S orienter dans les domaines artistiques et culturels
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S'orienter dans les domaines artistiques et culturels

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Description

Comment trouver sa voie dans les domaines artistiques et culturels ? Coment choisir le métier qui nous correspond le mieux ? Peut-être en se posant les bonne questions : "Qui suis-je ?" et "Qu'est-ce que je veux faire de ma vie ?"


Corinne Bocher propose une méthode simple et originale pour s'orienter dans le dédale des domaines artistiques et culturels : graphisme, cinéma, photographie, design d'objet, textile, médiation culturelle, conservation et restauration de patrimoine, etc.


Grâce à cet ouvrage, vous allez construire votre propre carnet de bord, étape par étape, en commençant par définir ce qui vous caractérise ; votre histoire de vie, vos aspirations, vos qualités, vos valeurs... Puis vous découvrirez tous les métiers qui pourraient vous correspondre. Au-delà des plus connus, un répertoire vous permet d'en identifier beaucoup d'autres du côté de la réalisation, de la production et de la diffusion, qu'ils soient créatifs et/ou techniques. Enfin, vous allez déterminer la formation la plus adaptée, l'école la plus à même de vous accueillir. La liste est longue, mais les schémas synthétiques permettent de se repérer domaine par domaine et de révéler les points entre les filières.


Largement illustré, ce livre vous questionne, vous donne de nombreux conseils, et de multiples témoignages vous éclairent sur les parcours possibles.


Il n'existe pas une seule voie pour faire des études, mais plusieurs. Qui, mieux que vous, peut déterminer l'orientation qui vous convient le plus ? Le carnet de bord vous incite à formuler clairement votre projet.



  • Qui suis-je ?

  • Quel métier choisir ?

  • Quel plan d'action mettre en oeuvre ?

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Informations

Publié par
Date de parution 07 juillet 2011
Nombre de lectures 63
EAN13 9782212412697
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0097€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait


Corinne Bocher propose une méthode simple et originale pour s'orienter dans le dédale des domaines artistiques et culturels : graphisme, cinéma, photographie, design d'objet, textile, médiation culturelle, conservation et restauration de patrimoine, etc.


Grâce à cet ouvrage, vous allez construire votre propre carnet de bord, étape par étape, en commençant par définir ce qui vous caractérise ; votre histoire de vie, vos aspirations, vos qualités, vos valeurs... Puis vous découvrirez tous les métiers qui pourraient vous correspondre. Au-delà des plus connus, un répertoire vous permet d'en identifier beaucoup d'autres du côté de la réalisation, de la production et de la diffusion, qu'ils soient créatifs et/ou techniques. Enfin, vous allez déterminer la formation la plus adaptée, l'école la plus à même de vous accueillir. La liste est longue, mais les schémas synthétiques permettent de se repérer domaine par domaine et de révéler les points entre les filières.


Largement illustré, ce livre vous questionne, vous donne de nombreux conseils, et de multiples témoignages vous éclairent sur les parcours possibles.


Il n'existe pas une seule voie pour faire des études, mais plusieurs. Qui, mieux que vous, peut déterminer l'orientation qui vous convient le plus ? Le carnet de bord vous incite à formuler clairement votre projet.



  • Qui suis-je ?

  • Quel métier choisir ?

  • Quel plan d'action mettre en oeuvre ?

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À Bernard Liétard Remerciements
Je remercie celles et ceux qui ont contribué à la réalisation de cet ouvrage, en particulier Nathalie avec qui j’ai eu grand plaisir à travailler, Claire pour ses précieuses relectures, Anastasia et Céline pour leur collaboration, Pierre pour son soutien et sa patience, et toutes les personnes rencontrées dans le cadre de la construction de leur projet personnel et professionnel.
Je remercie également Alan Dunne (alandunne.perso.neuf.fr), Benjamin Fourcy, Clément Aubry, Jeanpascal Février ( www.jeanpascalfevrier.fr ), Julien Lauret et Michel Kirsch, qui ont offert leurs œuvres pour illustrer mon propos.
Révision : Frédérique Gest Conception graphique et mise en pages : Nord Compo, Villeneuve d’Ascq Design graphique des schémas de formation : Benjamin Fourcy 2010 En couverture : œuvre de Nuria Mora et Eltono, Portugal, 2005 – www.nuriamora.com – www.eltono.com
© 2011, Groupe Eyrolles 61, boulevard Saint-Germain 75240 PARIS CEDEX 05 www.editions-eyrolles.com
ISBN : 978-2-212-12784-3
Tous droits réservés. Aux termes du Code de la propriété intellectuelle, toute reproduction ou représentation intégrale ou partielle de la présente publication, faite par quelque procédé que ce soit (reprographie, microfilmage, scannérisation, numérisation…) sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. L’autorisation d’effectuer des reproductions par reprographie doit être obtenue auprès du Centre Français d’exploitation du droit de Copie (CFC) – 20, rue des Grands-Augustins – 75006 PARIS.
Quel parti prendre ? Où suis-je, et qui dois-je être ?
Né dépourvu, dans la foule jeté,
Germe naissant par le vent emporté,
Sur quel terrain puis-je espérer de croître ?
Comment trouver un état, un emploi ?
Sur mon destin, de grâce, instruisez-moi.
Il faut s’instruire et se sonder soi-même,
S’interroger, ne rien croire que soi,
Que son instinct ; bien savoir ce qu’on aime ;
Et, sans chercher des conseils superflus,
Prendre l’état qui vous plaira le plus.
Voltaire, Le Pauvre Diable .
SOMMAIRE Introduction 9 PARTIE 1 / QUI SUIS-JE ? 14 Qu’ai-je vécu jusqu’ici ? 19 Quels sont mes centres d’intérêt ? 31 Quels sont mes atouts ? 41 Quelle est ma personnalité ? 51 Qu’est-ce que j’attends de ma future vie professionnelle ? 59 Quelles sont mes conditions idéales de vie ? 73 À quoi ressemble mon profil ? 85 PARTIE 2 / QUEL MÉTIER CHOISIR ? 92 Choisit-on un métier pour la vie ? 97 Comment découvrir les métiers qui me plairaient ? 107 Le répertoire des métiers artistiques et culturels 119 Comment choisir le métier que j’aimerais exercer ? 137 PARTIE 3 / QUEL PLAN D’ACTION METTRE EN ŒUVRE ? 148 Quel type de formation choisir ? 153 Les schémas des formations 167 / Les formations liées à l’image fixe 167 / Les formations liées à l’image animée 171 / Les formations liées à l’objet artisanal et industriel 176 / Les formations liées à l’objet textile 180 / Les formations liées à l’espace 184 / Les formations liées au spectacle vivant 189 / Les formations liées aux techniques du spectacle vivant 193 / Les formations liées à l’écriture 197 / Les formations liées à la production, la diffusion et la médiation 201 / Les formations liées à la conservation et la restauration du patrimoine 206 Quel est mon projet ? 213 ANNEXES 217 Quelques adresses utiles 217 Glossaire 218 Les sigles 220 Biographie de l’auteur 223

INTRODUCTION
Être orienté ou apprendre à s’orienter ?
Dès la fin du collège et plusieurs fois au cours de notre scolarité, nous sommes confrontés à la question de l’orientation, qu’il s’agisse d’un problème de choix de filière ou d’école. Ces questions sont d’autant plus difficiles à résoudre qu’il existe souvent plusieurs voies, et que généralement nous n’en connaissons que très peu. Et si nous prenions les choses à l’endroit ? Il s’agirait de commencer par réfléchir à qui nous sommes, à nos atouts comme à nos besoins, puis aux activités professionnelles que nous aimerions exercer plus tard et qui conviendraient à notre profil, avant de décider vers quelle formation nous diriger.
Pour beaucoup, il est difficile de penser un projet professionnel, même si depuis quelque temps les professeurs principaux et les conseillers en orientation invitent les élèves à y réfléchir. L’orientation fait souvent peur. Peur de s’engager dans une voie qui ne nous plaira peut-être pas, peur de se tromper, peur que le projet soit définitif et que nous ne puissions plus faire machine arrière, peur que ce nous avons choisi engage toute notre vie. Pour beaucoup, l’orientation est donc source d’angoisse sans savoir à qui se fier.
Mon expérience dans l’orientation vers les domaines artistiques et culturels me démontre chaque jour qu’un projet n’est jamais définitif, même s’il est vrai que certains chemins ouvrent sur de larges horizons, alors que d’autres nous conduisent à nous spécialiser très tôt. En cas d’erreur, il existe toujours des moyens de modifier notre trajectoire, quitte à passer par les « petites portes ». Il est extrêmement rare qu’il existe une seule voie, une seule formation pour accéder à un métier et beaucoup de personnes ne connaissent pas l’ensemble des écoles publiques qui forment dans un domaine précis, notamment celles qui relèvent du ministère de la Culture sont méconnues. Je pense qu’il n’y a pas de voie « royale », mais que certaines peuvent nous convenir mieux que d’autres.
Je pense également qu’il est difficile de se projeter dans un métier sans savoir en quoi il consiste réellement et sans en avoir fait l’expérience. De surcroît, le monde évolue, les métiers aussi, et nous ne connaissons pas ceux qui émergeront dans un proche avenir. Les métiers artistiques et culturels font souvent peur, car ils sont rarement associés aux notions de stabilité et de sécurité de l’emploi. L’image de l’artiste ou du créateur est encore trop souvent liée aux difficultés qu’il rencontre à ses débuts. N’est-ce pas le même problème pour d’autres professions ? J’aimerais avancer qu’au contraire, les études artistiques préparent les étudiants aux transformations du monde du travail, c’est-à-dire à être capables d’adaptation, de flexibilité, d’autonomie, d’imagination, de créativité… Ceux qui s’y engagent le font souvent par passion, et c’est un moteur essentiel pour vivre notre vie. Ceci dit, en gardant les pieds sur terre, il existe de nombreux débouchés, mais peutêtre différents de ceux dans lesquels tout le monde souhaite s’engouffrer. Les métiers trop médiatisés pendant quelques années offrent moins de débouchés par la suite, car la demande devient supérieure à l’offre. C’est logique. La question des débouchés est donc vaste, et je tente d’y apporter des éléments de réponse tout au long de cet ouvrage, et plus particulièrement dans la troisième partie.
Dans tous les cas de figure, il est important d’apprendre à s’orienter plutôt que d’être orienté parce qu’ainsi, nous devenons maîtres de notre trajectoire et de nos choix. C’est la raison d’être de SODA, le service d’orientation spécialisé dans les domaines artistiques et culturels. Cette association propose d’accompagner les personnes dans leur recherche d’orientation lors de modules de formation et de séances individuelles. Il ne s’agit pas d’orienter ces personnes, mais de les conduire à apprendre à s’orienter de façon à ce qu’elles construisent leur projet personnel et professionnel.
Pourquoi apprendre à s’orienter ?
Il semble essentiel d’apprendre à s’orienter pour plusieurs raisons. Premièrement, nous devrons nous orienter sans doute plusieurs fois au cours de notre vie pour faire évoluer notre parcours professionnel (cette question est traitée dans la deuxième partie de l’ouvrage). Il semble donc important de développer la capacité d’être acteur de notre orientation. Même si les conseils sont toujours bons à entendre, nous sommes les mieux placés pour déterminer le chemin que nous souhaitons emprunter, à condition de connaître ceux qui sont praticables et de pouvoir peser le pour et le contre.
Deuxièmement, les domaines artistiques et culturels, peut-être plus que d’autres, requièrent un fort degré d’autonomie. Il faut être souvent débrouillard, alerte, mobile, renseigné et doté d’un bon réseau relationnel. Le fait d’apprendre à nous orienter nous permet d’être plus autonomes, et ceci à plusieurs niveaux. Par exemple, lors d’un entretien pour entrer dans une école, nous devons justifier notre choix et parler de la perspective dans laquelle nous sommes. Comment argumenter de manière pertinente si nous n’avons pas mené une réflexion de fond ?
Enfin, chaque année, trop d’élèves mal orientés s’engagent dans des formations qui ne sont pas adaptées à leur parcours. Mal informés sur les contenus et les modalités d’enseignement, ils n’en connaissent pas les exigences et sont insuffisamment préparés. Ils découvrent souvent tardivement que les débouchés sont restreints ou que la finalité de ces formations ne leur convient pas. Cela signifie que le choix de la formation n’est pas le fruit d’une réflexion approfondie. Conséquence : un étudiant sur trois échoue en première année d’études supérieures. Savoir s’orienter est un moyen de réduire toutes ces incertitudes et de renforcer notre détermination. Cette démarche est fondamentale pour exercer une activité professionnelle dans les domaines artistiques et culturels.
Comment pouvons-nous apprendre à nous orienter ?
Au cours de cet ouvrage, je propose d’acquérir une méthode. Il s’agit d’une démarche active pour se mettre en mouvement. Il est possible qu’à l’issue du travail de recherche le projet ne soit pas parfaitement défini, car il peut s’affiner au cours des actions entreprises par la suite. En revanche, les connaissances acquises lors de l’élaboration du projet permettront de le réajuster : la démarche passe par l’élaboration d’un carnet de bord qui permet de garder des traces de toutes les recherches effectuées.
La construction d’un projet personnel et professionnel nous conduit d’abord à nous questionner sur ce que nous sommes, sur nos désirs, nos attentes, nos qualités comme nos défauts. Nous sommes les mieux placés pour faire ce travail d’investigation sur nous-mêmes et il est essentiel.
La méthode nous invite ensuite à explorer les environnements professionnels. Nous ne connaissons pas tous les métiers. Nous pouvons être attirés par ceux dont nous entendons parler le plus, ceux qui « ont la cote », ceux que nous présentent les écoles sur les salons par exemple, ou dans les magazines. Qu’en est-il de tous les autres ? Peut-être que l’un d’entre eux pourrait nous plaire. Comment nous orienter si nous ne connaissons pas les métiers existants ? La documentation en la matière est fertile mais enquêter sur le terrain se révèle primordial. Encore faut-il ne pas en avoir peur.
Après avoir découvert ou affiné la connaissance des différents métiers d’un secteur d’activité qui correspondraient à notre profil et à nos attentes, il est plus aisé d’identifier différents parcours d’accès possibles pour atteindre nos objectifs. La méthode nous conduit à déterminer comment et où se former et, d’une manière générale, les actions à mettre en œuvre.
Pour être efficace dans la construction de notre projet personnel et professionnel, il est fortement conseillé d’adopter une attitude de curiosité et un esprit d’ouverture. Il s’agit de se mettre en éveil et de se tenir prêt à accueillir l’information, même si elle ne nous convient pas de prime abord.
Il est important de faire preuve de sens critique vis-à-vis des informations recueillies, car toute recherche comporte des risques d’erreur qui proviennent de nos idées, de nos représentations, de nos a priori et de la confiance que nous accordons à une source d’information. Nous récoltons parfois des informations contradictoires. Il est nécessaire de croiser les données, de multiplier les recherches et de recueillir des témoignages variés.
En résumé, apprendre à s’orienter, c’est se donner les moyens de faire des recherches sur soi-même, sur des métiers, sur des formations et des écoles. Ces recherches nous conduisent à faire des choix réfléchis plutôt que de laisser les autres faire ces choix à notre place.
Cette méthode est expérimentée depuis des années, notamment dans certaines universités. Elle prend sa source à partir de ce que les Canadiens appellent l’« ADVP » * . Elle s’appuie également sur le courant de recherche sur les histoires de vie * . Elle s’inscrit dans les nouvelles pratiques en orientation préconisées pour tenir compte de l’individu dans sa globalité.
Pouvons-nous suivre seul(e) la méthode du carnet de bord ?
Comme pour tout savoir à acquérir, il est préférable d’être accompagné pour entreprendre ce travail. Cependant, cet ouvrage constituera un bon support pour les personnes les plus autonomes et une première approche pour les autres. L’autoévaluation n’est pas toujours facile à faire puisque nous sommes par nature des êtres subjectifs. Nous avons tous tendance à chercher ce qui nous conforte dans nos pensées, alors qu’un tiers pourrait nous ouvrir d’autres horizons peut-être plus favorables à notre épanouissement. SODA propose d’acquérir cette méthode généralement en petits groupes, ou en accompagnement individuel pour ceux qui le souhaitent. Le groupe favorise l’échange, l’élargissement des connaissances et la confrontation des idées.
Ceux qui cherchent une méthode infaillible et des certitudes ne trouveront pas ce qu’ils cherchent. Il n’existe pas une seule réponse, il y a des choses vraies pour certains, pas pour d’autres et vice-versa. Ce qui suppose d’être capable de discernement, de nuance et d’analyse. Voilà sans doute la part la plus complexe lorsque nous sommes seuls devant les éléments que nous collectons.
J’espère que chacun saura tirer profit de cette méthode, et que j’aurai éclairé le chemin du plus grand nombre.
Comment utiliser le carnet de bord ?
Le carnet de bord est à la fois une méthode et un support d’accompagnement de l’élaboration du projet d’orientation.
La démarche proposée dans cet ouvrage nous invite à écrire pour nous-mêmes. Même si nous avons l’impression de bien nous connaître, l’écriture nous confronte avec nos idées, en nous conduisant à mettre noir sur blanc ce que nous avons en tête. Dans la perspective de construire notre projet personnel et professionnel, nous allons nous interroger, chercher des informations et les traiter. Le carnet de bord permet de prendre des notes sur ce cheminement et de matérialiser cette expérience. Il témoigne de notre réflexion. C’est une trace, un objet qui permet de conserver toutes les recherches effectuées.
Le carnet de bord est un cadre dont nous délimitons nous-mêmes les dimensions. Il peut prendre toutes les formes imaginables. Nous sommes nombreux à préférer écrire sur ordinateur. Dans ce cas, il est conseillé d’imprimer nos documents pour ne pas les perdre et d’utiliser un classeur avec des pochettes plastiques et des intercalaires pour les conserver, au fur et à mesure de leur collecte. D’autres choisiront peut-être un cahier dans lequel ils écriront à la main. D’autres encore le conçoivent comme un carnet de voyage dans lequel ils consignent le moindre petit bout d’idée, des images, des exer cices, des éléments de documentation, etc. Le plus important est de le constituer pas à pas, selon la démarche indiquée chapitre après chapitre et illustrée par des exemples. Tous les exemples cités dans cet ouvrage sont réels, bien que les prénoms aient été modifiés dans un souci de confidentialité. Ils ont été recueillis lors des modules que j’anime à l’université et à SODA.
Cet objet nous suivra tout au long de la vie, puisque nous serons conduits à faire évoluer notre vie professionnelle. C’est un objet évolutif, qui peut s’étoffer progressivement. C’est aussi une réserve d’informations sur soi qui peut nous servir dans beaucoup de situations. Par exemple, il sera utile lors de la préparation d’un entretien dans le cadre d’une candidature dans une école supérieure où il s’agira d’exposer nos motivations.
N’oublions pas que réaliser un carnet de bord est un engagement vis-à-vis de soi et de personne d’autre et même si ce n’est pas un journal intime, c’est un objet personnel. Le carnet de bord est un objet à conserver. Prenons-en soin.

* Les termes suivis d’une astérisque sont définis dans le glossaire à la fin de l’ouvrage.
QUI SUIS - JE ?
PARTIE 1

« Connais-toi toi-même… » disait Socrate. Ce fi ls de sage-femme parlait « d’accoucher les idées logées dans le soi ». Mais qui est ce « soi » ? L’objectif de cette partie est d’identifi er ce que nous sommes, cette personne que nous croyons parfois bien connaître et parfois pas du tout selon les individus. Quelles sont nos idées pour l’avenir ? Certains sont capables de les identifi er facilement, mais pour d’autres elles demeurent trop vagues. Au-delà des idées, il est important de déterminer nos envies, nos besoins, nos atouts, nos conditions de travail idéales, ce que nous ne voulons absolument pas vivre et ce que nous souhaitons découvrir. Partir à la recherche de ce « soi » est la première étape de la construction d’un projet personnel et professionnel.

CHAPITRE 1
QU’AI-JE VÉCU JUSQU’ICI ?

L’objectif de ce chapitre est de chercher dans notre vécu les éléments qui pourraient avoir une influence sur notre vie professionnelle et notre vie personnelle. Il s’agit de la première phase d’identification de notre profil.
C e que nous avons vécu jusque-là peut nous conduire à faire certaines choses et pas d’autres. Notre vécu détermine des choix. Ces choix peuvent être faits consciemment ou inconsciemment, parfois par habitude. Cette recherche est parfois l’occasion de faire émerger des idées dont nous n’avions pas conscience. Dans le cas où nous avons déjà des idées quant à notre avenir professionnel, cette recherche peut révéler comment ces idées se sont construites. L’analyse des éléments collectés permet de distinguer ce qui est déterminé par le milieu dans lequel nous avons grandi et notre éducation de ce qui repose sur notre personnalité et notre relation au monde.
Émile est éclairagiste dans une troupe de théâtre itinérante. Il lui semble naturel d’exercer un métier pour lequel il faut être souvent sur les routes : son père était représentant de commerce. Il se peut que cette activité nomade ait été choisie délibérément, mais il se peut aussi que ce choix ne lui corresponde pas complètement.
Nous pouvons avoir tendance à reproduire nos habitudes de vie, sans nous demander si cela nous convient ou non. Il est donc intéressant d’identifier ce qui nous constitue et de prendre du recul pour savoir si ces idées nous appartiennent ou si nous reproduisons un fonctionnement qui ne nous appartient pas et que nous regretterons sans doute plus tard.
La démarche d’« histoire de vie »* ou de « récit de vie » est, parmi d’autres, un moyen d’explorer notre passé afin d’observer ce qui nous a construits jusqu’alors. Cette phase d’exploration nous aide à élaborer un projet personnel et professionnel en cohérence avec ce que nous sommes. Il s’agit d’écrire tout ou partie de notre vie passée. C’est une sorte d’autobiographie.
Comment parler de nous-mêmes en étant objectifs ?
Nous sommes bien évidemment subjectifs lorsque nous posons un regard sur nous-mêmes. Le fait d’écrire notre histoire de vie* peut nous conduire à être plus honnêtes avec ce que nous racontons de nous-mêmes, tout simplement parce que cela va être lu, au moins par nous – sauf si nous avons envie de nous mentir. Et puis le fait d’écrire nous donne l’occasion de réfléchir sur ce que l’on a vécu. Dans un premier temps, le principe est de retranscrire la réalité que nous avons vécue, telle que nous nous en souvenons. Dans un deuxième temps, il s’agit de mettre à distance cette réalité pour imaginer le sens qu’elle revêt au temps présent.
Dans l’exemple précédent, Émile a observé qu’il avait changé souvent de lieu de vie et que son père voyageait pour exercer son travail. Dans un deuxième temps, lorsqu’il met en relation ce constat avec le fait qu’il exerce un métier nomade, il en conclut que se déplacer professionnellement est un choix personnel, qui n’est pas uniquement lié à ses habitudes de vie mais aussi et surtout à son goût pour les voyages. Peut-être n’est-il pas tout à fait objectif, mais c’est ainsi qu’il a envie de se raconter à lui-même.
Par quel bout commencer ?
Notre mémoire est en désordre, les sensations éprouvées sont souvent difficiles à capturer et ce type de défi est délicat à relever. Nous sommes parfois pudiques vis-à-vis de nous-mêmes, et afficher notre intimité peut nous paraître difficile. Rappelons-nous que nous écrivons pour nous et pour personne d’autre. Laissons-nous aller au gré de nos souvenirs. Pour pouvoir les mettre en ordre, un bon moyen est de faire des recherches préparatoires et de commencer par le début de notre histoire, c’est-à-dire par le prénom que nous avons reçu à la naissance.
ÉTAPE N° 1
/ Quelle est la signification de mon prénom ?
/ Comment, par qui et pourquoi a-t-il été choisi ?
Pour répondre à ces questions, il est intéressant de rechercher sur Internet l’étymologie de notre prénom ainsi que son histoire et son origine culturelle.
Il est recommandé de mener une petite enquête auprès de nos parents. Cela réserve parfois quelques surprises. Parfois, le choix de notre prénom fait référence à notre filiation : « Dans la famille, chaque aîné se prénomme Pierre, de père en fils. ». Le prénom peut être dû à une tradition familiale, ou à l’histoire personnelle de nos parents.
Il se peut que l’un de nos parents ait été séduit par un héros, un acteur ou une actrice. « Nous t’avons appelé Hervé pour rendre hommage à ta grand-mère disparue peu avant ta naissance, car elle adorait Hervé Vilar. Sinon, tu te serais appelé Yannick, comme Yannick Noah. » (Extrait du film Les Beaux Gosses de Riad Sattouf).
Le choix du prénom peut être relatif à la musicalité – « Mes parents souhaitaient un prénom qui ne comporte qu’une syllabe et qui sonne bien avec notre nom de famille » – ou bien à l’esthétique, à l’originalité : « Ma mère ne voulait pas d’un prénom trop commun afin qu’il n’y en ait pas cinq autres dans ma classe plus tard. ».
Il s’agit ensuite de s’interroger sur le rapport que nous entretenons avec ce prénom.
/ Est-ce que ce prénom me plaît ?
/ Ai-je eu envie d’en changer ? Pourquoi ?
/ Comment mes amis, ma famille m’appellent-ils ?
/ Est-ce que j’ai un diminutif, un surnom, un pseudo ?
/ Est-ce ma famille ou mes amis ou les deux qui me l’ont attribué ?
/ Est-ce que je porte toujours mon diminutif ou mon pseudo ?
ÉTAPE N° 2
Puisque nous en sommes à enquêter auprès de notre entourage, profitons-en pour faire des recherches sur nos ascendants en identifiant le ou les métiers qu’ils ont exercés. Il ne s’agit pas d’établir un arbre généalogique complet mais de s’intéresser à nos proches, en se focalisant sur la vie professionnelle des frères et sœurs, des parents, des grands-parents et des arrière-grands-parents, éventuellement des oncles et tantes ainsi que des cousins. Ces recherches peuvent nous apprendre comment se sont écrits nos territoires familiaux. Parfois, leur analyse permet de comprendre ce qui motive nos projets professionnels.

Exemple d’analyse. Corinne, 40 ans
« Cela fait vingt ans que je cherche, au travers de mes activités professionnelles, à établir des liens entre les artistes et le monde de l’entreprise. Il y a quelques années, je me suis aperçue en faisant ces recherches sur ma généalogie que j’étais fille d’artiste et petite-fille de dirigeants d’entreprise. Le rapprochement entre ces deux facteurs m’a éclairée sur les motivations qui sous-tendent mon parcours. »
Pour établir un arbre généalogique des vies professionnelles, il faut dessiner un schéma dans le carnet de bord, en prenant exemple sur le dessin ci-dessous, et interroger ceux qui se souviennent.

Arbre généalogique
/ Où sont nés les membres de ma famille ? Où ont-ils vécu ?
/ Ont-ils changé de pays ?
/ Quel est leur milieu d’origine ?
/ Ont-ils changé de classe sociale au cours de leur vie ?
/ Quelles sont ou quelles ont été leurs activités professionnelles ?
/ Désiraient-ils exercer un autre métier sans jamais avoir eu l’occasion de le faire ?

Analyse d’une recherche sur plusieurs générations. Sylvie, 22 ans
« Dans ma famille, toutes les femmes travaillent depuis plusieurs générations afin d’assurer le quotidien de leur foyer. Elles ne choisissent pas leur métier, n’importe quel travail est bon à faire rentrer de l’argent, tandis qu’à leur côté les hommes tentent de monter des entreprises qui ne fonctionnent pas. Lorsque j’ai pris conscience que l’histoire se répétait, j’ai compris pourquoi je ne m’autorisais pas à me lancer dans une activité professionnelle peu lucrative mais qui correspond pourtant à mes aspirations les plus profondes. Dans ma famille, cela ne se fait pas ! La femme doit faire bouillir la marmite avant tout ! Voilà ce que j’ai souvent entendu dans les propos de ma grand-mère. »
L’exemple de Sylvie est intéressant pour comprendre que « notre » projet n’est pas toujours le nôtre, et que nous sommes parfois amenés à faire perdurer en quelque sorte un programme familial.
Cet exemple n’est pourtant pas représentatif de la majorité des enquêtes sur les activités professionnelles des femmes des générations qui précèdent la Seconde Guerre mondiale. Dans de nombreux cas, elles sont « mères au foyer ». Il est alors souhaitable d’approfondir l’enquête. Les femmes ont toujours travaillé, à la maison bien sûr mais aussi à la ferme ou dans l’entreprise de leur mari. Il est possible qu’elles aient eu des activités bénévoles, des passions ou une activité secrète ! Elles ont surtout cherché à conquérir leur place dans le monde du travail. En France, de 49 % en 1970, le taux d’activité féminine est passé à 65 % en 2010, selon l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques). Cette petite parenthèse sur le travail des femmes peut éclairer tous ceux et celles qui se lancent dans la recherche de leur « ascendance professionnelle ».
Après toutes ces investigations, l’histoire de notre famille devrait être un peu mieux cernée. Réduisons la focale pour nous approcher de notre propre existence. Il s’agit maintenant d’identifier des événements significatifs de notre trajectoire, puis de réfléchir à des correspondances possibles entre les éléments.
ÉTAPE N° 3
/ Quels ont été les événements marquants ?
/ Où ai-je vécu jusqu’ici ?
Les événements marquants peuvent être multiples, heureux ou difficiles à vivre. Ils peuvent consister en la naissance d’un petit frère ou d’une petite sœur, la perte d’un être cher, un voyage qui nous a bouleversés, une grave maladie, un déménagement…
Les lieux de vie engendrent des modes de vie. Vivre à la campagne, entouré de voisins que l’on connaît bien, n’a pas grand-chose à voir avec le fait d’habiter dans un grand immeuble d’une banlieue urbaine, par exemple. Avoir souvent déménagé peut être un facteur important. A contrario, la sédentarité peut être tout aussi déterminante dans notre façon de vivre. Ces éléments peuvent influencer la façon dont nous aimerions vivre, qu’il s’agisse de notre vie privée ou de notre vie professionnelle.
ÉTAPE N° 4
Approfondissons maintenant la question de notre parcours scolaire.
/ Où ai-je fait mes études, de la maternelle à aujourd’hui ?
/ Comment les ai-je vécues ? Pourquoi ?
/ Y ai-je rencontré mes amis actuels ?
À propos d’amis et de rencontres, il est vraiment intéressant de se souvenir des personnes qui ont été, ou sont toujours, importantes pour nous. Cela peut concerner ceux et celles qui nous entourent, comme des personnes simplement croisées un soir.
ÉTAPE N° 5
/ Quelles sont les personnes qui ont compté (et comptent encore) pour moi ? Pourquoi ont-elles été importantes ?
/ Quelles phrases, quels mots, quels conseils (éventuels) me sont restés en tête ?
Nous pouvons également identifier des personnages, des ambiances, des pensées qui nous ont séduits au cours de nos lectures, des films et des émissions que nous avons vus, etc.
Pour nous souvenir de ce que nous avons vécu, nous pouvons interroger nos proches, mais il n’est pas certain qu’ils nous racontent les faits de manière objective. Si nous faisons l’essai, nous nous apercevrons peut-être que l’un et l’autre de nos parents ne se souviennent pas des mêmes événements ou n’ont pas la même version des faits ! Toutefois, il est fréquent que nous occultions des souvenirs importants dans notre propre histoire, d’où l’utilité de faire appel à d’autres mémoires que la nôtre.
ÉTAPE N° 6
Nous venons d’identifier les éléments déterminants de notre vie. Il s’agit maintenant d’en tirer du sens. À cet effet, il existe deux solutions pour mettre en forme ces éléments. La première est d’établir une frise chronologique, comme dans l’exemple ci-après, puis de mettre en parallèle les éléments afin de les analyser. La seconde solution consiste à rédiger notre histoire de vie*. Pour nous y aider, des explications sont proposées plus loin dans ce chapitre (p. 26).
Première solution : la frise
Il s’agit de tracer une ligne de vie allant de notre naissance à notre âge, puis de la graduer. Il faut ensuite indiquer les éléments marquants sur plusieurs étages, les uns au-dessous des autres, comme dans l’exemple suivant.

Exemple de frise de l’histoire de vie*. Marie, 18 ans, terminale L
« J’ai cherché ce qui avait été important pour moi dans mon parcours scolaire, mes lectures, les films que j’ai aimés et les paroles des chansons qui m’ont marquée. Je me suis souvenu des rencontres que j’ai faites, des événements heureux et malheureux ainsi que des périodes difficiles que j’ai vécus. J’ai identifié puis classé les éléments déterminants dans différents champs et leur ai attribué un titre. J’ai aussi utilisé un code couleur afin de déterminer les périodes heureuses (orange) et celles plus difficiles (grises). »
C HAMP 1 / Les événements qui m’ont marquée

C HAMP 2 / Toutes mes activités artistiques

Lorsque la frise est terminée, il faut l’observer et analyser les corrélations éventuelles entre les éléments. L’intérêt d’une analyse réside dans le fait que nous pouvons imaginer des conclusions qui nous parlent. L’idée étant de mettre en lien les événements, les centres d’intérêt, les activités, les rencontres, bref, tout ce qui nous semble déterminant dans notre vie.

Analyse de la frise par Marie
« Le décès de mon père est survenu lorsque j’étais toute petite et j’ai surtout souffert du fait que ma mère s’occupait plus de mon frère que de moi. Je me suis donc réfugiée dans les nombreuses activités auxquelles elle m’inscrivait. Je m’aperçois, en regardant ce schéma, que les relations entre les gens m’intéressent. En découvrant le théâtre, je me suis prise de passion pour les jeux de rôle et la mise en scène. La psy qui m’a suivie m’a aidée à comprendre mes relations aux autres et à analyser des situations. Ma famille à l’étranger m’a conduite à avoir l’esprit ouvert aux autres. Mon oncle puis le prof de cinéma au lycée m’ont appris à analyser les relations entre les individus dans les films que j’ai vus. »
À ce stade, Marie fait un constat qui lui permettra peut-être plus tard de déterminer un projet personnel et professionnel qui conviendra à ses aspirations.
Deuxième solution : l’écriture
Pour les adeptes de la rédaction de leur histoire de vie*, il est conseillé de commencer par établir un plan. La méthode de la frise peut être une étape préalable à l’écriture pour faciliter la constitution du plan. Il existe autant de formes qu’il y a de « raconteurs ». La liberté du récit et l’inventivité d’écriture font partie du processus créatif pour réaliser un autoportrait. Si le plan est difficile à établir, nous pouvons commencer à rédiger en nous laissant aller au gré de nos souvenirs, puis tenter de mettre le tout dans l’ordre qui nous convient le mieux.
Il est possible d’écrire notre histoire de façon chronologique et de débuter par « Il était une fois… » comme dans les contes de fées. Mais il est également envisageable de commencer où cela nous semble intéressant, y compris par la fin, c’est-à-dire le moment où nous écrivons, en cherchant à faire des feed-back. Par exemple : « Aujourd’hui, j’aime le cinéma et j’ai envie de travailler dans ce milieu. Petite fille, je racontais des tas d’histoires, et comme je suis fille unique je jouais tous les personnages… » Le va-et-vient entre passé et présent, tout comme le récit linéaire, peuvent nous éclairer sur les liens existants entre ce que nous avons vécu et ce que nous pourrions vivre.
Néanmoins, ces deux formes de récit ne nous éclairent pas de la même façon. Nous ne décrivons pas la même sensation lorsque nous écrivons « Je joue tous les personnages de mes histoires » et « Lorsque j’étais petite, je jouais tous les personnages de mes histoires ». Dans cette dernière phrase, le temps est révolu. « Je jouais » signifie « Je ne joue plus ». Alors que l’emploi du présent, dans la première forme du récit, permet de penser que jouer est encore possible et le souvenir demeure présent. Si l’on écrit l’histoire de façon linéaire, il est conseillé d’employer le temps présent. Dans les deux cas, l’important est de dire « je ».
Voici une partie d’un récit de vie. Arnaud est scénariste pour une société qui produit entre autres des documentaires et des fictions sur des ethnies en voie de disparition. Il cherche à comprendre ce qui l’a motivé à choisir son métier, comment cette idée s’est logée en lui.

Exemple d’une partie d’un récit de vie. Arnaud, 28 ans
« Je me suis habitué aux changements de domicile en raison de l’esprit voyageur de parents baroudeurs. Durant mon enfance, je parcours la France à leur côté et j’aime découvrir et me régaler du monde qui s’offre à moi. À l’âge de treize ans, je veux faire un bac scientifique car je souhaite devenir pilote d’avion. Hélas, ma santé me dévie de mes rêves d’enfant car j’ai une trop mauvaise vision. C’est une grande déception. La même année, mon père trouve un travail qui l’oblige à s’installer pour longtemps au même endroit et je me sens emprisonné entre de tristes montagnes avec un ciel trop bas. Passionné de voyages et de découvertes, je cherche à m’évader et ma passion pour les livres me pousse vers un bac littéraire. Les vrais voyages me manquent, mais, avide de connaissances depuis ma tendre enfance, je dévore livre sur livre. D’un côté, ceux qui m’apprennent tout sur n’importe quoi, de l’autre, ceux qui savent me faire voyager en me racontant de belles histoires. »
Voici ce que lui inspirent ensuite ces éléments :
« Durant mes voyages, mes lectures et mes cours de français et de philo, j’ai découvert qu’il existait de nombreux modes de pensée. Cela a nourri en moi le désir d’écrire des scénarios. Et puis le goût pour les voyages s’est mêlé au précédent. Dans mon métier, j’imagine plusieurs versions de scénarios à partir d’un même fait. Je voyage surtout dans ma tête. »

S YNTHÈSE DE NOTRE HISTOIRE DE VIE *
• Nous pouvons collecter des éléments dans notre carnet de bord en suivant les cinq étapes de recherches, où nous mentionnerons : – ce que représente notre prénom ; – notre « hérédité professionnelle » ; – notre vie passée et les événements qui nous ont marqués ; – notre parcours scolaire ; – les personnes, les personnages qui ont compté pour nous.
• Ensuite, nous avons soit fait une frise chronologique, soit écrit quelques pages de notre histoire de vie*.
• Enfin, il s’agit de prendre du recul pour identifier les idées qui sont logées en nous et rédiger une synthèse.
• Les cinq prochains chapitres nous permettront d’approfondir les recherches sur notre caractère, nos centres d’intérêt, nos atouts, nos besoins et nos désirs.

CHAPITRE 2
QUELS SONT MES CENTRES D’INTÉRÊT ?

Ce chapitre nous conduit à déterminer nos centres d’intérêt. Un questionnaire nous permet de définir ce que nous aimons et/ou ce que nous aimerions découvrir, ainsi que ce que nous souhaiterions développer. Cette recherche est importante dans l’élaboration de notre projet car elle peut nous mettre sur des pistes auxquelles nous ne pensions pas de prime abord.
U n CV comporte généralement la rubrique « centres d’intérêt ». Il est fréquent d’y lire que la personne aime le cinéma, le sport et la musique. Cela n’est pas très parlant car nous sommes nombreux à pouvoir mentionner ces domaines. Nous devons chercher à préciser pourquoi et surtout en quoi ces éléments nous plaisent.
Par exemple, Léa aime les spectacles de rue, la chanson française comme La Rue Kétanou, Alain Bashung et Damien Saez, les photographies de Raymond Depardon et les balades le long des quais. Ainsi, nous pouvons nous faire une idée de ce qui attire son attention. Nous en apprenons davantage si Léa précise ses goûts : « J’aime la chanson française parce je comprends les paroles et j’apprécie que des artistes portent un regard critique sur la société. J’adore cheminer, me promener dans des images ou dans des environnements réels qui me donnent l’occasion de rêvasser. »
Bien entendu, il ne s’agit pas d’indiquer tout cela dans un CV, mais dans notre carnet de bord.
Le questionnaire qui suit peut nous aider à préciser nos centres d’intérêt sans se perdre dans les détails. Nous pouvons cocher plusieurs cases dans chaque rubrique et ajouter d’autres idées selon nos désirs.
ÉTAPE N° 1
Les contacts humains
/ Je suis plutôt solitaire
/ Je n’aime pas être seul(e)
/ J’ai besoin d’être seul(e) à certains moments
/ J’entre facilement en relation
/ J’aide souvent les autres
/ …
Dans les contacts humains, j’aime :
/ Rencontrer de nouvelles personnes
/ Partager des centres d’intérêt
/ Découvrir des univers, d’autres modes de vie
/ Me sentir entouré(e)
/ Avoir plein d’amis
/ …
ÉTAPE N° 2
Les voyages
/ Je n’ai jamais voyagé et cela ne m’attire pas
/ Je n’ai jamais voyagé mais j’aimerais le faire
/ J’aimerais découvrir des cultures différentes
/ J’aime découvrir de nouveaux paysages
/ Quand je pars en voyage c’est pour me reposer, m’amuser
/ J’aime partir et revenir
/ J’aimerais faire de longs séjours à l’étranger
/ Voyager me permettrait de mettre de la distance avec ma famille
/ Je suis attiré(e) par tel ou tel pays en particulier
/ …
ÉTAPE N° 3
Les activités physiques
/ Je suis partisan(e) du moindre effort
/ J’ai besoin d’activités physiques régulières
/ J’aime les sports d’équipe
/ J’aime les sports que l’on peut pratiquer seul(e)
/ J’aime les activités qui me permettent de me dépasser physiquement
/ J’ai besoin de sport pour me sentir bien dans mon corps et dans ma tête
/ J’aime marcher pendant des heures
/ J’aime danser
/ …
ÉTAPE N° 4
Les activités manuelles
/ J’aime bricoler
/ J’aime réparer ce qui ne fonctionne plus
/ J’aime fabriquer des objets
/ J’aime transformer des objets
/ J’aime décorer un espace
/ J’aime coudre des vêtements
/ J’aime cuisiner
/ …
ÉTAPE N° 5
Les activités techniques
/ J’aime comprendre comment une machine fonctionne
/ Je suis passionné(e) d’informatique
/ Je m’intéresse aux inventions
/ …
ÉTAPE N° 6
Les activités intellectuelles
/ J’aime étudier
/ J’aimerais étudier toute ma vie
/ J’aime lire
/ Je fréquente les bibliothèques
/ Je lis tout et n’importe quoi sur tout
/ Je lis essentiellement les grands auteurs
/ J’aime écouter des intellectuels parler
/ J’aime échanger pendant des heures sur des sujets de société
/ J’aime écrire
/ J’aime critiquer, donner mon opinion sur un sujet
/ …
ÉTAPE N° 7
La création, les innovations
/ J’aime inventer des choses
/ Ce qui est nouveau m’intéresse
/ J’invente des recettes de cuisine
/ J’invente des jeux
/ J’invente des mots
/ Je crée des objets
/ Je change souvent la décoration de mon espace
/ Je crée mes vêtements
/ Je transforme tout
/ J’ai souvent plein d’idées, de projets, que je réalise ou non
/ …
ÉTAPE N° 8
Les activités artistiques
Nous pouvons lister les activités que nous pratiquons ainsi que celles que nous aimons en tant qu’observateur.
/ J’aime l’art comme spectateur(trice)
/ J’aime la peinture, la sculpture, les installations, le dessin, la danse classique, la danse contemporaine, le théâtre, les arts de rue, le cirque, les marionnettes, le mime, l’opéra, les concerts, le cinéma, la vidéo…
/ Je vais souvent voir des expositions, des spectacles
/ Je suis capable de voyager pour voir et/ou entendre des artistes
/ J’aime pratiquer une activité artistique
/ Je dessine tout le temps
/ J’aime peindre, photographier, faire de la vidéo, des collages
/ J’aime créer des bijoux
/ J’aime danser
/ J’aime jouer d’un instrument
/ J’aime jouer de la musique avec d’autres personnes
/ J’aime chanter
/ J’aime écrire des chansons
/ J’aime composer de la musique
/ …
ÉTAPE N° 9
L’esthétique
Lorsque nous nous projetons dans un domaine artistique et culturel, c’est sans doute au départ parce que nous aimons ce qui est beau. Les goûts et les couleurs ne se discutent pas, nous dit-on souvent. Mais si, bien au contraire ! Il est intéressant d’en discuter et d’échanger des opinions, surtout si nous choisissons une activité professionnelle dans ces domaines. Notre premier avis est souvent un jugement de goût : « C’est beau », « C’est laid », « Ça me plaît », etc. Il est nécessaire de pousser un petit peu plus loin la définition de ce qui est beau pour nous, de préciser pourquoi et en quoi telle ou telle esthétique nous plaît.
L’esthétique est une notion qui désigne l’ensemble des caractéristiques qui déterminent l’apparence d’un objet. Elle qualifie également les émotions provoquées par une œuvre d’art ou par certains gestes et attitudes. L’esthétique est plus généralement, dans la philosophie de la connaissance, la science du sensible.
/ Je suis sensible aux couleurs
/ J’aime les couleurs vives
/ Je préfère les couleurs pâles
/ J’aime les formes épurées
/ Je préfère ce qui est baroque
/ J’aime ce qui est classique
/ J’aime être surpris(e) par une nouvelle esthétique
/ …
ÉTAPE N° 10
La représentation sociale
Certains d’entre nous aiment particulièrement se « mettre en scène ».
/ J’aime chanter, danser, jouer une pièce de théâtre devant des spectateurs
/ J’aime me mettre dans la peau d’un personnage
/ J’aime être vu(e)
/ J’aime être applaudi(e)
/ J’aime prendre la parole en public
/ …
ÉTAPE N° 11
Du côté de nos rêves
Une autre façon d’identifier nos centres d’intérêt est de réfléchir à tout ce que nous aimerions faire si nous avions les moyens temporels, financiers et matériels de matérialiser nos envies.
L’exercice consiste à penser aux expériences que nous rêvons de vivre, même si elles ne sont pas réalisables. Nous pouvons lister jusqu’à dix idées puis les classer par ordre de désirabilité. Plusieurs idées peuvent être mises sur un rang d’égalité lorsque nous ne pouvons les départager. Cette liste nous permet de pointer nos désirs les plus forts. Ils sont souvent liés à nos centres d’intérêt.
Il s’agit ensuite de préciser ces idées en se posant plein de questions. Prenons l’exemple d’un tour du monde. En combien de temps le ferions-nous ? Par quel(s) moyens de locomotion ? Que cherchons-nous à vivre ? S’agit-il d’une prouesse, d’une envie de découvrir toutes les cultures du monde ou simplement de passer un an sur un bateau ? Qu’est-ce qui nous motive ?

S YNTHÈSE DE NOS CENTRES D’INTÉRÊT
Prenons notre carnet de bord afin de récapituler tous nos centres d’intérêt. Nous pouvons les écrire sous forme de liste ou bien de résumé synthétique.

Exemple de synthèse des centres d’intérêt. Karim, 19 ans, 1 re année de BTS* Communication visuelle
« Je suis un solitaire, mais j’aime être avec les autres quand je le décide. J’ai souvent besoin de marcher pendant des heures, avec mon appareil photo, à l’affût d’images insolites. J’aime observer, étudier, apprendre tout sur un sujet. Je suis passionné par l’histoire de la photographie. J’aime l’esthétique des images en noir et blanc car on ne peut pas tricher, c’est plus épuré, moins travesti. »

Exemple de synthèse. Élodie, 20 ans, 1 re année de licence d’Histoire de l’art
« J’aime bien voyager pour découvrir d’autres cultures. Je suis allée plusieurs fois en Italie avec mes parents et j’ai adoré Pompéi. C’est là que j’ai eu envie d’être restauratrice d’objets en céramique. J’aimerais faire de longs séjours à l’étranger. J’aime bien faire des activités manuelles. Entre autres, j’ai aidé mon petit frère à peindre sa collection de dinosaures, je jar-dine et je cuisine un peu. J’aime lire des romans historiques. Je suis attirée par les musiques du monde. Je vais souvent dans des concerts. Je connais plein de musiciens et je joue un peu du piano. »

Exemple de synthèse. Thibaud, 20 ans, DNSPM* au conservatoire
« La musique occupe ma vie de façon importante. J’aime particulièrement le mixage. Je prends énormément de plaisir à fignoler un morceau pendant des heures. Je joue de la guitare et je chante dans un groupe. J’ai toujours été attiré par les cultures et les langues latines. Je m’intéresse à l’histoire des choses que je vois. J’aime bien dessiner (sur du vrai papier et non plus dans les marges de mes cahiers). »

CHAPITRE 3
QUELS SONT MES ATOUTS ?

Il s’agit maintenant de repérer nos atouts, c’est-à-dire des compétences, des qualités et des connaissances. Ce chapitre nous aide à distinguer les différents types de compétences, à reconnaître nos qualités et à recenser les principales connaissances acquises au travers de nos expériences.
N ous avons donc des atouts. Dans les domaines artistiques et culturels, certains parlent de talent. Cependant, on peut être compétents sans toutefois être talentueux. Le talent est une aptitude particulière, un peu exceptionnelle, dans un domaine. Au-delà des talents éventuels, il s’agit de déceler les compétences que nous avons développées jusqu’ici.
Lorsque nous sommes jeunes, nous avons souvent le sentiment de ne pas avoir eu l’occasion de développer de compétences. Il est pourtant possible de repérer des embryons de compétences, autrement dit des aptitudes et des capacités, même si nous n’avons pas encore vécu de véritables situations professionnelles. Nos savoir-faire sont la plupart du temps automatisés, intégrés dans notre vie courante. La méthode consiste à analyser des expériences que nous avons vécues, professionnelles ou non, de façon à repérer les capacités que nous avons mises en œuvre au travers de ce que nous avons réalisé.
Quelles expériences sont fondatrices ?
Toutes les expériences vécues dans le cadre scolaire, dans nos activités sportives, culturelles, sociales et professionnelles sont intéressantes. Il faut sélectionner celles où nous avons mis en œuvre quelque chose avec d’autres personnes. L’organisation d’une fête, d’un voyage ou d’un séjour, un sport d’équipe, la réalisation d’un court-métrage ou d’une pièce de théâtre, la participation à une association sont des expériences à retenir. Nous pouvons également nous baser tout simplement sur nos expériences de travaux de groupe dans le cadre scolaire, comme la réalisation d’un dossier, d’un exposé ou le montage d’un projet. Les expériences professionnelles sont aussi à prendre en considération pour ceux et celles qui ont déjà travaillé dans le cadre d’un job d’été, de baby-sitting ou lors d’un contrat en alternance, par exemple.
ÉTAPE N° 1
Il s’agit de se souvenir des expériences qui ont été positives, car il n’est jamais très agréable de se remémorer ce qui a mal tourné. Cela dit, celles qui ont été difficiles à vivre peuvent être constructives lorsqu’elles nous ont permis de nous dépasser et d’apprendre. Se souvenir de celles-ci est également l’occasion de prendre du recul, et de tirer profit de ces expériences grâce à cette nouvelle vision.
ÉTAPE N° 2
Après avoir listé nos différentes expériences, il faut choisir l’une d’elles et décrire en quelques lignes le déroulement de l’action. Au cours de cette expérience, nous avons peut-être eu des problèmes à résoudre. Un problème n’est pas nécessairement grave. C’est une tâche à réaliser et pour laquelle nous ne connaissons pas de solution ou de méthode à appliquer. Il s’agit donc de décrire ce qui s’est passé et comment nous avons réagi, que ce soit dans la mise en œuvre ou les rapports humains, sur le plan matériel ou organisationnel. Ensuite, nous pouvons repérer les compétences et les qualités dont nous avons fait preuve.
Qu’est-ce qu’une compétence ?
Une compétence est un savoir-faire, c’est-à-dire une capacité éprouvée à plusieurs reprises dans un cadre réel. Par exemple, pour savoir si nous sommes quelqu’un d’organisé, il faudra observer si nous avons fait preuve d’organisation plusieurs fois et non pas une seule fois. En général, lorsque nous savons organiser nos prises de notes dans un classeur, nous savons aussi classer nos fichiers informatiques.
Il existe plusieurs types de compétences :
Techniques : savoir se servir d’une perceuse, remplacer des composants d’un ordinateur, maîtriser des logiciels…
Méthodologiques : savoir faire preuve de logique, gérer les priorités, faire des synthèses…
Relationnelles : savoir écouter, aller vers l’autre, entretenir un réseau relationnel, vendre un produit, une idée, un projet…
Transversales : savoir travailler en équipe, atteindre un objectif…
Les compétences transversales peuvent être appliquées à un large éventail de domaines et de situations. Ce sont des combinaisons de plusieurs capacités. Elles se développent dans nos actions.
ÉTAPE N° 3
Après avoir décrit une expérience en particulier, nous pouvons repérer les compétences que nous avons mises en œuvre sur les plans technique, méthodologique et relationnel. Plus particulièrement, nous cherchons à identifier les compétences transversales à l’aide de la liste ci-dessous :
Le sens des relations interpersonnelles : aptitude à entrer en relation avec les personnes qui nous entourent, à la maison, dans le cadre scolaire ou au travail.
Le sens du travail en équipe : aptitude à accomplir les tâches qui nous ont été confiées en participant avec d’autres personnes à la réalisation d’un objectif commun.

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