Le livre des vices de la langue
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Description

Cet ouvrage s'inscrit dans l'œuvre magistrale de l'imam al-Ghazâlî, Revivification des Sciences de la Religion. Il constitue le quatrième livre du tome III. S'inscrivant dans la logique des livres de cette section nous décrivant les dangers se dressant sur la voie spirituelle, ce livre précède celui de La colère, ce qui est très symptomatique des risques encourus lorsque la langue n'est plus contrôlée. Un adage dit que bien qu'enfermée derrière deux obstacles protecteurs, la langue réussit à s'échapper pour sévir au détriment de son propriétaire. Dans le même sens une autre sagesse nous apprend que nous maîtres de tout propos retenu alors que nous devenons prisonnier de tout propos exprimé. Selon sa méthodologie habituelle, le Sheikh nous précise et clarifie ici tous les détails se rapportant à cet écueil si souvent négligé.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 24 juin 2015
Nombre de lectures 58
EAN13 9791022500654
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,048€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

!
Les Éditions Albouraq
– Revivification des sciences de la religion –
Imâm Abû Hâmid Al-Ghazâlî
LE LIVRE DES VICES DE LA LANGUE
( Kitâb afât al-lisân )
Ihyâ ‘ulûm al-Dîn Livre IV / IX - Tome III
Traduction et annotations Hassan Boutaleb
INTRODUCTION
Le livre des vices de la langue fait partie de l’avant dernier tome de l’ Ihyā de Ghazālī qui en compte quatre. L’auteur y décrit le mal que peut procurer la langue ainsi que ses causes, en s’appuyant sur le Coran, les traditions prophétiques et la sagesse des anciens.
Cet ouvrage revêt une importance capitale car dans bien des cas, les croyants oublient de se contrôler lorsqu’ils parlent d’autrui ou d’eux-mêmes et risquent ainsi de pécher souvent sans même en être conscients, tout comme ils ignorent ou ne se soucient guère du mal que leur langue peut procurer aux autres.
Ainsi, Ghazālī insiste et nous explique de manière exhaustive quels sont les risques qu’encourt celui dont la langue fourche et fauche, ainsi que les moyens d’en être épargné.
Ce livre précède celui consacré à la colère ( kitāb dham al-gha d āb ) qui complètera certains aspects traités dans le présent livre.
Au Nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux,
Louange à Dieu qui a parfait la création de l’homme et lui a donné une forme harmonieuse ; Il lui a inspiré la lumière de la foi, l’en a orné et embelli. Il lui a enseigné à discerner les choses, lui a accordé préséance [sur les autres créatures] et privilège. Il a inondé son cœur de trésors de connaissances et l’a parachevé ; Il l’a recouvert d’un voile procédant de Sa Miséricorde et l’a abaissé ( asbala ) [ce voile] en guise de protection. Puis, Il l’a assisté en le dotant d’une langue afin qu’elle soit l’interprète de ce que recèlent son cœur et son intellect, pour qu’elle découvre le voile dont Il l’a recouvert ; qu’elle exprime, par la parole, la vérité et prononce avec éloquence sa gratitude pour ce qu’Il lui a accordée et ce dont Il l’a chargée, ainsi que pour la science obtenue et l’aisance de son expression.
Puis, j’atteste qu’il n’y a nulle divinité en dehors de Dieu, le Seul et sans associé, et que Mu h ammad est Son serviteur et Envoyé qu’Il a couvert d’honneur ( akramahu ) et à qui Il a accordé Son estime ( bajjalahu ) ; Son Prophète envoyé avec un Livre qu’Il a révélé, dont Il a exaucé ( asmâ ) le mérite et [à travers lequel, Il a] indiqué clairement les sentiers.
Que Dieu prie sur lui, sur sa Famille et ses Compagnons, car aucun serviteur avant lui n’avait [autant] proclamé la grandeur et l’unicité de Dieu.
Nous disons ensuite :
La langue est une des immenses faveurs accordées par Dieu et l’une de Ses créations les plus subtiles et étonnantes. [Bien que sa dimension soit] réduite, son obéissance est surprenante et ses délits sont énormes, et on ne peut déceler la foi et l’incroyance [de l’individu] qu’à travers le témoignage de la langue. Et il s’agit là des formes les plus éminentes d’obéissance et de désobéissance. Il n’y a aucun existant ( mawjûd ) ni inexistant ( ma ‘ dûm ), créateur ou créature, [chose] imaginée ou connue, supposée ou soupçonnée, dont la langue ne s’occupe et ne se charge d’affirmer ou d’infirmer.
Tout ce dont traite la science - et celle-ci s’occupe de toute chose - est jugé vrai ou faux par la langue. Il s’agit là d’une caractéristique que seule la langue, parmi tous les membres, possède : l’œil n’atteint que les couleurs et les formes, l’oreille que les sons, la main que les corps, et il en est ainsi de tous les autres membres.
La langue exerce [sa fonction] dans un champ très vaste, et son domaine ne connaît ni fin et ni limite. Elle a un vaste territoire dans le bien, et des nuées dans le mal. Celui qui lui accorde pleine liberté, la néglige et lui lâche la bride se voit entraîner par le diable dans tous les domaines ; il est alors conduit au bord d’un précipice et contraint à la perdition ( al-bawâr ). Les gens ne sont précipités sur leur nez en enfer qu’en raison de ce que leurs langues ont semé. Seul celui qui tient solidement les rênes [de la langue] par la Loi révélée est épargné du mal induit par la langue ; il ne les relâche que pour ce qui lui est utile en ce monde et dans l’autre et détourne [sa langue] de tout péril présent ou futur. La connaissance de ce qui est louable ou blâmable à la langue est vague ( ghâmi d ) et précieuse, et sa mise en œuvre, par celui qui la possède, est lourde [à porter] et ardue.
La langue est le membre le plus résistant de l’être humain, elle ne nécessite aucun effort pour son activité et aucune provision ( mu’na ) pour être mise en mouvement. Les créatures n’ont pas suffisamment fait cas des vices et des dangers qu’elle comporte et ne se sont pas prémunies d’en devenir les proies et d’être prises dans ses filets. Or, elle est le plus grand instrument du diable pour séduire ( istighwâ’ ) les hommes.
Nous mentionnerons à présent dans le détail - grâce à Dieu et à Sa parfaite disposition des choses - l’ensemble des vices de la langue. Nous les citerons un par un, ainsi que leurs limites, leurs causes et les dangers qu’ils comportent. Nous indiquerons aussi la voie pour s’en protéger et mentionnerons les traditions prophétiques et les récits qui en condamnent les vices.
Nous commencerons d’abord par citer les vertus du silence que nous ferons suivre par la mention des vices liés au discours qui ne nous concerne pas, au trop parler ( fu d ûl al-kalâm ), à la médisance, à l’hypocrisie et à la polémique [gratuite], à la controverse, des vices du discours âpre en recourant à la volubilité ( tashadduq ) et en s’employant à la prose ( al-saj‘ ), à l’éloquence ( al-fa s â h a ), à la phraséologie et autres modes parmi ceux habituellement utilisés par les orateurs éloquents, puis nous mentionnerons les vices liés aux obscénités, aux injures et au langage trivial ( badhâ’at al-lisân ). Nous évoquerons ensuite les vices de la malédiction ( al-la‘n ) d’un animal, d’un minéral et d’un être humain, puis ceux liés au chant et à la poésie - nous avons déjà évoqué dans le « livre des auditions spirituelles » 1 ce qui est licite et illicite dans le chant et il est donc inutile de le répéter ici - , nous mentionnerons également les vices du badinage, de la raillerie et de la moquerie, puis les vices du dévoilement des secrets, de la fausse promesse, des mensonges et des faux serments, les fausses révélations, la diffamation et la médisance.
Nous mentionnerons ensuite les vices du double langage et de la zizanie, ceux de la louange [des hommes], de la distraction, des fautes et du manque de précision lorsqu’on parle de Dieu, de Ses Attributs et de ce qui est inhérent aux principes de la religion, puis les vices concernant les questions des gens ordinaires à propos des Attributs de Dieu - Puissant et Majestueux - et de la nature de Sa Parole et des lettres : sont-elles éternelles ou créées ? Il s’agit du dernier vice parmi les vingt cités.
Nous demandons à Dieu de nous accorder le bon succès procédant de Sa Grâce et de Sa Générosité.
[Exposition de l’énorme danger lié à la langue et du mérite du silence]
Sache que le danger de la langue est énorme et qu’on ne peut y échapper que par le silence, c’est pour cette raison que la Loi loue le silence et y exhorte.
L’Envoyé de Dieu  a dit : « Celui qui garde le silence est sauf . » 2 Il a dit aussi : « Le silence est un statut ( h ukmun) que peu de gens observent. » 3 C’est-à-dire [que le silence] est sagesse ( h ikma ) et prudente détermination ( h azm ).
‘Abd Allâh b. Sufyân [al-Thaqafî] 4 (que Dieu soit satisfait de lui) rapporte de son père : « J’ai demandé [au Prophète  ] : « Ô Envoyé de Dieu, enseigne-moi une chose de l’Islâm sur laquelle je n’interrogerais personne après toi ? » L’Envoyé de Dieu  répondit : « Dis : ‘Je crois en Dieu’ et sois droit ! » Puis [Sufyân] demanda : « Que dois-je craindre ? » L’Envoyé de Dieu  indiqua alors, du doigt [lit. de sa main], sa langue 5 .
‘Uqba b. ‘Amir 6

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