Le Livre de la vie retirée - Kitâb adâb al-‘Uzla
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Description

Tome II Livre VI, cet ouvrage s’inscrit dans l’œuvre magistrale de l’imam al-Ghazâlî, Revivification des Sciences de la Religion. Est étudiée ici l’une des disciplines fondamentales du cheminement spirituel de tout aspirant à la sagesse. Ghazâlî nous clarifie dans cet opuscule la nature de la solitude, ses avantages, ses inconvénients et ses règles. Il met en lumière l’intérêt d’être seul et surtout pour qui cela est profitable. Entre solitude et compagnie des gens, on ne peut trancher ou décider que l’un est positif et l’autre négatif. La question est bien plus complexe ; Ghazâlî s’attache ici à remettre en ordre toutes les déclinaisons de ce concept. Comme à son habitude, il guide et éclaire ce qui est opaque. Cette démarche salvatrice permet d’éviter les écueils si nombreux que ce genre de démarche recèle.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 28 octobre 2015
Nombre de lectures 62
EAN13 9791022501309
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,03€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

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– Revivification des sciences de la religion –
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Tous droits de reproduction, d’adaptation ou de traduction, par quelque procédé que ce soit, réservés pour tous les pays à l’Éditeur.
1435-2014
EAN 9791022500067
A BÛ H ÂMID
A L -G HAZÂLÎ
LE LIVRE DE LA VIE RETIRÉE
(Kitāb adāb al-‘uzla)
Livre VI Tome II Ihyā ‘Ulūm al-dīn
Traduction et notes à partir de la version arabe et persane Hassan Boutaleb
INTRODUCTION
Dans ce bref traité, Le livre de la vie retirée , sixième livre du tome II de la Revivification des sciences de la religion , l’imam al-Ghazālī nous expose le délicat thème de la solitude ( al-‘uzla ). Choix que certains musulmans font pour se dédier à une vie contemplative.
Comme le dit notre auteur, ce choix comprend des avantages et des inconvénients. S’appuyant sur les traditions prophétiques et les paroles des anciens, Ghazālī nous entraîne dans un débat qui a fait couler beaucoup d’encre et qui continue de susciter des polémiques. Est-il licite de s’isoler de la Communauté, et si oui pourquoi ?
Fait-on ce choix de manière sincère ou par orgueil, et est-on en mesure d’affronter ce genre de vie qui requiert un grand nombre de sacrifices ?
Ghazāli répond à toutes ces questions de manière pondérée sans clairement interdire ou encourager la solitude, ni même la vie en communauté.
Il s’agit en fait d’un choix personnel qui dépend de la condition de la personne et de son état spirituel. Avant de faire ce choix, Ghazālī préconise d’acquérir la science car sans elle, les effets recherchés dans la solitude pourraient au contraire se retourner contre la personne, et souvent sans qu’elle en soit consciente.
En effet, le solitaire est la cible privilégiée des suggestions diaboliques ; d’où la nécessité de connaître parfaitement les fondamentaux de la religion avant de faire ce choix, et de supprimer toute trace d’orgueil de son cœur, car l’individu qui s’isole en vue de la contemplation ne peut y accéder que s’il se dépouille de son ego pour revêtir l’état de servitude parfaite.
PRÉAMBULE
Louange à Dieu, qui a accordé Son immense faveur à l’élite et aux plus pures de Ses créatures en faisant en sorte que leur seul souci ( hammuhum ) soit [la recherche de] Son Intimité et [de] Son voisinage. Il leur a permis de jouir grandement de la contemplation de Ses Signes et de Sa Grandeur, et a soulagé leur être intime par Ses entretiens privés ( munājāt ) et Sa douceur subtile. Il a rendu les plaisirs et les ornements de ce bas monde méprisables à leur cœur au point que ceux qui ont eu le privilège de se voir ôter les voiles ont préféré se retirer du monde et se consacrer à la contemplation des gloires de la Face de Dieu (exalté soit-Il) dans leur retraite ( khalwa ), et s’isoler même de leurs plus proches amis et parents.
Que la prière de Dieu soit sur notre seigneur Muhammad, le seigneur de Ses Prophètes, l’élu, ainsi que sur sa Famille et ses Compagnons, les seigneurs et les imams de la vérité.
Les gens divergent beaucoup sur la vie en solitude ( al-‘uzla ) et la vie en communauté ( al-mukhālata ) de même que sur leur mérite, bien que ces deux modes de vie ne soient pas à l’abri de nuisances qui incitent à les fuir et comportent des avantages qui encouragent à les adopter.
La plupart des dévots ( al-‘ubbād ) et des ascètes ( al-zuhhād ) penchent vers la solitude et la préfèrent à la fréquentation. Ce que nous avons dit dans Le livre des bons rapports, de la fraternité, du compagnonnage et de la convivialité avec les diverses sortes de créatures 1 contredit le choix de nombreux individus optant pour la solitude.
Nous tenterons donc de lever le voile qui recouvre cette question importante, et nous le ferons dans les deux parties suivantes :
1 - Positions doctrinales et arguments à ce sujet.
2 - Avantages et inconvénients de la solitude.
PARTIE I
POSITIONS DOCTRINALES ET ARGUMENTS À CE SUJET

Les avis sont divergents sur la question de la solitude, et ces divergences sont déjà apparues chez les premières générations de musulmans.
Certains ont préféré la vie retirée et ont déclaré que ce mode de vie avait plus de mérite que la vie en communauté. C’était le cas de Sufyān al-Thawrī 2 , d’Ibrāhīm b. Adham 3 , Dāwud al-Tā’ī 4 , Fudayl b. ‘Iyād 5 , Sulaymān al-Khawwās 6 , Yūsuf b. Asbāt 7 , Hudhayfa al-Mar‘ashī 8 et Bishr al-Hāfī 9 .
En revanche, grand nombre parmi les premières générations [de musulmans] comme Sa‘īd b. al-Musayyab 10 , Al-Sha‘bī 11 , Ibn Abū Laylā 12 , Hishām b. ‘Urwa 13 , Ibn Shabrama 14 , Shurayh 15 , Sharīk b. ‘Abd Allāh 16 , Ibn ‘Uyayna 17 , Ibn al-Mubārak 18 , Al-Shāfi‘ī, Ahmad ibn Hanbal 19 et d’autres ont loué la vie sociale, les fréquentations, la fraternité, la coopération entre les croyants, la recherche de l’aide des croyants pour sa religion, pour sa piété, sa crainte, sa fortune et autres.
Les opinions des savants se répartissent en deux grandes catégories :
Celles qui font l’éloge de l’un des deux modes de vie de manière absolue, et celles qui en font l’apologie.
Nous rapporterons à présent les propos inhérents à la première catégorie ; quant aux opinions appartenant à la seconde, nous les mentionnerons quand nous examinerons les défauts et les avantages [de ces modes de vie].
Nous disons donc :
Il est rapporté que ‘Umar [b. al-Khattāb] (que Dieu soit satisfait de lui) a dit : « Prenez votre part de solitude ».
Ibn Sīrīn 20 a dit : « La solitude est adoration (‘ibāda ) ».
Al-Fudayl [b. ‘Iyād] a dit : « Nous nous contentons d’avoir Dieu comme bien-aimé, le Coran comme compagnon et la mort comme conseillère. »
On a dit : « Prends Dieu pour compagnon et mets les gens de côté. »
Abū Rabī‘ al-Zāhid demanda un conseil à Dāwud al-Tā’ī qui lui répondit : « Fais le jeûne de ce monde et fasse que ton repas soit l’autre monde. Et fuis les gens comme tu fuirais devant un lion. »
Al-Hasan [al-Basrī] 21 (que Dieu lui fasse miséricorde) a dit : « J’ai appris ces quelques mots de la Torah : le fils d’Adam s’est contenté [de ce qu’il avait] et cela l’a enrichi ; il a évité les gens et a trouvé le salut ; il a renoncé aux plaisirs et a trouvé la liberté ; il a renoncé à la jalousie et sa magnanimité est apparue et il a patienté un peu et s’est réjoui beaucoup. »
Wahīb b. Al-Ward 22 a dit : « On nous a rapporté que la sagesse comporte dix parties : neuf d’entre elles sont dans le silence et la dixième dans la solitude. »
Yūsuf b. Muslim demanda à ‘Alī b. Bakār 23 qui vivait cloîtré chez lui : « Qu’est-ce qui t’a fait supporter la solitude ? » Il répondit : « Quand j’étais plus jeune, je supportais davantage. Je m’asseyais avec les gens mais sans leur parler. »
Sufyān al-Thawrī a dit : « Cette époque est celle du silence et de l’isolement chez soi. »
[Un autre saint a dit] : « Nous étions en compagnie d’un jeune sur un bateau. Il resta avec nous sept jours sans jamais proférer le moindre mot. Nous lui dîmes : Dieu nous a réunis pendant sept jours, or tu ne nous as ni fréquentés ni tu nous as adressé la parole ! » Il répondit par ces vers :
[Celui qui a] peu de soucis et pas d’enfant qui meurt, qui n’a pas d’affaire dont il craindrait la disparition Sa jeunesse s’envole mais sa science a été utile, et son aspiration est la solitude et le silence.
Ibrāhīm al-Nakh‘ī 24 a dit à un homme : « Acquiert la science, puis isole-toi. » Al-Rabī ‘ b. Khaytham a dit la même chose.
On a dit que l’Imam Mālik b. Anas 25 assistait aux funérailles, rendait visite aux malades et veillait aux droits de chaque frère ; par la suite, il renonça à ses habitudes, l’une après l’autre. Il disait : « Il n’appartient pas à l’individu d’exposer toutes ses excuses ! »
On a dit à ‘Umar b. ‘abd al-‘Azīz 26 : « Pourrais-tu nous consacrer un peu de ton temps ? » Il répondit : « Le temps libre a disparu ! Il ne reste de libre que ce qui est auprès de Dieu (exalté soit-Il). »
Al-Fudayl b. ‘Iyād a dit : « Je n’attends plus rien des gens ! Aussi, s’ils me rencontrent, ils ne me saluent pas, et si je tombe malade, ils ne me rendent pas visite ! »
Abū Sulaymān al-Dārānī 27 a dit : Al-Rabī‘ b. Khaytham 28 se tenait sur le seuil de sa porte lorsqu’une pierre le frappa au visage et le blessa au front. Il essuya le sang et dit : « Ô Rabī‘, tu as sermonné les gens ! » Il rentra chez lui et n’en sortit plus jusqu’à son enterrement.
Sa‘d b. Abū Waqqās 29 et Sa‘īd b. Zayd 30 s’étaient cloîtrés chez eux à al-‘Aqīq. Ils ne venaient plus en ville, pas même pour la prière du vendredi, et ce, jusqu’à leur mort.
Yūsuf b. Asbāt a dit : « J’ai entendu Sufyān al-Thawrī dire : « Par Dieu en dehors duquel il n’y a nulle autre divinité, la solitude prévaut. »
Bishr b. ‘Abd Allāh a dit : « Réduis tes fréquentations car tu ignores ce qu’il en sera le Jour de la Résurrection. Si tu y seras exposé à l’opprobre, alors peu de gens te reconnaîtront. »
Un gouverneur rendit visite à Hātam al-Asamm 31 et lui demanda s’il avait besoin de quelque chose. Hātam lui dit : « Oui ! Je ne veux pas que tu me voies ni te voir ni te connaître ! »
Un homme dit à Sahl 32 : « j’aimerais être ton compagnon. » Il lui répondit : « lorsque l’un de nous mourra, qui donc accompagnera l’autre ? » L’homme dit : « Dieu. » Sahl dit alors : « Qu’il soit donc Son compagnon maintenant ! »
On a dit à Al-Fudayl : « ‘Alī ton fils a dit : j’aimerais être dans un lieu où je peux voir les gens sans qu’ils me voient ! » Al-Fudayl dit : « Malheur à ‘Alī ! Il aurait du dire : [un lieu] où je ne peux voir les gens et où ils ne me voient pas ! »
Il a dit aussi : « la sottise de l’homme découle de ses nombreuses fréquentations. »
Ibn ‘Abbās (que Dieu soit satisfait de lui et de son père) a dit : « le meilleur endroit est une pièce au fond de ta maison où tu ne vois pas et où on ne te voit pas. »
Voilà les propos de ceux qui penchent vers la solitude.
I.1 L ES FAIBLES ARGUMENTS DE CEUX QUI PRÔNENT LA VIE EN COMMUNAUTÉ
Ceux qui avancent ces arguments s’appuient sur cette Parole du Très Haut : « Ne soyez pas comme ceux qui se sont divisés et se sont querellés après que les évidences leur soient parvenues. » 33 et : « Vous étiez ennemis et Dieu a réconcilié vos cœurs » 34 . Or cet argument est faible car ce qui est entendu ici, c’est la divergence d’opinions et de pensées à propos de la signification des versets coraniques et des principes de la sharī‘a .
Et ce qui est entendu par la réconciliation ( al-ulfa ), c’est l’élimination des ressentiments renfermés dans les cœurs qui sont la cause du désordre qui suscite les controverses. Or la solitude n’a rien à voir avec tout cela.
Les opposants à la solitude s’appuient également sur cette tradition prophétique :
« Le croyant est celui qui fréquente autrui et qui admet qu’on le fréquente. On ne peut rien attendre de bon de celui qui n’entretient pas de relations et ne supporte pas d’être fréquenté. [Les meilleurs des hommes sont ceux qui sont utiles à leurs semblables] » 35
Cet argument est faible car ce à quoi il est fait allusion ici est la réprobation des mauvaises manières ( sū’u al-khuluq ) qui empêchent la fréquentation des gens. Cela ne concerne pas le bon comportement ( husn al-khuluq ) qui incite nécessairement à entretenir des relations avec les gens plutôt que s’occuper de soi et ne rechercher que son salut.
Ils se sont aussi appuyés sur les traditions suivantes :
« Celui qui se sépare de la collectivité d’un empan arrache de son cou le collier de l’Islām. » 36
« Celui qui se sépare de la collectivité meurt comme mourraient les gens de l’ère païenne (al-jāhiliyya) » 37 .
« Celui qui rompt les rangs des musulmans, et ces derniers sont unis, arrache de son cou le collier de l’Islām. » 38
Cet argument aussi est faible car ce qui est entendu ici, ce sont les membres d’une communauté qui se mettent d’accord sur le choix d’un Imam à qui ils prêtent serment d’allégeance ; s’opposer à eux est une turpitude car cela consiste à contredire leur choix. Cela est interdit car les gens ont besoin d’un guide à qui on obéit et qui les rassemble, et cela n’est possible que si la majorité lui prête serment d’allégeance. L’opposition crée des troubles ( tashwīsh ) et cela conduit inévitablement au chaos. Tout ceci n’a donc rien à voir avec la solitude.
Ils se sont aussi appuyés sur l’interdiction du Prophète d’éviter son frère plus de trois jours. En effet, l’Envoyé de Dieu  a dit : « Il n’est pas permis au musulman d’abandonner son frère plus de trois jours, et le premier [des deux] qui cherche à se réconcilier entre au Paradis. » 39
Il a dit aussi : « Celui qui abandonne son frère pendant une année est comme celui qui répand le sang [de son frère] » 40
Ils ont dit : la solitude est l’abandon total de son frère.
Cet argument aussi est faible car ce qui est entendu ici c’est se fâcher contre les gens, ne plus leur adresser la parole, ne plus les saluer ni les fréquenter. Aussi, cela ne comprend pas l’abandon des fréquentations non motivé pas la colère.
Se séparer d’autrui pour une période supérieure à trois jours est licite dans les deux cas suivants : si cette séparation est un bien et est utile pour la personne qu’on évite ; et si on pense que cette séparation est un bien pour soi.
L’interdiction est générale sauf en ces cas spécifiques conformément à cette tradition prophétique rapportée par ‘Aisha (que Dieu soit satisfait d’elle) : « Le Prophète  s’est éloigné de nous durant les mois de Dhū al-Hijja, de Muharram et une partie de Safar ». ‘Umar (que Dieu soit satisfait de lui) a dit : « Le Prophète  s’est éloigné de ses épouses pendant un mois. Il monta se retirer dans une pièce où il resta vingt-neuf jours. Lorsqu’il en descendit, on lui dit : tu y es resté vingt-neuf jours ! Il répondit : certains mois comptent vingt-neuf jours. » 41
‘Aisha (que Dieu soit satisfait d’elle) a rapporté : « Le Prophète  a dit : « Il n’est pas permis au musulman d’abandonner son frère plus de trois jours, sauf s’il n’est pas digne de confiance. » 42
Ceci est un cas particulier et c’est pourquoi al-Hasan [al-Basrī] (que Dieu lui fasse miséricorde) a dit : « Se séparer du sot est un moyen de se rapprocher de Dieu et dure jusqu’à la mort, alors que l’idiotie est incurable. »
On mentionna devant Muhammad b. ‘Umar al-Wāqidī 43 un homme qui s’était séparé d’un autre jusqu’à sa mort. Il dit : « Il s’agit d’une chose que certaines personnes du passé faisaient ! Sa‘d b. Abū Waqqās s’est séparé de ‘Ammār b. Yāsir 44 jusqu’à sa mort, ‘Uthmān b. ‘Affān s’est séparé de ‘Abd al-Rahmān b. ‘Awf 45 , ‘Aisha s’est séparée de Hafsa et Tāwus 46 s’est séparé de Wahb b. Munabbih 47 jusqu’à sa mort. » Et tout cela parce qu’ils voyaient que cette séparation les mettait en sécurité.
Ils se sont aussi appuyés sur l’histoire de l’homme qui s’était retiré sur une montagne pour se dédier à l’adoration et qui a été conduit chez l’Envoyé de Dieu  qui lui a dit : « N’agis pas ainsi, ni aucun d’entre vous. Sachez que la patience de certains d’entre vous dans certaines régions où l’Islam s’est répandu a plus de mérite que quarante ans de culte » Il semble que cette interdiction avait pour cause l’abandon de la guerre sainte par certains, alors qu’elle était fortement encouragée au début de l’ère islamique comme l’indique cette tradition rapportée par Abū Hurayra (que Dieu soit satisfait de lui) : « Alors que nous menions une incursion en compagnie de l’Envoyé de Dieu  , nous traversâmes un col de montagne où nous trouvâmes une source d’eau potable. L’un des hommes dit : je pense m’isoler des gens dans ce lieu mais je ne le ferais qu’après en avoir parlé l’Envoyé de Dieu  . Ce dernier lui dit alors : « Ne le fais surtout pas. La place de chacun de vous pour la Cause de Dieu a plus de valeur que soixante ans de prière chez soi. Ne souhaitez-vous pas que Dieu vous pardonne vos fautes et vous fasse entrer au Paradis ? Combattez pour la Cause de Dieu ! Sachez que Dieu accorde le Paradis à celui qui combat monté sur un chameau. » 48
Ils se sont aussi appuyés sur les propos suivants rapportés par Mu‘ādh b. Jabal :
« Satan est un loup pour les hommes tout comme le loup qui dévore les moutons. Il dévore la brebis isolée, celle qui s’éloigne du troupeau et celle qui est égarée. Prenez garde aux sentiers isolés ! Suivez la voie peuplée et fréquentez la communauté et les mosquées. » 49 Ceci ne concerne que les impubères comme nous le verrons plus loin, et n’est interdit qu’en cas de nécessité.

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