Les nobles traits du Prophète MUHAMMAD
59 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Les nobles traits du Prophète MUHAMMAD

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
59 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Description

Abrégé du livre des caractères et vertus du Prophète, Tirmidhî nous livre ici une approche novatrice pour l'époque, celle d'une description détaillée des traits extérieurs et des caractères et vertus intérieures du Prophète. Modèle par excellence des aspirants à Dieu, la connaissance du Prophète sous tous ses traits est une discipline très instructive. C'est aussi la réunion d'un ensemble de hadith par thème qui peuvent encore être complétés par les informations relevant du même domaine présentes chez les grands compilateurs et les divers biographes. Décrit par le Coran comme doué de traits et caractères sublimes, c'est ici l'occasion de s'en rendre compte et de percevoir le Prophète dans sa réalité et non à travers les fantasmes de certains.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 octobre 2016
Nombre de lectures 283
EAN13 9791022501897
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,036€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Les Éditions Albouraq
– Barakât Muhammad –
© Dar Albouraq
Diffusion :
LA SODDIL
 
16, Boulevard Saint Germain
75005 Paris
Tél. : 01 60 34 34 30
Fax : 01 60 34 35 63
E-mail : soddil@soddil.com
Site Web : www.soddil.com  
Distribution :
LA SOFIADIS
Zone Industrielle
7, rue Henri François
77330 Ozoir-la-Ferrière
Tél. : 01 60 34 37 50
Fax : 01 60 34 35 63
E-mail : commandes@sofiadis.fr
Site Web : www.sofiadis.fr
Comptoirs de ventes :
Librairie de l’Orient
18, rue des Fossés Saint Bernard
75005 Paris
Tél. : 01 40 51 85 33
Fax : 01 40 46 06 46
Face à l’Institut du Monde Arabe
Site Web : www.orient-lib.com
E-mail : orient-lib@orient-lib.com  
Librairie Albouraq
91, rue Jean-Pierre Timbaud
75011 Paris
Tel : 01 48 05 04 27
Fax : 09 70 62 89 94
E-mail : librairie11@albouraq.com
Site Web : www.albouraq.com
Tous droits de reproduction, d’adaptation ou de traduction par quelque procédé que ce soit, sont réservés pour tous les pays à l’Éditeur.
1436-2015
ISBN : 979-10-2250048-7 – EAN : 9791022500487
TRADUIT DE L ’ ARABE PAR
IDRIS DE V OS
INTRODUCTION

Que ces prières, Élu, qui du Très-Haut te viennent,
Demeurent par Son vœu et par le tien pérennes ;
Puis qu’un salut de Dieu, à ta digne mesure,
Ne cesse de perler sur toi depuis l’azur. 1
Ce petit recueil de traditions prophétiques de l’imam al-Tirmidhî, connu en arabe sous le nom d’« Al-Shamâ’il Al-Muhammadiya », rassemble des hadiths relatifs à la description physique et morale du Prophète, ainsi qu’aux usages de celui-ci. Il est particulièrement destiné aux étudiants en islamologie, et aux chercheurs de tous horizons curieux de consulter les sources les plus anciennes de l’islam. Plus largement, le public non averti y trouvera une ébauche de description de la personnalité de Muhammad Ibn ‘Abd Allah, lequel demeure la référence ultime des musulmans. Nous avons tenu à traduire ce livre à la suite de la biographie du Prophète intitulé Le Nectar cacheté , car il y apportait un complément intéressant, d’autant que cette biographie s’attarde longuement sur les batailles et passe d’autant sous silence les temps de paix et les longues périodes de la vie du Prophète consacrés à l’enseignement.
L’ouvrage est un abrégé des Shamâ’il , commenté par le savant et juriste malékite, `Abd Al-Majîd Al-Sharnûbî, mort en 1929.
Je n’ai moi-même retenu que les commentaires pertinents pour le public francophone, ajoutant les annotations que j’ai jugé utiles. J’ai également changé l’ordre des chapitres pour leur donner un enchainement plus cohérent et les classer dans des catégories distinctes.
Je ferais remarquer ici qu’un grand nombre de chapitres ne permettent pas de se faire une idée claire de la description abordée. L’étudiant trouvera d’autres informations chez Al-Bukharî, Muslim, les autres compilateurs de hadith, ainsi que chez les divers biographes. À cet effet, j’espère pouvoir par la suite compléter cet ouvrage par de nombreuses autres traductions, afin de donner au public davantage de matière à sa recherche ou à sa découverte.
J’ai relevé en leur lieu quelques difficultés linguistiques. Les commentateurs, qui puisent tous aux mêmes sources, n’apportent malheureusement pas toujours une aide suffisante pour démêler l’écheveau des textes. C’est le cas notamment du chapitre des vêtements du Prophète, où l’imprécision est criante.
J’espère néanmoins avoir contribué à rendre l’essentiel clair, ou du moins, à ouvrir une voie de recherche, là où une étude plus approfondie sera nécessaire.
Idrîs de Vos

1 . Alfiyya de l’imam Al-Nabahânî. Cf : Éloges du Prophète , Idrîs de Vos, Ed. Sindbad, Actes Sud.
INTRODUCTION DE L’IMAM AL-SHARNÛBÎ
Louange à Dieu qui a gratifié son bien-aimé et son élu des plus sublimes vertus. Puisse la grâce et le salut se répandre sur celui que le Très-Haut a choisi pour être le plus proche des intermédiaires vers Sa Présence, notre souverain maître Muhammad, lui que le Saint Livre décrit en ces termes « Tu jouis d’une insigne complexion. » Et puisse cette grâce et ce salut se répandre également sur sa très distinguée famille, ainsi que sur ses compagnons, ces pleines lunes illuminant le ciel.
‘Abd Al-Majîd Al-Sharnûbî, imam d’Al-Azhar, cet indigent, aspirant à son divin Maître Possesseur des richesses infinies, déclare :
Comme la connaissance des hauts traits du bien-aimé et une des plus excellentes manières de se rapprocher du Seigneur, Lui à qui rien du monde invisible n’échappe, et comme le livre Les nobles traits prophétiques de Hâfiz Al-Tirmidhî est un des plus beaux ouvrages composés à ce sujet. Son suave parfum couvre déjà l’humanité, il m’a semblé opportun d’en faire un résumé omettant les chaines de garants et ne mentionnant que le rapporteur direct des faits, étant entendu que c’est la parole de celui-ci à laquelle on se réfère ultimement. J’ai également cru bon de supprimer les hadiths semblables et les redites pour alléger le texte des répétitions inutiles. Cela permettra de rendre celui-ci plus accessible aux étudiants. J’ai également fait quelques légers changements [dans la disposition] des chapitres.
Puisse Dieu m’avoir accordé le concours de Sa gracieuse providence, afin que, par le très insigne honneur du plus grand des prophètes, nous ayons suivi une voie juste en cette tâche.
DE SES VERTUS

D E SON HUMILITÉ
‘Umar Ibn Al-Khattâb rapporte que l’Envoyé de Dieu – grâce et salut lui soient accordés – a dit : « Ne me glorifiez pas excessivement comme l’ont fait les chrétiens avec le fils de Marie. Je ne suis qu’un serviteur. Dites de moi que je suis le Serviteur et l’Envoyé de Dieu. »
Anas Ibn Mâlik rapporte à ce sujet les récits suivants : •      Une femme vint un jour trouver l’Envoyé de Dieu et lui dit : « J’ai une requête à te soumettre en privé. » Il lui répondit : « Assieds-toi [sur le bord] du chemin de Médine de ton choix, je t’y rejoindrais. » •      Le Prophète avait l’habitude de rendre visite aux malades, d’assister aux funérailles, de monter à dos d’âne et de répondre aux esclaves qui l’interpelaient. Le jour [de l’expédition] des Banû Qurayza, il montait un âne équipé d’une bride faite de simple fibre de palme et d’un bât également fait de fibre de palme. •      Lorsque quelqu’un invitait le Prophète à manger du pain d’orge accompagné de graisse rance, il répondait à l’invitation. Il avait laissé auprès d’un juif une cotte de mailles en caution, il ne put s’acquitter de sa dette pour la récupérer jusqu’à sa mort. •      Le Prophète accomplit une fois un pèlerinage sur une monture décrépie vêtue d’une qatîfa 1 ne valant pas quatre dirhams. Il déclara : « Mon Dieu, fais que ce soit un pèlerinage ne visant ni ostentation, ni notoriété. •      Les gens n’aimaient personne plus que l’Envoyé de Dieu. Mais lorsqu’ils le voyaient, ils ne se levaient pas, sachant combien il réprouvait cela.
Hasan, le fils de ‘Alî, fait le récit suivant : « J’interrogeais un jour mon oncle maternel Hind Ibn Abî Hâla au sujet des nobles traits de l’Envoyé de Dieu, sachant qu’il excellait à sa description. J’avais très envie de l’entendre m’en dire quelques mots. Il déclara : « L’Envoyé de Dieu était plein de majesté en lui-même et inspirait la déférence. Son visage étincelait comme une pleine lune […] Al-Hasan raconte : « Je me retins un moment de divulguer ces informations à [mon frère] Al-Husayn. Lorsque je lui en parlais finalement, je découvris qu’il s’en était enquis avant moi. Il avait posé les mêmes questions. Il avait en outre demandé à notre père de lui décrire les allées et venues et les attitudes du Prophète sans rien négliger. » Al-Husayn relate en effet : « J’interrogeais mon père sur les habitudes de l’Envoyé de Dieu, lorsqu’il rentrait chez lui. Il me dit : « Lorsqu’il retrouvait son domicile, il partageait son temps en trois : un pour Dieu, un pour sa famille et un pour lui-même. Puis, il partageait ce dernier tiers entre les gens, en privilégiant les gens qui n’avaient pas avec lui de lien particulier. Il s’ouvrait alors avec eux sur tout. Et dans ce temps qu’il consacrait à la communauté, il avait pour habitude de responsabiliser les gens les plus dignes. Il les distinguait sur la base de leur mérite en matière de religion. Certains avaient une requête (ou question) à lui soumettre, d’autres deux, et d’autres plus. Il s’employait à leur répondre, puis il les mettait à l’œuvre en leur indiquant la meilleure manière de faire par rapport à leur question, autant pour leur propre bien que pour celui de la communauté. Il leur disait en outre : « Vous qui êtes présents, informez les gens absents. Et informez-moi des besoins de ceux qui ne peuvent eux-mêmes m’informer. Car au jour du jugement, Dieu renforcera la position de quiconque fera connaître à une personne ayant autorité sur les besoins de ceux qui ne peuvent les en informer eux-mêmes. Seules de telles préoccupations étaient évoquées en sa présence et il n’autorisait personne à y déroger. Les gens venaient à lui en éclaireurs [à l’affut d’un besoin] et ne repartaient jamais sans avoir trouvé [ce qu’ils cherchaient]. Ce qui faisait d’eux des guides 1 . »
Je l’interrogeais ensuite sur sa manière d’être hors de chez lui. Il me répondit : « L’Envoyé de Dieu se gardait de parler de choses qui ne le concernaient pas. Il s’attirait la sympathie et non l’antipathie de ses semblables. Il honorait tout homme jouissant de la considération de son peuple et, [lorsque l’un d’eux embrassait l’islam], il le désignait à la tête des siens. Il demeurait vigilant vis-à-vis des gens, sans pourtant les priver de son affabilité et de son obligeance. Il s’enquérait de ses compagnons ; et il s’informait auprès des gens de la condition du peuple. Il tenait le bon pour tel et lui donnait crédit ; et il prenait le mauvais pour tel et lui ôtait crédit. 1 Il était modéré et ses manières n’étaient pas sujettes à controverses. Il restait vigilant, craignant l’insouciance ou l’égarement des gens. Il était paré à toutes les éventualités. Il donnait à chacun son droit sans y soustraire et sans y ajouter. Les meilleurs des hommes étaient les plus proches de lui. Et à ses yeux, les hommes les plus estimables étaient ceux dont le bienveillant conseil servait le plus largement leurs semblables ; et les hommes jouissant du rang le plus insigne étaient les plus attentionnés et les plus serviables. »
Je l’interrogeais ensuite sur sa manière de tenir séance. Il me dit : « Il ne s’asseyait ni ne se levait sans manquer de mentionner Dieu. Lorsqu’il se rendait chez des gens, il s’asseyait là où il trouvait une place libre, et il prescrivait à ses compagnons d’en faire autant. Il donnait sa part [de bienveillance] à chaque personne en sa présence, si bien que chacun avait l’impression d’être le plus honorable des hommes à ses yeux. Lorsque quelqu’un voulait s’assoir avec lui ou l’entretenir d’un besoin quelconque, il l’écoutait avec patience jusqu’à ce que son interlocuteur le quitte de lui-même. Lorsque quelqu’un lui adressait une requête, soit il satisfaisait à celle-ci, soit il adressait à l’intéressé une parole encourageante. Sa jovialité et son aimable complexion touchaient tout le monde, si bien qu’il était comme un père pour tous. Les individus étaient auprès de lui à un même rang sous le rapport du droit.
