Cultiver la paix intérieure
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Description


La paix ne tombe pas du ciel... elle se cultive !



Pour ce faire, cet ouvrage commence par vous proposer des outils pour cesser de subir votre existence et arrêter de souffrir en vain. Il vous aide ensuite à découvrir votre nature profonde, ce qui vous donnera accès à une sérénité plus ancrée et plus stable. Enfin, vous apprendrez à entretenir et à développer une paix qui ne peut se décrire et qui n'a de sens que pour celui qui en fait l'expérience.



Traité de méditation, émaillé de citations, d'exemples et d'exercices, ce guide de développement spirituel permettra à tout un chacun de réorienter sa vie et de retrouver le chemin de l'épanouissement.




  • Arrêtez de souffrir


    • Arrêtez d'avoir peur


    • Maîtrisez vos peurs excessives


    • Remontez la pente




  • Découvrez la paix intérieure


    • Arrêtez de rêver


    • Qui êtes-vous vraiment ?


    • Découvrez ce que vous êtes




  • Entretenez et approfondissez la paix intérieure


    • Deux mondes pour le prix d'un


    • La guerre des mondes


    • La paix intérieure au quotidien



Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 30 mars 2017
Nombre de lectures 181
EAN13 9782212156881
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0027€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

La paix intérieure ici et maintenant
La paix ne tombe pas du ciel... elle se cultive ! Pour ce faire, cet ouvrage commence par vous proposer des outils pour cesser de subir votre existence et arrêter de souffrir en vain. Il vous aide ensuite à découvrir votre nature profonde, ce qui vous donnera accès à une sérénité plus ancrée et plus stable. Enfin, vous apprendrez à entretenir et à développer une paix qui ne peut se décrire et qui n’a de sens que pour celui qui en fait l’expérience.
Traité de méditation, émaillé de citations, d’exemples et d’exercices, ce guide de développement spirituel permettra à tout un chacun de réorienter sa vie et de retrouver le chemin de l’épanouissement.

