Du bureau aux Bangas
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Du bureau aux Bangas , livre ebook

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Description

« Vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre » Actes 1 : 8
Est-il possible de servir Dieu en terre de mission quand on n’est ni assistante, ni infirmière, ni médecin, ni enseignante, ni traductrice, ni la femme du Pasteur ? Est-il possible que Dieu confie une mission à une femme dont le conjoint a abandonné la course de la foi ? Autant de freins bien difficiles à lever pour obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes ? Cette première partie du témoignage de l’auteure Cathy Berthelot, appelée et envoyée par Dieu dans le difficile champ de mission à Mayotte, est la confirmation éclatante que Dieu n’est limité ni par nos circonstances, ni par nos faiblesses, ni par nos contextes. Il se glorifie en utilisant qui il veut dans son oeuvre.
Ce livre donne gloire à Dieu pour ce qu’il a fait dans sa vie, et pour ce qu’il fera.

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Informations

Publié par
Date de parution 02 septembre 2021
Nombre de lectures 4
Langue Français
Poids de l'ouvrage 8 Mo

Exrait

Du bureau aux bangas
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Cathy BERTHELOT
 
 
 
 
 
 
© 2021, Cathy Berthelot
Aucun extrait de cette publication ne peut être reproduit, ni transmis sous une forme quelconque, que ce soit par des moyens électroniques ou mécaniques, y compris la photocopie, l'enregistrement ou tout stockage ou report de données sans la permission écrite de l'éditeur.
Sauf indications contraires, les textes cités sont tirés de la Bible Louis Segond 1910.
Publié par Editions l'Oasis, année 2021.
Ce livre a été publié sous la division auto-publication « Publiez votre livre ! », des Editions l'Oasis. Les Editions l'Oasis déclinent toute responsabilité concernant d'éventuelles erreurs, aussi bien typographiques que grammaticales, qui ne sont pas forcément en accord avec certains détails du contenu des livres publiés sous cette forme.
Dépôt légal : 3éme trimestre 2021.
Imprimé en Pologne par Bookpress.
9, Rte d'Oupia, 34210 Olonzac, France
Tél (33) (0) 468 32 93 55
fax (33) (0) 468 91 38 63
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Table des matières
 
REMERCIEMENTS        9
INTRODUCTION        13
Chapitre 1 LA NOUVELLE NAISSANCE        15
Un terrain fragile        17
L’appel au salut        18
Chapitre 2 LE FILS DE LA PROMESSE        19
La fausse couche        21
La grossesse extra-utérine        22
La dépression        23
Le verdict des hommes        24
La promesse        25
Alexis        26
Chapitre 3 LE BRISEMENT        29
Le retour de la fille prodigue        31
Première pièce du puzzle : LE QUOI        33
Deuxième pièce du puzzle : LE QUI        35
Troisième pièce du puzzle : LE COMMENT        36
Quatrième pièce du puzzle : LE QUAND        37
Chapitre 5 LE DÉPART        39
Quitter son service        40
Quitter son logement        40
Deux années de congés sans solde        41
La peur de l’inconnu        41
Un accueil VIP        42
Rupture du talon d’Achille        45
Le premier abandon        46
Chapitre 6 LA VISION RÉVÉLÉE        47
La conduite de Dieu        47
Mes amis Musulmans        49
La révélation du projet de Dieu        52
L’acceptation de la vision        54
Business As Mission (BAM)        56
Chapitre 7 POURQUOI MOI ?        59
Les choix de Dieu        60
Le choix des Hommes        60
Le berger        62
L’église organique        64
Dieu nous qualifie et Dieu nous prépare        65
Chapitre 8 LA CONFIANCE EN DIEU        67
Chapitre 9 LA SOLITUDE        69
Être une femme seule dans un monde d’hommes        70
Chapitre 10 LE PREMIER PROJET        73
L’école d’alphabétisation        75
Un lieu de rencontre        76
Un statut embarrassant        77
Chapitre 11 LES COÉQUIPIERS DE L’OMBRE        79
Une mission s’impose à eux        79
Une armée dans la prière        80
Les dons        80
Les ouvriers sur le terrain        81
Chapitre 12 QUEL QU’EN SOIT LE PRIX        83
Le troisième abandon        83
La maladie de ma mère        85
Brûler tous mes ponts        87
Chapitre 13 LA PROVISION DE DIEU        89
Une relation renforcée        89
Une foi vivante        90
La patience        92
Les finances        93
Chapitre 14 LE COVID 19        95
La soirée        95
Un temps d’arrêt salutaire        97
Une vision rafraîchie        98
CONCLUSION        99
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REMERCIEMENTS
 

S
i j’avais su à l’avance ce que je devais endurer, comme tout individu normalement constitué, j’aurais refusé la mission.
Tant de larmes, et de solitude.
L’adversaire est déchaîné. Ce territoire est le sien et il tente de le garder.
Son acharnement à me faire abandonner a piqué ma curiosité.
Je me suis demandé ce qui pouvait le déranger à ce point.
Qu’est-ce qu’il savait et que j’ignorais ?
« Contente-toi de faire du social » m’a-t-on dit.
Et pourtant ce travail social a déchainé sa furie à un point que je n’ai pas souhaité décrire dans le détail de ce livre.
Pourquoi tant de colère, « juste » pour du social ?
Mais en son temps, Dieu a répondu à toutes mes interrogations et m’a révélé son plan.
« Invoque-moi, et je te répondrai ; Je t'annoncerai de grandes choses, des choses cachées, Que tu ne connais pas ». Jérémie 33.3
Quelqu’un m’a rappelé que je n’étais qu’une chrétienne sortie des rangs.
Mais quelqu’un d’autre m’a aussi dit : « si tu avais été un homme, blanc, marié, grand, imposant comme moi, et sans enfant, tu n’aurais pas eu le même impact dans cette société matriarcale qui est celle de Mayotte. »
Cette parole m’a encouragée, et je bénis le Seigneur pour le soutien qu’il m’a donné au travers de l’Église.
Tout d’abord, je souhaite remercier un couple formidable qui m’a connue lorsque j’étais adolescente. Ils ont toujours été des colonnes dans leur église locale et ses annexes, dans l’une desquelles je suis née spirituellement. Leurs enfants sont tous serviteurs de Dieu et ils continuent de servir avec passion. Lorsque ce couple a entendu mon témoignage, le Seigneur leur a mis à cœur de me soutenir.
Grâce à leurs années de service, ils connaissent beaucoup de monde en Normandie, et ce sont eux qui ont organisé mes tournées dans les églises pour que je puisse partager le témoignage de mon appel, et pour que le nombre d’intercesseurs augmente.
Je remercie les frères et sœurs qui, en entendant mon témoignage, ont aussi pris à cœur cette petite île de l’océan Indien, qui prient chaque jour pour les âmes perdues, et soutiennent l’œuvre engagée auprès des amis Musulmans.
Sans la grâce de Dieu, et cette armée de guerriers à mes côtés durant ces quatre années, j’aurais lâché prise, comme beaucoup avant moi.
Merci à tous les frères, et sœurs, aux enfants des écoles du dimanche qui me soutiennent dans ce terrible combat spirituel.
Je tiens aussi à remercier la sœur qui m’a invitée chez elle un jour pour me dire à quel point mon histoire défrayait la chronique et qu’il fallait que je l’écrive.
Je pense à ma mère et je la bénis car je suis convaincue que sa maladie est un effet collatéral de la mission. Le diable l’a réclamée pour la « cribler comme le froment ». Sa maladie a été déclarée en 2018, lorsque mes amis Musulmans ont commencé à s’approcher de Dieu en grand nombre. Tout a été mis en œuvre pour que je rentre. Ma mère et moi avons toujours eu une relation fusionnelle. Et à chaque fois que je rentre en Métropole, je vois son état se dégrader. Je lui ai proposé de rentrer pour m’occuper d’elle. Mais elle a refusé à maintes reprises. Elle me disait qu’il fallait que je retourne à Mayotte, que je continue le travail avec les familles, les jeunes, et les enfants. Et que Dieu s’occupait d’elle. Si son être extérieur se détériorait, son être intérieur était régénéré par la puissance de Dieu.
Son corps tétraplégique ne parle plus, mais l’Esprit de Dieu en elle se révèle, et est à l’écoute de ses cris intérieurs.
Je remercie mon frère qui est pour moi un précieux soutien, que je peux appeler à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Sur l’épaule duquel je peux m’épancher. Il prendra mon enfant sous son aile pour lui permettre de poursuive ses études supérieures, et me permettra à moi de poursuivre en toute quiétude la mission que Dieu m’a confiée. Je le remercie pour la correction de ce témoignage, qui est son domaine de compétences ; pour sa douceur, sa patience, son écoute, sa connaissance des Écritures et son amour brûlant pour Jésus et pour le salut des âmes.
Je remercie Alexis mon fils unique, l’objet de mes vœux, le fils de la promesse. J’avais dit au Seigneur, quand il m’a appelée à partir en mission à Mayotte : « Seigneur, jamais sans mon fils ».
Et en 2016, alors qu’il n’avait que treize ans, Alexis a choisi de me suivre en mission, sur ce territoire instable sur le plan social, rempli de violence, – plutôt que de rester dans le confort et la sécurité avec son père.
Alexis a vu la gloire de Dieu pendant ces quatre premières années de mission. Il a fait de belles expériences miraculeuses avec le Seigneur. Nous sommes passés d’un réfrigérateur vide à une table pleine d’abondance. Il a vu la protection de Dieu. Il nous est arrivé de nous absenter durant trois à quatre mois sans avoir besoin de mettre de gardien dans la maison comme c’est la coutume. Les maisons voisines étaient visitées sauf la nôtre.
Lorsque nous étions malades, nous priions l’un pour l’autre et Jésus nous guérissait instantanément. Dans les études, malgré le bas niveau de l’enseignement local, Alexis a obtenu son brevet et son bac avec mention. Il poursuit ses études dans un Master en Management dès la rentrée 2021.
Dans tout cela, toute la gloire revient à Dieu qui a su toucher son cœur pour qu’il lui donne sa vie et devienne à son tour un disciple de Christ.
Je tiens à remercier chaleureusement les assemblées qui continuent à me soutenir fidèlement depuis quatre ans, qui prennent le temps de collecter des vêtements, des chaussures, des jeux, des livres, et d’envoyer des cartons destinés aux familles dans le besoin.
Nous connaissons le cœur de notre Dieu. Il aime le pauvre, la veuve, l’orphelin et l’immigré.
Je terminerai donc ce paragraphe de remerciements en faisant monter ma reconnaissance vers ce Dieu merveilleux dont l’amour est insondable.
 
« Si cette entreprise ou cette œuvre vient des hommes, elle se détruira ; mais si elle vient de Dieu, vous ne pourrez la détruire.
Ne courez pas le risque d'avoir combattu contre Dieu ». Actes 5.38
Celui qui a pitié du pauvre prête à l'Éternel, qui lui rendra selon son œuvre. Proverbes 19 :17
Car L’Éternel votre Dieu est le Dieu des dieux, le Seigneur des seigneurs, le Dieu grand fort et terrible, qui ne fait acception des personnes et qui ne reçoit point de présent, qui fait droit à l'orphelin et à la veuve, qui aime l'étranger et lui donne de la nourriture et des vêtements. Deutéronome 10 :18
L'Éternel protège les étrangers, Il soutient l'orphelin et la veuve, Mais il renverse la voie des méchants. Psaumes 146 :9
 
Apprenez à faire le bien, recherchez la justice, Protégez l'opprimé ; Faites droit à l'orphelin, Défendez la veuve. Ésaïe 1 :17
 
Ainsi parle l'Éternel : Pratiquez la justice et l'équité ; délivrez l'opprimé des mains de l’oppresseur ; ne maltraitez pas l'étranger, l'orphelin et la veuve ; Jérémie 22 :3
 
N'opprimez pas la veuve et l'orphelin, l'étranger et le pauvre. Zacharie 7 :10


 
 
 
 
 
 
 
Chemin d'accès aux bangas.
INTRODUCTION
 

C
e livre est le témoignage de quatre ans de mission.
J’ai souhaité le partager avec le lecteur, pour encourager, faire lever des vocations, raconter ce qu’il fait avec les gens de rien, ceux que l’on méprise et pour donner gloire à Dieu.
«  L'Éternel ne considère pas ce que l'homme considère ; l'homme regarde à ce qui frappe les yeux, mais l'Éternel regarde au cœur ». 1 Samuel 16.7
 
Le Seigneur forme, qualifie et confie des projets extraordinaires à des personnes qu’aucun homme n’aurait choisies pour quelque mission que ce soit.
C’est ce Dieu merveilleux que j’ai voulu dépeindre dans ce livre.
L’occasion de raconter ses merveilles, de décrire combien le nombre de ses bienfaits est grand, de remercier tous ceux qui me soutiennent dans ce grand pas de la foi, et qui continuent de m’encourager.
La mission : c’est aller où on n’a pas prévu d’aller. C’est choisir d’obéir. C’est renoncer à soi-même, à son confort, à sa sécurité financière, matérielle, et affective.
C’est une vie de solitude sur le plan humain, mais de communion étroite avec Dieu.
La mission, c’est brûler tous ses ponts, et sauter dans le vide de l’inconnu, sachant que notre seul filet, c’est le Seigneur lui-même.

La cours de mon ancien bureau.
 
 
Chapitre 1 LA NOUVELLE NAISSANCE
 

E
tre fille unique au milieu de trois garçons a forgé mon caractère.
La situation de ma mère à la maison me révoltait. Et je jurai de ne jamais être réduite à cela. Injuriée, réduite à ne faire que la cuisine, à s’occuper d’une maison, d’un mari violent, et de quatre enfants battus…
À cause de cela, je me promettais aussi de ne jamais me marier, de ne dépendre de personne financièrement, et surtout pas d’un tyran avare, cupide, rétrograde, ayant pour dieu Mammon.
Jusqu’à présent, j’avais embrassé les valeurs que m’enseignait ma mère, pleine de foi et d’amour pour son prochain et pour Dieu.
J’avais deux ans lorsque ma mère a fait une rencontre personnelle avec celui qui a transformé sa vie, et dont elle ne lâchera plus jamais la main : Jésus-Christ le Sauveur du monde.
Dès mon jeune âge, j’ai dévoré la Bible, et aimé l’église. Lors de mes études Bibliques personnelles, je prenais tellement de notes que ma mère me disait : « si tu continues, tu vas finir par recopier la Bible » !
Et lorsque mon frère aîné a voulu prendre le baptême, moi aussi j’ai voulu le prendre malgré les réticences du pasteur en raison de mon jeune âge. Mais j’avais les arguments prouvant que j’avais compris le salut, et l’œuvre de Jésus à la croix.
 
 
 
 
La guérison divine
J’avais dix ans quand mes parents ont quitté la région Parisienne pour acheter une maison en Normandie. Et c’est là que j’ai expérimenté la guérison divine pour la première fois. À cause du stress vécu à la maison, j’avais de l’eczéma de la tête aux pieds, et aucun traitement n’y faisait : acuponcture, homéopathie, zinc, cuivre, laser… Les médecins disaient à ma mère : « c’est dommage, si cette enfant n’avait pas cette maladie, elle serait bien jolie ! ».
Mais un jour, un missionnaire est venu à l’église, et ma mère m’a contraint à venir. C’était un mardi soir lors d’une réunion de prière. Ce soir-là, le missionnaire a parlé de la maladie qu’il avait eue jusqu’au jour de son mariage. De l’eczéma jusqu’au cou. Et il a raconté comment Dieu l’avait guéri.
À la fin de sa prédication, il a fait un appel pour que les malades s’approchent pour recevoir la guérison de Dieu par l’imposition des mains. J’étais en larmes sur ma chaise parce que je me disais que Dieu l’avait guéri lui, parce qu’il était un adulte, mais que pour moi, il ne ferait pas une telle chose. Alors ma mère m’a prise par la main et m’a forcée à me lever pour y aller. Elle m’a dit que le Seigneur allait me guérir. Alors j’y suis allée sans convictions.
Les vacances d’été sont passées. Et un mois plus tard, à la rentrée des classes, j’ai regardé mon visage qui habituellement était couvert de croutes blanches, et il n’y avait plus rien : derrière mes oreilles, rien ; sous mes aisselles, rien ; entre mes doigts, rien. Bref, plus aucune trace d’eczéma !
Dans ma joie, j’ai pris mon vélo et je suis allée au collège qui se trouvait à six kilomètres.
Après cette expérience, j’ai commencé à faire d’autres expériences personnelles avec Dieu.
Pour l’une d’entre elles, je lui ai promis que s’il m’exauçait je le servirai toute ma vie ; et il a répondu à ma prière…
 
 
 
 
 
Un terrain fragile
Hélas la persécution et les épreuves que nous vivions à la maison ont eu raison de ma jeune foi et de celle de mon frère aîné. Nous étions battus sans raison, nos Bibles étaient brûlées ou déchirées. Mon père cachait les clés de la voiture le dimanche matin pour nous empêcher d’aller à l’église. Nous étions souvent en fuite chez les chrétiens pour notre protection.
C’en était trop ! Un jour, j’ai pris ma décision.
Malgré la terreur que m’inspirait mon géniteur, je lui ai fait face et je lui ai dit : « nous sommes de gentils enfants, nous ne faisons aucune bêtise et pourtant tu nous persécutes. Donc écoute bien, à partir de ce jour, je passe dans ton camp, celui du diable ». Il a souri et m’a dit « d’accord ».
Á partir de ce moment, mon frère aîné et moi avons cessé d’aller à l’église.
De son côté, ma mère tremblait encore plus pour nous, car nous sortions en cachette le soir.
J’ai suivi mon frère aîné partout, jusqu’à ce qu’il en ait assez d’être suivi par sa petite sœur. Il m’a forcée à faire cavalière seule avec mes propres amis.
Après avoir expérimenté la guérison, désormais j’expérimentai la protection de Dieu.
Plusieurs de mes amis qui avaient le permis ont eu des accidents de voiture très graves. Certains sont morts, pour avoir pris le volant en état d’ivresse. Mais à chaque fois, je n’étais pas présente. Lorsqu’ils fumaient de l’herbe, tout le monde avait le droit de fumer sauf moi.
J’étais en colère parce que je savais que c’était parce que ma mère priait pour moi.
Á plusieurs reprises je me suis retrouvée en danger, et c’est moi qui criais à Dieu, et il me délivrait à chaque fois.
 
