Les Qualités des Croyants (Sifât al-mu’minîn)
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Description

La plus grande assistance que demande l’homme est celle du Livre de Dieu, le Très- Haut, qui ne contient rien de faux, tant dans le fond que dans la forme, car il est préservé par Dieu Lui-même : Nous avons fait descendre le Rappel, et c’est Nous qui en sommes les gardiens. (15: 9) Le Saint Coran est la voie qu’emprunte le croyant jusqu’à ce qu’il atteigne la satisfaction de Dieu. C’est le Livre parfait qui ne contient aucune erreur : Nous n’avons rien négligé dans le Livre. (6 : 38) Quiconque recherche la perfection n’a qu’à se tourner vers le Saint Coran. Il contient la perfection de la foi, du culte et de la morale. Nous avons tant besoin de nous parer d’un comportement satisfaisant et d’abandonner tout comportement blâmable ! Quiconque lit le Saint Coran y trouvera maints éloges à l’égard de ceux qui possèdent un comportement agréé et agréable ainsi que des vertus louables.

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Informations

Publié par
Date de parution 28 octobre 2015
Nombre de lectures 82
EAN13 9782841616206
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,088€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Tous droits de reproduction, d’adaptation ou de traduction par quelque procédé que ce soit, sont réservés pour tous les pays à l’Éditeur.
1432-2011
ISBN 978-2-84161-159-1 // EAN : 9782841611591
Ahmad Fathu’llâh
Jâmî
L ES Q UALITÉS D ES C ROYANTS
( Sifât al-mu’minîn )
Traduit par Hédi Djebnoun
Albouraq
Prologue
Louange à Dieu ! Par ses bienfaits s’accomplissent les bonnes œuvres ! Et que la meilleure des prières et le salut parfait soient pour notre Seigneur Muhammad, la plus noble des créatures, pour sa famille, digne de confiance, pour ses Compagnons, étendards fermes sur la voie droite, ainsi que pour les prédicateurs et les guides venant à leur suite et pour tous ceux qui suivent leur modèle jusqu’au jour du Jugement dernier.
Dieu, le Très-Haut, distingue et choisit, parmi Ses créatures, qui Il veut et pour ce qu’Il veut. Il a choisi Son Prophète bien-aimé et préféré, notre Seigneur Muhammad – que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui – entre toutes les créatures, comme guide sur la voie droite vers la délivrance et le bonheur, depuis le début de la Création jusqu’à ce que Dieu reprenne la terre et ce qui s’y trouve. Dieu a fait de son Livre clair, le Saint Coran, une source de salut pour ceux qui le lisent avec foi, méditent ses versets et recherchent l’aide de Dieu dans les œuvres indiquées. Ils se soumettent à Ses ordres, évitent ce qu’Il interdit, et se parent des nobles caractères qu’Il enseigne, non sans s’enquérir, en y ajoutant une foi parfaite, du contenu même du Livre de Dieu, conformément à la parole du Tout-Puissant :
Aujourd’hui, J’ai rendu votre religion parfaite ; J’ai parachevé Ma grâce sur vous ; J’agrée l’Islam comme étant votre religion. (5 : 3)
Nul doute que sera parfait celui qui œuvre selon ce qu’indique le Coran. Plus, il sera comme un Coran sur la terre, à l’instar de notre Seigneur et maître, Muhammad, selon la description qu’a faite de lui notre mère, la mère des croyants, ‘A’icha – que Dieu soit satisfait d’elle. Dieu a ensuite distingué, pour transmettre le Coran, les nobles compagnons du Prophète, après que celui-ci fut rappelé par le Tout-Puissant. Et Il a distingué après eux les croyants pieux, vertueux et bienfaiteurs, parmi lesquels se trouvent les savants et hommes d’action, l’œuvre, les guides sur la voie droite, ceux dont le Prophète a dit : « Les savants sont les héritiers des prophètes 1 . »
Ces savants continuent à bien diriger les gens, à les appeler à emprunter la voie claire et évidente du Saint Coran, et à prendre pour modèle les qualités sublimes du Prophète dont Dieu dit :
Tu es certes d’un caractère élevé ! (68 : 4)
Ils appellent les gens à lire le Saint Coran, à méditer Ses versets pour mieux les comprendre, et à œuvrer selon ses préceptes. Lire le Coran sans discernement ni réflexion – malgré le mérite et la valeur que comporte la seule récitation – peut nous porter préjudice et se retourner contre nous, le jour du Jugement dernier, si l’on n’œuvre pas en conformité avec les indications données par ses versets.
Parmi ces guides pieux, figure notre Chaykh, celui qui ajoute l’acte au savoir et qui craint de manquer à sa mission, le Maître spirituel de la grande confrérie Châdhiliyya, Ahmad Fathu’llâh Jâmî, que Dieu préserve sa santé et sa force. Qu’Il nous inonde de sa science abondante et nous couvre de ses bénédictions, de ce qui nous rapproche de Lui et intercède en notre faveur, pour nos manquements, le jour du Jugement dernier. Que Dieu entende et exauce !
Notre Chaykh – que Dieu le garde – a choisi, au sein du Coran, un certain nombre de versets qui indiquent les qualités du musulman parfait, et ce, pour répondre au besoin impérieux, en ces temps, de nous parer des qualités enseignées par le Saint Coran. Le Chaykh a également tiré des œuvres des imams exégètes ce qu’il a estimé propice à notre temps. Il a réuni le tout dans le présent ouvrage, intitulé « Les Qualités des croyants dans le Livre clair » (Sifât al-mu’minîn fî al-kitâb al-mubîn) . Que ses frères et amis, ceux de sa confrérie, en profitent tout d’abord, et, ensuite, tous les musulmans.
Il n’a entrepris ce travail – ainsi qu’il l’a lui-même expliqué – que par compassion à l’égard de ses semblables, par amour pour la communauté de notre Seigneur, le Messager de Dieu – que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui –, toutes tendances confondues. Imiter les qualités du Prophète, c’est se soumettre à la Charî‘a .
Que Dieu accorde la meilleure des rétributions à notre Chaykh, qu’Il nous fasse profiter ainsi que tous les musulmans de la lecture de ce livre, qu’Il nous aide à œuvrer selon l’enseignement qui s’y trouve, et qu’Il fasse que ce soit pour nous et pour le Chaykh une preuve le jour où les richesses et les enfants ne seront d’aucune utilité, sauf pour ceux qui iront à Dieu avec un cœur pur. (26 : 88-89)
Que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur notre Seigneur Muhammad, sa famille, ses compagnons et ceux qui les suivent. Il n’y a de puissance qu’en Dieu le Très-Haut, Seigneur des mondes.
Alep, 3 safar 1420 18 mai 1999
Abû Abd al-Qâdir Muhammad Nazîm Al-CHIHABI, professeur d’éducation religieuse, imam khâtib de la mosquée Al-Fath d’Alep.
Introduction
Louange à Dieu qui nous a donné une religion parfaite, qui nous a pleinement octroyé Sa bénédiction, et qui a agréé l’Islam comme notre religion. Que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur notre Prophète et Seigneur Muhammad, le Prophète illettré, maître des gens pieux et sceau des prophètes, l’homme au caractère sublime et élevé, ainsi que sur sa famille et sur tous ses compagnons. Que Dieu soit satisfait de ses auxiliaires et des émigrés qui l’ont suivi. Dieu est satisfait d’eux, et eux sont satisfaits de Lui. Il leur a destiné des jardins où coulent des rivières, où ils demeureront éternellement. Tel est l’immense succès ! (9 : 100)
La plus grande assistance que demande l’homme est celle du Livre de Dieu, le Très-Haut, qui ne contient rien de faux, tant dans le fond que dans la forme, car il est préservé par Dieu Lui-même : Nous avons fait descendre le Rappel, et c’est Nous qui en sommes les gardiens. (15: 9)
Le Saint Coran est la voie qu’emprunte le croyant jusqu’à ce qu’il atteigne la satisfaction de Dieu. C’est le Livre parfait qui ne contient aucune erreur : Nous n’avons rien négligé dans le Livre. (6 : 38)
Quiconque recherche la perfection n’a qu’à se tourner vers le Saint Coran. Il contient la perfection de la foi, du culte et de la morale. Nous avons tant besoin de nous parer d’un comportement satisfaisant et d’abandonner tout comportement blâmable ! Quiconque lit le Saint Coran y trouvera maints éloges à l’égard de ceux qui possèdent un comportement agréé et agréable ainsi que des vertus louables.
Tantôt sont-ils loués en tant que « ceux qui craignent Dieu » ( al-muttaqûn ) : Hâtez-vous d’obtenir le pardon de votre Seigneur et un Paradis aussi vaste que les Cieux et la Terre, destinés à ceux qui craignent Dieu, à ceux qui font la charité, qu’ils soient dans l’aisance ou dans la gêne. (3 : 133-134)
Tantôt en tant qu’« hommes vertueux » ( al-’abrâr ) : Les hommes vertueux boiront à des coupes remplies d’un breuvage ayant la fraîcheur du camphre, puisé à une source à laquelle les serviteurs de Dieu se désaltéreront et qu’ils feront jaillir à volonté, car ces bienheureux tenaient fidèlement leurs promesses, et redoutaient un Jour dont le mal sera universel. (76 : 5-7).
Ailleurs, ils sont qualifiés d’« amis de Dieu » ( al-’awliyâ’ ) : Non, vraiment, les amis de Dieu n’éprouveront aucune crainte ni affliction. (10 : 62)
Ceux qui « pratiquent le bien » ( al-muhsinûn ) : Ils pratiquaient auparavant le bien. (51 : 16)
Ceux qui sont « doués d’une intelligence pénétrante » ( ûlû l-’albâb ) : Dans la création des cieux et de la terre, dans la succession de la nuit et du jour, il y a vraiment des Signes pour ceux qui sont doués d’une intelligence pénétrante, qui se souviennent de Dieu, debout, assis ou couchés, et qui méditent sur la création des cieux et de la terre. (3 : 190-191)
Tantôt ils sont présentés comme les « meilleurs de l’humanité » ( khayr al-bariyya ) : Quant à ceux qui croient et qui accomplissent des œuvres bonnes : voilà les meilleurs de l’humanité. (98 : 7)
Tantôt comme les « heureux » ( al-muflihûn ) : Heureux les croyants ! Qui sont humbles dans leurs prières... (23 : 1-2)
Comme les « justes » ( as-sâlihûn ) : Ils s’empressent d’accomplir des œuvres vertueuses. Ceux-là sont au nombre des justes ! (3 : 114)
Les « humbles » ( al-mukhbitûn ) : Annonce la bonne nouvelle aux humbles, dont les cœurs frémissent lorsque le nom de Dieu est invoqué. (22 : 34-35)
Le Coran les qualifie également de « croyants », de « craintifs », d’ « abstinents », de « favoris » (de Dieu), d’ « équitables », de « sincères », de « patients ». Il les place parmi ceux qui se souviennent fréquemment de Dieu, ceux qui sont bien dirigés. Tels sont bien les serviteurs du Miséricordieux !
Si nous examinons ces nobles vertus et ces caractères louables et agréables, nous verrons qu’ils sont tous réunis dans la personne de notre Seigneur Muhammad – que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui. En effet, Ibn Abî Chayba rapporte qu’on demanda à ‘A’icha – que Dieu soit satisfait d’elle – quel était le caractère du Prophète. Elle répondit : « Il avait le meilleur caractère 2 : c’était celui du Coran. Il était satisfait de ce qui satisfait le Livre, et il se fâchait lorsqu’on commettait ce qui était interdit. Il n’était pas indécent et n’encourageait pas l’indécence. Il ne parlait pas fort dans les marchés, et ne répondait pas au mal par le mal. Bien au contraire, il pardonnait et oubliait. » ‘A’icha demanda alors à la personne qui avait posé la question de réciter les dix premiers versets commençant par « Heureux les croyants... » (23) La personne s’exécuta, puis ‘A’icha lui dit : « Ainsi était le caractère du Prophète – que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui ! »
Al-Bukhârî et Muslim rapportent, d’après ‘A’icha – que Dieu soit satisfait d’elle – que le Prophète, lorsqu’il avait à choisir entre deux possibilités, choisissait la plus aisée des deux, à condition qu’il ne s’agisse pas d’un péché. Il était le plus scrupuleux des hommes. Il ne se vengeait que pour Dieu - lorsque le droit de Dieu était bafoué.
Le bon comportement constitue l’un des chemins vers la foi. Bien plus, il représente la perfection de la foi. Le Prophète disait : « Les croyants dont la foi est parfaite sont ceux qui possèdent un comportement vertueux ; et les meilleurs d’entre vous sont ceux qui agissent avec le plus de bonté envers leur famille. » (hadith rapporté par Abû Dâwûd et Al-Tirmidhî).
Les vertus rapprochent le croyant de la personnalité et du caractère du Prophète. Un hadith repris par Tabaranî, d’après Abû Hurayra, rapporte que le Prophète – que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui – disait : « Ceux d’entre vous qui me sont les plus chers sont ceux qui se caractérisent par les vertus, les humbles et ceux qui accordent et reçoivent l’amitié. Quant à ceux que je déteste le plus, ce sont les calomniateurs et ceux qui suscitent le mal. »
Un hadith qudsi 3 est repris par Al-Tirmidhî, d’après Jâbir Ibn ‘Abd Allâh – que Dieu soit satisfait de tous les deux : « Ceux d’entre vous qui Me seront les plus chers et qui seront les plus proches de Mon trône, le jour du Jugement dernier, seront ceux qui possèdent les plus nobles qualités. »
Dans son Al-Targhîb wa-l-Tarhîb , (« L’incitation au désir et à la crainte »), Al-Mundharî rapporte qu’un homme se présenta devant le Prophète – que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui – et lui demanda quelle œuvre était la meilleure. « Le comportement vertueux », répondit le Prophète. Puis, l’homme se plaça à sa droite et reposa la question. « Le comportement vertueux », répéta le Prophète. Se mettant à la gauche du Prophète, il posa une nouvelle fois sa question. « Le comportement vertueux », répondi le Messager. Enfin, l’homme se mit derrière le Prophète, et lui posa, encore une fois, la même question. Le Prophète lui demanda alors : « Ne comprends-tu pas ce qu’est le comportement vertueux ? C’est que tu ne te mettes pas en colère, autant que faire ce peut. »
Un autre hadith, repris par Muslim d’après Nawâs Ibn Sammân, rapporte que ce dernier interrogea le Prophète au sujet de la piété et du péché. « La piété, répondit le Prophète, ce sont les bonnes mœurs, tandis que le péché est ce qui se trame en toi et que tu n’aimerais pas voir soupçonné par les gens. »
Al-Tirmidhî et Abû Dâwûd reprennent un hadith, transmis par Abû Al-Dardâ, selon lequel le Prophète disait : « Le jour du Jugement dernier, rien ne pèsera plus lourd en faveur du croyant que ses vertus. Dieu déteste les indécents et les grossiers personnages. »
Abû Dâwûd rapporte, d’après ‘A’icha – que Dieu soit satisfait d’elle – que cette dernière avait entendu le Prophète dire : « Le croyant dont les qualités sont nobles, se situe au même degré que celui qui jeûne et qui veille la nuit en prière. »
La Loi religieuse ordonne que l’on se pare des meilleurs caractères. L’âme incite au mal et ne peut oublier sa nature tant qu’elle est enfermée dans le corps. Le croyant doit lutter contre lui-même, s’astreindre aux règles de la Charî‘a 4 , et ne pas se soumettre aux désirs afin de pouvoir s’élever. Chaque individu est tiré vers le bas par les liens que sont les caprices, le penchant pour le mal et les désirs, mais certains préfèrent s’attacher au Livre de Dieu. Celui qui est doué de raison doit s’attacher aux règles de Dieu afin de pouvoir gravir les échelons de la perfection. Et il ne peut les gravir, se détacher des caractères humains contraires à la perfection, et s’éloigner de l’impiété, qu’en se conformant aux enseignements du Coran et de la Sunna en matière de comportement et d’action. Rien ne sert de prétendre appartenir à une tarîqa 5 , d’être noble et initié, si l’on ne cherche pas à acquérir les qualités et les vertus qui étaient celles du Prophète – que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui.
Il ne nous est pas possible, dans cet ouvrage, d’évoquer toutes les vertus du Prophète et les qualités du croyant citées dans le Coran, car chaque nouvelle lecture du Coran révèle les qualités et les sens profonds que le Livre de Dieu renferme. Personne ne peut appréhender entièrement les secrets du Coran, parole de Dieu Tout-Puissant. Nous implorons le Très-Haut pour qu’Il nous aide à œuvrer conformément au Livre et à la Sunna, tant que nos âmes sont dans nos corps.
Nous avons donc choisi quelques nobles versets du Saint Coran qui parlent des qualités et des vertus des croyants. Nous nous sommes référés aux exégèses reconnues, et nous en avons pris ce qui est juste et concis afin que les croyants s’y réfèrent aisément. Ils appliqueront d’autant mieux ce qui a été ordonné de même qu’ils sauront rejeter ce qui est interdit, pour gagner ainsi le bonheur ici-bas et dans l’Au-delà.
Je n’ai entrepris ce travail que par sollicitude pour les êtres humains, quels qu’ils soient, et par amour pour la communauté de notre seigneur Muhammad – que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui. Imiter le noble comportement du Prophète, c’est suivre la Charî‘a et gagner la satisfaction de Dieu et de son Messager.
Je demande à Dieu Tout-Puissant de rendre ce livre bénéfique pour les croyants et pour moi-même. Exalté soit-Il ! Il est le meilleur vers qui on peut se tourner et en qui on peut espérer.
Que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur notre Seigneur Muhammad, l’homme aux qualités sublimes, sur sa famille et sur ses compagnons. Et louange à Dieu, Seigneur des mondes !
Ahmad Fathu’llâh JÂMÎ
Chapitre 1 Les qualités des pieux

Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux [bismi-llâhi r-rahmâni r-rahîm]
Alif-Lâm-Mîm. Ce Livre, sur lequel il n’y a point de doute, est une bonne direction pour ceux qui craignent Dieu, ajoutent foi au Mystère invisible, s’acquittent de la prière, effectuent des prélèvements sur ce dont Nous les avons enrichis ; pour ceux qui tiennent pour vraie la révélation qui t’a été transmise d’en haut ainsi que les révélations faites avant toi, et sont convaincus de la Vie future. Ceux-là sont par la grâce de leur Seigneur dans une bonne direction. Ceux-là connaîtront le succès. (2 : 1-5) 6
Concernant la parole divine Alif-Lâm-Mîm , Al-Cha‘bî et d’autres commentateurs affirment que Alif-Lâm-Mîm , ainsi que toutes les lettres de l’alphabet arabe qui sont placées en tête des sourates, se réfèrent à des significations que Dieu seul connaît. C’est le secret du Coran. Nous ajoutons foi à la forme qui apparaît de ces lettres mystérieuses, et nous en confions la connaissance à Dieu. Si le simple fait de les prononcer permet de renforcer sa foi, on peut comprendre également que les esprits faibles ne supportent pas les grands secrets, à l’instar des chauves-souris qui ne supportent pas la lumière du soleil. Dieu détient en exclusivité une science que ne peut appréhender l’esprit des prophètes ; les prophètes possèdent une science que ne peuvent appréhender les savants ; et les savants ont l’apanage d’une autre science que ne peut appréhender le commun des croyants 7 .
Ce Livre. Dhâlika l-kitâb. Par cette parole, le Très-Haut fait allusion au Livre qu’Il promet de révéler au Prophète – que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui : Nous allons bientôt te transmettre des paroles d’une exceptionnelle gravité. (73 : 5) 8
Cette entrée démonstrative en la matière est une manière d’exalter le Livre de Dieu qui, malgré sa proximité par rapport à nous, possède toutefois un degré élevé et une valeur exceptionnelle, car il est pur de tout discours contingent.
Sur lequel il n’y a point de doute. Lâ rayba fîhi. Pour celui qui réfléchit, médite et se recueille, comme pour les justes qui savent, le Coran est une certitude. Quant à ceux qui s’entêtent, comparés à des bestiaux, ils sont plus égarés encore (7 : 179). 9
Est une bonne direction. Hudan. Il existe de sortes de guidance : la guidance par les indications qui est du ressort des prophètes et de leurs disciples. Dieu dit dans ce sens : Tu diriges les hommes dans la voie droite (42 : 52), confirmant à son Prophète que sa guidance passe par la direction, l’indication, l’appel et la recommandation. L’autre guidance, qui appartient en propre à Dieu, correspond au secours et à la concorde. Dieu s’adresse ainsi au Prophète : Tu ne diriges pas celui que tu aimes (28 : 56). La direction, en ce sens précis, c’est Dieu qui l’apporte en mettant la foi dans le cœur. 10
Pour ceux qui craignent Dieu. Li-l-muttaqîn. Pour ceux qui pratiquent la piété ( taqwâ ), en obéissant aux injonctions divines et en évitant les interdits, et qui se protègent contre l’Enfer par la crainte de Dieu. La mention des muttaqîn les honore, dans la mesure où ce sont eux les bénéficiaires de la Guidance. La piété, consistant à craindre Dieu, comporte trois degrés :
1°) Se protéger contre le châtiment éternel en s’interdisant toute association à Dieu. D’où la parole du Très-Haut : Il les obligea à une parole de piété. (48 : 26)
2°) S’abstenir de tout ce qui peut entraîner le péché, même mineur, que ce soit par un acte ou par un manquement à un devoir religieux. C’est le sens de la parole de Dieu : Si les habitants de cette cité avaient cru, s’ils avaient craint Dieu ! (7 : 96)
3°) Se purifier de tout ce qui peut distraire le cœur du souvenir de Dieu, le Vrai, le Très-Haut. Telle est la véritable piété qui est demandée par le Seigneur : Ô vous qui croyez ! Craignez Dieu tel qu’Il le mérite ! (3 : 102) 11
Dans son exégèse, l’imam Al-Quchayrî – que Dieu lui accorde sa miséricorde – commente la parole de Dieu : C’est une bonne direction pour ceux qui craignent Dieu , en expliquant qu’il s’agit d’une indication, une preuve, une lumière et une voie pour ceux que Dieu protège des ténèbres de l’ignorance, qu’Il rend clairvoyants grâce aux lumières de l’intellect, et qu’Il honore par les dons qu’Il leur octroie.
Le Livre de Dieu est source de guérison ( chifâ’ ) pour les amis et aimés de Dieu, autant qu’une source de cécité et de calamités pour Ses ennemis. Celui qui craint Dieu est celui qui Le craint comme il convient à Dieu d’être craint, qui reconnaît Son droit absolu, qui ne s’appuie pas sur sa propre piété, et ne voit son salut que par la grâce de son Seigneur. 12
Ajoutent foi à l’irrévélé. Alladhîna yu’minûna bi-l-ghayb. Selon la charî‘a , la foi ( îmân ) est la croyance par le cœur, la confirmation par la langue, l’action conforme aux principes de la religion ainsi que la soumission humble et l’abandon à Dieu. Toute foi est soumission, mais toute soumission ne signifie pas la foi si elle ne s’accompagne pas d’une attestation. Un homme peut être apparemment soumis (musulman) sans pour autant attester cette soumission à Dieu en son for intérieur. S’il atteste en son cœur, il ne pourra que montrer son abandon à Dieu 13 .
Le Mystère invisible. Al-ghayb. C’est tout ce dont le Prophète – que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui – a informé l’humanité au sujet des signes de l’Heure, des souffrances dans le tombeau, de la Résurrection, du Jour dernier, du pont appelé Sirât 14 , de la Balance, du Paradis et de l’Enfer. C’est tout ce que les esprits humains ne peuvent concevoir.
Telle est la foi authentique, suivant la définition donnée par le Prophète dans le hadith rapporté par Muslim. A la question posée au Prophète par Gabriel – que la paix soit sur lui – concernant la nature de la foi, il répondit : « La foi, c’est croire en Dieu, Ses anges, Ses livres, Ses prophètes et au Jugement dernier. C’est aussi croire au destin dans ce qu’il apporte de bien ou de mal. » « Tu as dit vrai », attesta Gabriel. Et il répéta cette définition 15 .
S’acquittent de la prière. Wa yuqîmûna s-salâta. La prière, selon la loi religieuse, se compose d’actes précis, successifs et répétés, qui débutent par la sacralisation ( takbîr ) et se terminent par la salutation ( taslîm ) 16 . Accomplir la prière signifie se conformer à ses principes et ses règles, prendre garde qu’il n’y ait pas d’erreur dans son accomplissement, sa pratique et son déroulement 17 . C’est ensuite s’oublier devant Celui que l’on prie. L’âme est tournée vers la Qibla , qui indique la direction de La Mecque, comme le cœur est plongé dans les réalités spirituelles de l’entretien intime avec Dieu 18 .
On raconte que, lors d’une visite de Hâtim, dit « l’ascète » ( zâhid ), chez ‘Asim ibn Yûsuf, celui-ci lui demanda s’il accomplissait correctement la prière. Hâtim lui répondit par l’affirmative. « Comment pries-tu ? » demanda ‘Asim. « A l’approche de l’heure de la prière, répondit Hâtim, je fais mes ablutions, puis je m’assieds à l’endroit où je prie jusqu’à ce que chaque membre de mon corps s’apaise. Je vois la Kaaba devant mes yeux ainsi que le Maqâm 19 d’Abraham devant moi. Dieu est au-dessus de moi sachant ce qui est en mon cœur. Je suis comme si j’étais sur le sirât , le Paradis à ma droite, l’Enfer à ma gauche, et l’Ange de la mort derrière moi. Je considère que c’est la dernière prière de ma vie. Puis, je proclame avec reconnaissance la gloire de Dieu, je récite le Coran avec méditation, je me prosterne avec humilité, et je m’agenouille en invoquant Dieu. Puis, je m’assieds pleinement et j’atteste l’unicité de Dieu avec espoir ; je salue la sunna (règles et communauté de l’Islam) et je déclare ma fidélité. Je me relève entre la crainte et l’espoir. Puis je m’engage à être patient. » « Est-ce bien ainsi que tu pries ? », lui demanda ‘Asim. « Il en est ainsi depuis trente ans », répondit Hâtim. Asim se mit à pleurer en disant : « Jamais je n’ai prié de la sorte ! » 20
Effectuent des prélèvements sur ce dont Nous les avons enrichis . Wa min mâ razaqnâhum yunfiqûn. La dépense ( infâq) est, à l’origine, la dépense de ses propres biens. Il y a ici deux utilités. D’une part, Dieu fait du partage une protection pour les êtres pieux, et, d’autre part, Il met un terme au gaspillage et à la prodigalité. La dépense dont il est question recouvre aussi bien l’aumône obligatoire que l’acte charitable surérogatoire. 21
On dit que les docteurs de la loi dépensent leurs sciences, ceux qui cherchent la vérité dépensent leurs efforts, les gens riches dépensent leurs richesses pour les nécessiteux, les gens pieux dépensent leurs œuvres pour le bien social, les contemplatifs scrutent leur cœur pour être vigilants, et les amis de Dieu dépensent leur âme pour le bien public. 22
Ceux qui tiennent pour vraie la révélation qui t’a été transmise d’en haut ainsi que les révélations faites avant toi. Wa-lladhîna yu’minûna bimâ unzila ilayka wa mâ unzila min qablika. Telle est la foi obligatoire. Le Seigneur dit à la fin du verset : Ceux-là connaîtront le succès. Il est établi ainsi que celui qui ne possède pas cette foi sera nécessairement malheureux. Et si cette foi est une condition pour atteindre au bonheur, il est donc indispensable d’acquérir le savoir d’une manière précise et suffisante selon ce qui a été révélé à Muhammad – que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui. Cependant, la connaissance détaillée de l’enseignement révélé à Muhammad n’est pas obligatoire pour le commun des croyants.
L’expression : Ainsi que les révélations faites avant toi , se réfère aux révélations qui été faites aux prophètes précédesseurs de Muhammad – que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui. Y croire est généralement obligatoire, mais la connaissance détaillée des règles des cultes précédents, qui nous sont étrangères, ne peut nous être imposée. 23
Et sont convaincus de la Vie future. Wa bi l-âkhirati hum yûqinûn. Ceux qui croient d’une manière catégorique, sans nul doute ni hésitation, à la Vie future faisant suite à la vie d’ici-bas, ainsi qu’à tout ce qu’elle implique : la Résurrection, la Rétribution, le Paradis, l’Enfer, le Jugement et la Balance. On l’appelle « l’autre monde » ou « la vie future » ( al-’âkhira ) car il est l’au-delà de la vie menée dans ce bas monde. 24
Ceux-là sont par la grâce de leur Seigneur dans une bonne direction. Ceux-là connaîtront le succès. Ulâ’ika ‘alâ hudan min rabbihim wa ulâ’ika humu l-muflihûn. On compte trois conditions du bonheur :
1°) Avoir vaincu son âme, c’est-à-dire ne pas avoir suivi ses caprices, ni fait usage des beautés de ce bas monde pour opprimer, ni s’être laissé séduire par les suggestions de l’Adversaire. Les mauvais seront affligés à cause de leurs mauvaises actions.
2°) Etre prémuni en ce bas monde contre l’impiété, contre l’erreur, contre l’hérésie, contre l’ignorance, contre l’aveuglement, contre les suggestions de Satan, et contre la perte de la foi. Dans l’Autre monde, le bonheur sera atteint en étant protégé de l’inquiétude, de l’obscurité du tombeau, de la terreur du Jugement dernier, de la chute du haut du sirat , des terribles gardiens de l’Enfer, du malheur et de la privation du Paradis.
3°) Demeurer en un royaume éternel où l’on goûte un bonheur sans fin, une joie qui n’est assombrie par aucune tristesse, une jeunesse qui ne flétrit jamais, une santé qui n’est troublée par aucun mail, une félicité incommensurable et le dévoilement de Dieu. 25
Nous implorons Dieu pour qu’Il nous aide à nous parer des qualités de Ses serviteurs saints et à acquérir les qualités du seigneur des prophètes, notre Seigneur Muhammad, que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui. Amîn.
Louange au Seigneur des mondes ! Il n’y a de puissance qu’en Dieu le Tout-Puissant, et que Dieu bénisse et répande Sa grâce sur notre Seigneur Muhammad, sur sa famille et sur tous ses compagnons.
Chapitre 2 La vigilance de l’âme

