Catholiques de tous les partis, engagez-vous !
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Description

Manifeste et cri d'alarme, ce livre incite les Chrétiens à s'engager, de manière urgente, sur le terrain politique (politique partisane mais aussi bien commun). Ecrit par une spécialiste de la Doctrine sociale de l'Eglise, formatrice de nombreux élus et candidats, cet ouvrage démontre combien notre présence est indispensable sur ce terrain, combien il s'agit là d'une vocation naturelle de tout baptisé et combien cet engagement participe à notre chemin de sainteté.


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 19 juillet 2021
Nombre de lectures 0
EAN13 9782728930869
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0025€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

« Si je parviens à gagner un roi, j’aurai plus fait pour la cause de Dieu que si j’avais prêché des centaines et des millions de missions. Ce qu’un souverain, touché par la grâce de Dieu, peut faire, dans l’intérêt de l’Église et des âmes, mille missionnaires ne le feront jamais. »
Saint Alphonse-Marie de Liguori.
À Agnès, Alban, Arnaud, Caroline, Isabelle, Olivier, Xavier… avec qui je partage une amitié politique, mais surtout que j’admire pour la fidélité de leur engagement. Ils sont de ceux dont le mandat électoral participe à la reconstruction de notre cité. Puisse ce livre susciter des vocations pour qu’ils soient moins seuls.
À Nicole pour toutes ces heures passées à me parler de monsieur Ousset. Elles sont pour beaucoup dans mon amour de la politique et ma réflexion sur l’éthique de l’action.
À Charles qui connut l’engagement politique, des conseils municipaux aux bureaux ministériels. Sa confiance et son souci de susciter une nouvelle génération politique auront été la voix de mon appel à servir ceux qui s’engagent.
Avant-propos
Écrire un livre qui invite à l’engagement politique, à l’heure de la crise sanitaire, peut sembler anachronique. N’y a-t-il pas de sujets plus urgents à traiter ? L’épidémie et les décisions qu’elle a entraînées portent en elles une quantité incroyable de questions aujourd’hui sans réponses. Au lendemain du premier confinement, dès le mois de mai 2020, nous avons rêvé d’un monde d’après qui serait le monde d’avant en bien mieux. Entre nos aspirations profondes et nos fantasmes d’un monde parfait, il y avait là de quoi noircir des milliers de pages…
Quelques mois plus tard, entre gestes barrière et couvre-feu, le confinement semble nous coller à la peau. Nous avons accepté, comme un mal nécessaire, une quantité inouïe d’attitudes, de renoncements qui interrogent notre humanité au plus profond de ce qui fait sa raison d’être : la relation à l’autre. Il y avait là encore de quoi noircir des milliers de pages…
Nous savons désormais que la sortie de la crise sanitaire ne signera pas l’avènement du monde d’après. Il nous faudra des années pour réparer ce qui a été abîmé par les mesures prises pour éviter que l’épidémie ne se mue en hécatombe. Nous sommes entrés dans une autre crise, économique et sociale, qui nous oblige à faire de la santé mentale une priorité de santé publique. Nous vivons déjà les premiers signes de cette crise sans qu’elle suscite réellement une réflexion collective. Il y avait là encore de quoi…
Et pour le passionné de politique, l’époque est extraordinaire : comme toutes les crises, elle est un formidable révélateur des failles et des dérives de ce qui était auparavant considéré comme la normalité. Il y avait donc là encore…
Le lecteur pourrait donc penser qu’ouvrir, dans ce contexte, un livre dans lequel jamais le mot « Covid-19 » ne serait inscrit ne serait qu’un pari arrogant ou une désertion face à une situation qui apparaît comme sans espérance. Le fil des actualités sur les chaînes d’information continue est saturé par la crise sanitaire et toute notre vie est comme suspen­due au rythme des admissions à l’hôpital et des apparitions de variants.
