Le Martyre un soulèvement et un témoignage
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Description

Il m’est aujourd’hui difficile de parler au sujet du martyre, car ce jour commémore le martyre de l’Imam al-Hussein. Beaucoup de chosesont été écrites et dites et continuent à être écrites et dites au sujet de l’Imam al-Hussein et du rôle qu’il a joué dans l’histoire. Les anciensl’ont décrit d’une façon et les nouveaux intellectuels d’une autre façon. Mais j’ai récemment réalisé que nous ne pouvions savoir ce quel’Imam al-Hussein a fait sans comprendre exactement ce que signifie le martyre.

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Publié par
Nombre de lectures 3
EAN13 9782841613984
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,04€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

!
Les Éditions Albouraq
– L’islam autrement –
Nous présenterons dans cette collection « l’islam autrement », plusieurs textes du Martyre, Docteur Ali Shariati.
En réalité, ces textes sont le fruit de conférences transcrites, que le docteur Shariati donnait.
Il se peut donc que le lecteur puisse ressentir parfois un style familier.
Le lecteur notera aussi la diversité et la multitude de concepts et d’auteurs (philosophes, artistes, poètes, écrivains, scientifiques…) auxquels Ali Shariati se réfère tout au long de ses conférences.
Il nous paraît important de préciser que ces conférences étaient destinées à un public étudiant, donc relativement jeune. Il n’est pas excessif d’affirmer que le docteur Shariati joua un rôle essentiel dans la réconciliation de la jeunesse avec la religion.
Nous avons volontairement voulu préserver ces aspects diversifiés et denses car ils correspondent parfaitement à la personnalité de notre auteur. Une personnalité engagée, impliquée dans la société et totalement dévouée à la réflexion.
L’éditeur
© Dar Albouraq, 2010
Distribué par :
Albouraq Diffusion Distribution
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77330 Ozoir-la-Ferrière
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Site Web : www.orient-lib.com
E-mail : orient-lib@orient-lib.com
Librairie Albouraq
91, rue Jean-Pierre Timbaud
75011 Paris
Tel : 01 48 05 04 27
Fax : 09 70 62 89 94
E-mail : librairie11@albouraq.com
Site Web : www.albouraq.com
Tous droits de reproduction, d’adaptation ou de traduction, par quelque procédé que ce soit, réservés pour tous les pays à l’Éditeur.
1431-2010
ISBN 978-2-84161-398-4 // EAN 9782841613984
Le Martyre
Un soulevement et un témoignage
« Al chahada »
Ali Shariati
Traduit de l’arabe par
Ali Thabet
Du même auteur, chez le même éditeur :
- Connaître l’islam
- Fatima est fatima
- Construire l’identité révolutionnaire
- Le martyre
- Muhammad  , de l’Hégire à la mort
- L’oumma et l’Imamat
- Le chiisme, une responsabilité
- Les caractéristiques de Muhammad 
- La responsabilité de l’intellectuel
- La responsabilité de la femme
- Retour à soi
Les propos de l’imam Khamenei 1 au sujet de Shariati
Je voudrais vous parler ici de quelque chose qui s’est passé en 1347/1969, c’est-à-dire au cours de la dernière année de la vie de Jalal Al Ahmad 2 , quand ce dernier est venu à Machhad 3 . Nous nous sommes alors réunis en présence du docteur Ali Shariati et d’un certain nombre d’amis. Lorsque la conversation en est venue aux oulémas 4 , le regretté Al Ahmad s’est tourné vers Ali Shariati et lui a demandé pourquoi il critiquait les Hawza 5 avec force plutôt que de s’attaquer aux intellectuels.
La réponse du docteur Shariati nous donne une indication sur la manière dont il distinguait les « gens de spiritualité » en tant qu’ils incarnent une certaine position et une certaine situation, et les « gens de spiritualité » en tant qu’ oulémas . Il dit : « La raison pour laquelle je critique les hawza avec insistance est que nous attendons beaucoup d’elles, alors que nous n’attendons pas grand-chose de notre élite intellectuelle qui a grandi dans le giron de la culture occidentale. La hawza est le roc solide dont nous espérons voir sortir beaucoup de choses. Ce n’est que lorsqu’elle ne remplit pas sa fonction que nous la critiquons ».
Je peux dire sans hésiter que Shariati incarne une certaine étape, mais dans un sens bien précis : il a réussi à diffuser de nouvelles idées au sein de la société par l’intermédiaire d’un langage clair et de l’autorité qu’il avait sur la culture et la jeunesse de son époque.
Cela veut dire que Shariati n’avait pas un don en particulier mais qu’il en avait beaucoup quand il s’agissait d’aborder des questions contemporaines, et c’est cela que je veux signifier quand je dis que Shariati représente une étape importante.
Le second aspect qu’il faut aborder, quand on parle de Shariati, concerne les questions qu’il a posées à partir de sa conception de la culture islamique et qu’il faut replacer dans le cadre des fondements philosophiques et cosmologiques de l’Islam.
