue par 7 à 3.

En avril de la même année, à Bangui, la sélection de Brazzaville bat celle de Bangui par 7 à 1. MASSENGO Boniface qui s’est envolé pour la France intègre la Fédération sportive de France (F.s.f.), qui remporte deux victoires sur les autrichiens de l’Osterreichsche Turn Und Sport Union. Pendant ce temps, la sélection de Brazzaville vole de victoire en victoire. Au tournoi de la « Semaine de l’A.e.f. », Brazzaville, opposé aux gabonais et aux congolais de Léopoldville, est vainqueur en réunissant des scores éloquents : 6 à 2 contre le Gabon et 13 à 1 contre le Congo-Belge. Ceci se passe en Août (13-14 et 15). Le 11 septembre à Brazzaville, le Congo bat Léopoldville 4 à 0. Bangui subit aussi la douche congolaise. Les « Banguissois » sont écrasés à domicile 14 à 1.

La formation de BRUN, CHANGO et BERETTI devient insaisissable. Elle balaie tout sur son passage. Le dribble, la feinte et le tir, des atouts au service d’une collectivité habitée par la joie de jouer. Aucune formation ne peut arrêter la sélection brazzavilloise. A Léopoldville, Bangui, Libreville, Fort-Lamy on ne parle plus que d’elle.

Avant de tourner la page d’avant les premiers jeux africains de Brazzaville 1965, dans mes contacts avec les anciens Diables rouges, voici quelques anecdotes livrées par MASSENGO Clément et MAYANDA Hervé Fortuné
LIBREVILLE CONTRE BRAZZAVILLE : 3 BUTS ANNULES D’ENTREE
Nous arrivons à Libreville le soir pour un match contre Red star, un club local. Nous l’emportons par 6 buts à 4. Le lendemain, nous rencontrons la sélection de Libreville, regroupée depuis un mois. Brazzaville marque 3 buts qui sont refusés par l’arbitre. NDEY se fâche, je lui dis de ne pas se fâcher « je vais te faire encore des passes, fâche-toi contre le gardien de buts, il te suffit de taper comme un sourd ». Le message passe bien. NDEY marque successivement 3 buts. Libreville revient à 2 buts mais ne marque plus. La sélection de Brazzaville l’emporte finalement par 6 buts à 2.

Lorsque nous reviendrons en février 1955, avant le match de Fac Vienne à Brazzaville, CHANGO qui était avec nous auparavant, a regagné le Gabon. Il est désormais l’entraîneur de la sélection de Libreville.

En l’espace de 15 mn, nous encaissons 3 buts. AFISSOU, l’avant-centre gabonais, nous étouffe. A la mi-temps Libreville mène 5 buts à 2. Au repos, MAMBEKE Boucher, notre capitaine, exige de nous la victoire. « Jouez comme vous voulez mais il n’est pas question de perdre le match ». Nous égalisons à 5 buts partout pour l’emporter 10 buts à 7. Huit buts marqués en 2 ème période, il fallait le faire et nous l’avons fait.

J’ai oublié de vous dire que la veille nous avions joué le Red star. Après le match, comme nos frères gabonais connaissaient les Congolais fêtards, nous sommes invités au bar pour une soirée arrosée. Nos dirigeants nous interdisent des excès et de prendre des cavalières pour l’hôtel. Nous quittons la soirée à 3h00 ou 4 heures du matin.

En avril 1956, le Gabon veut prendre sa revanche à Libreville. Il est ridiculisé, puis battu par 11 buts à 1. Quand le Congo-belge veut faire pareil, il tombe également par 7 buts à 5. Mais en novembre, Léopoldville réplique et l’emporte 5 à 0. C’est le début d’un déclin. Un passage à vide marqué par la poussée du football « léopoldvillois » et les départs de BAMANA pour le R.c. Paris et IKONGA « Mermans » à Annecy.

