La justice divine
165 pages
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La justice divine , livre ebook

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Description

La thématique de la Justice divine a depuis toujours, et jusqu’à notre époque, alimenté les débats chez les philosophes et les théologiens des différentes traditions religieuses. Ce sujet peut laisser perplexe le simple croyant, l’amenant à questionner sa foi. Quelle est la place du libre arbitre vis-à-vis du Décret divin ? Comment expliquer l’existence du mal ? Quel sens donner à la rétribution dans l’Au-delà ? Mortada Motahari répond à ces questions fondamentales en exposant, de façon argumentée, la conception philosophique et théologique de la Justice divine selon l’école chiite.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 24 juin 2015
Nombre de lectures 6
EAN13 9791022500753
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0760€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Les Éditions Albouraq
– Études –
LA JUSTICE DIVINE
Dar Albouraq ©
– Face à l’Université d’al-Azhar-Beyrouth –
B.P. : 13/5384
Beyrouth-Liban
Tél / fax : 00 96 11 788 059
Site Web : www.albouraq.com
E-mail : albouraq@albouraq.com
Distribué par :
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18, rue des Fossés Saint Bernard
75005 Paris
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Fax : 01 40 46 06 46
– Face à l’Institut du Monde Arabe –
Site Web : www.orient-lib.com
E-mail : orient-lib@orient-lib.com
Albouraq Diffusion Distribution
Zone Industrielle
25, rue François de Tessan
77330 Ozoir-la-Ferrière
Tél. : 01 60 34 37 50
Fax : 01 60 34 35 63
E-mail : distribution@albouraq.com
Tous droits de reproduction, d’adaptation ou de traduction, par quelque procédé que ce soit, réservés pour tous les pays à l’Éditeur.
1428-2007
ISBN 978-2-84161-346-5- EAN 9782841613465
M ORTADA M OTAHARI
LA JUSTICE DIVINE
Traduit de l’arabe par Raghida Ousseiran
Albouraq
I NTRODUCTION
Au nom de Dieu, le Très Clément, le Tout Miséricordieux
De nombreuses interrogations et ambiguïtés sont soulevées à propos de la religion dans le monde contemporain, la nouvelle génération de musulmans se posant à nouveau d’anciennes questions oubliées, empreintes de doute et d’embarras. Faut-il regretter l’émergence de ces doutes, questions et discussions qui ont parfois atteint des seuils critiques ? Je ne pense pas qu’il faille déplorer ce phénomène, car le doute est la prémisse de la certitude, la question est la clé de la connaissance, et le trouble s’achève par la tranquillité.
Le doute est un passage nécessaire vers la stabilité. L’Islam nous enseigne que l’ignorance, le doute et la perplexité sont des bases essentielles de l’état premier de l’homme, à partir desquelles celui-ci avance, grâce à une saine réflexion, vers la certitude et la tranquillité.
Il est vrai que le doute est signe de trouble, mais il est vrai aussi que la tranquillité comporte des degrés divers. L’animal ne vit pas dans le doute, sa tranquillité est d’un degré inférieur au doute de l’homme. Quant à la tranquillité de ceux qui ont la certitude, elle représente un degré plus élevé que le doute. Et, à l’exception d’une infime minorité divinement soutenue, tous sont parvenus à la phase de la foi et de la certitude après avoir traversé une phase de doute et de perplexité.
On peut regretter que le doute n’incite pas son auteur à la recherche et à l’étude, ou que la présence de doutes et d’ambiguïtés dans le milieu social n’incite pas les gens capables de les lever à le faire, afin de sauver la société.
L’islam est une religion sacrée, mais inconnue, dont les vérités ont été renversées, auprès du public, et l’image progressivement altérée. Les enseignements falsifiés qu’on a attribués à l’islam sont la principale cause expliquant l’éloignement des gens. Aujourd’hui, il est devenu une cible exposée à l’altération par ceux-là même qui prétendent le défendre. Les attaques menées par l’impérialisme occidental, autant que la carence de ceux qui prétendent défendre l’islam en cette période, ont altéré ses enseignements et sa vision dans différents domaines, principes et applications. C’est ce qui m’a incité à m’engager dans cette arène pour le défendre, autant que faire se peut.
Les études exposées dans cet ouvrage s’appuient sur des références textuelles et rationnelles. Les premières ont pour axe les versets du saint Coran et les nobles traditions rapportées à partir du noble messager et des imams purifiés. Quant aux secondes références, le raisonnement pouvant prendre le chemin de la théologie ou de la philosophie, j’ai évité la méthodedéductive des théologiens que je considère inappropriée pour notre étude, contrairement à la méthode des philosophes musulmans, que je trouve saine et bien organisée. Je l’ai donc adoptée dans l’ensemble, tout en indiquant, quand cela était nécessaire, la méthode des théologiens ou d’autres, comme celle des traditionnistes par exemple.
Les spécialistes savent que les sages et les philosophes musulmans n’ont pas consacré, contrairement aux théologiens, de chapitres spécifiques à la question de la justice, d’où la difficulté de la recherche entreprise. Je n’ai trouvé aucune recherche ou aucun chapitre spécifique dans les ouvrages des philosophes traitant le sujet de la justice divine d’une manière indépendante, et selon la méthode philosophique. Par contre, les théologiens l’ont placée à la tête de leurs préoccupations, poussés par divers facteurs religieux et historiques, de sorte que le sujet de la justice divine a pris chez les théologiens une place privilégiée. Certains courants théologiques furent même nommés ‘adliyya en référence à ce thème.
Décret divin et libre arbitre
La recherche en théologie a commencé, comme nous le relatent les faits historiques, au milieu du premier siècle de l’hégire, et il semble bien que la recherche la plus ancienne concerne la question du décret divin et du libre arbitre, question étroitement liée au fait humain, d’abord, et ensuite au fait divin ou naturel. Concernant l’homme, la recherche essaie de répondre à la question de savoir si l’homme est libre ou contraint, et concernant Dieu ou la nature, elle essaie de répondre à l’autre aspect de la question, celui de savoir si la volonté et le décret divins, ou même les facteurs naturels et le système rigide de la causalité, laissent à l’homme une marge de liberté, ou le rendent entièrement asservi ?
Quoiqu’il en soit, cette question est étroitement liée au devenir de l’homme, ce qui explique qu’elle ait été soulevée par tout être humain, même de façon passagère, et par toute société, tout au long de son évolution. Elle fut donc normalement évoquée dans le monde musulman, dès le début de sa formation, devenant rapidement un sujet de recherche, et ce pour plusieurs raisons. Sans les détailler, disons simplement que le saint Coran, qui est le Livre religieux des musulmans, a amplement parlé des questions relatives à la contrainte, au libre-arbitre, à la volonté et au décret divins, à la rétribution et au châtiment. Cela a incité les musulmans à y réfléchir, et à entreprendre les recherches nécessaires à partir des versets coraniques, comme les y appelle le Coran lui-même.
La question de la justice
La recherche concernant le libre-arbitre ou la contrainte exercée sur l’homme a suscité une autre question parallèle, à propos de la justice. En effet, il existe une relation directe, d’une part, entre le libre-arbitre et la justice, et d’autre part, entre la contrainte et la négation de la justice, dans le sens où les notions d’obligations légales et responsabilités religieuses, de récompense et de châtiment justes ne se réalisent que si l’homme est libre de choisir. S’il est dépourvu de cette liberté de choix, et qu’il est contraint de se soumettre à la volonté divine et aux éléments naturels, ni les obligations légales, ni la récompense ni le châtiment n’ont de crédibilité.
Les théologiens musulmans se partagèrent en deux groupes face à cette question : un groupe nommé, dès son émergence, par le terme mu’tazila 1 ou mutazilites, qui a prôné la justice, affirmant que l’homme a la liberté de choix, et un autre groupe, les Ahl al-hadîth , soit les traditionnistes, connus plus tard sous l’appellation Ashâ’ira ou Ash’arites 2 , qui ont adopté la conception de la contrainte et de l’obligation sans cependant rejeter explicitement la justice divine. En effet, le saint Coran, auquel se réfèrent les deux groupes, nie catégoriquement toute injustice de Dieu – gloire à Lui ! –, et confirme la justice. C’est la raison pour laquelle l’école ash’arite a expliqué la justice divine de façon particulière, disant que la justice divine n’est pas une réalité indépendante en soi que l’on peut définir comme une principe et un critère de l’acte divin. Le fait de poser un critère applicable à l’Acte divin signifie définir une obligation et un devoir

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