Église de Marie, Église de Pierre
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Église de Marie, Église de Pierre , livre ebook

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Description

Femme, Église : dans l’opinion, ces mots renvoient à plus d’un antagonisme (« Le Christ n’a appelé que des hommes »), plus d’une objection (« Pas de femmes dans la sacristie ! »), plus d’un clivage (« Les hommes d’un côté, les femmes de l’autre »). C’est oublier que l’Église, qui trouve son indissociable unité dans le Christ, son fondateur, a été portée dès l’origine par des hommes et des femmes qui lui ont conféré des tonalités propres, tenant tant à l’initiative divine qu’à leur personnalité et à leur sexe.

Le ton de cet ouvrage ne sera donc pas à la querelle mais à la compréhension de la complémentarité entre dimensions pétrinienne (celle de l’institution et du sacerdoce) et mariale (celle de l’accueil de la Parole et de l’engendrement de nouveaux chrétiens).

À travers cette démarche qu’elle mène avec énergie et humour, Sandra Bureau montre en quoi les femmes peuvent être considérées comme piliers de l’Église. La femme a une place dans l’Église, une place qui n’est pa

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 03 novembre 2021
Nombre de lectures 0
EAN13 9782728932085
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0450€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Sommaire Introduction La femme à la lumière de la Révélation Homme et femme il les créa Approfondissement anthropologique Colonne sculptée pour un palais Les femmes fortes Marie, la femme par excellence Douleurs de l’enfantement L’Église dans la lumière du Ressuscité La différence sexuelle, encore et toujours L’homme, ce lieutenant choisi par Dieu L’homme, ce déserteur Marie colonne de l’Église ! « Pierre, m’aimes-tu ? » Offrir des dons et des sacrifices Du jeu de rôle à la configuration La moisson est abondante La femme dans l’Église à la lumière de l’Esprit Saint Côte à côte L’Église primitive Ne nous y trompons pas Amplification charismatique Rayonner pour la gloire de Dieu Au sein des communautés paroissiales Dans l’attente du retour du Christ ! Notes Page de copyright
Points de repère Couverture Page de Titre Corps de texte
À Marie, Marie-Liesse, Victoria, Bianca, Marguerite,
sans oublier Philomène.
Introduction
Qu’est-ce que l’Église ? Une institution vieillissante que l’on regarde avec beaucoup de respect mais dont on voudrait qu’elle passe vite la main à plus jeune, plus novateur – en somme une Élisabeth II en fin de règne ? Un mystère qui nous dépasse et dont nous n’arrivons pas à saisir les tenants et aboutissants – autrement dit un sujet d’examen sur lequel nous serions recalés ? Une communauté vivante dans laquelle nous aimerions, un jour, trouver notre place pour nous y investir davantage – bref, un puzzle de 1 000 pièces, absolument unique, loin d’être achevé ? Sans doute un peu tout cela.
S’il est possible, au moins pour les besoins de la rhétorique, de figer l’Église derrière une personne, en ­l’occurrence Élisabeth II, cela dit quelque chose d’essentiel quant à l’Église : celle-ci ne peut exister en dehors des personnes qui la constituent. Et, personnifier l’Église, c’est dire quelque chose de ce qu’elle est. Marie, Pierre, Paul, Jean, ou même Jean-Baptiste, ont marqué de leur empreinte l’Église du Christ, ils y ont laissé une forme, essentielle, déterminante, qui est celle de l’Église que nous connaissons aujourd’hui 1 . Chaque forme, mariale, pétrinienne, paulinienne, etc., est un symbole réel de l’Église. Cependant nulle forme ne peut prétendre à tout dire, tout tenir. Ces figures viennent s’éclairer et se compléter les unes les autres. Un premier coup d’œil aidera à comprendre.
L’Église mariale est cette Église portée par la foi de Marie, cette Église qui engendre en son sein, de par le monde et de par le temps, de nouveaux chrétiens. Elle est l’Église qui accueille, dans un cœur large, la parole de Dieu. Et si nous la mettons en premier, ce n’est pas par galanterie, c’est bien parce que Marie, au pied de la Croix, constitue l’Église bien avant que Pierre ne reçoive mission de conduire le troupeau de Dieu. L’Église pétrinienne est, elle, l’Église de l’Institution, du ministère sacerdotal. La foi de Pierre, qui hier avait laissé place au doute, le précipitant, au sens propre comme au sens figuré, dans le gouffre des eaux, ne peut plus chanceler. Le Christ lui-même s’en est fait le garant. C’est pourquoi Pierre, revenu de son reniement, doit affermir ses frères, les reprendre si besoin, et leur assurer les secours divins dont ils ont besoin. L’Église mariale et l’Église pétrinienne figurent l’Église du Christ en ses deux dimensions les plus essentielles. C’est sur elles que nous souhaitons nous arrêter. Mais « s’arrêter » ne veut pas dire « épuiser », au moins parce que d’autres dimensions co-existent et ajoutent au mystère de l’Église.
L’Église paulinienne pourrait justement être celle du mystère, car Paul s’est attelé à expliciter le mystère du Christ, et par suite le mystère de l’Église. Il a vu et pensé l’Église comme un corps aux multiples membres, un corps habité et animé par l’Esprit Saint. Sa vision « mystérique », loin de se détacher de l’autorité pétrinienne, révèle le caractère inséparable 2 de l’autorité et de l’exercice des dons de l’Esprit, comme en témoignent ses Épîtres aux Corinthiens. L’Église johannique est certainement celle de la contemplation, de l’amour, puisque Jean est celui qui s’est penché sur le cœur de Jésus, celui aussi qui a pris Marie chez lui. Elle est cette Église de la vie consacrée. Mais Jean, pas plus que l’Église qu’il figure, n’a l’exclusivité de la contemplation ou de l’amour. D’ailleurs, c’est à Pierre qu’a été demandé un plus grand amour : « M’aimes-tu vraiment plus que ceux-ci 3 ? » Cependant Pierre a besoin de l’amour porté par Jean et l’Église johannique pour répondre au Seigneur conformément au ministère qui lui est confié. Quant à l’Église « baptiste », qui renvoie au Précurseur, elle pourrait être celle qui tend vers l’accomplissement, la plénitude des temps, cette Église qui crie : « Viens Seigneur Jésus 4 . »
S’attacher à l’Église mariale et à l’Église pétrinienne, c’est, pour une part, tenter d’articuler ministère féminin et ministère masculin car l’Église mariale est par excellence l’Église de la féminité et l’Église pétrinienne, de toute évidence, celle du sacerdoce masculin. Mieux comprendre la place de la femme dans l’Église, et, espérons, mieux donner sa place à la femme dans l’Église, demandera donc un détour anthropologique. Autrement dit un questionnement sur l’homme en général. Ce détour se fera à la lumière de la foi, c’est-à-dire à la lumière de la Révélation. Il s’agira de se mettre à l’écoute de ce que Dieu fait, de ce que Dieu dit, dans le cœur de chacun comme dans le cœur de l’Église.
Chapitre 1
La femme à la lumière de la Révélation
Le grand malheur de notre temps est de n’avoir plus de racines, d’histoire, de ne plus voir comment Dieu tisse dans notre temps, dans notre chair, une histoire sainte. C’est de ne plus transmettre ces récits millénaires, de père en fils, de mère en fille. Si nous avions un saint, une sainte, dans notre histoire familiale comme nous en serions fiers, comme nous le raconterions. Nous avons bien plus. Nous avons Dieu lui-même. Dieu qui se dit dans l’histoire. Ce n’est pas pour rien que le récit de la création scande les jours un à un. Quoi, ce « vieux mythe », me direz-vous ? S’il est vrai que le mythe sert habituellement à l’homme pour atteindre les origines et donner sens à l’existence (mythe de Prométhée, Théodicée d’Hésiode, Timée de Platon), le récit biblique, aussi archaïque soit-il, ne s’y apparente pas. Derrière des formes littéraires voisines, il cherche fondamentalement à s’en détacher. En effet le récit de la Genèse est inspiré, il appartient à l’acte par lequel Dieu se révèle, fait connaître qui il est. Derrière la lettre, Dieu a laissé son empreinte, tout autant que son intention : faire comprendre à l’homme d’où il vient. Il faut donc apprendre à dépasser la lettre pour percevoir l’origine divine de toute chose.

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