Ordonnerez-vous aux gens de pratiquer la charité en oubliant de la faire vous-mêmes ? Pourtant vous récitez l’Ecriture. Ne raisonnez-vous donc pas ? Cherchez du secours dans la patience et la prière. La prière est, certes, une tâche considérable mais pas pour les humbles qui ont la conviction de rencontrer leur Seigneur et de retourner à Lui. (2 : 44-46)
Ordonnerez-vous aux gens de pratiquer la charité ? A ta’murûna n-nâsa bi-l-birri. Dieu blâme et réprimande les rabbins et leur pose cette question : « Commanderez-vous aux hommes de croire en Muhammad et de faire le bien, en oubliant de la faire vous-mêmes ? Vous n’y croyez pas et vous ne faites le bien. Pourtant vous récitez l’Ecriture, puisque vous lisez la Torah, où est mentionné et décrit Muhammad, ne raisonnez-vous donc pas ? N’êtes-vous pas conscients que ce comportement est infâme et que vous devez y renoncer ? » 26
La charité ou bonté ( al-birr ) est le nom générique qui sert à désigner les oeuvres vertueuses. Si Dieu a incité les gens pieux à la foi et leur a ordonné de s’astreindre à obéir à Sa loi, au regard des bienfaits qu’ils pouvaient en tirer, Il rappelle ici qu’il est inutile, voire pervers, de recommander aux autres d’agir avec bonté, alors qu’on oublie soi-même de le faire. Incitater au bien passe soit par le conseil soit par la compassion. Il n’est donc pas raisonnable de conseiller autrui tout en oubliant de s’appliquer à soi-même le conseil. C’est ainsi que Dieu nous met en garde. 27
Cette mise en garde concerne tout autant les savants musulmans car tous les versets qui appellent les impies à abandonner la désobéissance, incluent également les musulmans désobéissants. D’ailleurs, si le savant croyant est désobéissant, il sera châtié avant les idolâtres, car l’impie porte le fardeau de son péché, mais si le musulman est négligent en se comportant de manière contraire à la science religieuse, il connaîtra le pire des châtiments que recevront les désobéissants. C’est pourquoi on dit qu’un savant qui n’œuvre pas pour le bien, alors qu’il possède la science y conduisant, sera châtié avant les idolâtres. Ce principe s’applique aussi aux savants chrétiens et juifs. 28
En oubliant de la faire vous-mêmes . Wa tansawna anfusakum . Vous oubliez de faire le bien. 29 Il y a là un blâme très lourd pour celui qui comprend. Vous récitez l’Ecriture. Wa antum tatlûna l-kitâb. A lors que vous lisez la Torah. Encore une fois, quiconque agit de leur sorte ressemble à ceux que le verset interpelle. 30
Ne raisonnez-vous donc pas ? A fa lâ ta‘qilûn. Le Très-Haut S’étonne devant le comportement des impies. On trouve ailleurs : Honte à vous et à ce que vous adorez en dehors de Dieu ! Ne raisonnez-vous pas ? (21 : 67) 31 Le reproche s’adresse ici au prêcheur qui commet le mal contre lequel il met en garde. Il ne concerne pas l’interdiction de ce qui est blâmable. Deux ordres sont à distinguer : d’un côté, abandonner les désobéissances et, de l’autre, défendre autrui de les commettre. La défaillance dans l’une des deux obligations n’implique pas la défaillance dans l’autre. L’incitation à faire le bien, soulignent les savants, est obligatoire même si on oublie soi-même de le faire. 32
Il faut bien voir que le blâme, dans ce verset, s’applique à l’abandon des actions de bien, et non à l’incitation à faire le bien. Dieu blâme, dans Son Livre, un peuple qui commandait aux hommes la bonté mais qui s’appliquait pas lui-même ce conseil, et ce blâme est valable jusqu’à la fin des temps : Commanderez-vous aux hommes la bonté... ?
Recherchez le secours dans la patience et la prière . Wa sta‘înû bi s-sabri wa s-salâti. Demandez l’aide de la patience pour affronter la pénibilité inhérente à la soumission, afin que l’âme puisse vaincre ses caprices et n’outrepasse pas les limites imposées par la religion. La patience ( as-sabr ) est une des qualités des prophètes et des saints.
La prière est, certes, une tâche considérable mais pas pour les humbles. Innahâ la-kabîratun illâ ‘alâ l-khâchi‘în. L’humilité est un état de l’âme qui mène à l’apaisement des membres du corps. Sahl ibn Abdallah disait : « On n’est humble que lorsque chaque poil du corps s’apaise Dieu dit : Ceux qui craignent Dieu, sous l’effet de la récitation du Livre, sentent d’abord un frisson à travers leurs corps, puis leurs peaux et les cœurs s’apaisent à l’évocation du Seigneur (39 : 23). »
Telle est l’humilité qui est digne d’être louée. Si la crainte emplit le cœur, l’homme ne pourra qu’être humble extérieurement. On le verra silencieux, poli et modeste. Néanmoins, les pieux Anciens ( salaf ) s’efforçaient de cacher cet état de l’âme. Quant aux ignorants qui affectent l’humilité pour paraître comme des gens de bien et de considération, leur attitude est tout à fait blâmable, et ce n’est là que tromperie de Satan et tentation de l’âme. 33
Qui ont la conviction de rencontrer leur Seigneur et de retourner Lui. Alladhîna yazhunnûna annahum mulâqû rabbihim wa annahum ilayhi râji‘ûn. Retourner à Dieu signifie retourner à un état où l’on n’a d’autre Maître que Lui, et où nul autre que Lui ne saurait déterminer le bien ou le mal. Tel est l’état dans lequel se trouvaient les êtres humains au début de la Création. Dieu a décrété que leur destin serait pareil à celui qu’ils avaient au début. Le retour à Dieu ne dépend d’aucune situation, il doit se faire où que ce soit. Un homme peut être le maître d’un autre sur terre, et lui faire du bien comme du mal, mais Dieu reste le Maître dans toutes les situations. 34
Nous implorons Dieu pour qu’Il nous aide à nous parer des qualités de Ses serviteurs saints et à acquérir les qualités du seigneur des prophètes, notre Seigneur Muhammad, que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui. Amîn.
Louange au Seigneur des mondes ! Il n’y a de puissance qu’en Dieu le Tout-Puissant, et que Dieu bénisse et répande Sa grâce sur notre Seigneur Muhammad, sur sa famille et sur tous ses compagnons.
Chapitre 3 La patience et ses fruits

