Louis XIV
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Description

Des années d'apprentissage à la fin du règne de Louis XIV, ce livre retrace l'histoire du Roi-Soleil, architecte du Grand Siècle et de la France moderne. C'est ainsi que se dévoile progressivement le roi, tour à tour guerrier, stratège, amoureux, lettré... Et qu'émerge la France puissante, rayonnante et singulière qui se reflète encore aujourd'hui dans la galerie des glaces.




  • Un auteur spécialiste du XVIIe siècle


  • Une approche vivante


  • Une synthèse de référence




  • Les années d'apprentissage (1638-1661)


    • Un enfant élevé par sa mère et son parrain


    • Une jeunesse troublée par la Fronde et la guerre


    • Le roi s'affirme




  • L'apogée du règne (1661-1683)


    • Le fonctionnement de la monarchie


    • Les succès du roi de guerre


    • Louis, amoureux des arts et des femmes




  • Le temps des épreuves (1683-1715)


    • Un roi tout-puissant mais jalousé (1683-1688)


    • La France face à l'Europe (1688-1697)


    • Louis XIV et la guerre de Succession d'Espagne(1700-1715)



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Informations

Publié par
Date de parution 05 avril 2012
Nombre de lectures 396
EAN13 9782212147223

Informations légales : prix de location à la page 0,0052€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait




  • Un auteur spécialiste du XVIIe siècle


  • Une approche vivante


  • Une synthèse de référence




  • Les années d'apprentissage (1638-1661)


    • Un enfant élevé par sa mère et son parrain


    • Une jeunesse troublée par la Fronde et la guerre


    • Le roi s'affirme




  • L'apogée du règne (1661-1683)


    • Le fonctionnement de la monarchie


    • Les succès du roi de guerre


    • Louis, amoureux des arts et des femmes




  • Le temps des épreuves (1683-1715)


    • Un roi tout-puissant mais jalousé (1683-1688)


    • La France face à l'Europe (1688-1697)


    • Louis XIV et la guerre de Succession d'Espagne(1700-1715)



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Louis XIV

Dans la collection Eyrolles Pratique L’hindouisme , Alexandre Astier Petite histoire de l’Inde , Alexandre Astier Les maîtres spirituels de l’hindouisme , Alexandre Astier Communiquer en arabe maghrébin , Yasmina Bassaïne et Dimitri Kijek Le Coran , Ghaled Bencheikh QCM de culture générale , Pierre Biélande La géopolitique , Pascal Boniface Le christianisme , Claude-Henry du Bord Marx et le marxisme , Jean-Yves Calvez Comprendre le catholicisme , Jean-Yves Calvez, Philippe Lécrivain Comprendre l’ésotérisme , Jean-Marc Font Le rugby , Pierre-François Glaymann Citations de culture générale expliquées , Jean-François Guédon et Hélène Sorez Psychologie de base , Ghéorghiï Grigorieff QCM Histoire de France , Nathan Grigorieff Citations latines expliquées , Nathan Grigorieff Philo de base , Vladimir Grigorieff Religions du monde entier , Vladimir Grigorieff Les philosophies orientales , Vladimir Grigorieff La Torah , Philippe Haddad La philosophie juive , Marc Israel Comprendre les crises financières , Olivier Lacoste Découvrir la psychanalyse , Édith Lecourt Citations littéraires expliquées , Valérie Le Boursicaud-Podetti Einstein , Guy Louis-Gavet La physique quantique , Guy Louis-Gavet L’islam , Quentin Ludwig Le judaïsme , Quentin Ludwig La Kabbale , Quentin Ludwig Le bouddhisme , Quentin Ludwig Histoire du Moyen Âge , Madeleine Michaux Histoire de la Renaissance , Marie-Anne Michaux Les mots-clés de la géographie , Madeleine Michaux Découvrir la philosophie antique , Cyril Morana et Eric Oudin Chopin , Sylvie Oussenko Schumann , Sylvie Oussenko La Bible , Christine Pellistrandi et Henry de Villefranche Les présidents de 1870 à nos jours , Raphaël Piastra La franc-maçonnerie , Alain Quéruel Citations philosophiques expliquées , Florence Perrin et Alexis Rosenbaum 200 femmes de l’histoire , Yannick Resch Citations artistiques expliquées , Michèle Ressi Citations historiques expliquées , Jean-Paul Roig Histoire du XX ème siècle , Dominique Sarciaux Luther et la Réforme protestante , Annick Sibué QCM d’économie , Marion Stuchlik et Jean-François Guédon QCM Histoire de l’art , David Thomisse Le protestantisme , Geoffroy de Turckheim Le chant grégorien , Jacques Viret Petite histoire de la Chine , Xavier Walter
Jean-Philippe Cénat
Louis XIV
Éditions Eyrolles 61, bd Saint-Germain 75240 Paris Cedex 05 www.editions-eyrolles.com
Mise en pages : Istria
En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, sur quelque support que ce soit, sans autorisation de l’éditeur ou du Centre français d’exploitation du droit de copie, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.
© Groupe Eyrolles, 2012 ISBN : 978-2-212-55325-3
Sommaire Introduction 7 Partie I : Les années d’apprentissage (1638-1661) 11 Chapitre 1 : Un enfant élevé par sa mère et son parrain 15 Chapitre 2 : Une jeunesse troublée par la Fronde et la guerre 27 Chapitre 3 : Le roi s’affirme 47 Partie II : L’apogée du règne (1661-1683) 61 Chapitre 4 : Le fonctionnement de la monarchie 65 Chapitre 5 : Les succès du roi de guerre 81 Chapitre 6 : Louis, amoureux des arts et des femmes 93 Partie III : Le temps des épreuves (1683-1715) 107 Chapitre 7 : Un roi tout-puissant mais jalousé (1683-1688) 111 Chapitre 8 : La France face à l’Europe (1688-1697) 127 Chapitre 9 : Louis XIV et la guerre de Succession d’Espagne (1700-1715) 139 Annexes 155 Bibliographie 159 Table des matières 163
Introduction
Louis XIV est avec Napoléon sans aucun doute le souverain le plus connu de l’histoire de France. Si la durée exceptionnelle de son règne (soixante-douze ans : un record absolu non seulement pour notre pays, mais pour tous les royaumes) explique en partie cette célébrité, la raison principale est que le Grand Siècle correspond à un certain apogée de la civilisation et de la puissance française. Après le siècle d’or espagnol et avant l’âge d’or victorien de l’Angleterre, c’est bien le royaume aux fleurs de lys qui domine son temps dans la deuxième moitié du XVII e siècle et en partie au XVIII e siècle.
Pays le plus peuplé d’Europe depuis le Moyen Âge, la France est également une grande puissance économique, dont le territoire compact et non dispersé comme celui des Habsbourg d’Espagne, est plus facile à contrôler et à administrer.
Louis XIV renforce et perfectionne le modèle de la monarchie absolue en gestation depuis le XVI e siècle. Après la Fronde, il réussit aussi à encadrer la société et à pacifier les relations avec une noblesse encore turbulente et prompte à la révolte sous Louis XIII. Sur le plan extérieur, à partir de la bataille de Rocroi (1643), l’armée française s’impose face aux tercios espagnols et devient la première force du continent. Enfin, la culture et la langue françaises deviennent les références de la bonne société européenne (songeons à La Fontaine, Molière, Racine, Le Brun, Hardouin-Mansart, Le Nôtre...). Versailles est quant à lui le modèle du palais princier par excellence.
Le règne et la personnalité de Louis XIV ont suscité jusqu’à nos jours des avis divergents. D’un côté les thuriféraires du roi de gloire mettent en avant l’infatigable travailleur, celui qui a perfectionné le système de la monarchie absolue, a mis l’Europe à genoux par ses conquêtes et ses réalisations artistiques. De l’autre, les critiques mettent en avant son orgueil démesuré, son despotisme, son goût immodéré pour la guerre et les maîtresses ou encore la persécution des huguenots et de Fouquet. Personnage complexe, le roi-soleil ne se laisse pas réduire à ces légendes noires ou dorées que l’on se plaît à perpétuer et mérite une étude plus approfondie pour pénétrer réellement sa personnalité et l’œuvre accomplie à cette époque.
On peut distinguer trois grands moments dans le règne de Louis XIV. Le premier correspond aux années de formation du souverain, avec une longue régence, qui entraîne comme souvent des troubles politiques (en particulier la Fronde) et compromet la conclusion rapide d’une paix victorieuse à l’extérieur. Bien encadré par Anne d’Autriche et Mazarin, le jeune roi va bénéficier cependant d’une éducation pratique incomparable et finalement ne prendre réellement le pouvoir qu’en 1661, à la mort de son parrain.
S’ensuit alors une période glorieuse, les belles années du règne, qui dure une vingtaine d’années. Le roi renforce son pouvoir et avec l’aide de ses grands ministres, avant tout les Colbert et les Le Tellier, modernise le royaume et fait rayonner sa gloire par les arts et les lettres. À l’extérieur, l’armée et la marine française deviennent les plus nombreuses et les plus efficaces, ce qui permet de mener des guerres victorieuses et assure la prépondérance du royaume en Europe.
Mais, après cet apogée jusqu’au milieu des années 1680, viennent des années plus douloureuses et plus dramatiques pour la deuxième moitié du règne. Si le soleil louisquatorzien continue de briller au niveau culturel avec l’achèvement du chantier versaillais et le perfectionnement de la vie de Cour, il connaît également ses plus grandes difficultés, avec notamment l’erreur de la révocation de l’édit de Nantes en 1685. Puis, à partir de 1688 et pratiquement jusqu’à sa mort, Louis XIV est embarqué dans deux grandes guerres (la guerre de la Ligue d’Augsbourg et celle de succession d’Espagne) qui, sans être vraiment recherchées, ont épuisé le royaume, même si celui-ci va réussir à tenir tête à une grande partie de l’Europe coalisée.
Arbre généalogique de Louis XIV

4 enfants avec Louise de la Vallière, dont deux légitimés : Marie-Anne de Bourbon (1666-1739), 1 re Mlle de Blois, épouse du prince de Conti Louis de Bourbon (1667-1683), comte de Vermandois et amiral de France
7 enfants avec Mme de Montespan, dont six légitimés. Les principaux sont : Louis-Auguste (1670-1736), duc du Maine Louise-Françoise de Bourbon (1673-1743), Mlle de Nantes, épouse de Louis III de Bourbon-Condé Françoise-Marie (1677-1749), Mlle de Blois, épouse de Philippe II d’Orléans Louis-Alexandre (1677-1737), comte de Toulouse
Roi et orphelin de père à 5 ans en 1643, le jeune Louis XIV a dû affronter les épreuves d’une longue régence, de révoltes intérieures avec notamment la Fronde et d’une guerre qui s’éternise à l’extérieur. Heureusement, pendant cette période troublée, il a pu compter sur le soutien et l’amour indéfectibles de sa mère, Anne d’Autriche, et de son parrain Mazarin, qui fit preuve d’un sens politique remarquable. Ce n’est finalement qu’à la mort de ce dernier en 1661 que Louis XIV accède véritablement au pouvoir.

Roi à 4 ans et demi
La naissance miraculeuse de Louis Dieudonné (1638)
Longtemps espérée, la naissance du futur Louis XIV tint lieu du miracle, car les circonstances de sa conception étaient particulièrement défavorables. En effet, bien que Louis XIII fût marié depuis 1615 à Anne d’Autriche, cette dernière n’avait encore jamais pu donner un héritier à la jeune dynastie des Bourbons. La faute à plusieurs fausses couches et à des relations de plus en plus tendues au sein du couple royal. Les caractères des époux étaient on ne peut plus différents : la reine était coquette et aimait les plaisirs de la Cour, tandis que le roi était austère et préférait la chasse et la guerre. Louis XIII fit constamment preuve d’une pudibonderie excessive et se méfia toujours des femmes, même s’il eut deux maîtresses platoniques (Marie de Hautefort et Louise de La Fayette). En fait, il fut davantage attiré par ses favoris : Charles d’Albert de Luynes, Toiras, Barradat, Saint-Simon et surtout le marquis de Cinq-Mars, qui après avoir comploté contre Richelieu, fut exécuté en 1642. Une autre trahison tendit encore plus les relations au sein du couple royal. Durant l’été 1637, Richelieu découvrit que la reine, fille du roi Philippe III d’Espagne, entretenait une correspondance secrète avec ses frères espagnols, alors en guerre avec la France. Si ces lettres ne représentaient en fait guère de danger pour les intérêts de l’État, Anne d’Autriche était alors au plus bas dans l’esprit du roi.
C’est pourtant quelques mois après cet épisode délicat que fut conçu le Dauphin. Il est vrai que l’entourage du roi ne cessait de l’encourager à donner enfin un héritier au royaume. Lorsqu’on apprit la grossesse de la reine, on organisa des prières publiques et on exposa le Saint-Sacrement. Le 5 septembre 1638 naissait finalement un fils, Louis, rapidement surnommé Dieudonné, tant cet événement semblait miraculeux. Ce dernier fut acclamé par le peuple de Paris, avec tirs de canon, feux de joie et Te Deum.
Par la suite, plusieurs événements vinrent confirmer en quelque sorte le surnom du roi. En effet, durant ses premières années, l’enfant échappa à la mort en survivant à trois accidents (noyade en 1643, variole en 1647 et grave intoxication alimentaire en 1658) qui auraient pu lui être fatals. En 1640, la naissance d’un second enfant, le duc d’Anjou, rassura définitivement le roi sur l’avenir de sa lignée directe. Mais il était temps, car en mai 1643, Louis XIII mourut à la suite d’une longue et terrible agonie. Peu de temps avant sa mort, on avait pris soin de baptiser le Dauphin, en lui donnant pour marraine la princesse de Condé, et pour parrain un fidèle de Richelieu, le cardinal Mazarin.