Les débats suscités autour du maintien des élections municipales en mai dernier ont montré qu’une grande majorité d’entre nous était prête à mettre entre parenthèses la vie naturelle des institutions. Pendant plusieurs mois, nul n’a su quand auraient lieu les prochaines élections. Le temps institutionnel a semblé comme suspendu. Les élections régionales et départementales devaient avoir lieu en mars 2021 mais quand, en temps normal, les campagnes auraient dû battre leur plein, aucun homme politique n’osait aborder le sujet par crainte d’apparaître comme un ambitieux indécent sans conscience des priorités. Nul n’est naïf et l’observateur attentif a pu tout de même lire les petits pas de danse esquissés par l’un ou l’autre mais toujours dans une certaine discrétion… presque l’air de rien. Nous savons maintenant que les élections régionales et départementales devraient avoir lieu au mois de juin 2021. Il ne faudra pas oublier que les rumeurs les plus folles avaient évoqué juin ou septembre 2022, après les élections présidentielles…
Pourquoi donc choisir d’écrire une invitation à l’engagement politique ? Peut-être simplement parce que, justement, la vie politique semble au point mort et que l’action d’un gouvernement, désarmé devant une crise inédite par sa nature et son ampleur, et les commentaires acides ou complaisants d’une opposition qui ne représente plus qu’elle-même, ne peuvent résumer la vie politique d’un pays.
À l’échelle des collectivités locales, l’action politique est rythmée par les mesures sanitaires mais elle ne peut s’y réduire car notre vie bat encore. Les municipalités continuent de gérer les concessions dans les cimetières, de fixer les amendes contre le stationnement gênant, de délivrer des permis de construire, de préempter des bâtiments pour les réhabiliter en crèches… Les départements, d’accueillir les mineurs isolés, de construire des collèges, de gérer des maisons de retraite… Les régions, d’enrichir les collections publiques d’art contemporain, d’animer les pôles de compétitivité, d’organiser la mobilité interurbaine… Le Parlement poursuit son travail législatif : révision de la loi de bioéthique, proposition de loi relative à la sécurité globale, pour ne citer qu’elles. La violence terroriste a rappelé que l’action du gouvernement ne pouvait se résumer aux décisions du Conseil de défense sanitaire.
La vie continue et nos élus poursuivent leur mandat ! Ce n’est pas parce que le temps politique est comme suspendu qu’il est suspendu ! Tant qu’il existe une vie sociale, il subsiste une vie politique. Ce n’est pas parce que le débat public est obnubilé par la crise sanitaire qu’aucune décision politique n’est prise.
Dans un pays où personne ne s’est ému que, pendant plusieurs mois, la date des prochaines élections ait été reportée sine die , il est vital de rappeler que, parce qu’elle est au cœur de nos existences, la vie politique ne peut être laissée aux autres. Et si la crise sanitaire offre l’opportunité de noircir des milliers de pages, ne devrait-elle pas offrir aussi celle d’agir en vue du bien commun ?
Introduction
Le magistère de l’Église catholique regorge de textes qui, à la manière de l’exhortation apostolique post-synodale Christifideles laici du pape saint Jean-Paul II, analysent, détaillent, justifient, expliquent la vocation spécifique des laïcs tant dans l’Église que dans le monde. Les sermons de nos curés sont des appels incessants à l’exercice de la charité. Une vie chrétienne pleine ne saurait se limiter à célébrer et annoncer. Elle est aussi service. Nos prêtres chaque dimanche n’ont de cesse de nous rappeler le commandement du Christ : « Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. » La charité n’est pas en option et il se pourrait bien qu’elle puisse nous conduire, à la suite de Jésus, à mourir pour l’autre.
Fils et filles de Dieu, les laïcs que nous sommes sont donc envoyés dans le monde pour annoncer et servir :
« Il faut donc regarder en face ce monde qui est le nôtre, avec ses valeurs et ses problèmes, ses soucis et ses espoirs, ses conquêtes et ses échecs : un monde dont les conditions économiques, sociales, politiques et culturelles présentent des problèmes et des difficultés encore plus graves que celles décrites par le Concile dans la Constitution pastorale Gaudium et spes . De toute manière, c’est là la vigne, c’est là le terrain sur lequel les fidèles laïcs sont appelés à vivre leur mission. Jésus veut pour eux, comme pour tous ses disciples, qu’ils soient le sel de la terre et la lumière du monde (Mt 5, 13-14) 1 . »
Cette action dans le monde est multiforme : libre, informelle et institutionnelle, individuelle et collective… tant que cette animation du monde temporel est au service des pauvres et des faibles. L’exhortation met en exergue l’engagement bénévole que les catholiques investissent largement. Nous avons tous autour de nous un proche qui donne une matinée par semaine pour le petit déjeuner des SDF, un autre qui passe ses samedis à la banque alimentaire ou encore un autre qui fait du soutien scolaire, sans oublier celui qui visite les malades à l’hôpital ou accompagne les migrants dans leurs démarches administratives ou encore celui qui gère les comptes de l’association familiale locale… Les annonces de fin de messe, le dimanche, sont pleines de ces appels à s’engager dans les mouvements et associations d’Église ou purement civiles. Nous sommes toujours prompts à y répondre. « […] le bénévolat doit être considéré comme une expression importante d’apostolat où les fidèles laïcs, hommes et femmes ont un rôle de premier plan 2 . »
Pourtant, il est un appel qui se fait rarement entendre jusque dans nos paroisses : celui de l’engagement en politique. Le lecteur peut remonter aussi loin que possible dans sa mémoire, jamais il n’a entendu son curé l’inviter à s’engager dans un parti ni à se présenter à des élections. Il l’a entendu lui rappeler que voter est du devoir de tout chrétien, que voter doit se faire selon sa conscience. Il l’a même parfois entendu l’inviter à aller manifester, mais s’engager sur le champ de bataille politique… jamais !
Pourtant le magistère traite la question et il est clair : les catholiques ont le droit et le devoir de participer à la vie politique, comme le rappelle Christifideles laici .
« Pour une animation chrétienne de l’ordre temporel, dans le sens que nous avons dit, qui est celui de servir la personne et la société, les fidèles laïcs ne peuvent absolument pas renoncer à la participation à la “politique” , à savoir à l’action multiforme, économique, sociale, législative, administrative, culturelle, qui a pour but de promouvoir, organiquement et par les institutions, le bien commun. Les Pères du Synode l’ont affirmé à plusieurs reprises : tous et chacun ont le droit et le devoir de participer à la politique 3 . »
Le magistère ne laisse donc planer aucun doute : la participation à la vie politique est du ressort des laïcs. Bien que celle-ci soit multiforme, l’invitation inclut l’action législative et celle qui s’opère par le biais des institutions. Sous le vocable « politique », saint Jean-Paul II comprend ainsi tout ce qui relève de la vie en société et de son organisation. L’action politique est donc bien composée de l’action civique, portée par ce que nous appelons aujourd’hui la société civile, et de l’action politique au sens le plus restrictif, portée, elle, par les élus et les administrations qu’ils dirigent. Action organique, action institutionnelle.
L’apostolat des laïcs passe donc aussi par les urnes et la candidature à des élections. Nos bibliothèques regorgent d’ouvrages de réflexion sur les institutions et leur manière d’assurer la paix et l’harmonie au sein de la Cité et sur le dialogue entre États et Église. Sans compter que nous avons aussi de quoi nous éclairer sur le bien commun pour chacun des sujets de société : accueil des migrants, procréation, travail, environnement, justice, guerre… Mais rien sur l’agir en politique ! Enfin, pas grand-chose… une note doctrinale, des passages de la Somme ­théologique de saint Thomas d’Aquin… C’est un peu comme si nous avions une perception désincarnée de la politique : nous y réfléchissons comme à un jeu de construction, une ingénierie sociale purement technique. Nous savons ce qu’est un gouvernement idéal, nous savons ce qu’est un bon chrétien mais nous avons fait l’impasse sur les qualités humaines que doit posséder celui qui gouverne et sur la pratique concrète du pouvoir. Pourtant, la question a une grande incidence sur l’exercice de ce même pouvoir. Nous avons fait une distinction trop simpliste entre le temporel et le spirituel, entre la morale et la politique, entre la spéculation philosophique et l’action.
Ce vide sur nos étagères nous arrange bien car il contribue à notre surdité à l’appel. La tentation est bien grande de laisser l’engagement électif aux autres. Entrer en politique signifie s’exposer, parler à voix haute, se soumettre au suffrage des autres, bref se mettre en danger. La violence du combat politique fait peur. Personne n’a envie de voir sa vie personnelle exposée sur les réseaux sociaux par un adversaire indélicat. Personne n’a très envie de passer ses soirées à compter ses soutiens, constater les défections, réfléchir à une stratégie de campagne. Et une fois en politique, il faudra encore batailler contre ses adversaires, prendre des décisions qui auront des conséquences pour de nombreuses personnes, rendre compte de ses erreurs… Comment être certain de faire les bons choix quand on n’en a pas initialement les compétences ?

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