Le Livre du voyage - Kitâb as-Safar
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Description

Tome II Livre VII, cet ouvrage s’inscrit dans l’œuvre magistrale de l’imam al-Ghazâlî, Revivification des Sciences de la Religion. Est étudié ici le voyage ; ses conditions, ses avantages, ses inconvénients, ses préparatifs et ses dangers. Il passe en revue tous les points doctrinaux et dogmatiques se rattachant au voyage tels les licences et les allègements. Il explique par exemple la possibilité de joindre deux prières, la réduction du nombre des prosternations, l’orientation rituélique ou encore les ablutions pulvérales. Il souligne également les raisons valables pour voyager et met en évidence les faux dévots qui pérégrinent avec les soufis, se font passer pour tels mais ne recherchent que les biens de ce bas monde. La racine du mot arabe signifiant voyage safar comprend aussi les sens de fruits (effets) et dévoilement. Allégoriquement ou non, le voyage est bien le moyen privilégié de la mise à jour comme de l’obtention des fruits de nos efforts.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 28 octobre 2015
Nombre de lectures 22
EAN13 9791022501385
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,028€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

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– Revivification des sciences de la religion –
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Tous droits de reproduction, d’adaptation ou de traduction, par quelque procédé que ce soit, réservés pour tous les pays à l’Éditeur.
1435-2014
EAN 9791022500074
A BÛ H ÂMID
A L -G HAZÂLÎ
LE LIVRE DU VOYAGE
(Kitāb al-safar)
Traduction et notes Hassan Boutaleb
I NTRODUCTION
Le kitâb adâb al-safar , le livre des règles de convenance du voyage, est le septième livre du deuxième tome de la somme spirituelle de l’Imam al-Ghazâlî, La Revivification des sciences de la religion . Dans ce livre, l’auteur traite des différentes sortes de voyage et des provisions matérielles, spirituelles et scientifiques que le voyageur doit faire avant le départ.
En effet, le voyage est une aventure vers l’inconnu et nul ne sait ce qu’il peut rencontrer sur sa route.
Al-Ghazâlî insiste d’abord sur le fait que le voyage doit être licite, c’est-à-dire qu’on ne part pas pour fuir ses parents ou un créditeur par exemple, mais pour chercher des moyens de subsistance et surtout pour quêter la science ( talab al-‘ilm ).
Mais pour entreprendre cette aventure, le voyageur doit d’abord avoir des connaissances sur sa religion. Il doit connaître la direction de La Mecque et les horaires des prières, connaître les licences ( al-rukhas ) et les allégements dont bénéficie le voyageur, comme la possibilité de joindre deux prières ( al-jam‘ ), la réduction du nombre d’unités de prière ( al-qasr ), la possibilité de faire des ablutions sèches ou pulvérales ( al-tayammum ) et autres.
Ghazâlî aborde aussi dans ce bref ouvrage la question des faux dévots, ceux qui veulent apparaître de vrais soufis mais qui n’en sont pas. Il le fait quand il mentionne ceux qui préfèrent vivre seuls pour adorer Dieu. Certains sont sincères mais d’autres ne le font que pour attirer l’attention et pour qu’on les loue. Ces derniers commettent ainsi parfois inconsciemment et involontairement le péché d’orgueil et celui de l’infatuation de soi.
Enfin Ghazâlî nous explique comment parvenir à identifier la qibla à travers différentes méthodes en s’appuyant sur les traditions prophétiques.
Ainsi, ce livre contient plusieurs enseignements et exhortations qui permettent après sa lecture de comprendre et de connaître certains principes de base pour le voyage.
P RÉAMBULE
Au Nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux !
Louange à Dieu qui a ouvert le regard intérieur de Ses saints ( basâ’ir ) aux sagesses ( hikam ) et aux sujets de réflexion ( ‘ibar ) et a tourné leur énergie spirituelle vers la contemplation des merveilles de Sa création dans les villages et durant leurs voyages !