Une conception rocambolesque
Certains contemporains racontent que la conception de Louis XIV, le 5 décembre 1637, serait la conséquence d’un orage qui aurait obligé Louis XIII à se réfugier chez la reine au palais du Louvre. Parti à Versailles pour rendre visite à Mlle de La Fayette, sa maîtresse rentrée dans les ordres à Saint-Maur, le roi aurait été surpris par la pluie et, ne pouvant gagner ses appartements démeublés au Louvre, il aurait passé la nuit chez Anne d’Autriche. Ainsi, sans cet imprévu météorologique, peut-être que la France n’aurait pas eu Louis XIV comme roi...
Mazarin, parrain et fin stratège
Originaire d’une famille sicilienne travaillant pour les Colonna à Rome, Jules Mazarin s’était fait remarquer par ses talents de diplomate en 1630-1631, lorsqu’il fut envoyé par le pape pour négocier la paix entre la France, l’Espagne et la Savoie à propos de la guerre de Mantoue. Ayant favorisé la première lors du traité de paix, il s’attira l’hostilité de l’Espagne, qui, par son influence à Rome, l’empêcha de progresser dans sa carrière à Rome. Mazarin se tourna alors vers la France, où il remplit plusieurs missions (vice-légat d’Avignon en 1634, nonce à Paris en 1634-1636), avant de se mettre définitivement au service de Richelieu en 1640. En récompense, il obtint en 1641 le chapeau de cardinal et, au moment de sa mort en décembre 1642, Richelieu recommanda Mazarin à Louis XIII pour lui succéder. Le roi le nomma alors principal ministre, poste qu’il a occupé jusqu’à sa mort en 1661.
Absolutiste convaincu, le cardinal poursuivit la politique de renforcement du pouvoir royal commencée par Richelieu. Son objectif fut de léguer au jeune Louis XIV un pouvoir intact à sa majorité. Persévérant et retors, il était plus adepte du compromis et du louvoiement que des mesures radicales. Mais lorsque cela était nécessaire, il n’hésitait pas à frapper durement ses adversaires. Ces qualités ne furent pas de trop pour contenir une noblesse turbulente, qui entendait profiter de la régence pour regagner le pouvoir perdu sous Richelieu.
Anne d’Autriche et Mazarin : une collaboration fructueuse
L’organisation de la Régence
Louis XIV étant trop jeune pour assumer effectivement le pouvoir, sa mère fut nommée régente jusqu’à la majorité du roi. Cette nouvelle responsabilité transfigura littéralement la reine-mère. Si, jusque-là, elle était restée à la fois frivole et très pieuse, ce qui avait incité Richelieu et Louis XIII à l’écarter au maximum des affaires de l’État, à partir de 1643, elle se révéla une régente responsable, prête à tout pour défendre les droits de son fils et les intérêts de la France. En fait, le changement d’Anne d’Autriche s’opéra dès 1642, au moment de la trahison de Cinq-Mars, lorsqu’elle comprit que les Grands qui avaient comploté contre Richelieu et Louis XIII n’hésiteraient pas non plus à se révolter contre le petit Louis XIV. Elle se rapprocha alors de Richelieu, qui, de son côté, se rendit compte lui aussi qu’elle était mieux placée que Gaston d’Orléans, le frère du roi, pour poursuivre sa politique. Pour la reine et le cardinal, un seul homme était capable de préserver le pouvoir royal. Il s’agissait de Mazarin, le successeur désigné de Richelieu, qu’Anne d’Autriche appréciait également depuis leur première rencontre, dix ans auparavant. Dès lors, elle ne cessa de le soutenir, même dans les circonstances les plus difficiles, notamment pendant la Fronde. Les deux « étrangers » (la reine était espagnole et Mazarin italien) sauvegardèrent alors les intérêts de la France contre l’appétit des membres de la haute noblesse.
À peine nommée régente, Anne d’Autriche chercha à accaparer l’ensemble du pouvoir, en faisant casser par le Parlement de Paris le testament du défunt roi, qui limitait ses prérogatives et imposait un gouvernement collégial. Jouant sur les rivalités des uns et des autres, elle réussit ce coup de force le 18 mai 1643, quatre jours seulement après la mort de Louis XIII. Puis, à la surprise générale, elle confirma Mazarin comme principal ministre, ce qui déçut tous les ambitieux qui rêvaient de le remplacer...
Une alliance judicieuse
La collaboration entre la régente et le cardinal fut des plus fructueuses, leurs qualités étant complémentaires. Manquant d’expérience, la première avait besoin de l’habileté et de la compétence du second pour gouverner. Ce dernier l’initia aux arcanes du pouvoir. En outre, il savait exposer un problème, détailler les solutions, tout en lui laissant presque croire qu’elle décidait seule. De son côté, la position de Mazarin restait fragile. Étranger (il ne fut jamais pleinement naturalisé français), sans soutien personnel ni clientèle et méprisé de la haute noblesse française qui voyait en lui un parvenu, il ne pouvait compter que sur ses mérites, sa dignité cardinalice et sur la confiance de la reine, qui pouvait cependant le révoquer à tout instant. Son choix de gouverner un des plus puissants royaumes du temps était certes séduisant, mais aussi terriblement risqué, car, en cas de malheur, il pouvait tout perdre, y compris la vie. Mazarin était joueur, il aimait les défis et choisit finalement la France et Louis XIV. L’avenir lui donna raison, mais en 1643 ce choix n’était pas si évident...


Mazarin et Anne d’Autriche : un amour platonique ?
Il existe, sur la relation entre la régente et son Premier ministre, une controverse toujours vivace. Les mazarinades, ces pamphlets qui répandaient moult rumeurs et accusations contre le cardinal, confortaient l’opinion de l’époque dans l’idée que le cardinal était l’amant de la reine, leur relation étant trop étroite pour ne pas être sexuelle. D’ailleurs, la correspondance qu’ils échangeaient, dans un style galant très prisé à l’époque, montre un sentiment affectif très fort. Certains historiens, comme Claude Dulong, tendent à en déduire que la liaison se serait concrétisée au retour d’exil du cardinal en 1652.
Cependant plusieurs arguments plaident contre cette thèse. Ainsi, la dévotion et l’âge de la reine ne l’incitaient pas à aller plus loin qu’une amitié amoureuse, « une liaison intime d’esprit ». De son côté, il n’aurait été guère judicieux pour Mazarin de se lancer dans une relation intime qui aurait risqué de ternir, par des scrupules de dévote, leur exceptionnelle complicité politique. Cela aurait également pu déplaire fortement au jeune Louis XIV, ce « confident » (c’est ainsi qu’ils l’appellent dans leur correspondance) qui était toujours près d’eux. Le jeune Louis XIV n’aurait certainement pas accepté cette situation. Or, il était fondamental pour le cardinal de conserver l’amitié du souverain. Il existe donc de solides raisons de douter que ce lien affectif se soit doublé d’une liaison physique, et a fortiori qu’un mariage secret ait été conclu. Mais le débat sur la question reste encore ouvert...
Les débuts difficiles de la régence
Le renouvellement du Conseil
Après avoir cassé le testament de Louis XIII, Anne d’Autriche chercha à renforcer son autorité politique en écartant du Conseil ses anciens ennemis du temps de Richelieu. Mazarin n’était pas favorable à un changement aussi radical et chercha tant bien que mal à limiter cette politique d’épuration. S’il réussit à sauvegarder le chancelier Séguier et à nommer Michel Le Tellier à la guerre, il ne put éviter le renvoi des Bouthillier père et fils. Pour amadouer la haute noblesse qui espérait évidemment profiter de l’affaiblissement du pouvoir royal pour obtenir privilèges et récompenses, la reine fut obligée de faire preuve dans un premier temps d’une grande libéralité dans ce domaine. Ainsi les Condé reçurent le gouvernement de la Champagne et retrouvèrent leur château de Chantilly confisqué. Le frère de Louis XIII, Gaston d’Orléans, fut fait gouverneur du Languedoc et obtint une part très importante de la succession de Marie de Médicis en 1646. Mais cette politique trouva rapidement ses limites. Les caisses de l’État étaient vides, car il fallait en priorité financer la guerre qui continuait contre les Habsbourg. En outre, on ne pouvait donner un emploi à une personne sans mécontenter à la fois celui qui en était jusque-là le propriétaire et tous ceux qui le briguaient. Il fallut donc payer certains de belles promesses que l’on savait ne pouvoir tenir et l’on dut bientôt refuser certaines demandes, comme celle de rendre Sedan au duc de Bouillon, le frère de Turenne. Enfin, la régente fit revenir à la Cour ses anciennes amies, notamment Marie de Hautefort, l’ancienne maîtresse platonique de Louis XIII, et la duchesse de Chevreuse. À peine de retour en France après un long exil, cette dernière, qui fut une ennemie irréductible de Louis XIII et de Richelieu, renoua avec sa passion pour les intrigues et les complots. Elle espérait en effet profiter de son influence retrouvée pour chasser Mazarin, le remplacer par son amant Châteauneuf, l’ancien garde des sceaux, et faire une paix immédiate avec l’Espagne.
La Cabale des Importants
Mme de Chevreuse ne comprit cependant pas que la situation avait changé et que la reine entendait désormais exercer pleinement ses prérogatives de régente sans se laisser influencer comme auparavant. Mazarin, qui n’ignorait pas le danger qu’elle représentait, tenta dans un premier temps de la rallier par des largesses. Mais cela ne suffit pas, et la duchesse organisa autour d’elle une véritable conspiration, que l’on appela la « Cabale des Importants », du fait de la vanité et de la prétention de ses participants. Parmi eux, on trouvait les trois clans familiaux des Luynes, des Guise et des Rohan, quelques personnalités comme Châteauneuf, le duc de Beaufort (un Vendôme), l’évêque de Beauvais, des familiers de la reine (Marie de Hautefort, les Senecey, son valet de chambre La Porte) ainsi que de nombreux mécontents qui avaient souvent participé aux anciennes conjurations du temps de Louis XIII. Ils lancèrent tout d’abord une campagne de calomnies visant les relations supposées intimes entre Anne d’Autriche et son ministre. Puis, comme la reine refusait toujours de se séparer du cardinal, certains en vinrent à imaginer son assassinat. Mais le complot fut éventé et Mazarin sut jouer également des rivalités de personnes et d’intérêts entre les différents membres de la conjuration. Le 2 septembre 1643, Beaufort fut arrêté et emprisonné au château de Vincennes. Mme de Chevreuse, Mlle de Hautefort et Châteauneuf furent exilés, les Vendôme renvoyés dans leur château en province et l’évêque de Beauvais astreint à résidence dans son diocèse. Mazarin avait gagné, et le pouvoir royal s’en trouvait renforcé, mais pour quelques années seulement...
L’éducation d’un roi
L’éducation d’un roi est une tâche délicate. Contrairement à un simple prince dans l’ordre de succession au trône, Louis XIV était devenu roi alors qu’il n’était qu’un enfant de 4 ans et demi. Toute son éducation visa donc à lui donner un caractère et un esprit dignes d’un souverain. Très tôt, le jeune roi eut pleinement conscience de son destin et il révéla une grande maturité. Dès son plus jeune âge, il ne cessa d’être en représentation, que ce soit à la Cour ou devant le Parlement lors des lits de justice. Ce rôle précocement endossé marqua le jeune Louis. Enfant, il fit preuve d’une gravité et d’une dignité naturelle rares à son âge. Comme ses contemporains le rapportent à plusieurs reprises, il développa aussi son goût pour l’autorité. Il apprit aussi à distinguer et valoriser ceux qui lui étaient fidèles.
Une éducation théorique
L’éducation théorique du souverain fut confiée à l’abbé de Péréfixe, puis à La Mothe Le Vayer, qui lui enseignèrent le latin et l’histoire. Le roi apprit également les mathématiques, le dessin, un peu d’italien et d’espagnol. Bien qu’ayant une très bonne mémoire, le roi ne fut guère studieux. S’il se révéla par la suite un mécène de premier plan, le roi n’eut que peu de goût pour la culture livresque. Il resta cependant marqué par la lecture que le valet de chambre La Porte lui faisait de l’ Histoire des rois de France de Mézeray. Retenant les leçons de l’histoire, le jeune roi n’eut que mépris pour les « rois fainéants » et s’inspira comme il se doit de ses prédécesseurs les plus illustres.
En ce qui concerne les arts, le roi fut initié au luth et à la guitare. Il fut surtout un excellent danseur qui n’hésita pas à apparaître dans les ballets à la Cour alors qu’il n’était qu’un adolescent. En tant que chef des armées, il reçut également une éducation militaire (apprentissage de l’escrime, de l’équitation, maniement des armes), qu’il adora comme son père.


La légende d’une éducation négligée
Peu favorable à Mazarin et même à Louis XIV, Saint-Simon propagea l’idée que l’éducation du roi avait été négligée, notamment sur le plan intellectuel : « À peine lui apprit-on à lire et à écrire, et il demeura tellement ignorant que les choses les plus connues d’histoire, d’événements, de fortunes, de conduites, de naissance, de lois, il n’en sut jamais un mot. » Cette légende se révèle en fait bien éloignée de la réalité. Certes le souverain regretta plus tard certaines lacunes de son instruction et en garda un léger complexe. Mais il reçut une instruction tout à fait satisfaisante. En revanche, l’avarice de Mazarin, rapportée par le valet La Porte, selon lequel le roi enfant vivait dépourvu de tout confort matériel, semble plus proche de la vérité et expliquerait, en réaction, le goût du luxe et du faste développé par le roi à l’âge adulte.
Une formation pragmatique sous l’égide de Mazarin
Si son éducation théorique fut satisfaisante sans être très poussée, il reçut en revanche une formation pratique incomparable auprès de son parrain Mazarin, mais aussi d’Anne d’Autriche. Contrairement à Marie de Médicis avec Louis XIII, la régente et son mentor ne cherchèrent jamais à écarter le jeune roi des affaires politiques et prirent toujours soin de le tenir informé des événements et des grandes lignes de leur politique, tout en surveillant son entourage.
Le cardinal, dont le roi se moquait enfant, finit par conquérir son respect et son affection. Le dévouement du cardinal aux affaires de l’État, son habileté politique, son sens particulier de la diplomatie marquèrent profondément Louis XIV. Dès que possible, Mazarin l’associa aux réunions du Conseil et aux entretiens avec les diplomates étrangers. Il sut développer également chez son pupille un goût marqué pour les arts. Contrairement à Gaston d’Orléans et à Condé, qui le considéraient comme quantité négligeable, le Premier ministre comprit dès les années 1640 qu’il devait s’en faire un allié et qu’il ne devait pas commettre les mêmes erreurs que Concini, qui avait assuré la régence avec Marie de Médicis pendant la minorité de Louis XIII. Cette stratégie fut payante, puisque Louis XIV soutint toujours son parrain, même lors de son exil. En fait, Mazarin remplaça un père trop tôt disparu et il considéra le roi comme son propre fils.
Après la Fronde, il dut compléter l’éducation d’un roi devenu majeur et plus indépendant. Élève doué, ce dernier se montra avide d’apprendre son « métier » de roi. Le cardinal s’avéra un excellent pédagogue, ne cherchant pas à imposer ses vues ou à dispenser un enseignement trop théorique, mais s’appuyant sur des cas pratiques. Voyant qu’on lui faisait confiance, Louis prit de l’assurance. Mazarin se révéla une fois de plus un fin stratège, car il ôtait ainsi au roi l’envie de se débarrasser prématurément d’une tutelle qu’il finit tout de même par trouver quelque peu encombrante à la fin des années 1650. Ainsi, Louis XIV assimila les leçons du maître, qui firent de lui un prince accompli. Il sut rapidement jouer de son image, que ce soit à la Cour ou à la guerre, où il se rendit régulièrement à partir de 1653. Il appréciait la vie des camps, et le fait de partager l’existence de ses soldats accrut sa popularité. Le roi intégra également toutes les règles de bienséance propres à la vie de Cour et apprit à maîtriser un caractère parfois trop autoritaire et colérique.
L’héritage d’Anne d’Autriche fut d’une autre nature. La reine transmit sa profonde piété à son fils, qui demeurera toute sa vie un chrétien fervent. Elle lui donna également la fierté de sa naissance et de son sang.

Les épreuves douloureuses de la Fronde (1648-1653)
La Fronde parlementaire (1648-1649)
Les origines du conflit
Après la Cabale des Importants, Mazarin affermit son pouvoir auprès d’Anne d’Autriche, en s’installant avec elle au Palais-Royal à Paris, en « noyautant » son entourage, en s’efforçant de la soustraire au parti dévot et en se faisant attribuer des charges importantes comme celle de surintendant de la maison de la reine en 1645, puis celle de surintendant de l’éducation du roi en mars 1646. Mais, en 1647, la situation se dégrada. Mazarin ne parvint pas à obtenir une paix victorieuse avec les Habsbourg, ce qui le rendit très impopulaire, car la fiscalité liée à la guerre devint de plus en plus insupportable, alors même que la menace semblait moins pressante. Pour trouver sans cesse de nouveaux fonds, on usa des expédients habituels : accroissement de la taille, vente d’offices, emprunts... Les pauvres étant déjà accablés d’impôts, on chercha également à faire payer les privilégiés. Mais cela suscita l’hostilité du Parlement de Paris, cette haute cour de justice qui était chargée d’enregistrer les nouveaux édits. Une première alerte avait eu lieu en 1645 et la reine avait dû reculer devant les protestations. En décembre 1647, le nouveau surintendant des finances Particelli décida de créer de nouveaux offices au sein même du Parlement de Paris, ce qui mit le feu aux poudres et déclencha la première Fronde. Les Grands toujours rétifs au renforcement de l’absolutisme royal et les dévots hispanophiles s’engouffrèrent ensuite dans la brèche.


Le Parlement de Paris
Contrairement à son nom et au sens actuel, au Moyen Âge et sous l’Ancien Régime, le Parlement de Paris n’était pas une assemblée dont les membres votaient les lois, mais la principale haute cour de justice du royaume, dont le ressort s’étendait sur un très large bassin parisien. Cependant, il avait également pour fonction d’enregistrer les ordonnances et édits proposés par le roi. À cette occasion, les parlementaires pouvaient exercer leur droit de remontrance, c’est-à-dire présenter des corrections ou critiquer les lois, comme cela fut le cas au début de la Fronde. Néanmoins, le roi n’était pas obligé d’en tenir compte et pouvait forcer l’enregistrement en se déplaçant en personne lors d’« un lit de justice ».
La révolte des parlementaires
En 1648, Mazarin, qui se savait attaqué personnellement, préféra rester en retrait et laissa la régente imposer par la force et la menace l’enregistrement des édits fiscaux par le Parlement. Mais ce dernier usa de tous les moyens dilatoires possibles pour ne pas plier devant l’autorité royale. À partir du printemps, les différentes Cours souveraines du Parlement se rassemblèrent dans la salle Saint-Louis du palais de justice et s’enhardirent sous la direction de Pierre Broussel. Elles prétendirent désormais se poser en véritable contre-pouvoir. Mais, classiquement, elles présentèrent leurs revendications comme un juste retour aux pratiques d’une monarchie moins absolutiste, où le roi tenait davantage compte de l’avis de ses conseillers et du Parlement. Ainsi, les parlementaires exigèrent d’avoir le contrôle sur toutes les nouvelles levées d’impôt et demandèrent une réforme des abus commis par les financiers. En juillet, Mazarin temporisa, céda sur l’accessoire en renvoyant Particelli et profita des revendications pour déclarer une banqueroute partielle de l’État. Le 20 août, la victoire de Condé à Lens contre les Espagnols, en écartant le danger extérieur, lui permit de contre-attaquer, en faisant emprisonner Broussel à la Bastille.
Le soulèvement et le blocus de Paris
La grande popularité du magistrat entraîna un soulèvement de la capitale, qui se couvrit de barricades. Devant la pression populaire, Broussel fut libéré et accueilli en héros. Les parlementaires voulurent pousser encore plus loin leur avantage en réclamant le renvoi du cardinal, dont le poste de principal ministre était convoité par Châteauneuf et Chavigny. Pour desserrer l’étau, Mazarin et la famille royale allèrent se réfugier provisoirement à Rueil, d’où furent lancées le 18 septembre les arrestations des deux ambitieux rivaux du cardinal. Condé, revenu du front, se mit alors au service de la régente, mais sa médiation ne permit pas de résoudre le conflit avec le Parlement. La reine dut donc apparemment céder en signant le 24 octobre 1648 une déclaration qui acceptait les principales exigences des parlementaires.
Dans la nuit du 5 au 6 janvier 1649, la famille royale quitta à nouveau Paris pour gagner le château de Saint-Germain-en-Laye. Cette retraite stratégique permit à Mazarin de préparer sa revanche en enrôlant des mercenaires allemands. Leur commandement fut confié à Condé, chargé de faire le blocus de la capitale. De leur côté les frondeurs s’organisèrent sous la direction du prince de Conti, le frère de Condé, et de Gondi, le coadjuteur de l’archevêque de Paris et futur cardinal de Retz. Ces derniers reçurent également le soutien de Turenne, mais ses troupes furent habilement soudoyées par Mazarin, ce qui obligea le général à s’exiler. Dès lors, l’issue du siège était certaine, ce qui poussa les frondeurs à la négociation. Les troupes royales devant prochainement regagner le front nord, Mazarin accepta le 1 er avril 1649 de signer un compromis, la paix de Saint-Germain, qui accorda l’amnistie aux principaux meneurs et marqua la fin de la Fronde parlementaire.
La Fronde des princes et l’exil (1649-1653)
L’arrestation des princes et le retour de l’agitation
Malgré le retour du roi à Paris le 18 août 1649, la paix de Saint-Germain ne fut cependant qu’une trêve précaire. En effet, estimant qu’il avait sauvé la monarchie, Condé se considérait désormais comme le véritable Premier ministre, négligeant le pouvoir du roi et de la reine tout en écartant Mazarin. Il se réconcilia avec les anciens frondeurs et distribua à sa guise de nombreuses charges et récompenses. Mais son triomphe et son arrogance sans limites suscitèrent rapidement des jalousies et le rendirent de plus en plus impopulaire. Mazarin en profita pour se rapprocher de ses ennemis d’hier : Retz, Beaufort et Gaston d’Orléans, puis, le 18 janvier 1650, il fit arrêter par surprise Condé, son frère Conti et son beau-frère Longueville. Cette arrestation soudaine déclencha le soulèvement de leurs fidèles (Mme de Longueville, Turenne, Marcillac, le duc de Bouillon ou encore la princesse de Condé) et l’agitation des provinces sous leur contrôle (la Normandie, le nord de la France, la Bourgogne et l’ouest autour du Poitou et de Bordeaux). Si la Normandie fut rapidement pacifiée ainsi que la Bourgogne au début de l’année 1650, Turenne, soutenu par les Espagnols, continuait de résister au nord. Au sud-ouest, il fallut assiéger Bordeaux qui ne se rendit que le 5 octobre. D’autre part, lorsqu’il revint à Paris à la fin de l’année, Mazarin se rendit compte que, malgré le succès des armées royales contre Turenne à Rethel le 15 décembre 1650, ses adversaires s’étaient unis dans son dos et cherchaient à obtenir son renvoi et la libération des princes.


Les mazarinades
Les mazarinades désignent les nombreux libelles et pamphlets (plusieurs milliers d’exemplaires, dont plus de 5 000 au temps de la seule Fronde), qui défendaient ou surtout attaquaient de manière souvent satirique ou burlesque l’action de Mazarin. Ces pièces, rédigées par des plumes anonymes ou des grands écrivains (Retz, La Rochefoucauld, Scarron, Cyrano de Bergerac...) cachés sous un pseudonyme, ne cessèrent de fustiger la cupidité, l’origine italienne ou encore les amours supposées du cardinal avec Anne d’Autriche. Face à cette déferlante, Mazarin se contenta du mépris et négligea de les réprimer, ce qui explique également leur extraordinaire profusion.
L’exil de Mazarin
Face à l’alliance de Monsieur (Gaston d’Orléans) et de Condé, le 6 février 1651, le cardinal dut se résoudre à quitter Paris pour Saint-Germain-en-Laye. Craignant que ne se répète le blocus de la capitale, les frondeurs retinrent prisonniers la famille royale. Dans la nuit du 9 au 10 février, la reine dut même accepter que la foule vienne vérifier que le petit Louis XIV était bien en train de dormir au Palais-Royal. Cet épisode le traumatisa pendant longtemps. Quelques jours plus tard, les princes furent libérés et, pour échapper à un procès, Mazarin dut se réfugier auprès de l’archevêque-électeur de Cologne à Brühl. De cet exil, il ne cessa cependant de conseiller la reine, qui se montra une élève de plus en plus douée en politique. Elle le soutint constamment et s’efforça de préparer son retour. Le 1 er mars, elle fut contrainte d’accepter la réunion des États généraux, dont l’objectif était de transformer la monarchie absolue en un régime largement contrôlé par l’aristocratie. De même, en avril, une déclaration royale exclut les cardinaux du Conseil du roi. Mais cette évolution n’était pas souhaitée par tous les frondeurs, et l’arrogance de Condé lui aliéna à nouveau certains frondeurs. Anne d’Autriche sut profiter de leurs divisions et ne cessa de mener des tractations secrètes avec certains d’entre eux. Ainsi, en mai, elle obtint le ralliement de Turenne et de son frère Bouillon. Le 7 septembre, elle réussit à proclamer la majorité du roi qui venait d’avoir 13 ans. Aussitôt, le jeune Louis XIV appela à son Conseil des ennemis de Condé.
La Fronde condéenne et le siège de Paris
Ne pouvant se résoudre à abandonner le pouvoir, le prince se retira à Bordeaux et se révolta, entraînant avec lui une grande partie du centreouest de la France. Il signa même un accord avec l’Espagne, qui lui promit d’importants subsides. Mais les troupes royales dirigées par Turenne réussirent à vaincre les Condéens en Guyenne et, en janvier, Mazarin, rappelé par le roi, rejoignit la Cour à Poitiers. Pendant ce temps, Paris avait été laissée sous le contrôle du Parlement, de Retz et de Gaston d’Orléans, dont la fidélité était des plus fragiles. Au début de 1652, l’armée royale poursuivit les Condéens jusqu’aux environs de la capitale, où furent livrées de nombreuses escarmouches. Le 2 juillet, alors que Condé semblait perdu, la Grande Mademoiselle, la nièce du roi, donna l’ordre aux canons de la Bastille de tirer sur l’armée royale, ce qui permit à Condé de se réfugier dans la capitale. Soutenus par le petit peuple, les princes firent alors régner la terreur dans Paris, ce qui suscita la peur des notables.

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