Vous pouvez vivre mieux !
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Description


Dans son métier premier, la médecine d’urgence, comme dans son activité actuelle, le docteur Philippe Rodet est confronté à la peine d’autrui, qu’elle soit liée à une séparation, une maladie, la perte d’un proche, d’un travail, une difficulté professionnelle ou un échec… Comme beaucoup, il a lui-même traversé des périodes délicates. Dans son vécu professionnel comme personnel, il a trouvé des moyens simples et efficaces pour vivre mieux, en bonne santé et renouer avec le bonheur.



Souhaitant aider le plus grand nombre, il a donc eu envie de partager son expérience. Il nous livre ici vingt-cinq clés indispensables pour dépasser plus sereinement ces moments, ainsi que cinq comportements à cultiver au quotidien pour aider les autres à aller mieux.



En appliquant ses conseils et ses pratiques, appuyés sur les dernières découvertes médicales, vous diminuerez votre niveau de stress, augmenterez votre potentiel de bien-être et adopterez un mode de vie plus sain.



PARTIE 1 - Comprendre le stress

CHAPITRE 1 - Le stress, ce phénomène complexe

CHAPITRE 2 - Des signes de souffrance à connaître



PARTIE 2 - 10 clés pour se sortir au mieux de périodes difficiles

CHAPITRE 3 - Se souvenir de moments heureux

CHAPITRE 4 - Se relaxer grâce à la méditation, au yoga, aux prières répétitives

CHAPITRE 5 - Cultiver son propre optimisme

CHAPITRE 6 - Apprendre à faire la part des choses

CHAPITRE 7 - Augmenter son sentiment d’efficacité personnelle

CHAPITRE 8 - Modifier les ondes de son cerveau

CHAPITRE 9 - Cultiver le sentiment de gratitude

CHAPITRE 10 - Pratiquer Le contraste mental

CHAPITRE 11 - Bien respirer

CHAPITRE 12 - Ériger un barrage entre la vie professionnelle et la vie personnelle



PARTIE 3 - 15 pratiques pour vivre mieux et renouer avec son bien-être

CHAPITRE 13 - Avoir une activité physique régulière et modérée

CHAPITRE 14 - Agir !

CHAPITRE 15 - Projeter vers quelque chose d’agréable

CHAPITRE 16 - Bien s’alimenter

CHAPITRE 17 - Protéger son temps de sommeil

CHAPITRE 18 - Avoir un animal de compagnie

CHAPITRE 19 - Profiter de la nature

CHAPITRE 20 - Écouter de la musique

CHAPITRE 21 - Aller au musée

CHAPITRE 22 - Se fixer un but riche de sens… et des objectifs intermédiaires !

