La voyance en question
108 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

La voyance en question , livre ebook

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
108 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Notre société en mutation est traversée d'inquiétudes multiples. Dans ce climat d'incertitude grandissante, nous assistons à une flambée de la voyance. L'auteur, voyant lui-même, questionne sans faux-semblant la pratique de la voyance sur Internet, la qualifiant d'escroquerie pour la plupart, avant de poser la problématique de l'éthique du voyant et de définir ce qu'il entend par vraie voyance.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 mars 2013
Nombre de lectures 158
EAN13 9782336662053
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Couverture
4e de couverture
Collection Antidote(s) dirigée par Chantal Selva
Créée en septembre 2012, la collection Antidote(s) donne des coups de projecteur sur une réalité sociale, économique, politique et culturelle en mutation, à partir de personnes ou d’organisations, qui ouvrent des clairières nouvelles grâce à leur intelligence des choses du monde.
Les auteurs de la collection viennent d’horizons très variés, apportant des éclairages singuliers du lieu de leur pratique. Ils donnent des pistes de réflexion à un public en recherche de repères, à partir d’essais, de récits de vie ou d’entreprises, de témoignages, mais surtout, en lui permettant de construire sa propre interprétation de la réalité sociale et de mieux s’y ancrer.
Antidote(s) aux idées reçues, au conformisme, au découragement, aux fanatismes, à la violence dans tous ses états, à toutes les formes d’immobilisme qui donnent de la société une idée fausse. Traverser les crises dans le mouvement de la vie.
Déjà paru
Laurent Hincker, Le harcèlement moral dans la vie privée, une guerre qui ne dit pas son nom , novembre 2012
A paraître
Patrick Aïch, Une bille de terre pour une bille en verre, grandir toujours , avril 2013
Richard Hellbrun, Karima Merah, Au vif de la violence, guérir la violence en soi , mai 2013
Marianne Sébastien, Allez, chantez ! Le chant de la vie sous les cendres , septembre 2013
Titre
Vincent Pailliez








