J aide mon enfant à faire ses devoirs
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Description


Pour aborder avec votre enfant le moment tant redouté des devoirs, ce guide clé en main vous propose une démarche pas à pas pour gérer sereinement ce rendez-vous quotidien : créer des conditions favorables, gérer le temps et surtout, favoriser la motivation de votre enfant en développant une pédagogie adaptée et en introduisant une dimension ludique. Il propose aussi des pistes concrètes pour collaborer avec les enseignants et agir en lien avec l'équipe éducative.



Cette nouvelle édition est enrichie d'un cahier pratique, pour accompagner les situations les plus délicates : aider votre enfant à réviser avant un contrôle ou encore repérer les troubles de l'apprentissage.


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 12 décembre 2019
Nombre de lectures 5
EAN13 9782212440737
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0424€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Pour aborder avec votre enfant le moment tant redouté des devoirs, ce guide clé en main vous propose une démarche pas à pas pour gérer sereinement ce rendez-vous quotidien : créer des conditions favorables, gérer le temps et surtout, favoriser la motivation de votre enfant en développant une pédagogie adaptée et en introduisant une dimension ludique. Il propose aussi des pistes concrètes pour collaborer avec les enseignants et agir en lien avec l’équipe éducative.
Cette nouvelle édition est enrichie d’un cahier pratique, pour accompagner les situations les plus délicates : aider votre enfant à réviser avant un contrôle ou encore repérer les troubles de l’apprentissage.
Une auteure spécialiste Des solutions adaptées Des conseils pratiques


D R ANNE GRAMOND est pédopsychiatre. Elle exerce une activité clinique de consultation auprès des enfants TDAH (Trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité) et HPI (Haut potentiel intellectuel). Spécialisée dans les thérapies cognitivo-comportementales, elle est également chargée d’enseignement à la faculté. Elle exerce en milieu hospitalier (CHU de Nîmes).
Docteur Anne Gramond
J’AIDE MON ENFANT À FAIRE SES DEVOIRS
Méthodes, outils et conseils pour coacher son enfant
Deuxième édition
Éditions Eyrolles
61, bd Saint-Germain
75240 Paris Cedex 05
www.editions-eyrolles.com
Je remercie mon mari pour son soutien et ses conseils, ma vie est riche de nos débats passionnants et passionnés. Tu m’as offert la plus belle rencontre de ma vie, notre fils Clément.
Évidement, merci à Rany ou l’insoutenable légèreté de l’être. Je te remercie pour tes multiples lectures et corrections ainsi que pour ton indéfectible confiance en la vie.
Merci à ma sœur Sophie, patiente lectrice et à son travail éditorial qui a permis que la chrysalide sorte de son cocon et à sa moitié Mickaël.
Merci à mes amies Anne, Nath, Florence, Anouck, Magali et à ma Cécile...
Merci à Rita, Pascale et Fatim pour votre aide.
Merci au Pr Tran, au Pr Purper Ouakil, au Dr Abbar et à tous ceux qui par leurs soutiens me donnent les moyens de réaliser mon art dans le respect des enfants.
Mise en pages : Istria
En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, sur quelque support que ce soit, sans autorisation de l’éditeur ou du Centre français d’exploitation du droit de copie, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.
© Éditions Eyrolles, 2015, 2019
ISBN : 978-2-212-57304-6
« Dans la conscience de l’élève en difficulté, il n’y a pas de place pour le bonheur, si vif et si constant est le sentiment d’échec… »
Antoine de la Garanderie
« L’école doit apprendre l’ambition et la passion d’être soi. »
Vincent Cespedes
Je dédicace ce livre à tous les enfants et adolescents que je rencontre chaque jour, à leur confiance, leur courage, ainsi qu’à leurs parents qui me les confient.
SOMMAIRE
Introduction
La place des parents
Identifier la source des difficultés scolaires
Des solutions pratiques pour redonner le goût d’apprendre

Partie I Construire un climat propice
Chapitre 1 Adopter la bonne attitude
Difficulté scolaire : des enfants en souffrance
Aider un enfant à reprendre confiance
Porter un regard positif
Exprimer sa fierté
Valoriser l’enfant
Fiche pratique Idées à mettre en place pour complimenter votre enfant
Toucher son enfant
Offrir un modèle positif
Réagir face à un comportement inadapté
En cas de réprimande
En cas de punition
La règle des trois fois
La règle des 60 secondes
Le retrait d’attention et le temps calme
Fiche pratique Quand choisir le temps calme ou le retrait de l’attention
Apporter une attention positive
Apprendre à l’enfant et à l’adolescent à exprimer leurs émotions
Fiche pratique La météo de l’humeur du jour
Chapitre 2 Trois règles incontournables
Règle 1 : Respecter les rythmes de l’enfant
Privilégier une alimentation équilibrée
Favoriser le sommeil de son enfant
Règle 2 : Imposer une participation aux tâches de la maison
Règle 3 : Définir les règles de vie de la maison
Les principes du conseil de famille
Les principes du conseil de couple
Le « cas » des écrans (télé, jeu vidéo, Internet)
Fiche pratique Le contrat sur l’utilisation des écrans
Chapitre 3 Organiser les devoirs
Instaurer le dialogue
Limiter le temps des devoirs
Les devoirs ne sont pas obligatoires !
À quel moment faire les devoirs ?
Respecter un emploi du temps équilibré
Déterminer avec l’enfant un temps régulier et personnalisé
Favoriser l’autonomie
Évaluer et gérer son temps
Lister les priorités
Faire un emploi du temps visuel
Planifier les devoirs sur la semaine
Séquencer une session de devoirs
Relire ses leçons le jour même
Structurer l’espace

Partie II Techniques pour faciliter l’apprentissage à la maison
Chapitre 4 Favoriser la motivation pour les devoirs
Améliorer la gestion du matériel scolaire
Établir un tableau de motivation
Évaluer les objectifs
Les règles du tableau de motivation
Le tableau de motivation appliqué aux devoirs scolaires
Tenir un discours positif et encourageant
Fiche pratique Se fixer des objectifs
Chapitre 5 Développer une méthodologie de travail adaptée
Les trois modes d’apprentissage
Le mode visuel : « apprendre avec ses yeux »
Le mode auditif : « apprendre avec ses oreilles »
Le mode kinesthésique : « apprendre avec son corps »
Des outils pour travailler efficacement
Faciliter la mémorisation
Organiser ses révisions
Chapitre 6 Apprendre en s’amusant
Jeux pour favoriser l’apprentissage de la lecture
Jeu pour mieux comprendre lors de la lecture d’un texte
Jeux pour développer le champ lexical
Jeu du dictionnaire
Jeu de l’alphabet
Jeu de l’objet mystérieux
Jeu du baccalauréat
Jeu du pendu
Jeu du « Fais-moi un dessin »
Jeu de la lettre en folie
Jeu du devine-tête
Jeu du « Fais-le comme ça »
Jeux que l’on trouve dans le commerce
Jeux pour favoriser la mémoire de travail et de l’attention
Jeu de l’imitateur
Jeu de la chasse aux objets
Jeu du « Je vais au supermarché et je rapporte… »
Jeu du personnage mystère
Jeu des mots en vrac
Jeu de signes
Jeux que l’on trouve dans le commerce
Jeux pour apprendre à contrôler l’impulsivité
Jeu du « ni oui ni non »
Jeu de Simon dit : « Fais ceci, fais cela »
Jeu de l’âne têtu
Jeu du marcheur téléguidé
Jeu du « Un deux trois soleil ! »
Jeu du labyrinthe
Jeux que l’on trouve dans le commerce
Jeux pour développer les aptitudes en calcul
Jeu du Memory du calcul
Jeu du bizz bizz
Jeu de la bataille
Jeu des marchands
Jeu de la chasse aux chiffres
Jeu de la marelle
Jeu du Memory
Jeu de dominos
Jeux que l’on trouve dans le commerce
Jeux pour améliorer la confiance en soi
Jeu des émotions
Jeu de mime des émotions
Jeu de mime des métiers, des personnages
Jeux pour favoriser l’expression orale et l’imagination
Improviser à plusieurs une histoire
Le journal de vacances
Jeu de verbes
Jeu de mots
Jeu de la chaîne du mot
Jeu du « Dis-m’en six »

Partie III Travailler en partenariat avec l’école
Chapitre 7 Préparer un enfant à une évaluation
Avant l’évaluation
Identifier les croyances de l’enfant
Favoriser un climat détendu
Fiche pratique Techniques de relaxation
La veille de l’évaluation
Le jour de l’évaluation
Avant d’entrer dans la salle d’évaluation
Pendant l’évaluation
Chapitre 8 Repérer les troubles spécifiques des apprentissages
Il n’y a pas d’enfant paresseux
Établir un profil cognitif
S’assurer de l’absence de trouble spécifique des apprentissages
S’assurer de l’absence de trouble déficit de l’attention
Évaluer le bien-être psychologique de l’enfant
Demander des aménagements spécifiques
Travailler avec l’école
Instaurer un climat de confiance mutuelle
Collaborer avec le personnel enseignant
Aménager des solutions individuelles
Connaître et repérer les différents troubles
Le trouble déficit de l’attention
La dyslexie
La dyspraxie
La dyscalculie
La dysphasie
Le syndrome dépressif chez les enfants ou les adolescents
Chapitre 9 Mettre en place des solutions adaptées
Les personnes impliquées
L’équipe éducative
L’équipe de suivi de scolarisation (ESS)
Qui contacter pour recevoir de l’aide ?
Les aménagements en classe
Face à des élèves qui présentent des difficultés d’apprentissage
Pour améliorer l’attention et favoriser la mémorisation
Pour améliorer l’estime de soi de l’élève
Pour améliorer le comportement
Pour limiter l’agitation
Pour diminuer l’impulsivité
Pour améliorer les relations sociales de l’élève
Les dispositifs existants
Le programme personnalisé de réussite éducative (PPRE)
Le projet d’accueil individualisé (PAI) ou projet d’accompagnement à la scolarisation (PAS) ou projet d’aménagement pédagogique (PAP)
Le projet personnalisé de scolarisation (PPS)
Chapitre 10 Exercices de mise en pratique
Bien cerner les besoins de l’enfant
Bien s’organiser pour mieux travailler
Bien aider en pratique
D’autres pistes au quotidien
Bibliographie
Sitographie
Aides informatiques
Sigles
INTRODUCTION
« Mon enfant travaille mal à l’école… », « C’est pas qu’il ne peut pas, mais il est feignant… », « Elle est intelligente, mais elle met de la mauvaise volonté…», « Il n’est pas motivé… », « Elle s’en fout… », « Il n’est pas concentré… », « Elle est distraite, dans la lune, elle rêve »… Ainsi commencent la plupart de mes consultations…
Médecin spécialisée dans le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H) et dans les troubles spécifiques des apprentissages (troubles en « dys- ») depuis plusieurs années, je rencontre chaque jour des parents désemparés face aux difficultés scolaires de leur enfant.
Les parents sont d’autant plus démunis que nous vivons une période économiquement difficile, responsable d’un climat d’insécurité. Dans ce contexte la réussite scolaire et la réussite professionnelle sont surinvesties comme seules voies « salutaires ». Malheureusement, cela se fait au détriment des besoins individuels de l’enfant. Or l’épanouissement personnel est un élément primordial et indispensable à la réussite scolaire.
La place des parents
Certains parents passent beaucoup de temps à gérer la scolarité de leur enfant sans pour autant lui apporter une aide efficace et, dans ces situations, les devoirs scolaires tournent vite au « cauchemar » en famille ! Parfois, les devoirs sont tellement sources de tensions et de conflits familiaux que la violence verbale et psychologique s’invite à la maison.
Les parents, démunis, adoptent trop souvent des comportements agressifs et hostiles au moment des devoirs. Quelle que soit la situation (familiale, sociale, scolaire…), un enfant qui a des difficultés à l’école est en souffrance, et présente un déficit d’estime de soi. Au lieu de l’inciter au travail, l’agressivité des parents génère au contraire découragement, démotivation et dévalorisation chez l’enfant.
Trouver sa place, en tant que parent, dans la vie scolaire de son enfant, n’est pas facile. C’est la qualité de la présence auprès de l’enfant et non sa quantité qui est requise. Elle favorisera l’envie d’apprendre et la motivation. Le rôle des parents est essentiellement de mettre l’enfant dans des conditions favorables et d’éviter que l’heure des devoirs ne devienne un cauchemar.
Identifier la source des difficultés scolaires
Les difficultés scolaires sont souvent en lien avec un trouble sous-jacent qu’il faudra penser à rechercher : troubles spécifiques des apprentissages (de type « dys- »), trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H), précocité intellectuelle, troubles émotionnels (anxiété, dépression…), etc.
Méconnus, ces troubles sous-jacents s’expriment par des difficultés scolaires et des difficultés d’organisation, de méthodo- logie, de mémorisation et d’attention, des difficultés de gestion du temps, une intolérance à la frustration, une dévalorisation et une démotivation.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les enfants « paresseux » n’existent pas ! Repérés à temps, accompagnés convenablement, les enfants connaissant un trouble de ce type pourront s’épanouir et cultiver leur appétence et leur curiosité pour les apprentissages et trouver leur place dans la société.
Des solutions pratiques pour redonner le goût d’apprendre
L’objectif de ce livre n’est pas de faire de tous les enfants des « premiers de la classe », mais de favoriser l’estime de soi et surtout de leur redonner l’envie et le goût d’apprendre.
Ce livre reflète ma pratique clinique quotidienne auprès d’enfants présentant des difficultés scolaires ainsi que les préoccupations des parents que je rencontre tous les jours en consultation, et répond à leur demande.
Il est destiné aux parents mais également aux enseignants afin de leur transmettre des techniques simples et faciles inspirées des thérapies cognitivo-comportementales. Ces recettes sont concrètes, faciles à appliquer à la maison et à l’école, et ont fait la preuve de leur efficacité. Elles permettent d’améliorer l’estime de soi des enfants, la motivation, la gestion du temps et des émotions. Elles permettent également d’améliorer la relation entre parents et enfants et leur bien-être.
Ce livre ne peut en aucun cas remplacer une prise en charge spécialisée quand elle est indiquée. Si les difficultés scolaires de l’enfant persistent, je recommande aux parents de rechercher de l’aide auprès d’un médecin spécialiste des troubles des apprentissages (neuropédiatre ou pédopsychiatre). Cette démarche permettra de comprendre et d’évaluer les difficultés de l’enfant, mais également de proposer une prise en charge spécialisée et adaptée à ses besoins.
PARTIE I
CONSTRUIRE UN CLIMAT PROPICE
CHAPITRE 1
ADOPTER LA BONNE ATTITUDE
Au programme Difficulté scolaire : des enfants en souffrance Aider un enfant à reprendre confiance Réagir face à un comportement inadapté
« Nos “mauvais élèves” (élèves réputés sans devenir) ne viennent jamais seuls à l’école. C’est un oignon qui entre dans la classe : quelques couches de chagrin, de peur, d’inquiétude, de rancœur, de colère, d’envies inassouvies, de renoncement furieux, accumulées sur fond de passé honteux, d’un présent menaçant, de futur condamné. »
Daniel Pennac, Chagrin d’école, 2007
Difficulté scolaire : des enfants en souffrance
Les enfants en difficulté scolaire, et notamment les enfants présentant un trouble spécifique des apprentissages (en « dys- » : voir chapitre 5 ), sont des enfants intelligents mais qui doivent fournir beaucoup plus d’efforts que les autres. Cependant leurs efforts ne sont pas reconnus et les résultats ne sont pas à la hauteur de ce qui est attendu. Alors ils s’épuisent, ce sont des enfants en souffrance.
Pourquoi déployer tous ces efforts, très coûteux en énergie et en concentration, alors que personne ne se montre fier du résultat obtenu ? Comment s’épanouir quand on nous convainc de notre nullité, de notre fainéantise, de notre manque d’efforts, et qu’on finit par acquérir la conviction de leur véracité ?
Les adultes ont l’impression qu’il faut « secouer » les enfants pour qu’ils fassent des efforts, mais secouer avec des phrases comme « ce n’est pas possible, tu fais aucun effort ! », « mais qui est-ce qui m’a fait un gosse pareil ! », « ton frère, au même âge… », « t’es punie de… », cela ne motive pas, cela décourage. Comment se sentir bien quand on nous répète sans cesse que l’on est « nul, feignant », que l’on ne fait pas d’effort et que l’on finit par être convaincu qu’on est « nul » ?
L’estime de soi se met en place dans l’enfance à travers le développement de sentiments positifs envers soi-même. Un enfant qui a une bonne estime de soi apprend mieux, plus vite et a de meilleures chances de réussite à l’école et dans son futur parcours professionnel. Au contraire, un enfant qui a une faible estime de soi s’enferme dans une spirale de l’échec : il se sentira bête, nul.
Un enfant présentant des difficultés scolaires est dans un cercle vicieux : il se compare aux autres enfants, reçoit des remarques négatives de ses enseignants, voire des moqueries de certains camarades, ses notes et évaluations lui rappellent sans cesse ses difficultés, par l’intermédiaire de ses parents qui, voulant bien faire, lui mettent la pression et se focalisent sur les notes.
Ces enfants développent quasi systématiquement une mauvaise estime d’eux-mêmes. Ils font preuve de découragement, de démotivation et peuvent présenter des troubles anxieux et dépressifs en réaction aux difficultés rencontrées dans le milieu scolaire, social et familial.
Aider un enfant à reprendre confiance
Porter un regard positif
Pour répondre à cet objectif prioritaire, on peut mettre en pratique une éducation ferme, fondée sur l’écoute et l’attention positive, et redonner ainsi confiance en soi à un enfant, tout en le rendant plus responsable et plus autonome.
En effet, les parents ont un rôle capital à jouer auprès de leurs enfants afin de les aider à reprendre confiance en eux : l’estime de soi de l’enfant se construit dans le regard que portent sur lui les personnes qui l’entourent et a fortiori dans celui de ses parents.
Imaginez qu’au travail votre responsable insiste, jour après jour, sur votre nullité, votre incompétence, votre lenteur, votre feignantise, et qu’il ou elle ne montre jamais aucune satisfaction face à votre travail, malgré tous vos efforts.
Très rapidement, non seulement vous partagerez les mêmes convictions, mais vous n’aurez plus envie de faire d’efforts. Porteuse de dévalorisation, de découragement et de démotivation, cette situation se traduira peut-être par un épuisement professionnel pouvant aller jusqu’à une dépression.
Imaginez, au contraire, que votre responsable vous complimente régulièrement sur votre travail, vos compétences professionnelles : « Vous faites du bon travail ! Vous me donnez entière satisfaction ! Félicitations ! »
Vous aurez davantage confiance en vous. Vous vous ressentirez comme quelqu’un de compétent. Vous vous remotiverez ! Et vous travaillerez mieux.
L’être humain fonctionne ainsi…
Exprimer sa fierté
Nous avons toutes et tous besoin de l’approbation des autres, et notamment de nos parents, pour nous encourager et nous motiver. Cela nous donne l’énergie et le courage d’affronter la vie et les situations difficiles.
