Les mythologies
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Description

Une approche complète, accessible et vivante !


La mythologie est l'ensemble fascinant des origines dont se dote une civilisation. Ce guide consacre un chapitre à chacune des régions du monde présentant une mythologie particulière. Il offre ainsi un panorama complet des croyances qui jalonnent le globe, décrivant dieux, légendes et pratiques, de la préhistoire à nos jours. Pour chaque région du monde, vous trouverez :




  • Les dates


  • Les sources


  • Les personnages


  • Les mythes


  • Les fêtes


  • Le récit clé



Ouvrage publié avec le concours du Centre national du livre.




  • Introduction


  • Proche-Orient


  • Europe


  • Asie


  • Amérique


  • Afrique


  • Océanie


  • Bibliographie


  • Le vocabulaire de la mythologie


  • Index

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 07 juillet 2011
Nombre de lectures 175
EAN13 9782212236781
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0105€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait



  • Introduction


  • Proche-Orient


  • Europe


  • Asie


  • Amérique


  • Afrique


  • Océanie


  • Bibliographie


  • Le vocabulaire de la mythologie


  • Index

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    Résumé
    a mythologie est l’ensemble fascinant des origines dont se dote une civilisation. Ce guide consacre un chapitre à chacune des régions du monde présentant une mythologie particulière. Il offre ainsi un panorama complet des croyances qui jalonnent le globe, décrivant dieux, légendes et pratiques, de la préhistoire à nos jours. Pour chaque région du monde, vous trouverez : Les dates Les sources Les personnages Les mythes Les fêtes Le récit clé
    Biographie auteur
    Sabine Jourdain est spécialiste de la Chine et des civilisations orientales. Diplômée de l’Institut national des langues et civilisations orientales, elle est déjà l’auteur de guide sur la Chine et les Sumériens aux éditions Aedis. Elle écrit aussi pour le théâtre.

    www.editions-eyrolles.com
    Dans la collection Eyrolles Pratique
    QCM de culture générale , Pierre Biélande
    QCM Histoire de France , Nathan Grigorieff
    Citations latines expliquées , Nathan Grigorieff
    Philo de base , Vladimir Grigorieff
    Religions du monde entier , Vladimir Grigorieff
    QCM Histoire de l’art , David Thomisse
    Comprendre l’islam , Quentin Ludwig
    Comprendre le judaïsme , Quentin Ludwig
    Comprendre l’Europe , Tania Régin
    Le bouddhisme , Quentin Ludwig
    Les philosophies orientales , Vladimir Grigorieff
    Dictionnaire des symboles , Miguel Mennig
    Découvrir la psychanalyse , Édith Lecourt
    Le christianisme , Claude-Henry du Bord
    Comprendre la kabbale , Quentin Ludwig
    Sabine Jourdain
    Les mythologies
    « En partenariat avec le CNL »
    Groupe Eyrolles 61, Bld Saint-Germain 75240 Paris Cedex 05 www.editions-eyrolles.com
    Maquette intérieure : Nord Compo Mise en pages : Asiatype
    En application de la loi du 11 mars 1957 il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, sur quelque support que ce soit, sans autorisation de l’Éditeur ou du Centre Français d’Exploitation du Droit de Copie, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.
    © Groupe Eyrolles, 2007 ISBN 10 : 2-7081-3597-X ISBN 13 : 978-2-7081-3597-0
    Note au lecteur :
    Compte tenu de la diversité des graphies des noms propres ou noms communs liés aux mythes et personnages décrits dans cet ouvrage, il nous a fallu faire des choix. Le lecteur ne s’étonnera donc pas de trouver, dans d’autres ouvrages, des graphies différentes.
    L’auteur
    Table des matières

    Introduction
    Une « science du concret »
    Des mythes communs
    Des mythologies au service de l’ésotérisme
    L’épopée
    Partie I
    Proche-Orient
    Chapitre 1 : La mythologie mésopotamienne
    Sources
    Les personnages en scène
    Les divinités
    Mythes d’origine
    La création
    La tablette aux destins
    Le déluge
    Les Enfers
    Les royautés
    Fêtes, cultes et mythologie
    Le récit : L’épopée de Gilgamesh
    Le contexte
    Le thème
    Les personnages
    L’épopée
    Chapitre 2 : La mythologie égyptienne
    Sources
    Les personnages en scène
    Les divinités de la création
    Nout le Ciel et Geb la Terre
    Rê l’Universel
    Divinités solaires et lunaires
    Divinités de la fertilité
    Divinités liées au chaos
    Divinités liées à la mort
    Les prêtres
    Mythes d’origine
    La création
    L’œil de Rê
    La mort
    La royauté divine
    Fêtes, cultes et mythologie
    Le récit : la légende d’Isis et d’Osiris
    Le contexte
    Les personnages
    Thème
    L’histoire
    Partie II
    Europe
    Chapitre 3 : La mythologie grecque et romaine
    Sources
    Les personnages en scène
    Les Titans
    L’Olympe, royaume des dieux
    Dieux romains
    Les héros
    Mythes d’origine
    La création
    L’amour
    La mort
    Troie
    L’Atlantide
    Fêtes, cultes et mythologie
    Le récit : l’ Odyssée
    Le contexte
    Le thème
    Les personnages
    L’histoire
    Chapitre 4 : La mythologie germanique et nordique
    Sources
    Les personnages en scène
    Dieux scandinaves
    Mythes d’origine
    La création
    Guerres entre les Ases et les Vanes
    Walhalla, le monde des morts héroïques
    Ragnarök, le cataclysme final
    Sedjr, magie et sorcellerie
    Fêtes, cultes et mythologie
    Le récit : La geste de Sigurd
    Contexte
    Personnages
    L’histoire
    Chapitre 5 : La mythologie slave
    Sources
    Les personnages en scène
    Le panthéon slave
    Mythes d’origine
    La conception du monde
    La mort
    Fêtes, cultes et mythologie
    Le récit : Va je ne sais où chercher je ne sais quoi
    Le contexte
    Les personnages
    L’histoire
    Partie III
    Asie
    Chapitre 6 : La mythologie indienne
    Sources
    Les personnages en scène
    Les dieux
    Mythes d’origine
    La création
    L’immortalité et le lait
    Le Gange
    Fêtes, cultes et mythologie
    Le récit : le Râmâyana
    Le contexte
    Le thème
    Les personnages
    L’histoire
    Chapitre 7 : La mythologie chinoise
    Deux grands maîtres à la base de la pensée chinoise
    Confucius
    Lao Tseu (Laozi)
    Sources
    Les personnages en scène
    Huit personnages président à la destinée du monde
    Mythes d’origine
    Conceptions de l’univers
    De la conception des hommes
    La recherche de l’immortalité
    Mythes de la destruction et de l’aménagement du monde
    Fêtes, cultes et mythologie
    Le récit : le Singe pèlerin
    Le contexte
    Le roman
    Les personnages
    L’histoire
    Chapitre 8 : La mythologie japonaise
    Sources
    Les personnages en scène
    800 myriades de kamis
    Les grands dieux
    Quelques kamis renommés
    Divinités ancestrales
    Esprits et fantômes
    Mythes d’origine
    La création
    L’Au-delà
    La montagne
    La nourriture
    Les arts martiaux
    Fêtes, cultes et mythologie
    Le récit : Heike monogatari (« Le dit de Heike »)
    Le contexte
    Le thème
    Les personnages
    L’histoire
    Partie IV
    Amérique
    Chapitre 9 : La mythologie de l’Amérique du Nord
    Sources
    Les personnages en scène
    Dieux et esprits
    Des divinités à part
    Héros fondateurs et tricksters *
    Mythes d’origine
    Genèse de l’univers et des peuples
    Un environnement déterminant
    Mythes des peuples de la côte Pacifique
    Mythes des peuples des plaines
    Mythes des Indiens du Sud-Ouest
    Mythes de la région des Grands Lacs
    Chamanisme
    Chapitre 10 : La mythologie d’Amérique du Sud
    Sources
    Les personnages en scène
    Dieux aztèques et mayas
    Dieux incas
    Héros ancestraux
    Mythes d’origine
    La création
    La création de l’homme
    Le déluge
    Le maïs
    Le chamanisme
    El Dorado
    Fêtes, cultes et mythologies d’Amérique
    Le récit : le Popol Vuh
    Le contexte
    Les personnages
    L’histoire
    Partie V
    Afrique
    Généralités sur l’Afrique noire
    Sources
    Chapitre 11 : La mythologie d’Afrique occidentale
    Les personnages en scène
    Démiurges
    Héros
    Le forgeron
    Sorciers et créatures maléfiques
    Mythes d’origine
    Cosmogonies et anthropogonies
    Identités et conflits
    La place des animaux dans les récits oraux
    Chapitre 12 : La mythologie d’Afrique centrale et australe
    Les personnages en scène
    Des divinités serpent
    Divinités yoruba
    Génies et malins
    Mythes d’origine
    Conceptions de la création
    La création des hommes
    L’origine des royautés
    Le feu et l’eau
    La « Babel africaine »
    Le monde des Morts et comment les hommes devinrent mortels
    Les mythes d’origine Noirs-Blancs
    Fêtes, cultes et mythologie
    Le récit : Soundjata , l’épopée mandingue
    Le thème
    Les personnages
    L’histoire
    Partie VI
    Océanie
    Chapitre 13 : La mythologie des Aborigènes d’Australie
    Sources
    Les personnages en scène
    Quelques héros ancestraux
    Mythes d’origine
    Le temps du rêve ou la création
    Origine des ancêtres
    Le déluge primordial
    La mort
    Le mariage et l’inceste
    Rites, rêves et initiation
    Chapitre 14 : La mythologie des archipels d’Océanie
    Les sources
    Les personnages en scène
    Divinités
    Le panthéon maori : Rangi, Papa et leurs enfants
    Gomawe, le créateur des Canaques
    Les dieux de l’Île de Pâques
    Les ancêtres-héros
    Mythes d’origine
    Mythes cosmogoniques
    La création des humains
    Mythes sur les origines des cultures
    Fêtes, cultes et mythologie
    Le récit : l’épopée de Hono Ura
    Le contexte
    Les personnages
    Le thème
    L’histoire
    Bibliographie
    Quelques ouvrages généraux
    Bibliographie par région
    Le vocabulaire de la mythologie
    Index
    Introduction

    Depuis que le monde est habité par les humains, les hommes n’ont cessé de chercher des explications à l’ordre des choses. Leur imagination fertile, associée à une grande sensibilité (voire sensorialité), a produit des mythes. L’ensemble des mythes a forgé, au cours des siècles, des mythologies distinctes, spécifiques à des régions et à des civilisations. Car le mythe, en relatant la venue à l’existence d’un phénomène naturel, d’un rituel, d’un personnage ou encore d’une institution, a toujours un lien prégnant avec la réalité.
    Pour Claude Lévi-Strauss, « le mythe est pour chaque peuple une façon de raconter sa manière d’être dans son rapport avec son milieu naturel »: il forme le « discours d’une société ». Par conséquent, chaque mythologie constituerait une vaste scène de théâtre où dieux, héros et créatures surnaturelles viendraient y jouer leur partition. Et sur cette vaste scène se rejouent la naissance du monde, des humains, des végétaux, des animaux, la vie, l’amour, la mort, les premiers signes de civilisation, le tout sur fond de combats et de magie. Un beau spectacle en réalité, d’autant qu’il se joue en de multiples langages et nous offre une passionnante diversité.
    Mircea Eliade 1 définit le mythe comme « une histoire sacrée », lui assignant un lien de fait avec la religion au sens de religion populaire, archaïque, manifestée par les cultes, bien avant l’apparition des religions dites historiques que sont le christianisme, le judaïsme, l’islam et le bouddhisme.
    Si l’on considère le sens latin du terme religere , c’est bien de la manière dont les peuples sont « reliés » aux puissances surnaturelles et divines dont traite la mythologie.
    Une « science du concret »
    « Loin d’être, comme on l’a souvent prétendu, l’œuvre d’une “fonction fabulatrice” tournant le dos à la réalité, les mythes et les rites offrent pour valeur principale de préserver jusqu’à notre époque, sous une forme résiduelle, des modes d’observation et de réflexion qui furent (et demeurent sans doute) exactement adaptés à des découvertes d’un certain type. »
    Claude Lévi-Strauss
    Des mythes communs
    Au-delà des diverses façons de narrer l’origine des choses du monde, des dieux et des espèces vivantes, on constate des tendances communes qui transcendent le simple ancrage territorial.
    Presque toutes les civilisations ont pensé, par exemple, le concept de l’œuf cosmogonique originel, y compris le Japon et la Grèce même si certaines versions (considérées comme secondaires) ne sont pas citées dans cet ouvrage. Parfois, plusieurs mythes de la création coexistent dans un même pays: influences liées aux mouvements migratoires ou simplement perceptions communes à la race humaine?
    La création
    Cinq grandes conceptions de la création de l’univers se retrouvent de part et d’autre des continents:
    la création à partir de la division: il peut s’agir soit de l’éclatement de l’œuf cosmique, soit de la division d’une unité primordiale ciel-terre, symbolisant les parents du monde. On constate que de l’œuf ou du chaos primordial émerge généralement une puissance androgyne;
    la création par la pensée ou par la parole: cette conception est très présente en Afrique, notamment chez les Bambara, et chez les Indiens d’Amérique du Nord; elle existe aussi en Océanie (l’Australie avec la création rêvée), en Europe et en Inde (les Purana expliquant la création par le souffle du Yogi suprême);
    la création par l’échauffement ou la transpiration: c’est la sudation d’un Être suprême ou d’une Unité indéterminée, ni Être ni Non Être, que l’Inde védique nomme « ardeur » et que l’on retrouve tant dans l’Égypte ancienne qu’en Amérique du Nord et en Inde. Il est aussi dit que de l’œuf cosmique résulte l’Ardeur primordiale. De même que le géant Ymir des Nordiques donne naissance, par sa transpiration, à la race des géants, la transpiration des puissances supérieures génère l’arc-en-ciel, la mer, les humains, etc.;
    la création par le démembrement: un géant ou un monstre primordial sacrifie son corps volontairement ou du fait d’une ou de plusieurs divinités. Il en est ainsi pour Tiamat des Mésopotamiens, Pangu des Chinois ou encore Purusa dans la mythologie indienne. Il en va de même pour Ta’aora, l’Être créateur des Tahitiens, qui donne son corps pour façonner le monde. Le démembrement de l’Être primordial est créateur de vie: de son corps naissent les parties de l’univers;
    le plongeon cosmique: un animal, une divinité ou un serviteur de dieu plonge dans l’océan cosmique et en rapporte la terre. On trouve cette conception en Asie centrale, en Asie du Sud-Est, en Inde, chez les Amérindiens (mythe de l’Oiseau Plongeon), en Afrique et en Grèce.
    Cycles et destruction
    Les cataclysmes naturels, tremblements de terre, éruptions volcaniques, incendies, inondations, etc. ont certainement contribué à l’existence de nombreux mythes, servant à justifier un phénomène cyclique de création/destruction, mort/renaissance. Le grand mythe commun à presque toute l’humanité reste celui du Déluge. Attesté par la Genèse, il apparaît en premier lieu à Sumer, dans la Mésopotamie ancienne, en Inde, en Polynésie et Mélanésie, en Australie, sur tout le continent américain et en Europe (plus rarement en Afrique). Fin d’un âge d’or, résultat des mauvais comportements des hommes, le Déluge éradique quasiment tout, ne laissant qu’un couple ou quelques survivants et quelques animaux, destinés à régénérer le monde. Les mythes de fin du monde interviennent comme une succession de cycles destinés à purifier l’univers avant qu’un nouvel ordre ne soit instauré. Nombre de rites sont reliés aux épisodes de la création et de la destruction.
    La femme dans le mythe
    La femme est généralement associée à la Terre (à l’exception de l’Égypte où la Terre est un principe masculin) et vénérée à ce titre. Mais, en tant qu’être humain, la femme est souvent celle par qui le malheur arrive: cadeau empoisonné à l’exemple de Pandore, don des dieux pour divertir ou perturber les hommes, elle est à la fois affectée à la naissance de la vie et au royaume des morts. La femme est responsable de l’aspect de sa progéniture et de la réussite de la création: citons le dieu qui avale ses enfants ou les jette du Ciel à cause de leur laideur, l’épisode des jumeaux maléfiques ou encore l’échec du premier accouplement qui incombe à la femme, comme c’est le cas dans la mythologie des Bambara d’Afrique noire et dans la mythologie japonaise.
    Au cours des siècles, la déesse mère vénérée dans les temps les plus anciens s’est souvent vue remplacée par des dieux masculins. Mythologies slaves, nordiques et grecques en attestent.
    Des mythologies au service de l’ésotérisme
    Les mythes présentés dans cet ouvrage sont généralement des résumés, voire des présentations simplifiées qui ne permettent pas toujours d’appréhender la dimension ésotérique, philosophique ou religieuse que des civilisations ont élaborée durant des siècles. Les récits cosmogoniques notamment, donnent lieu davantage à des paraboles qu’à des « explications cartésiennes » du monde. Il est nécessaire de comprendre que les mythes ont été bâtis par des civilisations dont la spiritualité nous est aujourd’hui peu accessible. Il en est ainsi de l’Inde dont les rites étaient d’abord destinés à la caste des prêtres brahmanes, de l’Afrique noire qui réserve la connaissance à différents niveaux d’initiation et de l’Amérique, où l’expérience vécue par les shamans ne peut jamais être retranscrite telle quelle au profane.
    Le sacrifice au cœur du rite
    Depuis les temps les plus reculés, les hommes ont fait des offrandes à leurs divinités. Ces offrandes prennent parfois la forme de sacrifices, y compris humains. Ils sont destinés à remercier les divinités ou à réitérer le supposé sacrifice des dieux. Les offrandes comme les sacrifices d’animaux ou d’humains servent à conjurer la mort, à préparer une expédition ou à s’attirer les bonnes grâces des puissances des mondes célestes ou souterrains.
    L’épopée
    Imprégnées de mythologie, les épopées ou récits épiques ont été majoritairement écrites à la période du Moyen Âge. L’épopée retrace le combat d’un ou de plusieurs héros. Le héros a souvent une naissance extraordinaire, tantôt demi-dieu, assisté des puissances naturelles, tantôt humain, avant d’entrer au panthéon des divinités.
    Derrière chaque récit apparaît, plus ou moins en transparence, une réalité historique: invasion des Tartares derrière les bylines 2 russes, luttes entre des clans en vue d’une prise de pouvoir dans le Heikemono-gatari des Japonais, le Râmâyana indien ou encore le Soundjata des Mandingues d’Afrique de l’Ouest. Quant à l’ Iliade et l’ Odyssée , notre épopée de référence, bien qu’elle représente un formidable récit mythologique, elle s’inscrit sur une toile de fond historique, comme l’illustre notamment la guerre des Grecs contre les Troyens d’Asie mineure. Deux récits se distinguent toutefois par leur ancienneté et leur forte imbrication dans les mythologies mésopotamienne et égyptienne: ce sont Gilgamesh et le mythe d’Isis et d’Osiris.
    Avec des ballades et des chants de 100 à 1000 vers aux très longues épopées asiatiques (Japon, Philippines, etc.), parmi lesquelles le Mahâ-bhârata , qui culmine avec ses 100 000 versets originaux, l’épopée présente des longueurs très variées. Toutefois, si certains pays ne présentent guère de récits marquants, il importe de ne pas négliger le rôle des masques et des danses, comme en attestent les célébrations en Afrique noire et en Amérique du Nord.
    ***
    Cet ouvrage, bien que visant à dresser un panorama aussi large que possible de la richesse des mythologies de par le monde, ne prétend pas être exhaustif. En effet, plusieurs mythologies d’un intérêt tout aussi vif ne sont pas abordées ici (nous avons délibérément occulter les mythologies des Celtes, Hittites, Inuits, Tibétains, de Sibérie et d’Asie centrale, d’Asie du Sud-Est, des Indiens d’Amazonie, et d’autres encore). Les mythologies présentées ici relèvent à la fois de civilisations de l’oralité et de civilisations de l’écrit, sans que l’on puisse accorder plus de valeur à l’une plutôt qu’à l’autre. Enfin, si l’ensemble de l’ouvrage est rédigé principalement au présent, la question n’est pas de savoir si tel mythe ou telle diversité fait encore l’objet d’un culte aujourd’hui, mais davantage d’appréhender les fondements culturels de telle ou telle région du monde.

    1 Historien roumain des religions et des mythes.
    2 Chansons populaires de Russie.
    Partie I
    Proche-Orient

    Chapitre 1

    La mythologie mésopotamienne
    À la fin du IV e millénaire avant notre ère, une civilisation naît et s’épanouit entre le Tigre et l’Euphrate (région qui correspond aujourd’hui au sud de l’Irak) : c’est la civilisation sumérienne. Ce peuple non sémite, dont l’origine fait encore l’objet de bien des suppositions, inventeur de l’écriture cunéiforme mais aussi de la roue à rayons et du calendrier, a influencé l’organisation politique, sociale et religieuse de toute la Mésopotamie jusqu’à l’hégémonie de Babylone. Vers 2300 avant notre ère, des populations sémites, les Akkadiens, qui étaient installées dans le nord de la Mésopotamie, prennent le pouvoir sur les Sumériens et créent une dynastie. Toutefois, ils s’approprient la culture sumérienne au point que l’un et l’autre peuples sont souvent confondus.
    La mythologie mésopotamienne présente par conséquent un ensemble de mythes parfois juxtaposés qui appartiennent tantôt à Sumer, tantôt à Akkad ou encore à Babylone. Quant aux divinités sumériennes d’origine, leurs noms diffèrent selon leur appropriation par Akkad ou Babylone. Chaque Cité-État créée à l’époque sumérienne est regroupée autour d’une divinité tutélaire. Cette organisation explique les multiples divinités et les nombreuses rivalités entre les dieux. La transmission des mythes s’est faite jusqu’à l’époque de Babylone et l’on trouve dans la Genèse bon nombre de récits puisés à l’histoire de Sumer.
    Sources
    Des textes relatifs aux mythes sumériens, écrits en cunéiformes, datent de l’époque de la troisième dynastie d’Ur et proviennent de la bibliothèque de Nippur. De même, dix-huit tablettes datant du XVIII e siècle avant notre ère ont été retrouvées près de Nippur. Elles ont permis de connaître la Liste Royale Sumérienne, c’est-à-dire l’ensemble de tous les rois de Sumer depuis l’origine supposée des temps. Elles nous livrent aussi des informations sur leurs règnes, même si légende et histoire se confondent.
    Repères chronologiques Dates (avant notre ère) Faits 3200-2330 Période sumérienne archaïque À partir de 2900 Édification des Cités-États à Sumer : Ur, Uruk, Lagash, Nippur, Kish. À chaque cité, son dieu Polythéisme 2325-2160 I re dynastie d’Akkad fondée en Basse-Mésopotamie par Sargon l’Ancien Vers 2113 III e dynastie d’Ur 1830-1530 Empire babylonien fondé par les Amorrites. Code Hammourabi (du nom de celui qui règne à partir de 1792) et orientation vers le monothéisme : Marduk devient le dieu de Babylone À partir de 1530 Arrivée des envahisseurs hittites et kassites   Les Assyriens, population du nord de la Mésopotamie, conquièrent le territoire. Même panthéon que les Babyloniens. Marduk devient Ashur 625 Règne de Nabuchodonosor 539 Chute de Babylone

    Les personnages en scène
    Les divinités
    Correspondances entre dieux Sumer Akkad Babylone An Annu Anu (ou Anou) Ki Ninhursag Nintu Enki Ea Ea Nanna Sin Sin Utu Utu Shamash Innana Ishtar Ishtar Dumuzi Tammuz Tammuz
    Dans la mythologie mésopotamienne, il existe plus de cinq cents dieux. Dès l’époque sumérienne, chaque cité possède son dieu protecteur et les divinités règnent sur les corps célestes et les éléments de la terre : rivières, montagnes, cités, fermes, constructions, etc.
    Autant les dieux sumériens sont proches des hommes par leurs défauts et leurs qualités (ils sont jaloux, lâches, avides ou passionnément amoureux, courageux, sages ou encore généreux), autant ceux de Babylone s’en éloignent pour devenir des figures sacrées, des divinités toutes-puissantes.
    Dès le développement de la civilisation sumérienne autour des cités, le sommet du panthéon est gouverné par la triade An, divinité du Ciel, Ki, divinité de la Terre, et Enlil, dieu du Vent et de l’Atmosphère. Enki, le dieu des Eaux, se tient en quatrième position. Les Anunnaki constituent la garde royale céleste.
    Divinités


    Sept divinités suprêmes
    Quatre dieux créateurs :
    An et Ki , ciel et terre ;
    Enlil , souffle de vie et parole créatrice mais aussi détenteur des destins ;
    Enki , parfois considéré comme le dieu de l’océan primordial.

    Lion
    Un lion sculpté était parfois placé à l’entrée d’un temple, tel celui qui gardait l’entrée du temple du dieu Enki dans la cité d’Eridu (Sumer).
    … et trois divinités astrales :
    Innana est la grande déesse mésopotamienne, celle qui favorise la procréation humaine et animale et le renouvellement végétal. La légende la décrit soit comme la fille de la divinité suprême An, sœur d’Enlil et d’Enki, soit comme la fille d’Enlil. À l’époque sumérienne, chaque cité lui dédie au moins un temple ;
    Utu Babba  : le soleil (Shamash pour les Babyloniens) est frère d’Innana. Sous la domination de Babylone, c’est la divinité de la justice, celui qui inspire les lois aux rois ;
    Nanna  : Fils d’Enlil et de Ninlil, les Sumériens lui font de nombreuses offrandes car ils craignent particulièrement les éclipses du soleil.

    La vache
    À Sumer, la vache est associée à l’abondance et à l’astre lunaire. Les représentations pic-turales ou sculptées de la vache sont un croissant de lune. Les Sumériens figurent la lune avec deux cornes. On dit aussi que le reflet de la lune est le jet de lait de la vache lunaire. La pleine lune représente une vache féconde et la grande vache des Mésopotamiens était la déesse de la fécondité. Enfin, la voie lactée est comparée à un troupeau.
    Les autres divinités
    La période la plus archaïque de l’ère sumérienne retient comme dieux principaux Innana, Dumuzi (Dummuzi) et Enkimdu 3 .
    Enkimdu  : adversaire de Dumuzi face à Innana, il symbolise l’agriculture contre l’élevage ;
    Dumuzi  : ce berger, époux d’Innana, est cité dans la Bible (livre d’Ezéchiel) sous l’appellation de Tammuz ;
    Damkina (Ninhursag)  : épouse d’Enki (Ea) et mère de Marduk, c’est la déesse Terre aux noms multiples : Ninhursag, Nintur, Ninmah, Aruru, Damgalnunna. Enki, réputé pour son manque de fidélité à l’égard de Damkina, suscite ses crises de jalousie qui déclenchent de terribles sécheresses ;
    Ninurta  : dieu héroïque, fils d’Enlil et de Mah, rendu célèbre par son combat contre Kur et son armée de pierres. Il est aussi identifié à une divinité des récoltes ;
    Nantar (Irra) : dieu des Fléaux et des Épidémies. Envoyé d’Enlil pour diminuer le nombre d’humains, il se laisse néanmoins amadouer par toutes les offrandes offertes par les hommes.
    Kulla  : dieu des Briques, il a été créé par Ea à partir de l’argile. Grâce à lui, les hommes ont appris la construction ;
    Ereshkigal  : elle règne sans partage sur le royaume des morts jusqu’à ce que Nergal devienne son maître.


    Dumuzi et Innana
    Le cœur de la déesse Innana balance entre deux soupirants, Enkimdu le cultivateur et Dumuzi le berger. Les deux personnages s’affrontent pour la belle. Dumuzi en sort rapidement vainqueur. Enkimdu s’incline, acceptant que Dumuzi fasse brouter son troupeau de chèvres sur ses propres terres. Le mariage d’Innana et de Dumuzi a lieu.
    Un jour qu’Innana s’ennuie, elle décide de se rendre au royaume des Morts gouverné par sa sœur, la cruelle Ereshkigal. Elle s’apprête et revêt ses sept parures, symboles de ses pouvoirs. Mais pour accéder au royaume des Morts, elle doit franchir sept portes et, chaque fois, y déposer un de ses atours en paiement de son passage. Finalement, elle se présente nue devant sa sœur et s’installe sur son trône. Sur ordre d’Ereshkigal, elle est aussitôt condamnée à mort. Le cadavre d’Innana est suspendu à un clou. La servante d’Innana, sans nouvelles, va chercher du secours auprès d’Enki. Celui-ci, ne supportant pas que sa sœur soit ainsi traitée, façonne deux créatures capables d’accéder sans difficulté au royaume des Morts. Elles lui convoient le breuvage et la nourriture d’immortalité. Innana ressuscite mais doit trouver un remplaçant : telles sont les lois des Enfers. De retour chez elle, elle trouve son mari, Dumuzi, en train de se divertir.
    Ne pouvant contenir sa colère, elle le fait envoyer au royaume des Morts. GeshtInnana, déesse du Vin et sœur de Dumuzi, propose de prendre sa place. C’est ainsi que Dumuzi et GeshtInnana passent, alternativement, la moitié de l’année au royaume des Morts.

    Créatures mythologiques
    La Mésopotamie regorge de représentations d’animaux mythiques, à l’exemple d’Anzu, le voleur de la tablette aux destins. Anzu, nommé aussi Imdougoud, est figuré comme un être moitié lion, moitié rapace, muni de grandes ailes. Maître des tempêtes, il les déclenche d’un battement d’ailes. Pour les Mésopotamiens, le dragon est synonyme de destruction. On évoque Tiamat comme un dragon femelle.

    Le taureau
    Symbole de puissance. Le dieu de la lune d’Ur est assimilé à un taureau céleste. En Assyrie, des taureaux androcéphales font office de gardiens et de protecteurs des portes des villes. Ils ont un corps de taureau, un visage humain et des ailes. Ils appartiennent à l’art assyrien du I er millénaire avant notre ère.

    Taureau androcéphale d’Assyrie, symbole de puissance.

    Mythes d’origine
    La création
    Comme dans d’autres civilisations, le mythe des origines est bâti à partir de l’océan primordial d’où émergent les premières divinités. À l’origine est la mer cosmique ou l’océan primordial, personnifié par la déesse Nammu. Nammu donne naissance au couple primordial : An, le Ciel, et Ki, la Terre. Ce couple de dieux primitifs sorti des eaux est aussi appelé Anshar et Kishar. De leur union naissent les grands dieux Enlil et Enki à côté desquels coexistent Nanna la Lune, Utu le Soleil et Innana la Fécondité. Akkadiens et Babyloniens reprendront à leur compte la conception sumérienne de la création.
    Le mythe babylonien : Marduk ordonne l’univers
    Le mythe babylonien des origines évoque Apsû, l’eau douce, et Tiamat, la mer salée, qui, en s’unissant, donnent naissance au Ciel et à la Terre, eux-mêmes parents d’Anu (An ou Anshar). Anu devient père d’Ea (Enki) et de nombreux autres dieux.
    L’ Enuma Elis, poème babylonien de la création
    Long poème en sept chants, écrit sur sept tablettes par les Babyloniens pour glorifier le dieu-roi de Babylone et pour légitimer l’identité politique de Babylone, l’ Enuma Elis est marqué par une empreinte à la fois religieuse et mythologique. Ode à la création, il retrace la formation du monde depuis ses origines, « lorsqu’en haut le ciel n’était pas nommé, qu’en bas la terre n’avait pas de nom, que le primordial Apsû de qui naîtront les dieux et la génératrice qui les enfantera tous, Tiamat, mêlaient, en un seul tout, leurs eaux… », jusqu’à l’organisation du cosmos par Marduk. Les historiens font remonter ces écrits vers 1125 avant notre ère. L’ Enuma Elis fixe l’opposition entre le désordre et le chaos incarnés par Tiamat, et l’ordre qui légitime le pouvoir de Marduk. Il marque le passage d’un ordre ancien à un ordre nouveau.
    Marduk et ses combats
    Les jeunes dieux sont bruyants, ils dérangent Apsû qui décide de les tuer. Ea, ayant appris les intentions d’Apsû, le tue pendant son sommeil. Lorsque Ea s’unit à la déesse Damkina, paraît Marduk, « le vrai soleil des dieux ». Marduk, comme nombre de personnages mésopotamiens, a une barbe rectangulaire et deux paires d’ailes.

    Marduk, dieu de Babylone.
    Marduk agace Tiamat en s’amusant avec les quatre vents, un « cadeau » offert par son père. À son tour, Tiamat veut se débarrasser des dieux et de Marduk. Elle fait appel à Kingu pour les tuer et lui remet la tablette des destins. Elle crée une armée de créatures monstrueuses, hommes scorpions, monstres marins, lions géants, etc. et les envoie au combat. An va quérir Anu et Ea pour combattre les créatures de Tiamat, mais aucun n’ose s’aventurer. Seul Marduk accepte de se rendre au combat, à la condition toutefois qu’on lui transfère le pouvoir de fixer les destins, et voici Marduk partant à l’assaut aidé des vents et de la tempête. Il déploie un immense filet et attrape les monstres ainsi que Tiamat. Marduk tue Kingu, lui reprend la tablette aux destins et fait souffler les vents dans la bouche de Tiamat : une fois son ventre gonflé comme une outre, il tire une flèche qui la transperce.
    Marduk coupe Tiamat en deux : chacune des parties de Tiamat forme le Ciel et la Terre. Avec les organes de son corps, Marduk crée la nature, les montagnes, les rivières et les vallées. Avec ses yeux, il crée le Tigre et l’Euphrate.
    Son premier travail achevé, il distribue à chacun des dieux leur rôle. Dans son organisation de l’univers, Marduk attribue leurs places au soleil, à la lune et noue la queue de Tiamat afin que l’Apsû-Océan ne déborde sur terre. Marduk est acclamé par les dieux et décrété roi de l’univers. Il annonce que sa cité sera Babylone, « le temple des grands dieux ».

    Tiamat et Apsû
    Dragon femelle, être androgyne, parfois représentée comme un serpent, Tiamat est à la fois créature, mère primitive et élément de la nature puisqu’elle représente aussi l’eau salée (la mer). Apsû est à la fois élément eau douce du sous-sol et père primitif. À partir du mélange des eaux, la fécondité peut avoir lieu. Mais pour que la création se poursuive face à l’immobilisme du couple Tiamat-Apsû, il faut une « révolution », celle qui est volontairement ou involontairement déclenchée par les jeunes dieux turbulents.
    La création de l’humanité
    Le mythe sumérien  : les grands dieux passent leur temps à se divertir tandis que des dieux esclaves, les Igigi, travaillent pour eux avec acharnement. Les Igigi façonnent la terre, creusent les cours d’eau, assurent les récoltes et nourrissent les grands dieux. Mais un jour, ils se rebellent et cessent de travailler. Craignant que les dieux ne meurent de faim, Enki décide de les remplacer par d’autres êtres. Sept moules d’homme et sept moules de femme sont fabriqués. Pour cela, Enki utilise de l’argile trempée dans la chair et le sang d’un dieu. Neuf mois plus tard, la première génération d’humains est née. Les Sumériens sont ainsi persuadés qu’ils sont venus sur terre pour servir les dieux.
    Le mythe babylonien  : après avoir coupé Tiamat en deux, Marduk sacrifie Kingu, et récupère son sang. Son père, Ea, l’aide dans sa tâche. Ainsi sont créés les premiers hommes.
    La tablette aux destins
    Un mythe babylonien, adapté d’un mythe sumérien revu et corrigé par les Akkadiens, relate le vol par Anzu de la tablette aux destins. Cette tablette, détenue par Enlil, est d’une importance majeure : elle lui permet de gouverner l’univers. Enlil rapporte le vol à Anu. Anu mande des divinités, mais celles-ci, effrayées par les pouvoirs de l’Aigle Anzu, refusent la mission. Le beau et héroïque guerrier Ninurta (Ningirsu) relève le défi : il se métamorphose en démon, se drape dans un épais brouillard et part à l’assaut d’Anzu. Il tire ses flèches, mais Anzu le fait plier comme un frêle roseau. Ninurta recule. Sur les conseils d’Enlil il repart à l’attaque et lance les sept vents mauvais. Lorsque les ailes d’Anzu retombent sous l’effet des vents, Ninurta les lui coupe et l’achève en lui tranchant la gorge. Triomphant, il rapporte les tablettes à Anu.

    Les vents mauvais
    C’est avec les vents mauvais que Marduk a pu venir à bout de Tiamat et de ses monstres ; c’est avec ces mêmes vents que Ninurta réussit à combattre Anzu. Ils sont souvent assimilés aux sept esprits mauvais et destructeurs : le vent du sud, le dragon à la bouche gigantesque, le léopard, Shibbu le terrible, le loup furieux, le fou et l’orage très puissant.
    Le déluge
    Les hommes se sont multipliés, ils sont nombreux et très bruyants, si bien que « le monde mugit comme un taureau sauvage », comme il est dit dans la légende de Gilgamesh. Les dieux se plaignent auprès d’Enlil. Enlil envoie donc trois fléaux sur les hommes : la peste, la sécheresse et la famine. Pour les achever, il fait s’abattre un immense déluge sur le monde. Mais Ea avertit un homme afin de sauver l’humanité. À Sumer, cet homme est Ziusudra ; en pays d’Akkad, il se nomme Atrahasis ; à l’époque babylonienne, il s’agit d’Uta-Napishtim (Noé dans la Bible).
    Le poème d’Atrahasis relate l’épopée humaine des premiers temps, de l’apparition de l’homme, né de l’argile et façonné par les dieux, à sa multiplication qui perturbe la tranquillité des dieux jusqu’au déluge, punition divine qui rétablit l’ordre sur terre. Atrahasis en est le seul survivant.
    Les Enfers
    Les Sumériens conçoivent la terre comme un disque plat entouré d’eau, contenant en son centre les Enfers, plus précisément sous les eaux primordiales. Sept hauts murs et sept portes permettent d’y accéder. Comme il faut déposer un vêtement à chaque porte, on y arrive nu. Ereshkigal, une déesse aux appétits sexuels insatiables, se nourrit des morts. Elle règne sans partage sur le monde des Enfers jusqu’à ce que Nergal devienne à ses côtés dieu des enfers. Namtar est son serviteur : il est chargé de répandre les maladies dans le monde.
    Pour les Mésopotamiens, l’âme du mort est un esprit malfaisant qui ne disparaît qu’une fois le cadavre enterré. Bons et méchants sont enfermés définitivement au royaume des Morts.

    Comment Nergal devient roi des Enfers
    Nergal assiste au banquet des dieux lorsque l’envoyé d’Ereshkigal vient réclamer sa part. Nergal refuse. Ereshkigal exige des excuses. Nergal ne se fait pas prier et part aux Enfers, accompagné de quatorze démons. Ainsi passe-t-il les sept portes sans perdre sa dignité. Il séduit Ereshkigal et repart. Mais cette dernière, furieuse, le rappelle et le menace. Nergal retourne aux Enfers, bien décidé d’en découdre avec elle. Une lutte s’engage, il la contraint de l’épouser et règne en maître sur ce royaume.
    Les royautés
    En Mésopotamie, le roi est un personnage sacré. Il représente le dieu et est entièrement responsable du bien-être de ses concitoyens.
    Etana, roi de Kish, reçoit des dieux la mission d’instaurer les royautés sur terre. Hélas, il n’a pas de fils pour lui succéder et ne peut fonder de dynastie. Aussi voyage-t-il jusqu’au ciel pour y quérir la plante de fécondité détenue par la déesse Innana. Le dieu Soleil l’aide à rejoindre l’aigle, emprisonné pour avoir mangé les petits de son ami serpent. Etana le libère et s’envole sur son dos. Un fils lui succédera.

    La Genèse et la mythologie sumérienne
    Les onze premiers chapitres de la Genèse s’inspirent de l’histoire et des mythes sumériens. La Genèse fait notamment référence au déluge que les Sumériens citent à de nombreuses reprises. Il aurait eu lieu aux alentours de 2600 et 2800 avant notre ère, période pendant laquelle plusieurs inondations de l’Euphrate ravagent effectivement le pays. Et si les ziggourats ont inspiré le récit de la tour de Babel, il semble probable qu’Abraham, vers 1900 avant notre ère, ait été issu de cette civilisation ou du moins ait eu des contacts avec elle.

    Fêtes, cultes et mythologie
    Pour les divinités de la cité, les fêtes sont l’occasion d’une promenade dans la ville, d’une promenade en bateau, mais aussi un grand moment culinaire. Les Mésopotamiens sont des gastronomes avertis et leurs dieux en profitent à outrance : quatre repas par jour arrosés de bière fine. Les repas ont lieu en musique, tandis qu’hymnes religieux et chants sont psalmodiés : les dieux mésopotamiens n’ont vraiment rien à envier à la cour de Louis XIV !
    Au temps de Babylone, les cérémonies de destruction ou d’édification d’un temple donnent lieu à des rites particuliers : lors de la destruction du temple, la brique de fondation est retirée et déposée dans un lieu secret. Le prêtre fait une incantation à Kulla, dieu de la Construction.
    La fête du Nouvel An en Mésopotamie est Akitu, la plus grande fête du printemps. À l’ère sumérienne, la statue du dieu tutélaire de la cité est sortie de son sanctuaire pour être vénérée. À Babylone, les festivités durent une dizaine de jours. Le roi, très impliqué dans le culte, s’unit avec une prêtresse symbole d’une déesse. Le mois de mars marque la célébration des noces d’Ishtar et de Dummuzi (Tammouz), renaissance de la vie sur la terre. À cette occasion est commémorée la victoire de Marduk sur Tiamat. Une lecture de l’ Enuma Elis est faite devant la statue de Marduk.

    Les ziggourats
    À partir du troisième millénaire avant notre ère, une ziggourat, sorte de pyramide à étages, domine chaque cité. Même si les suppositions restent entières quant à leur fonction, les historiens pensent que sur la plate-forme supérieure était situé le temple, lieu de culte, tandis que les étages inférieurs étaient réservés à l’administration de la cité. Des escaliers extérieurs permettaient d’accéder aux étages. La ziggourat la plus célèbre est celle de Babylone.
    Le récit : L’épopée de Gilgamesh
    Le contexte
    L’Épopée de Gilgamesh est l’un des plus anciens récits de l’humanité. Trois mille vers répartis en douze chapitres constituent ce récit au contenu à la fois littéraire et religieux. Il a été reconstitué d’après des recherches effectuées à Ninive au XIX e siècle. Les écrits les plus anciens, retrouvés sur des tablettes, datent de 2000 avant notre ère. Ce texte est influencé par la pensée mésopotamienne selon laquelle les hommes ont été créés pour servir les dieux et les honorer.
    Le thème
    À la mort de son meilleur ami, Gilgamesh part chercher l’immortalité mais échoue. Il revient au pays et écrit son récit de voyage.
    Les personnages
    Roi d’Uruk sous la première dynastie sumérienne, Gilgamesh est considéré comme un tyran durant son règne puis comme un demi-dieu et un grand sage après son règne. Sa mère est la déesse Ninsun, ce qui lui permet de bénéficier d’une partie de la puissance divine en dépit de sa condition de mortel.

    Gilgamesh, grand sage sumérien.

    Mi-homme mi-bête, le corps couvert de poils et la chevelure bouclée, Enkidou est une créature d’Anu destinée à affronter Gilgamesh. Il deviendra son meilleur ami.
    Uta-Napishtim  : il est celui qui a reçu l’immortalité, le « Noé mésopotamien ».
    L’épopée
    Les habitants d’Uruk se plaignent auprès des dieux de la tyrannie exercée par leur roi Gilgamesh. Le dieu Anu décide alors de créer un être sauvage capable de faire face à Gilgamesh : c’est Enkidou. Un chasseur vient prévenir Gilgamesh de la présence dans la steppe d’un être à la force surhumaine, qui vit et mange avec les bêtes. Gilgamesh décide d’amadouer cet être en envoyant une courtisane dont la mission est de lui « prendre son souffle » et de le ramener à la civilisation. Enkidou connaît le plaisir six jours et sept nuits. La courtisane le convainc ensuite de manger du pain et de boire de la bière, puis de se rendre à Uruk pour rencontrer Gilgamesh. Enkidou, au corps hirsute, finit par ressembler à un homme.
    Il affronte Gilgamesh à la lutte mais aucun des deux ne sort vainqueur. Gilgamesh et Enkidou deviennent amis. Ensemble, ils vivent de multiples aventures. Au pays des Cèdres, ils combattent le monstre Humbaba, roi de la forêt ; le dieu du Soleil, Shamash, les assiste dans ce combat. La déesse de l’Amour, Ishtar, est séduite par Gilgamesh et tente, en vain, de gagner les faveurs du héros. Humiliée pour avoir été ainsi éconduite, elle envoie un taureau qui dévaste la ville d’Uruk, tuant nombre de ses habitants. La force de Gilgamesh associée à celle d’Enkidou a finalement raison du taureau venu du ciel. Les dieux, agacés par l’arrogance des deux personnages, interviennent alors pour faire mourir Enkidou. Celui-ci meurt bientôt de maladie, laissant son ami Gilgamesh inconsolable. Gilgamesh découvre l’angoisse de la mort et fait un funeste constat : les dieux ont créé en même temps l’humanité et la mort ; sa vie, comme celle de tout mortel, est donc entre leurs mains. Il s’en va errer dans le désert. Sur sa route, il croise la nymphe Siduri qui lui assène la vérité de sa condition.

    « Pourquoi donc rôdes-tu ainsi, Gilgamesh ?
    La vie-sans-fin que tu recherches,
    Tu ne la trouveras jamais !
    Quand les dieux ont créé les hommes,
    Ils leur ont assigné la mort,
    Se réservant l’immortalité à eux seuls 4  ! »
    Le conseil de la nymphe est de profiter de la vie chaque jour, dans la joie et la bonne humeur. Mais Gilgamesh a appris l’existence d’un immortel répondant au nom d’Uta-Napishtim, survivant du déluge. Gilgamesh traverse les eaux de la mort et, après des mois d’errance et d’épreuves, arrive auprès de lui. Uta-Napishtim lui relate l’épisode du déluge : à Shuruppak, sur les bords de l’Euphrate, les dieux (Anu en tête) ont décidé d’exterminer tous les hommes en faisant s’abattre le déluge. Le dieu Ea a choisi de sauver un couple d’humains ; il a demandé à Uta-Napishtim de démolir sa maison, de construire un bateau recouvert d’un toit, d’abandonner ses richesses et d’embarquer à bord toutes les espèces vivantes à sa portée. Bientôt, un bateau composé de six ponts et de sept étages est édifié : c’est le déluge. Addad, dieu de l’Orage, Nergal, dieu des Enfers et Ninurta, dieu de la Violence, sont de la partie. Tempêtes et ténèbres s’abattent et dévastent la terre durant six jours et sept nuits, à tel point que même les dieux sont terrifiés.

    « C’était le silence
    tous les êtres vivants
    s’étaient changés en argile. »
    Au septième jour, les éléments se sont apaisés. Le bateau échoué sur le mont Nisir y resta sept jours. Après avoir envoyé plusieurs oiseaux en reconnaissance, Uta-Napishtim ne vit pas revenir son corbeau. Pour remercier les dieux, il offrit des sacrifices. Le dieu Enlil fut très en colère en constatant qu’il restait un homme et son épouse, mais il se laissa malgré tout infléchir par Ea et les bénit :

    « Auparavant, Uta-Napishtim était de
    nature humaine ;
    maintenant qu’Uta-Napishtim et sa femme
    deviennent comme nous, les dieux,
    et qu’Uta-Napishtim demeure au loin,
    à l’embouchure des fleuves ! »

    Ainsi s’explique l’immortalité d’Uta-Napishtim, une immortalité à laquelle Gilgamesh ne peut accéder. Uta-Napishtim suggère à Gilgamesh de ne pas dormir pendant sept jours et six nuits pour tenter de devenir immortel, mais Gilgamesh s’endort. Avant qu’il ne rentre chez lui, Uta-Napishtim accepte de lui expliquer comment obtenir la plante capable de lui donner la vie éternelle. Gilgamesh réussit à s’en emparer. Hélas, tandis qu’un jour il s’arrête pour se baigner, un serpent passe et emporte la plante, ne laissant à Gilgamesh que ses larmes pour pleurer. Le héros tente de se rendre au royaume des Morts. Il rencontre l’âme de son ami Enkidou qui lui confirme l’amère réalité : le corps redevient poussière.
    Gilgamesh, de retour chez lui à Uruk, terminera ses jours comme un sage et sera vénéré comme tel après sa mort.

    3 À ne pas confondre avec Enkindu, personnage de l’épopée de Gilgamesh.
    4 Traduction de René Labat, Les Religions du Proche-Orient asiatique , Arthème Fayard-Denoël, 1970.

    Chapitre 2

    La mythologie égyptienne
    Il paraît difficile d’évoquer une mythologie commune à l’Égypte quand les différents centres religieux de l’Égypte ancienne se sont attachés à déve-lopper séparément leurs propres cosmogonies et panthéons. L’Égypte ancienne, surnommée « les Deux Pays », est composée de la Basse Égypte, autour du Delta du Nil, avec les cités d’Héliopolis et de Memphis, et de la Haute Égypte, autour de Thèbes, capitale de l’Égypte en 2000 avant notre ère. Hermopolis en Moyenne Égypte et Esna (ou Edfou) en Haute Égypte jouent des rôles clés en tant que centres religieux.
    L’Égypte reste bien souvent synonyme de fouilles archéologiques dans les pyramides et les temples, et cela à juste titre car la majorité des sources en proviennent. On y trouve en effet des textes écrits sur les parois funéraires de tombeaux, des dessins muraux, des fresques, des papyrus fragiles ainsi que de nombreux exemplaires de livres à l’exemple du Livre des Morts retrouvé dans nombre de tombeaux. Ce sont trois mille ans de civilisation pour laquelle les documents sont très fragmentés, expliquant l’existence de mythologies superposées. La raison est à rechercher du côté de la rareté des sources et par la quasi-impossibilité de reconstituer une histoire ancienne complète. En effet, les récits proviennent davantage des Grecs (à l’instar d’Hérodote) que des papyrus et textes sur cuir qui ont presque tous disparu.
    Cette civilisation, une des plus anciennes avec la Mésopotamie, la Chine et l’Inde, a largement influencé le Proche-Orient, la Grèce et Rome. Aussi ne peut-on s’étonner du fait que beaucoup de savants grecs y aient puisé leur inspiration : Plutarque, Hérodote, Porphyre, pour n’en citer que quelques-uns.
    Repères chronologiques 5 Dates Faits IV e millénaire av. J.-C. Fin du néolithique : période prédynastique. Civilisation nilotique (sites de Badari et El Amrah) 3150-2700 av. J.-C. Époque Thinite Vers 3100 av. J.-C. Naissance de l’écriture (à partir de pictogrammes) : les hiéroglyphes * 2815-2400 av. J.-C. Début de l’Ancien Empire et des pharaons. Unification Haute et Basse Égypte 2300-2050 av. J.-C. Succession de royautés Première époque intermédiaire Capitale : Thèbes 2000-1800 av. J.-C. Moyen Empire Amménémès I er développe une dynastie prestigieuse Période d’épanouissement de la civilisation 1800-1600 av. J.-C. Deuxième période intermédiaire Invasions syriennes et palestiniennes 1590-1085 av. J.-C. Nouvel Empire Règne de Thoutmosis I er Apogée de la civilisation égyptienne XV e -XIII e siècles av. J.-C. Règnes d’Aménophis III, roi raffiné, et d’Aménophis IV Akhenaton, roi hérétique marié à Nefertiti Une ville est créée en l’honneur du dieu Aton : Akhet-Aton (actuel Tell el-Amarna) XIII e et XII e siècles av. J.-C. XIX e dynastie avec les règnes de Seti I er et de Ramsès II, le constructeur des temples d’Abou-Simbel Toutankh-Amon rétablit le culte d’Amon Setnakht et Ramsès III sont les derniers grands rois avant le déclin 1085-333 av. J.-C. Troisième période intermédiaire et basse époque : déclin de l’Égypte 332 av. J.-C. - 395 ap. J.-C. Période gréco-romaine (époque ptolémaïque)
    * Hiéroglyphe signifie « écriture des dieux ».
    Sources
    Les plus anciens textes ont été découverts dans les pyramides des rois de l’Ancien Empire, au III e millénaire avant notre ère. Ce sont plus précisément des hymnes et textes à usage magique, destinés à accompagner le pharaon dans l’au-delà. Les auteurs grecs et romains (Homère, Démocrite, Platon, Ovide, etc.) se sont appropriés ces textes funéraires, hymnes et rituels, les livrant à leur perception orientée vers la philosophie et l’abstraction. En outre, nombre de dieux égyptiens ont été assimilés aux dieux grecs : Amon a ainsi été identifié à Zeus, Thot à Hermès ou encore Isis, vénérée comme Déméter. Si c’est grâce aux Grecs que s’est répandu le culte d’Isis et d’Osiris, c’est aussi une mythologie revisitée qui s’est transmise durant des siècles.
    Les personnages en scène
    En Égypte, lorsque les dieux adoptent une forme humaine, ils jouent un rôle dans le monde des humains ; lorsqu’ils ont une apparence animale, cela correspond à un langage mythique.
    Les divinités de la création
    Les Égyptiens ont regroupé leurs dieux d’origine en catégories. L’Ennéade est composée de neuf divinités primordiales : Rê, ses enfants Shou et Tefnout dont sont issus Geb et Nout, qui à leur tour donnent naissance à Osiris, Isis, Seth et Nephtys.
    On compte quatre démiurges dans les principaux mythes cosmogoniques :
    Amon-Rê dans la Haute Égypte de Thèbes, dieu de la Fertilité et du Soleil, divinité androgyne dont le culte est rendu à Heliopolis ;
    Atoum , le serpent à forme humaine, androgyne et créateur par sa semence. Son culte est rendu à Thèbes ;
    Khnoum dans le sud de l’Égypte, celui qui régénère la vie, symbole de la crue du Nil pour ses aspects vivifiants. Sur son tour de potier, Khnoum crée les humains avec de l’argile. Son culte a lieu sur l’île Éléphantine ;
    Ptah en Basse Égypte, dans la région de Memphis, celui qui pense la création et la verbalise. Il fabrique les humains dans du métal.
    Nout le Ciel et Geb la Terre
    Issus du premier couple divin Chou, Tefnout, Geb et Nout vont à leur tour procréer et donner naissance aux grands dieux. Geb la Terre constitue le principe masculin, Nout le Ciel, le principe féminin.
    Nout laisse glisser les astres stellaires sur son corps. Les Égyptiens la représentent tantôt avec un corps arqué au-dessus de Geb, la Terre, tantôt comme une truie accompagnée de sa portée qu’elle veut dévorer. Chaque soir, elle avale le Soleil, et chaque matin, elle le recrache ou en accouche.
    Le panthéon égyptien : principales divinités





    Rê l’Universel
    Rê (Râ) est le grand dieu d’Égypte, représentant le cycle perpétuel des jours et des nuits, des mois et des années. Chaque nuit, à bord de la barque solaire, il voyage dans le monde souterrain, accompagné d’une multitude d’êtres et de dieux qui tentent de le protéger contre les attaques intempestives du serpent maléfique Apophis et de ses acolytes. Rê est celui à qui l’on veut ravir le pouvoir. Chaque heure du cycle du dieu Rê est retracée dans le Livre des Morts .

    Le scarabée
    Symbole égyptien par excellence, on le retrouve en bijou, en amulette, en talisman, sur des peintures et des fresques, ou encore déposé sur le cœur du défunt. Le scarabée est associé au dieu Soleil : il est Rê renaissant au matin. Le dieu Scarabée est Khepri, dont le nom provient de kheper qui signifie « venir à l’existence ».

    Dans le monde des ténèbres, il doit traverser douze chambres correspondant aux douze heures de la nuit. À la septième heure, il rencontre Apophis, à la douzième heure, quand arrive l’aube, la barque sort de la gueule du serpent. Au cours de ses pérégrinations, sa barque sillonne sur l’eau puis sur des sables éternels où elle est remorquée par des chacals.
    Le dieu Soleil du matin est Khepri (Kheper) le scarabée, à midi il est Rê Horus à tête de faucon ou Rê Horakhty, le soir il est Atoum à forme humaine, portant la double couronne des pharaons ; la nuit, il revêt une tête de bélier. Le temps de son voyage nocturne, il est parfois assimilé à Osiris.

    Rê Horus, dieu Soleil.

    Le nom caché de Rê
    Isis veut à tout prix découvrir le nom caché de Rê. Les Égyptiens croient que les noms secrets recèlent des pouvoirs magiques. Isis s’arrange pour recueillir de la bave de Rê qu’elle mêle à de l’argile pour créer un serpent venimeux. Le serpent mord Rê et l’empoisonne. Rê souffre tant qu’il finit par accepter d’être soigné par Isis en échange de son véritable nom. Isis le guérit alors avec sa magie. Elle promet de ne rien révéler mais ses pouvoirs en sont accrus. Quant au nom caché de Rê, on ne le connaît pas puisque c’est un secret…


    Divinités solaires et lunaires
    Outre Rê, divinité solaire et principe créateur, quelques divinités sont assimilées au soleil et à la lune.

    Le taureau
    Le taureau est assimilé au soleil et par conséquent représenté avec un disque solaire entre les cornes. Les taureaux sacrés de Memphis illustrent de nombreuses fresques.
    Horus  : fils d’Osiris et d’Isis, dieu de l’Azur, il a pour yeux le soleil et la lune. Les pharaons se recommandent de lui, l’invoquent ;
    Thot  : il est la divinité lunaire et son lien à la magie est puissant. Scribe, Thot est considéré comme l’inventeur des hiéroglyphes ;
    Hathor  : parfois assimilée à Isis, Hathor est généralement considérée comme la fille de Rê. Elle accompagne les nouveaux-nés et accueille les âmes au royaume des Morts ;

    Le faucon
    Manifestation d’Horus, « celui qui est en haut », le faucon est aussi la représentation de l’oiseau guerrier par excellence. Il prend l’apparence de nombreux dieux.
    Sekhmet  : cette déesse lionne très puissante se charge à la demande de Rê, fatigué par les attaques des humains, de massacrer ces derniers. Elle est assoiffée de sang, mais Rê l’arrête à temps (en la rendant ivre) afin de sauver le reste de l’humanité. C’est par elle que les humains reçoivent les maladies ;
    Aton  : le dieu Aton, identifié au disque solaire, a pour particularité d’avoir été utilisé par le pharaon Akhenaton comme rempla-çant d’Amon et en vue de faire de la religion polythéiste une religion monothéiste. Il symbolise la vie.
    Divinités de la fertilité
    En Égypte, la fertilité est liée au Nil. Outre Sateth et Anouket, divinités secondaires du panthéon, deux divinités majeures président à la fertilité :
    Isis  : c’est la grande déesse égyptienne, vénérée dans tout le bassin méditerranéen durant l’Antiquité. Grande Initiatrice, protectrice des défunts, elle est capable de guérir et de ressusciter les humains et les dieux ;
    Osiris  : il fait l’objet du récit principal égyptien. Il est celui par qui la vie est régénérée et grâce à qui les cycles se perpétuent. Il apporte la civilisation aux hommes et porte, de ce fait, les insignes du pouvoir que sont le fouet et la crosse ; sur sa tête est posée une haute couronne blanche. Il préside au royaume des Morts.
    Divinités liées au chaos
    Seth : divinité malfaisante, Seth est associé au désert et à son aridité. Après avoir tué Osiris, il se bat contre Horus pour la succession au trône (voir récit). Les dieux n’ont pas jugé Seth digne d’épouser une déesse égyptienne : ils lui ont accordé deux épouses étrangères, Anat et Astarté, déesses de la Guerre du Moyen-Orient. Non content d’être un meurtrier, il est aussi violeur : il viole la déesse Hathor, en tombe malade, et c’est grâce à l’intervention de son épouse Anat qui implore Rê qu’il peut être guéri. Seth adopte des aspects divers : hippopotame, taureau, créature moitié âne, moitié cochon, etc. ;

    Seth démasqué
    Un procès doit avoir lieu pour départager Seth et Horus, tous deux prétendants au trône d’Égypte. Afin qu’Isis n’y assiste pas, le procès a lieu sur une île et le passeur, Anti, a interdiction de la prendre à bord. Mais Isis se déguise en vieille femme et obtient son passage en échange d’une bague en or. Sur l’île, elle se transforme en une magnifique veuve, séduit Seth et lui raconte une histoire de troupeaux volés et de fils spolié. Seth reconnaît qu’il est inadmissible qu’un fils unique soit ainsi violé dans ses droits à succéder à son père. Isis se change alors en hirondelle, se fait reconnaître par Seth et lui annonce qu’il perdra son procès. Quant au faible Anti, il est puni pour désobéissance : on lui coupe les orteils.
    Apophis (Apopis) : prince des Ténèbres, serpent géant du monde souterrain, il incarne d’abord le mal et la menace qui pèse en permanence sur l’ordre cosmique. Durant le cycle nocturne, Apophis attire à lui les dieux ennemis de Rê et lance une attaque contre la barque du soleil. À Héliopolis, les prêtres piétinent l’image d’Apophis sur le sol afin de protéger Rê et de perpétuer le cycle nuit/jour.
    Divinités liées à la mort
    Anubis  : dieu chacal au centre du culte des morts, il assiste les défunts lors de la pesée des âmes et les conduit dans les Ténèbres ;
    Nepthys  : épouse de Seth, « Vénus » égyptienne, mère adultère d’Anubis, c’est la déesse des Morts mais aussi « l’ambassadrice des maîtresses de maison ». Dans le mythe d’Osiris, elle est la gardienne du corps d’Osiris ;
    Neith  : c’est une des déesses émergée de l’océan primordial. De son crachat dans le Noun est issu Apophis, le serpent du Chaos. Neith apparaît également comme la mère du dieu crocodile Sobek ;
    Selkhet  : déesse scorpion, elle joue un rôle protecteur tant au moment des naissances que lors des funérailles. Les charmeurs de Selket sont les sorciers guérisseurs dont les pouvoirs ont été transmis par la déesse.

    Déesses étrangères
    Anat et Astarté, épouses de Seth et déesses de la Guerre, ainsi que Koudchou, épouse de Min (dieu égyptien de la Fertilité) sont des déesses « importées » de Syrie et de Palestine.

    Les prêtres
    Seuls habilités à conduire les cultes, les prêtres sont en liaison avec les divinités et sont perçus comme des magiciens. On dit qu’ils savent lire à travers des livres fermés, recoller des têtes d’animaux coupées et donner vie à des créatures façonnées par eux. Les nombreuses formules magiques sont récitées pour les dieux dans le plus grand secret du temple. La magie est utilisée pour guérir les morsures de serpents et piqûres de scorpions.

    Le scorpion
    On le retrouve sur le sceptre du pharaon. Ambivalent comme le serpent, il est à la fois symbole de destruction et a une fonction bénéfique. C’est un des plus anciens hiéroglyphes.
    Le chef des prêtres est le pharaon. Toutefois, certaines périodes de l’histoire présentent les prêtres dotés de pouvoirs très importants, particulièrement ceux qui sont regroupés autour du culte d’Amon. Un des célèbres prêtres est Imhotep : il révèle au roi où se trouve le maître de la crue du Nil. Afin que le dieu Khnoum libère le maître de la crue, le roi remet de nombreuses offrandes à Khnoum et réussit à sortir son pays d’une famine généralisée.
    Mythes d’origine
    La création
    Un mythe rassemble toute l’Égypte : celui de la conception d’un vide primordial, chaos recelant la création potentielle et d’où va surgir le démiurge. Ensuite, les récits divergent.
    L’Ennéade
    La cosmogonie d’Héliopolis constitue un des principaux récits. L’océan primordial est le Noun. Il recèle Atoum le démiurge 6 . Atoum génère son propre corps et installe sa résidence sur la butte primordiale, engendrée par lui-même, qui deviendra le lieu de création première des êtres. Ce tertre surgi de l’eau est l’objet d’un culte à Héliopolis sous la forme de la pierre Benben . Atoum possède plusieurs noms selon qu’il est assimilé au soleil levant, au soleil de midi ou au soleil couchant. Il est tour à tour Khépri, Rê et Atoum.
    Atoum se masturbe et crache sa semence par sa bouche. Sa semence donne naissance au couple divin Shou et Tefnout : Shou est l’atmosphère et la chaleur, Tefnout est l’humidité et le souffle. Leur procréation engendre Geb, la Terre, et Nout, le Ciel. De l’union cachée de ces deux derniers apparaissent Osiris, Isis, Seth et Nephtys. Ces neuf divinités constituent l’Ennéade. Osiris, Isis, Seth et Nephtys sont emprisonnés entre Geb et Nout. Rê, furieux, demande à Shou et Tefnout d’éloigner Geb et Nout l’un de l’autre : ainsi sont séparés terre et ciel.
    L’Ogdoade
    Dans la cosmogonie d’Hermopolis, l’océan primordial abrite quatre couples de grenouilles et serpents, soit huit divinités à l’origine du monde : l’Ogdoade. Ce sont Noun et Naunet, les eaux primordiales, Het et Hehet, l’espace infini du cosmos, Kekou et Keket, les Ténèbres, Amon, le dieu caché symbole du secret et de l’indéfinissable, et Amaunet. Les huit génies divinisés conçoivent un œuf qui est déposé sur un tertre hors de l’eau. De l’œuf surgit le Soleil, le dieu Rê.
    Conceptions du monde
    Trois univers coexistent : le monde souterrain ou royaume des Morts et des dieux funéraires, le monde terrestre où vivent les créatures animées, et enfin le monde céleste des dieux (parmi lesquels le dieu Soleil, le dieu Lune et les dieux des Étoiles).

    Le crocodile
    Il symbolise la puissance de l’eau et génère la peur. Ses yeux sont le lever du jour, sa queue la mort et le monde souterrain. Il est Sobek le « dévorateur », celui qui dévore les âmes. Des temples sont érigés en son honneur et il a même une ville à son nom : Crocodilopolis. Les crocodiles sacrés d’Égypte ne sont pas un fantasme !
    Les eaux primordiales baignent les mondes sous-terrain et céleste. Chaque soir, Rê traverse la voûte céleste et, à bord de son embarcation, se rend au royaume occidental des Morts. Au petit jour, il réapparaît à l’orient. Quatre piliers posés sur la terre soutiennent le ciel ; ce sont parfois les deux pieds et les deux mains de la déesse du Ciel, Nout. Au centre de la terre il y a l’Égypte, traversée du sud au nord par le Nil dont les crues résultent du crachat épisodique d’Atoum.
    Cycles
    La création du cosmos est en réalité une succession de créations ou cycles dont la course du soleil d’orient vers l’occident, les phases de la lune et la crue annuelle du Nil sont les plus représentatifs. Chaque fois, la menace de la destruction est sous-jacente. L’exemple le plus significatif est celui de Rê traversant le monde souterrain chaque nuit, sans cesse soumis à des menaces de destruction. Dans la mythologie égyptienne, il est entendu que le monde retournera à ses origines.
    L’homme dans l’Égypte antique
    L’homme est doté de plusieurs éléments : un nom qui lui donne une existence physique après la mort, l’ ankh , « esprit des dieux et des morts », grâce auquel il peut atteindre l’au-delà, le ka ou principe vital, qui continue d’être alimenté après la vie, le ba , âme ou double de l’individu représenté par un oiseau à tête humaine.

    La croix ansée et le nœud d’Isis
    La croix ansée ou ankh symbolise la vie divine, l’immortalité. Cette croix est constituée, dans sa partie supérieure, d’une sorte de boucle ronde. Elle symbolise la vie éternelle, la divinité ainsi que la force vitale. Le hiéroglyphe ankh signifie « vie ». Les pharaons et les initiés la recevaient sur leur front. Le nœud d’Isis ou tit ressemble à la croix ansée et représente à la fois la vie éternelle et les liens avec la vie. Il sert d’amulette de protection, attirant la fécondité et le bonheur.

    L’œil de Rê
    À Héliopolis, l’œil de Rê est le créateur des hommes : ayant perdu son œil, Rê envoie ses enfants à sa recherche. La quête s’avère vaine et Rê remplace l’œil manquant. Lorsque l’œil revient, se voyant remplacé, il se met à pleurer. De ses larmes naissent les hommes.

    L’œil de Rê.
    L’œil est désormais placé sur le front de Rê sous forme de cobra, destiné à chasser les dieux malfaisants. Dans d’autres récits, l’œil de Rê est la lune. L’œil est aussi celui ou ceux que Thot accorde à Horus et qui lui confère(nt) l’intégrité et l’équilibre. En Égypte, l’œil est dans la tombe et plus encore dans le sarcophage. Il ne regarde pas le mort mais lui assure l’usage de son corps. L’œil de Rê représente également sa fille, Hathor.

    Seconde version
    Lorsqu’un jour les enfants de Rê, Chou et Tefnout, disparaissent dans le chaos primordial (le Noun), Rê envoie des guerriers à leur recherche. Lorsqu’ils sont finalement retrouvés, Rê verse des larmes d’émotion. Ces larmes sont à l’origine des humains.
    La mort
    Les Égyptiens croient à une vie après la mort ; ils imaginent une vie parallèle à la vie sur terre. Mais le royaume des morts peut aussi être le lieu de tous les dangers. Le défunt passe devant le tribunal d’Osiris. Suivant ses actions, il peut ou non accéder au royaume éternel. Une créature hybride, Toueris, assiste les défunts afin qu’ils renaissent dans les eaux primordiales. Chaque nuit, les morts reçoivent la visite de Rê et de sa brève lumière. Rê voyage dans sa barque entouré de plusieurs divinités. Seth, de son souffle puissant, fait avancer la barque.
    Les Égyptiens ont dressé des cartes du monde souterrain et même des guides (à l’instar des guides touristiques pratiques) destinés aux défunts, qui doivent les aider à trouver leur chemin et à éviter les obstacles. Ce sont par exemple le Livre des Deux Chemins et le Livre des Portes , découverts dans des tombes royales sur des papyrus et même au fond des sarcophages, mais le guide le plus diffusé reste le Livre des Morts .
    Dans les temps anciens, le défunt est enterré dans une fosse recouverte d’un tertre de terre symbolisant la butte ou colline primordiale. Par la suite, les tombeaux ressemblent davantage à des habitations dotées d’une fausse porte, sorte de trompe-l’œil qui permet au ka d’aller et venir.
    Le rituel d’embaumement des morts est complexe et long : les viscères du cadavre sont retirés puis nettoyés et emmaillotés ; le corps est préparé pour la conservation, rempli d’aromates, d’onguents ou de tissus, puis recouvert de bandelettes. Un masque recouvre l’emplacement du visage. La momie est placée dans un sarcophage aux parois agrémentées de textes. La vaisselle et des objets ayant appartenu au défunt sont répartis dans la tombe.

    Le serpent
    Les Égyptiens attribuent au serpent des pouvoirs destructeurs (c’est d’ailleurs la forme que prend Apophis). Il est le « contrôleur » du monde et est en relation avec les autres mondes, en dehors de notre espace-temps. Le serpent symbolise aussi la régénération.
    La psychostasie
    C’est la pesée des âmes lors du jugement de Dieu. Sur une balance est posée, d’un côté, la plume d’autruche de Maât, déesse de la Justice, et de l’autre côté, le cœur du défunt. À droite, le dieu Thot recueille la sentence, à gauche, Anubis conduit le défunt au jugement et tient dans sa main la croix ansée de la vie éternelle. Le défunt ne doit pas relater ses erreurs de parcours mais les fautes qu’il n’a pas commises : si la plume est plus lourde que son cœur, il est sauvé et pourra peut-être voyager dans la barque solaire ; si la plume est plus légère, il sera condamné : un monstre femelle, la « dévorante », surgira pour dévorer son cœur.

    Le chat
    Le chat est un animal au service des dieux et des hommes, prêt à attaquer leurs ennemis cachés et à prendre le dessus. Il est donc vénéré par les humains.
    La royauté divine
    Le pharaon est un dieu sur terre. Sa naissance divine, incontestée, est souvent le fruit de l’union du dieu solaire avec l’épouse du pharaon régnant. Le dieu s’incorpore dans le roi au pouvoir et la reine donne ensuite naissance au successeur. On dit aussi que Khnoum le fabrique spécialement comme une poterie sur son tour. Après leur mort, les rois sont divinisés.

    La succession du pharaon Chéops
    Redjédet, l’épouse d’un prêtre, tombe enceinte du dieu Rê. Le Pharaon Chéops (IV e dynastie) veut lui nuire mais Rê envoie ses dieux la protéger. Isis et Nephtys assistent à l’accouchement : Redjédet met au monde des triplés. Les déesses déposent trois couronnes royales près d’eux. Les enfants succéderont à Chéops : ce sont les trois premiers rois de la cinquième dynastie.
    Fêtes, cultes et mythologie
    Le pharaon a la responsabilité de conduire le culte aux dieux. Ainsi peut-il garantir le bon ordre du monde. Les cérémonies dans les temples sont quotidiennes. Les fêtes sont liées aux phases lunaires, au lever du soleil, à l’apparition des étoiles, etc. et constituent autant d’occasions d’apporter des offrandes aux dieux. Les quantités d’offrandes sont très précises et répertoriées dans le calendrier du culte.
    Fête du Nouvel An et fête Ouag  : dès le troisième millénaire avant notre ère, on fête le renouveau. Dix-sept jours plus tard, c’est la fête Ouag liée au cycle lunaire.
    Fête d’Amon  : lorsque la crue du Nil est à son niveau le plus élevé, la fête d’Amon célèbre le dieu Amon au temple de Karnak. Elle débute par une procession destinée à conduire Amon auprès de son épouse Mout. Le pharaon en tête, suivi des prêtres portant une barque de bois doré, se rend à bord d’un bateau sur le Nil jusqu’à Louxor, quelques kilomètres plus loin. La scène de l’union d’Amon et Mout est rejouée dans leur temple et s’achève par la naissance de leur fils Khonsou. Le pharaon symbolise sa propre descendance des dieux.

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