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Mincir et rester mince grâce à l'hypnose

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Description


Fini les régimes yoyo ! Retrouvez votre poids de forme grâce à l'hypnose.



Sylvie Tenenbaum fait le point sur les causes du surpoids et les techniques qui permettent de maigrir. Spécialiste de l'hypnose, elle met en garde contre les méfaits des régimes à répétition et détaille les différents protocoles hypnothérapeutiques pour mincir. Que ce soit pour renforcer la motivation à perdre du poids, réussir son projet d'amincissement jusqu'à la pose d'un anneau gastrique virtuel, vous saurez tout sur le déroulé des séances d'hypnose qui permettent de perdre durablement du poids.




  • Des schémas explicatifs pour mieux comprendre.


  • Des témoignages de patients.


  • Des protocoles d'hypnose détaillés.




  • Le surpoids à tout âge


    • Les principales causes du surpoids


    • La multiplication des "solutions miracles"




  • Un poids de santé grâce à l'hypnose


    • Qu'est-ce que l'hypnose ?


    • Les différents protocoles pour mincir


    • Pose d'un anneau gastrique hypnotique



Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 09 mars 2017
Nombre de lectures 168
EAN13 9782212422870
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0025€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Fini les régimes yoyo ! Retrouvez votre poids de forme grâce à l’hypnose.
Sylvie Tenenbaum fait le point sur les causes du surpoids et les techniques qui permettent de maigrir. Spécialiste de l’hypnose, elle met en garde contre les méfaits des régimes à répétition et détaille les différents protocoles hypnothérapeutiques pour mincir. Que ce soit pour renforcer la motivation à perdre du poids, réussir son projet d’amincissement jusqu’à la pose d’un anneau gastrique virtuel, vous saurez tout sur le déroulé des séances d’hypnose qui permettent de perdre durablement du poids. Des schémas explicatifs pour mieux comprendre. Des témoignages de patients. Des protocoles d’hypnose détaillés.

Sylvie Tenenbaum est psychothérapeute. Elle enseigne la programmation neurolinguistique, l’hypnose éricksonienne, l’analyse transactionnelle, l’analyse systémique, la thérapie transgénérationnelle et la thérapie existentielle. Elle est l’auteure de plus de vingt ouvrages de psychologie.
Sylvie Tenenbaum
Mincir et rester mince grâce à l’hypnose
Groupe Eyrolles 61, bd Saint-Germain 75240 Paris Cedex 05
www.editions-eyrolles.com
Création de maquette et mise en pages : PCA
Illustrations : © Shutterstock page 72 Blamb, page 74 Teguh Mujiono, page 76 Alila Medical Media, page 89 Artemida-psy, © Studio Eyrolles page 73
En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, sur quelque support que ce soit, sans autorisation de l’éditeur ou du Centre français d’exploitation du droit de copie, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.
© Groupe Eyrolles, 2017 ISBN : 978-2-212-56630-7
Avertissement
Seul un docteur en médecine a le droit d’établir un diagnostic et de prescrire des médicaments. Les conseils contenus dans cet ouvrage ne peuvent en aucun cas se substituer à la prescription d’un professionnel de santé. L’auteur et l’éditeur ne sauraient être tenus pour responsables des conséquences éventuelles d’une automédication maladroite ou d’une mauvaise interprétation du contenu de cet ouvrage.

À toutes celles et tous ceux qui ont perdu l’espoir d’avoir un corps harmonieux et d’être en bonne santé, des solutions existent.

« D’autres aliments ne sont que nourriture. Mais le chocolat est chocolat. »
Patrick Skene Catling
« Je suis une personne intelligente. Je contrôlerai mes émotions et ne laisserai pas mes émotions me contrôler. Chaque fois que je serai tentée d’utiliser la nourriture pour satisfaire mes désirs frustrés, rebâtir mon ego blessé ou engourdir mes sens, je me souviendrai. Même si je me gave en privé, mon surplus de poids est visible aux yeux du monde entier. Je m’engage à perdre du poids intelligemment. »
Marlene Dietrich
« Le bonheur ce n’est ni l’amour, ni la richesse, ni le pouvoir. Le bonheur, c’est la poursuite d’objectifs réalisables : un régime, qu’est-ce d’autre ? »
Helen Fielding
« La plupart d’entre nous ont repoussé dans l’inconscient toutes les associations psychiques bizarres attachées à chaque idée ou à chaque chose. »
Carl Gustav Jung
Remerciements
Vous êtes nombreux à m’avoir fait confiance en me demandant de vous aider à retrouver un poids de forme avec l’hypnose, en particulier avec l’anneau gastrique hypnotique. Votre joie et vos sourires ont été de véritables cadeaux.
Sommaire