La voyance en question

Dire Là-Haut ce que tout le monde pense tout bas
Copyright

© L'HARMATTAN, 2013
5-7, rue de l'École-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
EAN Epub : 978-2-336-66205-3
À Émie, Mathis et Camille, mes trois bouts de choux, l’essence de ma vie,
aux âmes perdues afin qu’elles retrouvent le chemin d’elles-mêmes.
Avant-propos
Je me nomme Vincent de mon vrai prénom. Je n’utilise pas de pseudo ou de nom d’emprunt. J’exerce un métier que tout le monde nomme communément voyant, médium, ou comme l’on veut. Aujourd’hui, vu la horde de voyants qui vous sollicitent sur Internet, on voit fleurir des tas d’appellations très sophistiquées. En ce qui me concerne, je suis anticonformiste. Je dirais simplement que je communique avec l’Au-delà afin d’aider mon prochain quand il me consulte. C’est un don qui vous tombe dessus un jour, vous ne savez pas pourquoi. Au début, cela vous inquiète. Vous vous demandez si vous êtes normal, d’autant que le milieu bien-pensant et rationnel auquel j’appartenais manifestait une certaine suspicion pour le paranormal. C’était dans ma première jeunesse, j’ai commencé par ne pas l’accepter. Est-ce utile de vous parler de mon passé et de vous dire que, petit, je ressentais des choses que d’autres ne percevaient pas ? Si vous en avez besoin pour vérifier la réalité de mes dons, alors pourquoi pas ! Mais l’essentiel n’est pas là. J’éclaire mes prochains dans leur vie, leur futur et je les aide à être eux-mêmes. Je dis bien aider car ils ont sans le savoir toutes les clés, tout le savoir intuitif, toute la force en eux pour réussir, pour renaître quand c’est nécessaire, et enfin être libres. Pourquoi dis-je que parler de mon passé n’est pas primordial ? Parce qu’il me semble qu’il faille arrêter de s’attacher à des choses extérieures ou à des mots afin de justifier le bien-fondé de ce que nous sommes. Je ne vais pas vous dire, comme certains, que ma famille est médium depuis nombre de générations, car je n’en vois pas l’utilité et je trouve cela saugrenu : ce n’est pas parce qu’un boulanger fabrique son pain de père en fils que son pain est meilleur que le jeune boulanger fraîchement installé. Vous êtes d’accord, n’est-ce pas ?
Ou encore devrais-je vous dire que je suis un voyant de renom ? Ridicule ! Primo, avoir un nom connu ne présume de rien, si ce n’est que son nom est répandu, ou bien connu des médias et utilisé uniquement dans un but marketing et commercial.
Moi, un grand voyant ? C’est vrai, dans un sens, je suis un grand voyant, je mesure 1m80 ! Dans ce cas, si vous êtes plus petit que moi, je suis en effet un grand voyant pour vous.
Bref, je serai à même d’en parler tout à l’heure, au sujet des titres honorifiques que certains se donnent dans ce monde de l’ésotérisme, ceux pour lesquels le besoin d’argent ou du tiroir-caisse prévaut au détriment de l’humain, ceux qui s’appliquent à renvoyer une image pour « faire bien » mais qui ne reflète en aucun cas le moindre soupçon de sincérité et de vérité.
Mon travail a évolué depuis que j’exerce et évoluera encore et encore. Je suis en perpétuel mouvement si je puis dire. Ce que je sais, c’est que Là-haut ils me permettent d’utiliser mes facultés à condition que je reste moi-même tout naturellement et de ne pas « péter plus haut que mon postérieur » si je peux me permettre.
Je ne suis pas le seul à disposer de cette aptitude et tant mieux. Beaucoup de mes confrères honnêtes restent dans l’ombre, c’est bien dommage. Mais dans le concert des voyants tous azimuts qui fait un bruit infernal en ce moment, il vaut mieux se protéger. Avons-nous réellement besoin de faire de la publicité ? Non, je ne pense pas. Et puis l’idée de me retrouver à côté de la publicité d’un voyant soi-disant très humain et compétent, dont le comportement est bling-bling ou jet set en vérité, ou qui dispose d’un cabinet audiotel, non merci. En effet, comment peut-on se prétendre humaniste et sérieux alors que l’on possède un cabinet audiotel tout en sachant que, si un consultant appelle et qu’il ne lui reste qu’une minute pour enfin pouvoir poser sa question, on ne lui donnera pas de réponse en une minute ? Je ne veux pas dire que tous les cabinets audiotels abritent des escrocs, mais ce dont je suis sûr c’est qu’ils hébergent surtout de bons investisseurs. Il faut être franc avec soi-même. J’ai envie de dire que je suis engagé dans une quête personnelle, une mission qui m’a été communiquée de Là-Haut : faire en sorte que les personnes qui me consultent ne deviennent pas dépendantes de la voyance, qu’elles s’assument elles-mêmes. Que chacun soit acteur et non pas spectateur de sa vie ; et surtout que l’on ne vienne plus me consulter (aïe, je vais me faire des ennemis banquiers, je le sens). Je veux dire que si mes consultants trouvent la force en eux de devenir le moteur de leur vie après une consultation avec moi, alors ils n’ont plus besoin de moi, au moins pour l’année en cours. Trouver la force en soi, devenir soi-même, tout est là.
Oui, je suis moi-même avec toutes mes qualités et mes défauts : je suis Vincent.
Je préfère parler de la manière la plus large possible, non pas de moi, mais de la voyance, à partir de ma pratique. La voyance n’est ni un dogme, ni une doctrine. Je suis intimement convaincu que les gens vont naturellement se diriger vers l’essentiel, le vrai, en faisant eux-mêmes le tri de l’essentiel dans ce fatras de superflu. Je suis persuadé que le monde de la voyance va se transformer, et que l’on fera appel à lui pour des questions vitales car les gens sauront se prendre en charge pour le reste.
J’espère que ce livre va vous permettre de réaliser ce que vous saviez déjà au plus profond de vous, sans vouloir peut-être y attacher de l’importance… il faut nous réveiller, passer le cap de cette civilisation mourante, avec du bon sens. Le bon sens est peut-être ce dont nous avons le plus besoin actuellement face au déchaînement de la pseudo-voyance sur Internet.
Je vais donc vous parler de la voyance aujourd’hui à travers ces pages. Tout d’abord, qu’est-ce que la voyance ? Quelles questions faut-il se poser pour savoir si l’on a affaire à un vrai ou un faux voyant ?
Je dénoncerai ensuite la pratique scandaleuse de la voyance sur Internet qui n’est qu’une vile exploitation de la crise économique et sociale qui secoue notre univers.
J’expliquerai les fondements de l’éthique dans la pratique de la voyance.
Et enfin, je m’attacherai à défendre la voyance authentique et honnête, celle qui vise à conduire ses consultants sur le chemin de leur moi intérieur qui est celui de leur destin.
I – Qu’est-ce que la voyance ?
1 – Consulter un voyant s’est banalisé
Comme je viens de le dire dans mon introduction, la voyance est un don supranaturel. Suspect encore il y a quelques années, ce don attire aujourd’hui nombre de personnes en difficultés, dans tous les milieux sociaux. Consulter un voyant s’est banalisé. On n’a plus honte de le dire. On se conseille celui-ci ou celle-là plutôt que tel autre, parce qu’il ou elle ne s’est pas trompé(e) dans ses prédictions, qu’il ou elle est gentil(le), humain(e), honnête, à l’écoute. On ne sait pas trop s’il faut y croire, mais puisque notre ami(e) me dit que ça a marché dans son cas, pourquoi ne pas essayer ? Le problème se pose d’emblée, s’agissant d’une expérience non rationnelle, comment savoir si j’ai affaire à un vrai voyant ou à un charlatan ? Un charlatan, je sais assez vite comment le reconnaître, je vais au moins le sentir intuitivement, mais un vrai voyant ? Si j’ai besoin de consulter un voyant, c’est qu’une part de moi-même ne sait plus comment s’orienter, prendre des décisions qui engagent ma vie. Quelque part, des facteurs externes (la pression du travail, une vie de couple décevante, des charges matérielles trop lourdes), ou internes (la dépression, le découragement, la fatigue, etc) font que je ne me sens pas moi-même. Alors, si j’éprouve la nécessité de me retrouver, d’être à nouveau moi-même, encore faut-il que celui ou celle à qui je vais demander de me guider soit également en phase avec son moi intérieur. C’est en effet la condition sine que non pour être un voyant fiable. Cependant, force est de constater que c’est difficile car nous vivons dans une société de la performance où les relations de pouvoir dominent, notamment celles des hommes sur les femmes (ce qui ne veut pas dire que certains hommes n’aient pas à subir la domination de femmes qui miment des comportements machistes), des riches sur les pauvres, du consumérisme à outrance sur la spiritualité, des apparences illusoires sur l’authenticité, de l’artificiel ou du technologique sophistiqué sur le naturel, sur la simplicité. Un monde déboussolé où la plupart pensent qu’il faut faire « comme si » , pour ne pas se faire exclure. C’est une atteinte à la vie. Jacques Salomé évoque une « culture de la maltraitance » dans Et si nous inventions notre vie ? , mais remarque néanmoins – et je partage son point de vue – « Et malgré tout, il y a chez beaucoup d’hommes et de femmes les germes puissants d’une contre-culture, celle de la bientraitance, du respect de la vie, de la tolérance, de l’engagement vers un monde capable de respecter la vie » . Respecter la vie commence par se respecter soi, être soi-même, pour ce que la vie nous a donné en naissant.
J’essaie d’être moi-même, de ne pas céder aux apparences, et surtout de ne pas faire accroire ce que je ne suis pas. J’en parle, car dire ce que l’on est humblement, que l’on a des difficultés, n’est pas chose facile dans ce monde tout en paillettes. Mais je peux avouer sans fausse honte que dans le passé, en position économique catastrophique, je ne pouvais donner à manger à mes enfants tous les jours. Je faisais la queue aux Restos du Cœur, que je remercie et auxquels je dis : chapeau ! Je me suis rapproché humblement de Là-Haut . Je dis Là-Haut , vous pouvez penser Dieu, Bouddha, Esprit, le divin, peu importe. Là-Haut , ils n’ont pas besoin d’être nommés, ils ne sont pas dogmatiques. Les dogmes religieux, sur terre, ne sont qu’affaires d’hommes, de culture et de liberté de conscience. Mais pour celui qui est profondément croyant, le fond des religions est le même, parce que, Là-Haut , ils ne sont qu’amour. Ce que je sais, c’est que je leur fais confiance, ils me disent de fermer les yeux, de tendre la main et de me lâcher, de les suivre. Ce ne sont pas des défunts qui me parlent comme pour d’autres médiums, mais des « forces supérieures » . Elles savent intervenir lors de mes consultations : elles me demandent parfois si elles peuvent « emprunter » le canal de ma bouche pour communiquer des choses essentielles à la personne venue me rencontrer.
D’aucuns souriront. Là-Haut , on lui parle ? Il se prend pour Jeanne d’Arc ? Cette manière de sourire est souvent une forme de fuite devant ce qui nous échappe et qu’on ne veut pas reconnaître. Le Dr Jean-Jacques Charbonnier donne des explications scientifiques de ces phénomènes de médiumnité dans son très beau livre Les preuves scientifiques d’une vie après la vie (éditions Exergue). Tout d’abord, il rappelle que la notion de normalité fluctue avec les époques, ce qui paraissait anormal il y a cinquante ans, comme la possibilité de communiquer en temps réel aux quatre coins du monde avec un petit boîtier à la main, est devenu banal aujourd’hui. La notion de synchronicité, mise en évidence par le psychiatre Karl Gustav Jung en 1930, d’abord ridiculisée, est actuellement admise. C’est la coïncidence temporelle de deux ou trois événements sans lien causal apparent entre eux, mais possédant un sens identique ou analogue. Jung a alors produit le concept d’inconscient collectif, passé de nos jours dans le langage ordinaire. Cette forme de mémoire ou d’âme de l’univers appartiendrait à une autre dimension, hors des catégories de l’espace et du temps. C’est une sorte de supra conscience cosmique à laquelle chacun de nous serait reliée au niveau de son propre inconscient. La sensibilité, ou le degré de spiritualité des uns les porte à percevoir ces synchronicités tandis que d’autres passent à côté, et disent évidemment que ce sont des chimères. Le Dr Jean-Jacques Charbonnier, anesthésiste-réanimateur, va plus loin encore. Selon lui, tout être humain porte en lui des facultés de médiumnité mais ne les développe pas forcément. « Quelques personnes naissent avec une antenne parabolique sur la tête tandis que d’autres les plus nombreuses, ne possèdent que de minuscules antennes-râteaux ridicules.

  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents