Quels laits pour mon bébé ? Bien choisir l’alimentation de son nourrisson
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Description

Face à la multitude de choix concernant les préparations infantiles, nourrir son bébé peut vite devenir un casse-tête! D’autant que les besoins des enfants changent en fonction de leur âge. Lait de vache ? Préparation végétale ? Candice Levy, naturopathe, nous éclaire et nous aide à trouver les meilleures alternatives. Comment fonctionne le système digestif des bébés ? Quels sont ses besoins nutritionnels ? Quels sont les bénéfices de l’allaitement maternel ? Quelles sont les alternatives à l’allaitement quand celui-ci n’est pas souhaité ou pas possible ? Peut-on donner des laits végétaux sans risquer des carences ?« Une mine d’informations remarquable, très instructive et facile à lire ! » Alice Richard, Mamanvogue.frPar une approche scientifique et naturopathique, l’auteure a réalisé un formidable et nécessaire travail de recherche sur les différents laits existants : le lait maternel, les préparations infantiles, le lait de vache, les autres laits «animaux» et les boissons végétales. Elle explique pour chacun leur procédé de fabrication, leur composition, leur apport nutritionnel, leurs avantages et leurs inconvénients, soutenu et étayé par des professionnels de santé. Synthétique et accessible aux parents, enrichi de conseils, recommandations pratiques et témoignages de mamans, ce guide très documenté donne toutes les clés aux parents soucieux de nourrir au mieux leurs enfants.Vous n’allaitez pas ? Vous avez décidé d’arrêter votre allaitement ? Vous recherchez un lait en complément du lait maternel ? Ou vous souhaitez avoir recours aux boissons végétales pour nourrir vos enfants, pour des raisons d’allergies ou d’intolérances alimentaires ? Ce livre est fait pour vous !C’est un guide précieux pour choisir entre les différentes préparations en toute connaissance de cause : avantages, inconvénients, préparation, contre-indications, etc. Premier livre synthétique sur le sujet, il est pratique et exhaustif sur la préparation et les valeurs nutritionnelles des différents laits disponibles à la vente aujourd’hui. Il vous aidera à comprendre les besoins nutritionnels spécifiques de votre enfant.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 30 avril 2019
Nombre de lectures 11
EAN13 9782840586517
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0500€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Couverture
Titre


Candice Levy










Quels laits pour mon bébé ?

Bien choisir l’alimentation de son nourrisson

2 e édition revue et corrigée











Collection Naître et Grandir
Sommaire
Préface – Docteur Christine Coquart
Préface à la première édition
Avertissement
Introduction
Chapitre 1 – L’écosystème digestif du bébé
Mon point de vue de naturopathe
L’écosystème digestif du nourrisson
En résumé
Chapitre 2 – Les besoins du nourrisson
Mon point de vue de naturopathe
Les objectifs nutritionnels du nourrisson
Les besoins en protéines du nourrisson
Les besoins en lipides du nourrisson
Les besoins en glucides
Les ANC des micronutriments pédiatriques
En résumé
Chapitre 3 – Le lait maternel
Mon point de vue de naturopathe
Le lait maternel, un aliment unique
Difficulté à allaiter, ne vous découragez pas !
Conseils en allaitement : Myriam Panard consultante en lactation certifiée IBCLC
Baisse de lactation ou manque de lait maternel
Quelle alimentation pendant l’allaitement ?
En résumé
Chapitre 4 – Les laits infantiles
Mon point de vue de naturopathe
Chronique du lait infantile
Qu’est-ce qu’une préparation pour nourrisson (PPN) ?
Le contexte de la réglementation en nutrition infantile
La fabrication d’une préparation pour nourrisson
Une avalanche d’ingrédients
Comment choisir un lait infantile pour mon bébé ?
Lait 1 er ou 2 e âge ?
Le lait de croissance
Critères de choix d’un lait infantile
Comment savoir s’il faut changer de lait ?
En résumé
Chapitre 5 – Le lait de vache
Mon point de vue de naturopathe
Le lait, généralités
La biodisponibilité des minéraux
La production laitière s’intensifie
Le lait est-il un aliment « vivant » ?
En résumé
Chapitre 6 – Le lait et la santé
Mon point de vue de naturopathe
Que reproche-t-on au lait de vache ?
Conséquences sur la santé du bébé et de l’adulte
Demain tous allergiques ?
Le RGO chez le nourrisson
Du bon usage du lait
En résumé
Chapitre 7 – Les boissons végétales
Mon point de vue de naturopathe
Qu’est-ce qu’une boisson végétale ?
Que prévoit la réglementation ?
Quelle formule privilégier : poudre ou liquide ?
Quelles sont les qualités nutritionnelles des boissons végétales de qualité supérieure ?
En résumé
Chapitre 8 – Les valeurs nutritionnelles des boissons végétales
Mon point de vue de naturopathe
Boisson végétale à l’amande
Boisson végétale à la noisette
Boisson végétale au lait de coco
Boisson végétale à base de sésame
Boisson végétale à la châtaigne
Autres spécialités à base de laits animaux (chèvre, jument, ânesse)
En résumé
Chapitre 9 – La diversification alimentaire et les boissons végétales
Mon point de vue de naturopathe
La diversification alimentaire
Votre enfant sait-il ce dont il a besoin ?
La DME : diversification menée par l’enfant
L’eau est le premier aliment de bébé
Quatre petites recettes
En résumé
Le petit mot de la fin
Remerciements
Bibliographie et références internet
Préface Docteur Christine Coquart
Lorsque Candice m’a demandé de préfacer la nouvelle édition de son précieux livre qui propose entre autres les meilleurs laits pour les bébés, notamment lorsque l’allaitement n’est pas possible, je n’ai pas hésité une seconde…
En plus d’être une amie chère, au cœur grand ouvert et pétri de bienveillance, elle est une thérapeute du monde alternatif et de la petite enfance de très grande qualité, sérieuse et consensuelle.
Elle incarne pleinement une évolution absolument indispensable des soins pédiatriques actuels, basée sur un retour au bon sens et à des choses plus naturelles commençant par l’alimentation, mais aussi sur la collaboration de plusieurs spécialités.
Les naturopathes de formation sérieuse sont actuellement, avec les ostéopathes, les plus nombreux et les plus compétents pour sensibiliser les parents au désir d’accéder à des remèdes et des soins naturels, en complément de la prise en charge médicale. Nous, médecins, sans même parler de la pénurie des pédiatres, sommes très peu à porter plusieurs casquettes dans des pratiques pourtant précieuses pour les bébés, comme la naturopathie et l’ostéopathie, mais aussi la phytothérapie ou l’homéopathie…
L’avenir tient donc, à mon sens, à une collaboration d’expertises dans ces différents domaines, orchestrée autour de professionnels suffisamment humanistes et ouverts d’esprit pour savoir accepter d’autres façons de faire…
Candice est l’exemple parfait d’un tel profil : spécialisée dans la périnatalité et la petite enfance, pleine de bon sens, respectueuse du savoir de chacun, elle prodigue non seulement des soins et des conseils de qualité, mais surtout elle sait avoir une écoute active et empathique des parents. Ce qui est primordial, à un moment où ils sont souvent submergés par l’immense challenge d’accueillir un petit être, totalement dépendant d’eux, avec toutes les nouveautés et les incertitudes que cette venue engendre.
Un de mes credo , comme elle, concerne le parentage proximal, qui garantit, comme c’est désormais prouvé par les neurosciences, les meilleurs processus d’attachements primaires et sécures du nouveau-né à sa mère et son père, ou aux substituts parentaux. L’allaitement maternel est souvent une des clés d’un maternage proximal réussi. Mais sur ce sujet, Candice et moi avons un discours commun qui résonne très fort : ce n’est pas la seule clé ! Et si l’allaitement et le lait maternel restent, certes, la meilleure alternative alimentaire pour le nourrisson, il n’est pas question de faire culpabiliser celles qui ne peuvent/veulent pas allaiter ! Candice, en nous proposant au travers de son ouvrage de nombreuses solutions très sérieuses et surtout faciles à mettre en œuvre, permet de s’approcher au plus près des bénéfices de l’allaitement, même dans des cas très différents ou compliqués…
Alors merci Candice, pour ton enthousiasme à prodiguer tes bons soins aux bébés et à leurs mamans et leurs papas, et à semer ta bonne parole par tous les médias que tu trouves. Ta contribution dynamique apporte, à un moment où c’est plus que jamais nécessaire et où l’ é co-responsabilité est sous tous les projecteurs, une pierre fondamentale à l’édifice d’un nouveau système collégial de prise en charge en pédiatrie. Édifice qui, souhaitons-le, remette le bon sens et le naturel en lumière !
8 Mars 2019.
Docteur Christine Coquart , homéopathe et aroma-phytothérapeute, spécialisée en parentalité positive et Communication Non Violente, auteure chez Nathan de plusieurs ouvrages dont « Le guide pour soigner mon enfant au naturel » et « Mon bébé mois par mois de 0 à 1 an ». www.docteurchristinecoquart.com
Préface à la première édition
Deux raisons m’ont poussé à accepter d’écrire cette préface, caution que je n’accorde que rarement parmi les nombreuses propositions qui me sont faites.
La première est que l’accent est clairement mis dans cet ouvrage sur l’importance de l’allaitement maternel, seule alimentation prévue par la nature pour le nouveau-né pouvant être qualifiée d’authentique, prioritaire et biologique.
La seconde raison touche à l’esprit de synthèse et au bon sens qui éclairent les conseils prodigués : en effet, le danger aurait pu être de favoriser une alternative essentiellement végétale, voire une critique agressive des laits animaux et maternisés… Or, s’il est bien une chose que Candice aura retenue de sa formation en notre collège, c’est l’importance de demeurer souple, d’individualiser les conseils, et de toujours œuvrer pour un partenariat respectueux avec tous les autres acteurs de la santé publique.
Car ici plus qu’ailleurs, il n’est pas de place pour la pensée unique ni pour les critiques infondées. Il y va de la santé de nos enfants et l’on sait combien les premiers mois de la vie sont cruciaux pour tracer l’avenir du système digestif, nerveux et même immunitaire.
Dans les années 1970, certains hygiénistes intégristes clamaient à qui voulait l’entendre que le remplacement idéal du lait maternel était… le jus de raisin. Au secours !
Ce fanatisme est une injure à la profession, une dangereuse propagande ne s’appuyant ni sur l’expérience pratique (même si l’empirisme est respectable et s’il appartient aux traditions populaires d’initier ce qui deviendra recherches scientifiques), ni sur la moindre étude comparative objective. Il a pourtant fait des émules et, hélas, bien des dégâts dans le petit monde des médecines dites « douces ».
Cette page tournée, les années 1990, puis 2000 ont apporté leur lot d’informations critiques vis-à-vis des produits laitiers et, quasi simultanément, on a largement médiatisé les « laits végétaux ». Il n’en fallut pas plus pour suggérer à nombre de mamans qu’il fallait à tout prix abandonner définitivement lait, fromages et yaourts… et les remplacer de facto par tel « lait » de soja, de riz, ou d’amande, par exemple.
Là encore, gare au fanatisme, gare aux amalgames et gare aux raccourcis intellectuels !
En fait, s’il a été bien démontré que les laitages (surtout issus de la vache) pouvaient être impliqués dans l’évolution pathologique de certains terrains (inflammatoires, tumoraux, allergiques, auto-immuns), il n’est pas raisonnable d’en généraliser l’éviction complète, chez tout le monde, et pour toujours. De même, on sait aujourd’hui combien doit être prudent, attentif et personnalisé le remplacement des laits animaux par des substituts végétaux.
Le lecteur trouvera dans ces pages suffisamment d’arguments pour se faire une idée objective, scientifiquement éclairée, et chaleureusement encadrée par l’expérience d’une maman devenue professionnelle de santé.
De larges passages insistent à juste titre sur l’importance de l’écosystème intestinal, merveille de physiologie qui révèle année après année un peu de ses mystères, mais si fragile partenariat entre nos hôtes bactériens, notre nourriture quotidienne et notre santé.
Les temps sont au bio, à la conscience environnementale, vers une qualité de vie et une consomm’action de plus en plus responsable, et nous nous en réjouissons. Puissent-ils aussi inspirer de plus en plus de partenariats entre des praticiens médecins, paramédicaux et non médecins. C’est dans le respect des différences et des compétences que cette complémentarité verra le jour : elle se nomme médecine intégrative et elle passe par des livres comme celui-ci.
En Inde, dans une douzaine d’États nord-américains, en Nouvelle-Zélande, en Australie, au Canada anglais, dans les pays scandinaves, en Suisse ou en Allemagne… cette médecine nouvelle donne de merveilleux résultats pour le meilleur du patient. Elle conjugue à la fois les besoins de l’urgence et ceux des troubles chroniques (fonctionnels), mais aussi ceux de la prévention via l’hygiène de vie, des corrections de terrain et des soins complémentaires plus doux et non iatrogènes.
À quand en France ?
Je suis particulièrement heureux de souhaiter à Candice toute la réussite qu’elle mérite pour cet excellent premier livre.
Aux pédiatres, diététiciens et nutritionnistes de tous horizons, je conseille d’assouplir leurs croyances académiques et de les enrichir de travaux encore quelque peu en marge, mais pourtant solidement étayés – que ce soit en défaveur des produits issus de la vache, ou en faveur du lait de jument et des boissons végétales correctement conseillées et individualisées.
Aux lectrices et lecteurs, je souhaite une santé joyeuse ; une santé durable et responsable ; une santé à partager et à décliner pour le corps, la tête et le cœur.
Enfin, aux « bébés bio » qui bénéficieront de tant de bons conseils, je souhaite longue et lumineuse vie sur notre belle planète bleue.
Daniel Kieffer , Directeur du collège CENATHO
Président de l’Union européenne de Naturopathie
Juillet 2013
Avertissement
Les réflexions et suggestions de cet ouvrage ont pour but de vous faire prendre connaissance des différentes manières de nourrir son enfant. Ce livre s’adresse aux parents, ainsi qu’aux professionnels de santé holistiques et conventionnels qui cherchent à apporter une alimentation équilibrée aux nourrissons.
Ces informations non dogmatiques ni exhaustives tentent d’apporter des éléments de réponses, elles ne peuvent en aucun cas se substituer aux conseils adaptés et personnalisés de votre pédiatre ou médecin.
Le professionnel de santé apporte un suivi régulier de la croissance staturo-pondérale sur les courbes figurant dans le carnet de santé qui permet d’identifier le signe cardinal de la dénutrition qui est la perte ou l’absence de prise de poids, avec ou sans ralentissement de la croissance staturale.
Introduction

Présenter son livre, c’est comme présenter son bébé. Écrire un livre, c’est comme mettre au monde un bébé. Il y a un temps où une idée apparaît, puis elle devient un projet. Il grandit, il se complète et se réalise. Un temps pour faire descendre les informations dans la matière : sur le papier ou sur le clavier.
Je suis heureuse et émue de présenter au monde la deuxième édition de Quels laits pour mon bébé ? Une mise à jour était nécessaire au vu de toutes les nouveautés et les changements dans le domaine du lait infantile. C’est un sujet passionnant et à la fois délicat. Je me suis efforcée de le rendre le plus simple possible face à un domaine complexe. Chaque jour, je prends conscience de la valeur des mots pendant l’écriture d’un livre, dans mon travail de naturopathe, ou dans ma vie personnelle. Ce livre m’a demandé d’aller encore plus loin dans ce que j’ai envie de transmettre. Depuis plus de dix ans, je suis aux côtés des femmes, des mères, des bébés pour les soutenir, les écouter et les conseiller au mieux. Dans un seul et même objectif, aider les femmes à accoucher d’elles-mêmes. En se faisant confiance pour transmettre ce qu’elles ont de meilleur à leur bébé. Trop nombreuses sont les femmes qui ne s’écoutent pas ou ne s’écoutent plus. Au fond de chacune, il y a cette intuition, cette conviction que quelque chose ne va pas pour leur bébé. Je leur permets de contacter cette petite voix et d’aller jusqu’au bout de leurs ressentis.
C’est comme ça que l’histoire de mon livre a commencé. Il y a onze ans, je suis devenue mère. La naissance de ma fille m’a permis le passage vers la femme que je suis aujourd’hui. Après un accouchement compliqué et séparée de ma fille pendant trois jours, je me suis accrochée pour l’allaiter. Une évidence pour elle comme pour moi. Six mois durant, l’allaitement a connu son rythme de croisière, jusqu’au jour où elle s’en est naturellement désintéressée. J’étais déjà naturopathe et convaincue que le lait de vache n’était pas conçu ni adapté pour les êtres humains. Je me mets à la recherche d’informations précises et sérieuses sur le sujet des préparations pour nourrisso n . Je suis alors surprise d’entendre de la part de médecins, pédiatres ou PMI des réponses déconcertantes :
« Prenez celui que vous voulez, c’est tous les mêmes ! »
« Prenez le moins cher ! » ou encore « Prenez celui que vous trouvez facilement en bas de chez vous ! »
Autant de réponses qui m’ont laissée sans voix lorsque je me suis retrouvée devant l’immense rayonnage de préparations pour nourrisson !
Non, ce ne sont pas tous les mêmes. Pourquoi y a-t-il autant de laits infantiles ?
Que sont ces ingrédients aux noms obscurs ?
Cela ne m’inspire pas confiance mais je me lance et j’achète une préparation pour nourrisson bio pour nourrir ma fille.
Son instinct de bébé lui fait recracher et vomir instantanément ! Il restera sur le haut du frigo comme un objet que l’on n’arrive pas à jeter.
En attendant, je lui donne des biberons de lait maternel que j’ai stockés au congélateur. J’aurais pu continuer à tirer mon lait, mais avec la reprise du travail, ma lactation diminuait de plus en plus. Je remercie ma fille et son instinct de m’avoir alors emmenée sur des pistes alternatives. C’est ainsi que je rencontre des mamans dont les bébés ont été nourris après l’allaitement par des boissons végétales. Ma fille a 7 mois et la diversification est bien menée, je complète donc son alimentation par une boisson végétale, ajoute des huiles variées, de la spiruline, pour qu’elle ne manque de rien. Ma fille le boit avec plaisir et nous continuons les visites régulières chez sa pédiatre qui confirme que tout se passe bien. Elle grandit harmonieusement à la stupéfaction de la pédiatre mais qui considère la clinique plus importante que la théorie. Une valeur essentielle quand on est un bon médecin.
Ma curiosité et mon âme de chercheuse me donnent envie de poursuivre mes recherches. Et je commence à écrire sur le sujet. Un ami auteur dans les médecines naturelles m’invite à poursuivre et à publier. Je n’y avais jamais songé. Par « hasard », lors d’un salon bio Marjolaine à Paris, je rencontre un homme sur le chemin. Sans connaître l’identité exacte de mon interlocuteur, nous entamons une conversation fort sympathique et très animée par ce sujet. À la fin de notre conversation, il se présente comme étant le directeur des éditions Le Souffle d’Or. Yves Michel a tout de suite cru en mon projet et souhaite m’éditer ! Voilà comment est née l’histoire du livre que vous tenez dans vos mains , Quels laits pour mon bébé ? Aujourd’hui, les préparations pour nourrisso n ont bien évolué, et les propositions alternatives réglementaires sont bien plus larges qu’il y a onze ans. Je souhaite vivement que ce livre vous éclaire et vous permette de faire le meilleur choix en toute connaissance de cause.
De tout cœur, Candice.
Chapitre 1
L ’ ÉCOSYSTÈME DIGESTIF DU BÉBÉ

Mon point de vue de naturopathe
Je suis naturopathe et engagée pour la santé de l’enfant, j’aime exercer mon métier grâce auquel je participe à transmettre les lois naturelles de la santé holistique (globale). La naturopathie est issue des médecines traditionnelles et empiriques, un patrimoine universel de connaissances ancestrales pour préserver, entretenir ou retrouver la santé. Elle présente et soumet les concepts de terrain, de force vitale et d’équilibre de l’organisme. Elle considère la santé comme un équilibre harmonieux, une capacité à s’adapter face au monde extérieur afin de se l’approprier dans son monde intérieur, un échange permanent qui consiste à capter, utiliser, transformer, assimiler l’énergie des aliments, des éléments puis de les restituer. Le terrain est Tout , comparable à un terreau qui fournit au corps protection et nourriture vitale. Le terrain est l’ensemble des liquides organiques (le sang, la lymphe intra et extracellulaire ) dans lesquels baignent les cellules. C’est un environnement déterminant pour maintenir l’état de santé. Si les cellules baignent dans un milieu carencé, sous-oxygéné ou surchargé de déchets, elles ne pourront pas faire correctement leur travail. Tandis que l’organisme, par le biais de l’énergie vitale (ou force vitale), cherche constamment à maintenir le terrain en équilibre parfait, il favorise l’élimination des déchets vers l’extérieur. Cette épuration s’effectue à l’aide des cinq organes émonctoriels (ou organes filtres) : la peau, les reins, les poumons, le foie et les intestins, ils filtrent et drainent les déchets vers les portes de sortie. Chez le nourrisson, ces fonctions sont encore immatures et fragiles, ce qui rend le travail de détoxication plus lent et restreint.
Le premier aliment du nouveau-né est lacté, maternel ou artificiel.
Dans le premier cas, il s’agit de l’alimentation biologique humaine sans conteste la plus adaptée.
Dans le second cas, le choix d’une alimentation artificielle doit tenir compte de trois objectifs fondamentaux : respecter la maturité digestive, favoriser une assimilation optimale des nutriments et produire le moins de déchets possible.
Dans la mesure où un modèle lacté antispécifique (issu de lait d’autres mammifères) produira plus de déchets et plus de troubles digestifs, le choix d’une préparation pour nourrisson doit être individualisé par rapport à son âge, les conditions de naissance, les troubles éventuels à sa santé et son terrain, c’est-à-dire sa capacité à maintenir un environnement sain (détoxification des déchets et assimilation de substances nutritives).
La naturopathie est une médecine de bon sens qui donne du sens au mot « nourrir ». Nourrir sainement son enfant, c’est lui donner toutes les capacités à assimiler les macronutriments (protéines, lipides, glucides) et les micronutriments (vitamines, minéraux, oligo-éléments) et pour le faire grandir.
L’écosystème digestif du nourrisson
La digestion et l’assimilation reposent sur le trépied de l’écosystème digestif : le microbiote intestinal (appelé auparavant flore intestinale), la muqueuse intestinale et le système immunitaire intestinal. Ces trois points sont interdépendants.
Le microbiote (flore intestinale)
C’est l’ensemble des bactéries qui peuplent le tube digestif. Le corps héberge environ 100 000 milliards de bactéries, pour 10 000 milliards de cellules soit dix fois plus que toutes les cellules du corps. Un monde organisé qui coexiste en harmonie.
La muqueuse intestinale
Le microbiote est protégé par une muqueuse qui tapisse l’ensemble de la paroi digestive : la barrière intestinale. Cette immense étendue sert de protection contre des ennemis potentiels (des aliments non digérés, des toxines, des parasites) et empêche les bactéries pathogènes de s’installer.
Le système immunitaire intestinal
Le système immunitaire constitue un ensemble d’éléments, de reconnaissance et de défense qui différencie le « soi » et le « non-soi ». Le microbiote constitue le terreau du système immunitaire : 80 à 85 % du système immunitaire sont logés dans la paroi intestinale. Ces deux grands systèmes sont intimement liés. La variété, la qualité d’une bonne flore sont les garants de l’immunité et du fonctionnement du système digestif.
L’identité et l’autonomie immunitaire s’acquièrent à travers l’héritage familial ainsi qu’avec le temps et les facteurs environnementaux, dont l’alimentation. Les débuts de la vie sont fondamentaux pour le système immunitaire en devenir, directement lié au microbiote. Ce qui explique entre autres la vulnérabilité aux virus (notamment le rotavirus responsable des gastro-entérites) et aux maladies infantiles.
À la naissance, le tube digestif du nouveau-né est stérile et la muqueuse encore trop perméable. La colonisation de celui-ci commence après la rupture de la poche des eaux. Lorsque le bébé naît par voie naturelle, il développe son propre microbiote et sa propre immunité par le contact avec la flore vaginale et intestinale de sa mère. Puis le premier lait maternel, également appelé « colostrum » apporte certains nutriments, comme les oligosaccharides, qui vont jouer le rôle de fibres et permettre notamment la prolifération de bifidus dans l’intestin grêle du nouveau-né. 72 heures après l’accouchement 1 000 milliards de bactéries s’installent. La flore intestinale qui se développe au fur et à mesure active le système immunitaire intestinal et le rend fonctionnel. La maturité du système immunitaire s’acquiert totalement vers l’âge de 6-7 ans.
Quand le bébé naît par césarienne, il n’a aucun contact avec la flore de sa mère, et reçoit alors bien souvent la microflore de l’environnement hospitalier non familier et pauvre en bonnes bactéries. Sa flore se trouve différente et implique un démarrage de santé fragile. Une aide probiotique 1 est donc bien souvent bénéfique surtout chez les bébés qui naissent par césarienne et non allaités.
Une étude 2 révèle un avantage peu connu : les bébés nés à la maison ont des bactéries plus diverses et plus bénéfiques. Cela suggère que les soins hospitaliers peuvent parfois affecter la flore intestinal e du nouveau-né.
Le rôle du système digestif est de transformer l’énergie alimentaire pour nourrir les cellules du corps et le passage des nutriments dans la circulation sanguine et lymphatique. Cette assimilation nécessite un tri : soit la muqueuse reconnaît les nutriments grâce au système immunitaire intestinal et les assimile, soit elle les rejette dans le cas d’intolérance alimentaire.
De plus, le système digestif a des fonctions à la fois mécaniques, biochimiques (par l’intermédiaire des enzymes digestives) et physico-chimiques par les différents milieux acides ou alcalins des étages digestifs en interaction avec le système nerveux via le nerf vague. Ces fonctions sont assurées par l’estomac, le foie, la vésicule biliaire et le pancréas et assurent la digestion.
L’estomac
L’estomac est un organe clé de la digestion des protéines, il possède une action mécanique de brassage et une action chimique dans un milieu acide .
Chez le nourrisson, les sécrétions enzymatiques sont encore partielles et faibles les six premiers mois et cela occasionne des troubles digestifs plus ou moins importants. L’immunité enzymatique stomacale n’est mature que vers 18 mois.
La muqueuse de l’estomac est chargée de sécréter de l’acide chlorhydrique et les enzymes digestives telles que la pepsine, enzyme nécessaire à la digestion gastrique des protéines : L’ensemble constitue les sucs gastriques. Chez le nourrisson, la sécrétion est faible jusqu’à dix-huit mois, la pepsine et l’acide gastrique viennent alors à manquer et la digestion des protéines se fait mal. Les protéines mal digérées passent ensuite sous une forme non dégradée dans l’intestin grêle. S’ensuit une prédisposition à l’intolérance ou l’allergie alimentaire.
Le pH 3 normal de l’estomac est acide (1,6-3,2). Si ce pH était maintenu, les enzymes permettraient la production suffisante de réactions chimiques et donc un fonctionnement correct de l’estomac.
Chez le nourrisson, le pH gastrique n’est pas assez acide pour rendre active la pepsine, cela occasionne des remontées gastriques internes ou externes. Bien que les reflux soient en général bénins, les régurgitations répétées peuvent cacher un RGO 4 pathologique qui peut évoluer en œsophagite. Voir chap itre 6, Lait et santé, p. 141 .
Il existe une immaturité du système anti-reflux, car la jonction avec l’œsophage, appelée le cardia est immature, ce qui explique certaines remontées dites physiologiques. Une grosse quantité de liquide n’est donc pas adaptée à la capacité de son estomac : il a besoin de petit(e)s mais fréquent(e)s tétées/repas pour éviter de régurgiter. On dit que la taille de son poing correspond à la taille moyenne de son estomac.
Le nerf vague 5 est intimement lié au système nerveux qui influence la digestion. Il a un rôle fondamental dans la motricité de l’appareil digestif par les sécrétions d’acide gastrique. Les conditions de la naissance peuvent comprimer le nerf vague et entraîner des troubles digestifs. En cas de reflux, colique ou RGO, une consultation chez un ostéopathe ou un chiropracteur dès les premiers mois de vie est vivement conseillée. Voir chapitre 6, p. 141.
Le foie, la vésicule biliaire et le pancréas
Après l’estomac, ces organes assurent et continuent la digestion des aliments. Ils déversent leurs sécrétions dans un milieu alcalin pour terminer la transformation des éléments.
Le foie est un partenaire essentiel de l’écosystème digestif, il effectue de nombreuses transformations des nutriments (glucides, lipides, protéines) et participe à la détoxication des déchets. En cela il est une véritable usine de traitement de tous les déchets du corps ainsi qu’à la détoxication des médicaments.
Le foie est rapidement dépassé en cas d’ingestion d’additifs, de pesticides et autres xénobiotiques (vaccins, antibiotiques, médicaments).
La bile est sécrétée par la vésicule biliaire, elle alcalinise le milieu et finit de transformer les protéines en acides aminés précédemment réduits par l’estomac. Les sels biliaires indispensables à la digestion et à l’absorption des graisses étant très faibles durant les premières semaines de vie, il faut veiller à apporter un taux faible en protéines, comme celui du lait maternel ( voir chapitre 3 ) .
Les aliments glucidiques sont dégradés par l’intestin grêle par l’action des sécrétions pancréatiques. Puis ils seront transformés en glucose et facilement assimilables par le foie. Enfin stockés sous forme de glycogène, ils pourront être libérés en fonction des besoins.
Les capacités digestives du pancréas ne sont pas encore toutes établies chez le nourrisson. L’amylase pancréatique (enzyme nécessaire à la digestion de l’amidon) est absente à la naissance et n’est mature que vers trois ans. Ainsi, lui apporter des farines ou des fragments d’amidon tels que de la maltodextrine (issue du blé, de l’avoine, ou du riz) présents dans les préparations pour nourrisson peut provoquer des troubles digestifs avant quatre mois. En revanche, les sucres du lait maternel sont bien digérés par les enzymes disaccharides, opérationnelles d’emblée. Les graisses du lait maternel sont elles aussi bien assimilées par la lipase sécrétée par le pancréas.
Les reins
Les reins font partie des organes de nettoyage du corps. Ils permettent l’élimination des déchets acides issus du métabolisme et de l’alimentation. Ils drainent les acides mais chez le nourrisson, ils n’ont pas encore la capacité d’éliminer une charge trop forte en protéines et en sels car ils ne produisent pas suffisamment d’urée et n’éliminent pas assez de sodium. Ils ont un rendement faible du fait de leur petite taille et de leurs fonctions encore immatures jusqu’à l’âge de deux ans. Ainsi les produits laitiers considérés comme très acidifiants doivent être introduits le plus tard possible pour préserver l’équilibre acido-basique encore fragile.
Le cerveau
Le cerveau du nourrisson se développe surtout après la naissance. Grâce aux neurosciences, nous apprenons mieux à connaître ses évolutions et ses différentes fonctions. Il est organisé en trois parties formant un tout : le cerveau cognitif dit néocortex, le cerveau limbique dit émotionnel et le cerveau reptilien dit instinctif. Ces parties se développent au cours du cycle de croissance en interaction avec son environnement et dépendent largement des interactions avec ses parents. La partie la plus ancienne, le cerveau reptilien, primitif du cerveau, se développe dans l’utérus, tandis que le cerveau émotionnel s’organise au cours des 6 premières années de vie et que le néocortex préfrontal se développe en dernier. Cette construction se poursuit et le cerveau atteint sa maturité seulement à l’âge de 25 ans. C’est-à-dire que les connexions entre le système limbique et le néocortex préfrontal sont matures à ce moment seulement.
Les connexion s au système nerveux, les neurones et les cellules sensorielles ont besoin d’acides gras oméga-6 et oméga-3 indispensables pour leur développement. Les huiles de poissons gras, l’huile de lin, ou de colza sont idéales pour remplir ces besoins.
En résumé
L’humain se caractérise par une plus grande immaturité à la naissance que les autres espèces. Les écosystèmes digestif et immunitaire du nourrisson sont en devenir. Ils acquièrent leurs fonctions optimales au fur et à mesure du temps et sont dépendants de la qualité du microbiote et de l’intégrité du respect du trépied de l’écosystème digestif. Les conditions de naissance et le mode d’alimentation déterminent grandement la construction et le fonctionnement de cet écosystème, garant de la bonne santé du nourrisson.


1 . Les probiotiques sont des compléments alimentaires à base de nombreuses souches bactériennes bénéfiques pour rééquilibrer et renouveler un microbiote déséquilibré.

2 . Combellick JL, Shin H, Shin D, et al. “Differences in the fecal microbiota of neonates born at home or in the hospital”. Scientific Reports. 2018 ; 8 (1) : 15660. doi : 10.1038/s41598-018-33995-7.

3 . pH, potentiel hydrogène, est une unité de mesure biologique qui sert de valeur à l’équilibre acido-basique. Le pH change, selon les différentes parties du corps. Cela est lié aux enzymes, ces molécules organiques qui sont des catalyseurs nécessaires aux réactions biochimiques du bon fonctionnement physiologique humain. Le milieu correspond au pH nécessaire à l’activité des enzymes. Un ralentissement de celles-ci peut être la manifestation de divers troubles de l’organisme.

4 . RGO, reflux gastro-œsophagien.

5 . Le nerf vague est un nerf qui fait partie du système nerveux autonome.
Chapitre 2
L ES BESOINS DU NOURRISSON

« Le bébé est une personne unique, toute personne différente ou dissemblable est désignée comme pathologique ; alors la société devient intransigeante vis-à-vis de tous ceux qui ne correspondent pas aux données normatives. » Alain de Broca 6
Mon point de vue de naturopathe
Les recommandations et les apports nutritionnels conseillés (ANC) ne doivent pas être considérés comme des normes contraignantes mais comme des repères sur les besoins du nourrisson. Le bébé est une personne unique, avec une croissance et un développement uniques, de ce fait, avec des besoins variables d’un bébé à un autre.
Ces premiers besoins essentiels dépassent les registres nutritionnels : la présence affective de ses parents, leurs contacts (cajoler, étreindre, le peau à peau, un toucher affectueux, les bains, le massage) sont indispensables à l’harmonie de son corps.
Les objectifs de la nutrition du nourrisson sont :
– satisfaire les besoins de croissance ;
– créer une programmation épigénétique nutritionnelle saine ;
– soutenir le développement du cerveau ;
– soutenir le microbiote (flore intestinale) en devenir ;
– favoriser une digestion et l’assimilation optimale ;
– limiter les intolérances et allergies alimentaires.
Ils doivent s’adapter à :
– son âge ;
– ses phases de croissance ;
– ses conditions de naissance (naturelle, césarienne, bébé prématuré) ;
– ses besoins physiologiques spécifiques et particuliers (propres à chacun) ;
– l’état général de sa santé : troubles ou pathologies.
Puis il convient de prendre en compte les notions (détaillées dans le précédent chapitre) sur :
– l’immaturité du microbiote ;
– l’immaturité du système digestif ;
– la digestion et assimilation évolutive ;
– l’immaturité du cerveau et des fonctions cognitives.
Les objectifs nutritionnels du nourrisson
Les apports nutritionnels conseillés (ANC) détaillent les besoins nutritionnels du nourrisson. Ils sont des repères nutritionnels pour maintenir l’enfant en santé et lui assurer une croissance optimale.
Les ANC sont équivalents aux apports journaliers recommandés (AJR) et répondent aux mêmes critères que les RDA (recommandations américaines) et les apports de sécurité définis par l’OMS (Organisation mondiale de la santé). En ce qui concerne les nourrissons âgés de moins de 6 mois, les besoins nutritionnels sont généralement considérés comme correspondant aux nutriments fournis par le lait maternel . Les ANC sont des valeurs/repères souvent surévaluées comme le rapporte l’Université de Reims 7 : « les apports proposés par les différentes recommandations sont bien supérieurs aux besoins moyens réels qui permettent d’éviter la survenue de carences nutritionnelles ». Ce qui expliquerait sans doute le fait que les teneurs en micro- et macro- nutriments des préparations pour nourrisson soient plus élevées, pour limiter d’éventuelles carences ?
Comment sont établies les courbes de croissance du carnet de santé ?
Lors de la première édition du livre en 2013, je spécifiais que les courbes de croissance du carnet de santé précédent dataient de 1979, étaient établies sur une population de bébés nourris au lait artificiel. Depuis avril 2018, les nouvelles courbes de croissance du carnet de santé ont changé, elles ont été obtenues à partir d’environ 5 millions de mesures récentes prises sur des enfants âgés de 0 à 18 ans, alors que les courbes antérieures avaient été établies à partir de quelques centaines d’enfants nés dans les années 1950. Une mise à jour nécessaire s’imposait.
L’allaitement maternel est le mode d’alimentation de référence du nouveau-né, cela est clairement établi, néanmoins les courbes de croissance ne font pas la distinction entre un bébé allaité et un bébé nourri au lait artificiel. Or, leur courbe de poids et de croissance ne sont pas tout à fait les mêmes. Les bébés nourris au lait artificiel ont une courbe de croissance plus rapide que les bébés nourris au sein. Par exemple, à douze mois, un bébé allaité présente un poids inférieur de 600 à 650 g à celui d’un bébé nourri au lait artificiel, alors que la croissance en taille est similaire aux deux bébés.
Le bon sens voudrait que ce soit la courbe de croissance pondérale du nourrisson nourri au sein qui soit la référence du carnet de santé en France. Cela rassurerait les mères qui allaitent, dont la principale crainte réside dans la qualité nutritionnelle de leur lait et l’enjeu stressant de la prise de poids de leur bébé.
Pour les bébés allaités, il est donc préférable de se fier aux courbes de croissance établies par l’OMS 8 . Elles prennent en compte un échantillonnage mondial, avec un taux moyen d’allaitement plus élevé qu’en France. Elles sont utilisées tous les jours par les consultantes en lactation IBCLC, elles permettent ainsi de repérer très vite les enfants pour lesquels il faut revoir la conduite de l’allaitement. Mais la prise de poids seule n’est pas l’unique critère pour évaluer la croissance sans compter l’augmentation de taille ou de stature et de périmètre crânien. Toute cassure de la courbe de poids doit conduire à une évaluation médicale de l’état de santé du bébé et de sa manière de s’alimenter. En cas d’inquiétude, consultez un professionnel de santé. Toutefois, souvenez-vous que certains bébés ne respectent pas ces critères et se développent tout à fait bien !
La croissance
Les premiers mois de la vie du nourrisson sont caractérisés par un rythme rapide de la croissance et des besoins énergétiques accrus. Les trois premières années de vie constituent la phase de croissance la plus importante chez l’homme : le nourrisson multiplie son poids par 4, sa taille par 2 et son périmètre crânien augmente de 50 %. Le cerveau grossit de 300 à 1 000 g entre 0 et 3 ans. Si son cerveau continuait de grandir au même rythme, il atteindrait à l’âge adulte la taille du diamètre de la Terre !
Ses besoins liés à sa croissance diminuent après les premiers mois alors que ses besoins énergétiques augmentent en réponse à l’augmentation des dépenses physiques.
Le poids
Au cours des premiers jours de vie, le poids diminue d’environ 10 % chez tous les nouveau-nés. Cela correspond à une adaptation à son nouveau milieu : extra-utérin. Le bébé ne maigrit pas, il est seulement plus léger car il rééquilibre ses tissus aqueux. Il reprend ensuite du poids jusqu’à retrouver son poids de naissance entre 4 à 8 jours de vie. Entre 1 à 3 mois, on estime que la prise de poids est en moyenne de 20 à 25 g/jour soit 140 à 175 g par semaine. Pendant ses deux premiers mois, le poids de votre bébé augmente rapidement. Il s’agit d’une moyenne, c’est-à-dire que certains jours, il n’y aura pas de prise de poids et d’autres jours une importante prise de poids.
Pour éviter toute angoisse, il est préférable de ne pas peser son bébé tous les jours mais seulement une fois par semaine pendant les premiers mois, sauf en cas de pathologie particulière, comme une diarrhée.
Les effets de l’alimentation artificielle sur l’obésité infantile
Le Dr Adriano Cattanéo 9 informe sur les risques de prise de poids rapide des bébés nourris au lait artificiel qui peuvent programmer l’obésité à l’âge adulte. Cela accélère plusieurs composantes métaboliques telles que la résistance à l’insuline et une tension artérielle plus élevée. « Les bébés allaités perdent souvent plus de poids dans les premières semaines de vie par rapport aux enfants nourris au lait artificiel, cela pourrait protéger l’enfant de la programmation de l’obésité. »
Au contraire, un bébé nourri au sein à la demande s’autorégule face à son appétit et selon ses besoins réels. Même si la mère lui présente souvent le sein, car les bébés adorent téter, il ne tète pas toujours de la même manière et reçoit des quantités de lait variable.
Ses observations indiquent également qu’un lait infantile à base de lait de vache comme aliment de sevrage augmente le risque d’obésité.
Les besoins en protéines du nourrisson
L’ANC des protéines est calqué sur les apports du lait maternel chez le nourrisson de la naissance à douze mois. Le lait maternel possède une faible quantité de protéines d’environ 1 g/100 ml à comparer au lait de vache entier qui en contient 3,8 g/100 ml. Aujourd’hui, certaines préparations pour nourrisson sont mieux standardisées en protéines et respectent les besoins faibles protéiques du nourrisson. Voir chapitre 4, PPN.
Âge mois
Maitenance g/kg/jour
Gain protéique g/kg/jour
Besoins moyens g/kg/jour
Apports nutritionnels conseillés g/kg/jour
1
0,58
0,83
1,41
1,77
2
0,58
0,65
1,23
1,50
3
0,58
0,55
1,13
1,36
4
0,58
0,49
1,07
1,24
6
0,58
0,40
0,98
1,14
D’après “Protein and amino acid requirements in human nutrition. Report of a joint FAO/WHO/UNU Expert Consultation (WHO Technical Report Series, n° 935). Geneva: World Health Organization, 2007”
Âge années
Maitenance g/kg/jour
Gain protéique g/kg/jour
Besoins moyens g/kg/jour
Apports nutritionnels conseillés g/kg/jour
1
0,66
0,29
0,95
1,14
1,5
0,66
0,19
0,85
1,03
2
0,66
0,13
0,79
0,97
3
0,66
0,07
0,73
0,90
4
0,66
0,03
0,69
0,86
5
0,66
0,03
0,69
0,85
6
0,66
0,04
0,70
0,89
7
0,66
0,08
0,74
0,91
8
0,66
0,09
0,75
0,92
9
0,66
0,09
0,75
0,92
10
0,66
0,09
0,75
0,91
Adapté de “Protein and amino acid requirements in human nutrition. Report of a joint FAO/WHO/UNU Expert Consultation (WHO Technical Report Series, n° 935). Geneva: World Health Organization, 2007”
Les besoins protéiques diminuent à mesure que les enfants grandissent
Par exemple, un nourrisson de 1 mois et de 4 kg aura besoin de 7,08 g de protéines soit presque autant qu’un enfant de 6 mois de 7 kg qui aura besoin de 7,98 g.
Ce même enfant de 6 mois pourra recevoir plus de protéines avec un lait deuxième âge plus riche en protéines qu’avec un lait premier âge, il convient donc de bien vérifier les valeurs protéiques de la préparation au moment de cette transition. Ceci sans compter les protéines contenues dans les céréales et les volailles qu’il peut manger 10 .
Les études mettent en évidence la consommation excessive de protéines à partir de l’introduction des aliments. Cette pratique serait délétère et favoriserait l’obésité infantile, il convient donc d’être particulièrement vigilant aux apports à ce moment 11 .
Notre corps est constitué de 12 à 18 % de protéines aux fonctions multiples (régulatrice, contractile, immunologique). Elles servent aussi à la construction des cellules. Les protéines sont composées d’acides aminés, dont neuf sont considérés essentiels chez l’enfant (histidine, isoleucine, leucine, lysine, méthionine, phénylalanine, thréonine, tryptophane, valine) car le corps ne peut les fabriquer. Il nous faut manger des aliments riches en protéines pour les obtenir.
La valeur biologique d’une protéine est fonction de la présence de ces acides aminés indispensables. On distingue :
• les protéines animales (poissons, œuf, viandes, crustacés) ;
• les protéines lactées (vache, chèvre, brebis) ;
• les protéines végétales (céréales, légumineuses, oléagineux, graines germées).
Les protéines d’origine végétale sont déficientes en plusieurs acides aminés essentiels : les céréales principalement en lysine, les légumineuses en méthionine. Ainsi, il faudra veiller à les associer ensemble pour obtenir une protéine complète.
Les besoins en lipides du nourrisson
Les acides gras présents dans les matières grasses alimentaires servent à :
– satisfaire une partie des dépenses énergétiques ;
– satisfaire les besoins en acides gras essentiels, les acides gras polyinsaturés (AGPI) ;
– protéger les membranes cellulaires ;
– aider au transport des vitamines et à l’absorption des vitamines dites « liposolubles » (A, D, E et K) ;
– contribuer à l’élaboration des hormones sexuelles ;
– se déposer dans les tissus pour y constituer des réserves énergétiques importantes .
En effet, 90 % de l’énergie stockée pendant les six premiers mois de la vie le sont sous forme de lipides.
Enfin chez le nourrisson, les AGPI sont d’un grand intérêt dans le développement des facultés cognitives et visuelles.
Deux AGPI ne peuvent être synthétisés par l’être humain :
– l’acide linoléique (AL), famille des oméga-6 ;
– l’acide alph al inolénique (AAL), famille des oméga-3 (ω3).
Ces deux acides gras doivent être bio-disponibles et fournis à l’organisme par un apport extérieur . Les acides gras à plus longue chaîne (EPA et DHA) sont des constituants fondamentaux des phospholipides des membranes des cellules et sont des éléments essentiels à la maturation du cerveau et de la rétine. Les recherches menées ces dernières années mettent en évidence l’importance des AGPI : une carence modifie la fluidité des membranes neuronales et affecte le fonctionnement de ces enzymes avec des répercussions sur l’apprentissage et les performances. Le cerveau est à 60 % lipidique, en une année, sa taille et ses conne x ions neuronales sont multipliées par 3 pour augmenter ses performances cognitives 12 .
L’ANC pour le DHA est de 100 mg/jour pendant la première année de vie. Le nouveau-né dispose d’une petite réserve d’acides gras essentiels dans son tissu adipeux, utilisable jusqu’à l’âge d’un an environ. Le renouvellement doit être assuré par l’allaitement naturel, et en cas d’allaitement artificiel par la qualité d’une préparation pour nourrisson adaptée. Ce qui explique l’intérêt fondamental des acides gras essentiels ainsi que leur introduction au moment de la diversification alimentaire.
Qu’est-ce que le DHA ?
Le DHA est un acide gras oméga-3 , possédant une longue chaîne de 22 carbones. Que signifie oméga-3 exactement ? Tout simplement que le 3 e carbone en partant du bout de la molécule, n’a pas son compte en hydrogène (on dit qu’il y a insaturation). Le DHA est en forte concentration dans les cellules rétiniennes et dans la matière grise. Elle s’accumule dans le cerveau de la naissance à l’âge adulte (vers 2 1 a ns).
Où en trouve-t-on ? Les micro-algues de type phytoplancton produisent le DHA. Comme elles sont en début de la chaîne alimentaire, les poissons et les autres organismes marins qui les ingurgitent, concentrent ensuite le DHA dans leur graisse. Le DHA contenu dans le lait maternel vient en grande partie du régime alimentaire de la mère : i l lui est donc recommandé de consommer de petits poissons gras (sardines, maquereaux, anchois, hareng) car ils sont moins pollués et faibles en résidus de métaux lourds comme le mercure qui s’accumulent dans les graisses des (gros) poissons en fin de chaîne alimentaire.
Certaines études démontren t que les bébés mangent trop peu de gras, 80 % des enfants à 10 mois ont des apports lipidiques inférieurs aux recommandations. Les conséquences sont dramatiques sur le développement intellectuel, cela provoque un déséquilibre métabolique e t favorise l’obésité infantile. Les enfants, avec des faibles apports lipidiques au début de leur vie, ont une masse graisseuse plus importante au niveau de l’abdomen une fois adulte.
À l’adolescence, on estime que 89 % présentent un excès d’apport en graisses saturées provenant d’une alimentation mal équilibrée : excès de beurre, fromage, lait, viennoiserie, gâteau x industriels, sauces condiments , et une insuffisance en acides gras essentiels.
Que faire ? Allaiter ou supplémenter en huiles végétales et huile s de poisso n riches en ω3 les laits artificiels et apporter dès le plus jeune âge une éducation alimentaire variée et saine.

Les besoins en glucides
Les glucides représentent la principale source d’énergie du nourrisson : de l’ordre de 50 à 55 %. Cet apport se fait en grande partie par le biais du lactose présent dans le lait maternel à hauteur de 68 g par litre , alors que le lait de vache en contient 50 g par litre. Les glucides doivent couvrir les dépenses énergétiques au repos, la thermorégulation, les besoins liés à la croissance et au métabolisme des nutriments. Ces besoins sont certes importants mais la qualité compte bien plus.

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