Soufflez vos maux !
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Description

Vous avez envie de prévenir et maintenir votre bien être ? Vous êtes épuisé, sans joie ? Vous dormez mal ? Vous mangez mal ou fumez trop ? Vous vivez des relations peu épanouissantes ? Ou vous avez d'autres soucis ? Voici une méthode qui vous guide pas à pas pour aller mieux et alléger vos difficultés et vos souffrances. La méthode "Soufflez vos maux ®" se fonde sur le principe élémentaire suivant : pour ancrer durablement un changement ou une guérison, il faut que le corps et l'esprit s'accordent et travaillent ensemble. La cohérence cardiaque apaise et régule tout notre organisme avec la respiration. C'est dans cet état de parfaite harmonie qu'entre en jeu l'hypnose et son fabuleux pouvoir de soin et de guérison. Les bienfaits sont multiples et accessibles, alors passez à l'action !

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 17 mars 2017
Nombre de lectures 20
EAN13 9782840585787
Langue Français
Poids de l'ouvrage 4 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Couverture
Titre
Marie-Agnès Chauvin



Soufflez vos maux !

La méthode qui associe Autohypnose, Respiration et Cohérence cardiaque

Préface du docteur Claude Virot



Le Souffle d’Or
5 allée du Torrent – 05000 Gap (France)
www.souffledor.fr
Collection Chrysalide
Pour Plume et tous les chats de ­l’univers qui sont nos maîtres à… respirer !
Préface
Comment rester fluide dans un mode complexe ? Comment s’adapter en souplesse aux perturbations que la vie nous impose ? Comment concilier ce que nous sommes avec ce que nous serons ?
Ce sont des questions que chacun de nous se pose plus ou moins clairement dans chacun des moments délicats de notre vie, dans chacun des carrefours où nous devons faire des choix pour trouver notre chemin comme doit le faire le héros du conte que Marie-Agnès Chauvin nous propose dans son livre.
La complexité fait référence aux multiples dimensions de chaque être humain, dimensions qui se croisent, s’enchevêtrent, se complètent ou se contrarient. Notre conscience rationnelle sait parfaitement bien scinder toutes ces dimensions, les analyser, les simplifier pour les combiner dans un tout cohérent et suffisamment stable au quotidien. La réflexion et la raison nous permettent de trouver des solutions à de multiples questions que nous pose la vie quant à notre intégrité physique, psychologique ou relationnelle.
Mais nous sommes également confrontés à des moments où la complexité résiste à l’analyse, ces « tournants de la vie » où nos stratégies de vie, jusque-là efficientes, sont dépassées. Quitter le nid familial, devenir parent, se confronter à la maladie, la perte d’un proche… De nombreux évènements nous sortent de notre zone de sécurité antérieure et nous imposent, comme le disait Milton Erickson, de fabriquer une nouvelle adaptation à la réalité.
Comment le faisons-nous ? Parfois, très simplement comme si une nouvelle stratégie de vie était déjà là, toute prête à servir et à s’activer. Parfois, au contraire, nous nous sentons désemparés, incertains, confus face à un futur inconnu. Incapables de changer, nous nous replions sur nous-mêmes pour résister au flux qui nous entraîne. Nous mettons alors toute notre énergie pour continuer comme avant, imposant ainsi à notre corps, notre mental et nos relations des contraintes rapidement douloureuses qui vont se traduire par des symptômes très divers d’un individu à l’autre.
C’est alors que nous devons faire appel à un mage qui sait activer les ressources de notre propre complexité d’être vivant, pour remettre du mouvement. Le mage peut être un thérapeute familier des processus toujours un peu mystérieux de la vie que nous appelons souvent Inconscient et que je préfère appeler conscience imaginaire ou conscience virtuelle. Quel que soit le nom que nous utilisons, nous faisons référence ici à des processus fondamentaux capables de résoudre des difficultés complexes en élaborant des solutions par nature imprévisibles qui vont satisfaire l’ensemble des dimensions enchevêtrées dans le problème.
La qualité de méthode élaborée par Marie-Agnès Chauvin est de combiner plusieurs actions thérapeutiques en même temps afin de mobiliser les ressources mentales, émotionnelles et corporelles. Notre tradition scientifique a structuré des soignants experts dans des domaines spécifiques, le corps pour les uns, l’esprit pour les autres. Cette division nous a fait perdre de vue que ces dimensions sont fondamentalement et en permanence intriquées, que toute action corporelle modifie le mental et que toute action mentale modifie le corps. Les explications détaillées ici et les nombreux exemples sont une manière de nous rappeler ce qui devrait être une évidence. Et pourtant, une évidence qui demande chaque jour à être scientifiquement prouvée. Sur ce point j’invite chacun à écouter cet exposé d’Amy Cuddy dans le cadre des conférences TED ( https://www.ted.com/search?q=cuddy ). Elle nous montre qu’il suffit d’adopter une position corporelle de force ou une position corporelle de faiblesse pendant 2 minutes pour modifier de manière significative le taux de cortisol circulant. Ceci nous montre la puissance d’une attitude émotionnelle pour agir sur les dimensions biologiques et modifier le corps.
« Souffler vos maux » combine, entre autres, la respiration et l’hypnose. Ces deux techniques, l’une plus corporelle, l’autre plus mentale ont une action corporelle ET psychologique, biologique ET émotionnelle. L’une et l’autre permettent des changements dans la manière de percevoir le monde et des changements dans le fonctionnement du corps. Les deux dimensions doivent s’adapter, désactiver certaines habitudes, certaines mémoires et activer de nouveaux processus ensemble. Ces notions de simultanéité et de complémentarité sont essentielles pour restaurer l’unité et la synchronisation des niveaux visibles et invisibles qui permettent la vie et ­l’adaptation.
En conclusion, je voudrais insister sur deux autres dimensions que je souhaiterais trouver dans toute stratégie de soin.
Générer du mouvement pour le mouvement peut être très ennuyeux si nous sommes pris dans des sables mouvants. Nous risquons bien de nous enfoncer ! Le mouvement créé a besoin d’être organisé et orienté vers le sol ferme, la solution, c’est-à-dire aussi le futur. Imaginer le futur, le rêver c’est lancer cette ancre pour organiser notre énergie disponible dans un sens efficace. C’est un des piliers de la méthode ici décrite, un des piliers qui donne de la cohérence à l’ensemble.
La deuxième est que l’objectif de toute thérapie, de tout soin est de favoriser l’autonomie, la capacité à franchir les étapes de la vie. Vous allez vite comprendre qu’apprendre à « souffler vos maux » vous aidera maintenant si vous en avez besoin, mais aussi à chaque fois que vous serez confronté à une situation complexe qui demandera des ajustements multiples. Chacun de vous deviendra capable d’élaborer son propre scénario de soin et de le mettre en œuvre. C’est peut-être le plus précieux cadeau que vous fait Marie-Agnès Chauvin.
Introduction
Nous avons en nous nos propres ressources pour aller bien et guérir.
Ce livre est un guide pour les trouver et les utiliser.
Il vous propose avec une méthode très concrète de faire l’association entre l’autohypnose et la cohérence cardiaque :
• L’autohypnose mobilise le pouvoir de notre esprit.
• La cohérence cardiaque réveille les ressources de notre corps.
La conjonction des deux est la recette gagnante pour être équilibré.
La méthode « Soufflez vos maux » renforce le pouvoir cumulé de l’autohypnose et de la cohérence cardiaque en ciblant un objectif précis à atteindre. Elle utilise « La lampe qui calme » pour entrer plus facilement dans un état de détente propice à leurs actions.
Le sens de lecture est au choix !
Le livre comporte cinq chapitres que vous pouvez aborder librement.
• Le chapitre 1 vous explique l’auto­hypnose et la cohérence cardiaque. Il vous entraîne avec un conte dans la « magie » de l’imaginaire pour vous familiariser avec l’hypnose.
• Le chapitre 2 vous aide à comprendre pourquoi nous sommes arrivés à séparer notre corps de notre esprit et comment faire pour les réunir.
• Le chapitre 3 explique concrètement comment pratiquer la méthode pour aller mieux.
• Le chapitre 4 est un lexique de formules à « inspirer » et à « souffler ».
• Le chapitre 5 donne des exemples de personnes qui ont utilisé la méthode avec réussite.
Chapitre 1 Autohypnose et cohérence cardiaque
1. L’hypnose et l’autohypnose
L’hypnose, définition
L’hypnose est un mode d’élargissement du champ de la conscience.
C’est un état naturel, pendant lequel nous sommes capables de vivre sur plusieurs plans en même temps.
Nous vivons tous au quotidien des états d’hypnose. Quand nous conduisons un véhicule, nous avons parfois la curieuse impression de piloter tout en étant concentré sur autre chose. Beaucoup d’élèves suivent les cours en étant là et pas là. Nous savons tous écouter en étant ailleurs.
L’hypnose est un état qui se rapproche d’une forme de somnolence éveillée. Nous sommes corporellement présents, nous avons du tonus musculaire, notre esprit est mobilisé, nous continuons à exercer un certain contrôle ; nous agissons dans un espace et en même temps dans un autre.
L’état d’hypnose est appelé « transe » par les spécialistes. Ils définissent des états plus ou moins profonds de transe mais le phénomène a dans tous les cas les mêmes ­caractéristiques.
Il n’y a que sur les plateaux de télévision et dans les salles de spectacle que les personnes perdent totalement conscience et oublient ce qui s’est passé.
Survol historique de l’hypnose
Si l’état de sommeil éveillé est connu depuis l’Antiquité, c’est aux XVIII e et XIX e siècles qu’il commence à être étudié en Europe. Parmi un grand nombre de médecins et de physiologistes, on peut évoquer trois figures marquantes.
– Le docteur Franz Anton Mesmer (1734-1815) a parlé de la présence d’un courant énergétique entre les êtres vivants qu’il a appelé le « magnétisme animal ». Ce courant, bien réparti, garantirait la santé. Il suffirait de le canaliser en soi et de le véhiculer entre les êtres pour que tout le monde aille mieux.
– Le chirurgien James Braid (1795-1860) a créé le mot « hypnose » pour définir un « sommeil » artificiel au cours duquel on pouvait suggérer à une partie du corps de ne pas souffrir.
– Le docteur Émile Coué (1857-1926) a montré, avec la méthode qui a été vulgarisée sous son nom, le rôle essentiel de la suggestion mentale dans les processus de changement.
L’hypnose a été plébiscitée tout autant que combattue. Ses détracteurs arguant de l’absence de preuves scientifiques manifestes pour ne pas la reconnaître. L’hypnose, rejetée par la communauté scientifique, a sommeillé pendant des décennies.
Au XX e siècle, le psychiatre Milton ­Erikson (1901-1980) lui a redonné ses lettres de noblesse. Ses résultats sur des personnes souffrant de troubles psychiques ne pouvaient laisser aucun doute sur l’efficacité de cette approche de soin.
Notre siècle bénéficie d’outils scientifiques qui aident l’hypnose à sortir définitivement de l’ombre.