Ils se sont alors réjouis du cours du destin ( majârî al-qadar ) et ont détourné leur cœur de ce qui détend les yeux sauf pour en tirer des leçons, méditer et réfléchir. Ils ont alors considéré de la même manière la terre, la mer, la plaine, le mont, les bédouins et les citadins.
Et que la prière soit sur Muhammad, le seigneur de l’humanité et sur sa Famille et ses Compagnons qui marchent sur ses traces en matière de vertus et de conduite. Et que la paix soit sur eux en abondance !
Nous disons donc :
Le voyage ( al-safar ) est un moyen de se débarrasser de ce que l’on fuit ou d’arriver à ce qui est recherché et souhaité.
Il y a deux sortes de voyage : le voyage physique apparent du lieu de résidence et de son pays vers les déserts et les contrées lointaines ; et le voyage par le mouvement du cœur ( sayr al-qalb ) du degré le plus bas ( asfal al-sâfilîn ) au royaume des cieux ( malakût al-samawât ). Le plus noble des deux est le voyage intérieur ( al-safar al-bâtin ).
Celui dont la condition à la naissance n’évolue pas avec le temps et qui ne modifie rien aux coutumes héritées de son père et de ses ancêtres, s’habitue à l’imperfection, est satisfait de ses défauts et échange d’amples espaces et « un jardin aussi vaste que les cieux et la terre » 1 contre l’obscurité de la geôle et l’angoisse de l’emprisonnement.
Le poète a raison quand il dit :

Je ne trouve pas dans les défauts des gens,
Une imperfection plus grande que celle de ceux qui peuvent atteindre la perfection [mais ne le font pas].
Dès lors que ce voyage est sujet à des assauts et comporte des risques, [celui qui l’entreprend] ne peut se passer de guide ( dalîl ) et de garde ( khafîr ). Les voyageurs qui se contentent d’une petite part plutôt que du lot suprême ( al-haz al-jazîl ) contribuent [inconsciemment] à la disparition de la voie. Les compagnons [de chemin] se font rares et ceux qui circulent ( al-tâ’ifîn ) se sont vus privés de ce qui élève les âmes, du royaume [des cieux] et des horizons ( al-afâq ) et c’est à cela que Dieu le Très Haut appelle en disant : « Nous leur montrerons Nos signes dans les horizons et en eux-mêmes » 2 , et : « Il y a sur terre des signes pour ceux qui ont une foi inébranlable (al-mûqinîn) ; ainsi qu’en vous-mêmes. Ne voyez-vous donc pas ? » 3
Dieu réprouve l’attitude de ceux qui renoncent à ce voyage, en disant : « Et vous passez certainement auprès d’eux le matin et la nuit. Ne raisonnez-vous donc pas ? » 4 et : « dans les cieux et sur la terre, que de signes auprès desquels les gens passent, en s’en détournant ! » 5
Celui qui est assisté dans ce voyage, ne cesse de cheminer et de se promener à travers « un jardin aussi vaste que les cieux et la terre » 6 sans que son corps ne se déplace et sans changer de résidence.
Il s’agit d’un voyage où les sources ( al-manâhil ) ne tarissent jamais et les ressources ( al-mawârid ) ne s’épuisent pas, et où les foules et les arrivées successives ne procurent aucun tort. Au contraire, plus le nombre de voyageurs augmente et plus les butins ( al-ghanâ’im ) abondent ; les fruits et les avantages ne cessent de se multiplier. Ses butins sont pérennes et ne sont pas interdits, et ses fruits augmentent constamment et sans interruption, sauf si le voyageur se lasse ou cesse son mouvement : « Dieu ne modifie point l’état d’un peuple tant que les [individus qui le composent] ne modifient pas ce qui est en eux-mêmes. » 7 et « lorsqu’ils dévièrent, Dieu fit dévier leurs cœurs » 8 , « Dieu ne fait point de tort aux serviteurs » 9 « mais ils se font du mal à eux-mêmes » 10
Ceux qui ne sont pas qualifiés pour accomplir ce voyage ni pour se promener dans ce jardin, il se peut qu’ils aient voyagé longtemps avec leur corps et parcouru des distances déterminées pour négocier quelque chose de ce monde ou faire des provisions pour la vie future. Celui [qui voyage] pour la science, la religion ou pour ce qui lui sera utile à sa foi, fait partie de ceux qui voyagent sur la Voie qui conduit à l’au-delà.
Cette voie comporte des conditions et des règles de convenance ; et si celui qui entend la parcourir les néglige, il ne serait alors qu’un simple matérialiste et un suppôt du diable. En revanche s’il respecte ces conditions, son voyage ne sera pas sans avantages.
Nous exposerons donc les règles et les conditions du voyage dans deux chapitres si Dieu (exalté soit-Il) le veut !
Chapitre 1 : les règles à respecter avant, pendant et de retour de voyage, ainsi que l’intention à formuler pour le voyage et ses avantages. Ce chapitre contient deux sections.
Chapitre 2 : ce que le voyageur doit savoir comme les licences ( al-rukhas ), l’orientation de La Mecque et les temps des prières ( al-awqât ).
C HAPITRE I
L ES RÈGLES À RESPECTER AVANT, PENDANT ET DE RETOUR DE VOYAGE, AINSI QUE L’INTENTION À FORMULER POUR LE VOYAGE ET SES AVANTAGES .
A. A VANTAGES, MÉRITE ET INTENTION DU VOYAGE
Sache que le voyage implique mouvement et fréquentation, et comporte des avantages et des inconvénients comme nous l’avons dit auparavant dans le Livre des bons rapports, de la fraternité, du compagnonnage et de la convivialité avec les diverses sortes de créatures 11 , et dans le Livre de la vie retirée 12 .
Ce qui incite au voyage est soit fuir [une situation] ou une personne soit partir en quête de quelque chose. Dans le premier cas, si l’individu n’est pas importuné là où il réside, il n’a pas de raison de voyager ; en revanche, il part en voyage quand il a un objectif ou recherche quelque chose.
Ce que l’on fuit ( al-mahrûb ‘anhu ) concerne soit une chose de ce monde, comme la peste ( al-tâ‘ûn ) ou une épidémie mortelle ( wabâ’ ) qui se répand dans une ville, la peur d’une division, d’une dispute ou de l’augmentation de la vie. Ceci peut être d’ordre général, comme [ce que nous venons de] mentionné, ou privé comme c’est le cas de celui qui fuit une ville de peur qu’on lui fasse du mal ; ou encore le cas de celui qui craint pour sa religion et qui fuit le prestige, les honneurs, l’argent et les causes qui l’empêchent de se consacrer à Dieu. Ce dernier préfère alors l’exil ( al-ghurba ) et l’anonymat ( al-khumûl ) à la richesse et au prestige. C’est aussi le cas de celui qu’on appelle et qu’on contraint à soutenir une innovation ou à occuper une fonction dont l’exercice est illicite et qui tente de fuir.
Quant à ce qui recherché, cela peut être d’ordre matériel, comme l’argent et le prestige, ou religieux telles la science et l’action.
Les sciences que l’on cherche à acquérir sont soit celles qui concernent la religion soit celles qui permettent de connaître les traits de caractère et les qualités de l’âme, à travers l’expérience, ou encore [les voyages qui permettent] la connaissance des signes ( âyât ) et des merveilles ( ‘ajâ’ib ) de la terre comme les voyages d’Alexandre le Grand ( dhû al-qarnayn ) 13 autour du monde.
Quant à l’action, il s’agit soit d’actes d’adoration soit d’une visite. Les actes d’adoration sont le pèlerinage ( al-hajj ), la visite aux Lieux Saints de l’Islam ( al-‘umra ) et la guerre sainte ( al-jihâd ). Les visites sont aussi des actes pour se rapprocher de Dieu ( al-qurubât ) comme la visite de La Mecque, de Médine et de Jérusalem. Il en est de même des visites des petits villages où demeurent des saints et des savants. Si ces derniers sont morts, on visitera leur tombe et s’ils sont encore en vie on cherchera leur bénédiction en leur rendant visite ; l’observation de leurs états permet aussi de tirer un grand profit et incite à les imiter.
Voici donc les différents types de voyage qui se divisent à leur tour en différentes catégories.
[La première catégorie] Le voyage en quête de la science
Il s’agit soit d’un voyage obligatoire ( wâjib ) soit volontaire ( nafal ), selon que la science est obligatoire ou facultative.
Cette science peut concerner les matières religieuses, le comportement de l’individu ou la découverte des signes de Dieu sur terre.
L’Envoyé de Dieu a dit : « Celui qui sort de chez lui à la recherche de la science est sur la Voie de Dieu jusqu’à son retour. » 14
Il a dit aussi : « À celui qui parcourt une voie pour acquérir une science, Dieu lui rend accessible une voie qui conduit au paradis. » 15
Sa ‘îd b. al-Musayyab 16 partait en voyage pendant plusieurs jours pour acquérir une seule tradition prophétique ( hadîth ).
Al-Shu‘bî 17 a dit : Celui qui voyage de Syrie jusqu’au fin fond du Yémen pour une seule parole qui le conduirait sur la bonne voie ou l’écarterait de ce qui est méprisable, n’aura pas voyagé en vain. »
Jâbir b. ‘Abd Allâh 18 (que Dieu soit satisfait de lui) partit de Médine pour l’Égypte avec dix Compagnons. Ils voyagèrent pendant un mois pour une tradition prophétique rapportée par ‘Abd Allâh b. Anîs al-Ansarî 19 . Ils firent ce long voyage [et ne revinrent] qu’après l’avoir entendu 20 . Tout ce qui a trait à la science doit être recherché, et depuis l’époque des Compagnons du Prophète (que Dieu soit satisfait d’eux) jusqu’à nos jours, la science a toujours été acquise à travers les voyages.
La connaissance de soi et de ses traits de caractère ( al-akhlâq ) est aussi importante car la voie de l’au-delà ne peut être suivie qu’en améliorant et en éduquant son caractère.
Celui qui ne connaît pas les secrets de sa nature intime et ses mauvaises qualités ne peut pas en purifier son cœur. Le voyage est ce qui permet de découvrir les caractères des gens et c’est par lui que Dieu dévoile ce qu’Il a dissimulé dans les cieux et sur terre. Le voyage a été appelé « safar » car il dévoile ( yusfir ) les caractères.
Voilà pourquoi [le Calife] ‘Umar b. al-Khattâb (que Dieu soit satisfait de lui) a dit à celui qui se portait garant de l’intégrité d’un témoin : « as-tu été son compagnon dans un voyage où l’on peut voir le bon caractère ? » L’homme répondit : « Non ! » ‘Umar lui dit alors : « je constate que tu ne le connais pas. »
Bishr 21 disait : « Ô vous les lecteurs [du Coran] ( al-qurrâ’ ) ! Voyagez et vous serez encore meilleurs ! L’eau qui coule devient pure et celle qui stagne s’altère. »
De manière générale, l’individu qui [ne se déplace pas et qui] demeure dans son pays ne se rend pas compte de ses défauts auxquels il est habitué ; mais s’il endure les épreuves du voyage, s’éloigne de ses habitudes et se soumet aux difficultés qu’on rencontre quand on s’exile, alors ses défauts lui sont dévoilés et il peut alors les soigner.
Nous avons mentionné dans le livre de la vie retirée les avantages de la fréquentation, or le voyage est fréquentation à laquelle s’ajoutent les préoccupations et les difficultés endurées [durant le voyage].