 
 
 
 
L’appel au salut
C’est à l’âge de 19 ans que ma mère m’a invitée à une réunion d’Évangélisation un dimanche après-midi.
J’étais venue avec un ami, en lui disant que s’il venait, Dieu allait le changer. Le pasteur ne me connaissait pas. Je me suis assise au fond de l’église et j’ai commencé à me vernir les ongles, sans prêter attention à la prédication.
Et dans mon cœur, je me disais : « oh là là c’est long, et qu’est-ce qu’il peut être agaçant à crier comme ça. Et qu’est-ce qu’il raconte ? » … et le pasteur sur la chaire a répondu : « ha tu te demandes ce que je raconte ? et bien je vais te le dire… je te parle de ton péché. C’est toi que je veux changer aujourd’hui ».
Interloquée, j’ai rangé mon matériel de manucure, j’ai commencé à écouter, et un dialogue intérieur a commencé entre Dieu et moi, sans que le pasteur ne se doute de quoi que ce soit.
Cet échange interactif s’est terminé par :  « je veux transformer ta vie, mais c’est la dernière fois que je t’appelle ».
J’étais effondrée, en larmes sur ma chaise. Personne ne comprenait ce qu’il m’arrivait.
J’ai levé ma main lors de l’appel pour donner ma vie à Jésus.
En rentrant chez mes parents, j’étais dans une grande joie.
J’ai appelé tous mes amis, et je leur ai dit que les sorties avec eux étaient finies, que ma vie avait changé, que je n’étais plus la même, que j’avais fait une rencontre personnelle avec mon Dieu.
J’étais née de nouveau !
Chapitre 2 LE FILS DE LA PROMESSE

M
 
on Leitmotiv était : « je suis sauvée pour servir ».
Je disais souvent à ma mère qu’un jour je serais missionnaire, et que je l’emmènerais en terre de mission avec moi, parce que je ne me marierais jamais.
Dieu en avait décidé autrement.
Dans cette église de Normandie, où il n’y avait que vingt personnes âgées, nous n’étions que trois jeunes. Une nouvelle famille est arrivée, dont l’aîné des quatre enfants s’est donné au Seigneur.
Nous nous sommes tous mis à la musique, car jusqu’à lors, seul le pasteur jouait de la guitare.
Ce jeune homme est tombé amoureux de moi, et pendant deux ans, il a jeuné et prié pour que je devienne son épouse. De mon côté, je campais sur mes positions de ne jamais tomber dans le « piège » du mariage et restais totalement froide à cet intérêt. Je m’imaginais bien « eunuque spirituel » pour vivre comme l’apôtre Paul.
Mais c’était sans compter sur la volonté de Dieu, qui ne voyait pas du tout les choses de cet œil. Il m’a montré qu’il avait choisi ce jeune homme pour moi !
Pendant deux ans, le Seigneur me réveillait la nuit pour me dire ce qu’il pensait de mon attitude orgueilleuse.
Et pendant deux ans, j’ai résisté et dit non au Seigneur.
Le jeune homme sombrait dans la déprime et maigrissait à vue d’œil à cause de cela. Mais Dieu le bénissait dans tout ce qu’il faisait. Il a été baptisé dans le Saint-Esprit six mois avant mois, il a maîtrisé la guitare alors que moi je ne progressais pas au violon malgré mes années au conservatoire de musique, et en plus il avait une voix extraordinaire pour le chant.
Le pasteur l’avait sollicité pour conduire les chants aux cultes et aux réunions de semaine.
Ensuite, il lui a confié l’école du dimanche, puis il est devenu responsable des jeunes, et enfin, il apportait la Parole lors des réunions de prière ou de jeûne avec une puissante onction .
Mais au terme des deux ans, après toutes les paroles de Dieu, et toutes les lettres d’amour que j’avais reçues du jeune homme, j’ai fini par dire oui.
Dieu avait fait son œuvre dans mon cœur : j’étais amoureuse.
Quelques mois après nos fiançailles, lors d’un séminaire à l’Institut de Théologie Biblique à Bordeaux, Dieu nous a appelé tous les deux à son service.
Et cette fois-ci, c’est mon fiancé qui a dit non à Dieu. Il ne voulait absolument pas être pasteur, alors que tous sans exception l’y poussaient.
Une année plus tard, son père alcoolique et violent décédait d’un cancer de la plèvre.
C’est alors que, sans que personne ne s’en aperçoive, et tout en continuant à remplir toutes les fonctions qui lui avaient été confiées, mon fiancé avait commencé à lâcher la main de Dieu…
Mais je ne le savais pas encore.
 
Nous nous sommes mariés le samedi 2 juillet 1994, par une belle journée ensoleillée.
 
 
 
 
 
 
 
 
La fausse couche
Nous sommes mariés depuis cinq ans, et comme promis, Dieu a béni ces années. Beaucoup de voyages, un service intensif dans l’équipe de louange, une présence active aux réunions de semaine et le service auprès des enfants.
Je me sens prête à aller plus loin maintenant, mes entrailles aspirent, et mon cœur aussi : de cet homme que j’aime, je veux un enfant ; mais lui est encore hésitant. Il souhaite encore profiter de la vie à deux.
Mais son visage rayonne lorsque je lui présente le test de grossesse « positif » !
Quelle merveille ! Je sens la vie qui grandit en moi ! Je ne suis enceinte que de quelques semaines, mon corps ne change pas encore, mais je déborde de joie. Je ne me lasse pas d’être émerveillée des splendeurs de Dieu, de la perfection de sa création et de la précision majestueuse de ses œuvres. Il est véritablement le Dieu de la vie.
Et moi, je vais être maman !
Seulement voilà, dans ma chambre d’hôpital, le dernier soupir du soleil éclaire mon lit d’une lumière sourde. J’ai mal. Je viens de faire une fausse couche. Un curetage a été nécessaire. Ma chair est blessée.
Les médecins et mon mari m’ont expliqué qu’il n’y a aucune raison de s’en inquiéter. Quelquefois, pour des raisons de sécurité, le corps expulse lui-même un embryon non viable. Par ailleurs, me dit-on, les fausses couches sont fréquentes lors de la première grossesse. Le corps sait ce qu’il fait.
Mais je ne suis pas inquiète. Je ne pense qu’à une chose : être rétablie rapidement.
Et je prie pour que le Seigneur console mon cœur en me donnant des jumeaux pour oublier cet espoir déçu.
 
 
 
 
 
La grossesse extra-utérine
Dix mois plus tard. Je traverse les rues parisiennes pour rejoindre mon lieu de travail.
Un éclair de douleur me transperce le ventre de part en part. Pliée en deux, je ne peux plus marcher.
Je téléphone à mon mari, et à mon manager. Ils me conseillent d’appeler les pompiers, qui sont surpris de me voir debout et s’en amusent. Moi, je n’ai pas du tout envie de rire. Ils m’installent dans l’ambulance pour me transporter à l’hôpital de la Salpêtrière.
Encore une chambre d’hôpital. On m’examine. J’attends. Des médecins entrent dans ma chambre. Sur leurs visages, je lis que les nouvelles ne sont pas bonnes. De toute évidence, quelque chose se passe mal. L’un d’eux m’annonce : « Vous êtes enceinte. »
Au mot « enceinte », la surprise me saisit. À aucun moment cela ne m’avait traversé l’esprit. Et, apparemment, les choses ne se passent pas comme prévu. Un « Mais » est en suspens sur leurs lèvres.
« L’ovule est mal placé. Il est resté dans une trompe. ». Je reste froide. J’attends qu’ils m’annoncent leur solution… « Nous devons vous opérer en urgence. »
C’est plus que je ne peux en supporter. Non, on ne peut pas encore me faire subir une opération ! Mon être s’y refuse. Et pourtant, aucun choix ne m’est laissé. On me prépare pour aller au bloc, on m’anesthésie… Dans mon brouillard, allongée sur un lit, je salue ma famille venue en catastrophe et espère ne les revoir que dans l’éternité.
J’ouvre les yeux. Je suis sur mon lit d’hôpital. Que m’a-t-on fait ? Par quoi suis-je passée ? Pourquoi suis-je encore en vie ? Je ne voulais plus de tout cela…Des médecins entrent. Je tâche de fixer mon attention sur ces visages inconnus. « Madame… l’opération ne s’est pas bien passée. Vous avez eu une hémorragie importante. Nous n’avons pas eu le choix. Nous avons dû vous retirer la trompe où l’ovule s’était logé. »
Le monde s’écroule autour de moi. Une part de ma féminité m’a été arrachée. Quelque chose de moi-même m’a été enlevé. J’ai perdu ce qui ne peut m’être rendu. Je me sens mutilée.
La dépression
J’essaie de manger un petit morceau de pain. J’attends…
Non, ça ne passe pas. Mon estomac ne veut aucun aliment. Mon corps refuse tout ce que je lui donne.
J’ai repris mon travail. J’ai perdu neuf kilos. Je jette le pèse-personne pour ne plus savoir, je retire tous les miroirs de la salle de bain pour ne plus me voir ; et je me savonne le corps si fort que ma peau pourrait saigner. Je me sens nulle. Je ne suis même pas capable de faire ce qui est naturel à toutes les femmes du monde… un enfant.
Je viens de voir une émission qui expose la liste détaillée de mes symptômes alimentaires. Je suis anorexique.
Quelques semaines plus tôt, je croyais ne pas pouvoir tomber plus bas. J’avais tort. Mon estomac refuse toute nourriture, et je pleure sans arrêt.
Cette chair mutilée veut maintenant s’auto-détruire. Et moi je la regarde faire. Je pourrais l’en empêcher, mais je n’en ai pas la volonté. À quoi bon ?
Je me lève chaque matin pour aller travailler, mais c’est un acte mécanique. Je n’ai toujours pas d’enfant. Cette heureuse perspective s’éloigne de moi. Dans mon cœur, grandit un sentiment d’échec. Désormais, ce n’est plus seulement dans mon corps que j’ai mal. Je marche les yeux baissés pour ne pas croiser le regard des autres. Je ne porte plus que des vêtements noirs.
J’ai peur de conduire. Moi qui étais vue comme un pilote…
Mon mari, lui, ne sait rien de mon état intérieur.
Il veille surtout à ce que je m’alimente correctement, et se soucie de moi par toutes sortes d’attentions charmantes. Mon état n’affecte en rien nos relations. Dans ma misère, j’ai la grâce d’avoir auprès de moi ce mari gentil, prévenant, amoureux toujours, mais pudique aussi. Et je regrette qu’il n’ose me parler, qu’il n’ose sonder ma peine pour tenter d’y apporter le baume de mots réconfortants. Peut-être voit-il mon angoisse et refuse-t-il de me montrer la sienne, de peur que, son inquiétude s’ajoutant à mon fardeau, mon désespoir n’augmente…
 
 
Le verdict des hommes
Ces derniers mois, à plusieurs reprises, j’apprends que je souffre de kystes hémorragiques. À chaque fois, l’opinion des médecins est formelle : je dois être opérée à nouveau. À chaque fois, je demande l’onction d’huile, et Dieu m’en guérit miraculeusement, et à chaque fois, les médecins sont confondus.
Malgré ces bénédictions, et malgré les paroles que Dieu m’adresse (tantôt d’une manière tantôt d’une autre), où il me demande de ne plus pleurer, de regarder à lui et de compter sur sa bonté et sa grâce — malgré tout cela, je demeure inconsolable. J’attends de Dieu une promesse plus concrète, et elle ne vient pas.
Entre temps, nous avions acheté une belle maison. Celle que j’avais choisie. Vendue à un coût dérisoire. Un cadeau de Dieu !
 
Je continue de consulter plusieurs spécialistes des grossesses difficiles.
Finalement, après une dernière batterie d’examens, le verdict du médecin est formel : « La trompe qu’il vous reste ne fonctionne plus, madame. Vous êtes stérile. Vous ne pourrez jamais avoir d’enfant naturellement. »
Mon cœur s’arrête de battre. Mais tandis que le spécialiste commence à me proposer la solution de la fécondation in vitro, une partie de moi se rebelle.
Quelque chose en moi s’éveille. C’est un feu qui brûle, réagit contre la fatalité et la résignation. Ma foi dans mon Père céleste reprend vie, et, avec une assurance que je n’ai pas éprouvée depuis longtemps, je réponds au médecin :
« Docteur, j’ai foi en un Dieu Tout-Puissant, et quand je reviendrai vous voir, ce sera parce que je serai enceinte. Je n’ai rien contre les conceptions assistées, mais, avec mon mari, nous avons pris la décision de ne pas y avoir recours. Nous préférons nous confier en Dieu. C’est notre choix. »
Cela l’amuse. Il prend congé en me tapotant l’épaule et, en riant, il me dit :
« C’est bien d’y croire, ma petite dame ! À bientôt pour la fécondation in vitro ! »
 
 
La promesse
Jeudi 14 mars 2002.
Je suis dans mon temps de culte personnel avec Dieu, dans un moment de communion étroite.
J’ouvre ma Bible. Dieu, qui a tout pouvoir, me conduit dans le choix de ma lecture.
Et alors, un texte particulier attire mon attention, résonne dans mon cœur, et s’imprime en moi comme au fer rouge : « Voici, tu es stérile, et tu n’as point d’enfant. Tu deviendras enceinte, et tu enfanteras un fils ».
Je marche avec Dieu depuis plus de dix ans. Et je sais reconnaître sa voix lorsqu’il me parle.
La parole me traverse de part en part, et y déverse une espérance nouvelle.
Pas une seule seconde je ne mets en doute l’authenticité de cette parole.
Je sais qu’elle vient du ciel, qu’elle est un fruit de l’amour même de Dieu pour moi.
Mon cœur bat la chamade. Un sourire disparu depuis longtemps se dessine pour laisser place à des sauts de joie.
La voici, la promesse ferme et tant attendue !
Je sens mon bonheur renaître, et, avec elle, mes espoirs ressusciter.
Mon esprit reprend vie. En plus, c’est un fils que je voulais.
C’est l’heure. Il est temps de recommencer à vivre !
 
 
 
 
 
 
 
Alexis
Janvier 2003. Une nouvelle douleur aiguë me prend au ventre, semblable à celle que j’avais ressentie lors de ma grossesse extra-utérine. J’ai peur.
Le dimanche, lors du culte d’adoration dans mon assemblée évangélique, je demande que l’on prie pour moi.
À l’instant où les bien-aimés m’imposent les mains en toute simplicité pour ma guérison, je sens que quelque chose se remet en place dans mon corps. Je retourne à ma place. La douleur est partie. Je sais que je suis guérie.
Le lendemain, je fais un test de grossesse. Les secondes passent, aussi longues que l’éternité…
Je regarde… et mon cœur explose de joie : je suis enceinte ! et de la façon la plus naturelle qui puisse être ! Dieu a accompli sa promesse, fidèlement et sans y manquer ! Bien plus : je réalise que, la veille, par sa guérison, il a enrayé un nouveau drame.
Ma mutilation est oubliée. Je ne me méprise plus moi-même. J’étais brisée, mais Dieu m’a restaurée, en m’accordant tant de grâces nouvelles, en me faisant expérimenter à travers ses consolations, l’immensité de son amour.
Le temps de ma blessure intérieure n’est plus qu’une cicatrice dans ma mémoire.
À la manière d’un père qui prend un soin jaloux de ses enfants, mon Créateur m’a guérie, dans mon esprit comme dans mon corps.
Je porte enfin la vie, pour de bon cette fois. Et je suis prête à vivre la bénédiction promise de longue date.
Je suis retournée voir le médecin, comme je le lui avais annoncé. Le souvenir de son incrédulité m’amusera longtemps. Il a passé vingt minutes à m’attester, devant les images irréfutables de l’échographie, qu’il n’était pas possible que je sois enceinte.
En plus, il y a deux embryons !
Lors de ma première échographie, les médecins me disent que nous attendons une fille. La joie de mon mari est à son comble. Je suis surprise, mais néanmoins nous lui avons donné un prénom, et avons préparé une chambre, vert d’eau, et des vêtements, orangés.
Lors de l’échographie du septième mois, le médecin m’annonce qu’ils se sont trompés. En fait, c’est un garçon. Ma joie est à son comble. Je me disais aussi : Dieu m’avait promis un garçon !
Deux mois plus tard, je suis maman ! Je regarde le chemin parcouru, et je m’émerveille.
Il est là, l’enfant de la promesse, qui fait notre joie et l’étonnement des médecins, des voisins et des collègues de travail !
 
À côté de mon lit, j’entends une petite voix qui gazouille. Mon bébé se réveille, heureux. Il va chanter et jouer un moment avant de me réclamer à grands cris. Il est beau comme tout, en parfaite santé, et éveillé. Son sourire à fossettes charme et captive tous ceux qui le rencontrent.
Les gens le voient et le disent « bien dessiné ». Alexis !

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Alexis, le fils de la promesse.
 
 
Chapitre 3 LE BRISEMENT
 

A
près neuf ans de mariage, de bonheur, et après avoir eu cet enfant tant attendu, qui venait d’avoir deux ans, mon mari a eu un coup de foudre pour une femme de quinze ans son aînée, qui était elle aussi en vacances en Tunisie.
Je ne l’ai su que trois mois plus tard. Je lui ai tout de suite pardonné.
Le pasteur est venu pour l’aider à se ressaisir, mais rien n’y a fait. C’était elle ou il se donnait la mort !
Je l’ai alors laissé partir, parce que je l’aimais et ne voulais pas qu’il se fasse de mal.
Mais j’étais en colère contre Dieu. Je lui avais obéi, et voilà que je me retrouvais bafouée, salie et humiliée. « Où irai-je maintenant Seigneur avec ma honte, je ne peux plus te servir ?! ».
Or, un dimanche matin lors d’un culte, il y a eu une prophétie qui disait : « Pourquoi pleures-tu ? Ton mari va revenir... ». De nombreux frères et sœurs en sont convaincus et continuent de prier, comme je le fais.
Mais j’étais en colère, et pendant quatre ans, c’est moi qui ai lâché la main de Dieu.
Je n’allais plus à l’église et j’étais dans une démarche d’autodestruction. Les seules fois où j’allais à l’église, c’est parce que mon petit garçon de cinq ans réclamait d’y aller. Et c’était à chaque fois un rendez-vous au cours duquel le Seigneur parlait à mon cœur avec beaucoup de tendresse, mais sans succès. Ma rancune était tenace. Les rares fois où j’ouvrais la Bible Dieu me parlait, alors je ne l’ouvrais plus.
Pendant quatre années, cela a été pour moi la traversée d’un désert brûlant.
Mon Père céleste me manquait terriblement, mais j’étais furieuse.
Á plusieurs reprises, j’ai volontairement mis ma vie en danger. Mais à chaque fois, le Seigneur me gardait alors que je voulais mourir.
 
J’avais de nouveaux amis, et je les prévenais tout le temps qu’un jour ils ne me reverraient plus, parce que je connaissais le vrai bonheur, et qu’il n’était pas dans cette vie que nous menions. Sans leur dire de quoi et surtout de qui il s’agissait.
Et ce jour est arrivé le 31 décembre 2011. Je les ai quittés en plein réveillon du Nouvel An en leur disant que je retournais voir mon Père. Il me manquait terriblement, mon cœur était vide et malheureux sans lui.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Le retour de la fille prodigue
Le 2 janvier 2012 je suis allée à l’église. Un frère ancien qui prenait régulièrement de mes nouvelles, m’a accueilli à la sortie du Culte et m’a dit : « est-ce que c’est aujourd’hui le jour du retour à la maison ? ». Je lui ai répondu par l’affirmative, étonnée par sa sensibilité.
Mais ce n’était pas un happy end.
Mon cœur était toujours blessé. Je pleurais pendant les chants, pendant les prédications, pendant les prophéties. Dieu me parlait avec tant de douceur et d’amour. Jamais un reproche ou une parole dure, mais des promesses de restauration et de bénédictions.
Un jour, lors d’un culte, un des pasteurs s’est levé. Il est venu dans les rangs pour me dire de la part de Dieu qu’il fallait que je choisisse un pasteur pour m’accompagner vers une « cure d’âme ou relation d’aide ».
Je ne savais pas en quoi cela consistait exactement.
Alors à la sortie du culte, je suis allée vers un des pasteurs de l’équipe pastorale, que je ne connaissais pas, mais qui avait l’air sympathique et avenant. Je lui ai demandé un rendez-vous pour suivre le conseil de Dieu transmis par son collègue.
Il m’a prévenue que le processus serait long et douloureux. Mais à sa grande surprise, après trois séances, des vérités révélées, un travail de réflexion, et des prières inspirées, j’ai retrouvé la relation avec mon Père Céleste et mon cœur était guéri. J’ai arrêté les séances.
J’avais compris que l’épreuve que je venais de traverser était le brisement.
Toutes mes prétentions étaient anéanties, tout ce que je croyais savoir était réduit en cendre. Le Divin potier venait de remodeler le vase que j’étais en un vase différent.
À l’instar de Job, j’ai pu dire que mon oreille avait entendu parler de lui, mais que maintenant mon œil le voyait.
Patient, tendre, plein de bonté, compatissant, lent à la colère, déversant le pardon et l’amour, sans reproche, sans jugement, pansant les blessures et les plaies les plus profondes… Quatre de mes amies m’ont suivie au Seigneur, et ont été touchées par sa grâce.
 
 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Chez une amie Mahoraise - Essai des tenues traditionnelles - Le Salouva.
 
 
Chapitre 4 L’APPEL EN TERRE DE MISSION

C
 
’est le plus beau jour de ma vie…
Pour certains c’est le jour où ils ont eu leur bac, pour d’autres, c’est le jour de leur mariage, ou encore le jour où ils ont eu un enfant, mieux encore, le jour où ils sont nés de nouveau… Pour moi, cela a été le jour où Dieu m’a appelée pour le servir !
C’était en juillet 2014. Je me croyais disqualifiée !
Moi qui avais été répudiée… Était-il possible que Dieu veuille de moi pour faire quelque chose pour lui, avec lui ?
 
Première pièce du puzzle : LE QUOI
Lors d’une rencontre de jeunesse à Cergy-Pontoise, une amie m’a forcée à venir. Elle avait soif de découvrir Dieu.
Et dans cette rencontre, il y avait des stands.
C’est elle qui m’a inscrite de force pour assister aux présentations des cours Bibliques et voir les stands réservés pour la mission...
Le frère qui tenait le stand m’a vu feuilleter les brochures et m’a dit « vous avez l’air d’avoir à cœur la mission ? ». Je lui ai répondu que de toutes façons j’étais disqualifiée. Il s’est gentiment mis en colère en me disant que je ne connaissais pas les plans de Dieu. Alors sans conviction j’ai posté ma candidature pour un séjour découverte.
 
 
Plusieurs mois plus tard, me voilà partie à Mayotte avec trois co-équipiers pour une mission découverte à Mayotte.
Sur place, un couple de chrétiens nous avait prêté leur grande maison avec vue sur la mer. J’avais choisi cette destination parce que j’avais entendu parler de la situation des enfants de la rue et j’avais voulu, sur mon temps de vacances, aller sur place pour aider.
Le matin, je me levais aux aurores pendant que le reste de l’équipe dormait, et je faisais de même le soir. Difficile d’avoir un temps d’intimité avec Dieu lorsque nous sommes deux dans une chambre.
Une nuit, alors que ma collègue de chambre était endormie, je me suis levée, et à la lumière de mon Smartphone, j’ai ouvert ma Bible.
Alors que je lisais, l’Esprit de Dieu me dit : « va dans la salle de bain, tu trouveras un Pentecôte ».
Dans mon cœur je réponds au Seigneur : « Cela fait deux semaines que je suis dans cette maison et je n’ai pas vu l’ombre d’un journal Pentecôte, mais j’obéis ».
Arrivée dans la salle de bain, je lui dis : « Seigneur dis-moi où ils sont parce que j’ai horreur de fouiller ».
Il me répond : « derrière les toilettes ».
Il y avait en effet une pile de Pentecôte, et je poursuis en demandant au Seigneur : « je prends lequel ? » ; sur quoi il m’indique de prendre le premier de la pile.
Je repars dans le salon sur la pointe des pieds et commence à lire le Pentecôte. Le titre était « Projet du Home Évangélique » (En Bretagne).
Dans un chapitre, le frère explique comment Dieu l’a conduit à mettre en œuvre un projet pour les âgés et pour les jeunes.
Du choix du terrain, jusqu’à la provision de Dieu.
C’était un témoignage extraordinaire qui m’a émerveillée, mais à part le mot «  projet  », puisque j’étais à l’époque chargée de projet, je n’ai pas compris ce que Dieu voulait me dire.
J’ai alors laissé la revue sur la table en attendant de voir si mes collègues avaient une révélation, mais rien, aucune réaction à la suite de cette lecture. Je les observai déçue !
Deuxième pièce du puzzle : LE QUI
Ce matin-là, je me tiens sur la terrasse, enfermée dans ma bulle avec Dieu. Je n’entends plus les chants du minaret qui appellent à la prière, Mayotte étant composée à 97 % de Musulmans. Je contemple la gloire de Dieu avec Ésaïe au chapitre 6. Seulement, cette fois, c’est à moi que Dieu s’adresse. Sa voix résonne dans mon cœur avec ces mots : «  qui enverrai-je  » ?
Et pendant une heure, je reste là, avec ces trois mots. En larmes, sans pouvoir en lire un de plus. Avec mille questions. Ici à Mayotte ? … moi ? … mais pour quoi faire ? … j’ai un bon poste… un bel appartement… une jolie voiture… des amis… ma famille… mon enfant… je voyage deux fois par an… j’ai la chance de travailler dans une multinationale…
Au terme de cette heure de combat, j’ai cédé, et j’ai fait la même réponse qu’Ésaïe :  « Seigneur me voici, envoie-moi ». J’étais bouleversée.
Lorsque j’ai raconté à mes collègues de séjour ce que j’avais vécu, ils étaient ravis : la femme du pasteur qui ne cessait de répéter que Dieu allait parler au cours de ce séjour m’a prise dans ses bras, et son mari nous a confié au terme de la mission que l’objectif de la mission était atteint. J’étais abasourdie.
Je croyais que l’objectif de la mission était de rencontrer les associations chrétiennes de l’île et de leur proposer notre aide.
Mais là, j’apprends qu’avant de partir le Seigneur lui avait dit que l’une des deux jeunes femmes était destinée à rester sur l’île comme missionnaire.
Lorsqu’il a vu la première jeune femme sortir de l’avion le Seigneur lui a dit, ce n’est pas elle. Et quand il m’a vue, le Seigneur lui a dit « c’est elle ».
Et pendant tout le séjour il m’a observée à mon insu, et a attendu.
C’est pourquoi il n’a pas été surpris outre mesure lorsque je lui ai annoncé ce que j’avais vécu. J’ai tenu à ce qu’il témoignage de cela dans une vidéo que je garde précieusement.
Ensuite, j’ai envoyé des mails à mes pasteurs en Banlieue Parisienne, mais personne n’a répondu. J’ai appelé ma mère qui a été prise de panique à l’idée que je parte à l’autre bout du monde.
Seul mon frère m’a dit : « Dieu vous avait appelés lorsque vous étiez deux, maintenant que tu es seule, il t’appelle seule, parce qu’il ne se repent ni de ses dons, ni de son appel ».
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Troisième pièce du puzzle : LE COMMENT
J’ai demandé une confirmation au Seigneur parce que c’est toute une vie qui sera chamboulée, voire deux, alors pas question de se tromper.
Il me fallait une confirmation. Était-ce bien la volonté de Dieu ?
Lors de notre dernier culte à Mayotte, une jeune femme s’est levée et a dit : « depuis le début du culte, le Seigneur m’a donné une pensée, mais je n’ai pas osé l’apporter parce que je ne savais pas si cela s’adressait à l’église ou à une femme ».
Le Seigneur lui a confirmé qu’il s’agissait d’une femme, et qu’il fallait qu’elle insiste sur le terme d’ambassadrice.
Cette parole prophétique disait : « J’ai une mission à te confier, tu devras accomplir fidèlement ta mission quel qu’en soit le prix,
tu ne t’appartiens plus sois obéissante. Je fermerais les portes lorsque tu ne seras pas dans la bonne direction, et j’en ouvrirais d’autres.
Le secret de la vraie grandeur, c’est la fidélité dans les petites comme dans les grandes choses ».
Toute l’équipe s’est tournée vers moi en disant : « Cathy c’est pour toi ».
J’avais attendu pendant tout le culte que Dieu parle. Prête à tout noter sur mon smartphone afin de ne laisser tomber à terre, aucune parole de Dieu.
J’ai cru ce jour-là que mon cœur allait exploser de joie, toutes mes craintes étaient envolées, même si je savais qu’il me restait beaucoup de route à parcourir.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Quatrième pièce du puzzle : LE QUAND
Arrivée à Charles de Gaulle, j’ai pris la direction de mon église, alors que je venais de faire quinze heures de vol avec deux escales.
Je suis allée directement dans le bureau de mes pasteurs avec ma valise dans la main et mes valises sous les yeux, et je leur ai dit qu’il fallait que nous parlions de ce que j’avais vécu, tout de suite.
J’avais besoin d’avoir leur retour d’expérience. Est-ce que j’étais folle ? … est-ce que j’avais rêvé ? … est-ce que ce sont mes émotions qui m’ont joué des tours ? … Très calmement, ils m’ont répondu que ce n’était rien de tout cela.
« Nous, nous ne sommes pas surpris que Dieu t’ait appelée Cathy, en revanche, il faut prendre le temps de préparer ton départ, et être attentif aux feux rouges et aux feux verts de Dieu ».
Ils m’ont dit que si toutes les portes s’ouvraient, c’est que Dieu confirmait ce que j’avais vécu ;
Et qu’il fallait se donner un an de préparation.
C’est ce que j’ai fait.
Premier « feu vert ». Mon employeur m’a accordé deux années sabbatiques et sur la lettre ils ont écrit : « congé pour création d’entreprise ».
J’ai eu beau insister, ils m’ont dit que c’était une mention obligatoire et qu’ils ne pouvaient pas l’enlever même si cela ne correspondait pas au contexte.
Cette première porte ouverte était surprenante parce que depuis deux ans, cela se passait très mal à mon travail.
Dieu préparait mon départ, pour qu’il soit sans regret.
Jusqu’à ce jour, il m’avait permis de gravir tous les échelons sans que je n’aie rien demandé, et tout à coup tout le monde s’acharnait sur moi, jusqu’à me mettre au placard. Mais pendant ce temps de placard, j’ai validé le diplôme qui me servirait pour la mission que Dieu me confiait : Une Licence en Management des organisations et Pilotage de projets.
Le deuxième « feu vert » de Dieu fut l’accord du père d’Alexis. Sachant qu’il ne pourrait plus voir son fils à chaque vacances scolaires.
Cette porte ouverte était essentielle pour moi. J’avais dit au Seigneur : « jamais sans mon fils ».

Enseignement aux enfants.
 
 
Chapitre 5 LE DÉPART

L
 
orsque tous les feux se sont mis au « vert », j’ai compris que Dieu ne changerait pas de direction. C’était pour maintenant.
 
Un an avant l’appel de Dieu, je me souviens que j’avais échafaudé des plans pour mon avenir. Je souhaitais valider un Master en Marketing parce que c’est un domaine qui me passionne depuis de nombreuses années. J’avais trouvé l’école, mon dossier avait été accepté, le programme était bien huilé.
Et comme sur le plan professionnel, j’étais au « placard », je me disais qu’ils seraient bien contents de ne pas me voir pendant une année.
Quelle n’a pas été ma surprise, lorsqu’après avoir présenté mon projet à ma chef, elle m’a dit « hors de question, on a besoin de toi ici. Ce serait compliqué de trouver quelqu’un avec ton profil » !
J’avais compris que c’était un « non » qui venait de Dieu, et j’étais furieuse.
Je n’ai pas ouvert ma Bible de toute la semaine.
Le dimanche matin, lorsque je suis arrivée au culte, une sœur est venue au micro pour apporter une prophétie qui disait ceci : « mon enfant, tu boudes depuis une semaine parce que j’ai fermé la porte au projet que tu avais monté. La raison est simple. J’ai un autre projet pour toi. Cesse de me bouder, reviens dans ma présence ; je te montrerai ce que j’ai choisi pour toi, et tu verras vers quoi je veux te conduire. Ce projet est bien meilleur que celui que tu projettes. Reviens dans ma présence et cesse de bouder ! ».
Alors j’ai fait contre fortune bon cœur et je suis revenue dans la présence de mon bon Père du ciel.
Mais en 2021, il m’a permis de valider un Master en Management.
 
Quitter son service
Mes pasteurs, eux, m’avaient demandé de préparer mon départ en un an, le temps de trouver quelqu’un pour me remplacer dans mon service auprès des pré-adolescents.
Là encore, Dieu a pourvu dans les mois qui ont suivi.
Une nouvelle équipe avait été identifiée.
 
Quitter son logement
Quand Dieu est dans l’affaire, les portes s’ouvrent d’une manière vraiment très étrange ! La vie prend des allures surprenantes.
Comme par exemple, cette femme qui visite mon appartement pour reprendre la location, et qui en voyant mon mobilier, dit tout de go : « je vous rachète tous vos meubles ! » alors que je n’avais rien demandé.
Elle m’a pressé pour que je dresse la liste de tous mes biens avec le prix de vente.
Et sans aucune négociation, ce couple a acheté : notre salon avec un canapé en angle en cuir blanc tout neuf, notre salle à manger avec sa table transparente et ses chaises triangulaires qui s’encastraient harmonieusement sous la table, ma chambre à coucher japonaise avec son lit bas en Tech, et la penderie vitrée, la chambre à coucher de mon fils avec son lit à tiroir, son bureau assorti. Elle voulait même le meuble à chaussures de l’entrée !
Tout cela était quand même bien curieux, du jamais vu, mais je laissais Dieu faire, émerveillée.
 
 
 
 
 
 
Deux années de congés sans solde
J’avais choisi de jouer la sécurité.
Je ne savais pas à quoi m’attendre, je ne connaissais pas la durée de la mission, et surtout, j’ignorais tout des réalités du terrain à Mayotte.
Lorsque j’ai demandé à mon employeur mon congé sans solde, au moment de signer, j’ai lu : accord pour deux ans avec le motif : « création d’entreprise ». J’ai refusé de signer avec cette mention. Pendant deux semaines, j’ai bataillé avec le service RH pour qu’ils enlèvent cette mention, en leur expliquant que j’allais juste aider une association, et qu’il fallait rédiger le document autrement.
Une fois à Mayotte, j’ai compris pourquoi Dieu avait permis que cette mention soit inscrite. Il savait…
La peur de l’inconnu
La peur commençait à m’étreindre, je n’étais pas matérialiste mais j’étais sur le point de quitter tout mon confort, de brûler tous mes ponts, de sortir de ma sécurité. En plus, je n’étais pas seule, j’avais une petite vie de douze ans sous ma responsabilité.
Je me souviens m’être souvent jetée à genoux aux pieds de mon lit pour supplier Dieu de nous épargner des agressions physiques auxquelles je ne me sentais pas capable de survivre. Je me tenais informée de l’actualité de Mayotte en temps réel, et ça ne donnait pas envie. Je lui ai dit : « Seigneur, je suis bien consciente que je ne peux pas te demander de marcher sur un tapis rouge pavé de roses, mais à choisir, je préfère une persécution morale, plutôt que physique » !
De l’autre côté, une association partenaire de mon travail m’a proposé des dons par palettes entières : maillots de bain pour les femmes, les hommes, les enfants, des vêtements pour bébé, des sous-vêtements, des livres, des shorts. Mais je ne me rendais pas compte des quantités quand ils me parlaient en palettes !
C’est quand la livraison est arrivée chez moi à Mayotte que j’ai réalisé.
J’aurais pu ouvrir un magasin ! Cette cargaison a rempli la pièce de 25 m² réservée pour mon bureau. Il y avait des cartons du sol jusqu’au plafond !
Un accueil VIP
Les frères et sœurs de mon assemblée m’ont aidé à financer le container, qui ne contenait que ma voiture. Tout le reste était les dons pour les habitants de l’île.
Quinze jours avant mon départ, j’étais angoissée parce que je n’avais aucune nouvelle de l’association pour laquelle je quittais tout et avec qui je venais travailler à Mayotte.
Pas de nouvelle concernant mon logement, pas de nouvelle par rapport à la voiture qui était censée être à ma disposition à mon arrivée, pas de nouvelles par rapport à mon accueil à l’aéroport. Ils avaient oublié ma venue, tout le monde était parti en congés !
J’ai alerté le directeur de la mission avec laquelle je partais, il a fait des pieds et des mains pour joindre quelqu’un à Mayotte.
Et quand enfin il a reçu une réponse à son mail, ça a été pour lui dire que tout le monde était parti en vacances et qu’ils m’avaient oubliée ... ! Tout cela ne présageait rien de bon. Mais Dieu, lui, ne nous avait pas oubliés.
Cinq jours avant mon départ, un couple de mon assemblée m’appelle pour me demander comment mon arrivée avait été planifiée. Qui vient me chercher à l’aéroport, qui me loge, etc. Ma seule réponse à toutes leurs questions a été : « je ne sais pas ».
Choqués, ils ont de suite pris en main l’organisation. Un comité d’accueil à l’aéroport, une famille pour nous loger, une voiture pour nous déplacer, des sorties, etc.
Depuis que j’étais seule, ce couple de mon église en Métropole avait pris à cœur de m’accompagner lors de mes déménagements et installations.
Alors pour notre départ à Mayotte, ils ont fait de même.
Dieu leur avait mis à cœur de m’accompagner lors de mon installation à Mayotte. ; Et de ne reprendre leur vol retour que lorsque leur mission serait accomplie.
J’ai tenté de les en dissuader, en mettant en avant le coût du billet pour une famille de cinq personnes, en vain.
L’époux a contacté sa sœur qui habitait à Mayotte et ils ont pris leurs trois enfants, et ils ont débarqué à Mayotte.
Leur sœur a été déçue qu’après tant d’années de séparation, ils ne viennent à Mayotte que pour s’assurer de mon installation…
Malgré tout, leur accueil a été plus que chaleureux.
Nous avons été hébergés chez un couple qui a reçu un talent de la part de Dieu pour ouvrir leur maison.
Mais au bout de quinze jours, nous aspirions à avoir notre « chez nous ». Sans savoir dans quel village Dieu avait choisi de nous installer.
Ma seule exigence était que ce soit une maison.
J’ai grandi en pavillon et je ne souhaitais pas être en appartement.
La seule exigence d’Alexis était d’avoir un chaton roux.
Dieu nous a donné les deux.
Un jour que nous étions chez la sœur de mes amis venus de Métropole, nous sommes sortis devant chez elle, et elle nous a montré deux maisons, juste en face de chez eux, qui étaient libres.
Nous avons alors demandé à les visiter.
Lors de la visite, nous étions dix personnes avec les enfants ! … L’agent immobilier nous regardait avec de grands yeux sans comprendre pourquoi tout ce raffut…
C’est lors de la visite de la deuxième maison que nous avons tous été en paix et joyeux ! … C’est celle que le Seigneur a choisi pour nous. Dans la semaine qui a suivi, nous avons eu les clés.
Il se trouve qu’un de leur collègue avait quitté l’île et avait confié à nos nouveaux voisins chrétiens un chaton roux. Mais comme ils avaient déjà un chat, ils voulaient donner le deuxième à une autre famille.
Alexis a compris que Dieu avait exaucé sa prière !
Dans sa prescience, il avait prévu pour nous un accompagnement rassurant avec des visages connus, il nous avait réservé une maison, mais aussi le chaton roux.
Quelques mois après notre emménagement, nous avons sympathisé avec d’autres chrétiens. Ceux-ci avaient deux canapés pour lesquels j’avais eu un véritable coup de cœur.
Cela peut paraître anodin, et matériel, mais lorsque ces amis chrétiens ont quitté Mayotte, ils nous ont vendu leurs deux canapés. Ils étaient encore plus beaux que notre canapé d’angle que nous avions vendu en Métropole avec un pincement. Et en plus, maintenant, nous avions chacun le nôtre. C’était vraiment extraordinaire !

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Dieu exauce Alexis et lui donne un chaton roux.
Rupture du talon d’Achille
Nous sommes arrivés à Mayotte le 20 août 2016.
Le 10 septembre 2016, mon talon d’Achille se rompait après avoir couru pieds nus sur le terrain de foot avec les enfants.
Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait. J’ai beaucoup pleuré !
« Seigneur, est-ce que je me suis trompée dans ta volonté ? ».
Non, le Seigneur ne s’était pas trompé.
Je suis restée « bloquée » dans ma chambre avec la jambe dans le plâtre pendant trois mois !
Celle-ci est devenue ma chambre haute.
Je méditais la Parole jour et nuit, et restais dans la présence de Dieu.
Il voulait que je reste tranquille sans bouger, afin de me préparer au service.
Dans cette épreuve, je n’étais pas seule avec mon enfant qui venait de fêter ses treize ans. Nos chers voisins chrétiens déposaient Alexis au collège et faisaient nos courses. Une femme de ménage passait deux fois par semaine.
J’ai refusé d’être opérée à Mayotte. J’ai préféré laisser Dieu ressouder les tendons. La récupération est plus longue, mais au moins je ne risquais pas de boiter, ou pire d’être amputée d’une jambe.
Je suis rentrée deux fois en Métropole pour changer le plâtre et me faire suivre là-bas. À l’aller comme au retour, c’est uniquement par la grâce de Dieu qu’ils m’ont laissée monter dans l’avion, mais cela a été un combat !
C’est au cours de ce temps dans le plâtre, dans ma chambre haute, que Dieu m’a communiqué une partie de sa vision, et ce qu’il attendait de moi.
Après quelques mois de rééducation, et un suivi par une infirmière Mahoraise, j’étais à nouveau sur pieds et prête à rentrer dans les œuvres que Dieu avait préparées d’avance.
 
 
 
 
Le premier abandon
Quelques semaines plus tard, les membres de l’association avec qui je devais travailler m’ont annoncé qu’ils ne faisaient plus le projet pour les enfants de la rue, et qu’à la place, ils me confiaient la mission de chercher un local pour l’association. Que je serai chargée de mission, et qu’ils n’avaient pas de fonds pour me donner un salaire. La raison était simple, ils avaient peur du contexte social.
Par pudeur, je ne leur avais pas parlé de mon appel.
Mais là, le Seigneur me poussait à le faire. Je leur ai donc expliqué ce que j’avais vécu.
Ils ne l’ont pas entendu de cette oreille. Et dans les semaines qui ont suivi, nos relations ont vite dégénéré. Pour eux, je n’avais pas reçu plus d’appel de Dieu que les autres. Ils ne prenaient pas la mesure de ce qu’ils avaient déclenché dans ma vie, et des risques considérables que j’avais pris.
J’ai encore passé beaucoup de temps sur mes genoux, à pleurer devant Dieu ; en demandant au Seigneur ce que je faisais là, et si je m’étais trompée. Si j’avais bien compris sa volonté. Mais Dieu rassurait constamment mon cœur.
C’est à partir de ce moment qu’il a commencé à me donner les détails de toutes les directions que je devais prendre. Sur mes genoux, dans la prière, avec une feuille et un stylo, je prenais note de ses directives. La première a été de ne pas signer le partenariat avec l’association chrétienne. La deuxième a été de créer une entreprise sociale et solidaire sans but lucratif. Avec pour appui ce texte de 1 Samuel 14.6 : « rien n’empêche l’Éternel de sauver au moyen d’un grand nombre, comme d’un petit nombre » . 
Je ne connaissais encore personne. Malgré tout, le Seigneur Jésus m’a guidée pour choisir le bon statut juridique afin de mettre en œuvre les projets qu’il avait prévus.
Un jour un dirigeant qui voulait que j’aille plus vite (pour une raison que j’ignore) m’a conseillée de monter mon projet pour les enfants de la rue en m’appuyant sur la notoriété de l’association chrétienne. Je lui ai répondu qu’aucun acteur du territoire que j’avais rencontré ne connaissait le nom de cette association.
Entre temps, cette association a été dissoute et les membres sont partis ou ont été mutés.
 
Chapitre 6 LA VISION RÉVÉLÉE
 

P
as d’apparition, aucune voix, et encore moins des songes !
« Juste » des textes Bibliques, des orientations, des indications communiquées lorsque j’étais en prière. À deux exceptions près.

Pendant un an, à distance, j’avais travaillé sur l’étude de faisabilité du projet pour les enfants de la rue. J’ai rencontré les instances politique en charge de l’outre-mer à Paris, et rencontré des associations.
En plus de mon travail en Métropole, j’avais passé mes soirées sur ce travail d’investigation.
La conduite de Dieu
Mais le Seigneur a conduit toutes choses pour créer ma propre entreprise sociale et solidaire, sans but lucratif.
Cela a été un combat terrible, et la mise en place a duré un an. À chaque étape, je voyais Dieu ouvrir les portes.
La veille d’avoir la réponse de la banque pour une ouverture du compte, alors que je m’apprêtais à me coucher harassée de fatigue à 21 h, le Seigneur me remplit d’une force surnaturelle et me demande de rédiger le Business Plan.
J’obéis, et je termine le document à 1 h du matin.
Le banquier m’appelle à 9 h et me dit : « Madame, je vous refuse l’ouverture du compte si vous ne me présentez pas le Business plan dans l’heure ». J’ai béni le Seigneur pour sa prescience et je lui ai répondu avec la plus grande joie que je lui envoyais le document dans les cinq minutes. Il était désappointé !
Il ne voulait pas couvrir une entreprise sociale et solidaire sans but lucratif.
Mayotte est une île sous-développée et leur but est de soutenir les projets lucratifs.
Après étude du document qu’il pensait rédigé par un comptable, de mauvais gré, il a accepté l’ouverture du compte, et les démarches pour mettre en place la structure ont pu être finalisées.
Tout le monde m’a demandé pourquoi je n’avais pas créé une association.
Je leur ai répondu que lorsque j’ai interrogé les insulaires pour avoir leur conseil, ils ont tous été unanimes : « vos projets sont importants, si vous créez une association, vous ne serez pas crédible aux yeux des autorités. Nous vous conseillons d’être Directrice, et non Présidente pour avoir du poids ». Néanmoins, ce choix de statut juridique m’a fermé plusieurs portes pour obtenir des subventions.
Mais ce que j’ai compris beaucoup plus tard, c’est que ce statut me laissait beaucoup de latitude pour mes actions.
Pour tous, cette entreprise est une association, à cause des actions qu’elle promeut, de son business model tourné vers l’humain, et l’absence de recherche de bénéfices.
Un jour, alors que j’avais acheté une petite bibliothèque pour l’école, un membre du Comité de Pilotage composé de cinq chrétiens de l’église locale et des pasteurs m’a dit : « cette entreprise n’est pas à toi, tu ne peux pas décider d’acheter ce que tu veux. Tu dois avoir la signature de deux autres des membres ».
Elle avait oublié la lecture des statuts du premier jour. Je les lui ai rappelés.
Le seigneur dans sa sagesse m’avait conduit dans cette direction.
Et je le bénis aujourd’hui, car tous m’ont abandonnée, et à cause de cela, j’aurais été dans l’obligation de tout liquider si j’avais été en association.
Au lieu de ça, non seulement les actions sont pérennisées, mais vouées à s’agrandir.
Mon seul objectif : rester à l’écoute du cœur de Dieu, et obéir à toutes ses volontés !
 
 
 
Mes amis Musulmans
Lorsque j’avais le pied dans le plâtre, je n’étais pas en capacité d’aller à la rencontre des familles de mon village, et j’en étais très chagrinée. Mais ce temps était voulu de Dieu.
 
Un jour qu’Alexis et moi jouions aux jeux de société sur notre terrasse, des enfants curieux sont venus nous regarder jouer, tout en restant cachés dans les buissons.
C’est là que tout a démarré.
Des dizaines d’enfants m’ont présentée à leurs parents, et notre attachement affectif est devenu très fort.
Mes pasteurs m’ont demandé pourquoi j’étais entourée de toutes ces familles alors qu’ils m’avaient envoyée pour les enfants de la rue.
J’étais moi-même surprise et dans l’incapacité de leur répondre.
En tous cas, des choses hors du commun ont commencé à se produire.
Ces personnes se sont attachées à moi, au point de m’appeler toutes les semaines, réclamant que je vienne les voir.
Je leur ai témoigné de l’amour de Jésus. Ils ont alors expérimenté la guérison divine, et les exaucements.
Dieu pourvoyait à leurs besoins grâce aux dons que les frères et sœurs envoyaient en abondance pour eux : Vêtements, chaussures, sacs, téléphones, fournitures scolaires, etc.
Le pasteur de l’église locale m’a demandé de me méfier de ces gens-là, car selon lui, ces insulaires voulaient profiter de moi, alors il m’a recommandé d’avoir du discernement pour ne pas me faire avoir.
Cela m’a intrigué car je ne leur donnais pas d’argent. Je n’en avais déjà pas pour moi, et je ne les embauchais pas, pour les mêmes raisons financières.
Mon aide était bien faible au vu de leurs besoins abyssaux.
Je ne savais pas qu’habituellement ils ne s’attachaient pas si facilement avec les Métropolitains, au point de les inviter chez eux.
Ne connaissant pas encore les us et coutumes de la vie locale.
C’est au fur et à mesure que j’ai pris la mesure de toutes leurs difficultés du quotidien, et de ce que Dieu était en train de tisser .
J’ai donc continué à leur rendre visite pour partager sur tout et sur rien, les écouter, rire avec eux, faire connaissance avec les enfants et tous les membres de la famille (souvent élargie) ; elles m’apprenaient à cuisiner les plats locaux, ou me faisaient découvrir les tenues traditionnelles.
Bref, des moments extraordinaires avec des femmes d’une autre culture.
Lorsque les réunions de maisons se sont mises en place dans le village, ces familles ont, le plus naturellement du monde, accepté mes invitations, et sont venues en grand nombre pour écouter l’Évangile.
Seulement, le garage qui nous accueillait était trop petit.
Je devais alors organiser le passage des familles par groupes de trente personnes différentes tous les vendredis, jusqu’à ce que tous aient entendu l’Évangile. J’étais épuisée.
Cela a duré un an, sans que je comprenne à quoi correspondaient ces familles que Dieu semblait m’avoir confiées, ni quel était mon rôle.
Cependant, je me réjouissais de ce travail collaboratif inattendu.
Chacun mettait au service de Dieu ce qu’il avait reçu.
La famille chrétienne mettait son garage à disposition, l’évangéliste prêchait et moi j’amenais les âmes.
Hélas, cela a vite dégénéré en : « ce ne sont pas tes âmes, on ne se sent plus chez nous, assieds-toi dans un coin, les enfants arrachent les fleurs du jardin, ils arrivent en retard, on n’est pas là pour faire du social, on ne t’a pas attendu pour vivre ça… ».
Peut-être que si ensemble nous nous étions placés devant Dieu, avions présenté cette œuvre miraculeuse à l’église locale pour qu’elle prie, les évènements auraient pris une autre tournure.
En effet, les chrétiens locaux présents depuis dix ans sur l’île s’accordaient à dire qu’ils n’avaient jamais vu autant d’amis Musulmans venir et revenir aux rencontres.
Les jeunes délinquants se levaient lors de l’appel pour le pardon de leurs péchés. Les femmes et les enfants se levaient à l’imposition des mains et étaient guéris. De nombreuses photos et vidéos sont les témoins de ce récit.
 