En novembre les Congolais se réveillent à Bangui et gagnent 3-1. Léopoldville ne résistera pas et perd 4-2. En 1958, sur trois matches, les Congolais font un nul contre Ferroviaire de Luanda (4-4) battent Léopoldville 7-3 avant de s’incliner devant Léopoldville 2-5.
Chapitre 4 L’EQUIPE NATIONALE DU CONGO DANS LA COMPETITION INTERNATIONALE
Le 11 octobre 1958, la Ligue d’ A.e.f. éclate avec l’autonomie des quatre Etats. Sur ses cendres, la ligue du Congo présidée par MANKOUNDIA Gilbert voit le jour.
Le 16 février 1959, les Congolais sont battus à Abidjan 2-4, puis 2-
3. C’est l’entrée officielle de l’équipe nationale dans les compétitions internationales.

En avril 1960, le Congo participe aux premiers jeux de la Communauté qui se déroulent à Madagascar. Les joueurs suivants sont convoqués : KIBIASSI, NGANGA, BABOUTILA, LOUAKA, ELOUMA, BIBANZOULOU, PANDZOU, MAYALA, MASSENGO Clément, NDEY, LOUKOKI, IKONGA. Le Congo se classe 4 ème après avoir enregistré les résultats suivants :
Congo-Côte d’Ivoire : 3-1
Congo-Niger : 11-0
Congo-France : 1–4
Congo-Tchad : 4–2


Voici à nouveau Clément MASSENGO qui nous parle de l’avant match Congo-Côte d’Ivoire à Madagascar, puis du tournoi.

« Avant le coup d’envoi, dans les vestiaires, le chef de la délégation congolaise, monsieur. BIYOUDI, nous présente un télégramme du Président de la République Fulbert YOULOU ; télégramme dans lequel le Chef de l’Etat exige de nous une victoire sur la Côte d’Ivoire. Nous marquons notre étonnement. C’est alors que le chef de la délégation nous précise que monsieur le Président a fait un pari avec son homologue de la Côte d’Ivoire, monsieur Houphouët BOIGNY. Mission accomplie, nous battons la Côte d’Ivoire par 3 buts à 1.

Pour revenir au tournoi lui-même, nous jouons tous les jours, pas de remplaçants dans les équipes ; c’est le règlement de la compétition. Aussi, les blessés sont-ils obligés de poursuivre la partie. Après la victoire sur l’Ile de la Réunion, nous rencontrons le Cameroun. Nous enregistrons plusieurs blessés dans ce match. Nous étions vraiment en position de faiblesse devant le pays organisateur que nous rencontrons par la suite. Nous nous passons alors comme consigne de « jouer comme chacun le veut ». Battus 6 buts à 4, nous produisons pourtant un football champagne. A la fin de la partie, le public qui aime le football-spectacle se lève pour nous applaudir, malgré notre défaite et la victoire de son représentant. Le Congo, notre pays, est la seule équipe applaudie pendant le tournoi de football de ces jeux de la Communauté.

L’année d’après, 1961, les Congolais repartent du bon pied. Les 21 et 25 janvier, ils battent Reims par 5 buts à 2, puis par 4-2. LOUKOKI marque de son empreinte la première rencontre, confirmant son talent de meilleur footballeur congolais. Il est sollicité par Reims. Mais l’enfant chéri de notre football ne peut quitter le Congo. L’équipe nationale a encore besoin de lui. Les Rémois, venus pour entraîner les Brazzavillois, reçoivent une leçon congolaise.

Cinq mois après, les éliminatoires de la coupe des tropiques opposent le Congo au Gabon. Au match aller de Libreville, MATSIMA, ELOUMA, AMBARA, BIBANZOULOU, GAVO, HABIBOU Tall, MAYANDA Fortuné, MAKOUANA Gilbert, FROMANGEON, MABANZA, BIKOURI et DZABANA ne peuvent éviter la défaite. Inattendus sur le papier, les Gabonais frappent un grand coup pour l’emporter par 3 buts à 1 .Les Congolais prennent bien leur revanche à Brazzaville avec les rentrées de LOUKOKI, MAYALA et PENA. La victoire de 3 buts à 1 ne les qualifie pas. Des incidents ont suivi ce match retour. Voici comment Fortuné MAYANDA les explique : « dans l’avion de retour, avant l’atterrissage, dans leur malin plaisir pour expliquer la défaite, les joueurs gabonais s’enduisent de mercurochrome rouge sur le front et sur les bras. A la descente, ils déclarent avoir été battus par les Congolais. La nouvelle publiée par la presse enflamme la population qui s’en prend aux Congolais de Libreville et de Port-Gentil. Les Congolais, colliers au cou, sont rapatriés à Brazzaville par avion. Au vu de cela, les Congolais s’en prennent à leur tour aux Gabonais. Ces incidents font des morts de part et d’autre.

Le gouvernement congolais décide de débaptiser la rue des Gabonais en rue des Martyrs du 28 septembre, dans le quartier Moungali, à cet effet. La rue capitaine Tchoréré de Bacongo, devient rue Kitengué. »

Pour départager Gabonais et Congolais, un match d’appui est programmé à Bangui. Les Gabonais le refusent. Le Congo se qualifie, ainsi, à la phase finale de la coupe des tropiques qui se déroulera à Bangui.

Décidés à remporter la victoire finale, pour honorer les martyrs du 28 septembre, MATSIMA, ELOUMA, ELOUMA, GAVO, BIBAN-ZOULOU, MAYANDA, MAKOUANA, FROMANGEON, DZABANA, HABIBO TALL, MAYALA, LOUKOKI, MABANZA et BIKOURI, s’envolent pour Bangui. En ½ finales, les Congolais écrasent les Malgaches par 6 buts à 1. Les voilà qualifiés pour la finale où ils rencontrent le Cameroun vainqueur de la R.C.A par 4 buts à 2. D’une revanche à l’autre, voici celle contre le Cameroun. C’est par un retentissant 3-0 que MBAPELEPE et ses partenaires sont battus. Le Congo enlève la première coupe des Tropiques.

MAYALA Désiré « Larby » sera l’homme de la finale de Bangui. A leur retour à Brazzaville, le Président, l’abbé Fulbert YOULOU les décore dans l’ordre du mérite national. L’année 1962 redonne au football congolais sa place de grande nation de football. .L’équipe nationale est baptisée « Brésiliens de l’U.a.m. (union africaine et malgache)
En 1963, soit un an après, le Sénégal organise les Jeux de l’Amitié à Dakar. Deux matches contre le Congo-Léopoldville servent de répétition aux Brazzavillois. En février à Léopoldville, ils tiennent en échec les Kinois 3 buts partout. Un mois après, le Congo-Léopoldville est battu par 3 buts à 1. Ces différents résultats rassurent.
A Dakar le premier tour se passe bien : victoires sur la Côte d’Ivoire (3 à 2), le Congo Léopoldville (2 à 1), la Mauritanie (7 à 0).

Le Congo s’ouvre la route des ½ finales puis est battu par la Tunisie qui gagne par 2 buts à 0. MATSIMA, AMBARA, BIBANZOULOU, ELOUMA, MAYALA, GOLENGO, NDEY, MAYANDA, PENA, LOUKOKI, MANTARI, BATOUKEBA, BIKOURI et MOUMPALA manquent l’occasion de confirmer la santé du football congolais.

De retour à Brazzaville, le Président, l’abbé Fulbert YOULOU, reçoit la délégation congolaise. Nous allons retrouver Fortuné MAYANDA dans ses anecdotes : « MAKOUANA Gilbert est renvoyé au portail du palais. Devant ce refus des gendarmes, MAKOUANA repart à la maison. Il cherche une solution pour rentrer au palais. Il recherche puis trouve sa décoration de la coupe des tropiques, l’épingle sur sa veste. Le voilà reparti au palais présidentiel. Les gendarmes qui voient sa décoration se mettent au garde-à-vous pour lui céder le passage. Il fallait le faire ! »

En 1965, le Congo organise les premiers Jeux africains. Mais de février à novembre, le Congo enregistre des résultats en dents de scie, qui donnent le tableau ci-après :

Cameroun–Congo : 7–1
Congo–Sénégal : 3–1
Congo (4 ème à la 2 ème coupe des tropiques)
Congo–Mali : 1–0
Congo–Chatter (Urss) : 1–2

Après avoir tiré les leçons de 1964, le Congo entre dans une phase décisive, les préparatifs des premiers jeux africains. Ceux-ci doivent se dérouler à Brazzaville du 18 au 25 juillet 1965. A cette occasion, la capitale congolaise se dote d’un nouveau temple du football : le stade de la Révolution. Le Cameroun arrache un nul 4– 4, le Tchad succombe 11 à 0. La Guinée dresse la tête 1–2. Le Dahomey ne comprend rien, 6–1. Le Congo est prêt pour les premiers jeux africains. Les meilleures sélections du continent : Algérie, Côte d’Ivoire, Congo-Léopoldville, Mali, Ouganda, Togo, Madagascar, prennent part au tournoi de football. Mali, Ouganda, Togo comptent parmi les adversaires des Congolais.

Congo–Ouganda : 2–1
Congo–Mali : 1–2
Congo–Togo : 7–2

Les Congolais qualifiés en ½ finale rencontreront la Côte d’Ivoire, les Maliens étant opposés aux Algériens. Un but de MALOUEMA qualifie le Congo pour la finale que BIBANDZOULOU ne jouera pas puisque expulsé lors du match Congo-Mali des éliminatoires. Cette rencontre clôture les compétitions des premiers jeux africains. Les deux équipes jettent tous leurs efforts dans la bataille. Les gardiens de but sont soumis à un bombardement incessant. Ils plient mais ne rompent pas. Un résultat nul de 0–0 sanctionne la finale malgré les prolongations. Comme le règlement a prévu de départager les finalistes au nombre de corners en cas de résultat nul, les Congolais en totalisent plus et remportent donc la médaille d’or. Voilà le football congolais au sommet de la hiérarchie africaine. Mais combien de temps cela durera-t-il ? Pas longtemps en tout cas.
Le 17 octobre 1965, le Congo qui reçoit le Black star du Ghana, perd 2 buts à 1. Il s’écroulera le 24 octobre à Accra par 5 à 0.
Le 5 décembre, une sélection de Brazzaville ne peut résister devant Zénith et perd par 1 à 0.

L’année 1966 ne connaît pas d’activités marquantes, hormis les matches entre le Congo et diverses formations de Kinshasa.
Le Congo participe aux éliminatoires de la Coupe des Nations de football et ce, pour la première fois. Cet événement marque l’année 1967. Entretemps, le Congo bat la Roumanie par 1 but à 0. DZABANA « Jadot » signe la victoire congolaise par un magnifique but. Les Léopards sont trop forts pour les Congolais qui sont battus 4 buts à 1. Si TANDOU, BOUKAKA, ONDJOLET, NZABANA, SAMBA Gabriel, MIERE « Chine », ONGAGNA ont donné la médaille d’or des premiers Jeux africains au Congo, d’autres font leur entrée pour la Coupe des Nations. Ce sont, entre autres, MATSIMA, NGASSAKI, Félix SAMBA, FOUTIKA Jeannot, AKOUALA Louis…

Les Congolais débutent à l’extérieur avant de terminer à Brazzaville. Ils commencent à Tunis. DZABANA marque à la 40 ème seconde, le Congo tient la Tunisie en échec sur son terrain (1-1). MATSIMA réussit un match fantastique grâce à ses arrêts.
A Yaoundé, le Cameroun est également tenu en échec 1 à 1, le 26 février.

La Tunisie ne se présente pas à Brazzaville. Pour se qualifier, le Congo devra battre le Cameroun le 21 mai à Brazzaville. Ce qui se fait, puisque les Congolais l’emportent par 2 buts à 1, ONGAGNA signant la qualification en obtenant le but de la victoire.

Pour la première fois, le Congo participera à la phase finale de la Coupe d’Afrique des Nations en Ethiopie. Afin de s’y préparer, il conclut de nombreuses rencontres amicales. La plus célèbre restera sans conteste celle qui oppose le Santos FC de Pelé au Congo, le 7 juin au stade de la Révolution. Il pleut en pleine saison sèche. Cependant personne ne quitte le stade de peur de perdre sa place. Le stade ne peut contenir tout son monde. Pour la première fois depuis sa création, le grand stade de la Révolution fait le plein.
La pluie ayant cessé de tomber, la partie débute. Les Congolais ouvrent la marque par MBONO « Sorcier », Santos égalise. BIKOURI redonne l’avantage aux Congolais, Santos revient au niveau de « Congo sport », puis gagne par 3 buts à 2. Les Congolais sont les seuls à avoir marqué deux buts aux Brésiliens pendant leur tournée africaine.

Voici les résultats des autres matches :

Congo–Sélection de Kinshasa : 3–1
Congo–Tanzanie : 6–1
Congo–Sao Paulo : 2–2
Mali–Congo : 0–1
Congo–Chakteur (Urss) : 2–2

Ces résultats rassurent les Congolais pour la phase finale de la Coupe d’Afrique des Nations.

Mais à Asmara, les Congolais font piètre figure, comme le démontrent ces résultats :

Congo–Congo Kinshasa : 0–3
Congo–Sénégal : 1–2
Congo–Ghana : 1–3

La campagne d’Ethiopie est un échec. Asmara ruine les espoirs congolais. Le béton n’est pas payant.

BIKOURI Jean Chrysostome, la seule satisfaction congolaise, est désigné par la presse sportive comme un des meilleurs ailiers droits du tournoi.
Jusqu’à la fin de l’année 1968, le football congolais cherche un nouveau souffle. C’est dans ces conditions que je suis de près son histoire.

Le premier déplacement avec l’équipe nationale, je l’effectue en Côte d’Ivoire, à Abidjan à la fin 1968. Les sélectionnés sont convoqués une semaine avant le départ. Nous sommes en saison des pluies. Comble de malheur, il pleut toute la semaine et l’équipe ne peut pas s’entraîner. La séance d’une heure que BIBAN-ZOULOU dirige au stade Champroux, de Treichville, un des théâtres des Jeux de l’Amitié de 1961 semble insuffisante pour rencontrer la Côte d’Ivoire. MISSOLEKELE Prosper, secrétaire général du Cominas (Comité national des sports), chef de la délégation exige la discipline, étant donné que l’hôtel où nous sommes descendus se situe à Treichville.

Le dimanche, ELOUMA, ancien des « Brésiliens de l’u.a.m. » s’associe aux dirigeants pour prodiguer des conseils aux joueurs. Est-ce suffisant pour rencontrer la formation de MANGLE et de Laurent POKOU ? Les Congolais n’ont plus jamais perdu devant les Ivoiriens, après février 1960. Mieux armés que nous, ils sont pourtant tenus en échec, aucun but de marqué. Satisfaction dans les rangs congolais, composés de MINDOU « Nzimini », POATY « Dolido », MATOUBA, OMBELLE, ITSA, MAYANDA BIKOURI, DZABANA « Jadot », AKOUALA, NGASSAKI…

Les rencontres entre l’équipe nationale et des formations du Brésil, Portugueso et Bonsucesso, préparent la deuxième venue de PELE et le F.c. Santos à Brazzaville.

Le 19 janvier 1969, Santos bat la sélection du Kouilou à Pointe-Noire 3–0. Quarante-huit heures plus tard, Santos se produit au stade de la Révolution archicomble. MATSIMA, NIANGOU, OMBELE, NGASSAKI, MPELE, NDOLOU, AKOUALA, FILANKEMBO, MBONO, DZABANA, FOUNDOUX « Moulélé », BIKOURI, ITSA sont alignés. Comme en 1967, les Congolais ouvrent la marque par MBONO. Le stade exulte. Santos égalise mais BIKOURI redonne l’avantage au Congo. Santos égalise une seconde fois avant de s’assurer le gain de la partie par Manuel MARIA, un ailier véloce.
Deux jours après PELE et le FC Santos, les Sénégalais de passage à Brazzaville, croisent le fer avec le Congo. Un petit public répond à l’appel. Le jeu sénégalais est mieux organisé, cependant, les Congolais l’emportent par 1 à 0.

Le 29 mars, soit un mois après, les Congolais chaussent à nouveau les bottines, Rennes, équipe de France de 1 ère division en tournée en Afrique est à Brazzaville pour un match amical. C’est en nocturne que se joue la rencontre. Les Rennais avec TAKAC sont applaudis, tellement leur jeu plaît. Bonne circulation de balle, démarquages incessants. Tandis que Rennes domine, BIKOURI marque deux fois et signe la victoire congolaise. Le Congo bat l’équipe de Rennes par 2 buts à 0.

En juillet 1969, les Congolais disputent leur quatrième match de l’année : leur adversaire, la Tunisie. Cette Tunisie qui ne s’était par présentée à Brazzaville en 1967 pour le match retour des éliminatoires de la Coupe des Nations de football. La Confédération africaine de football avait menacé de suspension la Fédération tunisienne de football et exigé d’elle un match à Brazzaville pour dédommager la Fe.co.foot. Un public des grands jours prend d’assaut le stade de la Révolution, le 13 Juillet. Les Congolais se présentent avec MATSIMA, MATOUBA, OMBELLE, FILANKEMBO, NDOLOU, BALEKITA, AKOUALA, FOUNDOUX « Moulélé », DZABANA « Jadot », BIKOURI, MBONO. Ils l’emportent par 4 à 1. (MBONO (2), FOUNDOUX « Moulélé » (1). DZABANA « Jadot » (1). MBONO réussit notamment un but superbe, le 4 ème . Après avoir éliminé deux adversaires, il se présente devant le goal qu’il bat irrémédiablement. Quelques minutes auparavant, sur une action similaire, il avait été sifflé hors jeu.

Pour son dernier match en équipe nationale, FOUNDOUX « Moulélé » terminait capitaine et en beauté. BALEKITA Jean Bertrand « Zézé » quittait également la nationale, mais pour la France.

Le 15 août, pour l’anniversaire de la Révolution, le Congo reçoit la Côte d’Ivoire. L’équipe a subi beaucoup de changements. ONDJELET Maurice est appelé pour évoluer avec TANDOU, DENGAKI, OMBELLE, NGASSAKI, BOUKAKA, MINGA, NDOULI, BAHAMBOULA, MAYANDA, BATIAKA « Maillot ». Les Ivoiriens ouvrent le score. ONDJOLET égalise pour le Congo. Un petit match. !

Pour terminer l’année, deux rencontres : Congo–Guinée le 12 novembre et Congo Rostov (Urss) le 22 novembre. Un résultat nul les sanctionne pareillement (1-1). Trois matchs nuls à domicile, ça n’est pas de bon augure pour la Fédération congolaise de football.

En 1970, le Congo ne participe pas aux éliminatoires de la Coupe des Nations de football. Objectif : rajeunir l’équipe pour préparer la 8 ème Coupe des Nations qui se déroulera au Cameroun. Cette sage décision d’Henri ELENDE, ancien champion congolais du saut en hauteur, désormais Haut commissaire aux sports, est accueillie diversement. Le département des sports garde la tête froide. Un an après, la Fe.co.foot engage son équipe aux éliminatoires de Yaoundé 72 qui commencent en novembre. Le 1 er match se fait contre le Nigéria à Lagos, le 8 puis le retour, le 22 à Brazzaville. Les joueurs gagnent Lagos par la route. TANDOU, DIAMESSO, OMBELLE, BOUKAKA, DENGAKI, MINGA, NGASSAKI, AKOUALA, OKABELE, BIKOURI, DZABANA, MOUKILA, MAYANDA, FOUTIKA, BAHAMBOULA, POATY, MBEMBA Paul sont du déplacement. A Cotonou, le 1 er novembre, le Dahomey bat le Congo 3 à 2. Deux buts à l’extérieur représentent un signe d’encouragement.

Arrivée le 6 novembre à Lagos, la délégation congolaise apprend que le match se joue à Ibadan. Discussions interminables. A midi les Congolais n’ont pas encore mangé et attendent à l’aéroport d’Ikedja, l’avion d’Ibadan. Ils atteignent la ville vers 16 heures. Au lieu de les installer à l’hôtel, des matelas sont posés à même le sol, avec quelques moustiquaires dans la grande maison d’un particulier. Voilà l’hébergement réservé à des joueurs venus pour disputer un match officiel ! Ça n’est pas tout. Les Congolais ne pourront manger qu’aux environs de minuit. Cette guerre psychologique a pour but de décourager l’adversaire afin de mieux l’abattre. Le stade se trouve en dehors de la ville. Petit par ses dimensions, il n’a rien à envier au stade de la Révolution quant à la qualité de la pelouse et aux soins particuliers apportés à l’entretien des installations. Il est plein à craquer ce 8 novembre. Les pronostics vont en faveur des visiteurs. Les Nigérians contrôlent le plus grand nombre d’occasions, mais manquent d’inspiration à la conclusion. La plupart de leurs balles passent soit au-dessus de la barre soit au-delà des buts. Les Congolais subissent le match. Seulement le nul (0–0) acquis à l’extérieur leur permet d’envisager le match retour avec une certaine confiance.

Les joueurs suivants étaient alignés : TANDOU, OMBELLE, BOUKAKA, DENGAKY, NGASSAKI, AKOUALA, OKABELE puis MINGA, BIKOURI, MOUKILA, MAYANDA, FOUTIKA.
Une réception avec orchestre est organisée le soir du match.

Le lendemain lundi 9 novembre, Monsieur KALALA (Zaïre), Commissaire du match appelé par les responsables Congolais, visite le lieu d’hébergement des joueurs à Ibadan. Au sortir du Nigeria, on suggère de recevoir la délégation nigériane à l’hôtel du « Petit Logis ». C’était en tous cas dix fois mieux que la maison du particulier d’Ibadan. Cependant les Nigérians à leur arrivée seront au Cosmos hôtel, fierté de la ville. On avait oublié le 6 novembre. Après tout, l’hospitalité congolaise aurait souffert de tels agissements. En outre, pour mériter la victoire, il faut mettre l’adversaire à l’aise sachant que le sport n’est pas la guerre !

A Brazzaville, les formations suivantes s’opposent : TANDOU, OMBELLE, AKOUALA, BOUKAKA, POATY, BAHAMBOULA, MBEMBA–TOSTAO, MAYANDA, MBEMBA Paul, MINGA, DZABANA « Jadot », BIKOURI, puis MOUKILA, pour le CONGO.

FREGENE, IGWE OUOKWO, RAFAT, DEDIARE, BRODRICK, BODE, HASSAN, FRED, GARBA, LAYIWOLA, pour les Aigles
Verts du Nigeria.
Match équilibré, les Congolais gagnent par 2 à 1. La manière n’a guère convaincu mais le résultat est là. MAYANDA Emmanuel réussit le doublé, le but décisif est obtenu sur pénalty. Le Congo se qualifie ainsi pour le deuxième tour des éliminatoires de la Coupe des Nations (8 ème édition). Prochain adversaire : la Côte d’Ivoire.

La préparation au deuxième tour sera très difficile. BIBANZOULOU Adolphe « Amoyen » est limogé. OBA Michel, Directeur technique, assure également les fonctions d’entraîneur.
La sélection formée est sans âme, « JADOT » reste le seul rescapé. En janvier 1971, la sélection de Kinshasa en visite à Brazzaville est battue par 4 à 1. Il ne faut pas encore crier victoire, le chemin à parcourir semble long.

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