Pour ce qui est des signes de Dieu sur Sa terre, il y a dans leur vision des avantages pour celui qui les regarde. Parmi ces signes, il y a les terres voisines, les montagnes, les campagnes, les mers, les différentes sortes d’animaux et de plantes ; et tout ce qui s’y trouve témoigne de l’unicité ( al-wahdâniyya ) de Dieu et Le glorifie dans un langage que ne comprend que celui « qui prête l’oreille et qui est témoin » 22
Quant à ceux qui nient [les signes de Dieu], les insouciants et ceux qui s’émerveillent des parures brillantes et trompeuses ( sarâb ) de ce monde, ils n’entendent pas [la glorification des autres créatures de Dieu] car ils sont empêchés d’entendre et sont voilés aux signes de leur Seigneur : « Ils connaissent le coté apparent de la vie de ce monde, mais ils sont insouciants à la vie future. » 23
L’ouïe à laquelle nous faisons allusion ici n’est pas celle extérieure, car ceux qui sont concernés ici ne sont pas empêchés d’entendre. Non, ce que nous entendons ici, c’est l’ouïe intérieure ( al-sam‘ al-bâtin ), car ce que l’ouïe extérieure peut percevoir, ce sont [les sons et] les voix, sens commun à l’homme et aux animaux. Quant à l’ouïe intérieure, elle perçoit la langue de l’état ( lisân al-hâl ) qui se trouve derrière le son et les voix comme dans l’histoire du mur et du pilier suivante :
Le mur dit au pilier : « pourquoi me fissures-tu ? » le pilier : « demandes-en la raison à celui qui me cogne et qui ne laisse ni moi ni les pierres qui sont derrière moi en paix ? »
Il n’y a pas un atome dans les cieux et sur terre qui n’est une formule de témoignage de l’unicité de Dieu par laquelle il proclame Son unité ; une formule de glorification ( tasbîh ) par laquelle il glorifie son Créateur, mais [les sourds intérieurement] n’en saisissent pas le sens 24 car ils ne voyagent pas de l’étroitesse de l’ouïe extérieure à l’espace [immense] de l’ouïe intérieure, et des paroles creuses ( rakâka ) au discours éloquent ( fasâha ) de l’état.
Si toute personne incapable était en mesure d’accomplir ce type de voyage, Salomon (que la paix soit sur lui) n’aurait alors pas été le seul à comprendre le langage des oiseaux ( mantiq al-tayr ) 25 ! Et Moïse (que la paix soit sur lui) n’aurait pas non plus eu la particularité 26 d’écouter la Parole de Dieu (exalté soit-Il) qui transcende les lettres et les sons.
Celui qui voyage pour découvrir les témoignages de ces Écrits divins en les choses créées et les supports physiques n’a pas à faire un long voyage physique, il doit plutôt demeurer sur place et vider son cœur [de tout] pour pouvoir écouter les diverses mélodies de glorification ( naghamât al-tasbîhât ) chantées par chaque atome. Il n’a pas à errer dans les déserts alors que les richesses [qu’il recherche] sont dans le royaume des cieux : « Le soleil, la lune et les étoiles sont soumis à Son commandement » 27 voyagent plusieurs fois par mois et par an vers le regard de celui qui observe. Bien plus, ils sont en mouvement permanent.
Il est surprenant que l’individu circule dans l’une des mosquées alors qu’on a donné l’ordre à la Ka‘ba de tourner autour de lui !
Il est surprenant aussi qu’il circule dans les régions du monde, alors que les régions célestes tournent autour de lui !
Tant que l’individu éprouve le besoin de voir le monde du royaume et visible ( ‘âlam al-mulk wa al-shahâda ) avec son œil physique, il demeure alors à la première des stations [que parcourt] ceux qui se dirigent vers Dieu et voyagent vers Sa présence.

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