Ses assemblées étaient empreintes de magnanimité, de pudeur, de patience et d’honnêteté. Auprès de lui, nulle voix ne s’élevait, nul honneur n’était bafoué et nul récit d’inconduite n’était colporté. Les gens y étaient égaux. Ou plutôt ne se distinguaient-ils que par leur piété. Les gens se montraient humbles. Ils traitaient les personnes âgées avec respect et les enfants avec mansuétude ; ils donnaient priorité aux nécessiteux [sur eux-mêmes] et prenaient soin des étrangers. »
Anas rapporte par ailleurs que l’Envoyé de Dieu disait : « Si on m’offrait des pieds [de mouton], je les accepterais ; et si on m’invitait à en manger, je répondrais à l’invitation. »
Jabir rapporte aussi : « L’Envoyé de Dieu vint me rendre visite un jour. Il ne montait ni une mule ni un cheval mal racé. » 1
Yûsuf Ibn ‘Abd Allah Ibn Salâm relate : « L’Envoyé de Dieu m’a prénommé Yûsuf. Il m’a fait assoir dans son giron et m’a caressé la tête. 2 »
‘Amra rapporte qu’on posa un jour à ‘Â’isha la question suivante : « Que faisait l’Envoyé de Dieu dans sa demeure ? » Elle répondit : « Il faisait comme un être humain [ordinaire] : il ôtait de ses vêtements les impuretés qui pouvaient y être accrochées 3 , trayait ses brebis, ou s’occupait de lui-même. »
D E SON BON CARACTÈRE
Khârija Ibn Zyad Ibn Thâbit raconte qu’un groupe de gens vint un jour trouver son père, Zayd Ibn Thâbit, et lui dirent : « Parle-nous de l’Envoyé de Dieu. » – « Et que vous dirais-je à son sujet ? J’étais son voisin. Lorsque la révélation lui venait, il m’envoyait chercher et je retranscrivais les mots qu’il me dictait. Si nous parlions de ce bas monde, il en parlait avec nous ; si nous parlions de l’au-delà, il en parlait avec nous ; et si nous parlions de nourriture, il en parlait également avec nous. Je peux vous entretenir de toutes ces choses au sujet de l’Envoyé de Dieu. »
‘Amr Ibn Al-‘Âs raconte également : « L’Envoyé de Dieu montrait un visage avenant et s’entretenait avec les pires des hommes, gagnant ainsi leur sympathie. Il en fit de même avec moi, si bien que je finis par me croire le plus estimable des êtres. Un jour, je lui demandais : « Envoyé de Dieu, qui de moi ou d’Abû Bakr est le meilleur ? » Il répondit : « Abû Bakr. » Je poursuivis : « Et entre moi et ‘Umar, Envoyé de Dieu, qui est le meilleur ? » – « C’est ‘Umar, dit-il » – « Et entre moi et ‘Uthman ? » – « C’est ‘Uthmân. » Lorsque je lui posais ces questions, il y répondit en toute franchise. Au final, j’aurais aimé ne jamais les lui avoir posées. »
Anas Ibn Mâlik raconte aussi : « J’ai servi l’Envoyé de Dieu durant dix ans et il ne m’a jamais dit : « Zut 1 ! », [signifiant son indignation et son impatience] et il ne m’a jamais reproché d’avoir fait ou de n’avoir pas fait quelque chose. Il était le plus vertueux des hommes.
Je n’ai touché de soie ou de satin plus doux que la paume des mains de l’Envoyé de Dieu.
Et Je n’ai jamais senti de musc ou de parfum à l’odeur plus suave que la sueur de l’Envoyé de Dieu. »
Il relate par ailleurs qu’un jour, un homme vêtu d’un habit portant encore les traces jaunes [d’une teinture au safran] était auprès de l’Envoyé de Dieu. Celui-ci n’incommodait que très rarement les gens par une remarque quelconque. Lorsqu’il se leva finalement, il déclara aux croyants : « [S’eut été mieux] si vous lui aviez demandé d’ôter ce vêtement ? »
‘Â’isha raconte quant à elle : « La vulgarité et l’indécence étaient étrangères à l’Envoyé de Dieu. Il ne criait pas à toute voix dans les souks. Il ne rendait pas le mal par le mal, privilégiant la clémence et le pardon. »
Elle raconte également : « L’Envoyé de Dieu ne frappait jamais rien de sa main, à moins de combattre dans la voie de Dieu. De sa vie, il n’a jamais frappé un serviteur ou une femme. »
Elle raconte aussi : « Il ne cherchait jamais à tirer vengeance d’un tort le touchant en propre, tant qu’un interdit divin n’était pas bafoué. Si en revanche quelqu’un enfreignait cela, il y opposait son courroux plus que quiconque. Lorsqu’il avait une alternative, il optait toujours pour la solution la plus aisée, à moins que l’une soit répréhensible. »
Elle raconte encore : « Un jour que j’étais avec l’Envoyé de Dieu, un homme demanda à entrer pour voir celui-ci. Le Prophète me dit : « Quelle mauvaise compagnie fait-il ! » Néanmoins, il l’autorisa à entrer, et lorsqu’il fut en sa présence, il lui parla de manière courtoise. » Une fois notre hôte sorti, je m’exclamais : « Envoyé de Dieu, après les propos que tu as tenus, comment as-tu pu lui parler avec tant d’aménité ? » Il me dit : « ‘Â’isha, il est des hommes, parmi les pires qui soient, que les gens évitent ou laissent tranquilles pour se préserver de leurs méfaits. »
Hasan, le fils de ‘Alî, relate que son frère, al-Husayn, lui rapporta les faits suivants : « J’ai un jour demandé à mon père de me décrire comment le Prophète se comportait avec ses convives. Il me répondit : « L’Envoyé de Dieu était toujours affable, facile à vivre et accommodant. Il n’avait rien de dur ni de rustre. Il ne criait pas à tort et à travers, et ne tenait jamais de propos infamants. Il n’avait pas un caractère improbateur et acariâtre. Si quelque chose ne l’enthousiasmait pas, il faisait mine de rien. Si quelqu’un plaçait un espoir en lui, il n’anéantissait et ne décevait pas cet espoir. Vis-à-vis de lui-même, il s’interdisait trois choses : l’ostentation, l’excès et l’ingérence dans des affaires ne le concernant pas. Et vis-à-vis des gens, il s’interdisait également trois choses : blâmer, insulter et déshonorer. Il ne disait mot que s’il pouvait en attendre récompense. Lorsqu’il s’exprimait, l’auditoire écoutait attentivement, comme si des oiseaux se tenaient sur les têtes 1 . Lorsqu’il était silencieux, les gens n’hésitaient pas à parler, mais ils ne polémiquaient pas et ils écoutaient le premier à prendre la parole jusqu’à ce que celui-ci ait terminé. Il riait de leurs sujets de rire et s’étonnait de leurs sujets d’étonnement. Si un étranger se présentait, il accueillait avec patience ses rustres manières de parler et de questionner, à tel point que ses compagnons cherchaient à faire venir ceux-ci [pour entendre les réponses à leurs questions] 2 . Il avait l’habitude de dire : « Si quelqu’un dans le besoin vous sollicite, faites-lui largesse. Il ne convient pas d’attendre des encens de la part d’une personne avant de l’avoir servie d’une quelconque manière. Et il ne convient pas d’interrompre quelqu’un qui parle, à moins qu’il transgresse [un interdit] 3 . Si en revanche il outrepasse un droit, il convient de l’en empêcher ou de partir. »
Jâbir Ibn ‘Abd Allah dit pour sa part : « Jamais l’Envoyé de Dieu ne répondit « non » à une requête. »
Ibn ‘Abbas rapporte également : « L’Envoyé de Dieu était prodigue du bien (ou des biens) comme nul autre. Et c’est pendant le mois de Ramadan, jusqu’au dernier jour, qu’il était le plus libéral, lorsque Gabriel venait à lui et lui exposait le Coran. Après ces venues de l’Ange, il était plus prodigue qu’un vent débridé. »
Anas raconte : « Le Prophète ne gardait rien en réserve pour le lendemain. »
On rapporte de ‘Umar Ibn Al-Khattâb les faits suivants : « Un homme vint un jour trouver le Prophète, sollicitant quelque don. Le Prophète lui répondit : « Je n’ai rien à t’offrir, mais achète quelque chose en mon nom, je rembourserais dès que je le pourrais. » ‘Umar lui dit : « Envoyé de Dieu, Lui donnes-tu ainsi ? Dieu ne t’a pourtant pas chargé de faire plus que tu ne peux. » Le Prophète réprouva ce propos. Un des musulmans médinois prit la parole à son tour : « Envoyé de Dieu, dépense sans craindre le tarissement de la part du détenteur du Trône. » Le Prophète esquissa un sourire et laissa paraitre la joie sur son visage. Puis il déclara : « C’est cela qui me fut prescrit. »
‘Â’isha rapporte par ailleurs que le Prophète acceptait les cadeaux et qu’il en récompensait les auteurs.
D’après Abû Sa ‘îd Al-Khudrî : « L’Envoyé de Dieu était plus pudique qu’une vierge dans son gynécée. Et lorsqu’il désapprouvait quelque chose, cela se voyait sur son visage. »
‘Â’isha relate à ce sujet : « Je n’ai jamais regardé les parties intimes de l’envoyé de Dieu. » Ou peut-être a-t-elle dit : « Je n’ai jamais vu les parties intimes de l’Envoyé de Dieu. »

1 . Selon le Lisân al-‘Arab , ce terme désigne un vêtement de dessus dont on s’enveloppe orné de franges.
1 . Il faut voir ici l’allégorie d’éclaireurs qui partent dans tous les sens à la recherche de quelque chose. Lorsque l’un d’eux trouve ce qu’il cherche, il passe du statut d’éclaireur à celui de guide, car c’est lui qui est en mesure de conduire les gens.
1 . Ou « Il approuvait et cautionnait [les comportements] louables ; et il désapprouvait et dénigrait [les comportements] condamnables. »
1 . Il allait à pied.
2 . Il était encore enfant.
3 . Ou épouillait.
1 . Ouff , en arabe.
1 . C’est à dire comme s’ils n’osaient pas bouger de peur que l’oiseau s’envole. On peut aussi le comprendre ainsi : « Comme si des oiseaux (des charognards) tournaient au dessus de leurs têtes. »
2 . Parce que ces gens n’hésitaient pas à poser toutes sortes de questions, et les compagnons en tiraient profit.
3 . Parce qu’il tient des propos inconvenants. On peut aussi en comprendre : « À moins qu’il dépasse les limites. » C’est-à-dire qu’il parle trop.
DE SES ATTITUDES

D E SA MANIÈRE DE PARLER
D’après ‘Â’isha : « Le Prophète ne se répandait pas en propos comme vous le faites. Il adressait des paroles claires et pertinentes que ses orateurs retenaient. »
Anas Ibn Mâlik relate également à ce sujet : « L’Envoyé de Dieu répétait ses paroles trois fois pour que les gens s’en souviennent. »
Hasan, le fils de ‘Alî, fait le récit suivant : « J’interrogeais un jour mon oncle maternel Hind Ibn Abî Hâla au sujet des traits de l’Envoyé de Dieu, sachant qu’il excellait à sa description. Je lui dis : « Décris-moi la manière de parler de l’Envoyé de Dieu. » Il me répondit : « L’Envoyé de Dieu était souvent attristé. Il pensait en permanence et ne se reposait jamais. Il ne parlait que si nécessaire et se tenait longtemps silencieux. Il débutait et terminait ses propos en mentionnant le nom de Dieu – exalté soit-Il. Sa parole était synthétique, et mesurée : ni verbeuse ni laconique ; elle était sans aspérité et dénuée de mots infamants. Il faisait grand cas des bienfaits, si modestes soient-ils. Il ne dépréciait rien. Il ne disait mot du goût des aliments, ni en bien, ni en mal. Il ne se fâchait pas pour [les avantages de] ce bas monde ou ce qui y était afférent. Mais si un droit était bafoué, rien ne pouvait s’opposer à son courroux tant que le tort n’était pas réparé. Il ne se mettait pas en colère pour lui-même et ne prenait pas sa propre défense. Lorsqu’il indiquait une chose, il la pointait de toute sa main [et non du doigt] ; et lorsqu’il était étonné, il tournait sa paume [vers le ciel]. Lorsqu’il parlait, il joignait ses mains en prenant le dos de son pouce gauche dans la paume de sa main droite. Lorsqu’il était fâché, il déviait son regard et se détournait ; et lorsqu’il était enjoué, il baissait les yeux. Le plus souvent, son rire se limitait à un sourire, laissant paraître des dents comparables à des grêlons. »
D E

  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents