La petite annonce rubrique "Messages" , livre ebook

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Voilà ce qui arrive lorsqu’on fréquente trop assidument les petites annonces de son journal local... Février 1987... Pas encore d’internet pour toucher sa cible lorsqu’on a une demande un peu particulière à faire par l’intermédiaire de la rubrique « Message »... Il faut dire que le message lu par Michèle ce jour-là était des plus incongrus et, allez savoir pourquoi, elle eût la conviction qu’il s’adressait à « elle » en particulier... Comme si elle l’avait attendu depuis des lustres... Sa vie va en être bouleversée...
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Publié par

Date de parution

02 mai 2014

Nombre de lectures

0

EAN13

9782312022161

Langue

Français

La Petite Annonce
rubrique « Messages »
Mireille Pinede-Bueno
La Petite Annonce
rubrique « Messages »













LES ÉDITIONS DU NET
22, rue Édouard Nieuport 92150 Suresnes
© Les Éditions du Net, 2014
ISBN : 978-2-312-02216-1
Avant-Propos de l’auteur
Loin de moi l’intention de faire l’apologie des mères-porteuses ni de prosélytisme… Le sujet étant quelque peu « dérangeant » pour la plupart d’entre nous (femmes heureusement accessibles à la procréation) je viens juste vous raconter par l’intermédiaire de Michèle comment j’ai vécu cette expérience peu ordinaire que décider de porter un enfant pour une autre… Quelles ont été mes interrogations propres… Quels ont été les éléments déclencheurs d’une telle lubie tant dans mon environnement à cette époque que dans mon passé… Comment aborde-t-on ce monde très fermé de la procréation pour autrui, le côté législation, l’organisation pour réaliser l’insémination… Comment « faire passer l’enfant d’un couple à l’autre »…
Ce n’est en rien un document technique mais un vécu bouleversant. raconté avec beaucoup d’autodérision grâce au recul.. Sujet si complexe que suite à cette affaire (1987) je n’en ai jamais parlé ouvertement autour de moi, à la retraite j’ai décidé de faire une sorte de coming-out en prenant beaucoup de plaisir à l’écriture…

Drôle de petite annonce
Michèle, 34 ans, avait la fâcheuse habitude d’éplucher minutieusement toutes les annonces de cette partie du journal sans but clairement avoué… S’en était arrivé au stade du « TOC »… Elle n’était pas du genre à chercher l’aventure, n’avait aucune velléité de changement de style de vie… Les petites annonces représentaient probablement pour elle une porte vers la société qu’elle sentait vibrer derrière les mots imprimés… À force de fréquentation, elle en avait acquis une rapidité de décryptage lui permettant de décoder en un clin d’œil les textes les plus réduits : l’affichage étant facturé au nombre de signes, économie oblige… Par ces petits bouts de contact avec les autres, elle pouvait s’évader en imaginaire dans une multitude de domaines sans perdre trop de temps en longues lectures de bouquins… Le temps de passer au déchiffrage de l’annonce suivante, et voilà, de trois groupes abréviations déjà elle s’en était fait un roman, se régalait en particulier dans les rubriques « Rencontres » ou « Messages »…
Elle en avait déposé une pour sa part dans la rubrique « Animaux ». Il y avait eu naissances de Pinschers de ses deux petites chiennes qu’il fallait placer moyennant finances comme d’habitude… Huit chiots nés le même jour, cinq pour Timy et trois pour Tania la plus âgée. Michèle en avait déplacé un d’une mère à l’autre pour équilibrer les portées et comme pour les naissances antérieures l’adoption s’était bien passée… Le plus dur restait à faire : bien choisir le futur maître de chacun car elle acceptait par force majeure de s’en séparer. Gros problèmes d’argent… Une des solutions venue s’ajouter aux mille autres pour joindre les deux bouts depuis la construction de la maison. Ce petit élevage lui avait été suggéré par un vieux paysan du coin. Il avait été sensible à ses soucis pécuniaires en la voyant déployer tant d’énergie pour s’en sortir. C’était inhabituel et généreux une telle suggestion car, du coup Michèle devenait une concurrente pour eux sur la même commune… Elle n’aurait pas eu seule cette idée d’élevage de Pinschers, ni les moyens de le mettre en œuvre… Elle s’était rendu compte par ce geste altruiste qu’elle était non seulement bien intégrée dans ce coin reculé de la campagne, mais aussi qu’on avait à cœur de la soutenir moralement…
Elle venait de vérifier s’il n’y avait pas d’autres chiots de la même race en vente cette semaine-là et commençait sa petite balade sur les pages suivantes… Pas d’offre de petit job genre « Ch. ch repasseuse » (elle prendrait bien encore une panière de plus à faire le soir) ni « Ch. ch fem. ménage pour X h par sem. » (en calculant, elle pourrait en caser encore quelques-unes, ses jours sans laboratoire)… Elle voit, perplexe, rubrique « Messages » :

« Fme stérile ch. jne fme
pouvant porter grossesse pr elle.
Ecr au Jnal Réf 38 M547 »

Là, manifestement, l’annonceuse n’avait pas trop « concentré », n’avait pas joué à l’économie au risque de ne pas être bien comprise à la lecture… Michèle avait dû tout de même relire trois fois, doutant de ce qu’elle entrevoyait comme une aubaine… Elle ressent pour le coup comme un appel au secours et, à la fois, une réponse à son propre désarroi intérieur non exprimé… Il faut dire à sa décharge qu’elle ressentait comme une injustice et un gâchis de ne pouvoir à nouveau porter un autre petit pour son compte personnel. Elle avait déjà trois enfants. L’aîné Dany aura bientôt treize ans. Laureen, Lolo, sa douce, avait eu ses10 ans très discrètement en Novembre, la plus jeune Amélie née en 1980 va sur ses sept ans… Et pourquoi pas un autre bébé alors, si elle s’en sentait l’envie ? Tout bêtement parce qu’elle avait l’amère conviction que ces trois-là, déjà, étaient une grosse erreur vu l’attitude de l’homme qu’elle leur avait octroyé comme père. Elle-même n’étant pas assez lucide pour reconnaitre s’être embarquée dans une sacrée galère avec cet homme-là en guise de mari…
Bernard n’était pas méchant ne levant jamais la main , ni pour cogner, ni pour mettre la main à la pâte selon l’expression illustrant l’idée de donner un coup de main à son épouse… Il ne buvait pas non plus, ne fumait pas et ne courait pas les femmes… La liste des « pas » aurait pu continuer encore… Michèle avait toutes les peines du monde à cerner ce qu’elle lui reprochait le plus… Tout d’abord sa jalousie maladive envers leur fils aîné. Elle l’avait perçue dès les premiers jours du petit garçon et le malaise s’était accentué au fur et à mesure que l’enfant se révélait être d’un QI plutôt élevé… Bernard s’en était senti rabaissé… Déjà, perdre un peu de place dans le cœur de Michèle, il n’avait pu faire l’impasse. Selon son propre mode de fonctionnement il n’avait jamais émis d’objection à chaque projet de grossesse suggéré par son épouse. Que ce soit pour la venue au monde d’une autre personne dans son foyer ou pour le choix du menu au repas arrivant, aucune suggestion, aucun avis personnel… Quand elle s’énervait devant son manque de réactivité ou de participation dans la vie quotidienne, il lui répondait : C’est toi le chef, fais comme tu l’entends… Ou, ce qui la hérissait au plus haut point : Bien chef !… Elle aurait bien aimé entendre, pour le moins, Oui chérie !…
Si, tiens, effectivement, se dit Michèle en réfléchissant, il avait bien eu, il y a une quinzaine d’années, l’envie d’avoir sa propre maison alors qu’ils n’en avaient pas du tout les moyens. Motivée par la jalousie, là encore, Martine, sœur de celui-ci, construisait… Michèle travaillait à plein temps à cette époque-là comme laborantine en biologie. Son salaire n’était guère plus élevé que le SMIC en cours, contrairement à l’idée reçue, cette fonction pleine de responsabilités était mal rémunérée en laboratoires de ville. Bernard, pourtant électricien, ne gardait pas de place plus d’un an. Chaque fois il avait des problèmes avec la direction : C’est tous des cons ! Trouvait-il comme excuse à son incapacité… Pendant longtemps elle ne s’était pas rendu compte du problème car sitôt quitté une entreprise, il retrouvait du travail ailleurs. Comme elle portait seule sur ses frêles épaules toute la gestion du foyer en plus de son propre boulot et des problèmes de nourrice pour les enfants, elle n’avait pas eu le temps de s’en inquiéter. Peut-être, aussi, avait-il été discret sur la situation. Michèle fort volontaire, et pour combler le seul souhait explicite de son Bernard, avait trouvé le moyen de faire un gros plan épargne logement. Elle y était arrivée en rognant sur tout, à présent elle ne pouvait le nier : son budget déjà périlleux durant le projet maison était devenu carrément ingérable ces deux dernières années… Exactement depuis qu’elle avait repris le travail en laboratoire. Elle n’avait trouvé à proximité qu’un poste à temps partiel, tous les samedis et les remplacements au gré des absences des collègues. Finalement elle gagnait beaucoup moins que les cinq années où elle se démenait t

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