CHAPITRE 23 - S’engager, aider, donner

CHAPITRE 24 - Voir ses amis proches

CHAPITRE 25 - Pardonner

CHAPITRE 26 - Ne pas entendre les donneurs de leçons

CHAPITRE 27 - Prendre conscience de ses progrès



PARTIE 4 - 5 comportements pour aider une personne en difficulté à aller mieux

CHAPITRE 28 - Être empathique

CHAPITRE 29 - Encourager

CHAPITRE 30 - Exprimer de la gratitude

CHAPITRE 31 - Témoigner de la considération

CHAPITRE 32 - Rassurer et convaincre

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 05 mars 2020
Nombre de lectures 1
EAN13 9782212440485
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0550€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Dans son métier premier, la médecine d’urgence, comme dans son activité actuelle, le docteur Philippe Rodet est confronté à la peine d’autrui, qu’elle soit liée à une séparation, une maladie, la perte d’un proche, d’un travail, une difficulté professionnelle ou un échec…
Comme beaucoup, il a lui-même traversé des périodes délicates. Dans son vécu professionnel comme personnel, il a trouvé des moyens simples et efficaces pour vivre mieux et en bonne santé.
Souhaitant aider le plus grand nombre, il a donc eu envie de partager son expérience. Il nous livre ici vingt-cinq clés indispensables pour surmonter plus sereinement ces moments, ainsi que cinq comportements à cultiver au quotidien pour aider les autres à aller mieux.
En appliquant ses conseils et ses pratiques, appuyés sur les dernières études internationales, vous diminuerez votre niveau de stress, augmenterez votre bien-être et adopterez un mode de vie plus sain.
Ex-urgentiste, Philippe Rodet a appris à maîtriser le stress lié aux urgences pouvant être vitales, et ces expériences lui ont appris à mesurer la force du désir, celui d’aider autrui. Depuis plus de vingt-cinq ans, il accompagne des personnes en situation difficile et œuvre à la promotion de comportements bienveillants, éléments clés de la réalisation de soi et du bien-être.
Docteur Philippe Rodet
Vous pouvez vivre mieux !
25 clés pour renouer avec son bien-être
Éditions Eyrolles 61, bd Saint-Germain 75240 Paris Cedex 05 www.editions-eyrolles.com
Du même auteur
L’Ardeur nouvelle , Debresse, 1998.
Le Stress, nouvelles voies , Éditions de Fallois, 2007.
Se libérer du stress : un médecin urgentiste raconte , Eyrolles, 2010.
Se protéger du stress et réussir. Sept leviers de motivation , Eyrolles, 2011 – Avec Romain Bourdu.
Le Bonheur sans ordonnance . L’Envie, clé de la santé et du bonheur , Eyrolles, 2014.
Le Management bienveillant. La Bienveillance est l’indicateur d’un monde encore humain , Eyrolles, 2017 – Avec Yves Desjacques.
Aurélien, c’est papa, je t’aime. Et si la bienveillance sauvait des vies , Eyrolles, 2018.
La Bienveillance au travail . Trop de stress, pas assez de motivation, comment en sortir ? , Eyrolles, 2019.
Création de maquette et mise en pages : Soft Office
Illustrations : © Téo
Attention : la version originale de cet ebook est en couleur, lire ce livre numérique sur un support de lecture noir et blanc peut en réduire la pertinence et la compréhension.
En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, sur quelque support que ce soit, sans autorisation de l’éditeur ou du Centre français d’exploitation du droit de copie, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.
© Éditions Eyrolles, 2020
ISBN : 978-2-212-57401-2
Remerciements
Mes remerciements vont à tous ceux qui, en m’apportant leur soutien, m’aident à « transformer les soucis en défis » et à promouvoir les idées qui me tiennent à cœur.
Mes remerciements vont au Cercle Stress Info 1 .

1. http://www.stress-info.org
Sommaire
QUELQUES TÉMOIGNAGES
POURQUOI CE LIVRE ?
PARTIE 1 Comprendre le stress
CHAPITRE 1 Le stress, ce phénomène complexe
Les mécanismes du stress
Femmes, hommes et ocytocine
Existe-t-il un bon et un mauvais stress ?
Sommes-nous tous égaux face au stress ?
CHAPITRE 2 Des signes de souffrance à connaître
Des signes évocateurs d’un haut niveau de stress
Des signes évocateurs de dépression
Des signes évocateurs de burn-out
PARTIE 2 10 clés pour se sortir au mieux de périodes difficiles
CHAPITRE 3 Se souvenir de moments heureux
CHAPITRE 4 Se relaxer grâce à la méditation, au yoga, aux prières répétitives
Le fait de méditer agit sur sa personne et son entourage
Pratiquer le yoga réduit le niveau de stress et lutte contre la dépression
Prier régulièrement favorise la capacité à pardonner
Méditation, yoga, récitation de prières ont des conséquences positives sur nos gènes
CHAPITRE 5 Cultiver son propre optimisme
Définir l’optimisme
Pourquoi ne sommes-nous pas plus optimistes ?
Et cependant l’optimisme est source de santé
L’optimisme aide à guérir
Optimistes et pessimistes, des modes de pensée différents
Comment renforcer son optimisme ?
CHAPITRE 6 Apprendre à faire la part des choses
Mais, pourquoi noter les points négatifs ?
CHAPITRE 7 Augmenter son sentiment d’efficacité personnelle
CHAPITRE 8 Modifier les ondes de son cerveau
CHAPITRE 9 Cultiver le sentiment de gratitude
Tenir un journal de gratitude
Se poser deux questions
CHAPITRE 10 Pratiquer Le contraste mental
CHAPITRE 11 Bien respirer
CHAPITRE 12 Ériger un barrage entre la vie professionnelle et la vie personnelle
PARTIE 3 15 pratiques pour vivre mieux et renouer avec son bien-être
CHAPITRE 13 Avoir une activité physique régulière et modérée
La connexion esprit-corps est avérée
L’activité physique est protectrice du stress
CHAPITRE 14 Agir !
Agir rend capable
Se forcer à agir, quelle que soit l’action
CHAPITRE 15 Projeter vers quelque chose d’agréable
CHAPITRE 16 Bien s’alimenter
Éviter d’apporter trop de sucre et de sel dans notre alimentation
Aller mieux grâce à une alimentation adaptée
CHAPITRE 17 Protéger son temps de sommeil
Un sommeil de qualité atténue les effets du stress et aide à aller mieux
CHAPITRE 18 Avoir un animal de compagnie
L’impact d’un animal de compagnie est positif sur le bien-être
Et si simplement, avoir des poissons évoluant dans un aquarium suffisait ?
CHAPITRE 19 Profiter de la nature
Prendre des « bains de forêt », une façon de se détoxifier
La végétation est source de bien-être
Prendre des « bains de nature », un moyen thérapeutique de bien-être
Des nombreux bienfaits du jardin sur la santé
La nature, un bon moyen de bannir la pollution génératrice de problèmes de santé
CHAPITRE 20 Écouter de la musique
« Weightless », le morceau musical aux effets incroyablement relaxants
La musique de Mozart, championne toutes catégories pour abaisser le niveau de stress
CHAPITRE 21 Aller au musée
De l’art-thérapie pour faire diminuer le niveau de stress
Proche des bienfaits de l’art, la lecture
CHAPITRE 22 Se fixer un but riche de sens… et des objectifs intermédiaires !
Le but qui fait sens, un catalyseur de performance
Progresser vers un but est source de satisfaction
Avoir un but dans sa vie participe à vivre plus longtemps
Les objectifs intermédiaires aident à atteindre son but
CHAPITRE 23 S’engager, aider, donner
« Engagez-vous, qu’ils disaient… »
Des bienfaits de la BA régulière
Don de soi et générosité, des barrières efficaces antistress
CHAPITRE 24 Voir ses amis proches
Ocytocine et cortisol, des taux communicants
« L’amitié est la clé du bonheur et de la santé »
De l’intérêt pour chacun d’avoir un « meilleur ami »
Les liens sociaux favorisent la sécrétion d’hormones antistress
CHAPITRE 25 Pardonner
Pardonner est faire œuvre utile
Le pardon, l’élément clé de la réconciliation
Entre ressentiment et pardon, pas d’hésitation possible !
CHAPITRE 26 Ne pas entendre les donneurs de leçons
CHAPITRE 27 Prendre conscience de ses progrès
PARTIE 4 5 comportements pour aider une personne en difficulté à aller mieux
CHAPITRE 28 Être empathique
L’empathie a un pouvoir considérable
Bonne nouvelle, l’empathie s’apprend !
L’empathie est altérée par le stress
L’empathie aide à aller mieux
CHAPITRE 29 Encourager
Les encouragements diminuent les effets du stress
Les encouragements améliorent la confiance en soi et la performance
Les encouragements sont sources de créativité et d’innovation
Les encouragements favorisent la satisfaction au travail et le bien-être
CHAPITRE 30 Exprimer de la gratitude
CHAPITRE 31 Témoigner de la considération
CHAPITRE 32 Rassurer et convaincre
CONCLUSION Les ferments du changement
La prise en considération de l’environnement augmente
L’intérêt pour la qualité de l’alimentation va croissant
Les comportements au travail évoluent positivement
La santé change de paradigme
Le goût de l’effort individuel revient pour le bien de tous
INDEX
Quelques témoignages
Dans une vie, vous avez très peu de personnes qui vous marquent.
Me concernant, le docteur Philippe Rodet fait partie de celles-ci.
À l’époque où j’étais jeune étudiant, j’ai pu bénéficier de son aide sur ce que nous pouvons qualifier « le développement de soi ».
Par des conseils simples, par des exercices efficaces, j’ai pu passer des épreuves qui pouvaient me paraitre insurmontables à l’époque et… réussir.
Aujourd’hui, je dirige un service achats.
Yannick Coudert, directeur d’un service achats
Décrire ce que Philippe Rodet a pu m’apporter en quelques lignes seulement m’est très difficile.
Il y a quelques années, j’ai eu la chance d’avoir une directrice de site qui a demandé à Philippe d’intervenir devant l’ensemble de l’encadrement. Un intervenant qui vient nous parler d’écoute et de bienveillance en entreprise, dans ma déjà longue carrière professionnelle, je n’avais jamais vu ! Le message à comprendre était d’accorder un juste niveau d’autonomie, de définir des objectifs clairs, réalistes et ambitieux, d’aider chacun à voir le sens de son travail…
Quelques mois plus tard, pour diverses raisons j’ai eu une période très difficile. Alors que mes proches faisaient déjà tout pour m’aider et me supporter, grâce à eux et à l’écoute de Philippe, ses conseils, ses petits outils pratiques, sa disponibilité permanente, j’ai pu refaire surface et sortir de cette bien mauvaise passe. Et parce qu’on n’est jamais totalement guéri, je suis sûr que si demain j’avais à nouveau besoin, Philippe serait là. MERCI Philippe !
Alain Landerouin, Chargé de projets d’Industrialisation Pharmaceutique
J’ai eu l’opportunité de rencontrer le docteur Philippe Rodet dans un contexte professionnel car je traversais une période difficile.
Son caractère profondément bienveillant m’a particulièrement touchée. Son écoute et son aide pour analyser ma situation ont fait naître chez moi un beau sentiment de confiance. Ces échanges ont été importants pour moi.
La réalisation de ses exercices pouvait au début apparaître non évidente, notamment celui qui consistait à noter le soir, les points négatifs et les points positifs de la journée pour se focaliser en se couchant sur les trois points les plus positifs. Mais sans m’en rendre compte, cela m’a énormément aidé. Je vais être transparente, je continue à le faire et aujourd’hui j’en mesure les bienfaits.
Ses messages porteurs de bienveillance, notamment dans ses livres, sont toujours pour moi des sources d’apaisement.
J’ai eu la chance de recevoir l’aide de personnes bienveillantes pour trouver ma voie et pour oser l’entreprendre.
Aujourd’hui, je fais un métier que j’aime, je suis contrôleur de sécurité pour une CARSAT.
Sandrine Marvin
Je sais que pour moi-même, depuis que je suis en proie aux lourds ennuis du grand âge, j’ai souvent trouvé un étrange réconfort dans les paroles du docteur Rodet. 1
Jacqueline de Romilly, de l’Académie française

