L’art de guérir
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Description

Dans ce livre, le médecin et enseignant spirituel reconnu Bernie Siegel démontre comment la science et la spiritualité interagissent — et comment vous pouvez maximiser le potentiel de guérison de votre corps. Après avoir étudié l’utilisation des dessins faits par des patients atteints de maladies mortelles, Bernie a fondé l’ECaP (Exceptional Cancer Patients) pour faciliter les auto-guérisons qui étaient souvent qualifiées de miraculeuses. Bernie a constaté que notre corps veut guérir et que nous pouvons aider cette propension innée au moyen de pratiques présentement considérées comme étant non classiques, comme le dessin, la visualisation, les rêves, l’amour et le rire. Vous apprendrez à utiliser ces pratiques pour vous aider dans tous les aspects, que ce soit pour diagnostiquer et comprendre votre maladie et choisir le bon traitement, de même que pour partager ce que vous vivez avec vos proches et le personnel soignant. Empli d’histoires vraies et inspirantes et de suggestions pour entreprendre votre propre cheminement de guérison, ce livre offre des techniques pratiques et éprouvées par des patients qui peuvent faire des miracles.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 13 août 2014
Nombre de lectures 34
EAN13 9782897339517
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Éloges pour L’art de guérir
« Derrière le monde visible du corps se trouve un domaine invisible et inconscient qui peut être une puissante force de guérison. Pionnier en la matière, Dr Bernie Siegel enseigne à des gens à prendre conscience de ce facteur. Cela leur apporte non seulement une guérison physique, mais également un sentiment de paix, d’accomplissement et de joie de vivre. Quand nous combinons l’art de guérir avec la science médicale, la médecine moderne devient alors entière. Merci, Bernie, de nous montrer la voie. »
— Larry Dossey, M.D., auteur de One Mind
« Bernie Siegel était déjà un chirurgien reconnu quand il a découvert les formes subtiles de communication que possède l’esprit humain. Il a commencé à explorer l’inconscient, les travaux de Carl Jung et le pouvoir de guérison inné chez toutes les créa-tures vivantes. Il a entrepris une démarche qui a aidé beaucoup de ses patients à se sentir mieux. Sa carrière a alors pris une autre direction et il a commencé à écrire des livres sur ce qu’il avait découvert. Dans ce dernier livre, il imprègne les connaissances scientifiques de compassion en utilisant son regard professionnel pour examiner de manière chaleureuse et personnelle comment la perception, l’intention et la communication non verbale (psychique) influencent la guérison et le bien-être. Ce nouveau livre positif offre différentes méthodes pour que [les lecteurs] puissent apprendre à accéder plus facilement à ce pouvoir et à l’utiliser. »
— Anna Jedrziewski, critique littéraire pour Retailing Insight
Éloges pour 101 exercices pour l’âme
« Un autre livre agréable, sage, pratique et transformateur du Dr Bernie. Ce guide d’exercices étape par étape s’adresse à la partie de vous qui a des ailes. »
— Rachel Naomi Remen, M.D.,
auteure de Sagesse au coin du feu
« Ce livre simple possède toute la sagesse dont vous avez besoin pour vivre en devenant le meilleur de vous-même. Bernie a le don de simplifier et de rendre accessibles des idées complexes. Suivez son plan d’entraînement et vous connaîtrez une vie encore plus merveilleuse que ce que vous auriez pu imaginer. »
— Joan Borysenko, Ph. D., auteure de Brûlé : l’épuisement professionnel et la reconquête de la vie
« Offert par un des plus grands guérisseurs des États-Unis, ce guide pratique enseigne étape par étape à vivre de manière plus saine et accomplie. Siegel a le don d’inspirer les gens à aller au-delà d’eux-mêmes et à atteindre ce qu’ils croyaient inaccessible. »
— Larry Dossey, M.D., auteur de Ces mots qui guérissent
« Un livre magnifique et sincère écrit par un médecin légendaire qui vous aide à nourrir votre esprit, votre corps et votre âme. »
— Judith Orloff, M.D., auteure de Liberté émotionnelle et Accéder à son énergie sacrée
« J’ai toujours admiré Dr Bernie Siegel comme étant un des esprits les plus remarquables de notre temps. Il combine un esprit analytique et scientifique à une profonde connaissance de la spiritualité. Son livre 101 exercices pour l’âme vous aidera à comprendre cette partie de vous-même qui est le génie ultime et suprême et qui reflète la sagesse de l’univers. »
— Deepak Chopra, auteur de Le livre des secrets
« Les exercices inspirants de Dr Siegel pour atteindre l’illumination dans la vie quotidienne réunissent la sagesse ancestrale dans un livre clair, précis et facile à lire. C’est un précieux ajout à la bibliothèque de tout voyageur spirituel. »
l’art de guérir
Le matériel contenu dans ce livre est à titre éducatif. L’auteur et l’éditeur ne formulent aucune garantie explicite ou implicite et n’endossent aucune responsabilité quant aux effets des recommandations offertes dans ce livre. Certains noms ont été changés pour protéger la vie privée des individus.

Copyright © 2013 Bernie S. Siegel, MD
Titre original anglais : The Art of Healing
Copyright © 2014 Éditions AdA Inc. pour la traduction française
Cette publication est publiée en accord avec New World Library
Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire.

Éditeur : François Doucet
Traduction : Jo-Ann Dussault
Révision linguistique : Féminin pluriel
Correction d’épreuves : Nancy Coulombe, Katherine Lacombe
Conception de la couverture : Matthieu Fortin
Photo de la couverture : © Thinkstock
Mise en pages : Sébastien Michaud
ISBN papier 978-2-89733-949-4
ISBN PDF numérique 978-2-89733-950-0
ISBN ePub 978-2-89733-951-7
Première impression : 2014
Dépôt légal : 2014
Bibliothèque et Archives nationales du Québec
Bibliothèque Nationale du Canada

Éditions AdA Inc.
1385, boul. Lionel-Boulet
Varennes, Québec, Canada, J3X 1P7
Téléphone : 450-929-0296
Télécopieur : 450-929-0220
www.ada-inc.com
info@ada-inc.com

Diffusion
Canada : Éditions AdA Inc.
France : D.G. Diffusion
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Suisse : Transat — 23.42.77.40
Belgique : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99

Imprimé au Canada



Participation de la SODEC.
Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) pour nos activités d’édition.
Gouvernement du Québec — Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres — Gestion SODEC.

Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada

Siegel, Bernie S.

[Art of Healing. Français]
L’art de guérir : découvrez votre sagesse intérieure et votre potentiel d’auto-guérison
Traduction de : The art of Healing.
ISBN 978-2-89733-949-4
1. Guérison par l’esprit. 2. Esprit et corps. 3. Autothérapie. I. Titre. II. Titre : Art of Healing. Français.

RZ400.S5314 2014 615.8’528 C2014-941038-7
Conversion au format ePub par: www.laburbain.com
— Allen et Linda Anderson, auteurs de Angel Dogs et Horses with a Mission
Remerciements
J e tiens à remercier Cindy Hurn et Georgia Hughes, ainsi que mon agente Andrea Hurst, pour l’aide qu’elles m’ont apportée dans la création de ce livre.
Je remercie également ceux qui ont été mes guides de vie et mes enseignants : mon épouse, Bobbie ; nos enfants, Jonathan, Jeffrey, Stephen, Carolyn et Keith ainsi que leurs familles ; et tous mes amis à quatre pattes qui sont trop nombreux pour que je les nomme.
Dr Bernie Siegel
Introduction
Les grandes questions
Si vous voulez guérir le corps et l’esprit, vous devez d’abord guérir l’âme.
— platon
H ier, je suis allé renouveler mon permis de conduire. Je m’attendais à ce qu’il y ait une longue file d’attente et à devoir patienter avec les autres tout en souhaitant être ailleurs. Je n’avais donc pas vraiment envie d’y aller. Mais peu de temps après mon arrivée, une femme derrière le comptoir a annoncé mon numéro. Étonné, j’ai regardé autour de moi. Beaucoup de personnes attendaient depuis beaucoup plus longtemps que moi ; c’était sûrement le tour de quelqu’un d’autre. Mais elle a répété mon numéro, alors je me suis levé.
Dès que je suis arrivé au comptoir, elle m’a souri, comme si elle me reconnaissait. Il s’avère que j’avais opéré sa mère il y a de nombreuses années. Nous avons bavardé gentiment et elle m’a raconté combien sa mère allait bien. Quand je suis parti, elle m’a encore remercié d’avoir aidé sa mère à guérir. Elle ne faisait pas référence à l’opération chirurgicale ni à la chimiothérapie. Elle parlait de la vie de sa mère. Vous vous en rendez compte ? Elle ne parlait pas de son corps physique ou de sa maladie, mais de ce qui donnait un sens à la vie de sa mère. Je me sentais tellement bien en quittant ces lieux. Notre rencontre n’avait pas été acci­dentelle ni fortuite. C’était un cadeau. Il n’y a pas de coïncidences.