Certes, Nous vous éprouverons par quelque terreur, par la faim, par une diminution de vos biens, dans vos personnes, dans vos récoltes. Annonce la bonne nouvelle à ceux patientent, à ceux qui, lorsqu’un malheur les frappe, disent : « Nous sommes à Dieu et c’est à Lui que nous retournerons ! » Sur eux s’étendront les bénédictions et la miséricorde de leur Seigneur. Ceux-là sont dans la bonne voie. (2 : 155-157)
Certes, Nous vous éprouverons. La-nabluwannakum . C’est comme si Dieu disait : « Je te mets à l’épreuve, ô communauté de Muhammad ! » Le but de l’épreuve divine est de distinguer celui qui est soumis et obéissant de celui qui désobéit et se rebelle ; non pas que Dieu veuille savoir ce qu’Il ignorerait puisqu’Il sait toute chose avant sa création. 35
Par quelque ( bi chay’in ), c’est-à-dire par un peu et un aspect de chaque épreuve 36 , terreur, par la faim, par une diminution de vos biens, dans vos personnes et dans vos récoltes. Min al-khawfi wa l-jû‘i wa naqsin min al-’amwâli wa l-anfusi wa th-thamarâti.
Annonce la bonne nouvelle à ceux qui patientent ! Wa bachchiri s-sâbirîn. C’est dernière parole s’adresse au Prophète, ou à quiconque apporte la bonne nouvelle. 37 Le fruit de la patience est la récompense liée à l’épreuve. Cette récompense n’est pas déterminée, et ne peut s’obtenir que grâce à la patience manifestée au premier coup de l’épreuve. Al-Bukhârî rapporte la parole du Prophète transmise par Anas : « La vraie patience se juge au premier coup. » C’est dire si la patience face à un malheur est dure pour l’âme, mais aussi largement récompensée. Cette patience exprime la vaillance du cœur ainsi que sa capacité d’endurer dans l’épreuve, alors que chacun est capable de patience lorsque le malheur est passé.
En réalité, la patience est de deux sortes. Il y a la patience face une désobéissance à Dieu, c’est la patience de ceux qui luttent contre leurs propres âmes ( mujâhid ). Il y a ensuite la patience dans l’obéissance à Dieu, c’est celle des dévots. Si l’homme réussit à réunir ces deux aspects de la patience, Dieu fera descendre sur lui Sa satisfaction dont l’un des signes est la sérénité du cœur, tant sous le coup des désagréments que dans le bonheur. 38
Dieu a promis au Prophète et à ses compagnons que ces épreuves ne seront pas une punition. C’est bien le sens des versets cités. Ils signifient aussi que si les épreuves sont accompagnées de patience, elles feront bénéficier d’un haut degré en religion. 39
A ceux qui, lorsqu’un malheur les frappe, disent : « Nous sommes à Dieu et c’est à Lui que nous retournerons ! » Alladhîna idhâ asâbat-hum musîbatun qâlû innâ li-llâhi wa innâ ilayhi râji‘ûn . Le malheur ( musîba ) est tout mal qui touche le croyant. Muslim rapporte, d’après Abû Sa’îd al-Khudrî et Abû Hurayra – que Dieu soit satisfait d’eux – la parole prophétique : « Aucune maladie, vieillissement ou malheur quelconque ne touche un croyant sans qu’ils n’aient une relation avec ses péchés. »
Sur eux s’étendront les bénédictions et la miséricorde de leur Seigneur. Ulâ’ika ‘alayhim salawâtun min rabbihim wa rahma. Il s’agit là des bienfaits que Dieu accorde à ceux qui endurent les épreuves et qui retournent à Lui. Il leur accorde Son pardon, Ses bénédictions et Sa miséricorde, et les honore en ce bas monde et dans l’Autre.
En référence à ce verset, Al-Bukhârî rapporte cette expression de ‘Umar ibn Al-Khattâb 40 – que Dieu soit satisfait de lui : « Excellentes sont les deux charges et excellente est la gratification ! » Par les « deux charges », il entendait les bénédictions et la miséricorde , et par la gratification, il voulait dire : la guidance de Dieu. Sur eux s’étendront la bénédiction et la miséricorde de leur Seigneur. Ceux-là sont dans la bonne voie. » 41
Ceux-là sont dans la bonne voie. Wa ulâ’ika humu l-muhtadûn. A ce propos, on rapporte cette parole de ‘Umar : « Je peux trouver trois bienfaits en chaque malheur qui m’atteint : 1°) qu’il ne touche pas ma foi ; 2°) qu’il ne soit pas plus énorme que le précédent ; 3°) que Dieu accorde en rétribution un grand bienfait. Puis il récita : Sur eux s’étendront la bénédiction et la miséricorde de leur Seigneur. Ceux-là sont dans la bonne voie. »
Al-Tirmidhî confirme la parole suivante du Prophète – que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui : « Lorsque vient à mourir l’enfant d’un serviteur de Dieu, Dieu demande aux anges : “Avez-vous pris l’enfant de Mon serviteur ?” “Oui !” répondent-ils. “Avez-vous pris le fruit de ses entrailles ?” “Oui !” répètentils. “Et qu’a dit Mon serviteur ?” demande Dieu. Les anges répondent : “Il a demandé Tes bénédictions et il s’est repenti auprès de Toi.” “Construisez à Mon serviteur une maison au Paradis, que vous appellerez ‘la maison de la Miséricorde’”, leur dit alors Dieu. » 42
L’imam Al-Quchayrî – que Dieu le bénisse – explique ce noble verset de la sorte : « Par les bienfaits, Dieu veut susciter la gratitude du croyant ; par l’épreuve, Il veut tester sa patience ; par la peur, Il vérifie la pureté du cœur ; par la faim, Il veut nettoyer les corps ; par la réduction des biens se purifient les âmes ; par les calamités s’accroît la valeur auprès de Dieu ; et par les parasites des fruits sera plus grand le don de Seigneur. »
Lorsqu’un malheur les frappe. Ces croyants ont accueilli le malheur par la patience, voire par la gratitude, bien plus par la joie et la fierté. Celui qui sait que les choses appartiennent à Dieu sait qu’il est étranger à lui-même. Il est à la merci de la volonté du Seigneur. Le Créateur est le Maître absolu de la création. Celui qui éprouve le malheur est à Dieu et par Dieu. Celui qui est témoin du malheur sait que la créature appartient à Dieu. Il y a y une grande différence entre être « à Dieu » et être « par Dieu ». Celui qui est « à Dieu » se tient debout et endure ; quant à celui qui est « par Dieu », se trouve sous l’effet de Sa volonté et de Son jugement. S’Il l’affermit, il est affermi ; s’Il l’efface, il est effacé ; s’Il le fait mouvoir, il se meut ; s’Il l’immobilise, il est immobilisé. Ce serviteur n’est rien devant la volonté du Seigneur, il n’est qu’un pantin dans Sa main.
Sur eux s’étendront la bénédiction et la miséricorde de leur Seigneur. Ceux-là sont dans la bonne voie. Les bénédictions du Seigneur viennent en premier. Ces croyants n’ont pu être patients que par le destin qui était voulu par Dieu pour eux, et ce n’est ni par leur patience ni par leurs prières qu’ils ont obtenu Ses bénédictions ; Si Sa miséricorde n’était intemporelle, ils n’auraient pas, eux les serviteurs de Dieu, été soumis. C’est Son attention préalable qui a présidé à leur rectitude. Il les a bénis auparavant, et ils se sont mis bien guidés. 43
Nous implorons Dieu pour qu’Il nous aide à nous parer des qualités de Ses serviteurs saints et à acquérir les qualités du seigneur des prophètes, notre Seigneur Muhammad, que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui. Amîn.
Louange au Seigneur des mondes ! Il n’y a de puissance qu’en Dieu le Tout-Puissant, et que Dieu bénisse et répande Sa grâce sur notre Seigneur Muhammad, sur sa famille et sur tous ses compagnons.
Chapitre 4 La véritable bonté

La bonté ne consiste nullement à tourner en priant votre visage du côté du levant ou du couchant. Elle consiste à croire en Dieu, au Jugement dernier, aux Anges, au Livre et aux prophètes, à donner de son bien – quelque attachement qu’on lui porte – à ses proches, aux orphelins, aux indigents, aux voyageurs, aux mendiants et pour l’affranchissement des esclaves. Elle consiste à observer la prière, à s’acquitter de l’aumône. Sont charitables ceux qui demeurent fidèles à leurs engagements, se montrent patients dans l’adversité, dans la douleur et au moment du danger. Voilà les hommes sincères ! Voilà les hommes pieux ! (2 : 177)
La bonté ne consiste nullement à tourner, en priant, votre visage du côté du levant ou du couchant. Elle consiste à croire en Dieu. Laysa l-birru an tuwallû wujûhakum qibla l-machriqi wa l-maghribi wa lâkinna l-birra man âmana bi-llâh.
Dieu définit précisément la nature de la bonté : 1°) La foi en Dieu. On ne peut connaître Dieu qu’en connaissant Ses attributs et Ses droits, ainsi qu’Il a permis et interdit. 2°) La croyance au Jugement. 3°) La croyance aux Anges. 4°) La croyance aux Livres. 5°) La croyance aux prophètes.
On peut se demande ici pourquoi la foi est présentée avant les œuvres apparentes que sont le don de ses biens, la prière et l’aumône légale. Cette position sert à rappeler que l’œuvre du cœur est supérieure et plus honorable que l’œuvre apparente. 44
Au Jugement dernier. Wa l-yawmi l-âkhir. Croire au Dernier jour avec tout ce qu’il implique : le Rassemblement, la Résurrection, le Sirât , la Balance, le Paradis, l’Enfer, la récompense et le châtiment. 45 Nul doute que ce Jour viendra. Ceux qui prétendent que les hommes ne resteront pas en Enfer quelques jours jusqu’à ce que leurs pères et des prophètes intercèdent, se trompent.
Aux Anges. Wa l-malâ’ika . Les Anges sont des serviteurs de Dieu et ne sont ni mâles ni femelles. Ils ne sont ni des êtres humains ni des enfants de Dieu. Ils bénéficient de Ses honneurs, et jouent le rôle d’intermédiaires entre le Seigneur et Ses prophètes, auxquels certains anges révèlent les Livres.
Au Livre . Wa l-kitâb . Il s’agit ici du terme générique qui englobe toutes les révélations, y compris le Coran.
Aux prophètes, à donner de son bien – quelque attachement qu’on lui porte – à ses proches, aux orphelins, aux indigents, aux voyageurs, aux mendiants. Wa n-nabiyyîna wa âtâ l-mâla ‘alâ hubbihi dhawî l-qurbâ wa l-yatâmâ wa l-masâkîna wa bna s-sabîli wa s-sâ’ilîna.
Et pour l’affranchissement des esclaves. Elle consiste à observer la prière, à s’acquitter de l’aumône. Sont charitables ceux qui demeurent fidèles à leurs engagements, se montrent patients dans l’adversité, dans la douleur et au moment du danger. Wa fî r-riqâbi wa aqâma s-salâta wa âtâ z-zakâta wa l-mûfûna bi ‘ahdihim idhâ ‘âhadû wa s-sâbirîna fî l-ba’sâ’i wa d-darrâ’i wa hîna l-ba’si. Voilà les hommes sincères ! Voilà les hommes pieux ! Ulâ’ika lladhîna sadaqû wa ulâ’ika humu l-muttaqûn.
Ce verset regroupe toutes les perfections humaines. Il les cite explicitement et implicitement. Malgré leur nombre et leur complexité, ces perfections se réduisent à trois choses : la fermeté de la croyance, la charité et l’éducation de l’âme. La croyance ferme est indiquée à partir de : croire en Dieu , jusqu’à : aux prophètes ; la charité, de : donner de son bien , jusqu’à : affranchissement des esclaves ; l’éducation de l’âme, de : observer la prière , jusqu’à la fin du verset.
Celui qui réunit ces perfections est qualifié par Dieu de « croyant pieux », eu égard à sa foi, à sa générosité et à son action sincère. Le Prophète – que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui – y fait ainsi allusion : « Qui agit selon ce verset perfectionne sa foi. » 46
L’imam Al-Quchayrî – que Dieu le bénisse – disait : « L’apparence n’a pas grande importance. Seul Dieu Tout-Puissant compte. Lire le Coran la nuit est l’affaire des vieilles personnes ; la fidélité et l’obéissance à Dieu, même confortée, est la qualité du commun ; passer la nuit à multiplier les actes dévotionnels est dangereux par rapport à l’obtention de la rétribution. Mais la connaissance de Dieu, elle, est précieuse. » 47
Nous implorons Dieu pour qu’Il nous aide à nous parer des qualités de Ses serviteurs saints et à acquérir les qualités du seigneur des prophètes, notre Seigneur Muhammad, que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui. Amîn.
Louange au Seigneur des mondes ! Il n’y a de puissance qu’en Dieu le Tout-Puissant, et que Dieu bénisse et répande Sa grâce sur notre Seigneur Muhammad, sur sa famille et sur tous ses compagnons.
Chapitre 5 Ceux qui craignent Dieu

Dis : « Vous annoncerai-je quelque chose qui vaille mieux que cela ? Ceux qui auront fait preuve de piété trouveront auprès de leur Seigneur des Jardins arrosés par les ruisseaux, où ils vivront éternellement avec des épouses pures. » Dieu sera satisfait d’eux. Il est attentif à ceux de Ses serviteurs qui disent : « Seigneur ! Nous avons la foi ; pardonne-nous nos péchés et préserve-nous du supplice du Feu ! », qui se montrent patients, véridiques, qui prient assidûment, pratiquent la charité, implorent Son pardon à la fin de la nuit. (3 : 15-17)
Dis : « Vous annoncerai-je quelque chose qui vaille mieux que cela ? » Qul a’unabbi’ukum bi khayrin min dhâlikum . C’est-à-dire : Dois-Je, ô Muhammad, vous annoncer quelque chose de meilleur que les beautés de la vie et que son bienêtre éphémère dont d’autres que vous peuvent jouir icibas ? L’interrogation équivaut ici à une confirmation. 48
L’objectif est que l’homme sache que l’Au-delà est meilleur, plus vaste et plus agréable que le bas monde, de la même manière que ce dernier l’est par rapport au ventre maternel. Les bienfaits dans l’au-delà sont meilleurs que ceux de ce monde ; ils ne sont pas, contrairement aux seconds, sujets à l’altération. D’autre part, les bienfaits terrestres disparaîtront un jour alors que ceux de l’Au-delà sont, sans aucun doute, pérennes. 49
Ceux qui auront fait preuve de piété trouveront auprès de leur Seigneur. Li-lladhîna ttaqaw ‘inda rabbihim. La mention de Dieu ( rabbihim ), dans le verset, à la suite de la mention « ceux qui Le craignent » ( alladhîna ttaqaw ) annonce une faveur plus grande que la précédente, à l’égard de ceux qui se consacrent à Dieu, en se détournant de tout ce qui est autre que Lui. 50 C’est ce qu’indique la suite du verset :
Des jardins arrosés par des ruisseaux. Jannâtun tajrî min tahtihâ l-anhâr. Il s’agit d’une description de la douceur du Paradis qui englobe tous les bienfaits qui s’y trouvent, nourriture, boisson, vêtement, couche et paysage. 51
Où ils vivront éternellement . Khâlidîn fîhâ. Ils y demeureront immortels. 52
Avec des épouses pures . Wa azwâjun mutahhara. Dieu qualifie les épouses d’un seul qualificatif qui a une portée générale. Des épouses pures des menstrues, de la parturition et de toutes les conditions et états terrestres qui sont spécifiques à la femme, et qui provoquent une aversion naturelle. Le verset implique aussi qu’elles sont exemptes de tout mauvais caractère et de toute laideur. 53
Dieu sera satisfait d’eux. Wa ridwânun min Allâh. Selon AlBukârî et Muslim, d’après Abû Sa‘îd al-Khudrî, rapportent cette tradition sainte du Prophète – que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui : « Dieu – exalté soit-Il – appellera les gens du Paradis. Ils réponderont : “A ton service, Seigneur ! A Toi la Puissance et la Richesse !” “Êtes-vous satisfaits ?” leur demandera le Seigneur. “– Comment ne le serions-nous pas alors que Tu nous a accordé ce que Tu n’as accordé à aucune autre créatures ? – Ne vous ai-Je pas donné meilleur que cela ? – Mais qu’est-ce qui est meilleur que cela ? – Ma satisfaction, et que vous ne soyez jamais maudit. » 54
Il est attentif à ceux de Ses serviteurs. Wa-llâhu basîrun bi l-‘ibâd. Dieu distingue parfaitement entre celui qui Lui est attaché, et celui qui est attaché aux délices terrestres. Il rétribue chacun en fonction de ses œuvres, par la récompense ou le châtiement. 55
Qui disent : « Seigneur ! Nous avons la foi ; pardonne-nous nos péchés et préserve-nous du supplice du Feu ! » Alladhîna yaqûlûna rabbanâ innanâ âmannâ fa-ghfir lanâ dhunûbanâ wa qinâ ‘adhâba n-nâr . Ceux qui, pour Dieu, se détachent de tout et qui se souviennent de Lui, avec humilité, dans le malheur et les calamités. Ceux-là seront rapprochés du Seigneur. Il leur accordera la notabilité, des degrés élevés et un destin satisfaisant.
Qui se montrent patients . As-sâbirîn. La patience est la maîtrise de l’âme. Cette maîtrise comporte trois degrés : patience devant les injonctions divines, devant Ses interdits, et devant le cours de la volonté de Dieu. 56
Véridiques. Wa s-sâdiqîn. La sincérité dans la parole consiste à rejeter tout mensonge. Dans l’action, lorsque celleci est parfaite et qu’on ne l’abandonne pas en cours d’exécution, la sincérité réside dans l’intention qui accompagne l’action avant et tout au long de son exécution. 57
Qui prient assidûment. Wa l-qânitîn . Ceux qui possèdent la qualité du qunût retournent à Dieu, acceptent de souffrir la tristesse, abandonnent leurs amis et se détournent de leurs compagnons afin de se rapprocher de Dieu. 58
Qui pratiquent la charité. Wa l-munfiqîn. Cette charité inclut toutes les formes de bonté : dépenser pour soimême, pour sa famille, ses proches, à travers la zakât, le jihâd, etc. 59
Implorent Son pardon de Dieu à la fin de la nuit. Wa l-mustaghfirîna bi l-ashâr . Ce sont ceux qui font la prière ou qui demandent le pardon. Dieu men-e tionne « l’aurore » car c’est le moment où l’imploration est agréée, et où l’on se trouve seul. Le sage Luqmân disait à son fils : « Mon chers fils, faisen sorte que le coq ne soit pas plus éveillé que toi et qu’il ne chante pas alors que tu es encore endormi ! 60 » Selon Al-Qurtubî, Dieu parle de l’aurore parce que c’est l’heure où les demandes sont acceptées et exaucées. Abû Hurayra – que Dieu soit satisfait de lui – rapporte que cette parole du Prophète – que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui : « Dieu descend chaque nuit au ciel qui couvre ce monde et proclame : “Je suis le Roi ! Je suis le Roi ! Quiconque M’appelle, Je lui répondrai. Quiconque Me demande quelque chose, Je la lui donnerai. Quiconque Me demande pardon, Je lui pardonnerai. Et il est ainsi jusqu’à l’aube. » 61
Ce verset est un résumé parfaitement ordonné des stations qu’emprunte celui qui arpente la voie de Dieu. Son rapport avec Dieu est fait d’imploration et de demande. L’imploration s’effectue soit par l’âme : grâce à la patience, celleci est empêchée de commettre de mauvaises actions et est réduite aux bonnes ; soit par le corps et je me dis : ou je parle avec sincérité ou je m’abstiens, ce qui est la soumission et l’obéissance ; soit par la dépense de biens pour les bonnes œuvres.
Quant à la demande, c’est celle du pardon qui est la plus grande des demandes, voire l’essence de toutes les demandes. A « l’aurore », l’appel du serviteur est satisfait car la prière en ce moment-là est plus difficiel, l’âme est plus pure et l’esprit plus attentif, en particulier pour ceux qui veillent la nuit et implorent Dieu. On dit de ces derniers qu’ils prient jusqu’à l’aube et implorent aux aurores. 62
Nous implorons Dieu pour qu’Il nous aide à nous parer des qualités de Ses serviteurs saints et à acquérir les qualités du seigneur des prophètes, notre Seigneur Muhammad, que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui. Amîn.
Louange au Seigneur des mondes ! Il n’y a de puissance qu’en Dieu le Tout-Puissant, et que Dieu bénisse et répande Sa grâce sur notre Seigneur Muhammad, sur sa famille et sur tous ses compagnons.
Chapitre 6 Les qualités des gens pieux

Hâtez-vous d’obtenir un pardon de votre Seigneur et un Paradis aussi vaste que les Cieux et la Terre, préparé à l’intention de ceux qui craignent Dieu, se montrent charitables dans l’aisance ou la gêne, dominent leur colère et pardonnent à leurs semblables. Dieu aime les bienfaiteurs ; à ceux qui, ayant commis une turpitude ou agi injustement contre eux-mêmes, s’adressent à Dieu pour lui demander d’absoudre leurs péchés – qui peut absoudre un pécheur si ce n’est Dieu ? – et ne persistent pas délibérément dans le mal, en connaissance de cause. Ceux-là, leur récompense sera le pardon de leur Seigneur, ainsi que des jardins arrosés par des ruisseaux. Ils y séjourneront éternellement. Quelle excellente rétribution pour ceux qui pratiquent le bien ! (3 : 133-136)
Hâtez-vous d’obtenir un pardon de votre Seigneur. Wa sâri‘û ilâ maghfiratin min rabbikum. Empressez-vous de faire une œuvre grâce à laquelle vous mériterez le pardon. Les cœurs se sont partagés et ont imaginé que c’était difficile. Al-Tabaranî rapporte que le Prophète – que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui – a dit : « Regretter, c’est se repentir. »
Le repentir entraîne le pardon car c’est le désobéissant qui a besoin de pardon. Quant à la hâte dont il est question, on peut dire que les hommes se divisent en plusieurs catégories. Les dévots s’empressent d’obéir à Dieu, ceux qui cherchent l’illumination de leur cœur se pressent résolument aux œuvres qui les rapprochent du Seigneur. Quant aux désobéissants, ils se hâtent avec regret, rongés par le remords. Les premiers trouveront leur récompense et les seconds, résolus, seront proches de Dieu. Quant aux derniers, ils trouveront la miséricorde du Seigneur. 63
Et un Paradis aussi vaste que les Cieux et la Terre . Wa jannatin ‘arduhâ s-samâwâti wa l-ard. Il s’agit ici de la longueur du Paradis. Dans la mesure où le Paradis est une voûte située sous le Trône divin, on dit que sa largeur équivaut à sa longueur car le diamètre du cercle qui soutient la voûte est le même quelle que soit la direction. Un hadith, authentifié par Al-Bukhârî et Al-Tirmidhî, vient confirmer cette réalité : « Si vous demandez à Dieu le Paradis, demandez-lui al-firdaws , qui est au centre et le lieu le plus élevé du Paradis. De là jaillissent les rivières, et son toit est le Trône du Miséricordieux. » 64
Préparé à l’intention de ceux qui craignent Dieu, se montrent charitables dans l’aisance ou la gêne. U‘iddat li-l-muttaqîna lladhîna yunfiqûna fî s-sarrâ’i wa d-darrâ’. Ceux-là ne manquent pas de faire l’aumône, avec ce qu’ils peuvent, peu ou prou, dans l’un ou l’autre cas, dans la prospérité et l’aisance, ou dans les difficultés et la gêne. Dieu mentionne d’abord les dépenses car c’est l’acte qui éprouve le plus la fidélité, celui qui le symbolise le mieux. A l’époque du Prophète, il était indispensable de dépenser de ses biens pour combattre les ennemis de l’Islam et soutenir les musulmans pauvres. 65
Selon At-Tirmidhî, Abû Hurayra rapporte cette parole du Prophète – que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui : « Le généreux est proche de Dieu, des gens et du Paradis ; il est loin de l’Enfer. Quant à l’avare, il est loin de Dieu, des gens et du Paradis ; il est proche de l’Enfer. Combien d’ignorants généreux sont plus aimés de Dieu que des gens pieux et avares ! » 66
Dominent leur colère. Wa l-kâzhimîna l-ghayzh. Ceux qui ravalent leur colère et qui la maîtrisent lorsqu’elle s’empare d’eux, qui ne se vengent pas de ceux qui leur ont fait du mal et ne les punient pas même s’ils en ont la possibilité ou le droit. Un tel comportement est louable. ‘Abd al-Razzâq et Ibn Jarîr confirment la parole prophétique rapportée par Abû Hurayra : « Quiconque maîtrise sa colère alors qu’il peut réagir, Dieu remplira son cœur de sérénité et de foi. » 67
On raconte que ‘A’isha – que Dieu soit satisfait d’elle – ayant été contrariée par son domestique, réagit en disant : « Soyons pieux ! Et ne donnons pas raison à la colère. 68 »
Pardonnent à leurs semblables . Wa l-‘âfîna ‘ani n-nâs. Le pardon est la bonne action la plus haute. Plusieurs hadiths traitent de la maîtrise de la colère et de soi ainsi que du pardon à autrui. Ces deux vertus sont les plus beaux signes de la dévotion et de l’éducation de l’âme. Al-Bukhârî et Muslim rapportent ce hadith du Prophète – que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui : « Le fort n’est pas celui qui terrasse, c’est celui qui maîtrise sa colère. » 69
Certains commentateurs disent, au sujet de ces deux vertus – se maîtriser et pardonner – que le verset approuve ici la justesse du pardon accordé par le Prophète – que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui – aux archers lorsqu’ils avaient contrevenu à ses ordres. Il ne leur en avait pas voulu. Le verset fait ainsi l’éloge des vertus du Prophète qui renonça à châtier les polythéistes pour ce qu’ils avaient fait à Hamza – que Dieu soit satisfait de lui. Il avait en effet dit, en voyant son compagnon mutilé : « Je mutilerai soixante-dix personnes pour toi ! » 70 (Rapporté par Al-Bazaz)
Dieu aime les bienfaiteurs. Wa-llâhu yuhibbu l-muhsinîn. Etre bienfaiteur signifie faire une bonne action à l’égard d’autrui, ou lui éviter un mal. Le premier cas est indiquée par la parole divine : ceux qui se montrent charitables dans l’aisance ou la gêne . Quant au second, il consiste à ne pas appliquer, dans ce monde-ci, la loi du talion, en préférant plutôt maîtriser sa colère et maudire pour l’au-delà. C’est le sens de : pardonnent à leurs semblables . 71
A ceux qui, ayant commis une turpitude ou agi injustement contre eux-mêmes, s’adressent à Dieu pour lui demander d’absoudre leurs péchés. Wa-lladhîna idhâ fa‘alû fâhichatan aw zhalamû anfusahum dhakarû-llâha fa-staghfirû lidhunûbihim. Dieu cite cette catégorie, moindre que la première, et l’englobe dans Sa miséricorde et Sa bienveillance. C’est la catégorie des repentants. Grand est le repentir, et sa rétribution est considérable.
Makhûl reprend ce témoignage d’Abû Hurayra – que Dieu soit satisfait de lui : « Je n’ai jamais vu une personne se repentir plus que le Prophète – que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui. » Nos savants disent que le repentir demandé consiste à persévérer dans la demande du pardon par le cœur, et non par la langue. C’est ce repentir-là qui fait mériter le Paradis. Celui qui dis : « je me repens », alors que son cœur persiste dans le péché, devra se repentir pour ce repentir-là, et son péché, de véniel qu’il était, deviendra capital.
Si déjà on disait cela à l’époque du Prophète, qu’en est-il alors de la nôtre ? On voit des gens, le chapelet à la main, qui prétendent se repentir alors qu’ils baignent dans le péché. Une telle attitude s’apparent à de la plaisanterie et du dédain. Dieu dit : Ne prenez pas à la légère les Signes de Dieu ! (2 : 231) 72
Qui peut absoudre un pécheur si ce n’est Dieu ? Wa man yaghfiru dh-dhunûba illâ-llâh. Infinie est la miséricorde de Dieu, et Son pardon est proche. Celui qui se repent est, pour Lui, semblable à celui qui n’a commis aucun péché. Il n’y a d’autre secours pour les pécheurs que Ses bienfaits et Sa générosité. Le Seigneur incite au repentir, et veut que les âmes soient purifiées. Il veut repousser le désespoir, c’est pourquoi plus les péchés sont flagrants, plus Son pardon est flagrant. La générosité de Dieu est incommensurable.
A ceux qui ne persistent pas délibérément dans le mal. Wa lam yusirrû ‘alâ mâ fa‘alû. Ceux qui ne se rappellent leurs mauvaises actions qu’avec repentir 73 . Abû Dâwûd et Al-Tirmidhî rapportent cette parole du Prophète – que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui : « Que celui qui se repent ne s’entête pas dans le mal. Qu’il demande pardon à Dieu soixante-dix fois par jour. »
En connaissance de cause. Wa hum ya‘lamûn. Il ne s’agit pas de ceux qui persistent dans le mal en sachant qu’ils commettent de mauvaises actions, qui sont interdites et entraînent le châtiment. Car celui qui n’a pas conscience de l’infamie de l’action peut être excusé. 74
Ceux-là, leur récompense sera le pardon de leur Seigneur, ainsi que des jardins arrosés par des ruisseaux. Ils y séjourneront éternellement. Ulâ’ika jazâ’uhum maghfiratun min rabbihim wa jannâtun tajrî min tahtihâ l-anhâru khâlidîna fîhâ. Il n’est pas dit que seuls les pieux et les repentants entreront au Paradis, en dehors des pécheurs récidivistes, de même qu’il n’est pas dit que les impies seront seuls à connaître l’Enfer. 75 Que celui qui recherche la vérité éduque son âme pour pouvoir s’élever aux plus hauts degrés. N’avons-nous pas vu le Prophète se repentir soixante-dix fois par jour alors que ses péchés lui étaient remis ? Il est arrivé par sa discipline intérieure et son enseignement à un tel point que même ses disciples sont devenus l’objet de l’amour de Dieu. Dis : « Suivez-moi si vous aimez Dieu ; Dieu vous aimera et vous pardonnera vos péchés ! » (3 : 31) Malgré cela, sa crainte de Dieu était parfaite. Quiconque le suit doit l’imiter.
La conscience est meilleure que la persistance. Bien que le degré du bienfaiteur soit supérieur, cependant, heureux celui qui prend conscience et arrive à la bienfaisance. Il a gagné l’amour du Miséricordieux. 76
Nous implorons Dieu pour qu’Il nous aide à nous parer des qualités de Ses serviteurs saints et à acquérir les qualités du seigneur des prophètes, notre Seigneur Muhammad, que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui. Amîn.
Louange au Seigneur des mondes ! Il n’y a de puissance qu’en Dieu le Tout-Puissant, et que Dieu bénisse et répande Sa grâce sur notre Seigneur Muhammad, sur sa famille et sur tous ses compagnons.
Chapitre 7 La patience dans le malheur

Certes, vous serez éprouvés dans vos biens et dans vos personnes. Vous entendrez de ceux qui ont reçu l’Ecriture avant vous et des polythéistes des choses très pénibles. Mais si patientez et craignez Dieu, vous vous apercevrez que c’est dans l’ordre des choses. (3 : 186)
Certes, vous serez éprouvés . La-tublawunna. L’épreuve sert d’examen. Dans vos biens. Fî amwâlikum . Des biens qui se perdent à la suite de diverses vicissitudes. 77 Et dans vos personnes. Wa anfusikum. A cause d’assassinats, de blessures, de captivité, de maladies, de pertes de parents et toute sorte de difficultés et dangers. Les « biens » sont mentionnés avant les « personnes » pour valoriser le plus honorable. 78
Vous entendrez de ceux qui ont reçu l’Ecriture avant vous et des polythéistes des choses très pénibles. Wa la-tasma‘unna mina-lladhîna ûtû l-kitâba min qablikum wa mina-lladhîna achrakû adhan kathîran. Il s’agit des préjudices portés aux musulmans par les juifs, les chrétiens et les polythéistes. Les premiers disaient : « Uzayr est fils de Dieu », les seconds : « Jésus est fils de Dieu et le troisième de trois ». Ils calomniaient le Prophète – que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui – tant qu’ils pouvaient. Quant aux polythéistes, ils incitaient les gens à contredire le Prophète, rassemblaient des troupes armées pour le combattre, et décourageaient les musulmans à le suivre. Ils sont tous concernés par cette parole. 79
Quiconque appelle à la justice et aux bienfaits, et interdit le blâmable, doit s’attendre à être calomnié. Il n’a d’autre remède que la constance, la confiance en Dieu et en Son aide. 80
Mais si vous patientez. Wa in sabarû. Il s’agit ici de la longanimité ( sabr ) dans les épreuves subies dans les biens et les personnes, qui consiste à supporter les malheurs ainsi qu’à rejeter la confrontation, suivant les ordres du Prophète – que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui. Dieu fait de cette patience une obligation, car elle est susceptible d’amener les contrevenants à retourner à la religion vraie. Adressez-lui des paroles courtoises ; peut-être réfléchira-t-il, ou éprouvera-t-il de la crainte ? (20 : 44) – Dis aux croyants de pardonner à ceux qui n’attendent pas les jours de Dieu. (45 : 14) L’endurance, la patience, la longanimité ont pour synonymes la constance, le pardon et l’abandon de la vengeance.
Et craignez Dieu. Wa tattaqû. La crainte de Dieu consiste à s’abstenir de ce qui est interdit. Dieu cite la longanimité en premier, puis la crainte du Seigneur. L’homme se munit de patience pour ne pas commettre ce qu’il ne faut pas. Dieu ordonne la longanimité pour réduire le mal en ce monde-ci, et la crainte du Seigneur pour réduire les préjudices dans l’au-delà. Le verset, expliqué de la sorte, réunit l’éducation spirituelle qui est utile ici-bas et pour l’Autre monde. 81
Vous vous apercevrez que c’est dans l’ordre des choses. Fa inna dhâlika min ‘azmi l-umûr. C’est la meilleure chose ( amr ) qui fasse l’objet de l’émulation de ceux qui veulent suivre la voie de Dieu. Autrement dit, un honneur et une perfection que chacun doit entreprendre de pratiquer. Ce que Dieu Lui-même décide, ce qu’Il ordonne, et sur lequel Il insiste, doit être reçu avec patience et crainte. 82
L’homme intelligent doit avoir les vertus et le comportement exemplaire des prophètes et des saints. Ils étaient patients devant le malheur et ne répondaient pas à l’insolent par l’insolence. Et qui, se trouvant en présence de futilités, s’en écartent noblement. (25 : 72) Il n’est pas inutile de rappeler que Dieu a fait l’éloge de son Prophète par cette parole : Tu es d’un caractère élevé ! (68 : 4) 83 , tandis que ‘A’icha – que Dieu soit satisfait d’elle – disait que « les caractères du Prophète était le Coran », c’est à dire qu’il avait pris le Coran pour son enseignement et son éducation.
Nous implorons Dieu pour qu’Il nous aide à nous parer des qualités de Ses serviteurs saints et à acquérir les qualités du seigneur des prophètes, notre Seigneur Muhammad, que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui. Amîn.
Louange au Seigneur des mondes ! Il n’y a de puissance qu’en Dieu le Tout-Puissant, et que Dieu bénisse et répande Sa grâce sur notre Seigneur Muhammad, sur sa famille et sur tous ses compagnons.
Chapitre 8 Les qualités des clairvoyants 84

En vérité, il y a, dans la création des Cieux et de la Terre et dans l’alternance de la nuit et du jour, tant de Signes pour des gens doués d’une intelligence pénétrante, qui, debout, assis ou couchés, se souviennet de Dieu, méditent sur la création des Cieux et de la Terre en disant : « Seigneur ! Tu n’as pas créé tout cela en vain ! Gloire à Toi ! Préserve-nous du supplice du Feu ! Seigneur ! Celui que Tu introduis dans le feu, Tu l’as déjà couvert d’ignominie. Les injustes n’auront pas d’auxiliaires. Seigneur ! Nous avons entendu un e voix qui nous conviait à croire en Toi, et nous avons cru. Seigneur ! Pardonne-nous nos péchés ! Absous nos mauvaises actions et reçois-nous une fois morts, parmi les hommes de bien ! Seigneur ! Accorde-nous ce que Tu nous as promis par l’intermédiaire de Tes messagers ! Ne nous plonge pas dans la tristesse, le Jour de la Résurrection ! Tu ne manques jamais à Ta promesse ! (3 : 190-194)
En vérité, il y a, dans la création des Cieux et de la Terre. Inna fî khalqi s-samâwâti wa l-’ard. Le but est, par cette noble parole, d’attirer les cœurs à s’absorber dans la connaissance de la Vérité sans se préoccuper de ce bas monde.
Ibn ‘Umar rapporte qu’il demanda à ‘A’icha – que Dieu soit satisfait d’elle – ce qu’elle avait vu de merveilleux chez le Prophète – que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui. Elle pleura longuement, puis elle dit : « Tout était merveilleux en lui. Il vint chez moi lors d’une nuit qui m’était consacrée, et se glissa sous les draps. Sa peau touchait la mienne. Il me demanda alors si je lui permettais qu’il consacrât cette nuit-là à adorer Dieu. Je lui répondis que j’aimais sa compagnie mais aussi exaucer ses vœux. Je lui permettais donc ce qu’il m’avait demandé. Le Prophète se leva donc et prit une cruche qui se trouvait dans la chambre. Il fit ses ablutions en versant peu d’eau, puis il accomplit sa prière. Il récitait le Coran, les mains levées, tout en pleurant. Je voyais le sol mouillé par ses larmes. Bilâl, entrant pour l’avertir de la prière de l’aube, le vit pleurer. Il s’étonna : “O, Prophète, tu pleures alors que tes péchés passés et à venir ont été pardonnés ?” “Ne serai-je pas un serviteur reconnaissant ? répondit le Prophète. Pourquoi ne pleurerais-je pas alors que le Seigneur m’a révélé cette nuit : En vérité, il y a dans la création des Cieux et de la Terre… ? Malheur à celui qui récite ces versets sans les méditer ! (Hadith établi par Ibn Murdawayh) 85
Et dans l’alternance de la nuit et du jour . Wa-khtilâfi l-layli wa n-nahâr. Il s’agit de leur alternance sur la terre, suivant le lever et le coucher du soleil, la nuit et le jour croissant ou décroissant l’un en fonction de l’autre. 86
Tant de Signes pour des gens doués d’une intelligence pénétrante. La-âyâtin li-ûlî l-’albâb. Il y a en cela nombre d’enseignements pour l’esprit pur des souillures de l’illusion et des chimères. 87
Celui qui recherche Dieu a besoin au début de preuves nombreuses. Mais ces preuves deviennent, lorsque le cœur est illuminé par la Connaissance, comme un voile qui empêche la rencontre avec le Seigneur. La lumière de la Connaissance sera parfaite dans le cœur lorsque les ténèbres des préoccupations terrestres auront disparu. 88
Qui, debout, assis ou couchés, se souviennet de Dieu. Alladhîna yadhkurûna-llâha qiyâman wa qu‘ûdan wa ‘alâ junûbihim. Le souvenir ou invocation de Dieu (dhikr) est continu en toute situation : debout, assis ou allongé. Quelles que soient les circonstances, il ne faut l’interrompre.
Ibn ‘Umar, Ibn Al-Zubayr et d’autres se rendirent, un jour de l’Aïd, au lieu de prière, où ils s’asseyèrent en invoquant le Très-Haut. L’un d’entre eux dit : « Dieu n’a-t-il pas dit : Qui, debout, assis ou couchés, se souviennent de Dieu ? » Ils se levèrent alors et poursuivirent leur invocation debout. 89
La majorité des exégètes pensent que le verset cité enjoint la persistance dans l’invocation, en toutes les circonstances, car l’homme est souvent dans l’une ou l’autre de ces trois positions : debout, assis, ou couché sur le côté.
Selon le témoignage de ‘A’icha – que Dieu soit satisfait d’elle – rapporté par Muslim : « Le Prophète – que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui – invoquait Dieu à chaque moment. » 90
L’invocation est la voie de la Vérité. Ceux qui recherchent Dieu n’ont jamais emprunté de voie plus juste et plus claire que La sienne. Il suffit de citer cette tradition sainte : « Je suis avec celui qui M’invoque » (rapporté par Al-Daylamî). Au moyen de l’invocation, on atteint la sainteté, on se rapproche de Dieu et on parvient au but suprême. Elle est sincérité au commencement et la pureté à son terme. Il n’y a rien au-dessus de l’invocation et toutes les vertus louables en dépendent. 91
Méditent sur la création des Cieux et de la Terre. Wa yatafakkarûna fî khalqi s-samâwâti wa l-’ard. Remarquons que Dieu incite à l’invocation de son Nom. Il n’incite pas à méditer sur Son essence, mais sur sur la création les Cieux et sur la Terre. C’est ainsi que le Prophète – que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui – a ordonné : « Méditez sur la Création et ne méditez pas sur le Créateur. » (rapporté par Abû Nu‘aym) 92
La méditation ( tafakkur ) est une grâce dont les fruits sont les signes de la science. Lorsque l’esprit est débarrassé des souillures, l’homme s’abreuve aux sources mêmes de la preuve discursive, et il s’élève, dans la présence de la contemplation, aux frontières de l’invocation, loin de la méditation 93 . L’invocation du Nom est intemporelle. Les ascètes méditent sur le caractère éphémère et sur l’ingratitude de ce monde et leur ascétisme s’accentue ; les pieux fervents méditent sur la beauté de la rétribution et leur ferveur augmente ; quant à celui qui médite sur les bienfaits de Dieu, l’amour de la vérité s’accroît en lui. 94
En disant : « Seigneur ! Tu n’as pas créé tout cela en vain ! ». Rabbanâ mâ khalaqta hâdhâ bâtilan. Cette Création magnifique n’est pas dénuée de sens et n’est pas inutile. Dieu l’a créée et ordonnée en vue de nobles objectifs. Elle porte en son sein tant de sagesses sublimes, que les esprits ne peuvent embrasser complètement malgré leurs interrogations incessantes. Il est écrit dans le Livre auprès de Dieu d’où les prophètes ont reçu leurs révélations, que la Création contient en son centre la subsistance des créatures ainsi qu’un phare qui les guide vers la connaissance des conditions du principe et de la fin. 95 « Gloire à Toi ! » Subhânaka. Tu est pure de tout ce qui ne convient pas à Ta transcendance, comme une création sans sagesse, par exemple.
« Préserve-nous du supplice du Feu ! » Wa qinâ ‘adhâba n-nâr . Le Feu de l’Enfer est le châtiment mérité par ceux qui veulent ignorer la sagesse et l’ordre de la Création. Quant aux gens pieux, dont le verset rapporte l’invocation particulère, ils demandent la protection de Dieu parce qu’ils connaissent la raison d’être de la création des Cieux et de la Terre. On trouve également le rappel de la grandeur de l’invocation selon les trois dégrés évoqués : 1°) l’invocation ( dhikr ) par la langue ; 2°) la méditation ( tafakkur ) par le cœur ; 3°) la connaissance ( ma‘rifa ) par l’esprit.
L’invocation par la langue conduit à l’invocation par le cœur qui est la méditation sur la Puissance de Dieu. L’invocation par le cœur conduit à la présence de l’esprit par laquelle on connaît la Réalité. Ceux qui contemplent ainsi la Sagesse divine dans la création de Dieu s’exclament : « Seigneur ! Tu n’as pas créé tout cela en vain ! »
Le croyant doit poursuivre, quelque soit son état, l’invocation de Dieu par la langue jusqu’à ce qu’il atteigne l’invocation par le cœur, puis, la présence spirituelle. Il acquerra ainsi la Certitude ( yaqîn ) et sera illuminé par les lumières de la Connaissance qui le délivreront des ténèbres de l’ignorance. 96
Seigneur ! Celui que Tu introduis dans le feu, Tu l’as déjà couvert d’ignominie. Rabbanâ innaka man tudkhili n-nâra fa-qad akhzaytah. Demander la protection divine contre le Feu, c’est aussi chercher la protection contre l’opprobre qui en constitue l’aspect le plus dur et retoutable du châtiment. Ainsi la demande n’en est-elle que plus forte. Les savants de l’islam s’appuient sur ce verset pour montrer la supériorité du châtiment psychique par rapport au châtiment corporel. 97
Les injustes n’auront pas d’auxiliaires. Wa mâ li zh-zhâlimîna min ansâr. Les injustes ( az-zhâlimîn ) sont ici ceux qui encourent le blâme. Le refus du « secour » n’entraîne pas nécessairement l’absence d’intercession. Le secours s’opère par la force 98 alors que l’intercession agit en douceur et selon les cas de figure. Parce que le refus de l’un ne signifie pas le refus de l’autre, le verset ne les mentionne pas ensemble. 99
Seigneur ! Nous avons entendu une voix qui nous conviait à croire en Toi, et nous avons cru. Rabbanâ innanâ sami‘nâ munâdiyan yunâdî li-l-’îmâni an âminû bi-rabbikum fa-’âmannâ. Cet appel peut être interprété de deux manières. La première interprétation, partagée par la majorité des exégèses, y voit celui de notre Seigneur Muhammad – que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui. La seconde interprétation l’identifie au Coran, dans la mesure où le Prophète n’a pas été rencontré par tous les croyants qui ont répondu à l’appel, lors que chacun a lu et compris le Livre. 100
Seigneur ! Pardonne-nous nos péchés ! » Rabbanâ fa-ghfir lanâ dhunûbanâ. Seigneur, voile nos péchés au regard des autres. Absous nos mauvaises actions . Wa kaffir ‘annâ sayyi’âtinâ. Seigneur, absous nos mauvaises actions, ne nous en tiens pas rigueur, et efface-les des pages de notre registre 101 . Cette demande de pardon se situe à un degré élevé car elle vise la miséricorde à l’égard de tous en sollicitant l’Unicité divine. 102
Et reçois-nous une fois morts, après notre mort, parmi les hommes de bien. Wa tawaffanâ ma‘a l-’abrâr. Permets-nous d’être honorés de leur compagnie, bénéficiant de leur voisinage et faisant partie de leur groupe. La compagnie visée n’est pas d’ordre temporel, car celle-ci est facile à obtenir, ne serait-ce que par égard. Ce qui est recherché, c’est de posséder, à l’heure de la mort, les vertus caractérisant les justes. Le verset fait ici allusion à l’amour, réalisé au cours de la vie, pour la rencontre de Dieu. Qui aime la rencontre de Dieu, le Seigneur aime sa rencontre. Qui a la foi, Dieu le rassure, adoucit son âme, et l’honore au Paradis en compagnie de Ses Saints. Heureux ceux qui entendent la Parole, et suivent ce qu’elle a de bon ! Heureux ceux appliquent la bonne admonition ! 103
Seigneur ! Accorde-nous ce que Tu nous as promis par l’intermédiaire de Tes messagers ! » Rabbanâ âtinâ mâ wa‘adtanâ ‘alâ rusulika. Sachant que Dieu ne peut manquer à une promesse, on peut se demander ici comment est-il possible de L’implorer de concrétiser cela-même dont nous avons la certitude qu’il se réalisera immanquablement. En vérité, cette demande ne vise pas l’acte, mais elle n’est que l’expression de la soumission, de l’humilité et de la dépendance à l’égard de Dieu. C’est Lui-même qui nous a ordonné de L’invoquer pour des choses dont nous savons qu’elles existent inévitablement. 104
Dans le même ordre d’idée, le savant Al-Sâwî explique, concernant le verset : Dis : « Mon Seigneur ! Juge en toute Vérité ! » (21 : 112), que l’homme ignore complètement la sanction divine en l’espèce. La promesse de Dieu ne peut manquer, si on en loue le résultat. Or, qui peut nous assurer une bonne sanction ? Dieu seul. Et lorsque la sanction est bonne, Sa promesse se réalise. 105
Ne nous plonge pas dans la tristesse, le Jour de la Résurrection ! » Wa lâ takhzinâ yawma l-qiyâmati. Ne nous fais pas périr, ne jette pas le déshonneur sur nous, et ne nous humilie pas en ce jour-là. 106
Tu ne manques jamais à Ta promesse ! » Innaka lâ tukhlifu l-mî‘âd. Le but de l’imploration est ici expliqué. Elle n’est pas accomplie, que ce soit dans la prière ou dans une supplique, par peur d’un éventuel manquement à la promesse divine, mais par crainte d’être parmi ceux qui sont promis à une mauvaise sanction et à une mauvaise fin. C’est l’affirmation d’une adoration et d’un recueillement soutenus. 107
Nous implorons Dieu pour qu’Il nous aide à nous parer des qualités de Ses serviteurs saints et à acquérir les qualités du seigneur des prophètes, notre Seigneur Muhammad, que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui. Amîn.
Louange au Seigneur des mondes ! Il n’y a de puissance qu’en Dieu le Tout-Puissant, et que Dieu bénisse et répande Sa grâce sur notre Seigneur Muhammad, sur sa famille et sur tous ses compagnons.
Chapitre 9 L’obéissance à Dieu et à Son Prophète

Voilà les limites fixées par Dieu. Quiconque obéit à Dieu et à Son envoyé, Dieu le fera entrer dans les jardins arrosés par des ruisseaux pour l’éternité et c’est pour lui un succès considérable. Quiconque désobéit à Dieu et à Son envoyé en transgressant Ses lois, Dieu le fera entrer dans un feu où il demeurera éternellement. Un châtiment avilissant lui sera réservé. (4 : 13-14)
Voilà les limites fixées par Dieu . Tilka hudûdu-llâh. Il s’agit des règles énoncées dans cette sourate au sujet des orphelins, des testaments, du mariage et de l’héritage. Dieu les appelle : « limites » (hudûd) car les lois sont pareilles à des limites qui ne doivent pas être dépassées par ceux auxquels elles sont assignées. 108
Les limites, ce sont les injonctions que Dieu donne et les interdictions qu’Il établit. Le fondement de la soumission est le respect des limites et du pacte de Dieu. Quiconque les respecte ne connaîtra aucun mal ni aucune affliction. La cause de tout malheur réside précisément dans leur transgression. 109
Quiconque obéit à Dieu et à Son envoyé. Wa man yuti‘i-llâha wa rasûlahu. Certains affirment que ce verset et le verset suivant, quiconque désobéit à Dieu et à Son envoyé , concernent ceux qui obéissent ou désobéissent aux obligations mentionnées dans cette sourate. La plupart des exégètes disent, par contre, que le verset est d’ordre général, et s’applique aux obligations mentionnées ici comme à celles qui sont énoncées ailleurs. 110
Dieu le fera entrer dans les Jardins arrosés par des ruisseaux. Yudkhilhu jannâtin tajrî min tahtihâ l-’anhâru. Le pronom où ( min tahtihâ , litt. : « sous lesquels ») signifie ici « sous les arbres et les édifices du Paradis ». Pour l’éternité. Khâlidîna fîhâ. L’entrée au Paradis est, conformément au verset, un succès considérable ( wa dhâlikal-fawzul-‘azhîm ), car c’est le signe du succès et du triomphe. 111
Quiconque désobéit à Dieu et Son envoyé en transgressant Ses lois, Dieu le fera entrer dans un feu où il demeurera éternellement. Wa man ya‘si-llâha wa rasûlahu wa yata‘adda hudûdahu yudkhilhu nâran khâlidan fîhâ. La raison en est que celui-là s’est opposé à Dieu et a dévié de Ses commandements. Ce ne peut être que l’expression d’une insatisfaction à l’égard des ordres et des promesses de Dieu. Le Seigneur punit, pour cette raison, par l’humiliation et par un châtiment dur et perpétuel.
Selon l’imam Ahmad ibn Hanbal, Abû Hurayra – que Dieu soit satisfait de lui – rapporte que le Prophète – que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui – a dit : « Un homme peut faire du bien pendant soixante-dix ans, mais s’il se montre injuste dans son testament, il entrera en Enfer ; quant à celui qui fait du mal pendant soixante-dix ans, et qui se montre juste dans son testament, sa fin sera heureuse et il entrera au Paradis. » Et Abû Hurayra de poursuivre : « Récitez : Voilà les limites fixées par Dieu jusqu’à un châtiment avilissant lui sera réservé. » 112
Un châtiment avilissant lui sera réservé. Wa lahu ‘adhâbun muhîn. Un supplice différent du châtiment corporel, dont la dureté est inconnue, le châtiment psychique. C’est ce qu’indique la description qui en est faite : le damné se retrouve isolé en Enfer, alors qu’au Paradis, les bienheureux sont ensemble. L’isolement est la cause d’une douleur intense et d’une angoisse insoutenable pour l’âme.
Il importe de savoir que l’obéissance a pour conséquence les satisfactions terrestres et célestes. Hâtim Al-Asam Quds Surra disait : « Sers continuellement ton Seigneur, le monde viendra à toi de force et l’Au-delà viendra attaché. » Il a dit également : « Trois choses sont à mentionner avec les réserves qui les accompagnent, au risque d’être un menteur : celui qui prétend rechercher le Paradis et ne fait pas d’aumône est un menteur ; celui qui prétend aimer Dieu et ne s’interdit pas ce que Dieu a prohibé est un menteur ; celui qui prétend aimer le Prophète – que la paix de Dieu soit sur lui – sans aimer les pauvres est un menteur. Plus un homme obéit à Dieu et L’adore, plus il Lui est proche et s’éloigne des vices de Satan. »
Al-Sirrî demanda à Ma‘rûf al-Karkhî par quels moyens les gens arrivent à la fidélité parfaite à Dieu ? Al-Karkhî lui répondit : « En évacuant le monde de leur cœur. Si le monde y demeure, aucune de leurs prosternations ne sera valable. Celui que Dieu honore de Sa rencontre, ne peut que lui être totalement fidèle. »
Le croyant doit œuvrer au bien et se prémunir de ce qui peut l’en empêcher, tel un poison qui s’infiltre. C’est la raison pour laquelle de grands maîtres ont choisi la solitude. Ainsi l’imam Ja‘far al-Sâdiq et Sufyân al-Thawrî disaient : « C’est le temps du silence et de la demeure chez soi. » 113
Nous implorons Dieu pour qu’Il nous aide à nous parer des qualités de Ses serviteurs saints et à acquérir les qualités du seigneur des prophètes, notre Seigneur Muhammad, que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui. Amîn.
Louange au Seigneur des mondes ! Il n’y a de puissance qu’en Dieu le Tout-Puissant, et que Dieu bénisse et répande Sa grâce sur notre Seigneur Muhammad, sur sa famille et sur tous ses compagnons.
Chapitre 10 Le prompt repentir

La rémission des péchés relève exclusivement de Dieu en faveur de ceux qui font le mal par ignorance et se repentent aussitôt. Dieu usera de clémence à leur égard, car Dieu est Omniscient et Sage. Il n’y a pas de rémission pour ceux qui font le mal et qui disnet, à l’article de la mort : « Certes, nous nous repentons maintenant », ni pour ceux qui meurent en état d’infidélité. Nous avons pour ceux-là préparé un châtiment douloureux. (4 : 17-18)
La rémission des péchés relève exclusivement de Dieu en faveur de ceux qui font le mal par ignorance. Innamâ t-tawbatu ‘alâ-llâhi li-lladhîna ya‘malûna s-sû’a bi-jahâlatin . L’ignorance ne signifie pas ici ignorer l’avertissement mettant en garde contre un péché possible. Ceux qui font le mal sans être avertis ne méritent pas le châtiment. Ils n’ont pas non plus besoin de repentir, car leur faute est remise.
L’ignorance dont il est question ici se réfère à l’insolence et à la déraison. Est ignorant, l’insolent qui commet une faute tout en sachant qu’il désobéit. S’il avait tenu compte de ce qu’il savait à propos du châtiment encouru à cause de la désobéissance ainsi que de la récompense réservée aux actes d’obéissance, il n’aurait pas commis cette faute. Ainsi, en la commettant, il agit comme s’il ne savait pas, comme s’il était ignorant. 114
Et se repentent aussitôt. Thumma yatûbûna min qarîb. Par « aussitôt », il faut comprendre : avant la mort. 115 Allusion est faite ici au repentir qui est renouvelé continuellement, car la mort peut survenir à tout moment. C’est ainsi qu’Abû Bakr al-Siddîq 116 disait : « Jamais je ne me suis attendu à ce qu’un de mes souffles expirés me revînt. » 117
Nos savants – que Dieu les bénisse – disaient que le repentir au moment où il est exprimé est valable, car l’espoir du pardon demeure tant que demeurent le regret et la détermination à s’abstenir des mauvaises actions. Al-Tirmidhî rapporte, d’après Ibn ‘Umar – que Dieu soit satisfait d’eux –, cette tradition : « Dieu accepte le repentir de l’homme tant qu’il n’a pas rendu son dernier râle. » 118
Dieu usera de clémence à leur égard. Fa-’ulâ’ika yatûbu-llâhu ‘alayhim . En posant les deux conditions, le Seigneur dit : Je suis celui qui revient sans cesse vers le pécheur repentant (2 : 160). C’est Dieu qui accorde l’aide et la voie vers le repentir à celui qui a commis un péché par ignorance, puis s’est repenti rapidement en s’en détournant et en demandant pardon. Dieu usera de clémence : il accepte le repentir du pécheur. Puis, le Seigneur dit : Car Dieu est Omniscient et Sage. Wa kâna-llâhu ‘alîman hakîman. Il sait que l’homme commet le péché par l’emprise que les désirs, la colère et l’ignorance ont sur lui ; Il est juste parce que, par générosité, Il accepte le repentir rapide du pécheur. 119
Que le croyant prévienne la faute par le repentir et la demande d’absolution, et qu’il se dépêche de revenir au Seigneur miséricordieux ! Le repentir est un devoir pour les croyants, dont les conditions sont au nombre de quatre : 1°) le regret par le cœur ; 2°) l’abandon immédiat de la désobéissance ; 3°) la détermination à ne pas récidiver ; 4) l’humilité et la crainte devant Dieu. 120
Il n’y pas de rémission pour ceux qui font le mal et qui disent, à l’article de la mort : « Certes, nous nous repentons maintenant ». Wa laysati t-tawbatu li-lladhîna ya‘malûna s-sayyi’âti hattâ idhâ hadara ahadahumu l-mawtu qâla innî tubtu l-’ân. Le Seigneur refuse de considérer comme repentant celui qui, pris de panique devant la mort, se repent. Ainsi, Pharaon n’a rien gagné à exprimer sa foi à l’heure où il se noyait dans les eaux. Le repentir, à ce moment-là, est inutile car le libre-arbitre disparaît. C’est ainsi qu’Ibn ‘Abbâs et Ibn Zayd – que Dieu soit satisfait d’eux – ainsi que de nombreux exégètes expliquent le verset. 121 D’autres commentaires précisent que l’approche de la mort n’empêche pas la validité du repentir, mais ce qui l’empêche, c’est la situation qui ne permet plus de retour à la vie. 122
Ni pour ceux qui meurent en état d’infidélité. Wa lâ-lladhîna yamûtûna wa hum kuffâr. Le regret et le repentir de l’incrédule, manifestés à l’heure de la mort, ne servent à rien. Aucune expiation de sa part, si grande soit-elle, ne sera acceptée.
Nous avons pour ceux-là préparé un châtiment douloureux. Ulâ’ika a‘tadnâ lahum ‘adhâban alîman . Une douleur abominable et perpétuelle. 123
Chapitre 11 La loyauté et la justice

Ceux qui croient et font œuvre pie, Nous les introduirons dans les jardins arrosés par des ruisseaux, où, immortels, ils auront pour l’éternité des épouses pures. Nous les metterons sous de frais ombrages. Dieu vous prescrit de restituer les dépôts à leurs propriétaires et de juger avec équité quand vous abitrez entre vos semblables. Excellente mission que celle à laquelle Dieu vous convie ! Dieu entend tout, voit tout. (4 : 57-58)
Ceux qui croient et font œuvre pie, Nous les introduirons dans les jardins arrosés par des ruisseaux. Wa-lladhîna âmanû wa ‘amilû s-sâlihâti sanudkhiluhum jannâtin tajrî min tahtihâ l-’anhâru. Où, immortels, ils auront pour l’éternité des épouses pures. Nous les metterons sous de frais ombrages. Khâlidîna fîhâ abadan lahum fîhâ azwâjun mutahharatun wa nudkhiluhum zhillan zhalîlan. Ce verset indique que la foi n’est pas semblable à l’œuvre. Dieu fait précéder la première et la distingue de la seconde.
Dieu vous prescrit de restituer les dépôts à leurs propriétaires . Inna-llâha ya’murukum an tu’addû l-’amânâti ilâ ahlihâ. Cette règle s’applique à tous les dépôts ( amâna ). L’homme traite aussi bien avec Dieu, qu’avec autrui ou soi-même. Il doit être garant des dépôts dans les trois cas.
D’abord, la garantie du dépôt vis-à-vis de Dieu, consiste à accomplir Ses commandements et de s’abstenir de Ses interdits. Tout ce dont Dieu a chargé l’homme est un dépôt que le dépositaire doit rendre à son propriétaire. C’est un océan sans rivages.
Ensuite, la garantie du dépôt vis-à-vis d’autrui, que ce soit les enfants, les épouses, les

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