1. Préface du livre, Se libérer du stress : un médecin urgentiste raconte , Philippe Rodet, Éditions Eyrolles, 2010.
Pourquoi ce livre ?
On est nombreux à traverser des périodes difficiles qu’il s’agisse d’un échec à un examen, à un concours, de la perte d’un emploi, d’une difficulté importante dans son travail, d’une rupture affective, d’une séparation, d’un deuil…
Pendant des années, lors de gardes aux urgences, le médecin urgentiste que je suis a été confronté à travers les patients à toutes ces situations.
Aujourd’hui, lorsque j’interviens dans des entreprises pour accompagner des personnes en difficulté, je suis de nouveau face à ces mêmes réalités, la principale différence par rapport à mon métier premier étant de disposer de davantage de temps – et de temps serein –, mon « bip » ne sonnant pas au milieu d’un entretien.
Et puis, comme tout un chacun, j’ai bien sûr personnellement, à plusieurs reprises, connu de véritables souffrances morales et c’est peut-être le fait d’être d’un côté et de l’autre du bureau qui m’a amené à mieux comprendre et à vouloir transmettre quelques clés qui se sont avérées efficaces aussi bien vis-à-vis d’autrui que pour moi-même.
J’ai souffert de la perte d’un proche à l’âge de treize ans. Suite à un accident de la route, une grand-tante est éjectée du véhicule et se retrouve inconsciente sur le bas-côté d’une route de province. Le temps est long sans savoir si celle qui m’a élevé avec amour va survivre ou pas. C’est ce jour-là que j’ai décidé de devenir… médecin urgentiste. Malheureusement, quelques heures après la catastrophe, cette personne dotée d’une immense générosité décède. Le chagrin sera indicible mais, afin de ne pas peiner ma famille, je ne le montrerai pas.
J’ai souffert durant mes études. Lors de mon premier stage d’externe effectué en réanimation, j’assiste à la mort d’un enfant de quinze ans qui avait mis fin à ses jours parce qu’il était en échec scolaire. Quand on a une vingtaine d’années, cela est très difficile à vivre. Ce sera le point de départ de mon intérêt pour la réussite, la motivation, le stress et surtout l’influence de la motivation sur le stress.
J’ai souffert à chaque fois qu’une garde se passait très mal. Je me souviens parfaitement de cette intervention du 24 décembre. Un enfant de quinze ans est percuté par une voiture et, sous la violence du choc, meurt instantanément. Lorsque l’équipe du Samu arrive sur place, l’enfant est décédé et les lésions, notamment crâniennes, sont telles que l’espoir de le sauver s’envole immédiatement. Je me remémore la remarque que je m’étais faite en allant sur les lieux de l’intervention, comme quoi les éclats de lumière des gyrophares se mariaient à merveille avec les guirlandes colorées qui illuminaient les magasins de la ville à l’approche de Noël. Au retour, les mêmes lumières n’étaient que fadeur, pâleur et douleur. Le soir, une sortie entre amis était prévue. La garde terminée, j’annulais le rendez-vous et me retrouvais seul chez moi en repensant aux mots utilisés pour annoncer un tel drame aux parents, et à leurs cris et pleurs. Le repas ne fut pas du tout un réveillon, plus rien ne me tentait.
J’ai souffert par la suite de la perte d’un être cher : Jacqueline de Romilly. Rencontrée en 1997, lors de la période d’incubation d’un club de réflexion, la confiance que nous avions en l’Homme nous avait permis de nous rapprocher. « C’est parce que l’on croit en l’humain que l’on s’entend aussi bien, mon petit docteur », se plaisait à dire cette académicienne atypique. Son départ a été très douloureux pour moi malgré son âge respectable et même si elle l’avait préparé pour le rendre le moins difficile possible en me disant : « Le moment où je vous aiderai le plus, c’est quand je serai morte » et puis aussi « Lorsque je vais mourir, il ne faudra pas être triste et cela pour trois raisons. Tout d’abord, je suis très âgée, ensuite, j’ai durant ma vie défendu mes convictions avec ardeur, enfin, on continuera à échanger, la seule différence sera qu’il n’y aura plus le whisky à 18 heures… ».
J’ai bien sûr souffert lors de la perte de mon papa en 2013 puis de ma maman en 2018, même s’ils étaient âgés.
Ainsi, le fait d’avoir été confronté à d’innombrables reprises à la souffrance des personnes, de constater les effets bénéfiques de certaines actions prodiguées sur elles, d’avoir également mesuré l’impact de ces mêmes actions sur moi-même m’a donné envie de les transmettre. Il s’agit d’actions simples, éprouvées et efficaces, des actions dont on comprend pourquoi et comment elles ont un effet positif.
La première partie de ce livre expose les définitions et mécanismes du stress. Elle pointe aussi les signaux faibles qui doivent alerter. Car, à croire que l’on peut résister à tout prix, on ne met pas en place les moyens nécessaires pour se protéger et l’on ouvre la porte à des niveaux de stress destructeurs qui peuvent entraîner vers certains types de dépression ou vers le burn-out. C’est pourquoi leurs signes évocateurs y sont expliqués, non pas pour permettre à chacun de les traiter, c’est le rôle des médecins, mais pour interpeller à temps, nous-même, un ami, un collègue, un proche…
Une deuxième partie donne 10 clés pour se sortir au mieux de périodes difficiles.
Une troisième partie propose 15 pratiques pour vivre mieux et renouer avec son bien-être.
Une quatrième partie décrit 5 comportements pour aider une personne en difficulté à aller mieux.
Partie 1
Comprendre le stress
La réaction de stress est largement abordée depuis quelques années. Tout le monde a une idée sur le sujet. Soyons toutefois très humble pour le traiter car plus on travaille dessus, plus on se rend compte de sa complexité.
Le but de cette partie est de présenter les connaissances en la matière et de poser des repères pour que chacun saisisse bien ce de quoi l’on parle.
Certes, il est toujours frustrant de vulgariser une réaction complexe mais il est indispensable de la rendre la plus accessible et claire possible afin d’en permettre une meilleure compréhension.
CHAPITRE 1
Le stress, ce phénomène complexe
Le stress est certainement l’une des réactions les plus complexes de l’organisme, il est donc important de l’aborder avec humilité et d’essayer, avant toute chose, de le définir. Et pour tenter de définir cette réaction, il est nécessaire de s’appuyer non pas sur une mais sur deux définitions.
Selon Hans Selye, le chercheur qui, dès 1936, a décrit la réaction de stress chez l’être vivant, « le stress est la réponse non spécifique que donne le corps à toute demande qui lui est faite ».
Hans Selye parle de réaction « non spécifique » car, quelle que soit la cause de stress, il y aura toujours libération des mêmes hormones. Et les principales hormones libérées sont l’adrénaline, la noradrénaline, le cortisol, l’aldostérone, les endorphines et l’ocytocine. Mais d’après une étude de septembre 2019, une autre hormone interviendrait : l’ostéocalcine !
En effet, un article 1 du 13 septembre 2019 du site « Trust My Science » expose les conclusions d’une nouvelle étude réalisée par des chercheurs de Columbia et publiée dans la revue Cell Metabolism , qui montre le rôle du squelette et de l’ostéocalcine dans la réaction de stress.
Il semblerait que deux à trois minutes après la perception du danger, le taux d’ostéocalcine augmente dans le sang. Cette hormone, libérée du tissu osseux à partir d’un type de cellules osseuses, les ostéoblastes, agirait en diminuant le tonus du parasympathique. Le système nerveux parasympathique a pour neuromédiateur l’acétylcholine et antagonise les effets du système nerveux sympathique dont le neuromédiateur est l’adrénaline. Le parasympathique ralentit notamment la fréquence cardiaque, c’est pourquoi si l’on diminue son tonus, celle-ci va augmenter. Ainsi, lors de la libération d’ostéocalcine, la fréquence cardiaque, la température corporelle et la glycémie augmentent.

Eurêka !

Cette nouvelle approche permettrait d’expliquer comment des personnes en insuffisance surrénale ou des animaux sans glande surrénale, incapables donc de produire de l’adrénaline, peuvent développer une réponse au stress aigu.
Le P r Gérard Karsenty, directeur du département de génétique et développement de l’université Columbia, à l’origine de l’étude, est très clair : « Chez les vertébrés osseux, la réponse au stress aigu n’est pas possible sans ostéocalcine. »… « Cela change complètement notre façon de penser à la manière dont les réponses au stress aigu se produisent. »
Pour l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail, « un état de stress survient lorsqu’il y a déséquilibre entre la perception qu’une personne a des contraintes que lui impose son environnement et la perception qu’elle a de ses propres ressources pour y faire face ».
Cette définition est plus restrictive que la précédente car elle s’adresse avant tout au stress dans le cadre professionnel. En outre, il est possible de subir des sources de stress sans pour autant « percevoir » quoi que ce soit. C’est notamment le cas de nombre de sources d’origine physique comme les variations de pression par exemple.
Les mécanismes du stress
Il s’agit de comprendre pourquoi une formidable réaction de survie peut devenir si problématique.
Une réaction de survie primaire bien organisée
Dans les temps anciens, lorsqu’un être humain était confronté à un animal sauvage, la réaction de stress avait beaucoup d’avantages. Sous l’influence de l’adrénaline, notre ancêtre dilatait ses bronches et permettait donc à l’oxygène de mieux passer dans son sang.
En raison de la libération d’adrénaline, de noradrénaline, de cortisol et d’aldostérone, la pression artérielle augmentait et le cerveau était alors irrigué à un plus haut débit par un sang plus riche en oxygène.
La sécrétion d’adrénaline et de cortisol entraînait une augmentation du taux de sucre dans le sang afin de fournir l’énergie nécessaire au combat.


En outre, si l’animal blessait le chasseur, sous l’influence de l’adrénaline et de la noradrénaline, les vaisseaux se resserraient, le risque d’hémorragie diminuait. Parallèlement à ce processus, la libération d’adrénaline améliorait la capacité des plaquettes à coaguler, protégeant encore plus du risque d’hémorragie.
Enfin, si l’animal était féroce et le chasseur grièvement blessé, des endorphines étaient sécrétées pour diminuer la douleur et permettre de combattre dans des conditions optimales.
Il s’agit bien d’une formidable réaction de survie !
Cette réaction de survie qui est devenue de nos jours problématique
Si cette réaction nous pose aujourd’hui autant de problèmes, il y a cela quatre raisons dont les deux premières y sont pour beaucoup.
Le nombre de sources de stress a augmenté de manière considérable
L’arrivée des nouvelles technologies de l’information et de la communication, en donnant la possibilité de compresser le temps, a favorisé l’émergence de nombreuses sources de stress. Et comme l’humain peine souvent à trouver le juste équilibre, il est toujours tenté d’aller toujours plus loin, d’agir de plus en plus vite, quitte à sacrifier parfois le temps de la pensée.
Les « facteurs de protection » du stress ont diminué

LE SENS ET LES LIENS SOCIAUX, DEUX PUISSANTS « FACTEURS DE PROTECTION » DU STRESS
Aux États-Unis, dans une structure qui emploie des médecins urgentistes, beaucoup font des burn-out. Il leur a alors été demandé de travailler une demi-journée par semaine sur un sujet qui les passionne. Ces médecins ont non seulement fait avancer les connaissances, pris conscience de leur utilité, perçu plus de sens à leur travail mais… le nombre de cas de burn-out a régressé. Des études ont montré qu’une absence de soutien augmenterait respectivement de 31 % et de 43 % le niveau de stress et d’anxiété chez les hommes et les femmes. Une autre étude a montré que les femmes qui avaient un haut niveau de stress et un faible niveau de soutien social durant leur grossesse avaient plus de chance d’avoir un travail prématuré ou une éclampsie.
L’expression « facteurs de protection » est celle du D r Jean-Jacques Breton, pédopsychiatre à la clinique des troubles de l’humeur de l’hôpital Rivière-des-Prairies, à Montréal. Ainsi, il précise que « si l’on favorise ces facteurs de protection, les gens peuvent améliorer leur capacité à faire face aux événements stressants. On peut les outiller ».
Parmi les « facteurs de protection » avancés par le D r Breton, on retrouve la présence d’objectifs dans la vie, la spiritualité dans l’optique d’une vie intérieure, le sens, les liens sociaux, les valeurs…
Ces « facteurs de protection » jouent donc un rôle essentiel. Or, dans « nos grands États modernes », ils ont une fâcheuse tendance à régresser.
L’activité physique est très souvent trop faible
Chez beaucoup, l’activité physique est devenue trop aléatoire alors qu’elle permet de freiner la sécrétion d’hormones libérées en excès en cas de stress.

La bonne idée qui monte !

Dans des entreprises au Canada, les escaliers avaient été réhabilités et les collaborateurs encouragés à utiliser ceux-ci plutôt que les ascenseurs. Au bout de trois semaines, le taux de cortisol des salariés qui empruntaient les escaliers était plus bas que celui de ceux qui prenaient l’ascenseur.
L’alimentation n’est pas toujours adaptée
Lors des périodes à haut niveau de stress, l’organisme retient du sel en raison de la sécrétion de cortisol et d’aldostérone et libère du sucre sous l’effet du cortisol et de l’adrénaline ; il a ainsi tendance à avoir plus de sel et de sucre qu’en temps normal.
Or, dans ces mêmes périodes, paradoxalement, l’appétence pour les produits sucrés et salés est importante. Ainsi avons-nous tendance à consommer des aliments riches en sel et en sucre, alors que sel et sucre existent déjà en excès dans l’organisme !
Comment se traduit une réaction de stress ?
Quelle que soit la cause, nous l’avons dit, la réaction de stress se traduira par une libération d’hormones.
Ces hormones, lorsqu’elles sont présentes en petite quantité, non seulement ne sont pas toxiques mais sont mêmes utiles. En cas d’hypoglycémie, la réaction de stress va aider à faire augmenter le taux de sucre dans le sang et ainsi à sauver la personne. C’est également le cas du trac, source de stress aiguë par excellence, qui nous aide à nous concentrer au début d’une intervention face à un public.
En revanche, lorsque ces hormones sont sécrétées de manière importante et durable, elles peuvent avoir des effets toxiques.
De cause à effet
On sait par exemple que le stress favorise les réactions allergiques.
On sait également que le stress augmente la libération d’adrénaline et de cortisol.
Quand un patient vient aux urgences avec une réaction allergique sévère, un urticaire géant par exemple, on utilise en première intention des corticoïdes (cortisol de synthèse) et, si cela ne suffit pas, de l’adrénaline.
Ce n’est pas logique, allez-vous penser…
Cela s’explique cependant fort bien. Lors d’une réaction de stress intense, il y a libération de cortisol et d’adrénaline. Quelques minutes plus tard, ces hormones, ayant été sécrétées en grosse quantité lors de l’accès de stress, vont être présentes à un taux beaucoup plus bas dans l’organisme, favorisant la survenue de la réaction allergique. C’est là que l’administration de ces substances devient logique.