Ce que je m’apprête à partager avec vous — ce qui m’a procuré une nouvelle compréhension de la nature de la vie — ne vient pas de mes croyances, mais de mon expérience personnelle et de mon travail auprès de mes patients et de leurs familles. Ma capacité à garder l’esprit ouvert m’a permis de tirer beaucoup plus de choses de mes expériences et de devenir un meilleur guérisseur que ceux dans ma profession qui disent qu’ils ne peuvent pas accepter ce qu’ils ne comprennent pas ou ne peuvent pas expliquer. Si nous ne cherchons pas à repousser les limites du savoir, nous n’apprenons rien ; nous nous privons de l’occasion de vivre notre vie de manière créative. Voilà pourquoi je ne cesse jamais de poser les questions importantes. Qu’est-ce que j’entends par « questions importantes » ?
Les questions que nous devons poser sont : comment l’invisible devient-il visible ? Quelle partie de notre être continue de voir quand nous quittons notre corps lors d’une expérience de mort imminente ? Comment savons-nous intuitivement ce que notre inconscient planifie ? Comment les voyants et les médiums communiquent-ils avec les individus et les animaux, peu importe s’ils sont loin ou morts ? Comment la communauté des cellules du corps communique-t-elle ses besoins et son état de santé à l’esprit conscient ? Et quel est le langage de la création et de l’âme ?
L’invisible dont je parle est ce qui se trouve dans notre corps physique, mental, émotionnel et psychique. La plupart d’entre nous prennent conscience de leur équilibre ou déséquilibre intérieur selon leur humeur, leurs sentiments et leurs symptômes, et nous nous fions aux examens médicaux et aux tests de laboratoire pour savoir ce qui se passe dans notre corps. Mais imaginez si nous étions capables de le savoir avant qu’une souffrance physique ou une dépression se manifeste. Nous serions tellement en meilleure santé et nos vies seraient beaucoup plus remplies. En raison de la formation limitée des médecins, nous avons rarement l’occasion d’apprendre la cause réelle d’une maladie. Et pourtant, il est possible de prévenir la maladie et la dépression.
Si nous soulevons le couvercle de notre inconscient, nous pouvons être guidés par un savoir plus profond. Les pratiques et les techniques utilisées pour plonger en nous-mêmes nous permettent de communiquer avec l’intelligence supérieure et à apprendre d’elle, que nous choisissions de le faire au moyen du dessin spontané, des rêves, de la méditation, des techniques de respiration ou de toute autre pratique qui nous donne accès au pouvoir de guérison de notre sagesse intérieure.
Il est non seulement possible de communiquer avec l’intelligence supérieure, mais cela se produit constamment, que nous en soyons conscients ou pas et que nous cherchions à le faire ou pas. La même intelligence qui permet aux cellules de communiquer à l’intérieur du corps humain est inhérente à toutes les formes de vie. Elle est caractérisée par sa fluidité et elle circule à la fois avec intention et abandon, en traversant toutes les barrières de la matière, du temps et de l’espace. Elle se manifeste d’une manière qui ressemble souvent à une coïncidence. Des événements, des guérisons et du secours inexpliqués ou des messages réconfortants surviennent au moment où vous en avez besoin, comme cela m’est arrivé hier, quand j’ai pu renouveler plus rapidement mon permis de conduire et que j’ai reçu un cadeau de gratitude.
Pour être réceptif à cette communication, qu’elle vous soit transmise sous forme de symboles ou de mots, vous devez calmer votre esprit, comme un étang tranquille dont les reflets ne sont troublés par aucune turbulence. Ce que j’ai vécu aujourd’hui en est un bon exemple. Je prends soin de mon épouse, Bobbie, qui souffre de la sclérose en plaques depuis des décennies. Il y a des jours où je suis dépassé par tous ces soins que je dois donner et par mes autres responsabilités. C’est parfois un défi d’aimer mon destin et d’apprendre la leçon de la compassion. J’ai consacré la majeure partie de ma vie à guérir les gens et je les ai encouragés à prendre soin d’eux-mêmes aussi bien qu’ils prennent soin des autres. Mais il est parfois difficile de joindre le geste à la parole quand vous prenez soin d’une personne que vous aimez durant des années. C’est facile d’oublier que vous avez vous aussi des besoins.
Ce matin, je suis allé promener mes chiens à un de mes endroits préférés. Le cimetière près de notre maison date de plusieurs centaines d’années. Il est situé en banlieue et il est rare que j’y croise des gens, sauf si c’est l’anniversaire du décès de quelqu’un ou s’il y a des funérailles. Parce que le cimetière est si paisible, je peux laisser mes chiens courir librement. Pour moi, c’est comme si je méditais en marchant et pour eux, c’est une aventure. Les chiens sont passés maîtres dans l’art de vivre dans le moment présent. Aujourd’hui, mes chiens ont trouvé un objet sur le sol, près du chemin, à plusieurs mètres du chemin. Je me suis approché et je l’ai pris. C’était un petit ours en peluche blanc. Sur sa poitrine, il était écrit « Aime-moi ». L’ours était propre et en très bon état, comme s’il venait de tomber de la tablette d’une boutique. J’ai regardé autour de moi dans le cimetière. Il n’y avait personne. J’ai relu les mots à voix haute : « Aime-moi ». C’était comme si quelqu’un l’avait déposé là en sachant que c’était le message dont j’avais besoin. C’était un si beau cadeau. J’ai glissé l’ours dans ma poche et je l’ai apporté à la maison.
Des coïncidences apparentes de ce genre se produisent exactement quand vous en avez le plus besoin. Quand vous vous accordez des moments de tranquillité, vous augmentez les chances de recevoir des messages d’amour et de soutien. Le petit ours est maintenant assis sur le comptoir de la cuisine en compagnie d’autres ours en peluche que j’ai trouvés. J’ai dressé des petits espaces sacrés dans notre maison, qui me procurent la thérapie dont j’ai besoin durant toute la journée.
Le langage de la création et de l’âme s’exprime de nombreuses façons. Il prend parfois la forme d’un murmure subtil ou il est parfois si clair qu’il est difficile d’en douter ou de l’ignorer. Avant, j’étais sceptique par pure ignorance. Je n’avais pas été formé à avoir une autre vision des choses. Mais avec le temps, j’ai appris à ouvrir mon esprit aux autres sortes de communication et de possibilités. J’ai consulté un médium, qui a repéré notre chat égaré au Connecticut, alors qu’elle se trouvait en Californie. J’ai vécu une expérience de mort imminente qui m’a permis d’apprendre que nous sommes davantage que notre corps. J’ai vécu des expériences de vies antérieures et j’ai des patients qui m’ont transmis des messages par l’entremise de médiums. J’ai même entendu des voix me parler de l’Au-delà. Je n’ai pas cherché à vivre ces expériences, mais elles se sont produites. Au lieu de nier leur réalité parce que je ne les comprenais pas, j’ai cherché, comme les astronomes et les physiciens, à accepter ce que j’avais vécu, à explorer l’invisible et à communiquer avec lui.
Le psychothérapeute Ernest Rossi a observé que « les expériences, les sensations, les pensées, les images, les émotions et le comportement que nous avons chaque jour et à chaque heure peuvent moduler l’expression génétique et la neurogenèse de manière à changer la structure physique et le fonctionnement de notre cerveau 1 ». Ce qu’il voulait dire est que notre esprit est comme une télécommande avec un nombre infini de canaux (la conscience supérieure) et que notre corps est comme l’écran de télévision qui affiche le canal que vous choisissez. Si vous vous limitez aux canaux acceptés par vos pairs, votre vie consistera à demeurer dans les limites de leur discipline et votre idée de la réussite sera basée sur la quantité de reconnaissance que vous avez obtenue. En d’autres mots, si vous prêtez attention au canal de l’argent plutôt qu’au canal spirituel, votre vie ne sera que matérialiste et vous baserez votre réussite sur ce que vous avez accumulé. Mais si vous prêtez attention au canal spirituel, votre vie consistera alors à améliorer le monde et vous baserez votre réussite sur ce que vous avez fait pour améliorer la vie. Vous n’êtes plus gouverné par les règles sociales, politiques et religieuses. Votre vie, qui est un cadeau de Dieu, devient un cadeau que vous offrez à Dieu par vos actions.
La conscience peut être ressentie comme un champ universel qui nous touche tous, et des physiciens quantiques l’ont démontré dans leurs études. Des livres tels que The Psychobiology of Gene Expression , d’Ernest Rossi, donnent un aperçu de la façon dont l’esprit universel fonctionne. Rossi fait référence à une forme d’intelligence qui communique au moyen des changements dans nos gènes. Il écrit : « Cette catégorie particulière de gènes (les gènes précoces immédiats) peut réagir en quelques minutes d’une manière adaptative aux signaux psychosociaux et aux événements marquants dans la vie. Les gènes précoces immédiats ont été décrits comme étant les médiateurs, nouvellement découverts, entre l’inné et l’acquis : ils reçoivent des signaux de l’environnement pour activer les gènes qui codifient la formation des protéines qui actionnent ensuite les fonctions adaptatives des cellules en santé et malades. Les gènes précoces immédiats intègrent le corps et l’esprit ; ce sont des joueurs clés en médecine psychosomatique, en guérison du corps et de l’esprit et dans les arts thérapeutiques 2 . »
Si vous avez de la difficulté à croire que les gènes peuvent communiquer des messages qui initient des réactions immédiates de survie, pensez à la façon dont les bactéries apprennent à résister aux antibiotiques, à celle dont les virus résistent aux antivirus, à celle dont les blessures des êtres vivants guérissent, à celle dont les êtres vivants résistent aux parasites, etc. Tous ces processus exigent une forme d’intelligence qui comprend la situation et demande au reste des cellules du corps de réagir d’une manière désirée. Et cela doit s’effectuer à l’échelle des gènes pour que ce savoir soit transmis aux générations futures.
Nos connaissances et nos souvenirs sont non seulement emmagasinés dans notre cerveau, mais aussi dans les cellules de notre corps. Cela devient plus apparent quand une personne qui reçoit une transplantation d’organe se réveille après l’opération en ayant de nouveaux souvenirs uniques et des préférences appartenant à son donneur. Peu de temps après avoir reçu une transplantation cardio-pulmonaire à l’hôpital Yale-New Haven, on a demandé à Claire Sylvia ce qu’elle désirait plus que tout et elle a répondu :
— En fait, je meurs d’envie d’une bière 3 .
Elle s’est demandé pourquoi elle avait dit cela. Elle ne buvait jamais de bière ; elle n’aimait même pas la bière. Il s’avère que son cœur venait d’un adolescent qui adorait la bière et qui roulait en motocyclette. Il lui est plus tard apparu dans un rêve et lui a dit son nom. Elle a fini par retracer sa famille grâce à la notice nécrologique de leur garçon ; elle les a rencontrés et en a appris davantage sur ce dernier. Claire, dont je parle plus loin dans le chapitre 4, m’a demandé d’aller la voir parce qu’elle savait que je l’écouterais, même si tout le monde croyait qu’elle était folle. Elle a raconté son expérience dans un livre, Mon cœur est un autre .
Une autre forme d’intelligence invisible et de communication à l’extérieur du corps est décrite dans le livre de Lynne McTaggart, Le champ de la cohérence universelle . Elle écrit : « Les physiciens spécialisés en physique quantique avaient découvert dans le monde subatomique une propriété étrange appelée « non-localité ». Par cette propriété, une entité quantique, comme un électron isolé, peut avoir un effet instantané et à distance sur une autre particule quantique, même en l’absence d’échange de force ou d’énergie entre elles . Ce phénomène laissait donc entendre qu’une fois les particules quantiques en contact, elles maintiennent entre elles un lien même si elles sont séparées 4 . »
La preuve qu’il existe une communication invisible entre des particules plus petites que des atomes a été faite depuis longtemps. Par exemple, les mutations biologiques qui se produisent chez une variété de plantes dans une partie du monde ont également été observées dans d’autres parties du monde chez la même variété de plantes. Le savoir est également transmis, comme lorsqu’une espèce animale apprend à utiliser un bâton pour accomplir une tâche particulière et que cette habileté est apprise au même moment, dans d’autres parties du monde, par la même espèce, même si aucun moyen de communication visible ou de lien physique n’est présent.
En Angleterre, après des années de livraison du lait à domicile, les oiseaux ont soudainement appris à ouvrir les bouteilles de lait avec leur bec. Durant la Deuxième Guerre mondiale, les livraisons de lait ont cessé. Puis, quand elles ont repris après la guerre, les oiseaux ont aussitôt commencé à ouvrir les bouteilles. Étant donné les années qui s’étaient écoulées, peu d’oiseaux du premier groupe étaient encore en vie quand les livraisons ont cessé. Comment les plus jeunes oiseaux ont-ils compris aussi rapidement comment procéder ?
Après que les physiciens eurent identifié la non-localité (la propriété subatomique des particules quantiques qui influencent d’autres particules sans qu’il y ait un échange physique de force ou d’énergie), des observateurs ont reconnu que cela expliquait certains phénomènes, comme le fait que des animaux possédaient des habiletés qui ne leur avaient jamais été enseignées. Ce qui voyageait à travers le monde et d’une génération à l’autre n’était pas de la matière, mais de l’intelligence.
Dans la médecine occidentale, quand les médecins entendent une chose qui ne faisait pas partie de leur éducation ou de leur formation, ils disent souvent :
— Je ne peux pas accepter cela.
Ce qu’ils veulent dire, c’est :
— Je ne peux pas l’expliquer.
Alors, ils la rejettent. Dans son livre The Energy Cure: Unraveling the Mystery of Hands-On Healing , William Bengston, Ph. D., a écrit à propos de sa recherche expérimentale sur des souris à qui il avait inoculé un cancer virulent qui devait arriver en phase terminale au bout de quelques semaines. Bengston a formé ses étudiants chercheurs à utiliser une technique de guérison appelée « défilé d’images ». Les chercheurs n’avaient jamais pratiqué la guérison, pas plus qu’ils ne s’y intéressaient ou avaient foi en elle. Dans la majorité des cas, les souris ont été entièrement guéries. Et les chercheurs ont obtenu ce résultat à de nombreuses reprises durant les expériences avec groupe témoin, dans les laboratoires scientifiques de plusieurs institutions très respectées. Même les pairs de Bengston qui ont assisté à ces expériences, qui ont vu les contrôles et ont été témoins des résultats renversants ont refusé de croire que la médecine traditionnelle prendrait un jour son travail au sérieux 5 .
Les expériences de mort imminente nous révèlent que nous sommes davantage qu’un simple corps physique. Jung disait souvent que la psyché et la matière sont des aspects complémentaires de la même chose. Je crois que ces deux aspects communiquent entre eux au moyen d’images, du langage de la création et de l’intention. Avec les images qui apparaissent dans nos rêves et le dessin spontané, nous pouvons accéder à notre sagesse intérieure et voir la personne authentique que nous sommes vraiment destinés à être. Nous pouvons chasser les messages négatifs qui ont été implantés dans notre esprit et transformer nos pensées en utilisant la visualisation créative et des affirmations positives pour adopter une attitude qui valorise la vie. Nous pouvons apprendre à vivre dans le moment présent et à utiliser le pouvoir de guérison de différentes pratiques quotidiennes telles que le rire, la méditation et la tenue d’un journal. Aimer et guérir notre vie ne consiste pas seulement à anéantir la maladie ; cela consiste aussi à être en santé, en paix et comblé.
Dans L’art de guérir , je parle de tous ces sujets ainsi que des avantages de travailler avec les animaux, les médiums et les personnes intuitives, et d’apprendre d’eux. En partageant les histoires de certains de mes patients, j’espère illustrer de manière pratique comment d’autres personnes ont obtenu des résultats positifs en adoptant ces pratiques créatives. Je suggère aussi des exercices (que j’appelle « l’ordonnance du médecin ») pour vous aider à explorer votre propre sagesse intérieure.
Depuis que j’ai abandonné la chirurgie pour aider mes patients à guérir d’une autre façon, je me suis donné le nom de « chirurgien jungien ». Pour aider mes patients, j’utilise maintenant d’autres outils que les instruments chirurgicaux. Ces outils comprennent entre autres une boîte de crayons de cire, un pistolet à eau, une crécelle et un marqueur. Dans ce livre, vous allez lire à propos du groupe de thérapie pour les patients cancéreux exceptionnels (Exceptional Cancer Patients — ECaP) que mon épouse Bobbie et moi avons créé. Le groupe continue de se voir régulièrement et il a aidé des centaines de patients à guérir leur vie ainsi que leur corps. Les gens possèdent en eux le potentiel de s’autoguérir. J’ai vu à de nombreuses reprises mes patients obtenir des résultats positifs en adoptant certaines des techniques et des attitudes décrites dans ce livre.
Sur mon site Web, au www.berniesiegelmd.com, j’offre des livres et des CD de méditation, ainsi que des conseils individuels dans la section « Ask Bernie a Question ». Dans les nombreux articles et entrevues affichés sur le site, je recommande des outils créatifs qui guident les gens dans leur processus de décision, que ce soit dans leur vie quotidienne ou lorsqu’ils rencontrent différentes difficultés. L’art de guérir a pour but de leur fournir davantage d’outils et d’aider les gens à vivre (ou à mourir) avec un sentiment d’harmonie, de plénitude et de paix.
Je veux partager ma méthode de chirurgie jungienne avec le monde entier, en particulier avec les professionnels de la santé, les patients et leur famille afin qu’ils comprennent combien les aspects somatiques de la santé et de la maladie sont inséparables de l’intégration naturelle de l’esprit, du corps et de l’âme. Nous dépensons beaucoup de temps et d’argent à explorer l’espace, mais notre espace intérieur offre les mêmes merveilles et le même mystère, et il devrait faire partie de notre formation médicale professionnelle.
Quand nous ouvrons notre esprit et que nous sommes à l’écoute de notre sagesse intérieure et de la conscience supérieure, nous entreprenons alors un voyage enrichissant et parfois miraculeux vers la santé et l’autoguérison. Quand nous acceptons d’effectuer ce voyage, nous devenons des artistes et notre vie devient la toile. Je vous invite maintenant à avoir la curiosité et l’ouverture d’un enfant. Prenez ma main et avancez avec moi à travers ces pages. Vous allez bientôt découvrir, tandis que nous cheminons ensemble, que vous avez créé, pratiqué et fait l’expérience de l’art de guérir. Quand nous laissons l’artiste vivre en nous, nous devenons des êtres stimulants et créatifs qui profitent à tout notre entourage. Alors, lisez ce livre, saisissez votre pinceau et votre palette et commencez à vivre votre vie authentique.
Chapitre 1
l’éveil du médecin
Bien enfouie dans notre inconscient, tapie au fin fond de notre mémoire, se trouve la connaissance de tout ce que nous devons savoir sur la vie.
— Rabbin Noah Weinberg
I maginez ce que vous ressentez quand vous regardez une personne dans les yeux et que vous lui dites :
— Vous avez un cancer de stade 4.
Sa vie entière vient de basculer. Vous voyez l’expression dans son regard et dans celui des proches qui l’ont accompagné. Imaginez ce que vous ressentez quand la patiente est seule, sans personne pour la soutenir quand elle apprend la nouvelle. Dans un cas comme dans l’autre, vous êtes sa bouée de sauvetage et sa source d’espoir. Vous êtes son guide de vie sur le chemin de la survie et vous pouvez l’aider à atteindre son plein potentiel au moyen de l’autoguérison.
Je suis devenu médecin parce que j’aime les gens et que je voulais les aider à aller mieux quand ils étaient malades. Mais après des années de pratique en tant que pédiatre et chirurgien, et après avoir effectué de nombreuses opérations, je me suis un jour senti anéanti quand j’ai pris conscience que je ne pouvais pas guérir tous mes patients. Je souffrais beaucoup et je n’avais personne à qui en parler. J’étais également fâché que ma formation de médecin ne m’ait pas préparé à composer avec la vie des gens ; elle ne m’avait enseigné que la mécanique de la médecine et de la chirurgie. J’ai même écrit aux doyens de la faculté de médecine où j’avais étudié pour leur dire qu’ils avaient fait de moi un merveilleux technicien, mais qu’ils ne m’avaient pas appris comment prendre soin de moi ou de mes patients.
Un médecin à la retraite qui est allé à l’école religieuse et est devenu aumônier à la faculté de médecine de Yale a effectué une étude au cours de laquelle il a demandé à des chirurgiens comment ils se sentaient en tant que chirurgiens. À chaque répondant, il a dû répéter de trois à cinq fois la question avant que la personne cesse de commencer sa phrase par « Je crois… ». Quand ces chirurgiens ont finalement utilisé les mots « Je me sens… », la plupart ont dit que c’était pénible et ils ont admis qu’ils ne voulaient pas connaître leurs patients.
Beaucoup d’autres études ont révélé que le taux de dépression, d’épuisement professionnel et d’idées suicidaires est plus élevé chez les chirurgiens que dans la population en général, et que lorsqu’une erreur chirurgicale est commise ou qu’une opération chirurgicale ne parvient pas à guérir un patient, les chirurgiens souffrent encore davantage. Parmi les professions soumises à des niveaux élevés de stress (comme la police, les travailleurs sociaux, les enseignants et les infirmières), ils sont également ceux qui sont les moins susceptibles d’aller chercher de l’aide psychologique ou autre.
Parce qu’ils essaient d’éviter toute souffrance émotionnelle, les chirurgiens se distancient souvent de leurs patients et font référence à eux en nommant plutôt leur diagnostic ou leur maladie, le numéro de leur chambre d’hôpital ou leur traitement. J’ai entendu des médecins discuter de leurs patients avec des collègues en faisant référence à eux comme étant « la double mastectomie » ou « le glioblastome », même quand le patient pouvait les entendre. Quelle image vous vient à l’esprit quand je dis « double mastectomie » ? Voyez-vous le visage d’une femme qui a une famille, un mari et des enfants qui l’aiment ? Non. Vous ne voyez que l’ablation de ses seins et les cicatrices sur son corps.
Je crois qu’un médecin qui voit ses patients sans savoir comment les écouter et communiquer avec eux est comme un prêtre qui ne sait pas comment s’adresser à Dieu. Quand un patient sent que son chirurgien ne le voit pas comme un être humain, sa maladie et son traitement deviennent alors une source de grande frayeur ; le patient peut se sentir isolé et impuissant, ce qui atteint sa capacité de survie.
Plus j’ai pratiqué en tant que chirurgien, plus il m’est devenu difficile de ne pas avoir l’impression de décevoir mes patients et moi-même. Je ne comprenais pas pourquoi Dieu avait créé un monde aussi imparfait. En 1977, j’ai entendu parler d’un atelier appelé « Les facteurs psychologiques, le stress et le cancer », animé par Carl Simonton, un radio-oncologue.
Durant les premières années de sa carrière, il a observé que lorsque des patients atteints d’un cancer similaire recevaient la même dose de radiation, les résultats de leurs traitements variaient considérablement. Il a relevé les variables entre les patients et a constaté que la seule différence statis tiquement significative semblait être leur attitude et leur volonté de vivre. Il en est venu à la conclusion que les gens qui ont une attitude plus positive vivent habituellement plus longtemps et souffrent moins des effets indésirables de la radiothérapie.
Simonton a ajouté à ses techniques thérapeutiques des conseils en matière d’habitudes de vie, qui comprenaient la méditation et l’imagerie mentale, et il a aidé à rompre le modèle rigide des pratiques médicales établies de l’époque. Les résultats de sa recherche indiquaient que lorsque des conseils en matière d’habitudes de vie étaient intégrés au traitement médical des patients atteints d’un cancer à un stade avancé, leur période de survie doublait et leur qualité de vie était améliorée. Simonton a publié les résultats de ses études dans des journaux médicaux et dans Guérir envers et contre tout , un livre qu’il a coécrit avec son épouse, Stephanie Matthews-Simonton (une psychologue) et James Creighton 1 .
J’avais hâte d’assister au séminaire de Simonton et d’apprendre des habiletés qui m’aideraient moi et mes patients. J’avais présumé que l’atelier avait été conçu pour des médecins et d’autres personnes du milieu médical ; j’ai donc été surpris de voir que j’étais le seul médecin dans la salle. À l’exception de deux psychologues, toutes les autres personnes étaient des patients atteints du cancer.
Dans le cadre de mon travail de chirurgien, il m’arrivait souvent de visualiser en détail la procédure chirurgicale, la veille de l’opération, afin de me préparer aux structures anatomiques sur lesquelles j’opérerais et de prédire quels obstacles pourraient se présenter durant l’opération, mais je n’avais aucune expérience en matière d’imagerie mentale guidée. J’étais donc plutôt sceptique quand Carl Simonton a fait jouer une musique douce et a demandé aux personnes dans la salle de fermer les yeux. J’étais assis à côté d’un de mes patients, dans la première rangée, et quand Carl m’a regardé, je n’ai pas voulu qu’il croie que je refusais de participer, alors j’ai fermé les yeux. Quand Carl a dit :
— Vous allez voir votre guide intérieur s’approcher de vous…
J’ai pensé : « C’est complètement insensé ; je ne suis pas venu ici pour ce genre de chose ».
Je suis un artiste — un peintre —, ce qui signifie que je suis une personne visuelle. Malgré mon scepticisme, j’ai fermé les yeux et j’ai écouté la voix de Carl, et j’ai vite commencé à avancer dans l’imagerie guidée, en visualisant les choses avec clarté et beaucoup de détails. J’ai vécu une expérience incroyable. Soudain, la question n’était plus « Qu’est-ce que je crois ? » mais « Qu’est-ce que je viens de vivre ? ».
Durant chaque exercice auquel nous avons participé, mon esprit s’est ouvert à des choses qui ne m’avaient jamais été présentées durant ma formation professionnelle. Ma perception des choses a commencé à changer. J’ai regardé avec fascination les participants, qui étaient visiblement détendus et qui avaient une expression de joie, d’espoir et de sérénité sur leur visage. Plutôt que de se sentir victimes de leur maladie, les patients en sont venus à comprendre qu’ils possédaient en eux de puissantes ressources pour guérir et résoudre des problèmes.
En 1979, je suis retourné à mon bureau trois jours après avoir assisté à un autre séminaire, donné cette fois-ci par Elisabeth Kübler-Ross. À la fin de la journée, un de mes partenaires, Dr Richard Selzer, m’a dit :
— Tu vas partir.
— Que veux-tu dire ? lui ai-je demandé.
— Tu es une personne complètement différente. Tu vas abandonner la chirurgie.
Il pouvait sentir le changement qui s’était produit dans ma conscience et il voyait intuitivement ce que je ne voyais pas. Il avait raison. Moins de 10 ans plus tard, j’ai abandonné la chirurgie pour m’adresser aux gens et les aider à guérir d’une autre manière. Comment avait-il su quel était mon avenir ? Quelle intuition l’avait traversé et d’où était-elle venue ?
Quand j’ai assisté au séminaire d’Elisabeth Kübler-Ross, le travail que nous avons effectué avec le dessin spontané m’a permis de découvrir, en quelques heures, des révélations incroyables et de l’information à propos de ma vie. En raison de ma formation de chirurgien et de mes connaissances de l’anatomie, je voyais également des choses dans les dessins des autres qu’un psychothérapeute ne verrait pas normalement, en particulier la structure des différentes maladies et les traitements qui étaient inconsciemment révélés dans ces dessins. L’inconscient s’exprimait dans des objets normaux, comme les arbres, les nuages et les gens, en illustrant le véritable état physique, émotionnel et spirituel du patient. Les images sont devenues les symboles de la vérité intérieure et extérieure de chaque personne. Durant ce séminaire, j’ai appris que Carl Jung était fasciné par les connaissances qu’avait l’inconscient d’un individu à propos de son corps et de sa psyché, comme le révélaient les dessins de ses patients.
Je suis alors devenu un croyant et la boîte de crayons de cire est devenue un de mes outils thérapeutiques. J’ai commencé à demander à mes patients et à leur famille de me faire des dessins. Cela nous aiderait à prendre des décisions thérapeutiques basées non seulement sur notre intellect, mais aussi sur un savoir intérieur ; et cela nous aiderait à comprendre les relations familiales et les problèmes psychologiques. J’étais fâché que la signification des dessins et des rêves, en lien avec des facteurs physiques et psychologiques, ne fût pas systématiquement enseignée dans les facultés de médecine. Je n’ai pas encore rencontré un étudiant en médecine ou un médecin qui se soit fait dire durant sa formation que Carl Jung a pu diagnostiquer une tumeur au cerveau à partir du rêve d’un patient 2 .
Quand j’ai pris conscience de toutes les connaissances que je ne possédais pas, malgré les nombreuses années passées à la faculté de médecine, j’ai communiqué avec des thérapeutes jungiens pour explorer leur travail et leur sagesse. Gregg Furth, psychanalyste jungien et auteur de The Secret World of Drawings 3 , m’a guidé, ainsi qu’une autre psychanalyste jungienne, Susan Bach, auteure de Life Paints Its Own Span . Son livre est basé sur ses études de dessins réalisés par des enfants atteints de la leucémie. Elle avait elle aussi pris conscience des aspects psychologiques et physiques qui étaient révélés dans les dessins des enfants. Les indices somatiques et organiques aidaient à poser un diagnostic, à traiter l’enfant et à faire un pronostic ; les dessins sont devenus un important outil de communication pour le médecin, le patient et sa famille 4 .
Je n’oublierai jamais la note que j’ai reçue de Susan Bach après lui avoir écrit pour lui dire ce que j’avais découvert dans les dessins de mes patients. Elle m’a répondu : « Calmez-vous ; nous savons tout cela. » Cela fait longtemps que les psychologues ont observé un changement dans la santé physique des gens quand ces derniers retrouvaient une vie équilibrée. Dans mon excitation, j’ai également écrit aux rédacteurs en chef de journaux américains en psychologie et j’ai eu pour réponse que cette information était « pertinente, mais pas intéressante », tandis que les rédacteurs en chef de journaux en médecine m’ont dit qu’elle était « intéressante, mais pas pertinente » pour leurs publi­ca-tions. La réaction de ces rédacteurs en chef, ainsi que celle de Susan Bach, m’a confirmé que ce que les professionnels de la santé mentale du monde entier savaient à ce sujet et acceptaient était cohérent.
Avant d’assister à des ateliers, quand je voyais mes patients, je voyais leur cancer. Je me concentrais sur les aspects physiques de leur maladie et je me disais que j’étais responsable de les guérir. Après les ateliers, j’ai commencé à voir mes patients comme des êtres humains qui ont la capacité et le potentiel de guérir. Je leur ai consacré plus de temps pour les écouter et leur poser davantage de questions comme : « Pouvez-vous me décrire ce que vous ressentez et ce que vous vivez ? » Des mots comme « confusion », « échec » et « épuisant » sortaient de leur bouche. Si un patient me disait :
— Je ressens comme une pression dans le dos et sur mes épaules.
Je lui demandais alors :
— Que se passe-t-il dans votre vie qui pourrait être décrit comme de la pression et qui crée une tension chez vous ?
Le patient parlait inévitablement d’une situation actuelle ou récente dans sa vie qu’il avait associée avec le sentiment de porter un poids sur ses épaules ou de ployer sous le poids des responsabilités. En faisant un lien mental entre son émotion et son état physique, il pouvait alors mieux explorer des façons d’apporter des changements dans sa vie pour atténuer ce poids et donner une meilleure chance à son corps de guérir. Certains patients ont commencé à guérir quand ils ont vu leur maladie comme une bénédic tion, une sonnette d’alarme ou un nouveau commencement.
Une approche différente
Maintenant que je me concentrais sur les aspects positifs de mes patients et sur les buts que nous voulions atteindre, je ne me sentais plus isolé et accablé par mes responsabilités. Une de mes patientes m’avait dit à l’atelier de Simonton :
— Bernie, je me sens mieux quand je suis dans ton bureau, avec toi, mais je ne peux pas t’emmener chez moi. Je dois apprendre comment vivre entre mes visites à ton bureau.
En entendant cela, je me suis dit : « Eh bien, je n’ai pas à éprouver un sentiment d’échec. Même si je ne peux pas guérir leur maladie, j’ai tout de même accompli quelque chose pour eux en les aidant à vivre. » J’ai donc envoyé une lettre à une centaine de patients atteints d’un cancer pour leur dire que s’ils voulaient vivre et jouir d’une vie plus longue et meilleure, ils n’avaient qu’à venir assister à une rencontre.
Je n’avais aucune idée du nombre de personnes qui répondraient à la lettre. À ce moment-là, je pensais : « Si j’avais le cancer et que mon médecin m’envoyait une lettre me proposant d’essayer quelque chose de nouveau, ne dirais-je pas à tous ceux que je savais atteints du cancer de venir à la rencontre ? »
Quelques heures avant le début de l’atelier, j’ai paniqué. J’imaginais que plusieurs centaines de personnes étaient venues et qu’elles formaient une longue file à l’extérieur de l’immeuble. Où allais-je faire asseoir tous ces gens ? Mon épouse Bobbie, qui m’aidait à organiser l’atelier, m’a rappelé que toutes les nouvelles aventures doivent commencer quelque part et que peu importe ce qui arriverait, nous avancions au moins dans une direction positive. Elle m’a lancé quelques-unes de ses plaisanteries et nos rires m’ont aidé à me détendre.
À l’heure où l’atelier devait commencer, moins d’une douzaine de femmes étaient présentes. J’étais stupéfait. J’ai compris qu’il me faudrait accepter le fait que j’ignorais quelle était la volonté de vivre de mes patients ou leurs motivations et désirs réels. Ma femme m’a dit que comme la majorité de mes patients atteints d’un cancer avaient reçu l’invitation, mais qu’ils n’avaient pas saisi l’occasion d’assister gratuitement à une rencontre qui pourrait les aider, ceux qui étaient venus devaient être des patients exceptionnels ; elle a donc appelé notre nouveau groupe les Exceptional Cancer Patients ou ECaP (patients cancéreux exceptionnels).
Mes patients sont devenus mes enseignants. Une des choses les plus importantes qu’ils m’ont enseignée est que nous sommes tous capables d’avoir un comportement exceptionnel et que quand nous apprenons à le mettre en pratique, nous prenons conscience de notre propre potentiel de guérison. Les rencontres ont procuré aux membres de notre groupe tellement de bienfaits physiques, spirituels et psychologiques que beaucoup d’entre eux ont acquis auprès de mes collègues de l’hôpital la réputation d’être « un des patients fous de Bernie ». On pouvait entendre les médecins dire :
— Ce groupe de Bernie… Ils semblent un peu cinglés, mais ils ne cessent d’aller mieux.
La description « un des patients fous de Bernie » est donc devenue un compliment.
Le groupe des ECaP existe encore. C’est la combinaison d’une thérapie individuelle et d’une thérapie de groupe qui utilise la méditation, la visualisation créative, le dessin spontané, les rêves, l’humour et l’exploration des sentiments. Il est basé sur une douce confrontation : une confrontation sûre, aimante et thérapeutique qui facilite les changements apportés au mode de vie, la revendication du pouvoir personnel et la guérison de la vie de l’individu.
Je suis heureux de dire que plus de 30 ans après la création du groupe des ECaP, les centres du cancer des quatre coins du pays font de la thérapie de groupe faisant appel à plusieurs méthodes. Le besoin d’encourager davantage une approche esprit-corps-âme dans la médecine traditionnelle demeure grand, surtout dans la formation des professionnels de la santé. Mais les études scientifiques et les attitudes changent lentement et la direction qu’a prise ce changement a souvent été positive.
Dans ce livre, j’espère offrir non seulement de l’information, mais aussi de l’inspiration. Dans chaque chapitre, je fournis des éléments théoriques appuyés par des histoires concernant mes patients, et je recommande des exercices qui vous donnent l’occasion d’essayer chacun de ces outils de guérison complémentaires.
Chapitre 2
la source, la signification et la validité des symboles
Quand l’âme veut faire l’expérience de quelque chose, elle projette une image devant elle et plonge dedans.
— Maître Eckhart
J e suis souvent émerveillé par l’intelligence qui se trouve dans les graines et je me demande quelle image de la vie elles renferment dans leurs cellules. Comment une graine sait-elle ce qu’elle doit devenir et comment favoriser sa croissance ? Ce qui m’impressionne encore davantage est de voir une pousse s’élever à travers la chaussée. Comment les graines savent-elles par où se frayer un passage quand la lumière et la chaleur sont bloquées ? Et pourquoi n’abandonnent-elles pas quand elles constatent qu’il y a de l’asphalte au-dessus d’elles et qu’elles vont se buter à un mur de pierre ? J’ai utilisé des exemples du comportement des plantes pour inspirer ma famille et mes patients. Les plantes possèdent une source de sagesse dans leurs gènes ainsi qu’un sens de la gravité. Elles ne cèdent pas face à l’adversité quand elles se butent à des obstacles ; elles se fraient un chemin ou trouvent de nouvelles façons d’atteindre la l umière. Alors, qu’est-ce qui incite les plantes à progresser et à ne pas céder face aux obstacles ?
La clé pour toutes les formes de vie est la communi­cation. Cela comprend la capacité de communiquer entre eux que possèdent tous les organismes unicellulaires, de même que les organismes plus complexes tels que les êtres humains. Cela fait également référence à l’échange d’information entre les systèmes, les organes et les cellules à l’intérieur de chaque corps et avec la conscience supérieure qui englobe toute la création.
La communication entre les cellules a évolué quand les organismes unicellulaires ont découvert comment transmettre de l’information vitale en modifiant la chimie de leur environnement. En présence d’un danger, elles sécrétaient des substances qui leur permettaient de former des boules de cellules qui pouvaient survivre dans des conditions de vie difficiles, comme lors des sécheresses ou des fluctuations de la température. Il est également possible d’observer ce genre de regroupement chez des créatures beaucoup plus complexes, comme les troupeaux d’animaux ; c’est le cas, par exemple, des éléphants et même des baleines grises, quand elles encerclent les membres plus vulnérables de leur communauté pour les protéger des prédateurs.
Les organismes en évolution ont compris la différence entre un comportement qui assure leur survie et un comportement autodestructeur, autant consciemment qu’inconsciemment ; ainsi, l’intelligence de leurs prédécesseurs a pu être transmise aux individus vivants de chaque espèce. L’espèce humaine est confrontée à des difficultés quand nous ne prêtons pas attention aux messages de danger parce que notre « état de conscience » nous distrait. Notez que je n’ai pas dit notre « intelligence ».
Si nous grandissons en recevant des messages aimants et encourageants des figures d’autorité dans notre vie, nous réagissons face au danger et nous protégeons notre santé et notre vie parce que nous avons une bonne estime de nous. Nous nous comportons intelligemment et nous prêtons attention aux signaux inconscients que nous transmettons à notre corps et à ceux qu’il nous envoie. Mais si nous grandissons en étant rejetés, nos réactions et nos choix deviennent autodestructeurs plutôt que sains. Quand nous réagissons de manière appropriée aux signaux de notre corps, la communication intracellulaire vise à améliorer la qualité de notre vie, mais quand nous les ignorons, que nous les nions ou que nous vivons dans la peur, ils peuvent entraîner des maladies.
Pensez à l’homme qui, à la demande de son patron, accepte tout le temps de faire des heures supplémentaires, sans écouter les signaux qui disent que son corps est épuisé en raison du stress lié à la surcharge de travail. Quand l’homme ignore les signes de fatigue et qu’il ne prend pas soin de lui, son corps pourrait réagir en tombant malade parce que la maladie lui permet de cesser de travailler. Il pourrait souffrir du syndrome du lundi matin — nommé ainsi parce que c’est la journée où les crises cardiaques, les suicides, les accidents vasculaires cérébraux et les maladies sont les plus nombreux. Par contre, s’il se réveille en appréhendant la journée, qu’il sent sa pression artérielle augmenter et qu’il est à l’écoute de son corps, il va prendre conscience qu’il doit se trouver un autre emploi moins stres sant, un emploi qu’il aime, ou changer son attitude envers son travail et son patron. Une fois qu’il aura changé ses messages intérieurs, son corps va réagir en retrouvant la santé.
L’imagerie est un mécanisme de communication. Avant qu’une information soit transmise, elle doit prendre la forme d’un schéma ou d’un code. Ce schéma peut tracer une figure, comme un patron de couture le fait. Le code peut formuler une pensée, comme une abeille qui danse pour montrer à ses pairs où se trouve le nectar, ou il peut prédire une action, comme lorsque le feu de circulation devient vert. Une fois qu’une intention existe, une image est née et la communication commence. La communication peut être un message simple, comme lorsqu’un commutateur dit « Allumer » ou « Éteindre », ou le message peut être composé d’une série complexe d’images qui ont mené à la construction d’une cathédrale, telle que celle illustrée par l’histoire de mon ami.
Près de la ville de Wells, en Angleterre, il y a un cottage en pierres qui se trouve au bord d’un ancien bosquet. Quand Harry a acheté la propriété, il a découvert derrière celle-ci les restes d’une carrière abandonnée qui avait fourni les pierres utilisées pour construire la cathédrale de Wells, en 1175. J’ai été fasciné d’apprendre de Harry qu’une partie de sa maison avait appartenu à un des ouvriers d’origine de la carrière, ce qui en faisait une habitation presque millénaire.
— Sous les racines des arbres et la mousse, m’a-t-il raconté, j’ai trouvé de gros blocs de pierre avec des marques de ciseau encore visibles. Plus tard, quand je me suis retrouvé sous les magnifiques arches de la cathédrale, j’ai été frappé par l’ampleur du travail. Grâce à l’imagination d’un homme, à son désir et à son intention, d’immenses pierres avaient été extraites de la terre, transportées à huit kilomètres en bas de la colline et sculptées pour créer des piliers, des murs et le toit voûté complexe de la nef. J’ai eu l’impression d’être en présence de la main de Dieu et de voir ce miracle de création illustré par la vision initiale d’une personne. Sans l’habileté des hommes à visualiser et à communiquer des idées complexes, aucune cathédrale n’aurait pu être construite.
À un certain degré, toutes les espèces réagissent aux images. Ce qui rend notre espèce unique est notre habileté à raisonner ; c’est ainsi que nous utilisons les images. Même les personnes aveugles de naissance peuvent réagir à des images et à des symboles et les interpréter. Par exemple, pour lire le braille, il faut avoir la capacité de percevoir et de reconnaître des formes et des schémas particuliers qui ont une signification.
Quand nous avons évolué pour devenir des êtres humains, nos interactions avec le monde extérieur sont devenues plus complexes. Nous avons développé le langage et avons créé des œuvres d’art. Mais dans notre conscience supérieure dépourvue de mots, nous avons cherché à obtenir de l’information d’une intelligence universelle qui ne pouvait être conçue qu’au moyen d’images visuelles, auditives et tactiles, et nous avons exprimé ce que nous avons appris avec des histoires et des symboles. Par exemple, les dessins préhistoriques sur les parois des cavernes et sur les pierres des déserts illustrent les visions que les êtres humains recherchaient auprès d’une source invisible durant les périodes de sécheresse. À d’autres endroits, les illustrations des chamans offraient aux chasseurs de l’information sur la direction à suivre et sur la distance à parcourir pour trouver des proies et assurer leur survie.
Les symboles sont une forme de langage qui est compris sans qu’un mot soit prononcé et qui sert de raccourci mental. Ils peuvent représenter un objet, une situation, une croyance, un groupe de gens et de nombreuses autres choses. Un symbole, tel que le panneau de signalisation rouge et octogonal, peut n’avoir qu’une seule signification ou, tel qu’un mythe ou une parabole, il peut avoir plusieurs niveaux et profondeurs. De tels mythes et paraboles sont des histoires symboliques qui enseignent quelque chose et forment la structure et les croyances des cultures et des religions. Ces histoires finissent par faire partie non seulement de la culture, mais aussi de la psyché des gens.
Les couleurs possèdent souvent une symbolique universelle. Pour les gens, la couleur rouge prend une connotation émotive (comme face à du sang), la couleur jaune correspond à une énergie qui réveille (le soleil), tandis que la couleur verte correspond à un indicateur positif (la croissance). La signification symbolique de la couleur influe non seulement sur la façon dont nous allons agir, mais elle communique également avec notre corps, notre esprit et nos émotions de manière inconsciente.
Dans The Secret World of Drawings , Gregg Furth écrit : « Le symbole libère une énergie psychique inconsciente et il lui permet de circuler à un niveau naturel qui donne lieu à une transformation. L’individu qui est face à une difficulté a alors la possibilité de prendre conscience d’éléments inconscients, de composer avec eux et ainsi de transcender le problème. Le problème externe peut encore être présent, mais il est maintenant compris différemment 1 . » Cette nouvelle compréhension est la clé menant à la croissance et à la survie.
Quand les mots, les sons et les images deviennent des métaphores, ils ont une plus grande signification dans une simple représentation, comme le tintement d’une cloche, et ils sont capables de favoriser une guérison du cœur et de l’esprit. Ces symboles communiquent avec le corps sous la forme de sentiments, d’humeurs et de réactions physiques automatiques. Les images symboliques et les sentiments qui y sont associés peuvent changer notre chimie intérieure.
Par exemple, les adeptes du bouddhisme apprennent à prendre conscience du calme qui se trouve dans le tin­tement d’une cloche, dans leur appel à la prière et dans la méditation. J’enseigne souvent aux gens à utiliser la sonnerie du téléphone comme une occasion de pratiquer la pleine conscience. Une femme perturbée qui avait adopté cette pratique a été sauvée par le signal auditif. Elle avait sombré dans une profonde dépression et était sur le point de se suicider quand son téléphone a sonné. Le son lui a rappelé de plonger en elle et de retrouver ce calme inté-rieur. Elle a alors compris qu’elle n’avait pas besoin de se suicider. Elle avait besoin d’apprendre à vivre.
Dans les années 1960, l’approche analytique de Carl Jung par rapport à la psychologie a transformé la compréhension et l’attitude des psychologues et des sociologues européens et américains. Il avait étudié la psyché à travers les rêves, les arts, la mythologie, la religion et la philosophie. Même s’il était psychologue clinicien, il a consacré la majeure partie de son travail à explorer d’autres champs de connaissance, y compris la philosophie orientale et occidentale, l’alchimie, l’astrologie et la sociologie, de même que la littérature et les arts. Sa théorie de l’inconscient collectif tel qu’exprimé par les symboles et les archétypes a mené à ce qui est maintenant appelé la psychologie jungienne.
Selon la définition de Jung, un archétype est un caractère symbolique qui est compris collectivement par des groupes entiers de gens à différentes époques. Ces caractères archétypes sont les symboles des figures d’autorité et des personnes clés dans notre vie. Les symboles en soi ont une grande influence sur nos sentiments, nos pensées et notre comportement 2 .
Jung reconnaissait que notre futur est formé inconsciemment. Il a également observé que nous agissons comme si des dieux avaient une emprise sur notre vie et que lorsque nous découvrons les aspects cachés en nous, nous constatons alors que nous sommes influencés et changés par de nombreux facteurs invisibles. Pour en savoir davantage sur le sujet, je vous recommande de lire le livre de Joseph Campbell, The Hero’s Journey , et la retranscription de ses entretiens avec Bill Moyers dans Puissance du mythe 3 .
Le Livre des transformations , aussi appelé Yi King, contient la sagesse des anciens sages chinois, qui ont divisé leurs observations de la nature en 60 scénarios ou objets visuels. En lançant des bâtonnets ou des pièces de monnaie, nous obtenons un schéma composé de 6 lignes droites ou brisées et le symbole qui en résulte, appelé un hexagramme, représente une des 60 images. La personne qui consulte cet oracle utilise les interprétations et les commentaires que les sages ont écrits à propos de cet hexagramme pour en savoir davantage à propos d’un problème ou d’une situation. C’est fou ce que cet oracle m’a permis de découvrir durant des périodes de questionnement. Lors d’une récente période de changement, il m’a rappelé que j’avais des limites et que je devais en tenir compte, et il m’a aidé à me souvenir que je ne peux pas tout réparer et que j’ai moi aussi des besoins.
Quand on a demandé à Carl Jung d’écrire la préface de la troisième traduction anglaise du Yi King, il a hésité. Il savait qu’il serait critiqué par ses pairs en présentant un système de divination pouvant être utilisé pour appliquer à un problème moderne des interprétations d’un livre ancien en lançant des bâtonnets ou des pièces de monnaie.
Ayant pris en considération comment cela pourrait perturber sa bonne réputation, Jung a écrit : « J’ai toujours essayé de demeurer curieux et non biaisé. Pourquoi ne pas essayer d’établir une communication avec un livre ancien qui prétend être animé ? » Il a décidé de lancer les pièces de monnaie et il a demandé au livre ce qu’il pensait du fait qu’il avait « l’intention de le présenter à l’esprit occidental ». Il a obtenu l’hexagramme nommé « le chaudron », qui représentait « un récipient rituel qui contient de la nourriture cuite. Ici, la nourriture doit être interprétée comme étant de la nourriture spirituelle 4 . »
De nombreux symboles dans le Yi King n’auraient pas pu s’appliquer à la question de Jung. En fait, la plupart n’auraient pas eu de lien avec celle-ci et l’interprétation aurait paru insensée. Mais l’interprétation des sages à propos du chaudron s’appliquait tellement bien à la question de Jung que cela l’a encouragé à aller de l’avant. Il a écrit la préface en se servant de sa propre expérience avec les pièces de monnaie comme d’un exemple fiable de la possibilité d ’accéder à la sagesse universelle en utilisant une ancienne méthode chinoise basée sur des symboles.
John Greenleaf Whittier, un ardent défenseur de l’abolition de l’esclavage et un des « poètes au coin du feu » américains a écrit : « La nature s’exprime au moyen de symboles et de signes 5 . » Combien de fois avez-vous réfléchi à une question et avez-vous trouvé la réponse en regardant le coucher du soleil ou des oiseaux en train de se nourrir dans la nature ? Beaucoup plus qu’une simple métaphore ou une histoire, les symboles peuvent susciter des réactions émotionnelles, entraîner une guérison et donner des leçons qui transforment.
J’ai connu une femme qui luttait contre la dépression après avoir déménagé sur la côte ouest. Malgré la beauté qui l’entourait, elle a eu des pensées suicidaires un jour qu’elle marchait sur une plage déserte.
Je désirais vivre à cet endroit depuis des années, mais maintenant que j’y étais, je me sentais terriblement seule. J’avais beau regarder au loin, je ne voyais aucun autre être humain à des kilomètres de distance. J’étais tellement déprimée que même si quelqu’un avait surgi, je l’aurais évité. Ce sentiment d’isolement m’a presque fait perdre la tête. J’ai essayé très fort de ne pas paniquer tout en disant « merci » à voix haute dans l’espoir que la gratitude chasserait mes pensées sombres.
C’est alors qu’une pierre dans le sable a attiré mon regard. Elle était lisse et plate, et elle avait la forme d’une empreinte de pied. Je l’ai prise dans ma main. Malgré l’eau froide et le ciel nuageux, elle renfermait la chaleur du soleil et sa chaleur a commencé à m’envelopper. Je savais que l’empreinte du pied était un message qui m’était destiné et je ne me suis plus sentie seule. J’ai également pris conscience que mon sentiment d’isolement résultait de mes propres choix.
Moins d’une semaine après, je me suis impliquée dans ma communauté en faisant du bénévolat ; j’ai aussi commencé à assister aux rencontres d’un groupe de soutien et à me faire des amies parmi les femmes du programme en 12 étapes. Il m’arrivait encore de me sentir seule, mais quand cela arrivait, j’allais aider quelqu’un d’autre et j’allais me promener en compagnie d’un autre être humain. La pierre en forme d’empreinte de pied repose sur mon bureau au moment où j’écris ces lignes ; elle me rappelle combien je suis aimée et que je ne suis pas seule.
Pour cette femme, la pierre représentait une histoire à propos d’empreintes de pied dans le sable. Cette histoire est devenue une métaphore de la présence de Dieu. Le symbole a transformé son schéma de pensée ; il l’a réconforté et lui a rappelé qu’elle devait avancer et agir pour donner un sens à sa vie.
Je cherche moi aussi des signes un peu partout et quand je trouve un sou noir, j’ai toujours l’impression que je suis sur la bonne voie. Les mots « In God We Trust » sont gravés sur chaque pièce d’un sou, ce qui me rappelle qu’il faut avoir la foi, et le mot « Liberty », que je dois être mon moi authentique. Abraham Lincoln me rappelle que je suis mortel et que je dois prendre les choses un peu plus à la légère.
Il y a une communication cellulaire lorsque des signaux chimiques et électriques déterminent le comportement des cellules, mais j’ignore complètement comment la molécule d’une protéine sait ce qu’elle doit faire. La création est un miracle et elle est au-delà de notre compréhension. Il est renversant de penser qu’une cellule — un ovule — puisse se développer et devenir un être humain composé de tous ces éléments différents qui lui sont propres et qui savent quel est leur rôle et dans quelle partie du corps ils doivent se développer pour accomplir leur tâche. Imaginez le nombre infini de signaux intercellulaires qui doivent être transmis à chaque élément du corps durant le processus de création d’un être humain viable — un bébé. Et songez aux signaux que ce corps reçoit après avoir été formé et durant toute sa vie.
Qu’est-ce qu’une caresse ou une étreinte dit à ce corps à propos de la vie ? Qu’est-ce que les sentiments de peur, de désespoir et de dépression non exprimés disent sur le désir de vivre ? Chaque cellule de notre corps est consciente de notre volonté de vivre, ainsi que de nos désirs et de nos intentions. L’aspect émotionnel et l’aspect physique ne font qu’un. L’esprit et la matière ne sont pas des entités distinctes. Comme Jung l’a dit, la psyché et le soma sont simplement des aspects différents de l’être unique que nous sommes.
Tout comme les organismes unicellulaires réagissent à leur environnement, les cellules de notre corps réagissent aux environnements physique, mental et émotionnel, autant internes qu’externes. Une image que nous percevons comme étant négative peut nous éloigner de notre parcours de vie, mais quand nous la transformons en une image positive, nous pouvons revenir sur la bonne voie et poursuivre notre parcours de vie, plus forts et plus sages.
Les êtres humains ont une vision dualiste de la vie : là où il y a de la lumière, il y a aussi de l’ombre. Cependant, l’ombre correspond simplement à l’absence de lumière. Quand vous faites face au soleil, vous ne voyez pas les ombres. Et notre perception des choses influe sur notre santé. Et cette perception est souvent une question de choix. La maladie correspond à la perte de la santé et non pas à une punition. Il faut chercher à retrouver la santé perdue, tout comme vous chercheriez les clés de votre voiture que vous avez égarées, plutôt que de présumer que Dieu voulait que vous rentriez à pied à la maison.
Les symboles de la guérison
Vous connaissez sûrement le symbole du serpent qui s’enroule autour d’un bâton. À l’origine, il représentait Asclépios, le dieu grec de la guérison et de la médecine. Le bâton d’Asclépios, qui est devenu le logo de différents organismes médicaux du monde entier (par exemple de l’American Academy of Family Physicians), illustre cette dualité avec un symbolisme intrigant. Le venin du serpent est un poison mortel. Mais dans la Chine et l’Inde antiques, il était utilisé pour soigner divers problèmes de santé, allant de la dépendance à l’opium aux cancers de la peau et aux troubles du foie. De nos jours, on l’utilise pour soigner les maladies touchant le système immunitaire, comme la sclérose en plaques et le sida. D’après des études expérimentales sur le venin du cobra, celui-ci ralentirait le taux de croissance de certains cancers.
Une autre caractéristique intéressante du serpent est sa capacité de muer. À la fin de sa mue, il semble venir d’éclore de son œuf, tout comme une personne malade qui se rétablit d’une maladie en ressort rajeunie. Quand nous changeons notre perception des choses et que nous faisons face au soleil plutôt qu’aux ombres, c’est comme si nous étions des nouveau-nés : notre corps ressent notre amour renouvelé pour la vie et il peut en résulter une forme d’autoguérison.
Historiquement, le bâton sur lequel s’appuyait le médecin pour aller visiter ses patients était peut-être réconfortant aux yeux des gens ou il a peut-être représenté la douleur et la mort, selon l’état du patient et l’expertise du médecin. Le serpent et le bâton réunis en un seul symbole rappellent clairement au médecin et au patient les aspects positifs et négatifs du traitement médical.
En tant que médecin-guérisseur, je préfère me concentrer sur les symboles qui reflètent le pouvoir de l’amour. Tout en nous aimant les uns les autres, nous devons nous rappeler que la noirceur, le froid et la mort spirituelle n’existent que là où il n’y a pas de lumière, de chaleur ou d’amour. La première image symbolisant la guérison qui me vient à l’esprit est celle du cœur sur une paume ouverte. Ce symbole vient d’une secte de Shakers qui s’est établie dans le nord-est des États-Unis et dont la discipline spirituelle prônait le dur labeur et la simplicité, ainsi qu’une vie consacrée à Dieu. La main représente la charité et le cœur, la compassion. Combinés ensemble, ils représentent un accueil aimant et une acceptation non moralisatrice ; la main accomplit le geste que le cœur désire.
L’effet thérapeutique de la compassion est incommen­surable. Les soins sincères qu’un médecin apporte à ses patients favorisent la guérison et peuvent même éliminer la nécessité d’un traitement médical ou d’une chirurgie. Quand une personne reçoit une attention aimante, un message vivant pénètre dans son corps à l’échelle des cellules. Un jeune homme qui mourait du sida m’a déjà dit qu’il croyait que « ce qui est mal, ce n’est pas la maladie, mais c’est de ne pas éprouver de la compassion pour la personne qui souffre de la maladie ».
La compassion ne doit pas nécessairement venir de sources extérieures. Il est également possible de la trouver en nous-mêmes. Un des exercices de visualisation que j’utilise avec mon groupe des ECaP consiste à transformer une peur ou une douleur en une métaphore visuelle et à travailler avec cette image. Si vous êtes aux prises avec une peur ou une douleur, essayez l’exercice suivant. Imaginez que votre peur ou votre douleur est symbolisée par un bébé qui pleure. Assoyez-vous confortablement, fermez les yeux et imaginez que vous marchez dans votre maison, guidé par les pleurs déchirants de cet enfant. En pénétrant dans une pièce, vous trouvez l’enfant étendu dans son berceau. Prenez-le tendrement dans vos bras et bercez-le tout en l’apaisant jusqu’à ce qu’il soit réconforté et qu’il cesse de pleurer. Puis, éloignez doucement le bébé de votre corps. Soyez conscient que ce n’est pas vous, mais que vous pouvez l’étreindre et apprendre quelque chose de lui. Quelle leçon ce bébé a-t-il à vous enseigner ?
Cette métaphore du bébé qui pleure vous enseigne que votre peur et votre douleur sont une occasion de marcher dans vos parts d’ombre, d’en prendre soin, de les tenir dans vos bras et de les apaiser. Il ne faut pas les ignorer ou les nier, mais plutôt les étreindre et les aimer. Vous pouvez effectuer le même exercice quand vous rêvez. Au lieu de fuir le démon qui surgit, affrontez-le dans votre rêve ; demandez-lui la raison de sa présence et ce qu’il attend de vous.
Ce n’est pas par accident qu’un symbole apparaît dans des cultures, des régions et des pays différents en ayant à peu près la même signification malgré l’écart physique ou chronologique. Par exemple, dans la science moderne, un triangle (qui est également le symbole grec appelé « delta ») symbolise « un changement ». Les météorologues placent un triangle devant la lettre T pour signifier un change-ment de température ; une infirmière inscrira un triangle devant les lettres PA, dans le dossier médical d’un patient, pour noter un changement dans la pression artérielle.
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