Au secours des évidences
174 pages
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Description

« Les mots les plus simples suffisent à délivrer la vérité que tout homme porte en lui… Le philosophe devrait toujours garder les yeux fixés sur Socrate, fils de la sage-femme et accoucheur des esprits – de tous les esprits, y compris celui de l’esclave du Ménon », nous dit Gustave Thibon.

Dans ces pages, écrites à l’intention du grand public, une intelligence souveraine circule incognito, qui peut éclairer tout le monde sans éblouir personne. On la reconnaîtra pourtant à certains indices, en particulier celui-ci : Gustave Thibon ne se retranche jamais dans un parti pris, pas plus qu’il ne se laisse aller à la moindre concession. Unir tant de souplesse à tant de fermeté n’appartient qu’aux grands esprits, dont la marque infaillible est d’être parfaitement libres.


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 09 février 2022
Nombre de lectures 0
EAN13 9782728932702
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0650€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Gustave Thibon
AU SECOURS DES ÉVIDENCES

BILLETS
choisis et présentés par Françoise Chauvin
MAME
Du même auteur
La Science du caractère , Paris, Desclée de Brouwer, 1934.
Diagnostics : essai de physiologie sociale , Paris, Librairie de Médicis, 1940, rééd. Paris, Fayard, 1985.
Destin de l’homme , Paris, Desclée de Brouwer, 1941.
L’Échelle de Jacob , Lyon, Lardanchet, 1942, rééd. Paris, Fayard, 1975.
Retour au réel. Nouveaux diagnostics , Lyon, Lardanchet, 1943.
C e que Dieu a uni. Essais sur l’amour , Lyon, Lardanchet, 1945, rééd. Paris, Fayard, 1967.
Le Pain de chaque jour, Monaco, Éditions du Rocher, 1945.
Offrande du soir , Lyon, Lardanchet, 1946.
La Pesanteur et la Grâce , Simone Weil, édition et introduction de Gustave Thibon, Paris, Plon, 1947, rééd. 1993.
François-René de Chateaubriand, choix de textes et introduction de Gustave Thibon, Monaco, Éditions du Rocher, 1948.
Nietzsche ou le Déclin de l’esprit , Lyon, Lardanchet, 1948, rééd. Paris, Fayard, 1962.
Paysages du Vivarais , Paris, Plon, 1949.
Vous serez comme des dieux, Paris, Fayard, 1954, rééd. 1985.
Simone Weil telle que nous l’avons connue (en collaboration avec le père Perrin), Paris, La Colombe, 1952, rééd. Paris, Fayard, 1967.
Notre regard qui manque à la lumière , Paris, Amiot-Dumont, 1955, rééd. Paris, Fayard, 1970.
L’Ignorance étoilée , Paris, Fayard, 1974.
L’Équilibre et l’Harmonie , chroniques, Paris, Fayard, 1976.
Le Voile et le Masque , Paris, Fayard, 1985.
L’Illusion féconde , Paris, Fayard, 1995.
Ils sculptent en nous le silence. Rencontres , Paris, F.-X. de Guibert, 2003.
Aux ailes de la lettre, pensées inédites (1932-1982) , Monaco, Le Rocher, 2006.
Parodies et Mirages ou La Décadence d’un monde chrétien. Notes inédites (1935-1978) , Monaco, Le Rocher, 2011.
Les Hommes de l’éternel, Conférences au grand public (1940-1985), Paris, Mame, 2012.
***
Philippe Barthelet : Entretiens avec Gustave Thibon , Paris, La Place Royale, 1988, ­Rééditions : Monaco, Le Rocher, 2001 ; Paris, DDB, 2016.
Dossier H. Gustave Thibon , [dir. Philippe Barthelet], Lausanne, L’Âge d’Homme, 2012.
Cet ouvrage est publié avec l’aimable autorisation de Geneviève Thibon-Mirlo et de Jean-Pierre Thibon.
L’éditeur remercie aussi Philippe Barthelet pour sa précieuse relecture.
À Cécile et Émile Robichaud,
en souvenir affectueux du temps des poires...
Préface
Est-il un devoir plus doux et plus émouvant que d’écrire une préface pour un ouvrage posthume d’un homme qu’on a aimé et admiré ?
Thibon était un maître au vrai sens du mot : la hauteur de sa réflexion, la lumière de son jugement, accompagnées de la bienveillance de son cœur, donnaient l’autorité vraie aux réponses qu’il nous faisait. Je dis « nous », car c’est à toute une jeunesse, devenue plus que mûre aujourd’hui, qu’il a bien voulu parler et répondre. Il ne se préoccupait ni des conditions matérielles ni, encore moins, des compensations financières. Sa pensée et l’immense culture que sa mémoire prodigieuse lui permettait de partager, il les donnait sans compter. Les anciens trouveront dans ces lignes un écho de ce qu’il a transmis. Les plus jeunes découvriront la clarté d’une pensée servie par la précision et l’élégance du langage.
On le sait, le génie littéraire de Thibon est dans l’aphorisme. Par lui, il prend place dans la haute lignée des grands moralistes français : Montaigne, Pascal, La Rochefoucauld…, ces penseurs qui ne font pas la morale, mais excellent à mettre à nu les ressorts de l’âme humaine.
L’aphorisme est un éclair, une lumière qui jaillit dans l’obscurité, un choc qui redresse celui qui se courbait et ramène à la réalité celui que son orgueil égarait. Il s’inscrit dans la mémoire et, par là, selon ses propres mots, il « sculpte en nous le silence ».
Il disait : « J’écris pour m’expliquer à moi-même ce que je pense », et cette pensée va à la rencontre de ceux qui, eux aussi, cherchent à dire plus précisément ce qu’ils pensent.
Ainsi se noue une amitié vraiment spirituelle dont nous mesurons aujourd’hui qu’elle dépasse le temps et, comme dit Mistral, « se rit de la tombe ».
« Le fond de mon cœur, cher ami, c’est la préparation à la mort », m’avait dit Thibon lors d’un premier repas pris ensemble quand nous habitions le flanc nord de la Butte Montmartre. Et il avait ajouté, en remettant son béret sur la tête pour descendre l’escalier, « d’ailleurs, cela ne fait pas mourir ». Effectivement, il mit encore près de quarante ans avant de parvenir à ce qu’il appelait « les noces ». Mais d’avoir été toujours tendu vers l’éternel – « Ce qui n’est pas de l’éternité retrouvée est du temps perdu » – a donné à sa pensée une jeunesse qui ne passe pas.
Les circonstances peuvent changer, les références provisoires se modifier, le jeu de la mode imposer ses rengaines, une page de Thibon remet le lecteur en face de lui-même, de la Création et du Créateur. On ne sait si c’est de la philosophie, de la théologie, une simple réflexion, ou peut-être de la poésie. C’est tout simplement la sagesse.
Cette lumière qui transpose dans l’écriture la lumière de l’Ardèche où il vécut, et qui nous parvient dans les jours purs et froids du mois de février – sérénité qui éclaire et qui apaise –, cette lumière n’est pas le fruit d’un seul don gratuit : bien sûr, il y a la grâce et le génie, qui est une des formes de la grâce, mais il y a aussi, vécu jusqu’à l’intime de l’être, le tourment de la lutte, le combat.
On peut appliquer à Thibon la phrase de saint Jean de la Croix « les grandes aventures sont intérieures ». Thibon a beaucoup voyagé, parlé dans de très nombreux pays et continents, rencontré d’innombrables personnes. Mais sa grande aventure s’est déroulée à l’intérieur de lui-même : « Deux catégories d’hommes que je ne supporte pas, ceux qui ne cherchent pas Dieu et ceux qui s’imaginent l’avoir trouvé », disait-il, en ajoutant le vers de Victor Hugo, « Il est l’Inaccessible. Il est l’Inévitable ».
Sa grande marche, mêlée de joies et de beaucoup de tourments, aura été la quête du vrai Dieu.
Un matin, je l’avais appelé au téléphone et, dans la plus banale des introductions, je lui avais demandé : « Comment allez-vous ? »
« Comment voulez-vous que j’aille ? me répondit-il. J’ai quatre-vingt-onze ans ! On vit beaucoup trop vieux aujourd’hui ! Mais, que voulez-vous ? Dieu nous a tirés du néant pour nous amener à l’être et il faut retraverser le néant pour retrouver Dieu, et c’est long, c’est horriblement long… ! »
Je me souviens, comme si c’était hier, de cette phrase que je n’ai pas eu besoin de noter. Elle pulvérisait en quelques mots tout le Sartre de L’Être et du Néant.
Elle rejoignait cette réponse à une autre question : « Avez-vous jamais douté de Dieu ? »
« Comment voulez-vous que je doute de Celui qui contient mon doute comme la chair contient la blessure ? »
Reste que la chair et la blessure ont saigné jusqu’à la fin de la traversée du néant. Le fruit de ce combat avec l’ange, c’est la sagesse de toute son œuvre qui éclaire la route de notre quotidien.
La tête dans les étoiles – « J’aime mieux l’ignorance étoilée » – et les pieds sur la terre – la terre de son Mas de Libian : le « retour au réel » qu’il professait n’avait rien du naturalisme épais qui accompagne trop souvent le prétendu réalisme. Scrutant tout le réel, il ne séparait pas « ce que Dieu a uni », la Terre et le Ciel, le visible et l’invisible, l’esprit et la vie. Par là, il n’est pas exagéré de dire que sa pensée domine son siècle et constitue, pour les générations qui viennent, un véritable trésor.
Jacques Trémolet de Villers
Introduction
« Si le bon sens appartient d’abord aux gens simples, et leur est donné comme un fonds commun, il va sans dire que bien loin de disparaître, il s’augmente, s’enrichit, s’affine dans le développe

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