Pour s’en convaincre, il suffit d’écouter les remerciements des personnes qui réussissent une prouesse, gagnent un challenge sportif ou intellectuel. Quand on les interroge sur leurs motivations à réussir ce défi, la phrase qui revient systématiquement est : « Pour que mes parents soient fiers de moi ! »
Il en est de même pour son enfant : il ou elle a besoin de recevoir encouragements et félicitations, voire des récompenses pour ses efforts.
Que les parents se rappellent les premiers pas de leur bout de chou. Il ne leur est pas venu à l’idée de se moquer de sa démarche maladroite ni de ses premières chutes. Non ! Au contraire, ils lui ont offert des applaudissements et des encouragements à recommencer ; ils lui ont apporté du réconfort après ses premières chutes. Ils ont pris des photos, téléphoné à la famille pour annoncer la grande nouvelle !
Ils éprouvaient de la fierté et la lui ont exprimée. C’est l’expression de leur fierté et l’envie de leur faire plaisir qui ont donné à l’enfant la motivation de se remettre debout (malgré ses appréhensions après sa dernière chute…) et de réessayer.
Chaque étape, chaque apprentissage, chaque déception et échec de la vie de l’enfant suit la même logique.
Valoriser l’enfant
Aussi simplement qu’ils l’ont fait pour les premières fois de la vie de leur enfant, les parents offriront leur valorisation, leurs félicitations et leurs encouragements plusieurs fois par jour, même si cela peut leur sembler excessif.
C’est seulement de cette manière que l’enfant pourra reprendre confiance en lui et dans les autres, et trouver l’énergie, la force, la volonté et la motivation de faire un effort, quel qu’il soit.
Chaque comportement approprié de l’enfant peut être prétexte à le valoriser et à le féliciter. Arrêtons de penser que si notre enfant agit correctement, c’est « normal à son âge ». Au contraire, disons-lui : « C’est bien d’avoir fait cet effort. » À la fin de la journée, l’enfant doit recevoir plus de compliments et de félicitations que de commentaires négatifs : c’est ainsi que l’on construit ou que l’on retrouve une bonne estime de soi. On considère qu’il faut trois compliments pour contrebalancer les effets négatifs d’un commentaire négatif.
Souvent, lors de mes consultations, les parents expriment leurs inquiétudes quant à l’impact que pourrait avoir sur leur enfant une telle approche : « Si je la félicite trop, elle va prendre la grosse tête ! » ; « Il va devenir orgueilleux ! » ; « Elle ne voudra plus rien faire sans récompense » ; « C’est du chantage ! » C’est ce que nous appelons des « fausses croyances ».
Qu’on se rassure, on ne crée pas de trouble ou de maladie en valorisant trop son enfant. Au contraire, c’est en le dévalorisant que l’on crée un défaut d’estime de soi : « Je suis nul, je n’y arriverai pas, ça ne sert à rien d’essayer, c’est trop dur. » L’enfant risque alors de développer un syndrome anxio-dépressif à force de se le répéter.
Les personnes qui sont sûres d’elles et dont on dit qu’elles sont « orgueilleuses » ou « prétentieuses » sont en réalité des personnes qui ont développé de telles attitudes afin de compenser un déficit d’estime de soi. Être trop sûr de soi ou pas assez, c’est la même chose ! La vantardise, la vanité, l’arrogance sont le reflet d’une estime de soi faible. Lorsque l’on a une bonne estime de soi, on ne cherche pas à être supérieur aux autres. On tire sa force d’être soi-même avec ses forces et ses faiblesses. Les personnes ayant une faible estime de soi ont souvent besoin de prouver aux autres qu’elles sont ce qu’elles ne sont pas, d’être en compétition pour se prouver qu’elles sont supérieures.
La motivation est directement liée à l’envie : envie de réussir, envie de faire plaisir à soi, aux autres, à ses parents… Et l’envie est directement liée à la réussite, c’est un cercle gagnant- gagnant ! Le plaisir d’avoir réussi relance l’envie, l’envie de recommencer à réussir.
Au contraire, si l’on échoue, on se sent nul, et c’est démotivant, on n’a pas envie de recommencer car on pense par anticipation que l’on ne va pas y arriver.

À noter

Les avantages à complimenter l’enfant et l’entourage sont nombreux. Tout simplement faire plaisir. Exprimer ses sentiments. Témoigner l’intérêt porté à la personne. Améliorer sa relation. Mieux se faire connaître en exprimant ce qu’on apprécie, ce qu’on aime… Recevoir en retour des compliments. Faciliter l’expression de tous ses sentiments. Si l’entourage est habitué à entendre nos remarques positives, il acceptera mieux nos remarques négatives. Donner à son entourage envie de refaire ce qui nous a fait plaisir. Ressentir du contentement et prendre confiance en soi. Être plus heureux. Augmenter la motivation de l’enfant.
FICHE PRATIQUE
Idées à mettre en place pour complimenter votre enfant
Le vase
Procurez-vous un vase en verre à placer bien en évidence chez vous.
Procurez-vous également un sac de billes.
Expliquez à votre enfant que vous ressentez de la fierté vis-à-vis de lui ou d’elle et que vous ne le lui avez pas assez exprimé. Dorénavant, vous offrirez une récompense sous la forme d’une bille déposée dans le vase dès que votre enfant adoptera un comportement approprié (comme se préparer sans aide le matin, se mettre à faire spontanément ses devoirs, se montrer serviable, faire preuve de politesse et de respect…).
À chaque fois, félicitez-le et mettez une bille dans le vase. Avec cette technique, votre enfant ressentira votre fierté et aura envie de recommencer ! En voyant concrètement le niveau des billes augmenter, il ressentira du plaisir et de la satisfaction.
Attention : quoi qu’il arrive, ne retirez jamais de bille, même si l’enfant a fait preuve d’un comportement « infernal ». Cette technique permet de valoriser l’enfant car l’adulte apporte de l’attention positive et valorise ses comportements adaptés, ce qui va l’inciter à présenter plus de comportements adaptés que de comportements inadaptés. Si l’adulte retire des billes, il apporte alors de l’attention aux comportements inadaptés, ce qui dévalorise l’enfant et renforce ses comportements inadaptés.
La boîte à félicitations
Procurez-vous une boîte dans laquelle vous mettrez des petits mots. À chaque fois que votre enfant adopte la bonne attitude, un bon comportement ou réussit à faire quelque chose, félicitez-le et mettez dans sa boîte un petit mot dans lequel vous écrirez par exemple : « Bravo, tu as réussi à… » « Félicitations pour… ».
Votre enfant pourra avoir le plaisir de lire et relire ces messages valorisants, ce qui lui permettra de développer une bonne estime de soi. Cette « boîte à succès » permet de lui rappeler tout ce qu’il a réussi à faire, ses petites victoires (une bonne note, une prouesse en sport, une remarque positive de quelqu’un, un compliment, gagner à un jeu de société, être invitée chez une copine). Elle sert de mémoire aux succès pour contrebalancer celle des « échecs ».
Le tampon
Procurez-vous un tampon « bravo » ou « champion » ou « gagné ».
À chaque fois que l’enfant se comporte bien, mettez-lui un « coup » de tampon sur la main ou sur le bras, et n’oubliez pas les félicitations !
L’agenda de fierté ou calendrier de fierté
Notez sur son agenda en fin de journée les comportements adaptés et plaisants de l’enfant.
Le panneau à succès ou dossier à succès
Notez sur un petit tableau les succès de votre enfant jour après jour.
La boîte à qualités
Écrivez sur de petits bouts de papier les qualités de l’enfant (ce que l’on apprécie chez lui, ses points forts). Faites participer plusieurs personnes (conjoint ou conjointe, frère et sœur, oncle, tante, grands-parents, cousins, cousines).
Le développement de l’estime de soi de l’enfant est lié à ses expériences de succès et de réussite. Lorsqu’il réussit quelque chose, il en tire de la fierté et de la confiance en lui, en ses compétences, ce qui lui donne l’envie et la motivation de tenter d’autres expériences.
Toucher son enfant
Avoir un contact physique régulier avec un enfant lui permet de sécréter de l’endorphine : cette hormone lui apporte réconfort et bien-être. Les cultures asiatiques et africaines l’ont bien compris et le transmettent depuis des milliers de générations.
Quand il ou elle y est disposée, toucher l’enfant, le serrer dans ses bras, lui faire des câlins, lui tenir la main, jouer à des jeux de chatouilles, le masser lui permet de ressentir un bien-être.
On peut également marquer son approbation en lui donnant une petite tape dans le dos ou une petite caresse, un bisou...
Cela renforce l’image qu’il a de lui ou d’elle-même dans ce qu’il ou elle a de positif, son estime de soi. Cela lui permet aussi d’être plus à l’aise dans son corps et dans les relations avec les autres.
De plus, ces contacts physiques réguliers renforcent le lien avec l’enfant. Ils peuvent être poursuivis, de façon appropriée, auprès des adolescentes et adolescents, dans le respect de leur intimité.

Signes verbaux et non verbaux pour féliciter son enfant
Signes non verbaux d’approbation
Signes verbaux d’approbation (employer la formule magique associant « je » + expression d’un sentiment + sincérité)
• Embrasser
• Caresser la tête ou l’épaule
• Mettre ses bras autour de l’enfant
• Sourire
• Faire un signe de la main
• Faire un clin d’œil
• Je suis fier de toi.
• J’aime lorsque tu…
• Je suis très fière de toi quand tu…
• Je suis toujours ravi lorsque tu…
• Ça me fait très plaisir quand tu …
• C’est agréable lorsque tu…
• C’est formidable ta manière de…
• Bien joué ! Bravo ! C’est super ! C’est génial ! Super ! Fantastique !
Offrir un modèle positif
Les parents garderont toujours à l’esprit d’encourager leurs enfants, même si les progrès sont modestes, et de se montrer patients devant la lenteur !
Il est important de tolérer les erreurs et d’éviter de reprendre son enfant chaque fois qu’il ou elle se trompe. Les erreurs font partie du processus d’apprentissage. Si l’on ridiculise ou l’on punit l’enfant pour avoir fait une erreur, cela entraîne une inhibition des processus d’apprentissage, une augmentation du stress, et contribue à engendrer un sentiment de dévalorisation, ainsi qu’à transmettre une mauvaise image de soi.
Voir l’adulte lire, travailler, faire ses comptes, sert de modèle à l’enfant.
Les parents peuvent raconter leurs souvenirs positifs de l’école et expliquer en quoi l’école leur sert dans leur vie d’adulte. Adopter un discours positif sur l’école et les enseignants permet de transmettre une image positive de l’école à l’enfant, qui sera dans de meilleures dispositions pour travailler.
Réagir face à un comportement inadapté
Attention : lorsque l’enfant adopte un comportement inapproprié, il s’agit de le lui indiquer fermement, calmement et en prenant certaines précautions…
En cas de réprimande
Beaucoup de parents le constatent : les punitions à répétition, à perpétuité, les fessées, les menaces, le chantage ne fonctionnent pas. Rien n’y fait, ils ont tout essayé et leur enfant leur désobéit !
Les études ont montré que les sanctions comme les punitions, les menaces, les châtiments corporels, les cris ne sont pas efficaces et au contraire aggravent les comportements déviants de l’enfant. En effet, les sanctions et les punitions servent à marquer la désapprobation de l’adulte, mais en aucun cas à changer ou à modifier un comportement de l’enfant.
Au contraire, les sanctions, et notamment les châtiments corporels, renforcent le sentiment de dévalorisation de l’enfant et sa souffrance, ce qui va se manifester par une augmentation de son opposition et de ses comportements inadaptés.

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