L’œuvre de reconstruction en question doit donner naissance à une nouvelle étape, qui sera bénéfique pour notre génération. En d’autres termes, ce dont nous avons besoin aujourd’hui c’est de lire Shariati en même temps que Motahari 6 .
Ce qui émerge de ce recoupement entre la beauté des idées de Shariati et la maîtrise de la pensée islamique par Motahari, c’est précisément ce dont notre génération actuelle a besoin.
Ce qui fait de Shariati un précurseur, c’est sa capacité extraordinaire à reformuler l’Islam dans un langage moderne qui s’accorde avec la génération de son temps. Si plusieurs l’ont précédé dans cette voie, aucun n’a connu le succès qui a été le sien 7 .
L E MARTYRE
Il m’est aujourd’hui difficile de parler au sujet du martyre, car ce jour marque l’anniversaire des shiites du martyre de l’Imam al-Hussein  .
Beaucoup de choses ont été écrites et dites et beaucoup continue à être écrit et dit au sujet de l’Imam al-Hussein et du rôle qu’il a joué dans l’histoire. Les anciens l’ont décrit d’une façon et les nouveaux intellectuels d’une autre façon. Mais j’ai récemment réalisé que nous ne pouvions savoir ce que l’Imam al-Hussein a fait sans comprendre exactement ce que signifie le martyre.
La grandeur de Hussein ajoutée aux avis individualistes à son sujet ont occasionné ce qui est plus grand que Hussein lui-même, dissimulé par l’éclat de son charisme. Ce qui est plus grand que Hussein est ce pour quoi Hussein s’était sacrifié. Nous avons toujours parlé de Hussein, mais nous avons rarement parlé de l’objectif pour lequel Hussein a sacrifié sa personne avec tant de générosité.
Aujourd’hui, j’ai l’intention de parler du concept du sacrifice que Hussein et les personnes semblables ont fait et de la grandeur de tels sacrifices de soi dans l’histoire de l’humanité et de notre religion.
C’est alors qu’en la présence des gens, des êtres créés et du Créateur, j’aimerais citer cette idée et dire quelque chose concernant sa signification comme cela a été démontré par la somme totale de leurs vies et de leurs morts, cette idée appelée « martyre ».
C’est une tâche difficile. Pour commencer, ma connaissance et ma capacité intellectuelle ne me permettent pas d’accomplir une fonction d’une telle difficulté. L’exemple contradictoire de ce sujet qui suit (au moins à l’égard de ma personne) rend ma position encore plus difficile.
D’une part, je dois présenter le martyre d’un point de vue intellectuel, scientifique et philosophique. Je peux n’utiliser que ma tête. Seules la science et la logique peuvent m’assister.
D’autre part, l’histoire du martyre et ce que le martyre implique est si sensible, tellement passionnante qu’elle tire l’esprit vers le feu. Elle paralyse la logique. Elle affaiblit le discours. Elle rend même la réflexion difficile. Le martyre est un mélange d’amour purifié et d’une sagesse profonde et complexe. On ne peut exprimer ces deux à la fois, et on ne peut alors leur rendre justice.
En particulier pour une personne comme moi, qui est émotionnellement et spirituellement faible, la difficulté n’en est qu’accrue. Mais j’essaierai de faire de mon mieux et j’espère réussir à transmettre certaines des idées que je souhaiterais exprimer.
Afin de comprendre le sens du martyre, l’école idéologique de laquelle il prend son sens, son expression et sa valeur doivent être clarifiées.
Dans les langues européennes et occidentales, un martyr est une personne qui choisit la « mort » dans la défense de ses croyances contre l’ennemi, et pour qui la seule voie est de mourir. Mais les termes « martyre : soulèvement et témoignage », qui existent dans la culture islamique pour exprimer ou nommer celui qui a choisi la « mort », ont un sens très différent de celui du terme occidental « martyre ». Ceci montre les différences entre les rites islamiques et les rites non-islamiques.
Dans les pays européens, le terme « martyr » est issu de « mortel », qui suggère la mort. Cependant, un des principes basiques en islam et en particulier dans la culture shiite est « le sacrifice et le témoignage ». Par conséquence, au lieu du martyre dans le sens de mort, il signifie essentiellement « vie », « preuve », « témoignage », « déclaration ». Ces termes « martyre » et « témoignage » indiquent les différences qui existent entre la vision de la culture islamique shiite et celle des autres cultures du monde.
Son école de pensée
Afin de comprendre le concept de martyre, nous devons l’étudier dans le contexte de l’école de pensée et d’action sur laquelle il est basé, et dans l’école de pensée de laquelle Hussein est la manifestation par excellence. Dans le mouvement et le combat de l’histoire de l’humanité, Hussein est le porte-étendard de ce combat, et Karbala, un champ de bataille parmi d’autres, est le seul lien unifiant les divers fronts, les diverses générations et les divers âges, à travers l’histoire, depuis le commencement jusqu’à présent, et qui se déverse dans le futur.