Pour les visiter et entretenir les relations, j’ai aussi proposé aux responsables d’organiser des déjeuners chez ces amis.
Ils étaient joyeux de préparer un repas typique, de le partager avec nous et d’écouter la Parole de Dieu. Ils invitaient même leurs voisins.
Mais là encore, cette œuvre qui relevait du miracle resta sous silence.
Et jamais ne fut évoquée en réunion de prière pour intercéder.
« Ces déjeuners ne servent à rien de toute façon ». « D’ailleurs lorsque tu invites tes familles à venir assister aux baptêmes, apporte leur nourriture et loue le bus de ton côté parce qu’ils sont trop nombreux » ... ai-je entendu.
Et moi qui croyais que c’était le rôle de l’Église et qu’elle se réjouirait de l’œuvre que Dieu faisait.
Je n’osais plus parler, et je restais à ma place. Souffrant en silence.
Intérieurement, je criais « au secours » pour avoir de l’aide pour visiter ces deux cents amis, mais tous étaient débordés.
J’ai rencontré les pasteurs à plusieurs reprises pour leur en parler.
En réponse à mes prières, (en tous cas, je le croyais), une autre action missionnaire est venue pour nous rencontrer tous ensemble, et nous soumettre une organisation pour venir en support de mon travail, en proposant un plan d’action à mettre en œuvre ASAP.
Ils invitaient les frères à faire la connaissance des familles, et à les visiter. L’objectif étant qu’au bout de quelques mois, je leur laisse reprendre la main. Je n’y voyais pas d’inconvénient.
Mais dès qu’ils sont repartis, rien n’a été suivi d’effet. Je suis restée seule à m’occuper de ces amis.
 
 
 
 
 
 
 
La révélation du projet de Dieu
Je restais concentrée sur mon appel qui concernait les enfants de la rue.
Mais je ne voyais jamais d’enfants de la rue. Je me disais que comme je n’avais pas encore de solutions d’accueil, Dieu les tenait éloignés de moi… alors avec la Croix Rouge j’ai commencé a essayé de comprendre comment je pouvais rencontrer ces enfants ?
Mais tous les mineurs que je rencontrais avaient une famille d’accueil, éloignée ou étaient pris en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance.
Tout était brouillé dans ma compréhension de ma mission.
Le seul indice qui piquait ma curiosité, c’était la persécution dont j’étais l’objet et l’opposition féroce de l’adversaire.
Je me disais : « il y a quelque chose de plus grand que la construction d’un village pour les enfants de la rue.
Quelque chose que l’adversaire ne veut pas que je réalise. Il connaît l’objet de ma mission, et veut à tout prix me voir partir, sans avoir accompli ce que Dieu attend de moi ».
J’ai entendu quelqu’un me dire une fois : « demande à ton employeur de te prolonger de six mois, et rentre en Métropole » …
Je n’avais encore aucune réalisation à mon actif, comment pouvais-je rentrer aussi vite ?
Le seul résultat visible et immédiat était ces familles qui acceptaient de venir écouter l’Évangile en grand nombre.
J’ai aussi entendu : « ces familles ne sont pas à toi, elles sont au Seigneur ». Ce qui est vrai, mais il semblait aussi vrai que le Seigneur me les confiait, mais pour en faire quoi ? ...mes enfants spirituels ?
 
 
 
 
 
 
C’est au cours d’une semaine de jeûne personnel que Dieu a ouvert mes yeux sur l’ampleur de la mission qu’il me confiait.
 
Le premier jour de ma semaine de jeûne, le 11 Janvier 2019, alors que j’étais en Métropole chez mes parents, le Seigneur a interpellé mon cœur avec ce texte :
Ézéchiel 47.5 -10 : Il mesura encore mille coudées ; c’était un torrent que je ne pouvais traverser, car l’eau était si profonde qu’il fallait y nager ; c’était un torrent qu’on ne pouvait traverser.
Il me dit : As-tu vu, fils de l’homme ? ..... Tout être vivant qui se meut vivra partout où le torrent coulera, et il y aura une grande quantité de poissons ; car là où cette eau arrivera, les eaux deviendront saines, et tout vivra partout où parviendra le torrent. Des pêcheurs se tiendront sur ses bords ; depuis En-Guédi jusqu’à En-Églaïm, on étendra les filets ; il y aura des poissons de diverses espèces, comme les poissons de la grande mer, et ils seront très nombreux.
Je suis restée dubitative, sans bien comprendre le rapport avec moi. Bouleversée, j’ai partagé cette Parole avec ma mère et mon frère.
Ils m’ont répondu que dès qu’ils ont vu l’activité que Dieu suscitait autour de moi avec ces familles, ils ont compris que ces familles étaient la future église organique autochtone.
Cette œuvre n’était pas une œuvre humaine. C’était le miraculeux que Dieu était en train de dessiner et qu’il voulait montrer au plus grand nombre grâce à toutes les vidéos enregistrées et les photos.
Le deuxième jour de jeûne, le Seigneur Jésus a touché mon cœur par deux fois, avec ces textes :
La première fois par ce texte de Jérémie 32.25 :  « Pourtant, Seigneur Éternel, tu m'as ordonné de m’acheter un champ avec de l'argent… ! »
Et la deuxième fois, en lisant le Pentecôte : Proverbes 31.16 : « Elle pense à un champ, et elle l’acquiert… ».
Je me demandais comment j’allais m’y prendre pour financer cet achat.
En rentrant à Mayotte, un ami Mahorais m’annonce qu’il vend son terrain.
Je commence à comprendre qu’il ne s’agit plus de construire seulement un écovillage !
L’acceptation de la vision
L’angoisse a étreint mon cœur, j’avais des difficultés à respirer.
Je ne m’attendais pas à une telle révélation.
J’ai donc invité les responsables spirituels et membres de l’ESS 1 à venir chez moi ; et j’ai timidement partagé, ce que j’avais reçu, dans l’espoir de me décharger de ce fardeau pour le partager avec l’église locale, et pour prier ensemble afin que la pensée de Dieu soit confirmée.
Mais les regards qu’ils ont échangés, et les sourires compatissant en disaient long. Ils n’ont formulé aucune réponse et ont changé de sujet.
J’ai néanmoins continué à me tenir devant Dieu dans le jeûne et la prière, en priant pour qu’il me prépare à cette orientation nouvelle pour moi.
Ils sont plus de deux cents âmes, je comprends que suis seule sur le plan local, l’espace pour les accueillir est trop petit, et je suis épuisée.
J’attends donc patiemment l’intervention de Dieu, en continuant à visiter ces familles, à prier pour elles et avec elles !
Pour moi, accepter cette vision n’a pas été quelque chose de facile, il a fallu que la grâce de Dieu fasse son chemin dans mon cœur.
Un matin en me rendant dans une église en Métropole pour donner mon témoignage, j’ai beaucoup pleuré en demandant au Seigneur : « pourquoi est-ce que je me retrouve dans une telle galère ? Moi je voulais juste exercer mon métier et monter un projet » ?
La peur de ce que j’allais traverser m’étreignait.
Avec ces familles, on m’avait reproché de faire de l’ombre aux pasteurs locaux. Mais la réponse de Dieu a été simple : « Dieu choisit les choses faibles de ce monde pour faire éclater sa gloire ».
En Métropole, le dimanche précédent, le mot avait été lancé par une sœur, à l’occasion d’une visite d’assemblée : « implantation d’églises ».
Tout en moi s’est glacé ; je suis restée figée, lorsqu’elle est venue vers moi et m’a dit : « le Seigneur vous confie l’implantation d’églises à Mayotte » …
Mais je reviens sur le paragraphe plus haut, je suis en larmes dans la voiture, et je rappelle au Seigneur ce que je suis : une femme ! (Comme s’il ne le savait pas) ...
Depuis plusieurs semaines, dans mes cultes personnels, le Seigneur me montrait qu’il avait confié des missions importantes aux femmes : Déborah, Ruth, Marie, Elisabeth, Esther, pour ne citer qu’elles.
Mais ce matin-là au culte, l’église chante «  l’Éternel Dieu au milieu de toi est puissant » … et là, je ne peux pas chanter, les larmes coulent, parce que je regardais à ma faiblesse, tandis que le Seigneur Jésus m’invitais à regarder à sa puissance en moi.
 
Dans un souffle, ma mère gravement malade, m’avait dit que nul n’accepterait qu’une personne aussi insignifiante que moi soit utilisée par Dieu pour une œuvre aussi extraordinaire !
Aussi curieusement que cela puisse paraître, cette parole m’a donné du courage pour rentrer dans les projets que Dieu a prévus pour moi !
 
C’est en septembre 2019 à Mayotte, à l’écoute de la prédication, que Dieu a réduit au silence tous mes doutes et mes questionnements.
« Arrête de dire   : « pourquoi moi ?  ». Parce que Dieu fait de grandes choses avec les hommes et les femmes qui se sentent en état de faiblesse. Dieu s’est servi de Moïse lorsqu’il était berger, lorsqu’il reconnaissait qu’il n’était rien. Pas lorsqu’il s’est érigé en défenseur du peuple. Ta faiblesse t’obligera à te réfugier en Christ et à t’appuyer sur sa force. Ta fragilité fera que toute la gloire reviendra à Dieu. Elle te préservera de l’orgueil » … Ma puissance s’accomplit dans la faiblesse 2 Corinthiens 12.9.
Dieu cherche des hommes, des femmes qui lui obéissent, pour accomplir toutes ses volontés ».
 
 
 
 
 
Business As Mission (BAM)
C’est au pied du mur que j’ai été contrainte de créer une Entreprise Sociale et Solidaire. Je l’ai dit plus haut.
Parce que personnellement, c’est une idée qui ne m’avait jamais traversé l’esprit.
Seulement, l’organisme missionnaire qui m’a envoyée en mission en 2016, m’a convoquée lorsqu’ils ont appris ma démarche entrepreneuriale.
Mon intention était de voir si Dieu ouvrait les portes dans la direction qu’il m’avait donnée avant d’annoncer ce que j’avais compris de la conduite de Dieu.
Mais ce jour-là, ils me sont « tombés dessus », sont rentrés dans une grande colère avec des phrases comme : « je suis ton directeur », « si tu étais un bon chef de projet... etc. ».
Et ils ont mis un terme à notre partenariat.
 
Ce n’est qu’un an plus tard, que j’ai découvert le concept de « Business As Mission », qui a le vent en poupe et qui encourage la création d’entreprises comme ressources pour la mission.
Ce concept existe depuis vingt ans aux États-Unis, mais n’arrive et n’est accepté en France que depuis peu.
Cette organisation (BAM) permet aux chrétiens de s’implanter dans les pays difficiles à Évangéliser par l’entrepreneuriat, en créant des richesses, pour sortir les gens de la misère, et comme moyen pour témoigner de l’amour de Dieu, de l’espérance qui est en nous, et d’en faire des disciples.
La production des services proposés sert à sortir ces populations de la pauvreté, et pas seulement dans une distribution de richesses par la charité.
La création des richesses est financière, sociale, culturelle, intellectuelle, et spirituelle pour le bien-être des communautés pour les mener au salut, et c’est un outil pour les implanteurs d’églises.
C’est exactement ce que Dieu m’a conduit à faire sans que j’en aie conscience, puisque mon entreprise (sans but lucratif) répond aux besoins du territoire par l’insertion des jeunes délinquants, l’éducation par l’apprentissage du Français pour les adultes et les jeunes décrocheurs, la création d’emplois, et l’aide apportée aux mineurs isolés.
La structure répond ainsi aux besoins holistiques de nos amis.
« L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres. » Luc 4.18-19
Il existe une véritable stratégie entrepreneuriale derrière ce concept de BAM. Un réseau étendu a été mis en place pour identifier les principes fondamentaux. Des recherches sont menées pour trouver les meilleures pratiques, les talents et capitaliser les retours sur expérience afin de former et de dupliquer le modèle.
Pour par part, tout cela a émergé de la pensée seule de Dieu. C’est son projet. Il me le révèle par étapes. Moi je suis « juste » à son écoute, et j’exécute. C’est lui qui pilote.
Un dossier est en cours pour avoir le statut officiel pour mettre en œuvre des actions d’insertion par l’activité économique, et faire l’acquisition d’une structure missionnaire pour mettre sous protection les mineurs isolés et en danger.       
Ce petit archipel de l’océan Indien, situé à mi-chemin entre Madagascar et le Mozambique, Mayotte surnommée « l’île aux parfums » fait partie historiquement et géographiquement de l’archipel des Comores. Colonie française depuis le XIXe siècle, l’île de Mayotte a fait le choix de rester française, alors que les autres îles de l’archipel ont souhaité accéder à l’indépendance en 1974. Ce changement de statut a créé un déséquilibre sur le plan économique et social. Et Mayotte est devenue un « aimant » pour des milliers de Comoriens, à la recherche de soins médicaux, et d’éducation pour les enfants. En effet, ces infrastructures sont rares et inaccessibles aux plus démunis. Mais paradoxalement, comparée aux autres départements de la République Française, Mayotte demeure l’une des régions Françaises les plus pauvres et sous-développées. 2
Sa superficie est de 374 km². Avec 44 % de la population âgée de moins de 15 ans, Mayotte est le plus jeune département de France. Ce nouveau département détient plusieurs records, notamment celui de la plus forte densité de population sur un territoire français après la région parisienne, avec 690 habitants au km² en 2017, celui du plus fort taux d’illettrisme avec 40 % des 16 à 64 ans ne sachant ni lire, ni écrire en Français (chiffres Insee 2012), celui du plus fort taux de chômage des jeunes avec 43 % de la jeunesse mahoraise sans emploi.
97 % de la Population est Musulmane, ils savent donc lire et écrire en arabe, les textes appris par cœur. L’Arabe littéraire reste inexploré. 3
 
Par la grâce de Dieu, la première mineure isolée dont je me suis occupée vient de voir son dossier être accepté pour retourner auprès de sa mère. En décembre 2020 elle a été agressée sexuellement.
En lien avec l’Aide Sociale à l’Enfance, nous l’avons placée en famille d’accueil.
Mais le Seigneur me donne toujours le contact des personnes haut placées pour débloquer les situations.
Le 04 août 2021 cette enfant meurtrie a retrouvé sa famille. Elle pourra se reconstruire et approfondir sa foi en Jésus.
Trente jeunes délinquants que j’accompagne sont en voie d’insertion professionnelle ou en formation.
Ils m’appellent « Maman Cathy ».
Mais tout cela n’est que l’amorce des grandes choses que Dieu a prévues pour ces populations.
Chapitre 7 POURQUOI MOI ?
 

L
a question m’a été posée un jour : « Cathy, pourquoi Dieu t’a-t-il choisie toi » ?
Cette question avait peut-être pour but de recevoir un encouragement, des clés pour servir Dieu, et pour comprendre l’élection de Dieu.
Il est vrai que j’ai toujours été sensible à la voix du Seigneur, je dévore sa Parole depuis le jour de ma conversion, j’aime la prière, le jeûne, la présence de Dieu, le service dans l’église locale, et je suis soucieuse de faire ce qui plaît à son cœur, m
ais je n’ai pas su répondre à cette question car Dieu est souverain et il dit :
« … Je fais grâce à qui je fais grâce, et miséricorde à qui je fais miséricorde » . Exode 33.19
Dans l’épreuve, nous demandons souvent à Dieu, pourquoi moi ? Et lorsque nous sommes bénis, nous demandons encore à Dieu, pourquoi moi ?
Nous sommes finalement, sans arrêt en train de demander des comptes à Dieu pour toutes les décisions qu’il prend à notre sujet.
En y réfléchissant, est-ce que les enfants posent aussi cette question à leurs parents après chacune de leurs décisions ?
Je n’ai qu’un seul enfant, mais, étant issue d’une famille de quatre enfants, il me semble que devant une décision que l’enfant désapprouve, comme faire la vaisselle, il posera la question.
Mais face une décision qui lui plaît, il s’empressera de prendre le don, et de dire merci sans demander son reste !
 
 
Les choix de Dieu
Dans toute la Bible, on peut observer la façon dont Dieu a choisi les hommes et les femmes pour travailler avec lui et pour lui. Et la palette de réponses est large.
Et je lui ai moi aussi posé la question. Il m’a répondu que son élection ne dépendait, ni de celui qui voulait, ni de celui qui courait, mais de lui seul.
Mais c’est une question que je retournais quand même souvent dans ma tête.
Le choix des Hommes
Sur le plan humain, personne ne m’aurait choisie pour cette mission.
Une femme divorcée avec un enfant, ça défraie la chronique.
Sur le plan personnel, avant mon brisement, j’aurais répondu : « je suis consacrée, je connais la Parole sur le bout des doigts, je marche dans la droiture et la sainteté, je vis de grandes choses avec Dieu, je le sers fidèlement dans l’église locale, etc. ».
Le roi David avant d’être roi n’avait retenu l’attention de personne.
Seul Dieu avait vu que c’était un homme selon son cœur, qui accomplirai toutes ses volontés. Car lui, regarde au cœur.
 
Alors que nous venions de nous fiancer, Dieu nous avait appelés à son service, mon fiancé et moi. Mais lorsque plusieurs années plus tard, mon mari a lâché la main de Dieu, j’ai cru qu’à cause de son péché, moi aussi j’étais disqualifiée.
La honte s’attachait maintenant à moi.
Dans cette période de colère et d’aveuglement, j’ai dit au Seigneur que l’institution du mariage était une institution qui ne fonctionnait pas.
Je lui ai reproché ce mariage que j’avais accepté par obéissance.
Je lui ai rappelé que je ne voulais pas me marier et que tout ce que je voulais, c’était le servir.
 
Après mon acte de candidature pour une mission découverte, le directeur de la mission m’avais rappelée en me proposant une rencontre sur Paris. Là, je lui avais donné mon témoignage et il m’avait répondu que non seulement, ma candidature était acceptée, mais que je pouvais choisir ma destination.
J’ai choisi Mayotte parce que j’avais entendu parler des enfants de la rue et mon cœur avait été touché par leur situation.
Malheureusement, sur cette petite île de l’océan Indien, cet organisme missionnaire ne connaissait personne et n’était pas implanté. J’ai donc appelé le pasteur qui m’avait accompagné dans ma restauration et lui ai partagé mon projet.
De suite, il m’a répondu que justement il partait là-bas installer le « dispositif Quartier Libre ».
Il s’est proposé de prendre les contacts là-bas et de revenir vers moi pour me les communiquer à son retour.
La conduite de Dieu était criante déjà à ce stade.





 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Quartier Libre - Dans un village du Nord.
 
Le berger
Lorsque mon mari a lâché la main de Dieu, le monde s’est écroulé autour de moi, cette épreuve a été terriblement douloureuse, et j’ai eu le sentiment d’avoir été abandonnée de tous et de mon pasteur.
Au terme de l’épreuve qui a duré quatre ans, le Seigneur a voulu que je me débarrasse du ressentiment qui était dans mon cœur.
Alors, j’ai invité mon pasteur à la maison avec son épouse pour lui demander pourquoi il m’avait abandonnée pendant cette épreuve terrible ?
Il m’a répondu qu’il y a certaines épreuves qu’il faut traverser seul.
J’ai accepté cette réponse.
Et je sais maintenant que cette solitude dans l’épreuve était une grande préparation pour la mission. Elle a affermi mon caractère, et m’a forgée pour tenir bon, contre vents et marées.
 
En août 2014, j’ai annoncé à mon église de Métropole que Dieu m’avait appelée à le servir à Mayotte.
En septembre 2014, ce même pasteur annonçait que lui aussi avait été appelé par Dieu et qu’il partait avec son épouse vers la même destination : Mayotte, et sur la même période !
Mon départ était prévu pour le 05 août 2016.
Il n’y a pas de hasard avec Dieu, il parle tantôt d’une manière et tantôt d’une autre.
C’était quand même curieux tous ces rapprochements ?
Que voulait nous dire le Seigneur ?
Arrivés à Mayotte, je lui ai demandé ce qu’il pensait de cette « coïncidence ».
Il y a de nombreuses destinations qui ont besoin de l’Évangile.
Pourquoi Dieu nous appelle-t-il au même endroit, en même temps, et dans la même église ?
Nos missions sont différentes, lui en support spirituel de l’église locale, moi dans la mise en œuvre de projets sociaux, mais quand même !
« Devez-vous être mon mentor ? » ai-je demandé naïvement. Il a ri et m’a répondu par la négative.
Aucune annonce n’a été faite pour dire que nous venions de la même assemblée. Personne ne le savait.
Certains chrétiens l’ont appris plusieurs années plus tard au hasard d’une conversation.
Mais cela n’avait pas d’importance.
Je n’avais pas honte de ce que j’étais.
Je suis ce que je suis par la grâce de Dieu.
Ce que je savais en revanche, c’est que j’étais là où Dieu me voulait, et je me préparais à relever ce grand défi, cette grande vision, avec le Seigneur qui marche devant moi, et avec moi !
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
L’église organique
Nous sommes bien d’accord que lorsque je parle de l’église, je parle des membres qui la composent.
Durant mon temps d’épreuve, lorsque mon mari a lâché la main de Dieu, je savais que l’église priait pour moi, mais je n’ai su qu’après à quel point.
À part trois couples qui m’ont soutenue par leur présence, en faisant les travaux dont je pouvais avoir besoin chez moi, ou par des appels téléphoniques ou des invitations à manger, je n’ai eu aucune nouvelle physique de tous les autres membres de l’église et amis très proches.
Ceux avec qui j’avais prié, jeûné, ceux que j’avais hébergés, soutenus matériellement, et spirituellement, ceux avec qui je partageais le service (musique, enfance…) pendant plusieurs années, avaient disparu de ma vie, et ne donnaient plus de nouvelles. Certainement par peur de ne pas savoir quoi dire, comment encourager, fortifier, porter ?
Mais comme pour le mariage, j’ai dit au Seigneur Jésus que cette institution voulue de lui « l’église » ne tenait pas la route. Qu’elle était belle sur le papier, mais que dans la pratique il en était autrement. Et qu’en réalité dans l’épreuve, tous s’enfuyaient, comme dans le jardin de Gethsémané où tous ont abandonné Jésus. Et on se retrouvait seul. Car il semblait que dans les esprits, l’église ce n’est qu’un bâtiment, et que si on ne vous y voit pas, alors on vous oublie. Comme c’est souvent le cas pour les âgés et les personnes malades.
Mais le Seigneur est un excellent pédagogue.
Après avoir renoué avec mes amis chrétiens, et après avoir partagé avec eux sur le sentiment d’abandon que j’avais ressenti, ils m’ont demandé pardon et m’ont expliqué qu’il était difficile de soutenir une personne dans une épreuve que l’on n’a pas traversée soi-même. Et qu’il faut une force extraordinaire pour porter une personne éprouvée, et pour trouver les bons mots et les bons gestes.
Je comprends encore pour quelle œuvre le Seigneur m’avait préparé, et les leçons qu’il voulait que je retienne de tout cela.
 
 
Dieu nous qualifie et Dieu nous prépare
Mon frère et ma mère se sont moqués de moi il y a quelque temps, en me disant : « Cathy, cesse d’avoir peur de la mission que Dieu te confie.
Connais-tu beaucoup de gens qui supporteraient qu’on les appelle tous les jours pour les voir ? Des gens que tu ne connais pas, qui te disent qu’ils t’aiment, et que tu leur manques alors que tu viens de les rencontrer, des gens qui te suivent partout où tu vas, et partout où tu les invites, qui veulent venir à l’église alors que tu ne les as pas invités ? Qui acceptent la prière, qui viennent la réclamer et qui sont guéris, exaucés ? Connais-tu des gens prêts à cuisiner un repas sans aide extérieure, pour cent personnes ? Et qui s’amuserait à emballer un cadeau personnalisé pour ces cent mêmes personnes ?
Nous parlons d’amis Musulmans.
Le Seigneur t’a dit : « achète un champ ». Tu as trouvé le terrain ? alors de quoi as-tu peur ? Achète ce terrain ! Ton architecte t’a dessiné les plans d’un bâtiment en te disant que c’était l’église, alors construit ce bâtiment !
Dieu a préparé le chemin devant toi, il t’a qualifiée, et il est visiblement avec toi, alors fonce ! Et comme depuis le début, il te conduira, il te donnera toutes les instructions pour mettre en œuvre cette église organique, avec des anciens, et des ministères ».
Tout cela semblait faire sens tout à coup !
Le propriétaire du terrain refuse toutes les propositions d’achat qui lui sont faites. Il a dit qu’il a donné sa parole pour le vendre à quelqu’un. Moi !
Et la propriété que le Seigneur m’a montrée pour accueillir les enfants de la rue est actuellement en location. Tous les prêts qui ont été demandés par les acquéreurs successifs ont été rejetés par les banques.
Las, le propriétaire l’a mise en location.
Mais au jour de Dieu, j’aurai les fonds pour l’un et l’autre.
 
 

Ils répondent à l'appel.
 
 
Chapitre 8 LA CONFIANCE EN DIEU
 

L
a confiance en Dieu, n’est rien d’autre que la foi !
En parler est facile, mais la vivre l’est déjà moins. Pourtant, la Bible nous enseigne que sans elle, il est impossible de plaire à Dieu.
Quel bonheur de lire le récit de tous ces héros de la foi.
Seulement, leurs récits sont là pour nous servir d’exemple.
Avant d’être envoyée par Dieu en mission, j’ai bien sûr eu l’occasion d’exercer la foi : pour obtenir les postes brigués, pour avoir mon enfant, pour déménager, acheter une maison, etc.
Mais vous constaterez que c’est très égocentré.
En mission, la foi est exercée pour la mise en œuvre des projets de Dieu.
Ceux pour lesquels il nous a envoyés. Ceux qui lui tiennent à cœur pour sauver le plus grand nombre.
On ne prie pas pour nos besoins personnels (bien que…), mais on prie pour la mise en œuvre de la vision qu’il a déposée sur notre cœur.
Cependant, j’ai appris que Dieu ne donne pas toujours toute la vision – en tous cas, pour ma part, il me l’a donnée par petits tronçons.
Un jour, lors d’une visite d’église, un pasteur m’a encouragée en me disant que si Dieu nous révélait sa vision d’un bloc, on partirait en courant. Et c’est vrai, moi la première !
Dieu est sage, il nous connaît et veut nous conduire pas à pas.
En effet, s’il m’avait annoncé dès le départ pour quoi il voulait se servir de moi, j’aurais pris peur et je lui aurais respectueusement dit : « Seigneur envoie quelqu’un d’autre ».
L’acharnement de l’adversaire a éveillé ma curiosité. Pourquoi l’adversaire se déchaînait-il sur moi pour que j’abandonne ma mission, pour que je quitte ma place sur le terrain missionnaire ?
Je suis passé par des moments de découragement, des temps où j’ai sombré dans l’abattement, et sur mes genoux je demandais au Seigneur : « Seigneur qu’est-ce que je fais là ? » et « Si j’avais su » ....
C’est par sa force toute-puissante qu’il me relevait, c’est par des circonstances favorables qu’il me redonnait du courage, et c’est par des évènements conduits qu’il me faisait comprendre que j’étais là où il voulait que je sois, à Mayotte.
Et un jour au volant de ma voiture, alors que je lui parlais dans mon cœur de la difficulté du terrain, le Saint-Esprit m’a répondu : « si c’était facile, ce serait des vacances… ! ». « Et oui, j’en conviens Seigneur, je ne suis pas en vacances ». Le débat était clos.
C’est sur mes genoux, je l’ai dit qu’il me donnait les directions à prendre, les instructions pour la journée, pour les projets, les personnes à solliciter, et c’est dans le jeûne et la prière qu’il me révélait sa vision.
J’ai pris l’habitude de prendre un papier et un crayon pour tout noter afin de ne rien oublier.
Ma confiance en Dieu s’est affermie à force de voir Dieu agir.
J’ai compris que je m’épuisais à pleurer, et à geindre, pour que les projets avancent plus vite et comme je le voulais.
Mais il m’a appris qu’il agira lorsque lui, l’aura décidé. Et chaque projet prendra vie en son temps à lui.
Il est vraiment digne qu’on place toute notre confiance en lui.
 
« Mais quand le Fils de l’homme reviendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » Luc 18.8
Chapitre 9 LA SOLITUDE
 

J
e ne sais pas si l’isolement est associé à l’appel de Dieu, ou même si c’est le contexte spirituel… mais la chose dont je souffre le plus en mission, c’est de la solitude. C’est certainement le cas de plusieurs missionnaires.
Nombreux sont les chrétiens qui sont à Mayotte parce qu’ils ont été mutés pour des raisons professionnelles, d’autres parce qu’à Mayotte tout est à faire, c’est un département français, alors ils tentent leur chance pour y créer leur entreprise, et d’autres encore sont là parce que Dieu a mis cette île Musulmane sur leur cœur.
Quoi qu’il en soit, le réflexe de chacun, une fois sur place, c’est de se centrer sur sa propre famille.
L’éloignement d’avec les proches, le changement de culture, la violence, et l’insécurité, le manque d’infrastructures culturelles, expliquent certainement ce fort repli sur soi.
Tous de passage, nul ne s’investit sur le long terme. Il est donc difficile de pérenniser des amitiés.
Ainsi, loin de mon assemblée, de ma famille et de mes amis, je me sens seule, spirituellement, physiquement, avec ce sentiment d’être enfermée sur cette île dangereuse où il faut éviter de sortir à la tombée de la nuit, et vivre le plus barricadés possible.
Pour tenir bon, je ressasse les paroles de Dieu sur mon cœur  : « Fortifie-toi. Et travaille, parce que je suis avec toi dit l’Éternel des armées » Agée 2.4.
Et lorsque je suis au bout de mes forces, lorsque les épreuves m’assaillent, que les responsabilités sont trop lourdes à porter, et que je souhaite jeter l’éponge pour me rapprocher de ma famille, le Seigneur pourvoit et me permet re rentrer en Métropole pour me ressourcer.
 
Être une femme seule dans un monde d’hommes
Difficile de porter et surtout de partager la vision que Dieu a déposée sur notre cœur.
C’est lourd.
De surcroît lorsqu’on est une femme. Comment leur en vouloir ? …
Mais en quelques mois, Dieu a démontré que c’est lui qui m’avait envoyée, et que tout ce qui se passait autour de moi, ne pouvait venir que de lui. Heureusement que de nombreuses vidéos et photos sont là pour prouver mes dires.
Parce que malgré toutes ces preuves de l’action de Dieu, l’incrédulité et le déni sont en première ligne. Ils se sont manifestés sous différentes formes. J’ai entendu beaucoup de choses qui m’ont mise de nombreuses fois à genou – au propre comme au figuré. Par exemple : « ne dis pas que tu as un projet pour les enfants de la rue », ou « que tu es seule avec ton enfant », ou « ces gens-là ne sont pas tes frères et sœurs », « pourquoi tu ne les emmènes pas tous à l’église » (200 dans une structure prévue pour 80 qui est déjà pleine…) », ou « nous sommes au-dessus de toi » ou encore « de toute façon, vous vous êtes envoyée toute seule à Mayotte », ou « seuls les hommes sont missionnaires car ils prêchent et sont évangélistes » et j’en passe. Ce qui est certain, c’est que si je m’étais moi-même envoyée, j’aurais sûrement choisi les Seychelles ou les Bahamas.... Je n’aurais sûrement pas choisi l’un des pires endroits de la terre, où on vit dans l’insécurité.
Depuis que je suis née de nouveau, je suis le témoin de Christ ressuscité à mon travail, et maintenant qu’il m’a appelée à le servir au loin, je ne dois plus l’être ? j’ai du mal à comprendre… n’est-ce pas le rôle de tout disciple d’être un témoin de Jésus ? … et pour un missionnaire de faire ce pour quoi Dieu l’a missionné ? ...
C’est en tous cas le mot de Dieu pour me rassurer : « le missionnaire est le disciple à qui Dieu confie une mission ».
Je l’ai dit plus haut, au cours de ma première année de mission, ce n’est pas moi qui suis allée chercher mes amis Musulmans, c’est le Seigneur qui les a envoyés vers moi. Très vite, ils se sont attachés à moi et ont répondu présent en grand nombre, à toutes mes invitations pour entendre l’Évangile. Rencontres de maison, baptêmes, cultes… Je n’ai pas fait de réunions chez moi, bien que les familles soient demandeuses.
Je me contente de les aimer, et de partager un repas avec eux. ; en témoignant de ce que Jésus a fait dans ma vie. Et ils veulent à leur tour expérimenter la grâce. Alors Jésus fait tout cela pour eux. Jeunes comme moins jeunes.
Mais ces amis ne parlent pas bien le français, ils ont une vie très dure, et vivent dans une grande pauvreté. Ils sont comme des enfants, il faut les porter, les encourager, et être à leurs côtés. Ils me sur-sollicitent.
Spirituellement et moralement, je reste seule sur le terrain. Sans pouvoir partager mes fardeaux, et mes préoccupations du quotidien.
Lorsque ma mère était en bonne santé, elle m’appelait tous les jours, et c’est elle qui m’encourageait.
Mais la solitude m’a appris à rester ancrée en Jésus. À dépendre de lui, abandonnée, inébranlable, sans changer de cap quoi que l’on me dise, et à garder intacte la vision, tout en restant obéissante à ses directives.
Au terme de ma deuxième année de mission, Dieu a ouvert les portes pour que je mette en place une école d’alphabétisation pour les adultes de mon village. Rares sont les projets qui émergent aussi vite à Mayotte, et rares aussi sont les projets chrétiens qui durent.
Les défis sont nombreux, mais le Seigneur me soutient par sa force toute puissante.
Certaines nuits, je suis réveillée tant la visitation du Saint-Esprit est forte. L’occasion pour moi de me mettre sur mes genoux pour prier à 3h tous les matins. Avant l’appel à la prière.
Beaucoup me disent courageuse. Mais tout cela n’a rien à voir avec mon courage.
Parce qu’«  avec Dieu, nous ferons des exploits » Psaumes 60.12

Mais j’attends le jour où Dieu ouvrira les portes pour permettre à des ouvriers, des disciples, des ministères de venir travailler avec moi, car les cœurs sont bien disposés, et il y a beaucoup de travail à faire dans ce champ.
 
Il fait jour, et on peut encore travailler !
 

Distribution de vêtements dans les quartiers pauvres.
 
 
Chapitre 10 LE PREMIER PROJET
 

C
ela faisait un an que j’étais à Mayotte.
Mes démarches administratives pouvaient commencer, après ce temps de formation en tête à tête avec le Seigneur, et après la guérison de mon talon d’Achille rompu.
Je pensais que les choses « sympas » sur le plan de la gestion de projets allaient commencer. Je me trompais.
C’est le pire qui m’attendait, et que j’allais découvrir.
Sur le plan local, il existe un fort rejet des Métropolitains, et des gens qui ont des idées et les mettent en place. Parce qu’eux ne veulent pas faire, et ne savent pas faire.
Ils ont plus de dix ans de retard, mais refusent l’aide extérieure. Ce qui est très paradoxal, puisque tous les emplois sont des emplois dans l’administration : le Conseil Départemental, la Poste, la Préfecture, la Caisse de Sécurité Sociale, les écoles, L’Agence Régionale de Santé, le Centre Hospitalier, le ministère des impôts, le ministère de la Police, la DEAL, EDF, Total, etc. sont les plus gros employeurs de l’île ;
Et pour rappel, c’est par choix, qu’ils sont entrés dans la République Française, et sont un département depuis dix ans.
L’être humain est difficile à cerner, c’est à n’y rien comprendre.
Toujours est-il que c’est dans ce contexte que j’ai dû affronter, la méchanceté, la paresse et la mauvaise foi.
Mais rien ne s’oppose aux pensées de Dieu. Dussions-nous emprunter un chemin plus long.
 
 
En effet, Dieu avait préparé le chemin depuis la Métropole.
J’avais rencontré l’attachée de la ministre des Outre-Mer de l’époque.
Je lui avais présenté le projet de village pour les enfants de la rue. Elle avait souhaité soutenir financièrement le projet, mais le président de l’association avec laquelle je devais travailler à Mayotte avait refusé, souhaitant uniquement les dons de chrétiens.
Lorsque Dieu a vu que les Mahorais m’empêchaient de monter le projet, il a fait en sorte que cette femme soit nommée pour une mission interministérielle exceptionnelle à Mayotte. C’est là que j’ai saisi l’occasion pour reprendre contact avec elle. Elle était ravie de cette nouvelle opportunité et m’a donné tous les contacts hauts placés pour avancer.
Seulement, d’autres étapes m’attendaient.
Lorsque je me suis retrouvée quelques jours plus tard dans le bureau du Sous-Préfet, il m’a dit que les Mahorais n’accepteraient jamais ce projet, car il était trop « politique ». Les enfants de la rue sont les enfants d’immigrés clandestins Comoriens pour la plupart, abandonnés sur l’île au moment de la reconduite à la frontière des parents. Et ce projet tendait, à leur sens, à encourager cette immigration clandestine.
Il m’a demandé de mettre en avant les cours d’alphabétisation que je donnais sur ma terrasse aux femmes du village.
Il s’est proposé de faire de ce projet une grande vitrine sociale, de le financer, de manière à me faire connaître de la classe politique, et à mieux faire passer le « gros projet » qui fâche.
J’étais très en colère, parce que ce n’était pas du tout ce que j’avais prévu. Cela retardait mon plan, qui était de rester deux ans sur cette île et de rentrer.
Mais en effet, maintenant les autorités me connaissent, la presse, les associations et autres.

 
 
 
 
 
L’école d’alphabétisation
En neuf mois, j’avais monté le projet.
Fin 2018, l’école d’alphabétisation était financée, comptait quatre professeurs de français, et cent élèves inscrits.
Dieu avait choisi le site.
J’étais passée par un grand moment de découragement, alors que la maison pour accueillir cette école était sous mes yeux depuis un an.
Les propriétaires étaient les parents de l’infirmière qui m’avaient suivi pendant ma convalescence. Ils sont devenus mes amis, et me considèrent même comme leur fille. Ils m’ont proposé de me louer leur grande demeure de 200 m² sur deux niveaux.
Mais je ne voulais pas la louer d’abord parce que j’avais peur de les voir partir loin de moi.
Ils m’appelaient souvent pour prier et partager l’Évangile.
Mon infirmière a été guérie de son ulcère à l’estomac, et ses parents ont été exaucé pour un projet qui trainait depuis plus de trois ans.
Ensuite parce que la route d’accès à leur maison était impraticable.
Ils réclamaient depuis plusieurs années que cette piste soit goudronnée, mais sans succès. Voyant qu’ils n’obtenaient pas de réponses, ils m’ont demandé de prier et de venir avec eux à la mairie pour faire avancer leur demande.
Quelques mois plus tard, Dieu intervenait. La piste qui servait de route d’accès a enfin été goudronnée ! … fini les pneus crevés, les enlisements les jours de pluie, et le bas de caisse de ma voiture endommagé par les trous et les pierres.
J’ai finalement accepté de transformer leur maison en un espace socio-culturel dédié aux adultes.
30 % d’entre eux sont en situation d’analphabétisme. Les 70 % restants sont en situation d’illettrisme.
Dieu a ouvert la porte pour ouvrir un deuxième site en 2021.
 
 
Un lieu de rencontre
Cette maison sert aussi de lieu pour partager l’amour de Dieu en action.
Certains samedis, j’organise des distributions de vêtements pour les villageois. Lors des fêtes importantes, comme Noël ou Pâques, j’organise de grands repas pour expliquer l’origine de la fête et partager l’Évangile. Jusqu’à cent personnes viennent. Je me retrouve obligée de faire plusieurs dates parce que l’espace est devenu trop petit.
Le Seigneur a ouvert cette porte, car les rencontres dans le sous-sol de la famille chrétienne n’étaient plus possibles.



 
Tout cela restait quand même bien flou pour moi.

À chaque fois, j’appelais ma mère, et je lui disais : « maman, j’ai invité des amis Musulmans à venir écouter l’Évangile. Ils m’ont tous dit oui, mais je pense qu’ils n’ont pas compris ce que je leur ai dit ».
À Mayotte, très peu de gens parlent français, la langue locale est le Shimaoré.
Je me souviens en Normandie, lorsque nous sortions dans les rues pour Évangéliser, les gens touchés nous promettaient de venir mais ne venaient jamais.
Et ma mère me répondait : « Ils ont très bien compris, et ils viendront ».
Elle avait raison. La nuit tombée, ils arrivaient en retard et au compte-goutte, mais ils étaient tous là, toutes les semaines.
Dieu parlait.
Les actions sociales étaient le moyen par lequel Dieu voulait se révéler.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Un statut embarrassant
Les conducteurs spirituels de l’église qui m’avaient envoyée me disaient : « Cathy, c’est quoi toutes ces âmes autour de toi ? ».
Et je me suis souvenue du texte de mon appel qui disait :  « tu seras une ambassadrice » . J’ai alors recherché ce que cela signifiait « ambassadrice » dans le dictionnaire, et j’ai trouvé la définition suivante :
« L’ambassadeur, c’est le représentant plénipotentiaire de Dieu (qui parle au nom du Christ), c’est un agent diplomatique qui a les pleins pouvoirs pour l’accomplissement d’une mission. C’est un individu expérimenté qui représente le roi dans un pays étranger ».
Ma gorge s’est nouée parce que cette fonction implique encore plus de responsabilités que je ne le supposais.
Je savais que peu d’hommes du mouvement accepteraient ma condition de femme seule, et osons le dire : divorcée. Quand bien même, Dieu accomplirait des choses extraordinaires, comme il le faisait présentement.
Le verset d’1 Corinthiens 3.6, qui m’a été cité en est l’exacte représentation : « J’ai planté, Apollos a arrosé… ».
Soit, en sous-entendu : « ce que tu as fait c’est bien, mais maintenant on reprend la main et un partenariat avec toi est exclu. »
 
J’attends donc celui qui acceptera d’écouter le cœur de Dieu, afin d’accomplir ensemble toute sa volonté.
Que l’outil choisi par Dieu plaise ou non.

« Dieu choisit les choses faibles de ce monde pour confondre les fortes, et les choses viles, celles qu’on méprise… » 1 Corinthiens 1.27
 

Espace socio culturel dédié à l'alphabétisation des adultes.
 
 
Chapitre 11 LES COÉQUIPIERS DE L’OMBRE
 

C
e mardi soir, je partage le témoignage de mon appel, dans l’église mère qui m’a vu grandir.
Un couple de chrétiens qui me connaît depuis que je suis adolescente écoute attentivement mon expérience.
Après avoir présenté les photos et vidéos de cette première année difficile, ils viennent me voir à la sortie de l’église.
Une mission s’impose à eux
Profondément touchés par mon obéissance au Seigneur et convaincus par le Saint Esprit que cet appel vient de Dieu, ils se sont dit : « nous devons nous investir dans cette œuvre à Mayotte, et soutenir Cathy ».
Dieu a révélé dans les mois qui ont suivi, le moyen par lequel il allait les utiliser.
Ils ont organisé mes tournées missionnaires dans les assemblées à chacun de mes retours en Métropole. En juillet/août et décembre de chaque année.
Lors de la partie réservée à la mission pendant les cultes ou les réunions de prière, les églises ont été vivement touchées par les vidéos des enfants, des familles, par la pauvreté, l’œuvre du Saint-Esprit dans ces cœurs enténébrés, et par les projets que Dieu faisait émerger malgré la difficulté du terrain.
Chaque tournée était l’occasion de présenter les réalités spirituelles de cette petite île Française de l’océan Indien encore peu connue, et d’élargir la chaîne de prière.
 
Une armée dans la prière
De nombreux Chrétiens ont pris à cœur mon renoncement et beaucoup prient pour Mayotte, tous les jours. J’en ressentais les effets sur le terrain.
Je voyais le déblocage des situations, mes forces augmentaient, et les portes s’ouvraient.
Dieu était avec moi. Il me le promettait tous les jours pour ôter mes craintes, et sur le plan humain je n’étais plus seule.
Et pour moi, cela comptait beaucoup !
 
Les dons
Cette bénédiction numérique n’était pas que pour moi.
Chacun de mes besoins sur le terrain était couverts et pourvus.
Mais mes amis Musulmans manquaient de tout.
Alors les églises de Métropole se sont mobilisées et ont pourvu en abondance par l’envoi de colis pour la plupart organisés, et envoyés par le couple présenté plus haut : vêtements, chaussures, lunettes, fournitures scolaires, téléphones, et cadeaux pour Noël.
Les bébés, les enfants, les adolescents, les hommes et les femmes, personne n’était oublié. Les colis de trente kilos arrivaient tous les mois. J’ai été obligée de mettre en place une organisation spécifique pour pouvoir suivre le rythme de la distribution.
La bénédiction de Dieu, se déverse. Et le témoignage de son amour en action est révélé à cette population qui ne comprend pas pourquoi des inconnus s’occupent d’eux.
Même les enfants des écoles du dimanche se sont mobilisés pour les enfants de Mayotte. Ils envoyaient des cartes, des dessins, et prient pour eux.
Une chaîne extraordinaire s’est mise en place.
Autant de partenaires humbles et discrets. Que Dieu les arrose, à leur tour !
 
 
Les ouvriers sur le terrain
L’été 2018, le Seigneur a permis qu’une équipe de quinze personnes de Quartier Libre France vienne me donner la main d’association, pendant trois semaines.
Ce fut l’occasion pour moi de mieux découvrir les villages du Nord dans lesquelles les actions avaient été programmées. Nous avions reçu les autorisations de la mairie, pour le plus grand bonheur des enfants et des adultes.
Le Seigneur nous a permis de créer des liens très forts avec trois familles. Et par ce biais, de partager des repas avec eux et de leur distribuer des vêtements.
En janvier 2020, une jeune femme de la région Parisienne est venue m’aider pendant trois semaines. J’ai vu la main de Dieu dans sa venue.
J’avais prié parce que je commençais une mission avec le Conseil Départemental de Mayotte comme Chef de projet le 20 janvier, et je ne voyais pas comment j’allais pouvoir m’occuper des familles et en même temps continuer à superviser l’école.
Au cours de cette période, Naomie s’est occupée de l’école toute seule. C’était un challenge, une grande responsabilité, mais les enseignants et les élèves l’ont beaucoup appréciée.
Ce sont les seuls ouvriers qui sont venus m’aider en quatre ans.
Je prie pour que Dieu envoie d’autres ouvriers dans cette moisson.

Que sa volonté soit faite !
 

Salle préparée pour la rencontre de la St Valentin.
 
 
Chapitre 12 QUEL QU’EN SOIT LE PRIX
 
« Tu devras accomplir fidèlement ta mission, quel qu’en soit le prix » …
 

C
’est l’une des phrases de la prophétie confirmant mon appel.
Ce mot « prix » est effrayant, et quand je l’ai entendu, j’ai tremblé. Que vais-je devoir sacrifier, Seigneur ? Et immédiatement, j’ai pensé à mon fils, et j’ai imploré le Seigneur pour qu’il ne fasse pas partie de l’équation.
Le troisième abandon
Les prix à payer ont été nombreux : quitter notre famille, nos amis, les frères et sœurs, quitter un travail confortable, son assemblée, son logement cosy, la sécurité financière et physique, Paris, les loisirs, la culture, les voyages annuels, mais aussi l’abandon de l’association avec laquelle je devais travailler, et l’abandon de l’organisme missionnaire qui m’a envoyée.
Il fallait tenir bon malgré l’insuffisance de soutien, tenir bon malgré le mépris associé à mon statut de femme seule avec un enfant, de missionnaire partie avant d’être reconnue par un organisme officiel de la mission. En effet, je les ai sollicités par trois fois, mais chaque année, il y avait un empêchement : il y avait soit des problèmes financiers, soit un changement de directeur… mais surtout la priorité était accordée aux pasteurs, d’après ce que l’on m’a expliqué.
Enfin, c’est l’association cultuelle par qui transitaient les dons qui m’a à son tour abandonnée en juin 2017. Il est vrai qu’ils n’avaient pas vocation à se substituer à l’organisme officiel dédié aux missionnaires. De plus, leur action était destinée à soutenir les pasteurs. C’est d’ailleurs deux d’entre eux qui ont plaidé ma cause pour que les dons de mon assemblée d’envoi et les autres soutiens puissent transiter via cette association cultuelle.
Le directeur de cette association m’a expliqué qu’il avait fait une exception pour moi, et que cela devait être provisoire. Je le comprenais parfaitement. Mais ce moyen transitoire Divin m’a été d’un grand secours . Et je béni s Dieu pour cela !
 
Comme je n’étais connue que de trois assemblées, le soutien financier était insuffisant. Si bien que je me suis retrouvée avec trois mois de loyers en retard. Je n’osais plus sortir de chez moi, de peur de voir arriver l’huissier. Mais je n’ai reçu ni huissier, ni lettre recommandée, ni même un appel de relance.
Le couple Pastoral venu à Mayotte en même temps que moi, avec qui j’ai partagé ma situation a généreusement pourvu en me faisant le don d’un loyer et d’un sac de provisions. C’est eux qui m’avaient mis en relation avec l’association cultuelle évoquée plus haut.
Ils étaient toujours présents en cas de besoin : pour nous conduire à l’aéroport et garder notre voiture en notre absence.
Mais cette situation financière précaire commençait à me peser.
Un dimanche matin, je suis arrivée au culte en disant au Seigneur : « cette fois-ci je jette l’éponge ».
Mais la prédication disait  : « accompli ta mission, va jusqu’au bout et Jéhovah Jiré, Dieu pourvoira » .
J’ai obéi, et Dieu tient sa promesse depuis ce jour.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
La maladie de ma mère
Tout cela n’était rien en comparaison de l’épreuve qui nous attendait.
Et c’est ma mère que l’adversaire a choisie pour « la cribler comme le froment ».
Alors que j’étais sur le terrain missionnaire depuis deux ans, elle a été frappée d’une maladie invalidante, incurable, qui ne laisse que trois à quatre ans de vie aux personnes atteintes.
Cette maladie de Charcot neurodégénérative attaque les muscles.
Ma mère a commencé à perdre les muscles des épaules, à ne plus pouvoir soulever ses bras, jusqu’à ne plus pouvoir conduire.
Ensuite, ça a été ses jambes. Elle tombait sans arrêt en arrière, jusqu’à ce que ses jambes refusent définitivement de la porter.
Ensuite, ses cordes vocales ont été touchées. On ne comprenait plus ce qu’elle disait. Maintenant, elle ne parle plus. Elle ne peut plus mâcher les aliments ; il faut les mouliner, lui donner à manger et à boire avec une pipette, et la porter pour la déplacer.
Enfin, ce sont ses poumons qui se rétractent, elle respire avec peine, et est maintenant dépendante d’un appareil respiratoire.
Chaque mouvement la fatigue.
Seul son esprit fonctionne à merveille, ainsi que ses oreilles et ses yeux.
Elle est donc consciente de son état.
Elle perd son autonomie et sa dignité, mais sa foi et son amour pour Jésus restent intacts. Elle rayonne d’une joie surnaturelle.
Un soir, alors que j’étais de passage dans une assemblée, après ma présentation de l’œuvre missionnaire sur l’île de Mayotte, le pasteur a demandé à une sœur de prier pour moi.
Sa prière était inspirée. Elle a demandé au Seigneur de m’aider à ne pas culpabiliser.
En effet, j’avais le sentiment d’aller au loin m’occuper des autres, alors que ma mère était souffrante.
Ma place de fille aurait dû être aux côtés de ma mère. Surtout que nous avons toujours été très proches.
Elle a su avant moi qu’elle payait le prix de bien plus qu’un écovillage pour les enfants de la rue. Et toutes ces épreuves piquaient ma curiosité. Je me disais : « qu’est-ce que le diable veut m’empêcher de faire ? »
Le Seigneur m’a encore répondu :  « Cacherai-je à Abraham (Cathy) ce que je vais faire ? » … Genèse 18.17
Qu’est-ce qui dérange plus le diable que l’église de Jésus-Christ, que le salut des âmes ?
Nous souffrons toutes les deux de ne plus pouvoir partager, de rire de tout, de cuisiner ensemble, et d’être complices.
Mais nous en avons accepté le prix.
Nous savons que notre couronne nous attend.
Que nous participons activement au projet de Dieu et que nous allons vivre de grandes victoires !
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Brûler tous mes ponts
En juillet 2019, après un temps de prière, et alors que je devais prendre la décision de reprendre ou non mon travail après deux années de congés sabbatiques, le Seigneur, m’a fait savoir ce que lui pensait de mon hésitation . « Celui qui préfère son père ou sa mère, n’est pas digne de moi » . Matthieu 10.37
Lorsque je me suis rendue au rendez-vous fixé par mon employeur au terme des deux ans, j’ai dit au Seigneur que je n’allais pas démissionner, sinon les Hommes m’en feraient le reproche dans les moments difficiles.
Je lui ai dit que la réponse de mon employeur serait la sienne.
Après avoir échangé avec mon responsable des ressources humaines, je lui ai dit que j’étais prête à reprendre mon poste. Il m’a répondu : « Cathy, après tout ce que tu viens de réaliser à Mayotte en deux ans ? … tu as créé une entreprise, tu as ouvert une école d’alphabétisation pour les adultes, tu t’occupes des enfants de la rue…, tu ne peux pas abandonner ».
J’ai rétorqué que j’allais déléguer et gérer à distance. Il a insisté et m’a proposé de négocier avec la direction pour un licenciement conventionnel.
Le Comité de Direction a d’abord accepté mon départ, pour le refuser deux semaines plus tard en me proposant un autre poste de Chef de projet, pour finalement capituler et accepter.
Je restais en paix pendant cette bataille acharnée. Elle ne faisait que confirmer ce qui se jouait dans les lieux célestes.
Ma seule prière était : « Seigneur, que ta volonté soit faite ».
 
 
 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Ma mère est hospitalisée en soins intensifs depuis mai 2021.
 
 
Chapitre 13 LA PROVISION DE DIEU
 

A
u cours de cette mission, je grandis dans bien des domaines.
Ma relation avec Dieu est encore plus forte qu’avant mon appel, et ma foi s’affermit.
 
L’opposition n’est pas du tout venue du côté Musulman comme je le craignais avant mon départ.
Et Dieu faisait une œuvre intérieure extraordinaire pour que je tienne bon.
Une relation renforcée

Il y a eu une période de tremblements de terre à Mayotte, mais ce que je vivais était d’une toute autre nature.
C’est intérieur et spirituel. J’ai fait l’expérience du roi David. Pendant mon sommeil, les veilles de la nuit, Dieu renouvelle mes forces, et me donne tout ce dont j’ai besoin spirituellement pour le lendemain.
Et dès que j’ouvre la Parole, Dieu me parle.
J’ai aussi découvert les nuits de prière, seule avec Dieu. Et je ne parle pas d’une nuit qui dure de 19 h à 23 h.
Lorsque Dieu a déposé cette pensée sur mon cœur, il m’a montré Jésus à Gethsémané. Il était seul dans la présence de son Père, et le jour se levait lorsqu’il terminait . Alors j’ai suivi son exemple. Ces moments étaient tellement extraordinaires que le lendemain, je n’avais même pas besoin de sieste pour récupérer. Des victoires dont je vois les fruits.
 
 
Une foi vivante
Ma foi s’affermie, pour devenir inébranlable.
Lorsque le Seigneur m’a dit au cours d’une prédication : «  Jéhovah Jiré : Dieu pourvoira  », mon cœur a été en paix, et il a pourvu depuis ce jour. Et depuis, mon cœur a confiance en Dieu. Mon abandon est total.
Je ne pourrai pas citer toutes les expériences faites avec Dieu, parce qu’elles sont nombreuses, mais je vais en citer quelques-unes.
Le premier juillet 2019, le partenaire financier m’a annoncé qu’il mettait un terme à son rôle de « boîte aux lettres », pour percevoir les dons qui m’étaient dédiés. Le premier août 2019, c’est le versement des indemnités qui faisaient suite au licenciement conventionnel qui ont pris le relai. Lorsqu’au bout de quelques mois, cette indemnité s’est arrêtée, c’est le Conseil Départemental qui m’a proposé une mission de Chef de Projets.
Il n’y a eu aucune rupture dans la provision de Dieu. Pourtant, malgré les tournées dans les églises, les dons sont insuffisants pour vivre. Mais je ne prie plus pour le domaine financier. Dieu s’en charge. Selon ce que dit l’Écriture dans Mathieu 6.8 : « … votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez… »
Un jour, après un souci de carte bleue piratée, et mon compte vidé, je ne pouvais pas prendre mes billets d’avion sur internet et payer en plusieurs fois. Je me suis donc rendue à l’agence de voyages, et là, surprise, les billets sont beaucoup plus chers. J’ai juste assez pour prendre le billet d’Alexis.
Il manque trois cents euros pour prendre le mien. Le conseiller me propose de bloquer mon billet et ma place, jusqu’au lundi à midi.
Nous étions vendredi. Je pensais que Dieu voulait que je reste à Mayotte pendant les vacances.
Je l’avais déjà fait pour accueillir le groupe de « Quartier Libre », et cela avait été une belle expérience. Mais là, aucun programme n’avait été mis en place, et je ne m’étais pas préparée psychologiquement à rester seule dans ma maison à Mayotte pendant deux mois, sans Alexis.
Alors je suis rentrée dans ma voiture, et je me suis mise à pleurer.
J’ai crié à Dieu, en le suppliant de ne pas me laisser toute seule ici, pendant deux mois !
Je voulais voir ma mère, et passer du temps avec mes proches.
Mes nerfs étaient à bout, avec toute cette pression spirituelle, et toutes ces âmes à porter. J’avais besoin de me ressourcer.
Ma fatigue était profonde, et Dieu n’y est pas resté insensible.
Le dimanche matin au culte, la femme de l’évangéliste est venue vers moi et m’a tendu une enveloppe en me disant qu’elle revenait de Métropole et que des chrétiens lui avaient donné quelque chose pour moi.
Je n’ai jamais pu savoir qui. Mais quand j’ai ouvert l’enveloppe, il y avait tout juste trois cents euros.
Je vous laisse imaginer ma joie, et ma reconnaissance envers ces frères et sœurs inspirés, et envers ce Dieu qui prend en considération tous nos sentiments.
Le lundi à la première heure je suis allée à l’agence de voyages et j’ai eu mon billet pour prendre l’avion avec mon fils.
Que gloire soit donnée à Dieu !
Nous avons vécu encore de très nombreuses expériences extraordinaires avec Alexis. Mais il faudrait pour cela écrire un autre livre !
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
La patience
Lorsque j’ai quitté Paris et la région Parisienne, j’étais heureuse de ne plus avoir à vivre les embouteillages du matin et du soir, les autoroutes et la folie de la circulation, entre les bus, les scooters, les vélos, et les piétons.
Lorsque je suis arrivée à Mayotte, j’ai retrouvé les embouteillages, mais à toute heure de la journée, et la folie de la circulation, mais d’un tout autre ordre.
Ma patience a commencé à être mise à rude épreuve.
Il n’y a qu’une seule route pour aller du Nord vers la capitale.
Mais du point A au point B, plusieurs évènements peuvent se produire pour faire bouillir votre sang.
On trouvera une voiture qui roule à 20 kilomètres à l’heure. Un Zébu qui traverse la route et s’arrête en plein milieu. Le propriétaire ne pense pas à mettre une longe plus courte au cou de l’animal. On trouvera les taxis qui ne s’arrêtent pas sur le bas-côté pour laisser monter ou descendre les passagers, mais restent sur la route principale, pour créer un long embouteillage. On trouve des automobilistes qui s’arrêtent dans un rond-point pour vaquer à leurs occupations, où qui ne savent pas qui est prioritaire, alors tout le monde reste à attendre, ou encore ceux qui croisent des amis, et qui restent à discuter pendant que vous, vous attendez.
Ce manque de bons sens et de savoir-vivre n’est rien à côté de l’attitude des gens dans les administrations. Sans stylo ni cahier, ni ordinateur. Personne ne sait jamais rien, on vous balade de service en service. Les douze travaux d’Astérix sont moins drôle à vivre qu’à regarder !
Il arrive aussi qu’ils dorment sous le bureau ou sur le fauteuil lorsque vous arrivez. Je croyais rêver et je me tournais vers les voisins en me disant que c’était une caméra cachée et qu’on me faisait une blague !

Dans le domaine du fruit de l’Esprit, il y a encore une grande œuvre à opérer en moi. Que le Seigneur me fasse grâce par son Esprit qui agit en nous avec puissance.
 
 
 
Les finances
J’ai de nombreuses expériences à partager dans le domaine financier.
Un mois avant de partir en mission, l’organisme missionnaire qui m’envoyait m’a dit : « Cathy, ton soutien est insuffisant, tu ne devrais pas partir ». Je lui ai répondu ; « nous sommes en juillet, vous avez déjà pris mon billet d’avion, et moi, j’ai demandé à mon employeur un congé sans solde de deux ans, qui a été accordé et signé par ma direction. N’est-ce pas trop tard pour faire marche arrière ? »
Pendant deux ans, c’est mon assemblée d’envoi qui m’a soutenue en partie. Le reste était versé par l’organisme missionnaire. Mais cette somme avancée est à rembourser.


Pourtant la promesse de Dieu était là :  « ta table sera remplie d’abondance et de mets succulents » . Je croyais en cette parole.

Mes besoins personnels sont pourvus.
Mais tout reste à faire au niveau des projets.
 

Champ destiné au projet de l'église organique.
 
 
Chapitre 14 LE COVID 19
 

N
aomie est à Mayotte pour trois semaines.
L’une des missions que je lui ai confiées est de préparer la salle de la rencontre du mois de février.
Tous les mois, je crée une occasion pour rencontrer mes amis Musulmans, pour partager un repas dans une ambiance contextualisée, et pour écouter l’Évangile.
Ce mois-ci, c’est la St Valentin. Rien à voir avec l’Évangile, mais c’est une occasion à saisir pour attirer les couples, et les familles autour d’un thème divin : L’amour.
La soirée
Tout est prêt.
La salle a été extraordinairement décorée par Naomie.
Des cœurs découpés sont collés au mur, des ballons en formes de cœurs sont suspendus au plafond, les tables et les assiettes sont décorées en rouge et blanc.
Il y a des bougies sur les tables, de la Wordship musique.
Une coupe de Champomy rose est servie à chaque convive.
Au menu : un hachis parmentier et de la semoule au lait. Le tout « fait maison ».
L’objectif est de faire un repas familial facile à préparer, à servir, à manger, et de leur faire découvrir les spécialités m étropolitaines.
Soixante amis sont conviés. Ils sont tous présents. Même ceux qui ne sont pas invités viennent à cause du-bouche-à-oreille.
 
Une autre sœur est venue nous donner la main d’association.
Mais le repas ne doit avoir lieu qu’après la prédication.
Seulement, suite à un quiproquo, aucun pasteur ne viendra.
Nos amis assoiffés d’entendre l’Évangile ne l’entendront pas ce soir-là.
Les sœurs qui étaient avec moi pour m’aider à servir tous ces amis étaient choquées.
Je leur ai demandé d’aller prier dans une salle annexe.
Pendant qu’elles priaient, malgré la boule qui me nouait la gorge, j’ai proposé à nos convives un petit quiz sur ce qu’est l’amour selon eux, et j’ai saisi l’occasion pour leur expliquer ce qu’est l’amour selon Dieu ; avec le texte de 1 Corinthiens 13.
Nous avons conclu par ce texte qu’ils ont récité à tue-tête : « Dieu est amour ».
Et avant de prendre le repas ensemble, ils ont entonné avec une joie déconcertante un petit chant appris dans la foulée.
Après cet incident, j’ai dit au Seigneur : « Seigneur, tu ne nous donnes pas d’épreuves au-dessus de nos forces. Et bien là, je suis arrivée au maximum de ce que je peux supporter ».
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Un temps d’arrêt salutaire
C’en est assez Seigneur, je rentre en Métropole.
J’avais trouvé deux postes de chef de projets intéressants.
L’un à Cergy et l’autre à Paris Saint-Lazare.
Ma décision était prise. Je préparais moralement mon fils à rentrer et je commençais à vider notre maison.
J’avais trois mois devant moi pour trouver un logement, et envoyer ma lettre recommandée pour quitter celui de Mayotte. Le calendrier était parfait. Alexis pourrait faire sa rentrée des classes au Lycée en septembre, en toute sérénité.
Sauf que le 16 mars 2020, l’état d’urgence et le confinement étaient déclarés ! Les autorités décrétaient que plus personne ne rentrait, ou ne sortait du territoire.
Les aéroports étaient fermés.
Autrement dit pour moi, Dieu me disait : « tu restes ici ».
Après un temps dans le jeûne et dans la prière, j’ai répondu au Seigneur : « ok Seigneur, je reste, mais je ne continue pas dans ces conditions.
Et surtout, je ne force plus les gens à travailler avec moi, alors qu’il est évident, qu’ils ne le veulent pas ».
Cela fait maintenant trois ans que ça dure.
Les rencontres programmées pour les mois suivants étaient d’office annulées.
Je n’étais plus en mesure de visiter toutes les familles, comme à mon habitude. Terminées les distributions de vêtements, de chaussures et autres.
 
Je suis donc restée à la maison, pour un repos physique, moral et spirituel forcé.
Comme la plupart d’entre nous.
Je pense bien sûr à tous ceux qui ont été impactés par cette pandémie, et qui ont perdu un proche. Que la consolation de Dieu soit sur leurs cœurs.
 
 
 
Une vision rafraîchie
C’est dans la prière que le Seigneur m’a montré la nouvelle route que nous allions emprunter pour atteindre le but qu’il s’était fixé.
On ne peut forcer personne à collaborer. Mais rien n’arrête les plans de Dieu.
Quand bien même avec le contexte tout est suspendu : l’achat de la villa missionnaire pour les enfants de la rue, l’achat du terrain, la construction du bâtiment, et les rencontres mensuelles.
Mon fils a eu son bac avec mention. Il a été accepté en école de commerce.
Dieu a couronné mon engagement en bénissant le fruit de mes entrailles. Alexis vivra à Lyon avec mon frère.
Et moi je me consacrerai à la poursuite de l’œuvre de Dieu à Mayotte, avec la vision rafraîchie que le Seigneur m’a communiquée.
À son écoute, je continuerai seule, jusqu’à ce que les ouvriers que Dieu a choisis pour cette œuvre me rejoignent ; et le temps aussi de lever suffisamment de fonds pour financer tous les projets précités.
CONCLUSION
 

L
’enjeu, c’est le salut des âmes.
Ces quatre premières années de mission donnent un avant-goût prometteur de ce que Dieu veut faire.
L’objectif de ce livre est de faire lever des intercesseurs, et des ouvriers en grand nombre. Il ne faut pas oublier que les projets à naître le seront sur un terrain à 97 % Musulman.
Nos yeux sont fixés sur Jésus qui apporte la lumière dans les épaisses ténèbres, et qui combat dans le ciel pour les victoires sur la terre.
Le tome deux de mon ouvrage sera le récit de tous les projets que le Seigneur aura fait émerger par sa puissance. Ce sera la deuxième étape d’une mission de semences, pour la seule gloire de Dieu.
L’intégralité des revenus de la vente du livre sera destinée à l’achat du terrain, et à la construction d’un bâtiment qui permettra à l’église organique autochtone de se rencontrer.
L’appel de Dieu est un évènement extraordinaire dans l’absolu, mais certains défraient la chronique ! Le Seigneur ne travaille pas à la chaîne, il n’a pas de schéma standard, et il nous surprend toujours. Lorsque Jésus était sur la terre, ses méthodes ont beaucoup dérangé les religieux, parce qu’il sortait du cadre.
Être un disciple de Jésus-Christ au masculin, n’est pas si simple !
Être un disciple de Jésus-Christ au féminin… l’est encore moins !
« Mais qui donc est celle-ci qui monte du désert, appuyée sur son bien-aimé »  ? Cantiques des Cantiques 8.5
 
Ce témoignage a aussi pour objectif de préciser que je ne garde aucune rancœur de tout ce que j'ai entendu et vécu.
 
« Parce que le disciple n'est pas plus que son maître ;
Mais tout disciple accompli sera comme son maître ». Luc 4.40 .
Notes [ ←1 ]
Entreprise Sociale et solidaire
[ ←2 ]
Mayotte en 10 dates clés : colonisation, départementalisation et crise sociale (rfi.fr).
[ ←3 ]
BEST-PE-Mayotte.pdf .

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