L’imagerie médicale, les mesures de fréquence des ondes cérébrales et la physique quantique donnent à l’hypnose une véritable existence parmi les pratiques médicales.
• L’imagerie médicale montre des changements d’activité électrique dans le cerveau d’un sujet en état d’hypnose.
• La mesure de la fréquence des ondes du cœur enregistre un ralentissement des pulsations quand un sujet est en hypnose.
• La physique quantique remet tout simplement en place la valeur des preuves scientifiques en établissant que tout opérateur, qu’il soit un humain ou une machine, modifie le comportement des données étudiées.
En physique quantique, les travaux sur les corpuscules et les ondes semblent montrer qu’un élément peut être d’une certaine façon dans deux états simultanément !
C’est tout à fait ce que l’on vit en état ­d’hypnose !
Les manifestations de l’état « hypnotique »
Que remarque-t-on de tangible pendant la « transe » ?
Au niveau du corps
On observe :
– un relâchement des tensions ­musculaires,
– un clignement des yeux,
– un abaissement du rythme cardiaque et un abaissement du rythme respiratoire,
– un moindre ressenti de la douleur…
Au niveau de l’esprit
On observe :
– une diminution de l’importance du monde extérieur,
– une concentration sur le monde intérieur,
– un relâchement du contrôle sur soi et sur ses idées : le fameux « lâcher-prise »,
– un abaissement de la rationalité,
– une ouverture à l’imaginaire…
Au niveau des ondes cérébrales
Les électroencéphalogrammes mesurent la fréquence des courants électriques émis par les ondes cérébrales.
Le rythme de ces ondes est mesuré en cycles par seconde. Il varie selon les activités « mentales » auxquelles nous nous livrons.
On définit en fonction de leur fréquence quatre types d’ondes : Alpha, Bêta, Thêta, Delta.
Les tracés de type Alpha et Thêta correspondraient à l’état d’hypnose.
L E RYTHME BÊTA
C’est le cycle du mode éveillé, de l’action et de la réflexion. Il correspond à une fréquence de l’ordre de 14 à 21 cycles par seconde. Notre cerveau n’arrête pas de fonctionner. L’état de veille est caractéristique d’idées qui s’enchaînent rapidement. La ruche bourdonne d’activités ! Dans les états d’hyperactivité, notre cerveau atteint 21 cycles par seconde. On observe dans ce cas que l’activité cérébrale est plus importance dans un hémisphère ou dans l’autre. Le travail de réflexion analytique intensifie le fonctionnement du cerveau gauche. Le travail imaginatif intensifie le travail du cerveau droit. En ondes Bêta, on remarque que les deux cerveaux collaborent peu.
L E RYTHME ALPHA
C’est le cycle du mode du repos mental. Il est induit par la relaxation, la méditation. Il correspond à une fréquence de l’ordre 7 et 14 cycles par seconde.
On remarque, en ondes Alpha, que les deux hémisphères cérébraux fonctionnent ensemble.
On trouve ce rythme sur le tracé des transes hypnotiques légères.
L E RYTHME THÊTA
C’est le cycle du sommeil ou de la méditation profonde. L’activité cérébrale se ralentit et oscille entre 4 et 7 cycles par seconde. Nous perdons contact avec le monde extérieur et avec la notion du temps. C’est comme si nous étions dans une autre réalité.
Ce niveau marquerait les stades d’hypnose plus profonde.
Un sujet qui « revient » après une transe hypnotique a du mal à dire combien de temps cela a duré. Il est souvent surpris du temps passé.
Quand le cerveau fonctionne au rythme Thêta, il y a une conséquence non négligeable : les réactions à la douleur diminuent.
L E RYTHME DELTA
Quand le rythme descend aux environs de 5 cycles par seconde, nous sommes en sommeil très profond et sans doute plus proches des zones encore inexplorées de notre appareil psychique. En dessous de 4 cycles par seconde, nous sommes dans des états de coma dans lesquels seules les fonctions vitales sont assurées par le cerveau. Lorsque l’encéphalogramme affiche un tracé plat, la mort cérébrale est déclarée.
Les mesures électriques des ondes du cerveau nous permettent deux conclusions immédiates :
– En ondes Alpha, on fait travailler ensemble nos deux hémisphères cérébraux et par là même on amplifie nos capacités cérébrales. Notre état de relâchement corporel permet l’utilisation de fonctions physiologiques jusqu’alors peu sollicitées ;
– En ondes Thêta, le corps ressent moins la douleur. Ce qui est un atout considérable face à la souffrance physique.
L’hypnose ouvre sur des espaces de changement, de mieux-être et de guérison.
Les bénéfices apportés par l’hypnose
L’hypnose est un outil d’ouverture sur des potentiels physiologiques, intellectuels et psychologiques. C’est une clé pour entrer dans les espaces fermés par la fixité de nos schémas de vie et de pensées.
Avant de voir, dans le chapitre 4 du livre, les indications très concrètes de la méthode basée sur l’autohypnose et la cohérence cardiaque, nous allons regrouper tous les avantages que l’hypnose apporte au corps et à l’esprit.
Au niveau du corps
• Défatiguer les fonctions qui travaillent trop
Notre corps s’adapte à son environnement en renforçant ce qu’il sait faire.
Par exemple : plus on est sollicité par le monde extérieur, plus notre cœur bat vite et plus il commande à certains organes de redoubler d’effort.
L’hypnose apaise l’action du grand chef d’orchestre qu’est le cœur. Il envoie de nouvelles instructions aux organes trop sollicitées pour qu’ils se calment.
Si on veut bien vieillir et le plus longtemps possible, nous avons tous intérêt à ménager nos « montures » et à éviter de fatiguer tout le temps les mêmes chevaux.
• Faire travailler les fonctions non sollicitées
Quand on calme les fonctions trop « réactives », les fonctions oubliées peuvent donner de la voix. L’hypnose rebat en quelque sorte les cartes pour que tout l’organisme participe à notre épanouissement corporel.
• Refaire de nouveaux schémas
Nous savons tous que nous n’utilisons qu’un pourcentage limité de nos capacités cérébrales. Il en est de même pour tout notre organisme.
Remettre les compteurs à zéro nous permet de tracer de nouveaux chemins.
• Augmenter la résistance aux attaques microbiennes
Nous avons tous remarqué que c’est dans les moments de grande fatigue et de grande tension nerveuse que nous « attrapons » des maladies. L’hypnose favorise la libération dans notre corps de substances biochimiques qui luttent contre les bactéries et les virus. Cela renforce nos capacités de défense ­immunitaires.
Au niveau de l’esprit
• Faire travailler ensemble nos deux cerveaux
Le tandem gagnant « cerveau gauche/cerveau droit » favorise notre ouverture d’esprit. Il nous permet d’aborder différemment la réalité. Imaginons être, en même temps, rigoureux et imaginatif, analytique et synthétique, précis et globaux… quelle efficacité !
• Sortir de la boucle de nos habitudes et de nos pensées
Quand nous allons mal, nous rétrécissons naturellement le champ de notre conscience et de nos comportements. Nous « bouclons », nous ressassons, nous sommes figés.
L’hypnose nous fait sortir du cercle nocif. Nous « lavons » nos vieilles rengaines pour retrouver notre souplesse.
• Faire tomber la barrière entre le réel et l’imaginaire
On se donne le droit d’envisager l’impossible. On se donne de nouvelles permissions. On se rêve pour se vivre autrement.
Jacques Audiberti a, sans le savoir, donné une jolie définition de l’hypnose :
« La vie est faite d’illusions, parmi ces illusions, certaines réussissent. Ce sont elles qui constituent la réalité ».
Comment entrer en état « hypnotique » ?
On peut être guidé par un professionnel de santé formé spécifiquement. On peut aussi pratiquer seul. On parle dans ce cas d’autohypnose.
L’hypnose et l’autohypnose permettent à la personne de vivre dans deux espaces simultanément :
– D’une part, la personne est bien présente. Elle garde un total contrôle sur la ­situation ;
– D’autre part, la personne est ailleurs. Elle s’ouvre à un état second qui stimule son corps et son esprit pour fonctionner autrement.
Pour entrer en état d’hypnose, nous allons suivre une curieuse règle : focaliser notre attention sur une seule chose.
Nous avons défini l’hypnose comme un élargissement du champ de la conscience et pour commencer, il faut le rétrécir !
Nous sommes face à un paradoxe. Pour ouvrir son champ de potentiel, il faut dans un premier temps le refermer et porter son attention sur une seule occupation.
Pourquoi ?
En mode de fonctionnement classique (ondes Bêta), notre cerveau fonctionne en privilégiant la rigueur et le contrôle. Il est focalisé sur les actions et les réflexions en cours. Nous souhaitons, pour entrer en état d’hypnose, que cette partie consciente et « contrôleuse » baisse un peu de régime pour permettre une ouverture. Nous cherchons à obtenir une sorte de « lâcher-prise ».
Pour cela, on va « ruser ». On donne à notre partie consciente l’ordre d’intensifier sa tâche.
Cette amplification va curieusement permettre à une autre porte de s’ouvrir. C’est comme si la conscience, rassurée d’être pleinement sollicitée, et totalement absorbée par sa tâche, baissait la garde. Elle passe en ondes Alpha et les deux cerveaux deviennent synchrones.
C’est alors qu’une autre instance entre en jeu. Nous ne la connaissons pas bien. On peut l’appeler Inconscient, Imaginaire, Conscience virtuelle, Conscience supérieure… peu importe le mot ! L’important est de lui permettre d’arriver pour nous aider car nous savons qu’elle recèle les ressources dont nous avons besoin pour aller mieux.
Il y a plusieurs manières d’aider la cons­cience à se focaliser.
Focalisation sur la respiration
Toute notre attention est portée sur notre processus respiratoire. On est attentif à son rythme, aux mouvements de notre poitrine et de notre ventre, à la chaleur de l’air qui rentre et qui sort… On force notre corps et notre esprit à être totalement concentrés sur l’action de respirer. Notre vigilance est aux commandes (ou croit l’être). Elle est « rassurée » et elle lâche l’affaire !
La cohérence cardiaque expliquée plus loin est basée sur ce principe. La méthode Soufflez vos maux l’applique totalement.
Focalisation sur un sens
Trois modes de sensations sont faciles à utiliser pour entrer en état d’hypnose : la vue, l’ouïe et le toucher.
• La vue
C’est peut-être le plus connu pour entrer en hypnose. C’est l’image de l’hypnotiseur de foire qui rive son regard dans celui du sujet et lui ordonne de dormir ! C’est celle des cercles concentriques qui finissent par nous égarer.
Il s’agit de focaliser son regard sur un point ou un objet.
« La lampe qui calme » présentée dans cet ouvrage en est une illustration.
Nous verrons qu’elle associe la focalisation visuelle à la respiration, deux atouts majeurs pour entrer en hypnose.
De la même manière : fermer les yeux favorise l’entrée en hypnose. Avoir les yeux fermés aide le cerveau à passer en ondes Alpha.