Remerciements
Le poids de forme est un équilibre
PARTIE 1
Le surpoids à tout âge
Chapitre 1 Les principales causes du surpoids
Dans l’enfance
Une alimentation trop riche et mal équilibrée
Un manque d’activité physique
L’interaction des gènes et de l’environnement
Des problèmes génétiques
Un sommeil insuffisant ou de mauvaise qualité
Un mode de vie favorable à la prise de poids
Des facteurs psychologiques
Des facteurs sociaux
À l’adolescence
À l’âge adulte
Le poids des habitudes
La gestion du stress et des émotions pénibles par la nourriture
La chimie interne de la faim et du poids
Quelles sont les principales hormones impliquées dans la prise de poids, le surpoids et l’obésité ?
Quand le système est perturbé…
Une société de la « malbouffe »
Les dangers du surpoids et de l’obésité
Chapitre 2 La multiplication des « solutions miracles »
Les traitements, produits et régimes pour perdre du poids prolifèrent
Les traitements médicamenteux
Les compléments alimentaires
Les produits drainants et détoxifiants
Les crèmes, gels, enveloppements, patchs pour maigrir
Les régimes pour perdre du poids
Une offre pléthorique
Des études qui démontrent la dangorisité de certains régimes
Un impact psychologique certain
Qu’est-ce qu’un bon régime ?
La chirurgie
L’abdominoplastie
La chirurgie bariatrique
Les opérations restrictives
Les opérations mixtes, restrictives et malabsorptives
Quels sont les principaux risques encourus avec la chirurgie bariatrique ?
Le ballon gastrique
PARTIE 2
Un poids de santé grâce à l’hypnose
Chapitre 3 Qu’est-ce que l’hypnose ?
La transe hypnotique : un état de conscience modifié
La particularité de l’hypnose éricksonienne
Pourquoi et comment l’hypnose est-elle efficace dans l’amincissement ?
Chapitre 4 Les différents protocoles pour mincir
Renforcer la motivation à perdre du poids
La machine à changer
L’identification à un modèle
La motivation fondamentale
Réussir son projet d’amincissement
Installer une permission
La désensibilisation
Réparer l’enfant intérieur
Apprendre à gérer le stress
Les négociations de parties
Le recadrage
La restructuration générale
L’autohypnose
Chapitre 5 Pose d’un anneau gastrique hypnotique
La pose de l’anneau gastrique virtuel
Première séance : Prise de contact et d’informations, détermination de l’objectif, description du protocole et des « règles d’or »
Deuxième séance : Travail sur la motivation
Troisième séance : Installation de la sensation de satiété
Quatrième séance : Visualisation de la diminution de l’estomac
Cinquième séance : Pose de l’anneau gastrique virtuel
Sixième séance : Ajustement de l’anneau
Avantages de l’anneau gastrique virtuel hypnotique
L’anneau gastrique virtuel dans les médias
Un hypnothérapeute parle de l’anneau gastrique virtuel
Conjuguer esthétique et santé
Bibliographie
Le poids de forme est un équilibre
« Il faut prendre très tôt de bonnes habitudes, surtout celle de savoir changer souvent et facilement d’habitudes. »
Pierre Reverdy
Nous sommes dans une culture de l’extrême minceur, voire de la maigreur, qui ne tient pas compte du poids de santé, un poids synonyme d’équilibre pour notre organisme. Il est donc inutile de sacrifier son bien-être physique et psychologique, son humeur et son estime de soi aux diktats d’une société paradoxale. Paradoxale parce qu’elle donne effectivement des conseils de santé (manger des fruits et des légumes, avoir une activité physique, etc.) tout en donnant à voir des modèles maigres et/ou très amaigris (mannequins, people, etc.), particulièrement pour les femmes. Paradoxale aussi car elle favorise le surpoids en développant une alimentation industrielle trop calorique et déséquilibrée, tout en dédaignant et discriminant les personnes qui en souffrent. Le poids est devenu une véritable obsession dès le début de l’adolescence : c’est l’ennemi à abattre, peu importent les moyens et les conséquences (parfois très graves) sur la santé.
Il est vrai cependant que le surpoids et l’obésité sont en hausse. L’obésité est la première maladie non infectieuse de toute l’Histoire humaine ! Les chiffres pour la France sont inquiétants : « L’avalanche de chiffres et de diagrammes, présentés par le Dr Marie-Aline Charles, épidémiologiste à l’Inserm, et le Pr Arnaud Basdevant, nutritionniste à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, qui coordonnent l’enquête nationale ObÉpi 1 depuis ses débuts en 1997, a de quoi donner le vertige. En 2009, 32 % des plus de 18 ans – soit 14 millions de personnes – sont en surpoids et 14,5 % – soit plus de 6,5 millions – répondent aux critères de l’obésité » 2 , avec des chiffres plus élevés dans le Nord et dans les populations aux faibles moyens financiers (en situation précaire ou immigrées). Les États-Unis restent en tête : 50 % des Américains sont en surpoids et 25 % obèses.
Chez les enfants, cette situation devient problématique en raison des pronostics inquiétants pour leur avenir, guère favorables. Il est possible que l’obésité devienne une maladie épidémique du XXI e siècle, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). « En 2020, un Français sur cinq risque d’être touché par la maladie. » 3 Pour l’OMS, la prévention de l’obésité et sa prise en charge ainsi que les problèmes de nutrition sont devenus une priorité. En effet, « Sur six milliards d’individus, trois milliards sont sous-alimentés et les autres sont en train de devenir obèses. » 4 Le surpoids important et l’obésité constituent de réels problèmes pour la santé et la qualité de vie en général : sur les plans psychologique, social, relationnel, affectif et professionnel.
L’obésité est un « état caractérisé par un excès de masse adipeuse répartie de façon généralisée dans les diverses zones grasses de l’organisme » 5 . On parle d’obésité en calculant l’indice de masse corporelle, l’IMC, de la façon suivante : on divise le poids de la personne par le carré de sa taille (kg/m 2 ). L’IMC est normal entre dix-neuf et vingt-cinq. S’il est supérieur à vingt-cinq, on parle de surpoids ou de préobésité ; à trente, on parle d’obésité, au-dessus de quarante, c’est l’obésité dite « morbide » ou sévère. Un autre indicateur est l’excès de graisse abdominale : pour un tour de taille supérieur à quatre-vingt-dix centimètres pour une femme et un mètre pour un homme, on parle d’obésité abdominale. Mais le seul poids ne suffit pas pour déterminer le surpoids et l’obésité dans la mesure où il faut tenir compte non seulement de la quantité de tissu adipeux (la masse grasse), mais aussi du poids de l’ossature, de l’eau contenue dans le corps et de la masse musculaire, plus lourde que la masse graisseuse.
En réalité, si près de 60 % des femmes souhaitent être plus minces (contre 44 % chez les hommes), ces chiffres ne reflètent pas la réalité en raison de la pression sociale, évoquée plus haut, sur le poids. À tel point que le tiers des femmes françaises dont l’IMC est normal suivent un régime, ou en ont suivi, tout comme 15 % d’entre elles, alors qu’elles sont minces. Ce qui est fort regrettable en termes d’estime de soi et de comportement alimentaire : trop de frustration n’est pas bon pour le moral et provoque inéluctablement les « craquages » si néfastes non seulement pour le poids mais aussi, comme nous le verrons, pour le métabolisme et le moral. Paradoxalement, c’est le désir d’être trop mince qui fait grossir : il crée les déséquilibres dans l’organisme, sans oublier les ponctions financières importantes, en vain sur la durée.
Les causes du surpoids et de l’obésité sont multiples, tant chez l’enfant que chez l’adolescent et l’adulte (qui détermine le modèle du comportement alimentaire des plus jeunes). Le mode de vie, l’environnement, une alimentation trop riche et déséquilibrée fabriquent une société « obésogène » 6 dans la mesure où nous mangeons de plus en plus et surtout de plus en plus mal. Les heures de sommeil sont insuffisantes et l’activité physique diminue. Les kilos en trop, ceux qui nuisent à l’équilibre de notre organisme (l’homéostasie énergétique), ne sont pas une fatalité : il est possible de retrouver l’harmonie avec un poids de forme.
Pour inverser cette courbe, les régimes n’ont pas démontré leur efficacité sur les moyen et long termes, pas plus que les compléments alimentaires, les crèmes, patchs, boissons et médicaments (la plupart supprimés de la vente en raison de leur dangerosité) ou les multiples « recettes miracle ». Il reste donc la chirurgie bariatrique comme l’anneau gastrique ajustable, la sleeve et le by-pass , opérations lourdes dont les dangers sont réels, malgré leur efficacité pour perdre du poids. Une chirurgie qui n’est heureusement accessible qu’aux personnes souffrant d’obésité morbide : elle les fait vraiment maigrir, certes, mais les complications sont fréquentes.
Alors que faire ? Surtout ne pas attendre un IMC supérieur à quarante ! Pour trouver ou retrouver un poids de forme, un seul moyen : adapter son comportement alimentaire à ses besoins, trouver l’équilibre entre les apports et les dépenses énergétiques. Comment ? Par l’hypnose qui permet de traiter le surpoids (même s’il n’est que de trois ou quatre kilos) et l’obésité, sur tous les plans : psychologique et comportemental, et nous savons combien les deux sont liés. Si l’hypnose n’est pas une baguette magique et ne peut pas toujours tout régler, elle permet d’atteindre d’excellents résultats de façon naturelle, sans aucun danger pour la santé. Qu’il s’agisse de protocoles pour augmenter et maintenir la motivation à atteindre le poids de forme, d’enlever les barrières psychiques, les addictions (au sucré, au salé) ou le grignotage, l’hypnose thérapeutique va modifier les habitudes alimentaires commandées par notre cerveau.
Quant à l’anneau gastrique virtuel, posé sous hypnose, il possède tous les avantages de l’anneau gastrique chirurgical (retrouver la silhouette désirée) sans les inconvénients. C’est l’inconscient du patient qui prend les rênes, soutenu par une réelle motivation et une responsabilisation de la personne. La quantité de nourriture ingérée est diminuée, dans le respect du métabolisme, sans être un énième régime. Il suffit de tenir compte du signal de satiété, de ne manger que lorsqu’on a faim et de suivre quelques règles alimentaires simples : aucun aliment n’est interdit. Le patient est responsabilisé et tenu de respecter les conseils donnés par le praticien. Ils sont si simples au regard des efforts surhumains exigés par les régimes que tout le monde peut les suivre.

1 . Réalisée par TNS Healthcare Sofres et financée par les laboratoires Roche.
2 . « La progression inquiétante de l’obésité en France », LeFigaro.fr , 10 novembre 2009 ( http://sante.lefigaro.fr/actualite/2009/11/10/9879-progression-inquietante-lobesite-France ).
3 . La rédaction d’ Allodocteurs.fr , « By-pass : le court-circuit gastrique », Allodocteurs.fr , 25 novembre 2008 ( http://www.allodocteurs.fr/se-soigner/chirurgie/chirurgie-de-l-obesite/by-pass-le-court-circuit-gastrique_231.html ).
4 . Caducee.net , op. cit.
5 . Dictionnaire de médecine , Flammarion, 2008.
6 . Patrick Tounian, voir bibliographie .
PARTIE 1
Le surpoids à tout âge

CHAPITRE 1
Les principales causes du surpoids
« Les climats, les saisons, les sons, les couleurs, l’obscurité, la lumière, les éléments, les aliments, le bruit, le silence, le mouvement, le repos, tout agit sur notre machine, et sur notre âme… »
Jean-Jacques Rousseau

Le surpoids et l’obésité ont des causes multiples faisant intervenir de nombreux facteurs. Ils dénotent un déséquilibre sur le plan de la « gestion » de l’énergie de l’organisme : le stock d’énergie est trop important, c’est l’excès de tissu adipeux.
Dans l’enfance
L’obésité des enfants est l’un des plus grands défis pour la santé publique au XXI e siècle, selon l’OMS. La Haute Autorité de santé, qui s’en inquiète depuis plusieurs années, prône un dépistage chez les tout-petits afin de mettre en place une prévention de ce qui pourra nuire à leur développement et à leur santé en général. Les chiffres sont en effet alarmants : environ un enfant (de 3 à 17 ans) sur cinq est déjà en surpoids, même si ce n’est pas toujours évident pour des parents qui eux-mêmes en souffrent. En 2015, l’on comptait de 12 à 16 % d’enfants (surtout entre 7 et 12 ans) obèses ou en surpoids selon les études, pour seulement 3 % dans les années 1960. Une enquête montre que les filles sont un peu plus touchées que les garçons. Et il y a fort à parier que, devenus adultes, les deux tiers (s’ils sont en surpoids) deviendront ou resteront obèses.
Ces chiffres sont donc d’autant plus inquiétants qu’ils augmentent dangereusement. Ils ne sont pas loin de ceux des États-Unis qui tiennent la triste première place dans cette problématique. C’est pourquoi les courbes de croissance et de corpulence (inscrites dans les carnets de santé dès la naissance) sont d’un incontestable intérêt dans le dépistage de l’obésité infantile. Car le surpoids peut s’installer à bas bruit durant plusieurs années.
L’accumulation de graisse chez un enfant (le rebond d’adiposité) est normale la première année de la vie du bébé et à partir de 6 ans jusqu’à la fin de la croissance. Si elle a lieu entre 1 et 6 ans, un risque de surpoids infantile et d’obésité chez l’adulte est réel. Trop souvent, les parents ne savent pas différencier un enfant bien dodu, potelé, d’un enfant en surpoids ou obèse. Seul le pédiatre, s’il est consulté régulièrement, pourra les alerter et leur donner les conseils nutritionnels utiles, car c’est dès le plus jeune âge qu’il doit être pris en charge.
Les principales causes de surpoids dans l’enfance (trop de masse graisseuse) sont plurielles :
Une alimentation trop riche et mal équilibrée
Le déséquilibre énergétique entre les calories consommées et les calories dépensées est directement lié à l’alimentation inadéquate des enfants, en termes de qualité, de variété et bien sûr de plaisir. Même s’il convient d’éviter trop de frustrations qui entraîneraient des compulsions alimentaires allant à l’encontre de l’objectif, l’éducation dans ce domaine est essentielle. Si un bébé rond est bien portant, cette rondeur s’atténuera progressivement durant les six premières années de vie et le poids d’équilibre se stabilisera à la fin de l’adolescence.
Nous savons aujourd’hui que notre système digestif est un « second cerveau » et qu’une trop grande quantité d’aliments sucrés et gras ingérés tout au long de l’enfance en dérègle le développement et l’évolution, modifiant par là même les comportements alimentaires : un cercle vicieux qui peut mener au surpoids et à l’obésité. Tout se passe donc comme si une alimentation trop riche reprogrammait notre mini-cerveau. « Le régime riche en graisse et sucre empêche le tube digestif de s’adapter à un régime correspondant à l’âge adulte » 1 , précise le chercheur Raphaël Moriez. Le « second cerveau » ou « système nerveux entérique » (SNE) d’un enfant en surpoids ou obèse est perturbé : le transit et la « vidange gastrique » sont accélérés, ce qui génère une atténuation de la sensation de satiété et donc augmente les quantités d’aliments ingérés.
Dans les pays occidentaux, l’alimentation des enfants dans leurs toutes premières années est trop riche en protéines : « En moyenne, et par rapport aux recommandations nationales et internationales, à l’âge de 1 an, les apports en lipides sont faibles et les apports en protéines sont très élevés : en moyenne à trois à quatre fois les apports de sécurité en début de vie. » 2 Les tout-petits consomment trop de produits d’origine animale : protéines de la viande et des produits laitiers au taux de graisse insuffisant dans les deux premières années de leur vie, alors que le lait maternel contient davantage de lipides et peu de protéines. Les conseils diététiques donnés aux adultes ne sont pas adaptés aux enfants. En outre, les comportements alimentaires des familles sont souvent responsables. Trop d’enfants se nourrissent de façon anarchique, avec trop de sucreries, de gâteaux et biscuits, de boissons gazeuses et sucrées. Leurs parents, qui mangent la même chose, ne sont pas en mesure de les éduquer, ne l’ayant pas été eux-mêmes. C’est pourquoi les problèmes de surcharge pondérale des enfants correspondent la plupart du temps à une pathologie inhérente à la famille.
Un manque d’activité physique
Phénomène de société : les enfants restent trop longtemps devant la télévision, sur leurs consoles de jeux, l’ordinateur ou le téléphone. Une étude de la Drees (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) faite en juin 2015, démontre un lien direct entre le temps passé devant la télévision (tout en grignotant) et le surpoids. Selon l’Étude nationale nutrition santé (ENNS) de 2006, les enfants entre 3 et 17 ans passent près de trois heures par jour devant un écran, ce qui augmente d’environ 20 % la consommation d’aliments « à risque », car les écrans fascinent et font perdre toute notion des quantités ingérées.
Manque d’activité physique et grignotage calorique (chips, tartines de pâte à tartiner, cacahuètes, petits gâteaux), le tout arrosé de sodas : lipides et sucres rapides sont les deux plus grands facteurs de surpoids et d’obésité précoce (un verre de soda équivaut à six morceaux de sucre).
À cet égard, les publicités jouent un rôle plutôt nocif, tout en recommandant de ne pas manger « trop gras, trop sucré, trop salé » : un évident paradoxe. L’on sait que les enfants sont particulièrement sensibles et réceptifs aux publicités sur les confiseries et, plus généralement, à celles sur les produits alimentaires.
L’interaction des gènes et de l’environnement
L’épigénétique est une branche de la recherche génétique qui s’occupe de l’influence de l’environnement sur les mécanismes biologiques du système nerveux central (SNC). Elle démontre aujourd’hui scientifiquement comment ces mécanismes peuvent être modifiés par l’environnement (alimentation, qualité de l’air et polluants, expériences vécues, stress, etc.) et transmettre des caractères acquis à plusieurs générations (trois ou même quatre) par les cellules germinales (le sperme et les ovocytes).
Nous savons que nous sommes déterminés par nos gènes, mais aussi que « nous sommes beaucoup plus que nos gènes » 3 . Les divers éléments de notre environnement (alimentation, qualité de l’air, etc.) ont une influence sur nos gènes : c’est, déjà chez l’embryon, l’influence épigénétique, transmissible. Toutes les fonctions biologiques, dont le métabolisme (en particulier la régulation de la glycémie), sont sous le contrôle de facteurs génétiques et épigénétiques : l’environnement (donc les situations stressantes et traumatiques) provoque des comportements altérés dans la progéniture, laissant des traces dans les cellules germinales (en particulier quand ces événements ont lieu pendant l’enfance et l’adolescence). Or « toute modification épigénétique est transmissible, héritée à travers les générations » 4 grâce aux connexions entre les gènes et l’épigénétique. Ces transmissions font ainsi partie des causes du surpoids et de l’obésité.
Outre les facteurs épigénétiques, l’environnement peut à lui seul perturber les mécanismes de régulation du métabolisme, comme l’appétit et la satiété, en générant une modification dans le fonctionnement hormonal (endocrinien), dès la vie in utero . « Le concept de perturbation endocrinienne est apparu il y a vingt ans et, avec lui, l’idée qu’une molécule exogène (étrangère à l’organisme) peut prendre la place d’une hormone et engendrer des effets délétères pour la santé. » 5
Des problèmes génétiques
Plus de quarante gènes situés sur une douzaine de chromosomes différents ont été mis en relation avec l’obésité. Le rôle de la famille, tout particulièrement des parents, est essentiel dans la prise de poids des enfants et leur avenir pondéral, en plus des comportements alimentaires décrits plus haut. L’on sait depuis longtemps que le risque d’obésité est plus grand lorsqu’un des parents en souffre, et davantage encore si les deux sont concernés. Les études génétiques montrent que, malheureusement, l’inégalité devant les risques de surpoids et d’obésité est bien réelle. Comme nous l’explique le professeur Patrick Tounian, pédiatre et responsable de l’unité nutrition pédiatrique de l’hôpital Armand-Trousseau : « Une étude a montré que l’évolution de la corpulence chez un individu, comparée à celle de l’un de ses parents, était superposable jusqu’à 45 ans. Il y a des corrélations statistiques entre l’indice de masse corporelle entre l’enfant et ses parents à 11 ans et à 45 ans. » Il évoque un « déterminisme constitutionnel de l’obésité », mais également des facteurs environnementaux.
Il existe donc bien une prédisposition génétique à l’obésité de l’enfant. Dans ce cas, on est potentiellement exposé à des conduites alimentaires « excessives ». Cette prédisposition génétique entraîne le développement d’un surpoids ou d’une obésité. Cependant, le professeur Patrick Tounian précise que : « nous ne sommes pas égaux devant l’obésité et cela même si nous appartenons à la même famille ». Il ajoute que : « seuls les enfants ayant une telle susceptibilité génétique peuvent devenir obèses ».
Une autre cause au problème d’obésité est également donnée par des scientifiques : « Des preuves grandissantes semblent indiquer que l’environnement dans l’utérus aide à “ programmer ” le métabolisme d’un enfant. L’exposition au diabète gestationnel et l’obésité maternelle, tout comme un poids élevé à la naissance et un retard de croissance intra-utérine qui est suivi d’une croissance de “ rattrapage ” rapide après la naissance) sont tous associés à l’obésité plus tard dans la vie. Par contraste, l’allaitement au cours de l’enfance pourrait réduire les risques d’obésité. » 6
Il existe donc bien une influence des facteurs génétiques : « L’héritabilité de l’obésité oscille de 25 à 45 % »

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