Le sens de Hussein devient clair lorsque nous comprenons sa relation avec ce flot de mouvements dont nous avons parlé dans de précédentes conférences, qui commence historiquement avec Abraham. Ce sens doit être clarifié et la révolution de Hussein doit être interprétée. Considérer Hussein et la bataille de Karbala comme étant isolés des circonstances historiques et sociales nous forcerait, comme cela est en effet le cas pour beaucoup d’entre nous, à voir l’homme et l’événement purement comme un malheur, si ce n’est comme un fait tragique du passé et une chose pour laquelle nous ne faisons que pleurer (et pour laquelle nous continuons certainement à pleurer), plutôt que de le voir comme un éminent phénomène éternel. Séparer Karbala et Hussein de leur contexte historique et idéologique revient à découper un corps en vie, à n’en retirer qu’une partie et à l’examiner sans prendre en compte le système de vie du corps.
Deux classes de prophètes
Comme je l’ai mentionné dans mes précédentes conférences, à travers l’entière histoire de l’humanité, les mouvements religieux, qu’ils soient liés au contenu des religions et à la conduite des prophètes et de leurs fondateurs ou aux relations de classe sociale des leaders de la religion et ce à quoi ils appellent les gens, sont divisés en deux classes. Selon cette classification, tous les prophètes historiques, qu’ils soient vrais ou faux, ainsi que toute personne qui a commencé un mouvement religieux, sont divisés en deux classes différentes.
Le premier groupe appartient à la chaîne religieuse fondée par Abraham. Cette chaîne de prophètes, du point de vue historique, est celle qui nous est le plus proche et par conséquent, celle que nous connaissons le mieux. Elle comporte les prophètes dont le regard sur la société s’élève de la classe sociale et économique la plus dépossédée. Comme Muhammad a dit, tous ces prophètes étaient soit des bergers, comme l’histoire nous montre qu’ils s’occupaient de moutons, soit de simples artisans ou travailleurs affamés.
Ces prophètes se tiennent en contraste avec les messagers d’autres groupes ou les fondateurs d’écoles de pensée intellectuelles et morales comme celles que l’on trouve en Chine, en Inde, en Iran, et avec les fondateurs des écoles scientifiques et éthiques d’Athènes. Ce dernier groupe, sans une seule exception, était composé d’aristocrates. Ils provenaient des classes nobles, puissantes et aisées de leur société.
A travers l’histoire, les puissants dirigeants de la société font partie d’un de ces trois groupes : les puissants, les riches et le clergé. Ils ont exercé un pouvoir politique et économique entre eux et un contrôle de la foi des gens. Ils ont coopéré entre eux pour gouverner les gens. Leur collaboration, qu’ils partagent ou non les mêmes avis, se faisait dans le but de diriger les gens, pour les gens.
Tous les messagers non-abrahamiques, de l’Inde et la Chine jusqu’à Athènes, étaient reliés à des empereurs, des hommes du clergé et des aristocrates, de par leur mère ou de par leur père, ou des deux. Ceci est vrai pour Confucius, Lao-Tseu, Bouddha, Zoroastre, Mani, Mazdak, Socrate, Platon et Aristote. Alors que le Coran souligne : { Nous avons envoyé un messager de chez vous } 8 . Les prophètes abrahamiques étaient des gens ordinaires, provenant des masses et de la communauté.
Cela ne signifie pas qu’ils n’avaient pas de dimension angélique ou qu’ils ne disposaient par de pouvoirs absolus et qu’ils étaient seulement des êtres humains. Cela signifie qu’ils ont été désignés d’entre la masse de gens ordinaires plutôt que d’une relation à une classe spéciale, noble et sélective de la société.
Certaines personnes croient qu’en raison du fait que le prophète de l’islam provînt des Arabes, il devait parler arabe, ou que Moïse, qui a été envoyé au peuple juif, devait parler hébreu. Il est évident qu’un prophète désigné d’entre les Arabes ne peut parler une langue autre que l’arabe.
L’élément important est de parler la langue des gens ordinaires, ce qui signifie de parler la langue et l’emploi des expressions que la masse de cette communauté comprend. Afin de parler de leurs besoins ou de leurs soucis dans une langue qui leur est compréhensible, ils doivent utiliser une langue et des expressions avec lesquels les gens sont familiers, non pas comme les philosophes, les poètes, les intellectuels, les érudits et les gens éduqués. Mais ils ne comprennent ni les pensées ni les émotions des gens ordinaires, et ils ne comprennent pas leur langue. On peut remarquer cela partout. Lorsque nous parlons des prophètes abrahamiques, nous parlons des gens, car la mission de ces prophètes diffère de celle des autres.
La mission des messagers non-abrahamiques est toujours liée à la structure de l’autorité existante, afin que l’autorité soutienne les idées de ces messagers. Les prophètes abrahamiques, d’autre part, ont toujours été soutenus par les gens ordinaires contre les puissants dirigeants de leur époque.
Prenons l’exemple d’Abraham. Dès que Dieu l’a désigné, il a utilisé sa massue pour détruire les idoles. Moïse a pris son bâton de berger et a pris l’assaut du palais de Pharaon. Il a fait tomber le puissant et riche Crésus, l’a enterré sous terre et a noyé Pharaon dans la mer. Et le prophète de l’islam est d’abord passé par une étape de développement individuel, puis il a commencé son combat spirituel.

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