Jacques Regard est coach et consultant en harmonisation des relations humaines. Ancien membre de l’Institut de recherche en métapsychologie de Palo Alto (Californie), il a écrit plusieurs ouvrages de développement personnel aux éditions Eyrolles.
Jacques Regard
Cultiver la paix intérieure
Groupe Eyrolles 61, bd Saint-Germain 75240 Paris Cedex 05
www.editions-eyrolles.com
En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, sur quelque support que ce soit, sans autorisation de l’éditeur ou du Centre français d’exploitation du droit de copie, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.
© Groupe Eyrolles, 2017 ISBN : 978-2-212-56582-9
Du même auteur
Stop à la manipulation , Eyrolles, « Eyrolles Pratique », 2014
Manuel de gestion des émotions , Eyrolles, 2012
50 exercices pour ne plus subir les autres , Eyrolles, « ED Organisation », 2010
50 exercices pour ne plus tout remettre au lendemain , Eyrolles, « ED Organisation », 2009
50 exercices pour retrouver le bonheur , Eyrolles, « ED Organisation », 2009
Les Émotions , Eyrolles, 2007
Manipulation : ne vous laissez plus faire ! , Eyrolles, 2005
Gens qui rient, gens qui pleurent : Motivation et comportements humains , Village Mondial, « Efficacité professionnelle », 2001
Pour contacter l’auteur : jacques.regard.livres@gmail.com
Prologue
La paix intérieure, tout le monde en rêve et chacun l’imagine à sa façon. Pour certains, elle correspondrait à la disparition de leurs ennuis et au silence de leurs tourments. Pour d’autres, ce serait d’avoir des réponses à leur peur de l’avenir et surtout à celle de la mort. Il y a aussi ceux qui cherchent la paix intérieure en explorant les mécanismes inconscients ou subconscients de l’âme humaine. Il y a ceux qui philosophent, ceux qui cherchent la paix divine, sans parler de ceux qui courent après l’éveil, le satori ou le nirvana dans des régions lointaines. Enfin, il y a ceux qui recherchent la paix intérieure pour vivre plus harmonieusement avec eux-mêmes et les autres.
D’une manière ou d’une autre, et sans utiliser de produits stupéfiants, il vous est certainement arrivé de ressentir naturellement une étonnante sensation de paix. En contemplant un paysage d’une beauté bouleversante ou en écoutant une musique sublime, vous étiez comme transporté en dehors de vous-même. Lors d’une rêverie, d’une méditation ou en tombant subitement amoureux, vous aviez l’impression de baigner dans un océan de paix et de sérénité. Plus rien d’autre n’existait. Vous étiez inondé par un extraordinaire bien-être qui vous donnait l’impression de flotter hors du temps. Cherchez bien, vous trouverez obligatoirement la trace de tels événements.
Malheureusement, vous avez pu constater que ces moments étaient très éphémères et qu’ils ne duraient pas. Vous avez cherché à les retrouver ou à recréer les conditions favorables à leur apparition, mais cela n’a pas marché. Ne le regrettez pas car, grâce à la nostalgie de ces instants fugaces, vous allez pouvoir découvrir que la paix intérieure, la joie de vivre et le bonheur de vous sentir exister sont des choses très simples et tout à fait accessibles. Cet ouvrage en forme de guide pratique en est la preuve.
Pourquoi un guide pratique ?
Pour ce qui touche à la philosophie ou à la spiritualité, il n’est pas facile de penser par soi-même. On ne peut pas tout savoir et puis il y a cette fameuse pression sociale qui « oblige » à faire comme tout le monde et à entrer dans un modèle de prêt-à-penser. Il faut beaucoup de courage pour se risquer à nager à contre-courant du culturellement correct. Il faut aussi de solides connaissances pour oser se lancer en solo dans cette enquête sur la paix intérieure. C’est la raison pour laquelle cet ouvrage contient à la fois des informations de base sur le sujet ainsi qu’un grand nombre d’exercices pour vous aider à atteindre l’objet de votre recherche.
Un guide de voyage est fait pour les néophytes qui ne connaissent pas encore le pays qu’ils veulent visiter et qui souhaitent se renseigner sur ce qu’il y a d’intéressant à découvrir et sur ce qu’il faut éviter. Ce guide n’est pas fait pour ceux qui savent. Il est fait pour ceux qui doutent. Osez savoir et faites confiance à ce que vous découvrirez par vous-même.
Un voyage en trois étapes
Cultiver la paix intérieure, c’est tout d’abord défricher les idées toutes faites qui vous empêchent d’avancer. Ensuite, vous devrez ameublir le sol durci par vos certitudes afin de permettre à cette paix de germer et de voir le jour. Enfin, vous devrez entretenir cette jeune pousse pour l’aider à prendre de l’ampleur.
Ce guide est construit en trois parties : I. Arrêtez de souffrir ! II. Découvrez la paix intérieure ! III. Entretenez et approfondissez cette paix.
La première partie s’adresse à ceux qui en ont assez de souffrir et de vivre dans l’angoisse. Il est en effet impossible de trouver la paix tant que des peurs excessives, des ruminations calamiteuses ou un pessimisme bien ancré vous empêcheront d’avoir confiance en vous et dans la vie. Des exercices appropriés vous aideront à retrouver le calme au milieu de la tempête de vos émotions et vous feront découvrir la route du changement et de l’amélioration.
Dans la deuxième partie, vous pourrez expérimenter par vous-même le passage qui conduit vers la paix intérieure et qu’on appelle l’éveil. La découverte de ce que vous êtes au plus profond de vous-même vous permettra de répondre à des questions existentielles comme : Par qui et pourquoi sommes-nous créés ? Qu’y a-t-il après la mort ? Qui suis-je vraiment ? En pratiquant les exercices proposés, vous ouvrirez progressivement la porte à la paix, à la sérénité et à la sagesse qui gît au plus profond de ce que vous êtes réellement.
La troisième partie contient de nombreux exercices qui vous aideront à rester en équilibre sur le fil de la paix intérieure. Vous apprendrez à échapper aux pièges d’un mental ou d’un ego toujours présent, ainsi qu’à vivre au quotidien cette paix intérieure qui vous attend depuis toujours.
Vous ne pouvez pas apprendre à nager en vous contentant de lire un ouvrage qui explique comment faire les mouvements. Tôt ou tard vous devrez vous jeter à l’eau, barboter et parfois « boire la tasse », mais ce n’est qu’ainsi que vous finirez par savoir nager. De la même manière, si vous souhaitez vraiment vivre la paix intérieure, ne vous contentez pas de lire ce guide. Passez à la pratique en faisant et en refaisant les exercices qu’il vous propose. C’est la part indispensable du travail qui vous revient. De cette manière, et avec suffisamment de volonté et de persévérance, vous découvrirez que la paix intérieure n’est pas un rêve mais une possibilité, voire une réalité.
Ce n’est pas un savoir, c’est une disponibilité !
Ce n’est pas une façon de voir la vie, c’est une manière de la recevoir !
Table des matières

Prologue
P REMIÈRE PARTIE
Arrêtez de souffrir !
Chapitre 1 – Arrêtez d’avoir peur
Découvrez votre monde intérieur
N’ayez plus peur de vos peurs
Les différentes formes de peur
Le mécanisme de la peur
La mécanique des peurs excessives
Chapitre 2 – Maîtrisez les peurs excessives
Enrayez le décollage d’une peur excessive
Repérez les déclencheurs
Raccourcissez la durée du vol
Déclenchez volontairement l’atterrissage
Les erreurs courantes à éviter
Chapitre 3 – Remontez la pente
Remettez de l’ordre dans vos idées
Le clip de l’amélioration et du changement
Le making-of du clip de l’amélioration et du changement
Les différentes manières de regarder ce clip
Le jeu des sept erreurs
D EUXIÈME PARTIE
Découvrez la paix intérieure !
Chapitre 1 – Arrêtez de rêver !
Cognition et prise de conscience
Qu’ est-ce que l’éveil ?
Les obstacles à l’éveil
Chapitre 2 – Qui êtes-vous vraiment ?
Êtes-vous vraiment celui ou celle que vous croyez ?
Prenez conscience de ce que vous êtes
Pérennisez la conscience de ce que vous êtes
Chapitre 3 – Découvrez ce que vous êtes
Où suis-je ?
Que suis-je ?
Qui suis-je ?
D’hier à aujourd’hui
T ROISIÈME PARTIE
Entretenez et approfondissez la paix intérieure
Chapitre 1 – Deux mondes pour le prix d’un
Rêve ou illusion ?
Une étrange histoire
Conscience personnelle et conscience impersonnelle
Chapitre 2 – La guerre des mondes
Dans quel monde voulez-vous vivre ?
Guerre et paix
Changer le monde ou changer de monde
Surprenez-vous en flagrant délit
Amour conditionnel ou amour inconditionnel
La vie ou la mort
Chapitre 3 – La paix intérieure au quotidien
Vivre la paix intérieure
Des exercices pour le matin
Des exercices pour la journée
Pensées parasites versus pensées contrôlées
Des exercices pour le soir
Épilogue
Bibliographie
P REMIÈRE PARTIE
Arrêtez de souffrir !

Il y a des jours où vous vous réveillez en pleine forme. La vie est belle. Vous êtes heureux et tout vous semble possible. Malheureusement, il y a aussi des jours où avant même d’avoir ouvert un œil, vous êtes envahis par un sentiment diffus d’abattement, d’amertume ou d’anxiété qui vous enlève toute envie de sortir du lit. Vous faites parfois des rêves de réussite et de succès. Il vous arrive d’en réaliser, mais le plus souvent vous pensez que vous n’avez vraiment pas de chance et que le destin s’acharne contre vous. Vous voudriez paraître solide et assuré, mais au fond de vous-même vous savez que vous n’avez jamais vraiment réussi à vous débarrasser de ce lourd manteau de tristesse dépressive qui vous fait voir la vie en noir et blanc.
Prenez un instant pour imaginer ce que serait votre vie si vous pouviez vous libérer de ce qui vous empêche de vivre comme vous l’aimeriez. Comment vous sentiriez-vous si vous n’étiez plus victime des peurs, des angoisses ou des paniques irraisonnées qui sont toujours prêtes à vous sauter à la gorge ? Que seriez-vous alors capable de faire et d’entreprendre ? Laissez aller votre imagination. Osez rêver. Si vous avez commencé à lire ce livre, n’est-ce pas parce qu’au fond de vous il y a une étincelle d’espoir qui vous pousse à croire que votre vie peut changer et s’améliorer ?
Pour démarrer votre lecture, penchez-vous quelques instants sur cette pensée du philosophe indien Krishnamurti : « Aucun être, aucun système, ne peut vous libérer. La vérité contenue dans ces mots est l’unique facteur de votre libération. »
Chapitre Arrêtez d’avoir peur 1
« La peur ne tue pas, elle empêche de vivre. »
Pascal Bruckner
Avant d’aller bien, il faut commencer par arrêter d’aller mal ! Pour atteindre cet objectif, ce premier chapitre va vous expliquer comment ne plus subir les peurs, les angoisses et les paniques dont vous pouvez être victime.
Découvrez votre monde intérieur
Depuis votre naissance rien n’est jamais resté identique à ce que vous avez connu. Vous avez changé de classe, d’école et de camarades. Vous avez déménagé. Vous avez exercé plusieurs métiers, peut-être dans différents endroits. Vos relations ne sont plus les mêmes et vos partenaires amoureux se sont succédé au fil de vos envies et de vos déceptions. Même les paysages que vous avez l’habitude de voir ou que vous aimez particulièrement se transforment. Tout évolue. Rien n’est jamais pareil. Pourtant, au milieu de cette agitation et de ces changements, il y a un endroit que vous n’avez jamais quitté. Quoi que vous fassiez et où que vous alliez, vous ne pourrez pas plus vous en éloigner que l’ombre qui s’attache à vos pieds ! Quel est donc cet endroit mystérieux et où se trouve-t-il ?
D’après les sages des différentes époques et de toutes les cultures qui connaissent la réponse à cette question, cet endroit est plus proche de vous que la veine de votre cou. Il est bien plus vaste que la taille de votre tête. Vous ne pouvez pas le voir. Vous ne pouvez pas non plus le toucher du doigt. Pourtant, il est on ne peut plus réel. Vous en faites constamment l’expérience car c’est là, dans cet espace qui n’a pas de limite, que se trouve votre monde intérieur.
Le monde intérieur de chaque être humain est à la fois un lieu de délices et d’enfer qui contient ce qui vous est le plus intime et le plus privé. C’est dans cet espace que vous accumulez vos souvenirs, vos envies, vos haines, vos peurs, vos amours et vos chagrins. C’est là aussi que vous forgez vos convictions et vos croyances. C’est l’endroit au monde qui vous est le plus confidentiel et dans lequel vous cachez vos pensées, vos rêves et vos fantasmes les plus secrets. Malheureusement, c’est également là que s’agitent et que grimacent les ruminations, les peurs, les colères et les angoisses qui ruinent votre existence.
Que savez-vous à propos de votre monde intérieur et de ses fonctionnements ? Êtes-vous le maître ou l’esclave de ce qui s’y passe ? Êtes-vous capable de maîtriser et de venir à bout des anxiétés et des angoisses qui s’y cachent ? La suite va vous aider à comprendre, à nettoyer et à mettre de l’ordre dans votre monde intérieur pour le rendre plus confortable et plus satisfaisant à vivre qu’il ne l’est actuellement.
N’ayez plus peur de vos peurs
Toutes les émotions plongent leurs racines dans la peur. Même lorsque vous êtes satisfait de votre situation, la peur que cela ne dure pas ou qu’il vous faudra un jour en payer le prix n’est jamais bien loin. Lorsque vous êtes indécis, gêné ou embarrassé, c’est souvent à cause d’une peur même très minime de mal faire ou de vous tromper. Vous vous mettez en colère lorsque vous avez peur d’être dépassé par une situation ou par quelqu’un. La jalousie est nourrie par la peur d’être abandonné ou par celle de ne pas vous sentir à la hauteur. Si vous êtes triste ou déprimé, c’est parce que vous avez peur de ne pas obtenir ce que vous désirez. La peur est inévitable, mais en vérité ce n’est pas elle qui est le véritable problème. La peur est comme le sel dont vous vous servez pour améliorer la saveur de ce que vous mangez. À petite dose, elle donne du goût à votre vie, mais lorsqu’il y en a trop elle dénature votre existence jusqu’à la rendre parfois totalement exécrable. Ce n’est pas la peur qui pose problème, c’est l’excès de sensations désagréables qui l’accompagne !
Coupable ou non coupable ?
Aussi étonnant que cela puisse vous paraître, vous n’êtes pas plus responsable de vos peurs, de vos angoisses ou de vos phobies que vous n’êtes responsable de la couleur de vos yeux ou de la longueur de votre nez.
Lorsque vous subissez une peur ou une angoisse, vous êtes comme le skieur débutant qui panique en ne sachant pas comment éviter l’obstacle qui semble lui foncer dessus. Pourtant, la réalité de ce qui lui fait peur ne se trouve pas dans ce qui le menace. On n’a jamais vu un arbre ou un pylône agresser quelqu’un ! La peur du skieur novice provient uniquement de son incapacité à bien contrôler ses skis. C’est cela qui le paralyse et qui l’empêche de réagir correctement.
La solution à n’importe quelle peur ne se cache pas dans ce qui vous menace. Elle est dans votre monde intérieur et dans votre aptitude à contrôler vos émotions. Rappelez-vous que ce qui inquiète un automobiliste débutant lui paraîtra tout à fait négligeable lorsqu’il sera devenu un chauffeur confirmé. Ce ne sont pas les événements qui vous troublent et qui vous font peur, ce sont les idées que vous avez et que vous cultivez dans votre monde intérieur.

Exercice Choisissez une peur ou une inquiétude modérée que vous connaissez : dispute, chômage, solitude, maladie, etc. Prenez le temps d’observer que ce n’est pas le thème ou le contenu de cette peur qui vous effraie le plus, mais que c’est l’idée – totalement fausse – de ne pas pouvoir lui échapper ou d’y être soumis à tout jamais. Prenez le temps de faire ce petit travail de réflexion et notez les résultats de cette expérience.

Pour apaiser vos peurs et vos angoisses, vous devez commencer par bien faire la distinction entre la réalité extérieure d’une menace et celle de l’émotion qui lui fait écho dans votre monde intérieur. Vous ne pouvez pas faire grand-chose sur la réalité extérieure de ce qui vous fait peur. En revanche, il est tout à fait possible de rectifier ce que vous pensez et imaginez intérieurement à son sujet.
Les différentes formes de peur
Il existe trois grandes familles de peurs : les peurs volontaires, les peurs utiles et les peurs excessives.
La peur volontaire
C’est une émotion voulue et recherchée qui procure des frissons délicieux en donnant du goût à la vie. On joue à se faire peur. On prend plaisir à l’affronter et à la vaincre. C’est ce genre de peur que les enfants recherchent lorsqu’ils écoutent en tremblant une horrible histoire d’ogres, de fantômes ou de sorcières. Plus tard, les adolescents regardent des films d’horreur, se lancent des défis, font des sports extrêmes ou montent dans des manèges terrifiants pour déguster les décharges d’adrénaline que cela leur procure. La peur volontaire permet d’apprendre à se maîtriser. Elle développe le courage et la maîtrise de soi. En prime, elle permet d’apprécier davantage la sécurité et le confort dans lequel on vit le reste du temps.
La peur utile
Elle n’est ni voulue ni recherchée. C’est un avertissement que nos sens nous envoient lorsqu’ils perçoivent la présence d’un danger éventuel. La peur utile est une émotion anticipative dont le côté désagréable nous force à ne pas négliger l’information. C’est elle qui nous pousse à réagir lorsque nous sentons une odeur de brûlé dans la cuisine ou à donner un coup de volant lorsque nous apercevons un obstacle sur la route. La peur utile rend plus vigilant. Elle nous sort de nos rêveries et nous force à revenir dans le temps présent pour affronter la réalité d’une menace ou d’un danger. La peur utile est une émotion éphémère qui s’éteint rapidement dès que le danger est perçu et pris en compte.
Les peurs excessives
Ce sont des peurs qui à l’origine ont pu être utiles mais qui, pour une raison ou pour une autre, se prolongent au-delà du raisonnable en prenant une place de plus en plus envahissante dans votre vie. Par exemple, il est tout à fait normal de faire attention en marchant dans un endroit où l’on sait qu’il risque d’y avoir des vipères. Par contre, c’est une peur excessive que de ne pas pouvoir regarder une image de serpent ou de frissonner à son évocation. Le problème des peurs exagérées ne se trouve pas dans le fait d’avoir peur, mais dans les réactions disproportionnées que ces peurs ont prises. L’origine d’une peur excessive n’est absolument pas dépendante de son thème (la maladie, la mort, le chômage, la guerre, les papillons, le vide ou les oiseaux). L’origine de n’importe quelle peur excessive se trouve en réalité dans les a priori, les idées et les jugements. Si vous voulez maîtriser ces émotions, vous devez tout d’abord savoir comment une peur naît, vit et disparaît dans votre monde intérieur.
Le mécanisme de la peur
Quel que soit l’objet d’une peur, nous la vivons en traversant plus ou moins rapidement trois étapes dont l’ensemble est comparable au plan de vol d’un avion. Au début, il y a le décollage qui se traduit par une montée brève et rapide de la peur. Ensuite, il y a le vol horizontal qui correspond à la durée plus ou moins longue de cette émotion. La troisième et dernière étape comprend la descente puis l’atterrissage qui permet le retour à une vie normale.


Le diagramme de la peur
Dès que quelque chose nous fait peur (on appelle cela un stimulus), une partie de notre système nerveux réagit immédiatement. C’est une réaction instantanée qui est due à la mise en route instinctive du système nerveux orthosympathique. C’est comme un ressort qui se tend pour nous aider à répondre le mieux possible à la menace perçue. C’est un réflexe automatique qui accélère les battements du cœur et qui lance la fabrication de stimulants – comme l’adrénaline – pour doper l’organisme et lui permettre de mieux faire face au danger réel ou supposé qui vient d’être détecté. Par exemple, si notre visage devient subitement très pâle, c’est à cause d’un système de protection très ancien qui resserre instinctivement nos vaisseaux sanguins pour nous éviter de perdre trop de sang en cas de blessure. À l’inverse, si notre visage s’enflamme et devient tout rouge, c’est parce que notre organisme augmente le débit du flux sanguin pour nous rendre plus fort et plus rapide dans le combat ou dans la fuite qu’il suppose devoir mener.
Une fois le système d’alarme enclenché, on entre dans la phase active de cette émotion. On est maintenant en mesure de fuir plus vite ou de mieux se défendre grâce aux éléments dopants distillés par une petite glande de la taille d’un petit pois située au milieu du cerveau et qui se nomme l’hypothalamus. Mais ce mode d’urgence, qu’on appelle aussi le stress , ne doit pas durer trop longtemps, car la peur en action est un surrégime très gourmand en énergie qui usera rapidement l’organisme si l’on ne l’arrête pas suffisamment vite pour revenir en mode de vie normal.
La dernière partie de n’importe quelle peur correspond à une baisse d’intensité précédant le retour à la normale. Dès que la menace ou le danger ont été maîtrisés, le système nerveux parasympathique se met en route. Il ralentit les battements du cœur, apaise le souffle et rectifie le cocktail d’hormones qui circulait dans le sang. Ce système nerveux est l’antidote aux effets créés précédemment par le système orthosympathique. Quels que soient la durée et le degré d’intensité atteinte par une peur ou par une angoisse, la décroissance et le retour à la normale finissent toujours obligatoirement par se produire. Il ne peut pas en être autrement.

Exemple de peur très courte (avec ses trois phases) Quelqu’un m’interpelle alors que je suis très concentré sur une activité. Je sursaute, mon cerveau se vide, j’ai le cœur qui semble s’arrêter ou qui cogne plus fort dans ma poitrine. C’est la peur qui décolle. En levant la tête, je reconnais la personne et je lui dis : « Ah ! C’est toi, tu m’as fait peur ! » C’est la durée du vol nécessaire pour reconnaître et traiter le danger. Maintenant qu’il n’y a plus rien à craindre je peux inconsciemment entamer l’atterrissage : je me détends, les battements de mon cœur ralentissent, ma respiration se calme et je peux reprendre tranquillement mes activités après avoir poussé un gros soupir de soulagement. Tout cela peut se faire en une fraction de seconde.
Lorsqu’une peur ne cesse pas rapidement et qu’elle se prolonge exagérément, on subit sans le savoir le stress d’une peur qui sera alors dite « excessive ». Qu’il s’agisse de timidité, d’anxiété, d’angoisse, de phobie ou d’attaque de panique, les peurs excessives ne sont en réalité que des peurs normales, qui ont pu être utiles mais qui se prolongent maintenant au-delà du raisonnable. Par exemple, il est tout à fait humain d’être intimidé par une situation ou par une personne, mais c’est une peur exagérée, voire démesurée, que de se croire totalement incapable de prendre la parole en public ou de ne pas pouvoir s’adresser à un inconnu.
Encore une fois, ce n’est pas le sujet d’une peur qui pose problème mais l’attention exagérée qu’on lui accorde à travers les pensées, les jugements et autres conclusions négatives qui tourbillonnent dans notre monde intérieur.
La mécanique des peurs excessives
Une peur excessive est comparable elle aussi à un voyage en avion, avec son décollage, sa durée de vol et son atterrissage.
Décollage
Les peurs exagérées se déclenchent à des seuils de danger très bas. Au moindre danger ou apparence de danger, les peurs excessives décollent comme des avions de combat. La personne qui en souffre pense que cela va prendre des proportions incontrôlables et imagine que la situation va s’aggraver pour atteindre des sommets de mal-être totalement insupportables.
Si la personne est phobique, il suffit qu’on lui parle d’araignée, de papillons ou de serpent pour qu’immédiatement elle sente monter en elle des sensations qu’elle aura beaucoup de mal à contrôler. Même chose pour le claustrophobe lorsqu’il réalise qu’il entre dans un espace fermé, ou pour celui qui craint de prendre la parole en public : il aura les mains moites, les jambes flageolantes et l’esprit vide avant même d’ouvrir la bouche.
Cette imagination débordante et incontrôlée est caractéristique des peurs excessives. Mais heureusement leur montée n’est pas illimitée. Elle ne peut pas s’aggraver à l’infini. Quoi que vous puissiez penser, vous n’allez ni vous évanouir, ni mourir, ni devenir fou à cause de ce qui vous arrive. Inéluctablement l’explosion des premiers symptômes va s’essouffler pour laisser la place à un vol horizontal dans les nuages d’une imagination hors de contrôle.
Durée du vol
Il faut se rappeler que ce n’est pas l’objet de la peur qui est à l’origine de nos souffrances mais une imagination maladive et fantasmatique qui nous force à penser que ce qui arrive est très grave et que cela ne va jamais s’arrêter.
Lorsque l’on est bloqué dans une peur excessive, on est tellement submergé par l’anxiété, l’angoisse ou la panique, qu’il est très difficile, voire quasiment impossible, d’imaginer que tout cela puisse être bénin ou même simplement s’arrêter. On est intellectuellement paralysé, la tête tourne, on est incapable de réfléchir et on ne souhaite qu’échapper à cet enfer. Mais on ne peut pas sortir d’un avion en plein vol. La peur excessive en action est un cercle vicieux qui aspire et submerge dans un tsunami émotionnel.
Atterrissage
La dernière étape d’une peur excessive correspond à la diminution puis à la disparition des symptômes. Quelle que soit la durée du vol, un avion ne peut pas rester éternellement en l’air. Tout ce qui a un début a obligatoirement une fin. Il ne peut pas en être autrement. Lorsqu’une personne est enfermée dans une peur excessive, elle a l’impression de vivre un calvaire sans fin. Pourtant, en réfléchissant un tant soit peu, elle pourra constater qu’elle n’est jamais restée coincée dans ses souffrances 24 heures sur 24 ni sept jours sur sept.
Aucune peur excessive ne peut rester continuellement active. Elle se manifeste pendant un certain temps puis elle disparaît avant de réapparaître éventuellement un peu plus tard. L’alternance peut vous donner l’impression qu’elle est continuellement présente, mais c’est faux ! Tout ce qui commence doit obligatoirement s’arrêter et même si le problème revient un peu plus tard et à peu près de la même manière, ce ne sera jamais qu’un nouvel épisode de plus qui, lui aussi, aura une fin. Même la plus douloureuse des peurs ou des angoisses excessives a obligatoirement une fin. Un jour, elle ne sera plus là. C’est absolument inéluctable. Il vous faut le savoir et surtout bien vous le rappeler. C’est une clef essentielle pour déjouer les futures machinations de n’importe quelle peur excessive.

Exemple d’un épisode de peur excessive
Élodie, qui a tendance à être claustrophobe, est seule dans un ascenseur qui s’arrête brutalement entre deux étages. Immédiatement elle se crispe et sent la peur monter en elle. Elle quitte la réalité des choses. Son front se couvre de sueur. Sa gorge se dessèche, sa respiration devient de plus en plus courte et haletante. Elle n’arrive plus à remplir ses poumons déjà trop pleins et ne pense pas à les vider. Elle s’affole, hurle, appelle au secours. À l’idée de ne jamais pouvoir sortir de cette boîte dans laquelle elle se croit enfermée pour toujours elle se sent proche du malaise. Elle se désespère, elle pleure et se voit déjà mourant de faim, de soif ou asphyxiée par manque d’air. Finalement l’ascenseur repart, la porte s’ouvre. En sortant de l’ascenseur elle sort de son cauchemar et reprend pied dans la réalité de la vie.
La peur excessive est un pirate qui détourne l’attention et projette la personne qui en souffre dans une réalité fantasmée, déconnectée. Après un certain temps qui peut paraître durer des siècles, la situation va obligatoirement finir par perdre de son intensité. La personne entrera alors dans la phase finale d’atterrissage qui la sortira de ses angoisses en lui faisant retrouver le bon vieux « plancher des vaches ».
Chapitre Maîtrisez les peurs excessives 2
« On ne résout pas un problème en le mettant de côté. »
Winston Churchill
Il y a trois manières de contrer les peurs excessives. La première série de remèdes est destinée à faire avorter le démarrage de la peur. La seconde vise à raccourcir sa durée. Enfin, la troisième série vous permettra d’enclencher volontairement l’atterrissage et le retour à la normale.
Chacun de ces outils vous fera découvrir qu’il est possible de transformer n’importe quelle peur excessive en une peur négligeable que vous pourrez éliminer aussi facilement qu’une poussière sur la manche de votre vêtement. Mais ces remèdes ne sont pas des baguettes magiques. Il vous faudra bien les étudier et les comprendre avant de pouvoir les mettre en pratique et obtenir de bons résultats.

Déjouer ses peurs excessives : un long parcours
En général, c’est le soir que je vivais mes plus grands moments d’angoisse. Dans les pires périodes, il m’est arrivé de passer des heures à grelotter de peur dans mon lit. J’étais complètement tétanisé. Je suais d’angoisse, une sueur gluante très forte et malodorante. Je tremblais, j’étais glacé. Je me sentais mourir. Plus je cherchais à m’en sortir et plus je m’enfonçais dans le bourbier infect de ce qui me terrorisait. C’était une spirale infernale, un véritable cercle vicieux. Et puis un jour, j’ai commencé à moins me laisser faire en étant attentif aux signes précurseurs de l’angoisse. Dès que je sentais mes pensées aller dans une certaine direction ou dès qu’une certaine crispation commençait à me nouer le ventre, je refusais de continuer à penser dans cette direction. Je me disais : « Ah oui, je connais ces zones, elles sont dangereuses et je refuse de me laisser entraîner par ce genre d’idées tellement néfastes. Je m’interdis de réfléchir, de m’interroger ou de discuter avec ce qui me vient à l’esprit. » Pour m’aider dans cette lutte, car c’en était véritablement une, je me forçais à entrer dans des rêveries plus agréables dont j’avais préparé les thèmes à l’avance. Cela me procurait un peu de répit et détournait mon attention de ces choses hideuses qui m’hypnotisaient. Bien sûr, tout cela ne s’est pas fait d’un seul coup. Sortir d’un tel bourbier n’est pas chose aisée. Mais après avoir réussi une première fois à ne pas me laisser entraîner, cela m’a montré qu’il était possible de se défendre et de ne pas rester passif. Cela m’a également permis de moins désespérer lorsque par la suite, et surtout au début, je retombais sous la coupe d’une angoisse. Progressivement, j’ai réussi à moins subir la dictature de mes peurs et à reprendre progressivement le contrôle de mes pensées. Plus tard, j’ai découvert d’autres moyens pour court-circuiter ces peurs excessives et les neutraliser parfois en un clin d’œil, dès qu’elles commençaient à se manifester. Mais cela est une autre histoire et ne s’est pas fait en un jour ni sans difficultés.
Enrayez le décollage d’une peur excessive
Certains bandits réussissent des hold-up d’envergure en menaçant leurs victimes avec des armes factices. Si personne ne voit qu’il s’agit de jouets d’enfants, tout le monde continuera à trembler et les gangsters auront réussi leur coup… sauf bien sûr, si quelqu’un se rend compte de la réalité de la menace et a le courage de leur rire au nez. Les peurs excessives fonctionnent exactement selon le même principe. Ce sont des petits escrocs qui nous terrifient et qui nous mènent par le bout du nez uniquement parce que nous avons la naïveté de les croire aveuglément sans jamais penser à examiner de près la validité de ce qu’ils nous suggèrent.
Repérez les déclencheurs
Généralement, il suffit d’un mot, d’une pensée ou d’une sensation pour ouvrir la porte à l’anxiété et faire exploser l’angoisse. Si on ne veut plus subir une peur excessive on doit absolument être capable de repérer ce qui la déclenche. C’est une première étape indispensable pour ne plus réagir instinctivement comme un taureau qui fonce sans réfléchir sur le chiffon rouge… bleu, vert ou noir, qui s’agite devant lui.

Exemples de déclencheurs Un repas de fête quand tout le monde s’amuse : j’ai l’impression d’être tout seul et complètement coupé des autres et je sens l’angoisse me nouer l’estomac. Quand des gens parlent de maladie : j’ai la tête qui tourne, je serre les poings et j’ai envie de me sauver. Quand je suis en conflit avec quelqu’un : j’ai envie de pleurer et de me cacher dans un trou de souris. Quand je suis témoin de violences : ça me coupe le souffle, je claque des doigts et je me tortille. Quand un insecte tourne autour de moi : je suis terrorisé et je m’agite dans tous les sens.
Dès que vous sentez une peur excessive montrer le bout de ses griffes dans votre monde intérieur, faites autre chose que ce qu’elle vous suggère. Arrêtez de réagir comme d’habitude. Faites un pas en arrière, prenez du recul et observez comment tout cela a commencé.

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