• L’ouïe
On commence par fermer les yeux pour donner tout l’espace à nos capacités auditives. On écoute tout : du bruit de la rue au plus infime mouvement qui nous entoure, à ceux de notre corps… On se force à analyser et à reconnaître tous les bruits. Notre conscience vigilante est au maximum. Elle croit diriger les opérations et elle finit par laisser faire et nous passons en ondes Alpha.
• Le sens kinesthésique, le toucher
On se focalise sur un ressenti tactile, comme si on était seulement une peau. C’est l’effet du bain chaud ou du vent d’été sur les corps allongés sur la plage. Les bébés font cela très bien. Ils se laissent emporter par le bercement et les caresses. Les adultes sont souvent moins habiles. L’effet est le même que pour l’ouïe. Nous finissons par entrer en ondes cérébrales Alpha.
Focalisation sur l’imaginaire
Il s’agit de partir d’une image, d’un rêve, d’une situation inconnue et de les « pousser » à l’extrême.
Cette activité demande une grande concentration. Il ne s’agit pas de se laisser aller à la rêverie.
Ce processus est d’ailleurs intégré à des outils thérapeutiques , comme « le rêve éveillé » ou « l’imagination active » , mis en place par des professionnels de la santé mentale.
Pour illustrer l’entrée en hypnose par l’imaginaire, voici un conte dans lequel il vous est proposé de vous laisser guider.
Un conte fonctionne sur deux plans. Le premier plan s’adresse à la partie consciente de notre esprit, l’histoire cherche à la divertir. Le second plan est caché derrière ce divertissement. Les images et les métaphores dont se sert l’histoire envoient (incognito) des messages à notre inconscient.
Les contes sont des sortes de guides clandestins pour notre inconscient. Voici pourquoi ils ont traversé les siècles sans être inquiétés et voilà aussi pourquoi ils sont un outil de choix pour tous ceux qui s’intéressent à notre mieux-être psychologique.
Le conte du « Grand Devenir ! »
Dans ce temps et dans ce pays, si loin et si près de nous, règne un couple de monarques. Ils mettent au service du royaume une ferveur et une puissance immense. Ils gouvernent depuis longtemps avec sagesse, bienveillance et fermeté.
Il y a beaucoup d’années, ils avaient été choisis parmi les jeunes gens les plus valeureux. Le roi avait été repéré comme le guerrier le plus brave, la reine comme la jeune femme la plus savante. On les avait laissés se trouver. On leur avait donné le temps de se développer complètement en s’enrichissant l’un de l’autre. Le futur roi avait intégré sa partie féminine, la future reine sa partie masculine. Le mage royal les avait félicités puis mariés et enfin couronnés.
Le mage royal est, avec le roi et la reine, le personnage le plus important du royaume. Il possède la force de l’esprit. Il voit la clarté dans le sombre. Il discerne l’ombre cachée dans la lumière. Il sent les forces invisibles. Il les transfère dans les mains du roi et de la reine pour qu’ils prévoient, décident et agissent.
Hier, le mage est allé, comme chaque soir, lire le ciel qui rejoint la mer. Il est resté longtemps en méditation. Ce matin, il a regardé longuement le roi et la reine. Ils se sont retirés tous les trois dans le salon des décisions. Ils y ont préparé ensemble la grande annonce à faire à la cour. Le temps leur est venu de préparer de plus jeunes mains à se saisir de la couronne.
Avant que le soleil ne se soit levé et que la nouvelle soit officielle, le grand chambellan avait réveillé, dans une simple maison, un jeune homme au regard brillant. Il l’avait conduit au château. Il est là, devant vous, fier et intimidé. Il fait face au mage, au roi et à la reine. Il connaît la grande salle du trône. Il y a été reçu récemment à la suite d’une brillante victoire. Ce qu’il ressent est différent cette fois, les couleurs correspondent à d’autres sentiments, les bruits sont nouveaux, les odeurs moins épicées, les nuances bruissent autrement, le souffle de l’air le porte ailleurs.
Le roi explique au jeune héros qu’il a été choisi pour le Grand Devenir. Qu’il doit quitter ce qu’il a vécu pour commencer sa quête. Il connaît la tradition. S’il arrive au bout, il sera roi.
La reine lui passe autour du cou un petit sac de cuir et le mage royal lui tend un petit oiseau de bois.
Le roi, la reine et le mage royal descendent les marches qui les séparent du jeune homme, ils l’entourent de leurs bras. Ils unissent leur respiration. Leur souffle commun remplit le jeune héros de soutien, de force et de courage. Celui-ci sent une nouvelle énergie s’installer dans toutes les cellules de son corps, comme si une vague légère et puissance montait le long de ses jambes, rentrait dans son bassin, irradiait sa poitrine, se glissait dans ses bras, remontait dans son cou pour finir dans sa tête.
Notre héros est maintenant seul, il a traversé tout le territoire du royaume. Il est à la grande porte extérieure, celle qui ouvre sur le Sud. Il hésite. Il met sa main sur sa poitrine, touche le petit sac de cuir donné par la reine et pense que c’est le moment de voir ce qu’il y a dedans. Il est vide ! Il ferme les yeux, totalement déconcerté. Une image se forme dans son esprit, celle d’une contrée lointaine un peu sombre. Il devine qu’il s’agit du pays du grand Sud, contrée lointaine et mystérieuse dont il a si souvent entendu parler avec crainte et envie. L’image se brouille mais il sait qu’il doit prendre cette direction.
Il franchit, tranquille et sûr de lui, les premiers lieux. Il rencontre une végétation qu’il connaît, des personnes aimables et des animaux tranquilles. Les lieux suivants l’accueillent moins facilement. L’air est chargé de sens inconnus et son esprit perd de sa clarté. Les troisièmes lieux lui imposent une forêt. Il lui faut passer au milieu d’étranges arbres au tronc de cristal et aux branches coupantes. Le plus étrange, sont ces filaments transparents qui tombent des ramures. On les dirait de soie. Plus il chemine, plus il semble que les filaments se durcissent. Il a de plus en plus de difficulté à les traverser. Les filaments forment un tissu de verre rigide. Il arrive à se glisser entre les plaques mais cela devient peu à peu impossible. Il ne peut plus avancer. Les arbres ont créé un mur de verre transparent et infranchissable. Il voit sa route au travers mais il ne peut pas la suivre. Il s’acharne avec toutes ses armes pour briser cet obstacle. Il tend ses forces et sa volonté contre le mur de verre. Incapable de renoncer à combattre. Il utilise toutes ses dernières ressources. Il tombe épuisé, envahi par la colère de ne pouvoir continuer directement sa route. Cela lui est insupportable de voir clairement où il faut aller et de rester bloqué.
Il pense au petit sac donné par la reine. Il sait qu’il ne contient rien mais qu’il est source d’images. Il l’ouvre et revoit le pays du Sud. C’est bien le lieu à gagner. Il doit renoncer au trajet direct et trouver une autre voie.
Pour atteindre le Sud, il décide de passer par l’Est. C’est le pays du soleil du matin. Celui qui installe le premier ce qui doit être éclairé. Cela lui paraît plus facile de faire route sur ce qu’il connaît. C’est dans ce pays qu’il a déjà gagné des batailles, qu’il a validé ses meilleures défenses. Il visite tous les champs de ses combats, toutes les plaines de ses stratégies d’hier. Il ne rencontre aucun adversaire, aucun monstre à combattre. Comme si le travail n’était plus à faire. Il ne s’accroche plus qu’avec des ronciers qui éraflent sa tenue de guerrier. Elle se déchire, des bouts d’étoffe se détachent. Est-ce bien utile de garder la cotte d’épais cuir qui lui fait une seconde peau ? Il prend le risque de se débarrasser de ses protections, de ses lourdes armes. Il garde son haut-de-chausses, son justaucorps, son pourpoint et une fine lame. Il se sent plus léger.
Soudain, la peur arrive par le sol, il sent le tremblement dans ses jambes. Il reconnaît le galop d’un Diurne. C’est un être cauchemardesque et incompréhensible. Son maître d’armes lui a toujours conseillé d’attaquer avant de se faire surprendre. Notre héros n’a plus qu’une mince dague. Il voit mal comment il va pouvoir diriger l’attaque. Lui reviennent alors des souvenirs lointains d’histoires que chantaient les vieilles femmes de son village. Elles disaient que les Diurnes ne devraient pas être chassés, qu’il existe une façon de calmer leur fureur, mais leurs voix étaient recouvertes par les rires et les moqueries des guerriers. Il se souvient maintenant, les chants parlaient de ce que voient et entendent ces étranges créatures. Quand elles sont surprises par des lueurs ou des sons inconnus, elles chargent avec violence. On peut les apaiser en leur envoyant la bonne tonalité. Les Diurnes ont le pelage noir et sortent au crépuscule. Leur course sur le sol envoie un son sourd et grave. Notre héros comprend. Au lieu de fuir ou d’attaquer, il se poste en haut d’une petite colline, recouvre son corps de poussière et souffle, dans le petit oiseau de bois confié par le mage, une mélodie aux accents de terre chaude. Il fait face à la masse sombre qui arrive. La bête est devant lui. Il est terrorisé mais continue de jouer. Le fauve est stoppé dans son élan. Ils se regardent et il voit dans le regard du terrible animal ses propres certitudes fondre. Hier, rutilant d’armes et brillant de courage, il aurait chargé sans réfléchir. Il est aujourd’hui terne et sans défense et la Connaissance lui vient. Il a vu une autre partie de lui dans les yeux de la bête obscure. Il repart rempli par cet étrange échange.
Il arrive dans le pays de l’Ouest, celui qui voit le jour finir, celui qui fait grandir les ombres. Ce pays, il ne le connaît pas. Il l’a parfois vu dans ses rêves. Il l’a vu sur le visage des vieux guerriers. Il se sent à la fois fort de ses dernières découvertes mais en même temps fragile sans son armure. La peur le reprend. Elle est différente. Ce n’est plus la peur bien connue de l’ennemi qui peut surgir, c’est une peur interne. Elle naît de la confusion des pensées et des sentiments, de l’anxiété sourde et sans visage qui vrille le cœur et plombe la gorge. Cette peur-là, il ne la connaît pas. S’il était honnête avec lui-même, il s’avouerait qu’il la connaît trop bien. C’est elle qu’il a toujours essayé de noyer dans les combats qu’il a menés avec des excès de ­vaillance.
Au détour d’une forêt, il voit un lac scintiller dans la nuit. Il s’approche et voit une jeune femme glisser sur l’eau. Il est transporté, emmené dans une vague de sens confus. Cette femme est-elle vraie ou seulement née de son esprit ? Est-ce une partie de lui ou une femme réelle ? Le désir l’envahit, il ne sait pas le nommer et se propose le mot amour. Il commence à imaginer que c’est sa promise. S’il arrive au bout du Grand Devenir, elle sera sa reine et sa victoire sera totale. Il se jette à sa rencontre, l’appelle à grands gestes, se manifeste dans le bruit. Elle s’approche, tranquillement, comme amusée par son tapage. Elle l’entoure de son halo, elle le couche à terre. Il est parcouru de tremblements et perd contact avec le réel.
Il se réveille bien plus tard engourdi, glacé et seul. Il se souvient vaguement de sa vision, de son désir, de sa certitude d’avoir vu la future reine. Il ne sait pas depuis combien de temps. Il gît là, aveugle et transis, comme démembré de lui-même. Jeté en dehors de son propre nid. Il se sent perdu et indigne. Il n’a plus de repères. Il n’a plus le courage de continuer.
Le visage du grand mage se forme dans son esprit. Il prend le petit oiseau de bois dans ses mains comme s’il voulait le réchauffer, se réchauffer. Il respire quelques secondes et souffle son désespoir et son espoir.
L’image qui lui vient est celle d’un endroit calme et doux, au milieu des arbres, plutôt sombre et chaud dans lequel il lui doit s’arrêter. Il décide qu’il s’agit de l’endroit où il est maintenant. Il s’assoit, pose sa tête entre ses bras et accueille ce qui vient. Un bruit de fleur lui arrive, puis celui d’une couleur, le parfum d’une branche, la saveur d’une émotion, la fraîcheur d’une larme. Il découvre un monde qui lui est inconnu. Il apprend tranquillement à voir derrière les faits réels, à trier ses sensations, ses sentiments. Il reste là longtemps à s’ouvrir et à se nourrir.
Il ouvre le sac de cuir pendu à son cou. Une silhouette se forme, c’est une jeune fille en train de combattre un dragon. Elle bataille et ferraille. Sa lance est restée dans le cou de la bête.
Sa science des batailles lui dit qu’elle est perdue, il connaît les dragons, leur force et leur ruse. La jeune guerrière ne montre pas beaucoup d’expérience. Elle va succomber. Il doit aller la secourir.
Il regarde dans le sac de cuir pour être sûr de la direction à prendre. Il bondit sur ses jambes et se retrouve inerte et immobile le regard rivé sur l’image du combat entre le dragon et la jeune fille.
Il ne peut rien faire, seulement assister à la lutte.
La jeune fille sort son glaive et entre au corps à corps avec la bête. Elle est frêle, le sang ruisselle. Il discerne le signe de la vie qui s’écoule mais ne sait pas de quel flanc. Il voit la guerrière se relever. Sa robe est seulement souillée de boue, c’est le dragon qui perd son sang. Son énergie féroce le quitte, ses pattes avant se plient, son nez et sa bouche s’écrasent au sol. Il ne peut plus cracher le feu, il inspire la terre. Au moment où notre héros pousse un cri de victoire, l’image se brouille et il perd la vision de la scène.
Il ne voit pas la jeune fille s’écrouler contre le museau du terrible dragon. Elle reste là, paralysée entre la peur d’être dévorée par la bête encore vivante et le réconfort que sa chaleur dégage. Elle se sent entre la mort et la vie et pourtant sereine. Tous ses repères vacillent. Elle a quitté le royaume depuis tellement longtemps. Elle avait parcouru les grimoires mais jamais les vallons. Elle avait été arrêtée par des textes incompréhensibles mais jamais par des arbres de verre. Elle avait travaillé les langues anciennes mais jamais les armes. Elle avait rencontré des cauchemars mais jamais des dragons. Elle avait gagné des batailles d’idées, jamais de luttes corporelles. Elle vient de découvrir un nouveau monde et elle se sent perdue.
Elle touche le petit oiseau de bois donné par le mage royal le matin où le roi et la reine l’ont envoyée dans le Grand Devenir. Elle tourne son visage vers le nord , respire quelques secondes et souffle son désespoir et son espoir.
L’image qui lui vient est celle d’un endroit calme et doux, au milieu des arbres, plutôt sombre et chaud dans lequel elle doit s’arrêter. Elle décide qu’il s’agit de l’endroit où elle est maintenant. Elle s’assoit, pose sa tête entre ses bras et accueille ce qui vient. Elle voit un jeune homme rayonnant venir à elle. Elle remercie son esprit de lui envoyer une image aussi belle et réconfortante. Elle ouvre les yeux et s’aperçoit que l’image est réelle, le héros est devant elle.
Ils se reconnaissent. Ils sentent la solennité de l’instant. Ils regardent en même temps dans leurs sacs de cuir. Ils y voient une grande porte radieuse de lumière et un mage qui semble attendre, assis, les bras remplis de pommes. La route du Sud, dernier lieu de leur quête, s’ouvre enfin devant eux.
Le Grand Devenir s’achève. La future équipe royale se constitue. C’est la conjonction ultime des contraires qui s’assemble sous le regard vigilant de la sagesse. Le royaume sera bien gouverné.
Après le conte et son univers métaphorique, allons voir ce que le corps nous propose pour équilibrer l’imaginaire avec le rationnel et pour associer l’autohypnose à la cohérence cardiaque !
2. La cohérence cardiaque
Le cœur et son rythme
Quand on observe le tracé graphique du fonctionnement du cœur à l’état normal, on observe des courbes d’amplitude et d’écartement différents. Elles montent et elles descendent de façon irrégulière. Cela correspond à l’adaptation de notre cœur à son environnement.
En revanche, quand nous donnons un rythme régulier à notre respiration, la fréquence et l’amplitude se stabilisent. Le tracé graphique montre des courbes harmonieuses. Notre rythme cardiaque baisse. Notre pouls bat à environ une pulsation par seconde. L’activité de notre cœur affiche sur le tracé six courbes par minute.
Cet effet est connu depuis l’Antiquité. La médecine chinoise l’avait empiriquement découvert. Les yogis le pratiquent depuis fort longtemps.
Les recherches scientifiques sur ce sujet datent seulement de quelques décennies. Elles ont été facilitées par la précision des matériels de mesure actuels et la découverte des neurotransmetteurs.
Les travaux sur les liens entre le cœur et les fonctions organiques sont dus principalement à l’institut Heartmath aux États-Unis. Leurs chercheurs ont nommé « cohérence cardiaque » cette action de stabilisation et de ralentissement de nos pulsations cardiaques.
La « cohérence cardiaque » a été introduite en Europe grâce à l’action du docteur David Servan Schreiber.
Les effets de la cohérence cardiaque : des bénéfiques en cascade
Cette stabilisation du cœur a une conséquence tout à fait intéressante. Elle entraîne l’harmonisation de deux systèmes régulateurs : les systèmes neurovégétatifs : sympathique et parasympathique. Quand ces deux systèmes sont à l’équilibre, ils entraînent derrière eux un meilleur fonctionnement de tous nos organes.
Les deux systèmes neurovégétatifs en jeu
Ils appartiennent au système nerveux autonome, autrement dit : celui que l’on ne contrôle pas.
Si on schématise : le système sympathique est celui de « l’allumage », le parasympathique celui du « ralentisseur ».
L E SYSTÈME SYMPATHIQUE OU ORTHOSYMPATHIQUE
Il a pour fonction de nous préparer à l’action, à réagir vite face à une sollicitation extérieure et/ou à une forte émotion. Il agit avec deux médiateurs chimiques : l’a drénaline et la n oradrénaline . Ces deux substances sont indispensables à la mobilisation automatique de nos ressources en cas de nécessité. Grâce à leur intervention, nous avons immédiatement à notre disposition les moyens adaptés pour agir (courir, par exemple, en cas de danger, freiner sans avoir besoin de réfléchir, etc.).
Nous connaissons tous les manifestations de cette mobilisation rapide de notre corps :
– le cœur bat plus vite,
– la « tension » artérielle augmente,
– les pupilles se dilatent,
– les vaisseaux se contractent, la peau devient plus blanche,
– on est en sueur.
Nous en connaissons moins les effets secondaires sur nos organes :
– le foie accentue la production de glucose,
– la vessie et les intestins se dilatent (une grande peur fait courir aux toilettes),
– l’éjaculation est plus rapide chez les hommes…
Si nous sommes en permanence sur le « qui-vive », nous faisons perdurer une situation d’exception. Nous fatiguons les organes comme le cœur, le foie et les reins.
Pour la plupart d’entre nous, la vie quotidienne, saturée de sollicitations, fait fonctionner le système sympathique à plein régime. C’est la conséquence bien connue des états de surmenage et de « stress ».
Le physiologiste canadien Hans Selye a été le premier à utiliser le mot « stress » pour l’organisme humain. Il le décrit en 3 phases :
– La phase d’alarme : nos capteurs sensoriels et émotionnels perçoivent une menace. Le corps se prépare à réagir. Les informations circulent à grande vitesse entre récepteurs sensoriels, cerveau et organes : une bonne décharge d’adrénaline et on bondit en avant !
– La phase d’adaptation puis de résistance : quand l’agression perdure, l’organisme s’adapte. Le cortisol prend le relais de l’adrénaline pour continuer à nous « booster ». Le cortisol est une hormone tout aussi indispensable que l’adrénaline. Son rôle est de réguler le métabolisme pour limiter toute variation trop brutale de l’équilibre physiologique du corps. Libérée en trop grande quantité, l’hormone ne joue plus son rôle protecteur. Le corps mobilise ses réserves d’énergie pour répondre à l’urgence.
– La phase d’épuisement : l’urgence est devenue notre quotidien, nous sommes à bout physiquement et psychologiquement, fatigués, résignés, frustrés, dépressifs… la conséquence du « surrégime » devient le « sous-régime ».
L E SYSTÈME PARASYMPATHIQUE
Le rôle du système parasympathique est complémentaire à celui joué par le système s ympathique. Il freine les fonctions de l’organisme dans un objectif de conservation de l’énergie. Le système p arasympathique utilise le médiateur chimique appelé ­ a cétylcholine .
Ses effets :
– le cœur bat moins vite,
– la « tension » artérielle baisse,
– l’estomac sécrète le bon taux d’acide chlorhydrique, nous digérons mieux,
– les intestins augmentent leurs contractions, nous éliminons mieux,
– nos muscles se détendent…
On peut vérifier l’équilibre des deux systèmes en faisant des mesures sur le cortisol présent dans l’organisme. La sécrétion du cortisol est contrôlée par l’ACTH qui est une autre hormone (liée au système parasympathique). Le taux de cortisol varie tout au long de la journée. Quand sa variation est normale, cela montre que le système parasympathique est en équilibre avec le système sympathique. Notre corps fonctionne tranquillement et nous sommes en pleine possession de nos moyens. Quand il est anormalement élevé, cela signifie que nos deux systèmes neurovégétatifs ne sont pas en équilibre. Le parasympathique n’arrive plus à calmer le jeu. Nous sommes dans l’état physiologique du stress.
Conclusion : pour que notre corps soit dans l’état de quiétude propice à notre santé, il suffit que notre cœur s’emballe le moins possible.
Quand on sait que l’un des grands motifs de l’emballement de notre cœur est notre état émotionnel, nous sommes obligés de nous intéresser au lien entre le cœur et les émotions.
Le lien rythme cardiaque/émotion
Toutes les situations de déstabilisation émotionnelle augmentent le rythme cardiaque.
Les émotions sont des manifestations physiologiques automatiques.

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