MÉCANISME DU STRESS

Femmes, hommes et ocytocine
Les femmes sont davantage exposées à des sources de stress que les hommes. De nombreuses études réalisées, notamment au Canada, le confirment. Les principales raisons tiennent au fait que les femmes consacrent, en sus de leur travail, plus de temps aux tâches ménagères et aux enfants.
Les effets du stress sont différents chez les femmes et les hommes
Cela commence tôt !
En effet, d’après une étude menée par l’université de Californie et publiée en 2010 par le BMC Public Health , le taux de mortalité des fœtus masculins a fortement grimpé en septembre 2001, suite au choc des événements du 11 Septembre, si bien que le nombre de garçons nés en décembre de cette année-là est inférieur à ce qu’il aurait dû être.
Selon le P r Tim Bruckner, enseignant en santé publique et directeur de l’étude, « dans plusieurs espèces vivantes, il est prouvé que le stress réduit le taux de naissance des mâles ».
Et cela dure…
Une étude, menée par l’équipe de Mara Mather, professeur à l’université de Californie du Sud, expose les différences de réaction chez les femmes et les hommes face à des situations de stress. Ainsi, dans ces conditions, il semblerait que les hommes présentent une diminution de l’activité de la zone de leur cerveau à l’origine de la compréhension des sentiments d’autrui et auront plus tendance à se replier sur eux-mêmes ; tandis que les femmes auraient une augmentation de l’activité de la même zone de leur cerveau et auraient donc plus tendance à exprimer leurs émotions.
D’après une autre étude, menée par Laura Cousino Klein, professeur adjoint de la santé au département Biobehavioral de la Penn State University, ces différences de réaction pourraient provenir de l’influence d’une hormone qui, en situation de stress, ne s’exprime pas de la même manière chez les hommes et les femmes : l’ocytocine.
Si en situation de stress, la femme et l’homme sécrètent tous les deux de l’ocytocine, en revanche, l’effet de l’ocytocine est amplifié chez la femme en raison de la présence des œstrogènes, alors qu’il est diminué chez l’homme par la testostérone.
Or, l’ocytocine est l’hormone de… l’empathie !
En situation de stress, les femmes tendent à être intellectuellement plus performantes que les hommes en raison de cette hormone.
Si l’on veut vérifier le phénomène en l’amplifiant, on va mesurer l’effet de la caféine sur des femmes et des hommes stressés. Une étude parue en décembre 2010 dans le Journal of Applied Social Psychology aborde justement l’influence de la caféine en cas de stress.
Selon cette étude, si des hommes stressés prennent de la caféine, ils deviennent moins performants, intellectuellement parlant. Alors que des femmes exposées aux mêmes conditions augmentent leurs performances intellectuelles.
Existe-t-il un bon et un mauvais stress ?
Voilà certainement la question la plus souvent posée.
Lors d’un malaise, d’un accident, le stress peut nous sauver la vie ! Dans ces cas, le stress peut avoir des effets positifs.
Le problème vient essentiellement du stress subi, fréquent, non accompagné d’activité physique ou de facteurs de protection. Là, le nombre de sources est tellement élevé que cela le rend globalement toxique. À l’image du sucre, un morceau est bon pour la santé. Si l’on en consomme cinquante par jour, il sera nocif pour l’organisme.
La énième source de stress peut donc à la fois nous aider à survivre en cas d’accident mais s’avérer toxique pour notre organisme.

CQFD !

Ce qui est certain, c’est que le stress ne sera pas la clé à mobiliser si l’on veut obtenir de la performance… durable.
Souvent, j’entends : « Lorsque j’ai un travail compliqué à faire, je me dis qu’il faut que je sois à tel niveau d’avancement à telle heure, cela me stresse et je suis plus efficace… c’est bien du bon stress. »
S’il est sûr que dans ce type de situation, la performance est plus grande, je préfère y voir l’impact de la motivation que celui du stress, la source de motivation étant alors le facteur temps. En revanche, si je demande à un collaborateur d’accomplir une quantité de travail en un temps impossible, c’est bien du stress que je génère chez lui.
Sommes-nous tous égaux face au stress ?
On a vu que les femmes résistent mieux au stress que les hommes. Mais, indépendamment du sexe, existe-t-il d’autres facteurs qui expliqueraient une sensibilité différente d’un individu à l’autre ?
Les travaux menés par le D r Deane Aikins, psychiatre de l’université de Yale (Connecticut) et présentés lors de la conférence annuelle de l’American Association for the Advancement of Science (AAAS), réunie à Chicago en février 2009, prouveraient que des personnes résistent mieux au stress que d’autres, au point de pouvoir continuer à agir efficacement en cas de niveau de stress important.
Les travaux du D r Deane Aikins montreraient un niveau de cortisol plus bas chez les personnes résistant naturellement au stress, lorsque celles-ci sont soumises à des stress intenses.
Parallèlement à cette absence d’augmentation du cortisol, on constaterait, chez les patients « résistants » au stress, un taux plus élevé de neuropeptide Y, une substance permettant de réduire les effets du stress.
Cette étude est à rapprocher de celle menée par l’équipe du D r David Goldman, parue dans Nature en avril 2008, qui montrait que des « variations héréditaires de la quantité d’une molécule réduisant l’anxiété aident à expliquer pourquoi certaines personnes peuvent tolérer le stress mieux que d’autres ». La molécule libérée en cas de stress et qui réduit l’anxiété est appelée… neuropeptide Y.

Élémentaire…

La réponse est donc simple : plus le taux de neuropeptide Y dont on dispose est élevé, plus on résiste au stress.
Si le fait d’avoir un taux de neuropeptide Y élevé est un atout pour résister au stress, il peut, dans certains cas, s’avérer source de difficultés. En effet, lorsque l’on résiste bien soi-même, on n’imagine pas qu’un proche, un collègue, un collaborateur, ne résiste pas aussi bien que soi, et l’on ne comprend alors pas que l’on puisse générer du stress chez lui alors que ce n’est pas le cas à notre niveau.

1. https://trustmyscience.com/os-jouent-role-plus-important-que-adrenaline-dans-reponse-stress/

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